Chapitre 5

La nuit s'était entièrement propagée et tout le monde dormait à point fermer, si ce n'est quelque individu dont Byakuran faisait parti. Ce dernier, en chemise blanche et pantalon noir, avançait dans les couloirs faiblement éclairés par le clair de lune, jusqu'à arriver près d'une certaine salle de bain. C'était la seule encore active et, vu l'horaire, l'homme décoloré savait parfaitement qui y était.

A pas de loup naturel, il pénétra dans la pièce, ôta ses chaussures, et se dirigea, comme ci de rien n'était, jusqu'à la grande baignoire incrustée dans le sol. L'eau coulait encore et semblait bien chaude vu toute la buée qui s'en dégageait. Une délicate odeur de rose se propageait dans toute la pièce. Seule une personne se baignait, assise dos à l'entrée, le corps entier jusqu'au nez camouflé dans l'eau. Byakuran se posta juste derrière et s'accroupit, un large sourire aux lèvres, avant de doucement pencher son visage jusqu'à l'oreille droite de l'individu.

- Bonsoir, Rei-chan ! chanta-t-il avec gaieté.

La dite personne retint son hurlement de frayeur avec ses mains, sortant sa tête entière et ses épaules de l'eau. Il regarda, paniqué, son supérieur avant de se regarder lui-même et de glisser de nouveau dans l'eau pour ne plus laisser que son visage à l'extérieur. Byakuran éclata de rire avant de s'asseoir convenablement face à lui.

- Que… faites-vous ici ? demanda timidement le châtain.

- Ah ! Je rêve ou tu es intimidé ? fit remarqué, tout sourire, le décoloré.

- Je suis extrêmement pudique ! rougit-il.

- Tu n'as pas à l'être avec moi voyons, sourit-il.

- Surtout avec lui plutôt… pensa-t-il tout haut.

- C'est à cause de ce matin ? rigola-t-il.

- N'étiez-vous d'ailleurs pas censé arrêter vos surprises dans le genre ?!

- Ce n'est pas pour t'embarrasser à ce point que je suis venue…

- Euh… Pourquoi alors ?

- Pour… commença-t-il doucement en le dévisageant, prendre un bain avec toi ! finit-il tout gaiement.

Les yeux du châtain faillirent sortir de leurs orbites. Visiblement, il n'y avait rien de pire pour lui que de prendre un bain avec son supérieur… Ce dernier, d'ailleurs, n'avait que faire de sa réaction et commença à se dévêtir. A la vue de ce spectacle, le jeune homme vira à l'écarlate et se tourna pour ne plus le regarder, ses mains cachant tout son visage. Cette réaction amusa de décoloré qui entra, sans que l'autre ne s'en aperçoive, dans le bain.

Sentant que l'eau venait de bouger, Rei comprit en un rien de temps que l'autre homme avait pénétré dans l'eau… Il regarda sur sa gauche et vit, effectivement, son supérieur bien tranquillement assis, les bras étirés le long de la grande baignoire ronde. Lui, contrairement au frêle jeune homme, ne se recroquevillait pas un maximum pour dissimuler son corps. Il était naturel et ne semblait pas vraiment pudique…

- Je me demande, pourquoi es-tu si pudique ?

- Je trouve mon corps laid, dit-il précipitamment.

- Oh, vraiment ?

- Qu'importe !

Quelques secondes s'écoulèrent avant que Rei ne frémisse de la tête au pied, tel un chat que l'on venait d'effrayer. La main encore bien froide de Byakuran effleura son dos afin d'attraper ses cheveux.

- Pourquoi les caches-tu ?

- Vous saviez ?!

- Qui sait, sourit-il. Alors ?

- Qui sait… répondit-il à son tour, un sourcil froncé en signe de mécontentement.

Le décoloré éclata de rire. Vraiment, la tête que venait de faire le châtain était hilarante. Ce dernier, toutefois, soupira. Il n'était pas dupe et savait parfaitement que son supérieur en savait déjà long sur lui… Peut être même trop.

- Dites-le moi si je me trompe, mais tout ce que vous faites depuis ce matin n'a pas de but précis ?

- Ta question est mal formulée, mais je vais tout de même y répondre…

Rei se tourna tout juste qu'il fut emprisonné par les bras du boss de la famille. Les yeux du châtain s'écarquillèrent de nouveau comme jamais et son teint vira instantanément à l'écarlate. Le torse plutôt froid de l'autre homme était appuyé contre son dos tandis que ses mains caressaient son ventre avant de remonter peu à peu au niveau de son torse. Il s'arrêta un instant et sourit du coin des lèvres de manière peu rassurante tandis qu'au creux de sa main gauche, le cœur de l'autre individu palpitait littéralement.

C'est alors qu'il reprit son sang froid et s'extirpa de l'emprise de son boss en sortant sans plus attendre du bain, son corps nu désormais à découvert. Ni une ni deux, il attrapa une serviette et l'enroula tout autours de son corps, son torse compris.