GENRE : Action, Romance
PARING : Janto ( Jack x Ianto ) ; et j'ai réussit à mettre du Drarry, ne me demandez pas comment xD
RATING : T+, et M pour un chapitre, parce que Ianto est ultra badass... Uhuhuh :3
BÊTA : Merci à TenshinNeko ! \O/ Héhéhéhé, il est beau ton p'tit neveu, hein ? ;)
NOTE : • La moitié des personnages appartiennent à Russell T Davies, et l'autre à JK Rowling ! :D Toute l'histoire est à moi par contre.
• Et je déteste Gwen, Ok ? JE LA HAIS, C'EST DU PUTAIN DE BASHING ! Rien de moins xD
• Et c'est un bon gros bébé. Un grooooos bébé de 140 milles mots \O/
Bonne lecture ! ~
# Chapitre 7
Toshiko avait été incroyablement courageuse. Ianto, devait le reconnaître, s'était un tout petit peu laissé submerger par les événements. Ça faisait longtemps qu'il ne s'était pas retrouvé ainsi en danger.
Très très longtemps.
Et à part le problème avec Hannah… les dernières fois où il avait été si près de perdre la vie avait été face aux Cybermen... Et la Guerre.
Et oui. Oui ! Peut-être qu'il s'était retrouvé submergé par des souvenirs qu'il aurait préféré ne plus jamais revoir. Malheureusement la vague cauchemardesque l'avait submergée avec une puissance dévastatrice.
Mais Toshiko... Toshiko Sato avait été la femme la plus courageuse de l'instant. Aussi courageuse que les sorcières les plus passionnées pour la libération de l'Angleterre face à la terreur de Voldemort. Et ça avait été son calme et sa détermination pour les sortir de là qui avait ramené Ianto à la réalité.
Lorsque la situation lui avait offert une occasion, il l'avait saisie. Certes, maintenant il avait mal au front... Et au nez. Mais Toshiko avait réussit à s'enfuir. Et c'était tout ce qui comptait pour l'instant. Seulement, avec ses mains attachées dans son dos, Ianto n'avait pu empêcher l'homme de partir à la poursuite de sa collègue.
Mais Ianto avait plus d'un tour dans son sac. Quand la femme s'approcha, prête à lui donner un coup dans le visage avec la crosse de son fusil, Ianto se laissa redevenir Neville et roula sur le côté pour balancer sa jambe dans son abdomen. Malgré le fait que ça n'avait été que du camping, il avait été hors de question de partir sans sa baguette, sur laquelle il n'avait jamais retiré le sort de dissimulation. Ces cannibales l'avaient peut-être délesté de son arme, mais n'avait pas du tout remarqué ce petit bâton de bois qui était glissé dans la poche arrière de son jean.
Ses doigts se ressérèrent sur sa baguette et dans un souffle, il se défit de son attache et leva son arme vers la femme prête à lui tirer dessus. Peut-être n'était-il pas le plus doué en sorts informulés, mais la guerre l'avait taillé dans le marbre. Il était rapide, et la situation lui avait apprit à ne pas hurler les sorts qu'il utilisait, de simples murmures à peine soufflés. Et ce fut le cas cette fois-ci encore.
Ce ne fut pas le sort le plus simple et le plus doux. Des réflexes trop ancrés en lui, des sorts vicieux qui se pressaient à la barrière de ses lèvres...
La femme traversa la pièce et percuta le mur, sa tête se fracassant sur les pierres dans un bruit épouvantable. Mais de toute manière, elle était déjà morte avant que son cerveau ne tapisse les murs de leur garde-manger. Seulement, elle n'avait pas été seule dans cet endroit, il y avait d'autres personnes - non, d'autres cannibales ! - qui entendirent le boucan que Ianto fit en se sauvant. Il sauta sur ses pieds alors que deux d'entre eux entraient, avec des armes qu'ils pointèrent tout de suite sur lui quand ils trouvèrent le corps sans vie de la femme. Le sorcier baissa délibérément les barrières de son esprit et se laissa être submergé par leurs pensées, si puissantes et si invasives, si...
C'était ça. Ils étaient tous coupables. Tous, sans exception. Les quatre personnes qui étaient présentes - et encore en vie - dans cet endroit ne rêvaient que d'une seule chose, les dépecer - le dépecer - et le savourer avec un verre d'un des tord-boyaux qu'ils avaient trouvé dans le village. Et chasser son équipe, parce que la chasse était aussi jouissive que le sang encore chaud.
De grands malades. Et la colère, les vieux souvenirs, cette sensation d'urgence et ce frisson grisant fait d'adrénaline créé par la bataille, tout cela le submergea et il n'eut aucun scrupule à agiter le bras pour élever un bouclier alors que ces ordures lui tirait dessus. Les balles rebondirent sur le halos doré et avant même qu'ils ne puissent comprendre ce qu'il se passait - comme si Ianto devait s'inquiéter de leur montrer de la magie, ils n'allaient jamais plus trouver personne à qui en parler - le sorcier s'avança et désarma le premier d'un coup de pied avant d'attraper son bras et l'enrouler autour de lui alors que son compatriote le visait de nouveau. Il tira donc dans la poitrine de l'autre homme, qui hurla de douleur, et Ianto bougea pour lancer un sort vicieux de découpe qui trancha net les tendons des mains du cannibale encore armé.
Il laissa tomber le corps agonisant qui lui avait servi de bouclier humain, ne s'attardant pas sur le sang qui le couvrait et s'avança plutôt pour donner un coup violent dans le cou du second, lui coupant le souffle et écrasant efficacement son larynx. Il tenta bien de tendre les mains vers lui pour faire quelque chose, mais Ianto attrapa le couteau glissé dans la ceinture de son pantalon et sans une seule hésitation, le planta profondément dans son abdomen, le balançant au sol.
Sa baguette dans une main et le couteau ensanglanté dans l'autre, il passa les rideaux de papiers cirés presque transparent, balançant d'un coup de poignet bien trop fluide pour être normal, là où il avait sentit un autre des cannibales. Alors que le couteau pénétrait dans le front d'un des derniers cannibales qui restaient, une femme ; et l'autre, plus près de Ianto lui sauta dessus.
Ils se battirent violemment, tombant au sol jusqu'à ce que malheureusement, l'autre ait le dessus. Il immobilisa le sorcier au sol, un bras sur sa gorge tandis que l'autre cherchait une arme, ses envies de meurtres s'écrasant sur les barrières mentales du sorcier qu'il avait pourtant remontées. Mais Ianto n'était pas armé que d'un simple couteau et ce n'était malheureusement pas la première fois qu'il se retrouvait dans une telle situation. Pendant un instant, il revit Rabastan Lestrange au dessus de lui, riant hystériquement, aussi fou que sa femme - sauf qu'à ce moment-là, cet enfoiré arborait une érection dure comme la pierre qu'il n'avait eut aucun scrupule à frotter contre sa cuisse.
Mais Neville n'avait jamais été et ne sera jamais une victime. Il était un survivant, un vétéran. Et ce ne fut que par une habitude depuis bien longtemps ancrée qu'il n'utilisa à aucun moment un impardonnable sur eux. Cette fois-ci encore, ce ne fut pas différent.
Il réussit, difficilement, mais réussit tout de même, à dégager son bras, assez pour lever sa baguette et murmurer dans un souffle étranglé un sectumsempra directement dirigé vers le visage déformé par la colère au dessus de lui.
Ianto eut à peine le temps de fermer les yeux avant que le sang ne lui tombe dessus, il ne fut malheureusement pas assez réactif pour fermer la bouche.
Le corps s'écroula sur lui, désormais sans vie, et le sorcier le poussa brutalement pour se redresser... Et oui, aller vomir dans un coin de la pièce.
Il était poisseux de sueurs, de sang, il avait froid dans la nuit mais aussi brûlant d'adrénaline... Parce qu'il savait qu'il n'en avait pas terminé, que ce n'était pas fini. Toshiko était toujours dehors, les mains liées et poursuivie par l'un de ces enfoirés, tandis qu'il ignorait totalement où pouvaient bien être les autres.
Alors le sorcier prit une décision qui allait sans aucun doute déterminer sa place future au seins de l'équipe Torchwood, surtout si les autres se retrouvaient face au spectacle que Ianto montrait en ce moment : Couvert de sang et sans aucune pitié.
Le Lord Neville Frank Ianto Jones Londubat n'avait plus de pitié depuis bien longtemps.
Gentil ? Il avait été gentil et naïf quand il avait été petit, perdu dans les couloirs de Poudlard. Cette innocence avait disparu quand Voldemort s'était relevé. Les élèves avaient dû prendre les armes, qu'importe le camps choisis. Ils avaient détruit, immolé, broyé jusqu'aux racines leurs âmes, leurs esprits doux, bien pensant qu'ils avaient, un court, trop court instant, eu.
La chose était qu'en ce moment même, Ianto était de nouveau Neville, froid, implacable, qui avait par de nombreuses fois regardé la mort dans les yeux pour lui cracher au visage. Il avait vu des enfants être torturés pour le plaisir d'adultes qui ne savaient garder leur guerre pour eux et qui avaient usés de leur progénitures comme de la chaire à canon. Ces mêmes enfants, ces mêmes héritiers qui avaient dû se lever pour survivre et protéger les leurs, sans pour autant réussir à tous les sauver.
