Chose promise chose due !
Le second chapitre est enfin là !
Merci à ceux qui ont déjà commenté au moment ou je poste ceci soit Herminny2001 et Azaelle. Vos retours m'ont fait énormément plaisir !
Je vous laisse donc avec ce chapitre, plus long que le précédent !
Les jours qui suivirent la discussion entre Gauvain et Merlin, tous les chevaliers purent se rendre compte que le serviteur reprenait vite des couleurs et semblait enfin accepter leur soutien. Certes, Gauvain et Arthur restaient les deux personnes qui s'en préoccupaient le plus – Arthur avait même arrêté de se servir de Merlin comme cible, c'était dire ! – mais bientôt, Perceval, Elyan et Léon devinrent des amis fiables, voire des figures familiales et protectrices. Arthur regardait souvent avec fierté l'élite de ses chevaliers en voyant à quel point elle se soudait et devenait presque une petite famille.
Bien sûr, le Prince lui-même ne pouvait être aussi disponible pour ses hommes qu'il le voulait, mais au moins le statut de serviteur de Merlin lui permettait-il de le voir régulièrement et de s'assurer qu'il se remettait de la mort de son ami et qu'il reprenait sa joie de vivre caractéristique.
Le fait d'avoir arrêté de voir Guenièvre, dégouté par son acte égoïste, lui avait également permis de se libérer plus de temps qu'il ne croyait possible. Il rejoignait ainsi souvent les chevaliers à la taverne – où il ne voyait que rarement Merlin – pour profiter d'une soirée loin de sa charge.
C'est lors d'une de ces soirées qu'il put parler sérieusement avec Gauvain seul à seul.
« Dites-moi, vous avez vraiment réussi à aider Merlin, serait-ce indiscret de demander comment ?
- J'ai bien peur que la seule chose que j'ai faite soit de l'accepter tel qu'il est, sire. Vous savez, ces secrets entre Lancelot et lui ? Je lui ai simplement offert une épaule pour pleurer et une oreille pour l'écouter sans jugement aucun et de garder ses secrets.
- Vous êtes vraiment un homme exceptionnel, remarqua Arthur. Votre force d'âme en étonnerait plus d'un.
- Vous auriez fait la même chose.
- Je ne crois pas être capable d'un tel détachement de tout jugement, confia Arthur. J'ai été élevé en tant que prince, et on m'a inculqué tellement de comportements et certitudes…
- Et moi je crois que pour Merlin vous en seriez capable. Et que vous ne parlez ainsi que parce que vous doutez en voyant l'état du roi. Vous aussi devriez apprendre à vous appuyer sur quelques personnes de confiance.
- Je dois y aller. Merci Gauvain. »
Le chevalier resta seul quelques moments à ruminer de sombres pensées avant de retourner dans ses appartements. L'ambiance au château était particulière. Tous sentaient que le roi n'en avait plus pour longtemps et le chevalier n'avait pas hâte de voir Arthur en proie au deuil.
Lorsque le roi fut tué quelques jours plus tard en sauvant son fils, ils furent choqués. Personne ne s'y attendait et la stupeur mit quelques temps à se dissiper. Tellement de morts en à peine quelques semaines…
Les chevaliers étaient là pour aider leur prince, le soutenir alors qu'il reprenait la couronne, et Merlin se tenait derrière lui comme toujours. Si Gauvain ne fut pas surpris de voir que le décès d'Uther soulagea en partie les peurs de Merlin au sujet de sa magie, elle ne fit que renforcer sa culpabilité à ne pouvoir empêcher des événements tragiques d'arriver.
Alors quand Merlin passa la nuit dans le couloir en dehors des appartements royaux pour soutenir Arthur, Gauvain l'imita. Il ne se rappelait que trop bien ce qu'il avait dit à Arthur plusieurs semaines plus tôt en l'encourageant à accepter l'aide d'autrui. Il se promit d'être là pour son futur roi, comme il l'avait été pour Merlin. Comme, il l'espérait, il le serait toujours.
Le sorcier fut surpris de voir Gauvain lui tenir compagnie mais sourit légèrement en voyant que les liens se resserraient entre les habitants du château. Il y avait au moins une lueur d'espoir dans cette vague sinistre qui les accablait depuis quelques temps.
