GENRE : Action, Romance

PARING : Janto ( Jack x Ianto ) ; et j'ai réussit à mettre du Drarry, ne me demandez pas comment xD

RATING : T+, et M pour un chapitre, parce que Ianto est ultra badass... Uhuhuh :3

BÊTA : Merci à TenshinNeko ! \O/ Héhéhéhé, il est beau ton p'tit neveu, hein ? ;)

NOTE : La moitié des personnages appartiennent à Russell T Davies, et l'autre à JK Rowling ! :D Toute l'histoire est à moi par contre.

Et je déteste Gwen, Ok ? JE LA HAIS, C'EST DU PUTAIN DE BASHING ! Rien de moins xD

Et c'est un bon gros bébé. Un grooooos bébé de 140 milles mots \O/

Je décide de faire les résumés maintenant, parce que la bombe tombe en début de chapitre et qu'il y a trop de choses qui se passent après, ça ne ferait que rendre les choses plus bancales.

Alors. Le départ de Jack. Dans Torchwood, il s'en va, et puis c'est tout. Dans Doctor who, le Docteur - alien de 900 ans qui voyage dans le temps et l'espace - est venu à Cardiff pour nourrir le Tardis, son vaisseau spatiale/machine à voyager dans le temps supposé se cacher en prenant l'apparence de quelque chose de contemporain, mais qui est bloquée sous la forme d'une boite de police bleue. Installé sur le plus gros de la faille, il "fait le plein" et Jack arrive. Le Docteur, pour une raison qui m'a toujours échappé, ne veut pas le voir et commence à partir. Sauf que Jack s'accroche à la boite bleue et à cause de sa particularité, le fait qu'il ne puisse plus mourir à cause même du cœur du Tardis, cette dernière ne peut pas le supporter et essaye de s'enfuir, le plus loin possible, sauf que Jack s'accroche toujours, même dans le vortex temporel, et une chose en entraînant une autre, ils se retrouvent à la fin de l'univers. Les étoiles se sont éteintes, l'humanité n'est plus qu'un tout petit bout de quelque chose sur une planète morte infestée de cannibale.

Jack va bien - merci beaucoup, immortel ici présent - et les trois - Le Docteur, Jack et Martha Jones, la compagne habituelle du Doc à ce moment-là – trouvent donc les derniers humains en vie. Ces derniers sont en train de construire une énorme fusée pour quitter cette planète et aller sur Utopia, le dernier point de l'univers qui promet un endroit paisible. Le professeur Yana travaille d'arrache-pied, mais malheureusement, ces calculs ne suffisent pas. Grisés par l'humanité et l'espoir qui les étreint malgré la fin du monde manifeste, le Docteur, Martha et Jack se démènent eux aussi pour les aider.

Jusqu'au moment où la fusée va pour partir, parce qu'ils ont réussit. Là, Martha remarque que le professeur Yana ne fait que tripoter une montre à gousset sans même le réaliser, et se rappelle de quelque chose : Les Seigneurs du Temps ont la possibilité de se cacher à la vue de tous, même d'eux même, en tout dernier recourt pour se protéger. Un filtre de perception est alors mit en place, on entend plus qu'un seul de leur deux cœurs fonctionner, leur sang est rouge, et ils se créer une toute nouvelle vie. Et tout ce qui est Seigneur du Temps d'eux est alors enfermé dans une montre à gousset.

Martha sait à quel point être le dernier de son espèce pèse sur le Docteur et assez excitée de sa découverte, pousse doucement le professeur Yana de « voir » la montre.

Il se trouve qu'en effet, c'est un Seigneur du Temps dissimuler qui s'est enfuit de la guerre du temps. Seulement voilà, ce n'est pas un gentil. Il se débarrasse de son assistante, il piège le Docteur, Martha et Jack pour les empêcher d'approcher et vole le Tardis. Il se régénère et prend le Tardis. Le Docteur a juste le temps de « bloquer » le Tardis sur la période de temps de son dernier atterrissage, soit à l'époque de l'équipe de Torchwood.

Jack, même si cela ne fonctionne plus, aime porter son manipulateur de vortex, normalement capable de le faire voyager dans le temps, bracelet récupéré de son temps dans l'agence du temps. Avec ça et quelques manipulations du Docteur, ils arrivent à revenir quelques temps après le départ de Jack, et là, ce qui avait dérangé Martha et Jack quand le Maître s'était régénéré sans qu'ils le voient mais entendant sa voix, c'est qu'il est connu. Et pas n'importe qui.

Le Maître a réussit à revenir 10 mois avant le départ de Jack, s'est crée une identité et s'est fait connaître sous le nom de Harold Saxon, désormais premier ministre anglais. Le lendemain de leur retour, quand le Maître/Saxon apprend que le Docteur est de retour sur terre, il déclare à la télévision qu'il a été contacté par des Aliens qui veulent venir sur terre pour la paix, les toclaphanes, des boules de métal qui lévitent. Le Docteur sent bien que quelque chose ne va pas, parce que les toclaphanes, c'est un peu... les leprechauns/fées des bois/dragons/sirènes et autres fantaisies pour les Seigneurs du Temps. Les Toclaphanes n'existent pas, et ça sent mauvais. Ils décident de s'infiltrer sur le porte avion volant – genre le hellicarirer du SHIELD dans les Avengers, voyez ? - où la rencontre va se faire. Le président américain se pointe, parce que les américains, duh et Saxon le laisse faire.