Le sorcier, l'agent de Torchwood, l'Agent Spéciale qu'il avait été un jour... et qu'au fond il était toujours, enjamba les corps qu'il avait disséminé dans la pièce et se mit à fouiller. Il trouva assez facilement l'arme de Tosh ainsi que la sienne - bien qu'officiellement, il n'avait toujours pas le droit d'en porter une, Jack avait décidé qu'il serait bon pour lui d'apprendre à tirer sur des cibles en pleine nature. Sûrement avait-il oublié que Ianto était parfaitement capable de s'en sortir aussi bien avec une arme à feu, qu'avec un couteau, ou encore avec sa baguette, il était imbattable. A mains nues aussi...
Ianto renifla, amusé, en repensant au regard abasourdi et surprit que Jack lui avait lancé quand Ianto lui avait rappelé que pendant la guerre sorcière, le côté de la Lumière ne s'était pas privé d'user d'armes moldus, surprenant les premiers temps les Mangemorts et remportant ainsi quelques batailles avant qu'ils ne s'adaptent à leur tour. D'un coup de main entraîné, il arma son pistolet, vérifia l'état de celui de Toshiko et le glissa dans son dos, bien calé dans son pantalon, et maintient son arme de la main droite, faisant sauter sa baguette dans sa main gauche. Non pas qu'il était ambidextre, mais il avait apprit à la dure à user de sa baguette de ses autres doigts pendant la guerre. Il fallait être près à tout, une main dominante cassée sur le champs de bataille pouvait être fatale.
Puis enfin, il ferma les yeux quelques cours instants pour prendre une profonde inspiration par la bouche - l'odeur du sang et de la bile n'étaient pas des odeurs qu'il appréciait sentir. Accroupi dans un coin de la pièce, il ouvrit ensuite son esprit, un tout petit peu pour sentir les autres présences aux alentours. Il avait apprit à reconnaître les esprits de ses collègues depuis qu'il travaillait pour Torchwood avec une simple caresse, pas besoin de pénétrer réellement leurs pensées pour savoir qui ils étaient.
Gwen, Owen et Toshiko étaient tous trois ensembles, sans aucun doute aux mains de deux des cannibales qui lui avaient échappés, et Jack était... Bien plus loin. Ianto, les yeux toujours clos pour mieux se concentrer, fronça un peu les sourcils en poussant son esprit vers lui, assez pour... Pour toquer ? aux défenses que l'immortel avait érigé autour de son esprit depuis des années, des siècles sûrement.
En tout cas, assez fortement pour attirer son attention, juste le temps qu'il comprenne qui essayait de le contacter de cette manière sans vraiment pouvoir lui envoyer autre chose qu'une image forte de danger immédiat avant de devoir reculer, parce que les autres esprits se rapprochaient d'eux, et Ianto ne voulait pas s'attarder dans cet état de vulnérabilité.
Il se redressa et alors qu'il entendait de l'agitation dehors, se glissa derrière la porte, dissimulé si on l'ouvrait brutalement et tout de même assez loin pour ne pas être assommé si l'ouverture était brusque. Et heureusement, car ce fut le cas. Gwen fut jeté en première, suivit par Owen et Tosh, alors que les deux cannibales riaient.
- Regardez ce que l'on a trouvé sur le chemin ! Clama celui qui était toujours dehors.
- Que-
Celui qui était entré, celui que Ianto avait tenté d'assommer d'un coup de tête un peu minable pour donner le temps à Toshiko de s'enfuir, haleta en avisant le massacre qu'il y avait eut dans l'abattoir, et Ianto bougea. Vite. Dans un coin de son esprit, il sentit Jack tapoter à ses barrières et le sorcier comprit qu'il n'était plus loin du tout.
Le sorcier claqua la porte au nez du policier - un policier cannibale, on aura tout vu -, lui faisant lâcher son arme, le poignet prit entre la porte et le chambranle de cette dernière. Sa baguette dans sa poche, il attrapa le poignet de l'homme et le tira brutalement à l'intérieur, le faisant trébucher pour tomber à moitié sur l'homme à la carabine. Ce dernier recula pour tenter de lever l'arme sur Ianto et tirer, mais le sorcier fut plus rapide. Faisant fit de la brûlure du canon dans sa paume, il maintint l'arme vers le sol et les plombs firent exploser la cervelle du policier au sol.
Le cannibale restant hurla de colère d'avoir perdu son acolyte - et toute sa clique, vraiment - et s'avança, plus grand en carrure que Ianto, mais Neville veillait au grain. Il se laissa presque tomber au sol, n'opposant aucune résistance alors que le cannibale sautait sur lui, le surprenant et le déstabilisant assez pour ne pas pouvoir éviter le genoux que Ianto envoya violemment dans son abdomen en se redressant.
Le souffle coupé, Ianto ne lui laissa pas le temps de réagir en abattant d'un coup sec la crosse de son arme sur sa nuque, espérant ne pas la briser, parce que Jack voudrait sûrement l'interroger à un moment donné. Mais l'homme tomba tout de même au sol, s'affalant dans un souffle douloureusement arraché de ses poumons.
Ianto renifla en voyant ce sac à merde au sol. Il se pencha pour vérifier son pouls et oui, il était encore assez doué pour assommer quelqu'un à main nue sans le tuer. Il donna un coup de pied à la carabine en se redressant, attrapant l'arme du policier pour la désarmer et la désassembler, faisant tomber les pièces et les balles au sol dans un cliquetis de métal qui résonna dans le silence.
- Ian... Ianto ?
Le sorcier releva un visage qu'il savait vide vers Toshiko qui l'observait, inquiète. Les deux autres aussi le scrutaient comme s'ils ne l'avaient jamais vu, et oui, ça devait les surprendre.
- Ils ont eut le temps de vous faire quelque chose ? S'enquit-il d'une voix posée.
Toshiko secoua la tête sans le quitter du regard.
- Non, Ianto. On... On va bien. Est-ce que ça va ? Tu es couvert de sang ! S'inquiéta-t-elle tout de suite.
- Pas le mien, déclara seulement le sorcier.
Ce fut Gwen qui haleta, choquée, et Owen qui lâcha un souffle interloqué. Tosh, elle, sembla avoir envie de vomir mais n'en fit rien. Ianto se pencha de nouveau pour fouiller les hommes au sol, trouvant un autre couteau sur le cannibale encore en vie, poignard qui avait dû servir à bien des atrocités, et s'approcha de ses collègues pour couper leurs liens.
- Tiens, déclara-t-il en tendant à Toshiko son arme qu'il avait récupérer.
Il observa autour de lui, soupirant en n'arrivant pas à se détendre malgré le danger écarté.
- L'endroit est dégagé, Jack est en chemin, déclara-t-il d'une voix rauque en roulant des épaules, tendu comme un arc.
- Ianto... Mais qu'est-ce que tu as fait... ?
Le sorcier tourna la tête vers Gwen qui observait les corps d'un air dégouté et paniqué, avant de lui lancer un regard outré et... trahis ? Plein de haine.
- Tu les as tous massacrés ! Lui cria-t-elle au visage, les yeux s'emplissant de larmes.
Un frisson secoua son échine et il posa sur elle son plus plus glacé des regards tranchants.
- Sérieusement, Gwen ? C'est tout ce que tu trouves à dire ? Lui cracha-t-il au visage d'une voix polaire, et il sentit ce petit plaisir sadique en la voyant reculer devant son air meurtrier.
C'était vrai qu'il devait leur paraître assez affreux ainsi, couvert de sang et ayant en effet exécuté toutes ces personnes sans aucun remords.
- J'ai besoin d'air frais, cracha-t-il, énervé.
Il sentait sa magie brouillonner sous sa peau, ne demandant qu'une chose, s'exprimer librement comme elle avait pu le faire des années auparavant, s'exprimer dans toute la noirceur dont elle était capable.
Il claqua la porte derrière lui sans aucun scrupule, faisant gémir le bois, et prit une grande inspiration d'air frais une fois à l'air libre.
Le nez levé vers les étoiles, dans la nuit noire, Ianto se permit de souffler enfin, de soupirer, laissant l'adrénaline le quitter par vague. Le vent frais lui faisait du bien, le combat lui avait laissé l'impression qu'une fournaise parcourait ses veines.
Et puis d'abord, qu'est-ce qui avait donné cette idée affreuse au Capitaine Jack Harkness, d'aller faire du camping dans la cambrousse du fin fond perdu du pays-de-galles par un temps pareil ?!
Oui, tout pour éviter de penser à ce qu'il venait de se passer, oui.
Malheureusement, toujours tendu, plongé profondément dans sa méditation pour que son cœur reprenne un rythme normal, il fit abstraction de son environnement. Et quand une main se posa sur son épaule, le réflexe fut violent. Il attrapa le poignet, tourna sur lui-même pour tordre le bras dans le dos de son assaillant et pressa le canon de son arme juste sous son oreille.