Le lendemain, Arthur ouvrit sa porte pour trouver Merlin et Gauvain avachis par terre, à moitié endormis. En entendant le porte s'ouvrir, ils se réveillèrent et inspectèrent Arthur. Ce dernier n'était pas en meilleur état que Merlin après l'affaire des Dorocha.
« Sire ? tenta Merlin en entrant dans les appartements du prince quand il leur fit signe d'entrer.
- Est-ce que j'ai eu tort ? demanda Arthur. Est-ce que j'ai tué mon père en appelant ce sorcier ?
- Bien sûr que non, répondit Gauvain. Je pense que la mort était simplement trop proche et que même le sorcier le plus puissant ne peut rien contre elle.
- Mais il allait mieux ! Il commençait enfin à reprendre le dessus !
- Sa mort est cruelle, reprit Merlin mal à l'aise, mais aujourd'hui vous vous devez au moins de reprendre sa charge et de mener le peuple de Camelot. Criez, pleurez et frappez autant que vous voulez quand la journée sera finie, mais je vous en prie, tenez encore quelques heures. »
Suivant les conseils de son serviteur, Arthur respira pour se calmer et mit ses habits de cérémonie. Il releva la tête et se dirigea vers la grande salle pour y recevoir sa couronne. Son serviteur et Gauvain derrière lui pour lui signifier leur soutien silencieux, il se força à faire preuve de courage pour affronter cette nouvelle épreuve.
Lorsqu'il se retourna finalement vers son peuple pour la première fois en tant que roi et non plus en tant que prince, son premier réflexe fut de regarder Merlin, puis ses chevaliers. La cérémonie se finit enfin et il put retourner à l'abri de ses appartements. Sachant qu'il avait pleuré toute la nuit déjà, Merlin fut le premier à entrer – seul – pour parler à son roi.
« Arthur ?
- Je suis là, fit une voix venant du lit.
- Comment allez-vous ?
- C'est injuste. Je venais à peine de retrouver mon père après plus d'un an à le voir malade, et il m'est arraché. Tout ça pour me sauver, moi. Camelot a besoin d'un roi compétent, pas d'un crétin royal comme tu dis.
- Vous n'auriez pas pu l'empêcher de vous sauver. C'est votre père. Vous voir mourir l'aurait de toute façon tué.
- Tu n'as pas connu ton père, mais comment réagirais-tu si ta mère se sacrifiais pour toi ?
- Je ne sais pas, répondit le sorcier avec un pincement au cœur en pensant à Balinor. Mais vous n'êtes pas seul. Vous m'avez aidé à surmonter la mort de Lancelot, autorisez-moi à vous aider à mon tour.
- Comme si tu écoutais les ordres de toute façon », soupira Arthur mais il y manquait l'humour habituel.
Peut-être était-il avisé de se laisser soutenir en effet, Gauvain avait eu l'air de penser que tout le monde avait besoin d'aide un jour. Peut-être souffrirait-il moins ?
Il inspira un grand coup avant de poser sa question.
« Merlin ?
- Oui sire.
- Tu supporterais un crétin royal plusieurs années ? Jusqu'à remplacer Gaius comme médecin et conseiller ? En restant mon ami ?
- Il me faudra au moins toutes ces années pour vous transformer en le meilleur roi que Camelot n'ait jamais connu.
- Merci. »
Merlin était surpris de voir le nouveau roi reconnaitre qu'ils étaient amis et qu'il voulait que ça dure, mais au fond, il avait toujours su qu'Arthur avait un cœur en or. Le mot « ami » lui serra le cœur, mais il l'ignora et prit le parti de donner à Arthur ce dont il avait besoin. Arthur avait tellement peu d'amis fiables qu'il ne se voyait pas l'en priver d'un par égoïsme – ce même égoïsme qui avait couter cher à Guenièvre.
« Allez sire ! Je crois savoir que les chevaliers vous attendent pour faire une sortie en forêt et vous permettre d'extérioriser votre peine et colère si besoin ! »
Sans plus de respect que ça pour la personne royale en face de lui, Merlin le tira par le bras pour retrouver tous les chevaliers qui avaient tout préparé aux écuries.
« Alors ! Nord, Sud ou Ouest sire ? demanda Gauvain.
- Pas l'est ?