Il le laisse tellement faire que les toclaphanes, pas content de ne pas avoir affaire au Maître, tuent le président américain en direct à la télévision, lors du premier vrai contact avec des aliens, retransmit dans le monde entier. Le Docteur essaye d'intervenir, mais le Maître l'a vu arriver, et arrive à le prendre en otage. Il a aussi prit en otage la famille de Martha et tue une première fois Jack. Là, il utilise le Tardis pour ouvrir une brèche dans le ciel, et les toclaphanes descendent sur terre.

Ils tuent, à vue, sans s'arrêter. Ils exterminent tous ceux qui croisent leur chemin et déleste l'humanité d'un dixième de la population. Le Docteur attache le manipulateur de Vortex de Jack au poignet de Martha, lui glisse quelques mots à l'oreille, et elle est la seule capable de s'enfuir.

Et le temps passe.

Les forêts sont rasés pour construire des fusées, les humains parqués et menés à la baguette sous le joug du Maître, ceux qui disent un mots plus haut que l'autre sont arrêtés et torturés. La famille de Martha est utilisée comme les domestiques du Maître, Jack est attaché et surveillé de près – et que l'on ne me fasse pas croire que le Maître, quand il s'ennuie, ne descend pas pour le torturer à mort pour le laisser revenir et recommencer, encore et encore – et le Docteur regarde l'humanité disparaître petit à petit.

Martha, quant à elle, a quitté l'Angleterre pour parcourir la planète. Le Docteur lui a donné une mission, et elle va la mener à bien. Le but du Maître, c'est de faire rentrer la Terre dans une guerre spaciale, parce qu'il s'ennuie et qu'il aime le chaos.

Un an – UN AN, OUECH ! - après l'invasion des toclaphanes, Martha revient enfin en Angleterre, sa mission remplie, et apprend ce que sont les toclaphanes : Des humains. Très exactement, les humains de la fin du l'Univers, ceux de la fusée en direction d'Utopia. On ne sait pas trop ce qu'il s'est passé, mais quelque chose s'est passé, et ils sont désormais comme ça, leur tête coupées et enfermé dans ces boites de métals, pas tout à fait robotiques, mais plus humains depuis longtemps. Ils tuent les humains, parce que c'est drôle, et que le maître leur a demandé.

La joie.

En fait, le Maître a forcé le Tardis a se transformer en machine à paradoxe, ouvrant la brèche vers la fin de l'univers pour leur permettre de venir sur terre, et surtout leur permettre de tuer les humains, et qu'importe s'ils tuent leurs ancêtres.

Je ne vais pas vous raconté comment ils arrivent à se débarrasser sur Maître, mais ils y arrivent, grace à la famille de Martha, cette dernière et Jack. La machine a paradoxe qui empoisonne le Tardis est détruite et le temps s'inverse, l'année se rembobine. Comme ils sont... Comme à l'intérieur du cyclone, ils sont les seuls qui se souviennent de ce qu'il s'est passé.

Voilà, c'est tout x)

Maintenant, je vous laisse le chapitre !

Bonne lecture ! ~


# Chapitre 11

- Alors, c'est le grand soir ?

Ianto se retourna pour voir Harry adossé contre l'entrebâillement de la porte de sa chambre et leva les yeux au ciel.

- Ne commence-

- Ian, calme-toi, soupira le Sauveur du Monde Sorcier en s'avançant dans la pièce pour lui donner sa chemise pourpre. Cette couleur te va le mieux, commenta-t-il avec un sourire.

L'agent de Torchwood observa d'un air critique les deux chemises pour lesquelles il hésitait et s'arrêta sur le choix de Harry.

- Tu crois ?

- Yep !

Le sorcier considéra ce choix, haussa les épaules et l'enfila.

- Je ne comprends pas pourquoi tu ne veux pas en parler, souligna Harry en s'asseyant sur le lit alors que Ianto s'habillait tranquillement.

Son ami s'arrêta un instant avant de soupirer et de secouer la tête.

- Je ne fais qu'aller au restaurant avec Jack, ce n'est pas... enfin, extraordinaire, déclara-t-il avec un haussement d'épaule. On l'a déjà fait.

- Tu m'as dit que c'était un rendez-vous. Un vrai, souleva Harry sans le quitter du regard.

Ianto haussa les épaules en passant une paire de chaussette.

- Si on veut, répondit-il simplement.

- C'est plutôt une bonne chose, non ? Je veux dire, c'est Jack...

- Jack et moi, c'est compliqué. Je... Ce soir, c'est le moyen de mettre les choses au point.

- J'ai l'impression que tu cherches à rendre encore plus compliqué une relation qui semblait l'être déjà assez comme ça, non ?

Ianto ne répondit pas, évitant plutôt le regard de son ami. Harry ne releva pas, secouant plutôt la tête avant de se lever et de poser la main sur son épaule.

- Tu vas lui dire ce qu'il s'est passé ? S'enquit-il doucement.

Ianto, assit sur le lit, regardant dans le vide.

- Il va bien falloir.

Son ami soupira et après avoir pressé une dernière fois son épaule en signe de soutien, le laissa seul avec ses pensées dans sa chambre.

Il était un peu fébrile, mais ne le reconnaîtra jamais. Ça non.

.*.

Ianto esquissa un sourire un peu timide en passant une main sur son torse pour lisser sa chemise quand Jack s'arrêta devant lui, ne le quittant pas du regard.

- Tu... Ianto, tu es magnifique, lui lâcha le Capitaine d'une voix un peu rauque.

Le sorcier rejeta ses épaules en arrières pour se donner un faux effet de confiance et hocha la tête sous le regard si fixe et si pénétrant de l'autre homme sur lui.

- Vous n'êtes pas mal non plus, dit-il délicatement.

