Chapitre 3
Le soir même, Byakuran, à une heure tout de même tardive, se balada dans les couloirs. Il était dans ceux où se trouvaient les chambres du personnel, et ce n'était pas un hasard ! Malgré l'horaire, deux jeunes femmes traînaient encore et discutaient. C'est avec un sourire qui lui était unique que le boss des Millefior s'approcha des demoiselles et les interpella, les faisant à la fois fondre et frémir. Byakuran était un bel homme après tout, mais il dégageait ce quelque chose qui vous faisait perdre votre calme, ce quelque chose d'angoissant qu'on ne pouvait vraiment décrire…
- Eh bien mes demoiselles ! Il se fait tard et vous êtes toujours à bavarder ?
- Oh Mr Byakuran ! rougit l'une d'entre elles.
- C'est que je reviens tout juste de mission, poursuivit l'autre.
- Ah je vois… Vous avez beaucoup de chose à vous racontez.
- Voila ! Mais vous, que faites-vous ici ?
- Eh bien… Je voudrais vous posez quelques questions à propos de Rei.
- N'est-ce pas votre nouveau secrétaire ?
- C'est bien ça, sourit-il. Il ne semblait pas en très bon état ce midi, sauriez-vous ce qu'il a ?
- Il ne vous l'a pas dit ?! s'étonna la jeune femme rester depuis un moment au QG. Rei semble être blessé à plusieurs endroits. Je le vois tous les soirs aller se laver avec des tonnes de bandages ensanglantés ! Aussi, comme je suis sa voisine de chambre, je l'entends souvent… La nuit, sa respiration est très irrégulière. Je crois qu'il a des problèmes cardiaques.
- Tout ça ? Eh bien ! Quel cachottier, s'amusa le décoloré avant de reprendre d'une voix grave, et pourquoi ne pas en avoir parlé plus tôt ?
- J'ai à de nombreuses fois, comme beaucoup ici, essayer de l'aider, répondit-elle en baissant les yeux. Mais à chaque fois, il la refuse…
- Il interdit aussi à qui que se soit d'en parler ! surenchéri son amie de retour depuis peu. Je ne suis rentrée qu'aujourd'hui, et pourtant, il m'a déjà interdit d'en parler…
- Je vois. Eh bien, merci mes demoiselles.
Sur cette phrase, il s'en alla sans rien ajouter. Ce n'était toutefois pas sans avoir glacé le sang des deux amies avec son regard… Apparemment, Byakuran n'appréciait pas que l'on ait ainsi cacher la santé fragile de Rei, quel qu'en soit l'interdiction qu'il ait pu faire. Le boss voulut se rendre à la chambre de son « secrétaire », mais il préféra attendre le lendemain, quand lui viendrait à son bureau.
Plus que tous les autres employés, Rei était hors du commun. Il ne pouvait cacher son état aux gens l'entourant et pourtant, il parvenait à y faire régner le silence. Depuis son arrivée, Byakuran l'avait sentit différemment et s'intéressait de plus en plus à son cas.
- Boss ? Que faites-vous ici ? s'enquit alors une voix grave.
Le décoloré s'extirpa de ses songes et fit face à l'individu l'ayant interpellé. Il le dévisagea avant de sourire.
- Qui sait. Dis-moi plutôt, savais-tu pour la santé de Rei ?
- Tout le monde ici est au courant, mais personne n'en parle.
- Et où est-il blessé ?
- Personne ne le sait. Il se douche toujours tard et est extrêmement pudique, alors personne ne se lave avec lui. Pour ce qui est de sa chambre, y entrer sans sa permission serait une véritable mission ! Et avoir sa permission est tout simplement impossible… soupira l'homme, désespéré.
- Oh je vois…
- Mais pourquoi voulez-vous savoir tout ça ?
- Qui sait… répondit tout bas Byakuran, en le glaçant du regard.
Sans rien ajouter de nouveau, il s'en alla. Toutefois, une dizaine de mètres plus loin, il l'interpella pour lui demander vers quelle heure Rei avait l'habitude de se laver. Cette information obtenue, il tourna définitivement les talons et s'en alla vers ses appartements pour y trouver le sommeil… Sommeil toujours aussi agité depuis un certain temps.