- Aucune taverne de qualité dans l'est ! »
Après leur petite escapade de l'après-midi, Arthur était beaucoup plus calme et composé. Avoir extériorisé sa colère avait probablement fait un immense bien au blond qui, s'il restait triste et en deuil, parvenait du moins à ne plus se sentir coupable. En lançant quelques regards à Merlin, il se rappela alors que contrairement à ce que pensait les autres – excepté Gaius – le jeune homme lui avait avoué la première fois qu'il avait revu son père brièvement avant sa mort. Voir Arthur pleurer son père devait lui rappeler quelques souvenirs.
Aussi décida-t-il, quelques semaines plus tard, pour le bien de ses deux amis, de les rassembler pour parler à cœur ouvert. Et tant pis s'il donnait un coup de pouce au destin pour rassembler les deux faces d'une même pièce plus qu'amicalement, au moins garderait-il l'amitié de Merlin.
Prévenant Elyan, Perceval et Léon de ne pas les attendre car il comptait bien réunir deux têtes de mules, il ne fut pas surpris de recevoir en retour des regards compatissants. Il saurait où aller se remonter le moral après la soirée.
« Que voulez-vous Gauvain ? demanda Arthur. Ne doit-on pas rejoindre les autres à la taverne ?
- Pas ce soir. Je suis désolé vraiment, Merlin, fit le chevalier en se tournant vers le sorcier, mais j'ai pensé qu'aujourd'hui serait un bon moment pour révéler quelques vérités. Pas toutes ! se précipita-t-il en voyant leurs regards affolés. Juste de quoi commencé un vrai dialogue honnête.
- Et par où souhaites-tu commencer ? demanda Merlin.
- Je pensais… à lui révéler qui était ton père.
- Tu le connaissais Merlin ? fit Arthur incrédule.
- Oui… Je suis désolé !
- Pourquoi ?
- C'était Balinor. »
Le choc était évident sur le visage du roi, qui par voie de conséquence comprenait combien il avait été odieux au moment de la mort du seigneur des dragons. Il aurait probablement dû être en colère pour tous ces mensonges mais… et bien, Uther vivant, ils auraient fini tous deux au bûcher pour avoir caché ces informations.
Après s'être excusé d'avoir dit à Merlin de ne pas pleurer quand son père était mort – et être rassuré par celui-ci qu'il avait compris qu'Arthur n'aurait jamais agi ainsi s'il avait su et que c'était donc pardonné – il devina que ce n'était pas la seule chose importante de la discussion.
Gauvain se plaça prêt à retenir Arthur si besoin pour la prochaine révélation. Celle qui changerait tout.
« Arthur, vous vous souvenez, quand je vous ai dit de ne pas juger trop vite ? Vous allez être en colère, mais je vous prie de nous croire quand on vous dit que ce n'est pas contre vous. »
Après avoir laissé le temps à Arthur d'écouter et de comprendre, Merlin inspira profondément.
« Je suis un sorcier. Je – Je suis né avec de la magie en moi. »
Il n'eut pas le courage d'en dire plus, et baissa les yeux, incapable d'affronter le regard du roi plus longtemps. Quand Gauvain fut sûr une fois le choc passé que le roi se contrôlerait, il passa un bras sur les épaules de Merlin qui se recroquevilla presque contre lui.
« Je ne comprends pas, fit Arthur. Comment ? Pourquoi ?
- Je suis né ainsi, né pour vous protéger jusqu'à ce que vous deveniez le meilleur roi qu'Albion aura jamais connu. Je n'ai pas eu le choix.
- Mais pourquoi être venu à Camelot ?
- Pour Gaius, pour qu'il m'aide à me contrôler pour ne pas créer d'accidents.
- Donc Gaius sait ?
- Oui mais –
- Non, stop. Je suis désolé. On en reparlera, mais pas aujourd'hui. Plus tard. S'il vous plait… »
Ils partirent, dépités, et rejoignirent les chevaliers à la taverne pour essayer de se changer les idées. Ceux-ci, à leur mine sombre, devinèrent que la discussion ne s'était pas passé comme Gauvain l'espérait. Ils mirent Gauvain à côté de Perceval et Merlin entre Léon et Elyan. A eux trois, ils réussirent à ramener un sourire sur leur visage pour la soirée mais seul le roi serait capable de réellement résoudre la situation.
