Chapitre 9
Un silence à la fois angoissant et déprimant s'imposa entre les deux ennemis. Le décoloré se tourna, l'air de rien, et fit face à Aria. Cette dernière n'avait pas bougée de l'entrée et le dévisageait sans peur, débordante de détermination. A peine l'eut-il constaté qu'il sourit en coin.
- J'ai entendu dire qu'il avait pu être libéré de la prison des vendicare grâce à l'intervention d'une personne très influente… Serait-ce toi ?
- Quelle importance ?
- Aucune en particulier… Si ce n'est que cette information me permet de conclure qu'il t'est cher.
Sans le quitter des yeux, elle retroussa légèrement un coin de ses lèvres, en fronçant les sourcils. Remarquant qu'il voyait dans le mil, le Millefior sourit de plus belle, plissant les yeux de satisfaction.
- Je suis jaloux !
- Pardon ?! s'enquit-elle, surprise d'une telle déclaration.
- Il y a de quoi l'être, tu ne trouves pas ? enchaîna-t-il. Avoir quelqu'un risquant sans cesse sa vie pour nous sauver… Peu de personnes peuvent s'en vanter !
- Tu trouves ? Pourtant, n'y a-t-il pas d'innombrables personnes suffisamment folles pour risquer leurs vies pour toi ?
- Le fait d'être le boss d'une puissante famille mafieuse en est la raison…
- Il en va de même pour moi.
- Sauf que tu es tout aussi boss que je ne le suis.
- Si tu étais dans ma situation, tu ferais très probablement pareil.
- Qui sait… Mais pour répondre à ta question : Disons qu'il se repose bien tranquillement…
Un large sourire se dessinant sur ses lèvres tandis qu'il répondait en la regardant tout juste, du coin de l'œil, il manqua de peu de se prendre un violent coup de poing. Non pas surpris, mais à nouveau satisfait, et comme excité, il sourit en coin, une lueur de folie dans les yeux tout en dévisageant Aria. Cette dernière ne le quitta pas des yeux, visiblement très mécontente, son poing fermement retenu par le décoloré.
- Ahah… Je tiens là un sujet bien délicat.
- Explique-moi simplement le plaisir que tu peux avoir à être aussi ignoble ? J'ai sincèrement du mal à te comprendre.
- Ignoble ? Tu es bien sévère…
- Lâche-moi ! rugit-elle
- Pas question, déclara-t-il, sa folie grandissante, tout en resserrant son emprise.
Aria se débattue, vainement. Byakuran approcha alors ses lèvres de son oreille, l'immobilisant sans lui laisser une seule faille. Elle ne supportait pas cette situation. Être dominée n'avait jamais été son grand faible.
- Tu n'es pas venus pour me tuer, mais pour le sauver, n'est-ce pas ? chuchota-t-il.
Ne bougeant plus et se laissant faire, sans pour autant ne pas rêver de lui en décoller une somptueuse, elle relâcha les muscles de son bras, faisant pendre sa main, son poignet toujours prisonnier de Byakuran. Il se recula légèrement et la fixa droit dans les yeux, cette dernière détournant tout juste le regard pour le dévisager.
- Mais dans le fond, pour le récupérer, et tu le sais, tu vas devoir m'abattre.
- Nous verrons.
- Tu l'as dit toi-même, soupira-t-il. Je suis ignoble et j'ai fais tuer plus d'une personne…
Sans qu'il ne puisse s'en apercevoir, il se prit un coup de poing en plein abdomen. Il relâcha son emprise sur le poignet de la jeune fille, et déposa ses mains à son ventre, tentant de reprendre un souffle régulier. Byakuran n'était pas faible, non, loin de là, mais il venait d'être prit au dépourvu…
Face à lui se tenait une Aria à moitié différente. En effet, à plusieurs endroits de tout son être, des flammes indigo dansaient. Toutefois, à ces endroits, ce n'était pas le corps de la brune qui était visible, mais bien celui d'un jeune homme, et pas n'importe lequel…
Le boss des Millefior se redressa avec quelques difficultés et dévisagea de la tête au pied l'individu qu'il ne savait penser plus homme ou femme. Il sourit en coin tout en fixant, une lueur menaçante et folle dans le regard, les yeux sombres et passifs, quoique enflammés, droit devant les siens. Son sourire s'élargie et il éclata de rire… Un rire angoissant, effrayant, procurant des frissons désagréables et une envie de s'enfuir.