- Ianto !
Le sorcier sursauta et jura en lâchant précipitamment Jack, qui se tint l'épaule un instant en se tournant vers lui, le regard effaré.
- Merde, putain, Jack ! Ne pas surprendre quiconque avec la soirée qu'on vient de passer ! Clama le sorcier en mettant la sécurité sur son arme.
Jack ne fit que le regarder en lâchant son épaule, la bouche entrouverte.
- Tu-Tu es blessé ?! S'inquiéta l'immortel et Ianto fronça les sourcils.
- Non.
- Ianto, tu es couvert de sang !
Ce dernier frissonna et se passa une main sur la joue, sentant le sang coagulé accroché la pulpe de ses doigts. Il grimaça et détourna le regard en croisant les bras sur son torse.
- Pas le mien, répéta-t-il machinalement.
Il tressaillit à peine quand Jack attrapa délicatement le côté de son visage pour le tourner vers lui.
- Est-ce que tu vas bien ? Où sont les autres ? S'enquit-il en faisant passer son regard sur lui, cherchant des plaies.
- Ils sont à l'intérieur, ils vont bien. Et les cannibales - parce que ce sont des cannibales, oui, rien d'alien - ont été neutralisés.
Le sorcier se défit délicatement de la poigne du Capitaine et sourit. Pas son sourire habituel, un sourire un peu crispé, ne réussissant pas à remettre son masque.
- Je dois vous prévenir que ce n'est pas beau à voir, Monsieur, susurra-t-il sans pouvoir s'en empêcher.
Jack le regarda sans mot dire puis s'avança pour presser son avant-bras, lui disant clairement d'un regard de faire attention et de ne pas bouger, qu'il revenait très vite, puis disparu dans la maison.
Malgré le conseil non verbal, si on pouvait appeler ça comme ça, du Capitaine, Ianto s'éloigna un peu en croisant les bras sur son torse, la frayeur que Jack lui avait faite, le mettant sur ses gardes. Tous ses sens étaient tournés vers la forêt, juste au cas où.
Quelques minutes plus tard, il fut rejoint par le Capitaine qui resta à ses côtés un instant sans rien dire.
- En effet, ce n'est pas très joli à voir, déclara-t-il enfin d'une voix neutre.
Le sorcier lui jeta un regard.
- Je ne vais pas m'excuser, c'était de la légitime défense, souligna-t-il.
Jack leva les mains en se tournant vers lui, un petit sourire sur les lèvres.
- Je ne dis pas le contraire. J'ai vu les cadavres, j'ai vu ce qu'ils ont fait, et Tosh m'a dit que tu lui avais permit de s'enfuir.
Il le regarda et soupira.
- Je n'avais aucune raison de mettre en doute tes paroles sur le fait que tu ais participé à la guerre... Mais si je ne t'avais pas cru, ce qu'il y a l'intérieur m'aurait convaincu, déclara-t-il.
Ianto sentit ses épaules s'affaisser et il se passa une main sur le visage.
- Je ne pensais vraiment pas avoir à nouveau à faire ça, murmura-t-il, la gorge serrée.
Jack posa doucement sa main sur son épaule et la pressa.
- Je n'avais apparemment pas vraiment... réalisé jusque là. Comment... Tu gères la chose ? Les choses ?
Ianto réfléchit un instant et laissa un sourire mauvais étirer ses lèvres.
- C'était il y a presque dix ans. J'ai eut le temps de faire la paix avec ce qu'il s'était passé et ce que j'avais dû faire.
Il jeta un coup d'œil derrière lui, vers la maison et l'abattoir où l'équipe de Torchwood était toujours.
- Mais je n'aurais jamais pensé que ça avait laissé autant de traces...
Jack ne dit rien, ne comprenant sûrement que trop bien, ayant participé aux guerres mondiales du côté Moldu. Il savait la laideur, il connaissait le devoir à faire, même si c'était moche.
- Jack... Murmura Ianto alors que la porte derrière eux s'ouvrait. Tu sais que ça ne peut pas rester aux mains de Torchwood.
- Je sais.
- Mais ça ne peut pas revenir à la police non plus, continua le sorcier en le regardant.
- Quoi ? Mais pourquoi ? S'étonna Jack en le regardant.
Ianto soupira et se frotta la nuque alors que les voix de l'équipe leur parvenait, qui se rapprochait pour les rejoindre.
- Parce qu'à l'intérieur, j'ai utilisé des sorts... qui ont été inventé, ou du moins répandu que pendant la guerre. Et les moldus utilisent toujours les mêmes mots clés dans leur rapports. C'est comme ça que les Aurors trouvaient les mangemorts qui s'étaient échappés à l'époque et comment ils traquent les néo-mangemorts. Dans tous les cas, les Aurors vont reprendre l'affaire et je n'ai pas très envie de voir d'anciennes connaissances débarqués en grandes pompes au Hub pour enquêter et réaliser que ce n'était que moi, expliqua-t-il rapidement avant que les autres ne les rejoignent.
- Jack ! Clama Gwen en attrapant son bras. Tu ne peux pas-
- Gwen, tais-toi s'il-te-plait ! Rétorqua Jack en lui jetant un rapide regard avant de concentrer toute son attention sur Ianto. Tu veux les appeler tout de suite ?
Le sorcier haussa les épaules et soupira.
- Ça serait plus facile. L'affaire serait rapidement prise en charge et on aura pas besoin de s'attarder trop ici parce que je ne sais pas vous, mais je ne vais plus jamais refaire de camping avant au moins des siècles, grogna-t-il.
Jack hocha la tête en comprenant.
- J'aurais bien fait venir U.N.I.T. pour s'occuper de ça, moi, ajouta-t-il avec une petite moue.
- Comment ça, on ne garde pas l'affaire ? Intervient Gwen en fronçant les sourcils. Jack-
Ianto soupira très fort pour lui couper la chique, se pinçant l'arrête du nez.
- Vous avez votre téléphone, Monsieur ? Ils nous ont prit les notre et j'ignore où ils les ont mit.
Jack fouilla dans les poches de son manteau avant de lui tendre son mobile, plissant des yeux.
- Tu crois qu'ils pourraient être là rapidement ? S'enquit le gérant de Torchwood.
- Il y a une des bases de commandement à moins d'une demie-heure d'ici. Ils seront là dans dix, expliqua Ianto en se penchant sur l'appareil.
Ce qui n'était pas vrai du tout. Mais ils allaient sans aucun doute transplaner et qui sait, peut-être même utiliser des véhicules moldus. Surtout si Ianto demandait à ce que U.N.I.T. vienne en renfort militaire.
Composant un numéro qu'il n'avait jamais su oublié, il entra le code pour accéder au secrétariat - aha, le secrétariat, le mot était presque mignon pour ce que c'était réellement - et porta l'appareil à son oreille, commençant déjà à sentir les retombées de l'adrénaline sous la forme d'une douleur légère derrière ses yeux. A côté de lui, sans qu'il n'y fasse réellement attention, parce que duh', c'était presque trop commun pour qu'il s'y attarde, Gwen pestait auprès de Jack à propos de ce que Ianto avait osé faire à l'intérieur.
- Tu aurais préféré quoi ?! Qu'ils nous bouffent ? Intervient Owen en lui crachant presque au visage.
- Ianto a tué des gens ! De vrais gens, qui avaient sûrement une famille-
- Des cannibales, Gwen ! Des ca-nni-baaaaleuh ! Tu penses vraiment que tu aurais su les raisonner ?!
- Je-
- Bienvenu chez le service client d'Orange, que puis-je faire pour vous ?
Ianto roula un instant des yeux, amusé par la voix qu'il ne connaissait que trop bien. Il voyait parfaitement Pansy faire la secrétaire ennuyée au téléphone, un chewing-gum dans la bouche en lisant un cosmos ou en se refaisant les ongles. Une parfaite caricature... Et une parfaite couverture.
- Ici l'Agent Spécial L.N.F. Ianto Jones, Code SMW01.04. J'ai besoin d'une équipe de nettoyeurs sur ma position exacte le plus rapidement possible.
Il se tut et ravala un juron, mais avant même qu'il ne puisse demander, un écran était devant ses yeux, tendu par son amie.
- Toshiko Sato, vous êtes la femme de la situation, la remercia-t-il avec une courbette avant de regarder leur coordonnées GPS. Au 51 degrés Nord, 52 minutes et 01.17 secondes et 03 degrés Ouest, 34 minutes, et 33.55 secondes. Je suis avec trois NM, ainsi que le Capitaine Jack Harkness. J'aurais aussi besoin que la section spéciale de U.N.I.T. vienne en soutien, on est... En territoire hostile, que je viens de rendre clair, mais n'empêche.
Il regarda autour de lui et soupira dramatiquement.
- Et Parkinson, par pitié, si tu pouvais nous envoyer un hélico et des vêtements propres parce que vraiment, j'ai du sang partout et tu sais que je déteste ça.
- Bonjour à toi aussi, Londubat. Tu nous manques à Londres, et je n'ai même pas le droit un petit bonjour, rien du tout ? Vraiment ? Je suis déçue de toi. Gryffondor de pacotille.