Gauvain décida finalement de ramener Merlin chez lui et en profita pour s'excuser.
« Je suis désolé… Je pensais qu'il réagirait mieux que ça.
- Ce n'est pas ta faute. Mais pourquoi tu as fait ça sans m'en parler ? Je croyais que je pouvais te faire confiance.
- Et tu peux ! Je mourrais plutôt que de te trahir ! Mais ne crois-tu pas qu'il est temps de faire changer les choses ? Pour toi, pour Camelot ? Je voulais juste te donner un peu d'aide pour que toi et Arthur créiez la future Albion dont tu m'as parlé.
- Camelot a de la chance de t'avoir.
- Pas Camelot, Merlin. Je suis ton ami, et je dois avouer que mes motivations sont avant tout personnelles.
- Comment ça ?
- J'ai vu la façon dont tu regardes Arthur depuis des années. Je me suis dit que s'il savait pour ta magie…
- Il ne voit en moi qu'un ami, murmura Merlin. C'est déjà extraordinaire. Je ne demande rien d'autre.
- Mais vous êtes faits l'un pour l'autre pourtant, soupira Gauvain. Autant que la bière et moi sommes faits pour être ensemble.
- De toute façon, je ne serai même plus son ami maintenant qu'il sait pour ma magie. »
Bien qu'il essayât de le dissuader du contraire, Gauvain ne parvint pas à briser sa carapace et dut se résoudre à le laisser déprimer pendant la nuit.
Le lendemain, la convocation dans les appartements d'Arthur tombait à point nommé pour en finir avec cette histoire. A la demande du roi, il s'efforça d'expliquer les motivations de Merlin. Après plusieurs semaines, Arthur comprit également le rôle qu'avait joué Lancelot dans la vie de Merlin. Il lui restait tout de même une question.
« Dites-moi… Pourrais-je parler en toute franchise sans craindre de moquerie ?
- Je vous donne ma parole.
- Croyez-vous que la magie puisse créer des sentiments amoureux ? Ensorceler un homme comme lors de l'incident avec Viviane ?
- En toute honnêteté sire, je crois que l'amour est l'unique forme de magie accessible à tous et indépendante de toute manipulation. Je crois que vous avez désiré dame Viviane mais que vous ne l'aimiez pas.
- Même lorsque ces sentiments sont contraires aux coutumes répandues ?
- Sire, répondit Gauvain malgré son cœur brisé. Si vous êtes capable de formuler cette pensée, l'enchantement serait incomplet. Je pense que vos sentiments sont les vôtres, et que personne n'y a prise.
- Merci Gauvain. Pourrait-on garder cela entre nous ? j'irai parler à Merlin plus tard. »
Dans l'après-midi, alors qu'il vit Arthur se diriger vers la chambre de Merlin, il alla à la taverne rejoindre Elyan et Léon en attendant Perceval.
« Ne faites-vous jamais vos rondes ? plaisanta Gauvain. On vous trouve toujours ici.
- C'est-à-dire, répondit Léon, qu'après les récents événements, un peu de calme est profitable.
- Mais pourquoi cette mine faussement joyeuse Gauvain ? demanda Elyan
- Je crois bien que notre roi et son serviteur vont enfin avoir la discussion à cœur ouvert qu'ils attendent depuis longtemps.
- Et vous vous retrouvez de côté ? supposa Léon.
- Eh bien, je reste un ami et un confident, mais c'est là mes seuls rôles malheureusement. Buvons, cela me mettra peut-être de bonne humeur ! »
Après avoir descendu plusieurs chopes, et promis qu'il irait parler à l'un d'entre eux si l'envie ou le besoin s'en faisait sentir, Gauvain ressortit de la taverne pour rentrer dans ses appartements, jugeant que la probabilité qu'il rencontre le roi ou Merlin était assez basse pour qu'il s'y risque.
Il eut cependant la surprise de voir Perceval devant ses quartiers.
« Mon ami ! lança Gauvain, heureux de le voir malgré son humeur sombre, entre je t'en prie !
- Cela doit être la première fois que je te vois rentrer seul de la taverne sans tituber, plaisanta Perceval.