Jack lui offrit un sourire magnifique et le guida à l'intérieur du bâtiment. Il lui avait proposé de venir le chercher directement chez lui, mais Ianto avait décliner, déclarant que marcher lui ferait le plus grand bien.

La ville était paisible dès la nuit tombée, et la légère fraîcheur qui l'accompagnait avait le don de le détendre, et Merlin seul savait combien il en avait eut besoin avant de rejoindre Jack.

C'était lui qui avait choisi le restaurant, d'un standing bien supérieur au petit boui-boui tenu par Lee Jordan et sa femme. Ianto avait craint pendant un temps que l'endroit n'allait pas leur permettre de parler librement, mais le serveur les conduisit dans un box en demi-cercle, des assises vraiment confortables, avec la possibilité de fermer les rideaux pour plus de discrétion - enfin... Si on voulait. Niveau discrétion, être les seuls à avoir les rideaux fermés attirait plus l'attention que de les laisser ouverts... Enfin, c'était le point de vue de Ianto après tout.

Ianto essuya ses mains moites sur ses genoux, bien cachées sous la table, alors que Jack leur commandait une bouteille de vin avant qu'ils ne choisissent leur mets pour le dîner.

- C'est un très joli restaurant et très riche, commenta-t-il pour commencer la conversation.

Il se sentait, du coup, un peu déplacé avec ses habits, certes, de bonnes factures, mais pas chics non plus. Il n'avait qu'une simple veste de tissus sur le dos. Il aurait été plus à sa place avec le costume qu'il portait au travail, c'était pour dire.

Jack lui lança un regard un peu gêné et Ianto le vit jouer un instant avec ses mains avant de les croiser sur la table devant lui.

- Je voulais marquer le coup, répondit-il. Si tu veux, on peut...

Il fit un signe vers la porte et Ianto sourit en secouant la tête.

- Je ne me plaint pas, j'ai juste été... un peu surpris.

Jack le regarda sans mot dire avant de sourire légèrement à son tour.

- Je suis content que tu ais accepté, avoua-t-il d'une voix qui semblait un peu... timide ?

Ianto haussa un sourcil, un peu étonné et assez inquiet.

- Jack ?

L'immortel s'humidifia les lèvres et secoua la tête en souriant.

- Désolé, c'est juste... Il s'est passé beaucoup... beaucoup de chose quand j'étais partit et... J'ai cru que je ne pourrais jamais t'emmener dîner. Juste un vrai dîner. Alors que l'on y soit enfin, ça me... Ça me fait plaisir, expliqua-t-il en haussant les épaules, voulant faire comme si ce n'était rien.

Mais Ianto... savait. Beaucoup plus que Jack ne pouvait le deviner apparemment. Alors discrètement, il sortit sa baguette de la poche de son manteau, sous le regard surprit de Jack, et posa un sort de discrétion sur eux. Puis l'agent de Torchwood plongea son regard dans celui de Jack et lâcha enfin ce qu'il avait sur le cœur depuis des mois.

- Je sais ce qu'il s'est passé, Jack, avoua-t-il enfin.

L'immortel le regarda sans comprendre, les sourcils un peu froncés, et Ianto soupira. Il laissa le serveur leur apporter leur bouteille et leur servir à tous deux un verre de vin avant de préciser.

- Je sais ce qu'il s'est passé pendant que tu étais partit, expliqua-t-il en ne quittant pas son ancien amant du regard.

Ce dernier se figea, son verre à moitié porté à sa bouche et le regarda sans faire un seul mouvement. Ianto ne toucha pas à son verre et se pencha plutôt vers l'autre homme, croisant à son tour les mains sur la table face à lui.

- Quoi ?

- Je me souviens de cette année qui n'existe pas, Jack.

L'immortel faillit faire tomber le verre qu'il tenait et le posa un peu brutalement sur la table, renversant quelques gouttes sur sa main. Mais il s'en fichait royalement, ne pouvant regarder autre chose que son agent face à lui.

- P-Pardon ?

Ianto ne se répéta pas, préférant plutôt laisser Jack s'habituer à cette idée qui, Ianto en était sûr, allait le bouleverser. Et ça ne rata pas, le visage de Jack devint très pâle et il commença à secouer la tête.

- Non, lâcha-t-il dans un souffle. Tu ne peux pas. Tu ne peux pas te rappeler de... ça, souffla-t-il douloureusement.

Ianto ne put que hocher la tête.

Autant sortir le chat de la boite tout de suite...

- Mais... bafouilla l'immortel, les yeux écarquillés. C-Comment ?

Le sorcier haussa les épaules.

- Luna pense que c'est à cause de la magie... Que je porte sur moi plus de résidus de la faille que d'autres sorciers qui habitent pourtant en ville et que les deux sont entrés en résonance, ce qui m'a permit de me souvenir.

Il prit une gorgée de vin, un peu tremblant lui aussi. C'était encore très frais dans sa mémoire.

- L'instant d'avant, j'étais sur le point de faire exploser la base rebelle dans laquelle j'étais, parce que les Toclafanes étaient sur le point d'entrer, et en un battement de paupières, j'étais de retour dans le Hub, devant l'écran de la salle de conférence, à regarder le président des États-Unis mourir, avec Tosh et Owen à mes côtés, bien en vie, tous les deux choqués de voir ce qu'il venait de se passer et je t'assure, Jack, j'ai cru devenir fou, déclara-t-il amèrement.

Il ferma les yeux en essayant de ne pas s'énerver de nouveau, le cœur martelant dans les côtes, toute cette année douloureuse le hantant au delà du bon sens. Il allait devenir fou si ça continuait...

Une main se posa sur la sienne et Ianto rouvrit les yeux pour voir le visage déchiré et un peu malade de son ancien amant.