Ianto leva les yeux vers le ciel en ravalant une plainte.
- Bonjour Pansy ; vous aussi vous me manquez bien que je me porte à merveille sans ta voix de crécelle à mes oreilles à tout instant. Je me plais à Cardiff, merci beaucoup ; Torchwood, c'est génial - bon, c'est bon, je peux avoir mes agents, maintenant ?
- Pour qui me prends-tu ? Ils étaient en route avant même que tu finisses tes requêtes, ils seront là dans 5 minutes ; et l'hélicoptère part de Cardiff et sera là dans 7. Est-ce que tu aurais le nouveau numéro de Draco, pendant que je t'ai ?
Ianto retira le téléphone de son oreille pour le regarder, abasourdi, avant de froncer les sourcils.
- Sérieusement ? Tu crois vraiment que c'est le moment ?
- Eh, que veux-tu. La transition avec la technologie du monde moldue n'a pas été simple, j'ai paumé son numéro ! Et comme ça jase de partout et qu'apparemment, tu as emménagé avec lui et son Jules, autant que j'en profite pendant que je t'ai.
- Mais tuuuuu te débrouilles, ma vieille ! Lâcha Ianto en écartant les bras. Je viens de faire face à une dizaine de cannibales qui m'ont volé mon portable, tu crois vraiment que je connais le numéro de Draco par cœur ?! Si tu veux lui parler, tu fais comme d'antan, tu lui envoies une lettre ! Lâcha-t-il, un peu submergé par la situation.
- Maiiiiis, ça va mettre des jooours à arriver, et ça va mettre des semaines pour avoir une réponse !
- Eh bien t'appelles Harry, et tu te débrouilles, ma grande ! Ne me dis pas que de ton superbe poste où tu as accès à tous l'état, tu ne peux pas trouver notre ligne fixe ? Tu es futée et rusée, je suis sûre que tu sauras comment te dépatouiller.
- Rabat-joie ! Clama-t-elle.
- À la prochaine, Vipère.
- Va crever, Chat de gouttière !
Ianto gronda et raccrocha violemment avant de fusiller le mobile du regard.
- Non, non, tu ne m'avais pas manqué, grognasse, cracha-t-il.
Elle était forte, cette vipère. Très forte, parce qu'en le saoulant comme elle avait l'habitude de le faire quand ils étaient encore à l'école, elle avait réussit à détourner son esprit assez efficacement, calmant sa panique - Bah oui, il n'était plus paniqué, il était énervé !
Il allait tué Pansy Parkinson un jour, et faire disparaître son corps. Très minutieusement, parce que sinon, duh, Draco allait le tuer à son tour.
- Ianto ?
Le sorcier grommela en relevant le nez de l'appareil pour tomber sur son équipe qui le fixait sans mot dire, tous à un différent stade de surprise. Ianto grommela encore un instant sur cette vipère à tête de bouledogue et tendit le téléphone à Jack et le GPS à Toshiko - allez savoir d'où elle l'avait sortit plus tôt.
- Alors ? S'enquit Jack, les sourcils foncés.
- Alors les Agents sont en route, ils seront là dans quatre minutes. Et un hélico débarque dans 6, soupira-t-il de soulagement.
- Très bien... je te laisse faire la liaison alors, hm ? Demanda le Capitaine avec un regard entendu.
Ianto haussa les épaules.
- J'ignore qui va arriver. Mais oui, je me doute bien que c'est moi qui m'y colle, c'est moi qui ai insisté de toute manière, alors...
- OK, stop, pouce ! On arrête deux secondes ! Intervient Gwen en secouant les mains. Quand la police débarque, je ferais la liaison.
Ianto la regarda, impassible.
- Non, Gwen, répondit-il.
Elle lui lança un regard noir et renifla.
- Ianto mon mignon, entre nous deux, qui a été flic, hm ? Railla-t-elle. Je vais m'occuper de ça.
Le sorcier la regarda et lâcha un rire jaune et amer.
- Sérieusement ? C'est maintenant que tu t'en inquiètes ?
- Excuse-moi ?! S'offusqua-t-elle.
- Cooper. Depuis que tu as commencé à travaillé à Torchwood, est-ce qu'une seule fois tu as eu affaire à la police ? Est-ce que c'est toi qui mets au point des histoires vraisemblables pour les rapports des officiers de la loi qui n'ont aucune idée de ce qui se passe réellement ? Enchaîna Ianto. Non. Depuis que tu travailles avec nous, tu ne fais que courir sur le terrain en pensant que ça suffit. Eh bien, flash news ma grande, ce n'est qu'un tiers du travail. Ça a toujours été moi la liaison avec les locaux et les forces de l'ordre, et ce n'est pas parce que tu en as soudainement décidé autrement pour aujourd'hui que ça va se faire, d'accord ? Alors tu vas être gentille, et tu vas aller gentiment t'asseoir sur la souche d'arbre qu'il y a là et laisser les adultes gérer la situation, d'accord ?
L'ancienne policière était aussi rouge qu'une betterave, visible malgré la pénombre. Les rares sources de lumière du village ne rendaient pas justice à Gwen et son visage se déforma dans une grimace pleine de haine, les ombres l'enlaidissant avec brio, reflétant la noirceur son cœur.
- Alors écoute moi bien, petite merde, cracha-t-elle, pleine de venin. Le massacre qu'il y a là-dedans, c'est toi qui l'y a mit. Tu es celui qui a tué tous ces pauvres gens, c'est de ta faute, alors c'est toi qui va fermer ta gueule et nous laisser nettoyer ta merde !
- Gwen Cooper ! Cria Jack en faisant un pas vers eux, visiblement énervé.
Mais Ianto n'avait pas peur d'elle. Elle pensait être... quoi ? Puissante ? Intimidante ? Elle n'avait clairement jamais fait face à Hermione Granger. Ou pire : Ginny Weasley. Le sorcier ne se laissa aucunement intimider et fit plutôt un pas vers elle, laissant un sourire vicieux étirer ses lèvres.
- Tu sais, ça ne me coûtera pas plus de rajouter ton corps aux leurs, intéressée peut-être ? Susurra-t-il d'un air sombre.
Toshiko intervient alors, venant se mettre entre eux et fut bien vite rejoint par Jack et Owen, le premier attrapant le bras de Ianto pour le faire reculer, faisant barrage de son corps, et le second tirant Gwen par le coude.
- Très bien vous deux, maintenant on se calme ! Clama celle qui était pourtant la plus douce d'entre eux tous, bénie soit l'âme pure de Toshiko. On est fatigué, il est tard, il faut se calmer maintenant. On a vécu beaucoup de choses ce soir, je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée de s'engueuler dans l'instant, au risque de dire des choses qu'on pourrait regretter !
Ianto était à deux doigts de lui dire qu'il n'avait aucun scrupule à lui dire la vérité en face, à cette gougnafière, mais il n'eut pas le temps. Des bruits de moteurs leur parvinrent et des SUV banalisés, deux très exactement, déboulèrent jusqu'à eux. Là, Ianto se permit de fermer les yeux quelques instants pour soupirer doucement. Des portes claquèrent et Ianto se tourna vers les nouveaux venus.
- Je n'ai jamais été aussi heureux de les voir en avance, marmonna-t-il pas assez discrètement et tout le monde l'entendit.
- C'est toi qui a demandé à ce que l'on soit rapide, ou non ? Clama une voix enjouée et Ianto roula des yeux sans pouvoir s'empêcher de sourire.
- Je n'ai rien dit, d'accord ? Rétorqua-t-il un peu plus fort et il n'eut à peine le temps de faire un pas, avant d'être engloutis dans une étreinte d'ours.
- Tu m'as manqué, mon frère, lui murmura-t-il à son oreille.
Ianto ferma les yeux et se laissa aller dans son étreinte.
- Ça me fait plaisir de te voir aussi, Seamus, répondit-il avec un sourire enfouis contre son épaule.
Seamus Finnigan - l'Agent Spécial Finnigan - se détacha mais garda ses mains sur ses épaules, tout sourire.
- Eh bah mon pauvre vieux, t'as une sale gueule.
- Ouais, eh bah vu la soirée que j'ai vécu, essaye de ne pas te salir, veux-tu ? Rétorqua-t-il avec sarcasme.
- Je me doute. Bon, quelle est la situation ? S'enquit le capitaine du détachement des Aurors, se glissant dans son rôle comme Cendrillon dans sa pantoufle.
Ianto se redressa lui aussi, jetant un coup d'œil aux trois autres Aurors et aux deux Langues de Plombs qu'il y avait derrière Seamus, les reconnaissant tous et les saluant d'un signe de tête alors qu'ils le saluaient d'un signe de respect - officiellement, il était plus gradé qu'eux, ce qui le mettait un peu mal à l'aise. Mais heureusement que Harry n'était pas là, ça aurait été la débandade...
- On attend pas U.N.I.T ? S'enquit Ianto en fronçant les sourcils.
Seamus croisa les bras sur son torse en reniflant dédaigneusement.
