Chapitre 4

Rei entra dans le bureau du boss de sa famille comme chaque matin. Il s'attendait à être, encore une fois, le premier présent dans la salle, mais cette fois-ci, toutefois, son supérieur l'avait devancé. Ce dernier, d'ailleurs, paraissait clairement gai… Gaieté à la fois étrange et inquiétante. Le châtain, sans montrer aucune expression, arqua simplement un sourcil face à l'autre homme. Celui-ci, toujours tout sourire, lui fit un signe de l'indexe de s'avancer, chose qu'il fit.

Arrivé à ses côtés, il ne vit rien venir et se retrouva littéralement allongé sur le bureau de Byakuran. Pour la première fois depuis son arrivée, il ne cacha pas son étonnement et son désaccord, chose que l'autre homme semblait n'avoir royalement que faire ! Il croisa alors son regard et vit parfaitement que sa gaieté précédente dissimulait une colère peu commune…

- Vous aurais-je offensé ? demanda alors le châtain, n'appréciant ni l'atmosphère, ni la position dans laquelle il se trouvait.

- On ne peut plus, effectivement, répondit le décoloré avec un regard à vous gelez sur place.

- En quoi donc ?

- Lorsque l'on est fragile, commença-t-il en resserrant franchement son emprise sur les frêles poignets de Rei, ce n'est pas à négliger.

Le jeune homme laissa s'échapper un gémissement de douleur. Effectivement, il était fragile, et Byakuran le savait à présent. Ce qu'il n'avait pas apprécié, c'était que Rei le lui ait caché alors qu'il semblait être dans un état vraiment médiocre.

Le boss de la famille le lâcha alors en soupirant. Il se laissa tomber sur son siège et appuya sa joue contre son poing tandis que le châtain se redressait, les poignets entre ses mains. Il regarda son supérieur sans cacher son mécontentement, ce qui eut pour effet de faire sourire l'autre homme. Enfin il le voyait expressif !

- Que je sois ou non fragile, cela ne vous regarde pas ! s'emporta-t-il.

- Ah oui ? répondit Byakuran tout bas avec un air menaçant.

- Et quel aurait été l'intérêt de vous le dire ? fit remarqué le châtain en reprenant peu à peu son calme.

- Qui sait.

Rei soupira un grand coup avant de ramasser son carnet de rapport qu'il avait fait tomber. Cela fait, il fit son travail et s'apprêtait à partir quand Byakuran l'interpella de nouveau.

- Fâché Rei-chan ? le taquina-t-il.

- Disons plutôt que je n'aime pas être aussi surpris.

- Cela ne veut pas dire que tu n'aimes pas les surprises, n'est-ce pas ?

- Ca dépend lesquelles.

- Je tâcherai de ne plus en faire de détestable à ton égard ! sourit-il.

- Evitez surtout de me faire des peurs pareilles…

- Qui sait si ton cœur tiendrait, le coupa-t-il.

Ne cherchant pas à comprendre d'où il était aussi au courant de ses problèmes cardiaques, Rei s'en alla. Le suivant toujours autant des yeux, Byakuran savourait avec satisfaction la victoire qu'il avait eut.