- Je... Je suis tellement désolé, je... Je ne pensais pas que..

Jack était incapable de terminer sa phrase et sur un coup de tête - et parce qu'il enavait véritablement envie - Ianto retourna sa main et lia ses doigts à ceux du Capitaine.

- Ce n'est qu'en rentrant à la maison le soir venu que j'ai réalisé que je n'étais pas soudainement devenu fou, avoua-t-il doucement.

Jack se mordit la lèvre, souhaitant savoir ce qu'il entendait par là, mais sûrement trop apeuré pour demander, et oui. Ianto pouvait le comprendre.

Alors doucement, le plus jeune des deux lui expliqua que quand il était entré, la tête encore pleine des images de massacres que l'humanité avait dû vivre pendant une année qui semblait n'avoir jamais existé, il avait trouvé Harry, Draco et les enfants affalés sur le sol du salon, incapable de se séparer, tout aussi déchirés que Ianto s'était sentit. Le sorcier de Torchwood, peut-être trop proche de la faille, avait ramené de cette énergie résiduelle à la maison, et les enfants aimant le câliner - parce qu'il était apparemment aussi gentil qu'une peluche - en avait ramassé, et déposé sur leurs pères par transfert. Eux aussi se souvenait de toutes les horreurs passées ; et pire que cela : Même David et Micah, que Ianto voyait beaucoup moins que les enfants avec qui il vivait, s'étaient souvenus.

- Oh mon dieu, Ianto, je suis désolé... Souffla Jack d'une voix déchiré, fermant douloureusement les yeux, sa main sur le visage.

Ianto serra un peu plus les doigts de Jack, le cœur battant et les larmes au coin des yeux.

- Tu n'y es pour rien, Jack. Pendant quelques jours, on s'est demandé s'il ne valait pas mieux pour nous, notre santé mentale, de tout oublié, mais... Mais ce serait aussi mal que d'effacer tout ce qui concerne la guerre.

Il déglutit avec difficulté et essaya de sourire.

- Au final, on a proposé cette solution aux quatre enfants, qui ont tout de suite accepté. Au moins, leur cauchemars se sont arrêtés, même s'ils ont un besoin quasi constant de nous sentir tout près d'eux et de nous... câliner, pour dire les choses ainsi, avoua-t-il avant que sa voix ne se brise.

Il détourna le regard pour observer les autres clients du restaurant, se concentrant sur sa respiration alors que Jack se déplaçait sur leur couchette pour se rapprocher de lui. Il garda sous silence le fait qu'il avait aussi effacé de la mémoire de sa sœur, les réveils en hurlant des enfants et du fait que si Micah s'était souvenu, elle n'allait pas tarder, elle aussi, à avoir des pics de magie accidentelle, ce qu'elle avait peut-être déjà et qu'ils avaient mit sur le compte de son frère. Ianto ferma à demi les yeux quand Jack passa sa main autour de ses épaules et déposa un léger baiser sur sa tempe.

- Je suis tellement désolé, je croyais que tu ne t'en souviendrais pas, murmura Jack contre sa peau, la voix aussi brisée que la sienne.

Ianto essaya de ne pas lâcher un rire étranglé, en pensant qu'ils n'avaient pas l'air fin, tous les deux, à venir dans un restaurant pour mieux s'épancher sur leur problème en pleurant, voire se couper l'appétit...

- J'ai voulu te le dire dès que tu es revenus, mais.. les choses se sont un peu emballées, avoua-t-il doucement.

Jack n'eut aucune honte à le serrer contre lui et ils restèrent ainsi, silencieux, blottis l'un contre l'autre dans un restaurant guindé, heureusement caché du regard scrutateur et curieux des autres clients par la forme de leur petite alcôve.

Au bout d'un long moment, au terme duquel, Ianto se sentit bien plus léger, Jack se détacha enfin et s'éloigna un peu, mais pas beaucoup. Il rassembla ses affaires pour rester près de lui, assez pour pouvoir presser son genoux du sien s'il le désirait, et ce fut d'ailleurs ce qu'il fit après avoir récupérer son verre de vin pour boire une grande gorgée.

- D'accord...

L'immortel prit une grande inspiration et se secoua.

- OK. Et... Les autres ? Osa-t-il enfin demander en tournant la tête vers lui pour le regarder.

Ianto prit lui aussi une petite inspiration, un peu bouleversé par la conversation ; mais au moins, l'abcès était crevé.

- Je ne leur ai rien dit, et ils n'ont aucun souvenir de ce qu'il s'est passé, déclara-t-il avant de prendre une petite gorgée de vin, qui lui dénoua la gorge.

- Et.. Pendant l'année ? S'enquit Jack dans un souffle.

Ianto reposa délicatement son verre en se passant la langue sur la lèvre pour cueillir la petite goutte qui s'échappait, évitant le regard de Jack.

- Hum...

Il chercha un bon moyen d'avouer la chose.

- Tosh et Owen étaient enfin ensembles ? Commença-t-il en lui jetant un coup d'œil.

Jack cligna des paupières, un peu surpris, avant de lâcher un léger rire.

- Ces deux-là... Il aura donc fallu la fin du monde pour se mettre ensembles ?

Ianto partagea son amusement avec un hochement de tête et un sourire.

- Oui, pas croyable, hein ?

Il s'humidifia les lèvres et joua avec son verre un instant avant de prendre son courage purement Gryffondor à deux mains et de soupirer.

- Au bout de quatre mois, il y a eut une divergence d'opinion, avoua-t-il. Gwen était pour une attaque frontale contre les toclafanes, en tuer le plus possible et essayer de détruire le plus grand nombre de bases. Owen lui, était plus pour... que l'on aide les populations, que l'on attaque plus furtivement et qu'on libère les prisonniers dans les camps de travail.