- Môssieur s'est plaint d'avoir été appelé en plein nuit par, et je le cite " Le dégingandé en kilt qui nous a lâchement abandonné pour aller faire mumuse avec des bidules qui clignotent " et a décidé d'au moins se payer le voyage en hélico. Il n'avait qu'a être à l'heure, il prendra le briefing en route ! Rétorqua-t-il avec une grimace supérieur.
Ianto ravala un ricanement. Ces deux-là, pas croyable...
- Bon. Alors pour faire cours, ce village a totalement été rayé de la carte.
- Et au vu de ton état, rien d'environnemental ?
- Exact. Et malgré le fait que Torchwood a voulu prendre l'affaire, rien à voir.
- Notre spécialité ?
- Non.
Seamus fronça les sourcils.
- Aloooors...
- Tout ce qu'il y a de plus civils, crois-moi.
- Tuerie de masse ?
- Pire. Cannibales.
Un silence lui répondit alors que Seamus clignait des paupières.
- Tu te fous de moi ?
- Est-ce que j'ai l'air ?
- Eh bien moi qui pensait avoir tout vu... Soupira l'Auror en se passant une main sur son crâne à peine chevelu.
- En effet. Il va donc falloir nettoyer la région, trouver les familles et les mettre au courant, faire un communiqué...
- De quoi tu as besoin d'autre ? S'enquit l'autre sorcier en jetant un coup d'œil à son équipe, sous-entendu " Est-ce qu'on doit en obliviaté quelques uns dans le lot ? ".
Avant même qu'il ne puisse répondre, le bruit de l'hélicoptère se fit entendre, qui se posa dans le champs derrière la maison et le détachement des Aurors furent rejoint par deux militaires lourdement armés et un caporal bien décoré, mais non pas moins armé.
- Agent Spécial Finnigan, Agent Spécial Jones, les salua ce dernier avec un hochement de tête.
- Caporal Zabini, sourit Ianto en lui serrant la main, arrachant un sourire à l'ancien Serpentard.
Seamus, lui, ne fit que renifler en croisant les bras sur son torse.
- Tu es en retard.
- Il y avait du monde sur la route, rétorqua du tac-o-tac Zabini en lui envoyant un sourire mielleux.
Ianto soupira mais ne pu s'empêcher d'être amusé.
- OK les garçons, on s'arrête là. Zabini, toi et ton équipe serez mis à jour par l'équipe de Finnegan. Moi, il faut vraiment que j'aille me changer ! Se plaignit-il.
- Mais avant cela... Intervient Seamus.
Ianto le regarda et l'Auror désigna discrètement l'équipe de Torchwood.
- Oh. Euh, je me suis occupé des ravisseurs... Seuls. Pour résumer...
Il se racla la gorge.
- Je pense qu'au moins la moitié du village est à l'intérieur, ainsi que dix cannibales confirmés. J'en ai gardé un en vie pour l'interroger, je pense que ça, Torchwood peut s'en occuper. Mais j'ignore s'il y en a plus. Alors il va falloir ratisser le village pour trouver ou des survivants, ou d'autres ravisseurs, ou même encore d'autres... garde-manger...
Ianto se secoua et Zabini l'observa.
- Est-ce que je peux savoir ? S'enquit-il en plissant des yeux.
- Oh, pas besoin, quand tu auras mis les pieds là-dedans, tu comprendras tout de suite. En tout cas, j'espère que vos hommes ont le cœur bien accroché...
Il s'arrêta un instant et observa les deux chefs d'unités.
- Dites-moi les gars, pourquoi c'est moi qui est en train de faire votre boulot, déjà ? S'inquiéta-t-il.
Il s'inquiéta d'autant plus quand Zabini ET Finnigan lui envoyèrent l'exacte même sourire canaille.
- Vous travaillez ensembles depuis trop longtemps, soupira-t-il.
Seamus aboya un rire puis reprit très vite son sérieux pour se tourner vers ses hommes, imités par Zabini, les Aurors et les militaires furent mélangés pour aller ratisser le village pendant que les deux commandants restaient s'occuper du garde-manger. De l'abattoir... De ça, dans la maison, où Ianto s'était défoulé.
Ce ne fut qu'à ce moment-là que Jack, qui avait eut la bonne idée de laisser Ianto gérer tout cela, se rapprocha et que Seamus et Blaise le regardèrent.
- Messieurs...
- Capitaine Jack Harkness, je présume ? S'enquit Seamus avec un sourire avenant.
Ce dernier hocha la tête et l'Auror lui tendit la main.
- Agent Spécial Seamus Finnigan, se présenta-t-il. Commandant de ce détachement particulier.
- Enchanté.
- Caporal Blaise Zabini, c'est un plaisir... Oui, vraiment, susurra Zabini en faisant passer son regard sur le corps du Capitaine Harkness.
Ce dernier regarda l'ancien serpentard, surpris mais amusé, et lâcha son sourire colgate le plus accrocheur qu'il avait en stock.
- Mais c'est un plaisir tout autant partagé, très cher. Le treillis vous va à-
- OK, très bien, qu'est-ce qui est en train de se passer là, exactement ?!
Ianto ferma les yeux et soupira.
Elle ne pouvait pas se la fermer elle, de temps en temps ?!
Seamus tourna vers elle un regard surprit.
- Excusez-moi ? S'étonna-t-il, sûrement peu habitué à autant d'insubordination.
Il savait parfaitement que ce n'était pas une civile, et Ianto avait envie de tendre les bras vers elle en prenant un air burlesque, l'air de dire " Voyez ?! Voyez avec quoi je dois travailler tous les jours ? "
- Qu'est-ce que vous faîtes-là, qui êtes-vous, et pourquoi ce n'est pas la police qui s'occupe de cette affaire ? Tonna-t-elle en bombant le torse, les bras croisés dessus et... Est-ce que c'était une plaie qu'il y avait dans son abdomen ?
Cette idiote était blessée, et elle trouvait encore le moyen d'ouvrir sa grande gueule ?! Mais comment faisait-elle ?!
- Et... Vous êtes, Miss ? Susurra Seamus avec un sourire serpentard.
- Agent Gwen Cooper, déclara-t-elle en soulignant bien le agent.
- Hmhm. C'est donc vous, oui... Niveau d'accréditation ? Continua l'Auror sans se défaire de son sourire.
Gwen perdit son air farouche, clignant des yeux comme un poisson hors de l'eau.
- Euh... Pardon ?
- Niveau d'accréditation et de sécurité ? Poussa Seamus en faisant exprès de prendre un air ennuyé, presque... exaspéré ?
- Je... Je ne sais pas, celui de Torchwood habituel - Jack !
Elle se tourna vers lui, mais Jack n'allait clairement pas l'aider. Il la fixait d'un regard froid, glacial, tentant visiblement de se contenir alors qu'elle transgressait toutes les règles qu'elle n'avait prit le temps d'apprendre, et ce devant une autre agence gouvernementale en plus de cela. Il était livide, mortifié, et Ianto ne pouvait que le comprendre : Il avait - peut-être par inadvertance, vraiment - espionné la discussion qu'il avait eut avec elle en lui disant clairement qu'elle avait par de nombreuses fois outrepassé les règles et qu'au prochain faux pas, ça pourrait être le dernier et-
Oh, étaient-ils en train d'assister aux dernières heures de Gwen Cooper au sein de Torchwood ? Un petit Neville dans le grand Ianto se mit à danser une gigue de bonheur.
- Oui, eh bien ce n'est pas suffisant, mademoiselle, termina Seamus en soulignant le mademoiselle, lui réfutant son statut d'Agent.
Elle allait ouvrir la bouche quand une voix pleine de fureur contenue la coupa, une simple phrase sans un mot plus haut que l'autre, et c'était sûrement ça, la plus grande menace.
- Gwen Cooper, maintenant ça suffit, souffla Jack en lui envoyant un regard mauvais.
Elle prit la mouche et se mit à bouder... A bouder, face à deux représentant légaux de deux organisations gouvernementales assez puissantes - non mais là, elle le faisait exprès, ce n'était pas possible autrement, vraiment.
- Sans vouloir vous manquer de respect, Capitaine Harkness, mais il va falloir apprendre à tenir un peu mieux vos gens, intervient Zabini d'une voix sirupeuse, posant sur Gwen ce regard supérieur qui avait Ô combien mit mal à l'aise le petit Neville dans le temps, et qui n'avait rien perdu de son éclat, puisqu'elle sembla se ratatiner sur elle-même.
- Oui... Souffla Jack en se tournant vers lui, essayant de ne pas lui balancer dessus son humeur exécrable. Je sais... c'est en cours. Toutes mes excuses pour l'insubordination dont elle fait preuve.
- Jack-
Ce fut Owen qui la bâillonna et Toshiko qui la tira plus loin, jurant en japonais. La gifle qu'elle lui infligea fut commentée par Zabini d'un joli sifflement.
- Je n'ai rien dit, vos gens ne sont peut-être pas si mal, ricana le Caporal en croisant les bras, les regardant retourner auprès d'eux, Gwen à deux pas à l'écart, encore troublée de la baffe qu'elle venait de se prendre.
