Chapitre 2

Quelques jours s'écoulèrent et l'attitude qu'avait Byakuran à l'égard de la nouvelle recrue ne changea pas, et vis versa. Ils parlaient toujours un petit moment quand ils se voyaient, mais la discussion ne tenait véritablement que grâce aux questions du boss.

Byakuran entra dans son bureau en baillant. Il était plutôt fatigué ces derniers jours. Visiblement, il dormait mal et se levait en retard. A sa grande surprise, il trouva Rei dans son bureau à bien disposer de nouvelles fleurs. C'était de superbes roses et lys blancs associés à quelques « herbes » d'ornements.

D'un pas naturellement léger, le décoloré s'avança jusqu'à être derrière le jeune homme. Il pencha son visage au dessus de son épaule droite, car il était plus grand d'une tête, et alla humer la douce odeur des fleurs. De son côté, Rei ne prêta pas attention à son supérieur et continua d'ajuster deux trois fleurs avant de se décaler et de faire face à son boss.

- Un cadeau de ta part ? lança-t-il d'un ton taquin.

- Elles vous ont été offertes par une jeune femme, apparemment. Quand je suis passée à l'accueil ce matin, on m'a demandé de vous les apportez.

- Une jeune femme dis-tu, soupira son supérieur.

- C'est cela…

- Dis-moi plutôt, aimes-tu ces fleurs ?

- Pourquoi ça ?

- Tu les ajustais il y a tout juste une minute et tu semblais plus que jamais passionné.

- Qui sait… soupira le châtain. Je vous attendais.

Ils se dévisagèrent de nouveau avant qu'il ne commence son rapport. Rei passait plusieurs fois par jour et, bien entendu, le matin était son premier passage. Son rapport achevé, il s'apprêtait à partir mais Byakuran le questionna de nouveau.

- T'es-tu fais des amis ?

- On dirait une question posée par un père… pensa tout fort le jeune homme.

- Un père dis-tu… répéta le décoloré avant de sourire à pleine dent, comme c'est mignon !

- Je n'ai pas vraiment le temps de sympathiser avec les autres, répondit Rei sans prêter attention à son écart et la réponse qu'il avait eu.

- Je veillerai à t'en donner plus, sourit-il du bout des lèvres.

- Ce ne sera pas nécessaire. Pour dire vrai, je n'aime pas m'attacher…

- J'ai donc le privilège d'avoir un employé qui m'est entièrement dévoué, le coupa-t-il en se penchant vers lui avec un sourire et regard qui lui était propre.

- Si l'on veut, répondit simplement, et de manière toujours aussi détachée, le châtain.

Les minutes s'écoulèrent sans qu'ils ne bougent. C'était une habitude maintenant qu'ils soient ainsi tous les deux. Personne ne comprenait vraiment leurs manières de pensée, tous deux étaient particulier. Toutefois, Rei, contrairement à Byakuran, n'était pas le boss de cette famille, ainsi, qu'il veuille ou non s'attacher, cela ne servirait à rien, il risquait de toujours être aussi seul, bien qu'il attire facilement l'attention.

Rei s'en alla après un certain temps. Son supérieur, comme toujours, ne le quitta pas des yeux jusqu'à ce que la porte ne se referme. Cela fait, il resta un instant songeur sans bouger… Quant le jeune homme s'était tourné pour s'en aller, une longue queue de cheval s'était échappée de l'intérieur de son manteau. Cette dernière semblait lui glissée jusqu'au bas du dos et n'était composée que de mèches au niveau de sa nuque.

Byakuran, encore assez songeur, regarda les fleurs avec insistance, comme si ces dernières savaient quelque chose. Peu après, il s'en alla admirer le paysage d'Italie depuis sa baie vitrée.