Ianto se passa une main sur le menton, essayant de repousser les images morbides qui le submergeaient d'un temps qui n'existait plus.

- Gwen avait raison bien sûr, mais Owen aussi. Il fallait penser au plus grand nombre. Les tensions ont augmenté jusqu'à ce qu'un beau jour, on se réveille pour découvrir que Gwen était partit, en emportant le plus d'objets des archives possibles avec elle pour se défendre.

Il bougea un peu dans sa chaise et soupira.

- J'ignore ce qu'elle est devenue après ça.

Jack resta silencieux un moment en prenant la main de Ianto pour caresser le dos de celle-ci de son pouce.

L'angoisse commença à reculer.

- Quant à Owen et Tosh...

Ianto soupira.

- Je ne peux que spéculer sur ce qu'il s'est passé, mais... J'étais sortit pour aller chercher à manger en transplanant, c'était beaucoup plus simple comme ça et en revenant, le... le Hub avait... explosé.

Il prit une inspiration un peu tremblante et serra la main la Jack.

- Je pense que les toclafanes ont, d'une manière ou d'une autre, réussit à pénétrer le Hub et notre dernier recours, c'était de tout faire exploser pour éviter que Harold Saxon ne tombe sur des objets dangereux qu'on pouvait garder dans les archives.

Il déglutit.

- Après ça, je suis allé avec un groupe de résistants moldus et sorcier en France, là où se trouvait... où se trouve l'école de magie Française, Beauxbâtons - il haussa les épaules - et peu de temps après, l'année s'est résorbée et rien ne s'était passé, termina-t-il dans un souffle.

Ianto osa un regard vers Jack et bien mal lui en prit. Jamais il ne l'avait vu aussi détruit qu'en cet instant. Le sorcier se rapprocha et se fut à son tour de le prendre contre lui, une main dans ses cheveux.

- Je suis désolé, murmura-t-il.

Quelle soirée... Super pour un premier rendez-vous, oui, vraiment.

.*.

Ianto soupira de plaisir en s'enterrant doucement dans le torse nu de Jack.

Après un dîner plein d'émotions assez compliquées à digérer, Jack l'avait ramené à la maison. L'immortel lui avait prit la main et ne l'avait pas lâchée de tout le chemin jusqu'à chez Ianto, et le sorcier non plus n'avait pas voulu le lâcher.

Ils n'avaient que peu mangé, la gorge trop serrée et l'estomac retourné par de mauvais souvenirs, par des émotions pas vraiment agréables, il fallait le reconnaître, et ils avaient tous les deux été ébranlés par la situation. Et quand Jack l'avait embrassé délicatement sur le pas de sa porte, comme s'il n'y avait aucun lendemain, Ianto ne voyait pas pourquoi il aurait dû le repousser.

Et puis, Ianto n'avait pas voulu dormir seul, pas après cette soirée. Alors oui, peut-être n'était-ce pas la meilleure idée du siècle que de se jeter de nouveau entre les draps avec lui, mais Jack l'avait tenu si fort contre lui, murmurant des excuses d'une voix détruite en l'embrassant comme s'il allait le perdre au petit matin... Ianto n'avait fait que le tenir tout aussi fort.

Il n'y avait pas eut de sexe. Juste... Ils n'avaient fait que se caresser légèrement, se redécouvrant, les nouvelles cicatrices sur le corps de Ianto, les larmes de Jack... Ianto n'avait fait que le tenir fort contre lui sans rien dire si ce n'était quelques mots d'encouragements pour lui prouver qu'il allait bien, que c'était terminé ; et ils s'étaient endormit ainsi, à peine déshabillés et bien au chaud sous les draps, l'un contre l'autre..

La nuit avait été calme, et maintenant, Ianto n'avait aucune envie de quitter les bras de Jack. L'immortel s'était débarrassé pendant la nuit du t-shirt que Ianto lui avait donné pour dormir et le sorcier avait chaud.

Il frissonna un peu en sentant la main de Jack caresser son dos, remonter le long de son épaule pour se perdre dans ses cheveux et le sorcier sourit légèrement contre sa peau. Il bougea doucement pour embrasser légèrement le torse sous lui et s'étira avant de se laisser retomber sur son oreiller. L'immortel soupira et se pressa contre lui, enroulant ses bras autour de ses hanches et Ianto ouvrit un œil pour voir le visage froissé de Jack tout près du siens, souriant doucement en le regardant avec ses yeux pleins de sommeil.

- Bonjour, joli gallois, lui murmura Jack avec un œil un peu taquin.

Ianto lâcha un gémissement de douleur en continuant de s'étirer, lui offrant un léger sourire encore un peu endormit.

- Eh bien, j'espère que bon sera ce jour, Monsieur, répondit-il, et Jack éclata de rire.

Il se rapprocha et déposa un léger baiser sur sa joue mais ne s'écarta pas. Ianto soupira de plaisir et passa son bras autour des épaules de son amant, qui ronronna un instant en enfouissant son visage dans son cou.

Ils restèrent allongés comme ça un petit moment avant que Jack ne soupire contre sa peau.

- Merci de m'avoir permit de rester, dit-il doucement.

Le sorcier passa une main dans ses cheveux en souriant un peu.

- Ce n'était pas comme si je n'en profitais pas moi-même, répondit-il avec amusement.

Jack ne répondit pas tout de suite, préférant se presser un peu plus contre lui.

- Je le pensais vraiment, tu sais, murmura-t-il ensuite.

Ianto fronça un instant les sourcils en pressant sa nuque.