- Oui, après tout j'ai Ianto dans mon équipe, déclara Jack avec un sourire dirigé vers ledit sorcier, un de ses sourires bien particulier. C'est pratiquement le meilleur.
- Pratiquement ?! S'offusqua Finnigan et Zabini d'une seule et même voix.
- Non non, pas pratiquement, déclara Seamus en secouant la main. Ianto est sans aucun doute le meilleur, parce que Ianto est l'un des nôtre, et puis c'est tout !
- Je ne désespère pas de le recruter à U.N.I.T. quand il réalisera qu'avec nous, on s'amuse beaucoup plus qu'à Torchwood, déclara Zabini en envoyant un regard entendu à Ianto.
- Quoi ?! Hors de question ! S'il quitte Torchwood, il reviendra à la Section Spéciale, et puis c'est tout ! Rétorqua Seamus en envoyant à son collège un regard noir.
- Ouiii eh bah Ianto décidera de lui-même, parce que Ianto est un grand garçon, mais un grand garçon qui est en ce moment même encore couvert de sang, alors celui qui m'a ramener des fringues propres gagne un bon point, railla ce dernier en levant les yeux au ciel. Et sérieusement, les gars... Pour un Caporal de U.N.I.T. et pour un Commandant du Détachement Spécial, vous vous comportez vraiment comme des gamins, aucun de vous n'est encore passé à l'action, je dois encore faire votre boulot ? Se plaignit-il.
Les deux hommes noires se jetèrent un coup d'œil avant de hausser les épaules de concert. Ianto soupira et se pinça l'arrête du nez.
- Bande de gamins, on est plus à l'école, marmonna-t-il en s'éloignant, sûr que quelque chose avait été apporté pour lui dans un des SUV des Aurors.
Alors qu'il s'éloignait, Seamus en profita pour se tourner vers Jack, le regard flamboyant.
- Vous êtes bien conscient, Capitaine, que si quelque chose arrive à l'Agent Spécial Ianto Jones alors qu'il est sous votre commandement, vous aurez la moitié du pays à vos trousses, n'est-ce pas ? Susurra-t-il d'un air entendu.
Zabini surenchérit avec une lueur vicieuse dans le regard.
- Et sans aucun doute les meilleurs assassins de notre partie du monde. Vous voyez parfaitement de quoi je parle. Parce que Ianto fait partie des nôtres, et que l'on se protège, chez nous.
Contre toute attente, ce fut Owen qui eut le courage de poser la question.
- Et quand vous dites chez vous, vous parlez... Demanda-t-il d'une voix qui se voulait détachée.
- Et vous êtes ? S'enquit Zabini en haussant un sourcil dans sa direction.
- ... Docteur Owen Harper, Monsieur.
Le Monsieur arracha un rapide sourire à Zabini qui renifla.
- Que croyez-vous, Docteur Harper. Le MI6 viendra après vous, et vous ne le réaliserez que bien trop tard.
- Beaucoup, beaucoup trop tard, murmura Seamus dans un souffle, les deux hommes arborant des regards et des sourires similaires.
Des sourires qui ne prévoyaient rien de bon à ceux qui oseraient ne serait-ce que penser à se mettre au travers de leur chemin.
.*.
- Aloooors... Le MI6.
Ianto soupira en posant le sac d'équipement à côté du bureau de Toshiko, qui se préparait pour aller se nettoyer un minimum dans les sanitaires du Hub.
- Oui, Owen, répondit-il en se tournant vers lui.
- Tu connais... Genre, personnellement, des agents du MI6.
- Et n'oublie pas le Caporal Zabini, qui est à U.N.I.T, intervient Toshiko en les regardant, plus si sûre de vouloir louper cette conversation.
Ianto sourit paisiblement en les regardant.
- D'où tu connais du si beau monde, toi ? S'enquit ensuite Owen en plissant des yeux, se rapprochant avec un air faussement menaçant.
- J'ai des contacts, s'amusa le sorcier en le voyant furieusement chercher.
- Mais... Tu passes tout ton temps dans les Archives, tu ne peux pas avoir tant de contacts que ça, avec qui ? Avec quoi ?
Le sorcier soupira en roulant des yeux, une partie de lui amusée par la situation, l'autre partie un peu mal à l'aise de voir du coin de l'œil Gwen le fixer furieusement sans rien dire, espérant être discrète.
- Owen, dit-il délicatement, comme contant une histoire à un enfant plutôt turbulent et peu attentif. Réfléchit un peu deux secondes.
Le silence s'attarda dans le Hub et Ianto se demanda pendant un instant ce que pouvait bien faire Jack dans son bureau, où il s'y était enfermé depuis qu'ils étaient arrivés. Est-ce que... D'une manière ou d'une autre, il n'était pas si à l'aise qu'il avait voulu le faire croire, avec ce qu'il s'était passé plus tôt ? Est-ce qu'il remettait en cause la position de Ianto au sein de Torchwood après avoir vu ce que le sorcier était capable de faire - et il n'avait tué que deux des cannibales avec la magie, les autres quasiment à mains nues ?
- Non, sérieusement, je ne vois pas, répondit enfin le docteur.
Ianto le regarda et secoua lentement la tête, comme déçu de son comportement.
- Si je connais aussi bien le Caporal Blaise Zabini et le Commandant du détachement spécial Seamus Finnigan... C'est parce que j'ai fait mes classes avec eux, expliqua-t-il calmement.
Avec ce qu'il s'était passé ce soir, il ne servait plus à rien de dissimuler ce genre de choses, autant jeter le pavé dans la marre et voir ce qui allait en sortir.
Et peut-être que ça allait en faire réfléchir quelques uns...
Owen le regarda avant d'écarquiller les yeux.
- Noooon...
- Si, insista Ianto avec un sourire.
- Mais nooon, tu peux pas être du MI6 ! Pas un foutus espion ! Clama le Docteur en levant les mains.
Ianto ne fit que croiser les mains sur sa poitrine.
- Mais tu passes ton temps dans les Archives ! Tu n'es même pas un Agent de Terrain ! Et... Tu fais le café...
- Oui. Je ne suis quasiment jamais sortit sur le terrain, ici... Mais à Torchwood I, j'étais agent de terrain, expliqua-t-il calmement.
Puis il sourit doucement sans quitter Owen du regard.
- Et Owen, tu es Docteur. Pourtant, c'est moi qui prépare ton café. Et as-tu la moindre petite idée à quel point il serait simple pour moi de déposer quelques gouttes de belladone dans ta boisson sans que tu ne le réalises, ou alors bien trop tard ? Ne put-il s'empêcher de susurrer.
Owen le regarda et fut secoué d'un violent frisson.
- Whooo. Je... Je n'aurais jamais pensé que tu pouvais faire peur... Termina-t-il par avouer.
Ianto haussa les épaules pour détendre l'atmosphère.
- Ne t'en fais pas, depuis que je suis à Torchwood III, il n'y a aucune raison pour moi que j'use de cette partie de mon travail. Mise à part... Tout à l'heure, rappela-t-il avec une grimace.
Avant même que l'un d'entre eux ne puisse réagir à ses paroles, la porte du bureau de Jack s'ouvrit et il en sortit pour les rejoindre.
- Allez, les enfants. Ça a été une longue journée. Rentrez chez vous, souffla-t-il d'un air fatigué.
Owen hocha vivement la tête et prit ses affaires, près à partir, et Ianto décida qu'il allait resté un peu pour débriefer à chaud la soirée. Il eut un peu mal au cœur en voyant Jack s'approcher de Gwen pour attraper son coude et lui glisser quelques mots à l'oreille, surtout quand elle sourit vers lui, un regard de pur adoration sur les traits.
De nouveau invisible pour beaucoup, il regarda Gwen et Jack quitter le Hub... enfin, invisible, mais pas pour tout le monde, puisqu'il se retrouva à sursauter quand Toshiko posa sa main sur son épaule. Avant même qu'il ne puisse lui demander ce qu'il y avait, elle l'avait attiré contre elle.
- Qu'importe ce que tu as fait, Ianto. Tu nous a sauvés ce soir, merci beaucoup. Tu m'as sauvé la vie, et je t'en serais à jamais reconnaissante.
Ianto se figea contre elle.
- On ne sais pas trop ce qui aurait pu se passer...
- Oui, peut-être, mais je ne veux pas y penser. Tu m'as permis de m'enfuir, et je ne l'oublierais jamais, déclara-t-elle très sérieusement.
Elle se détacha et lui embrassa fermement la joue.
- Merci, Ian, murmura-t-elle, puis elle aussi fut partie.
Ianto se retrouva donc seul dans le Hub, qui lui semblait bien grand, peu accueillant. Il savait que lui aussi devait rentrer chez lui, parce qu'il avait été le premier à le déclarer un peu plus tôt dans la soirée, mais il n'avait pas le courage de bouger.
Avant toute chose, il alla se décrasser. Toshiko n'était finalement pas allé prendre de douche avant de rentrer chez elle, se débarbouillant juste le visage, mais Ianto en avait besoin. Malgré l'eau qu'il avait invoqué de retour dans le village, qu'il avait utilisé pour au moins se nettoyer le visage et les mains de tout le sang, et malgré les vêtements que oui, Seamus lui avait apporté, il avait besoin de plus.