- Disons qu'avoir des amis est plus efficace que l'alcool dans certaines situations. Et je dois admettre que le calme d'Elyan et de Léon est bien la seule chose qui puisse me permettre de réfléchir réellement.
- Ça ira ? J'ai ma soirée si besoin. Et je me disais que demain, on pourrait tous les quatre aller en patrouille à l'extérieur de la ville pour te changer les idées.
- Ça ira pour ce soir, ne t'inquiète pas. J'accepte ton offre avec plaisir.
- On se retrouve demain donc ! »
Avec un soupir, Gauvain s'écroula sur son lit, prêt à oublier pour quelques heures.
Le lendemain, en voyant les quatre chevaliers partir en patrouille, Merlin soupira. Malgré ce qu'avait dit Gauvain, la situation ave Arthur n'avait guère changé. Bien sûr, il serait dorénavant capable de lui parler directement des menaces magiques, et la culpabilité de mentir avait disparue, mais il avait espéré plus. Il avait espéré que Gauvain ait raison pour les sentiments d'Arthur.
Il savait qu'il avait blessé son ami lors de cette discussion, et comptait s'excuser le soir-même. Cependant, il était lui-même perdu face à ses sentiments, et le conseil de Lancelot lui manquait cruellement dans ces moments-là.
Il nettoyait vigoureusement le bocal à limaces lorsque Gaius revint de ses visites matinales.
« Merlin, mon garçon. Que se passe-t-il ? Aurais-tu encore libéré une quelconque abomination dans Camelot ?
- Non ! Gaius enfin ! J'essaye de me rendre utile vu qu'Arthur m'a donné ma journée.
- Je pensais que tu profiterais de te journée libre pour être avec les chevaliers, ou à dormir.
- Ils sont en patrouille à l'extérieur, et je n'arrive pas à dormir.
- Alors aide-moi avec ces décoctions et tu pourras m'expliquer ce qu'il se passe. »
Après avoir tant bien que mal obtenu de Merlin ce qui le dérangeait, Gaius se mit à rire. Un rire franc et libérateur qui emporta Merlin avec lui.
« Merlin, rit-il encore, tu n'as vraiment pas compris ?
- Compris quoi ? se calma le sorcier, confus.
- Tu es tout simplement amoureux de deux personnes. Arthur et Gauvain. Et c'est probablement la même chose pour eux, ce qui expliquerait pourquoi aucun de vous n'ose faire le premier pas.
- Mais et Guenièvre ! Arthur l'aimait véritablement, sinon il n'aurait pu être libéré de l'enchantement lors de l'histoire avec Lady Viviane.
- Et il existe plusieurs formes d'amour. La magie est complexe, ce que nous avons cru devoir être de l'amour romantique aurait ou aussi bien pu être n'importe quelle forme d'amour.
- Mais elle devait être sa reine !
- Merlin, calme-toi », fit Gaius.
Il allait devoir choisir une autre façon de lui faire comprendre s'il ne voulait pas bouleverser son fils de cœur. Il avait tellement appris depuis son arrivée plusieurs années plus tôt, mais certaines choses demandaient qu'on les expérimente pour en saisir toute la portée.
« Dis-moi, tu te rappelles ce que le passeur t'a dit au pont lors de la quête d'Arthur ?
- Qu'Arthur aurait besoin de Force et Magie pour réussir sa quête. Et on a réussi.
- Oh merlin… il ne t'est jamais venu à l'esprit que peut-être ces mots signifiaient bien plus que cela ? Je pense qu'il t'a donné une indication quant à ce dont tu aurais besoin pour mener ta mission : Arthur et Gauvain. »
Gaius sourit en voyant Merlin réfléchir. Bien, peut-être comprendrait-il.
« Merlin, mon garçon. Je crois sincèrement que le fait d'être trois vous donne un parfait équilibre, et la force de compléter cette tâche si complexe. Ne refuse pas ce qui t'est offert parce que tu as peur du jugement des hommes. Tu as toujours été destiné à de grandes choses et ton cœur est bien trop grand pour n'aimer qu'une seule personne.
- Merci Gaius. Est-ce que ça veut dire que je ne suis plus obligé de laver le bocal à limaces ?
- Tu n'as rien d'autre à faire de ta journée, alors tu me feras le plaisir de finir ce que tu as commencé. Ensuite tu pourras aller parler au Roi puis à Gauvain. »
Merlin se remit au travail avec le sourire, sachant que son mentor le soutenait et serait là pour le conseiller.