- Comment cela ? S'enquit-il dans un souffle.

Il sentit Jack s'humidifier les lèvres avant de les presser contre sa peau, juste son oreille.

- J'ai passé un an aux mains d'Harold Saxon, dit-il doucement contre sa gorge et Ianto frissonna en fermant les yeux. Ma capacité à revenir de la mort lui as beaucoup... beaucoup plus, et très intéressé, avoua-t-il douloureusement, et Ianto le sera de nouveau contre lui.

- Je suis désolé, souffla le sorcier.

Jack resserra sa prise sur lui et Ianto le berça sans un mot.

- Et j'ai beau être parti avec le Docteur, la seule chose qui m'a permit de tenir, c'était de revenir auprès de vous, j'essayais de m'imaginer que vous alliez bien, que vous aviez réussit à vous en sortir parce que, bon dieu, il le fallait. Et au bout d'un moment, tout ce que je pouvais penser, c'était que jamais je ne t'avais emmené prendre un verre, un vrai. Que je ne t'avais jamais emmener au restaurant, ni au cinéma. Que je n'avais même pas été capable de te donner la reconnaissance que tu méritais, et que je suis un très vieux pervers qui ne sait même pas apprécier les trésors qu'il a, et-

Ianto le fit taire d'un baiser parce que, sérieusement ? Le sorcier allait se mettre à pleurer, s'il continuait sur sa lancée.

- Ferme-là, Jack. Vraiment, s'il te plaît, tais-toi, lui murmura-t-il avant de l'embrasser de nouveau.

Jack soupira contre ses lèvres et grogna quelques secondes.

- T'es pas qu'un flirt, Ianto, souffla-t-il doucement.

Ianto embrassa son front en soupirant, caressant son dos.

- Ah oui ? S'enquit-il d'une voix un peu serrée.

- Je le pensais, Ianto, haleta Jack. Je suis revenu pour toi, pour l'équipe, mais surtout pour toi. Je ne veux plus que ce soit comme ça, sans engagement réel. Je n'ai vu personne depuis qu'on a commencé à se voir ainsi, et je veux que ça reste réel. Je veux me réveiller avec toi le plus de matins possibles, je veux faire brûler le bacon pour les enfants, parce que je ne possède pas le secret du bacon parfait, je ne veux pas perdre mon temps. Pas avec toi.

Le sorcier ferma les yeux et se mordit violemment la lèvre pour ravaler un petit cri de joie parce que, franchement, s'il s'était attendu à ça...

- On semble vouloir la même chose, c'est plutôt une bonne chose, n'est-ce pas ? Dit-il doucement avec l'intention de paraître détaché, mais alors que Jack riait doucement avant de se redresser pour l'embrasser, le sorcier trouva qu'après tout, ce n'était peut-être pas si mal d'être émotionnellement impliqué.

.*.

Ianto n'était pas allé sur le terrain ce coup-ci, parce que les calculs de Toshiko avaient permit de démontrer que ce n'était qu'une petite ouverture de faille, pas plus grande qu'un mètre carré. Certes, cela pouvait déverser beaucoup de choses, mais l'ouverture avait été instantané, comme un claquement de doigt, aussi rapide qu'un transplanage. Jack était allé sur place, accompagné d'Owen et Gwen, Ianto et Toshiko étaient resté au Hub pour coordonner l'équipée, Ianto près à les transplaner tous les deux si besoin, sous ordre de Jack - ils trouveraient une explication nécessaire pour Owen et Gwen si besoin.

Mais ça n'avait rien de dangereux - du moins, pour tout de suite, pas d'alien d'arrivé ou de victime à déclarer - et l'équipe déclara avoir trouvé une grosse caisse là où la faille s'était ouverte, et qu'ils rentraient avec pour la sécuriser.

C'était assez étrange, il fallait le reconnaître. C'était en effet une énorme caisse de bois, comme chez les transporteurs - ou, comme Owen l'avait si bien souligné, qui ressemblait à s'y méprendre à l'arche d'alliance du film Indiana Jones - qui ne montrait rien de spécial.

Comme ça avait déjà été le cas quelques fois par le passé, la caisse fut transportée dans la baie médicale et une zone de confinement installée grâce à plusieurs artefacts aliens que Jack avait désigné être sûr pour cette utilisation - grâce à sa connaissance du futur bien entendu, mais ça, les autres l'ignoraient. La baie médicale fut donc isolée du reste du Hub avec une de ces bâches isothermiques, et toute l'équipe fut présente pour l'ouverture de la caisse, dans des combinaisons spéciales ainsi qu'avec un masque à gaz. On était jamais trop prudent.

Quand Jack, aidé de Toshiko et de Gwen, réussit à ouvrir la caisse, dont un des pans tomba au sol dans un gros boum retentissant, un petit nuage de poussière s'éleva et les capteurs d'Owen s'emballèrent. L'équipe se crispa de concert alors que les lumières et l'alarme hurlait à leur oreille.

- Owen ? S'inquiéta Jack au travers de la radio, et le docteur frappa nerveusement sur son ordinateur.

Il soupira au bout de quelques secondes.

- Rien de bien vilain et d'extraordinaire. C'est juste un agglomérat de poussière purement terrestre. La rapide datation nous amène ça à... Eh bien, les années 50 ou 60 apparemment.

Le médecin retira son masque à gaz et secoua la tête en soupirant.

- Rien de dangereux ! Ça vient de notre bonne vieille terre, un joli bon dans le futur, genre une capsule temporelle. Je me demande ce qu'il y a là-dedans, s'amusa-t-il avec un clin d'œil vers ses collèges et un sourire moqueur.