Oui, peut-être qu'il resta un peu plus longtemps que prévu sous l'eau chaude, mais il en avait besoin pour ne pas se perdre dans quelques souvenirs peu agréables. Il n'avait été que trop souvent couvert de sang et de crasse sans pouvoir s'en débarrasser avant plusieurs heures, voire même quelques jours. La domesticité d'une douche bien chaude et agréable avait longtemps été un luxe qu'ils ne pouvaient pas se permettre durant la guerre.
Sans aucune pudeur, et qu'importe s'il y avait des caméras de sécurité qui pouvaient enregistrer, il sortit des sanitaires de Torchwood seulement vêtu d'une serviette enroulée autour de ses hanches et alla dans les Archives. Là, il trouva des affaires de rechange qu'il avait eut l'habitude de déposer ici quand, un an auparavant alors qu'Owen pratiquait une autopsie sur un Alien retrouvé mort dans les rues de Cardiff, la dépouille avait explosé et les avaient tous couvert d'une substance visqueuse impossible à retirer et surtout, malodorante.
Ça n'avait rien de ses habits habituels, mais c'était confortable et rassurant. Un pantalon sorcier en tissus léger qui portait un charme de chaleur pour palier à la fraîcheur du Hub, et le Pull de madame Weasley, rouge sombre avec un N jaune - pas doré, mais jaune comme les Poufsouffle, Molly lui glissant à l'oreille que sa loyauté envers ses amis aurait pu faire honneur à cette maison si elle n'avait pas été aussi farouche qu'un lion enragé.
Remontant dans la pièce principale, il se prépara un café en baillant, décidant qu'au point où il en était, il pouvait encore travailler un peu. Il était encore trop excité pour s'endormir, ses défenses mentales encore trop fragiles pour qu'il se permette d'aller se coucher, au risque de passer une mauvaise nuit et de n'avoir aucun repos, trop hanté par des cauchemars.
Il aurait bien prit une potion de sommeil, mais il n'avait que trop utilisé cette technique, et s'il n'en était pas devenu accrocs, il s'était en quelque sorte immunisé contre ses effets pourtant bienfaiteurs.
Alors oui. Armé de son café et d'un bloc note, il alla s'installer dans la salle de conférence pour pouvoir travailler. L'odeur d'eau un peu croupie l'enveloppa, les relents forts de café dansaient jusqu'a ses narines alors que Myfanwy se posait sur la passerelle en fer. Elle s'avança gauchement, ses ailes trop grandes glissant par terre jusqu'à Ianto. Il se plongea dans la rédaction de son rapport sur cette étrange journée, s'abrutissant de travail pour ne plus avoir à penser.
Il ignora combien de temps il resta ainsi, penché sur ses feuilles dispersées devant lui, noircissant et censurant certains passages, les retravaillant ensuite, le tout avec un approvisionnement presque infini de café grâce à son thermos toujours chaud, et la grosse tête de Myfanwy posée sur ses jambes ; mais quand les lumières et l'alarme du Hub retentit dans le silence, annonçant l'ouverture de la porte, il se redressa et sa nuque et son dos craquèrent douloureusement.
Fermant les yeux, le sorcier gémit d'inconfort alors que Myfanwy donnait un coup de... bec ? dans son abdomen, il posa sa main sur son crâne rugueux et l'oiseau préhistorique lui envoya une vague d'émotion brute et animale de calme, inquiète qu'elle était pour son humain préféré.
- Ianto ? Tu n'es pas encore parti ?
Ce dernier se redressa et sourit à Jack, qui les observait de l'entrée de la salle de conférence, le regard surpris posé sur Myfanwy qui se blottissait toujours contre les jambes de Ianto, la tête pressée contre son torse.
- Qu'est-ce que... qu'elle fait là ?
- Myfanwy voulait me tenir compagnie, hein ma grande ? Souffla Ianto en grattant ses ongles sur la carapace de l'oiseau, qui lâcha un doux cri.
Elle se pressa un instant contre sa main avant de se redresser et Jack se poussa pour la laisser se dandiner hors de la pièce afin qu'elle puisse ouvrir ses ailes et prendre son envol.
- Je ne l'avais jamais vu aussi... tactile, commenta l'immortel.
- Oui, elle évite de le faire quand il y a du monde. Après tout, ce serait difficile à expliquer qu'un oiseau préhistorique s'est lié à moi. Dans le sens où elle est mon familier.
Jack le regarda et haussa un sourcil. Ianto leva les mains.
- Je n'y suis pour rien, ça s'est fait naturellement, expliqua-t-il. Et quand je l'ai réalisé, je ne voyais pas pourquoi je refuserais un lien de familier avec elle, ça ne change rien à mon quotidien.
Jack sourit et secoua la tête.
- Tu es plein de surprise, n'est-ce pas ? Commenta-t-il en entrant dans la salle.
Ianto haussa les épaules et se redressa pour s'étirer, soupirant en jetant un coup d'œil à ce qu'il avait fait depuis qu'il était seul dans le Hub.
- Bon. Mon rapport est fait, je n'aurais plus qu'à le taper à l'ordinateur, Monsieur.
- Tu aurais dû rentrer et te reposer, déclara Jack en le regardant se redresser et rassembler ses affaires.
Le sorcier haussa les épaules en sortant, suivit par Jack, les mains dans les poches et son long manteau sous le bras.
- Je n'aurais sans aucun doute pas réussi à me reposer, pas après cette soirée. Il fallait d'abord que je me calme par moi-même, expliqua-t-il calmement.
Jack ne dit rien en le suivant mais ne l'accompagna pas dans les Archives alors que Ianto allait déposer ses brouillons de rapport dans son bureau. Quand il retourna dans la pièce principale, près à partir, il ne pensait pas que Jack serait toujours là. Il avait pensé que le directeur de Torchwood serait aller se coucher, ou au moins dans son bureau après cette longue après midi, mais rien du tout, bien au contraire. Jack était toujours là, la hanche pressée contre le bureau de Gwen, les mains négligemment glissées dans ses poches.
Curieux, Ianto s'approcha - parce qu'il n'y avait pas cent cinquante mille raisons qui aurait retenu Jack hors de ses appartements.
- Ce sera tout, Monsieur ? S'enquit le sorcier en le regardant.
Jack esquissa un sourire et tendit le bras vers lui pour tirer doucement sur le tissus du pull.
- Je crois que... je ne t'ai jamais vu aussi... je ne sais pas, domestique, déclara-t-il avec un brin de rire dans la voix.
Ianto fronça les sourcils et croisa les bras sur son torse.
- N'osez pas critiquer les pulls chauds et confortables de madame Weasley !
- Pas du tout, Ianto, je n'oserais jamais. Déjà parce que tu es adorable là-dedans...
Le sorcier se sentit rougir légèrement et eut du mal à ne pas s'enterrer un peu plus dans les grosses mailles du pull pour s'y cacher, et Jack se redressa en tirant sur le dit pull pour le faire approcher.
- Mais disons que... c'est un très grand contraste par rapport à comment tu étais tout à l'heure, termina l'immortel avec un sourire ravageur.
Ianto se racla la gorge en posant ses mains sur le torse de Jack alors que ce dernier le tenait contre lui, une prise lâche pour lui laisser toutes les portes de sortie qu'il désirait.
- Couvert de sang, de sueurs et de crasse ?
- Sexy, rétorqua Jack avec une lueur dans le regard.
Ianto cligna des paupières en le regardant, surpris.
- Pardon ? S'étonna-t-il, ne s'attendant pas à cela.
- Jones Ianto Jones. As-tu la moindre petite idée de ce que tu m'as fait, tout à l'heure, en remettant Gwen à sa place, en prenant en main la situation, en défendant ton équipe à en tuer des cannibales presque à mains nues ? Susurra Jack en se tenant tout près du sorcier.
Ce dernier s'humidifia les lèvres, le cœur battant.
- Ah oui ?
- Hmhm...
Le nez de Jack glissa contre sa joue et Ianto soupira.
- Vous êtes un tease, Monsieur... Murmura le sorcier avec un sourire, s'appuyant contre Jack, qui gronda un peu.
- C'est toi, tout couvert de sang et tout transpirant d'assurance et de puissance, est-ce que tu t'es vu ? Je donnerais n'importe quoi pour retourner en arrière et pouvoir te regarder les mettre à terre les uns après les autres...
Ianto frissonna, le désir se construisant dans le creux de ses reins.
- Je dois soulever le fait que vous avez des fantasmes... particuliers, Jack, murmura-t-il alors que ce (censuré) de Capitaine de Torchwood évitait consciencieusement ses lèvres.
- Oh non, Jones Ianto Jones, c'est juste parce que c'est toi, murmura Jack avec un sourire taquin.
- Par Merlin, vous aurez ma peau, gronda Ianto en lui lançant un regard noir avant de l'attirer à lui et de l'embrasser.