Quand Gauvain passa les portes de la citadelle en revenant de sa patrouille, il était d'excellente humeur. Il le fut d'autant plus que Merlin vint le voir avec un grand sourire sur le visage en lui demandant de le suivre. Intrigué, il le suivit jusqu'au appartements du prince.
« Merlin, je ne suis pas tout à fait sûr de ce que tu fais, intervint Gauvain.
- Tu vas comprendre très vite. Je suis désolé pour hier. Je sais que je t'ai blessé en me plaignant au sujet d'Arthur
- Je ne t'en veux pas. »
Il n'eut pas le temps de demander davantage d'explications que la porte des appartements du Roi s'ouvrit sur un Arthur qui semblait très surpris de les voir tous les deux, et de voir Merlin avec son sourire idiot comme s'ils étaient revenus plusieurs mois en arrière.
« Merlin, quand je te donne ta journée, je m'attends au moins à ce que tu ne viennes pas réclamer que je paye tes factures de la taverne ou tu as probablement passé la journée si j'en crois ton sourire idiot.
- Sire, je ne suis pas là pour ça.
- Alors entrez, ne vous donnez pas en spectacle dans le couloir »
Un coup d'œil au visage du chevalier apprit à Arthur que c'était Merlin qui avait manigancé cette réunion intempestive. Et visiblement, il attendait des explications au moins autant que lui.
« Alors, je vais clore le chapitre de l'honnêteté et des révélations avec un dernier aveu. Et ça vous concerne tous les deux »se dandina Merlin.
Il n'avait pas prévu que ce soit si dur à avouer, mais une fois au moins, il voulait faire preuve de courage par lui-même sans se reposer sur le soutien de Gauvain ou la présence d'Arthur. Face à lui, il voyait les deux hommes lever un sourcil, se demandant bien ce que Merlin pouvait encore avoir à avouer. Ils priaient pour que ce ne soit pas une autre catastrophe.
« Arthur, Gauvain, je… suis peut-être légèrement tombé amoureux de vous deux ? »
Autant pour le courage donc, mais au moins les mots étaient sortis. Et au vu des visages en face de lui, ils n'avaient pas encore saisi ce que ces mots impliquaient.
« Tu peux répéter Merlin ? demanda Arthur.
- Je vous aime. Tous les deux. Depuis un moment en fait. »
Arthur resta figé sur place tandis que Gauvain partait dans un fou rire.
« Ne vous vexez pas, mais j'essaie depuis quelques temps maintenant de vous faire comprendre à tous les deux que vous vous aimez, mais je n'aurais jamais pensé que je puisse être de taille pour vous concurrencer Arthur dans le cœur de Merlin. »
Merlin soupira de soulagement en entendant cela. Au moins n'avait-il pas choqué Gauvain. Mais Arthur avait l'habitude de se poser en martyr pour son pays.
- Je n'arrive pas à croire que Merlin, notre Merlin, ait pu avoir le courage de se déclarer, murmura Arthur. Mais comment cela pourrait-il fonctionner ? Je ne nie pas mes sentiments, Merlin. On a toujours su tous les deux que nous n'avions pas une simple relation de maitre à serviteur.
- Je vous avouerai que je ne savais pas comment vous réagiriez, fit Merlin. Sans Gaius, je serais encore à essayer de me convaincre que je ne mérite aucun de vous.
- Voyons Merlin, fit Gauvain en passant un bras sur ses épaules, il faudra bien qu'un jour tu comprennes que sans toi, je ne serais pas là et que tu as aidé bien d'autres âmes en peine comme moi. C'est la princesse ici présente qui ne te mérite pas.
- Et vous je vous mérite ou je suis condamné à vivre seul ? railla Arthur.
- Personne ne résiste à mon charme ravageur, ricana Gauvain avant de se prendre un coup de coude de Merlin. Aie ! Oui bon, j'avoue que la Princesse me plait aussi. »
Levant les yeux au ciel, Arthur leur demanda de se calmer. Il avait du travail merci bien !
« Tiens c'est vrai ça, remarqua Merlin, j'ai eu plus de journées de libres en un mois qu'en 4 ans à votre service. Que préparez-vous ?