Ianto retira donc le masque à gaz ainsi que la combinaison, tout comme les autres, et Jack et Gwen entreprirent de retirer des poignées complètes de papier isolant qui se trouvait dans la caisse. La femme eut l'audace de demander un café à Ianto pour fêter ça, avec un sourire presque... supérieur, et même si ça le fatiguait qu'elle n'ait que si peu de considération pour lui, il avisa pourtant le regard presque suppliant que Jack lui lança quand il entendit le mot café et avec un sourire dans sa direction, Ianto commença à grimper les escaliers alors qu'ils commençaient à sortir ce que contenait la caisse.

Ianto se figea dans sa progression, son souffle quittant ses poumons alors qu'il sentait la magie s'épanouir tout autour d'eux, tourbillonnante, flamboyante, et surtout invisible aux regards des moldus.

- Une malle ? Sérieusement ? Soupira Gwen. C'est décevant.

Ianto se retourna et descendit précipitamment les escaliers pour retourner dans la baie médicale, et bouscula peut-être l'ancienne policière qui pesta de son peu de considération, pour se laisser tomber au sol.

C'était bien une malle.

- Ianto ? S'étonna Jack, surpris de le voir agir ainsi.

Une de ces énormes malles que l'on achetait avant d'aller à Poudlard. C'était une malle de sorcier qu'ils avaient trouvés, et si Ianto en croyait ce goût de pierre ancienne et de fer saturé qui traînait dans sa bouche, signe de magie noire, ce n'était certainement pas la malle d'un gentil petit sorcier, genre méchant en fait.

Les alarmes se mirent de nouveau en route et tout le Hub se verrouilla.

- Quoi ?! S'inquiéta Jack.

- Whoooho ! Il se passe quoi ? Intervient Tosh en regardant autour d'elle, criant par dessus le bruit fort de l'alarme.

- Owen ! Tu as dit que c'était sans danger ! S'énerva Gwen.

Le médecin tapota furieusement sur son clavier en grognant de frustration.

- J'en sais rien ! S'énerva l'homme.

Puis soudainement, le bruit infernal s'arrêta et le silence qui s'en suivit était lourd et presque... douloureux tellement il pesait sur eux.

- Jack... Qu'est-ce qu'il s'est passé ? S'enquit Gwen dans un murmure.

- Ianto ? S'enquit le Capitaine.

Le sorcier, quant à lui, avait profité du moment d'incompréhension qu'il avait causé - parce que c'était ses protections qui avaient agis, et Jack commençait sûrement à s'en douter - pour étudier la malle. Il y avait trop de magie noire qui s'échappait de cette boite, malgré le fait qu'elle soit fermée, et rien n'était plus dangereux.

- Tout le monde s'écarte, on quitte la baie médicale. Maintenant, ordonna-t-il.

- Hein ? S'étonna l'un d'eux, mais Ianto ne réalisa pas lequel.

La magie commençait doucement à s'enrouler autour d'eux, près à les imprégner, et Ianto attrapa le bras d'Owen pour le tirer à sa suite et l'éloigner de la malle.

- Ianto ?

Le sorcier croisa le regard de son amant et hocha la tête.

- C'est pour ce genre précis de situation que j'ai été engagé, on tombe dans mon domaine de compétence, lui expliqua-t-il d'un ton grave.

Jack n'avait pas besoin d'en savoir plus. Son visage se ferma et il leva la main.

- OK, on se bouge, on sort ! Clama-t-il à la surprise des autres. Ianto, de quoi tu as besoin ?

- Rien, allons-y !

Ils quittèrent la baie médicale, bien que les autres ne comprenaient pas pourquoi, et alors que le sorcier attrapait son téléphone, les autres essayaient de comprendre ce qu'il se passait. N'essayant même plus d'être discret, parce que c'était un cas de force majeur, Ianto sortit sa baguette et confina magiquement la baie médicale. Seulement, la magie pressait ses barrières, qui étaient pourtant assez fortes. Le sorcier observa, surprit, le léger chatoiement provoqué par ses sorts, ce qui ne devrait pas être possible en temps normal. Seulement, la magie était puissante... Endormie pendant longtemps, et l'ouverture de la boîte l'avait réveillé. Seulement, Ianto n'avait rien sentit quand ils étaient arrivé.

- Ianto ?

Ce dernier se tourna vers Jack, qui l'avait approché et qui observait lui aussi le phénomène.

- C'est normal qu'on voit... ça ? Souffla-t-il d'une voix discrète.

- Non. Pas du tout. Je ne crois pas que c'était possédé par quelqu'un de très raisonnable, au vu de toute la magie noire qui s'en dégage. Mes protections se sont affolés, et tu as bien vu ce que ça a fait.

- Alors c'est bien tes manipulations qui ont verrouillées le Hub.

Ianto ne fit que hocher la tête et grimaça en fixant ses sorts de confinement se fissurer peu à peu.

- Je vais avoir besoin d'aide, murmura-t-il.

- Appelle l'un des tiens ? Suggéra le Capitaine de Torchwood.

- Harry a les bonnes accréditations de sécurité, souleva Ianto en portant son téléphone à son oreille.

Il se tourna vers l'intérieur du Hub, se frottant le front en réfléchissant furieusement à ce qu'ils pouvaient faire. La magie noire, en plus d'être lourde et oppressante, était corrosive et ses protections ne tiendraient pas bien longtemps face à ses assauts. En plus d'avoir les autorisations nécessaires pour pénétrer Torchwood tout comme Luna, Harry avait plus de magie que lui et était plus puissant. Ianto n'était pas assez doué en runes malheureusement. Les runes étaient un art qu'il fallait savoir manier avec précision, et ce n'était pas du tout le cas de Ianto, et il n'avait de toute manière pas le temps d'en assembler de nouvelles.