Jack - ce (censuré) de (censuré) sur sa (censuré) de (censuré) ne fit que glousser contre ses lèvres en le serrant fermement.
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Ianto ne rentra pas chez lui ce soir-là.
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Bon, d'accord, il était juste rentré en coup de vent le matin, le temps de prendre une douche et de s'habiller, de laisser un parchemin à Harry et Draco pour leur expliquer la situation de la veille, le fait que 'ouiiii, il avait découché, et alors, hein ? Chut ! ' et que Pansy voulait contacter Draco, avant de retourner rapidement à Torchwood.
Seulement, si au petit matin, Jack avait été d'une humeur merveilleuse - en témoignait l'énorme suçon qu'il y avait dans le col de Ianto, qu'il eut toutes les peines du monde à dissimuler - le petit quart d'heure que Ianto avait prit pour transplaner jusqu'à chez lui puis revenir avait suffit pour qu'il perde toute sa bonne humeur. Quand Ianto rentra dans le Hub, ce fut la première chose qu'il vit : Jack et son visage sombre, le regard mauvais et les vagues de colère qui s'échappaient de lui.
Sans rien montrer, Ianto salua toute l'équipe qui était arrivée entre temps - incroyable d'ailleurs, Gwen était en avance ! - et commença sa routine, ici préparer les cafés pour chacun. Seulement, en apportant sa tasse à Jack, il attrapa plutôt son coude pour le conduire dans son bureau, l'asseoir à sa chaise devant sa tasse et fermer la porte derrière eux.
- D'accord, qu'est-ce qu'il se passe ? S'enquit-il en croisant les bras tout en le regardant.
Jack fusilla son café du regard en grommelant et porta le liquide chaud à ses lèvres. Il prit une gorgée, soupira de bonheur, et ferma les yeux un instant en se permettant de se détendre.
- On a un gros problème, murmura-t-il d'une voix froide.
Ianto haussa un sourcil parce que, duh', ça il l'avait comprit tout seul. Jack soupira et se redressa, posant ses coudes sur son bureau et se passant une main dans les cheveux.
- Gwen est immunisé au Retcon, avoua-t-il.
Le sorcier attendit qu'il développe, mais Jack resta silencieux.
- Oui, Jack. Ça, on le savait, rien de nouveau... C'est comme ça qu'elle a été repéré, d'ailleurs. Alors quoi ?
- Non, tu ne comprends pas. La dernière fois, sa mémoire avait tout de même été modifiée.
- ... La dernière fois ?
Ianto se rapprocha et s'assit sur la chaise face au bureau de Jack, comprenant.
- Tu... Tu as essayé de la retconer hier ? S'étonna-t-il.
L'Immortel hocha la tête.
- Quoi ? Tu pensais vraiment que quoi ? Je l'avais emmené boire un verre hier, juste comme ça ? S'étonna-t-il. Et qu'après j'étais revenu te sauter ?
- Non, mais...
Ianto haussa les épaules et Jack soupira.
- J'espère que tu sais que je n'ai pas couché avec toi hier soir juste parce qu'elle m'a repoussé, hm. Parce que déjà... Non. Et que j'essaye en quelque sorte de te séduire, Jones Ianto Jones.
Ce dernier se sentit rougir et ravala un grognement.
- D'accord... Bien. Vraiment. Alors raconte, qu'est-ce qu'il s'est passé ? Détourna-t-il la conversation, parce que vraiment, il ne s'attendait pas à ça.
Jack soupira.
- Je l'ai emmené dans un bar que je savais encore être ouvert et j'ai glissé une dose de recton dans son verre. Je lui ai expliqué qu'elle avait dépassé les bornes, qu'elle n'avait pas à te parler de la sorte et encore moins devant de hautes instances d'autres agences comme elle l'avait fait. Elle a insisté sur le fait que tu avais été trop exécutif, que je n'aurais jamais dû te laisser faire... Des inepties habituelles, et je lui ai passé le savon qu'elle méritait. Je ne lui ai pas dit qu'elle était viré et que je l'avais retconné... Parce que de toute manière, je parlais à un mur. Elle est partie comme une furie et j'étais soulagé. Je me fichais de savoir ce qu'elle allait faire de sa vie en se réveillant ce matin sans aucun souvenirs de Torchwood, j'étais juste content que l'on aurait plus affaire à sa présence qui devient nocive.
Il sembla se retenir difficilement d'abattre son poings sur le bureau face à lui.
- Sauf que voilà, ce matin, la voilà qui débarque comme si de rien n'était, me déclarant clairement qu'elle ne cautionne pas ce qu'il s'est passé hier avec les cannibales, et je fais quoi moi, maintenant ?! Demanda-t-il d'un ton désespéré à Ianto.
Ce dernier l'observa avec une grimace.
- Aïe... Dit-il simplement.
Jack lui envoya un regard faussement noir.
- Ça ne répond pas du tout à mon dilemme.
Ianto ne fit que sourire, se moquant de Jack.
- Tu es un petit démon, Ianto, gronda Jack avec tout de même une certaine... Chaleur dans la voix.
Il soupira et reprit une gorgée de café.
- Bon. Je vais devoir tester de nouveaux dosages alors... Ça va être long jusqu'à ce qu'elle s'en aille, je t'assure, soupira-t-il d'un air désespéré.
Ianto ne fit que se moquer un peu plus.
BIM !
MON CHAPITRE PRÉFÉRÉ ! Je l'ai écrit en deux jours, j'étais troooop motivée pour l'écrire *^*
Bon, je n'ai pas revu la série en écrivant cette histoire, seulement les passages que je voulais réécrire. Et sur la page wikipédia, ils disent que cet épisode se passe après l'épisode Marie, et moi je l'ai vu et je m'en suis souvenue dans cet ordre là. Donc ça m'arrange.
Dans cet épisode de Torchwood, une policière qui a travaillé avec Gwen lit des rapports de disparition dans la campagne du pays. Elle sait que Torchwood s'occupe des histoires bizarres et les contacts pour voir ce qu'ils peuvent faire. Jack en profite pour emporter tout le monde dans un road-trip/camping pour resserrer les liens de l'équipe - Gwen trompe son homme avec Owen, parce qu'elle ne peut pas avoir Jack, Ianto fait toujours face à la froideur de ses collèges à cause de ce qu'il s'est passé, et Jack n'a rien trouvé de mieux. Il veut en profiter pour enqueter sur les disparitions. Le soir venu, alors qu'ils s'éloignent un peu trop de leur campements pour enquêter, ils se font voler la voiture et se séparer pour aller fouiller le village relativement vide. Gwen est avec Owen et Jack, et Ianto est avec Toshiko. Ces deux derniers se font attraper par "quelque chose" et se réveillent dans un sous-sols tandis que de leur côté, les trois autres trouvent une personne du village qui, tellement paniqué, tire sur Gwen dans le ventre. Owen la rafistole et... Et je ne me souviens plus trop, mais ils sont séparer, Jack se retrouvant seul. De retour à Toshiko et Ianto, ils voient arriver une humaine semblant paniquer, et Toshiko qui a en effet prit les choses en mains, lui dit qu'ils peuvent la protéger, qu'il faut juste qu'ils savent ce qui les attaque, tout ça... Jusqu'à ce qu'un homme se pointe, embrasse la femme, et là on apprend/comprend que ce sont eux les psychopathes, qu'il n'y a rien d'alien dans tout ça, ce ne sont que des cannibales. Ianto balance sa tête dans celle de l'homme pour détourner son attention, permettant en effet à Tosh de s'enfuir. Malheureusement, dans la série, Ianto n'est pas un sorcier et se fait marraver la tronche par les cannibales. Tosh se fait rattraper par l'homme tandis qu'un policier trouve Gwen et Owen, sauf qu'il fait partit de la bande des cannibales. Tout ce joli petit monde ramène l'équipe presque complète de Torchwood dans la maison où Ianto est torturé et qui sert de garde manger, avec tous les gens du village les pauvres. Avant qu'ils ne puissent faire quoi que ce soit heureusement, Jack débarque pour sauver la journée, les tuant tous sauf le "chef" qu'il interroge avec Gwen, et... Et ils rentrent tous chez eux.
Il me semble. Je me souviens plus ^^'
Eeeenfin voilà.
J'aime tellement mieux ma version xD Pansy me fait rire. Blaise aussi. Et Seamus.
Ce ne sont que de petits caméos, pas comme Draco, Harry, Teddy ou encore Luna - elle ne va pas tarder, je vous assure - mais ça me fait plaisir de les amener comme ça, pour faire un petit coucou ^^
La semaine prochaine, on a le passage avec Marie. En gros, Toshiko se retrouve avec un artefact qui lui permet de lire dans les pensées des autres, et elle découvre des choses qu'elle aurait préféré ignorer...
Ah, oui. Une dernière chose. Voilà, Gwen, encore une fois.
Je vous le répète : Ca ne va pas aller en s'arrangeant. Pas du tout. Puisque même Jack n'arrive pas à s'en débarrasser 8)
Voilà ! J'espère que ça vous a plus :3 Je vous dis à jeudi prochain !
xoxo, 'Win !