- Une consultation du peuple pour réintégrer la magie à Camelot, répondit le Roi. J'en ai parlé à Léon et Gaius, ils approuvent mon idée. »
Merlin eut les larmes aux yeux en entendant cela. Bientôt il serait libre d'être lui-même devant tous. Souriant devant le bonheur de leur ami – aimé ? – Arthur et Gauvain échangèrent un regard avant que le blond ne leur fasse signe de sortir pour qu'il puisse finir son travail. Ils auraient le temps de parler davantage plus tard.
Ils laissèrent donc Arthur pour se diriger vers la taverne – qui finirait par devenir le centre de commandement de Camelot à force d'accueillir régulièrement les chevaliers et leur Roi. Sans surprise, Léon et Perceval y était déjà.
« Elyan n'est pas là ? demanda Merlin
- Il est avec Guenièvre. Il essaie tant bien que mal de lui expliquer en quoi son acte était cruel. Il devrait arriver d'ici quelques minutes, je pense, répondit Léon.
- Vous deux en revanche, semblez avoir résolu la majeure partie de vos problèmes si j'en crois vos têtes, intervint Perceval.
- En effet répondit Gauvain d'un ton enjoué, et croyez-moi, vous n'avez pas fini d'en entendre parler !
- Arrête de faire ton intéressant et raconte-nous plutôt ce qu'on ne sait pas encore, se moqua Léon.
- Messires, intervint Merlin avec un sourire en coin, je pense que laisser cet honneur à Arthur serait plus naturel. Il adorera tout vous expliquer dans les moindres détails.
- Doit-on en déduire qu'on te verra avec une cible sur le dos demain matin à l'entrainement ? demanda Elyan derrière Merlin alors qu'il venait s'installer pour suivre la conversation.
- J'en ai bien peur, grimaça Merlin.
- Voyons, une journée à Camelot ne commence bien que si tu souffres avec nous à l'entrainement, se moqua Gauvain. Et puis, je suis sûr qu'Arthur saura se faire pardonner dorénavant…
- Gauvain ! »
Riant aux éclats, les chevaliers trinquèrent au retour de la bonne humeur au sein de leur groupe. Quand Merlin se fit raccompagner par Gauvain le soir même, Gaius le serra dans ses bras en constatant le bonheur de son fils de cœur.
« Arthur est passé tout à l'heure, il a dit que tu apprécierais de changer pour une chambre plus confortable, et je suis d'accord.
- Une chambre plus proche de lui je suppose », rit Gauvain.
En allant voir la chambre qu'Arthur avait donné à merlin, celui-ci ne put s'empêcher de taquiner son roi.
« Je remarque que ma nouvelle chambre est plus beaucoup éloignée des quartiers de Gauvain que des vôtres contrairement à ma chambre chez Gaius.
- Merlin…, soupira Arthur.
- Vous savez si vous m'avez changé de chambre pour que je sois à l'heure le matin, j'ai bien peur que ce soit tout le contraire maintenant que j'ai un matelas digne de ce nom.
- Merlin !
- Et puis, franchement –
- MERLIN !
- Oui sire ? fit-il innocemment
- Premièrement, Gauvain pourra changer de chambre s'il le souhaite puisque je me doute que vous deux serez inséparable (« pas plus que vous et Merlin » protesta ledit Gauvain), et deuxièmement, je compte bien faire en sorte que d'ici quelques temps, notre relation ait suffisamment évolué pour que cette chambre et celle de Gauvain soit vide la plupart du temps.
- Vous vous rendez compte que ça ne fera qu'empirer mon incapacité chronique à sortir de mon lit le matin ? »
Arthur abandonna. De toute façon, son serviteur – et futur amant il l'espérait – avait une habileté hors du commun à le contredire. Il lui faudrait bien au moins l'aide de Gauvain pour l'aider à moins que ce dernier ne s'amuse à rejoindre Merlin dans ses pitreries. Auquel cas Camelot allait connaitre des jours mouvementés dans un futur proche et lointain.
Etrangement, tant qu'il les gardait les deux près de lui, il ne s'en souciait guère.
Voilà donc comment se finit la plus longue fic que j'ai publié à ce jour.
N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé et merci à ceux qui ont lu jusque là !