- Allô ?

- Harry ! Merlin merci, j'ai besoin de toi !

- Ianto ? Qu'est-ce qu'il se passe ? S'inquiéta son ami.

- Tu sais où je travaille ? Je veux dire, l'adresse exacte ? Je t'ai montré l'endroit, pour que tu puisses venir en urgence, n'est-ce pas ? Pressa Ianto en se rapprochant d'un ordinateur.

Il pressa le téléphone entre son oreille et son épaule, et commença à taper sur l'ordi, pénétrant ses fichiers personnels du MI6 pour envoyer un mail à Luna, lui demandant de se présenter à Torchwood III avec une caisse de confinement.

Et d'ailleurs... Pourquoi ne l'avait-il pas reconnu plus tôt ?!

- Oui, bien sûr. Que se passe-t-il ?

- Une brèche de sécurité de niveau...

Il jeta un coup d'œil par dessus son épaule, sursautant alors que son sort de confinement explosait soudainement, tout en silence et sans aucune perturbation. C'était comme s'il ne s'était rien passé, sauf que Ianto sentait de nouveau la magie noire, qui s'étendit peu à peu dans le Hub.

- Merde, jura-t-il à mi-voix. OK, on a trouvé une malle, sécurisée, sûrement dissimulée à la compréhension de tous par quelques sorts. Son ouverture a crée une réaction en chaine, et je vais avoir besoin de ta puissance pour faire une zone de confinement plus grande que celle que j'ai faite. J'ignore ce que c'est, j'ignore ce que ça a comme effet, mais je ne vais pas pouvoir m'en sortir seul sur ce coup-là.

- OK, est-ce que tu peux tenir sans moi cinq minutes ?

Ianto hocha la tête en tapant le message pour Luna.

- Pas plus, malheureusement.

- Les enfants-

- Je sais, Harry, ne t'en fais pas. Mais dépêche-toi tout de même, parce que-

Un cri suraigu lui vrilla les tympans et le sorcier sursauta en fermant les yeux de douleur, laissant tomber le téléphone sur le sol. Et la magie.. explosa. Ianto se retourna, voyant Tosh se presser les oreilles, Jack se redresser, Owen visiblement toujours un peu... assommé par terre, et...

- Oh non, c'est pas vrai... !

Le sorcier se pencha et récupéra le téléphone.

- -to ! Est-ce que ça va ?

- Si je pouvais travailler avec des gens compétents et pas complètement cons, ça m'arrangerait ! Termina-t-il par hurler en se précipitant vers la baie médicale.

Et comme il l'avait pensé, une Gwen sonnée se trouvait au sol à côté de la malle, qui était ouverte.

- Est-ce que tu es complètement conne, ou est-ce que tu le fais exprès ?! Cracha le sorcier, accroché à la barre de l'escalier de la baie, à la femme qui se redressait.

- C'est une putain de malle, qu'est-ce que tu veux que ça fasse ?! S'énerva-t-elle en lui lançant un regard mauvais, une main levée à son front.

- Je suis en chemin.

Ianto raccrocha sans prendre le temps de lui répondre et avant même qu'il ne puisse lever sa baguette, parce que bordel de merde, il allait lui crucioter la tronche à celle-là ! Jack fut là, attrapant son bras pour l'éloigner de la baie. Ianto se débattit un instant et le repoussa pour le montrer du doigt.

- Putain, apprend à tenir tes agents en laisse avant que je la tue ! Lui cracha-t-il au visage, énervé.

- Ianto, calme-toi-

- Elle ne peut même pas suivre un ordre simple, se tenir loin de cette chose, et elle ne trouve rien de mieux à faire que de l'ouvrir, au risque de tous nous faire tuer ?! Et je, je, dois me calmer ?! On se fout de qui Jack, là, hein ?

- Ianto, respire...

Cette fois-ci, ce fut Tosh qui tenta de le calmer mais le sorcier l'évita - parce qu'il ne voulait pas déverser sa colère sur son amie qui n'avait rien mérité - et descendit les escaliers de la baie médicale, où Owen était venu voir si Gwen allait bien.

Il n'y avait plus de magie noire dans l'air, juste quelques traces, comme de la poussière. Il y avait eut quelque chose, mais maintenant cette chose s'était... échappé.

Le sorcier s'avança et attrapa l'ancienne policière par le bras pour la tourner vers elle.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?! Ordonna-t-il.

- Ianto, tu me fais mal- commença à se plaindre Gwen, mais le sorcier ne fit que la secouer davantage.

- Qu'est-ce que tu as vu ?!

La femme ne répondit pas, préférant le regarder comme s'il venait d'une autre planète, et Ianto resserra sa prise sur sa baguette.

- Gwen ! Tonna soudainement Jack, faisant sursauter l'ancienne policière. Répond à Ianto, tout de suite !

- Mais Jack-

- S'il y a bien un ordre que tu dois suivre, Cooper, c'est celui-ci !

Elle ouvrit la bouche pour balbutier un instant, puis termina par dire d'une petite voix :

- Ce n'était qu'une boite, je ne pensais pas qu'il pouvait y avoir quelque chose dedans...

- C'est le principe même d'une boite, Cooper, cracha Ianto en plissant des yeux.

Ses doigts s'enfoncèrent un peu plus dans le bras de la femme qui gémit de douleur.

- Un nuage noir ! Termina-t-elle par dire. Il y a eut un nuage noir qui s'est évaporé. C'est ça qui a crié.

- Évaporé ? Il ne s'est pas plutôt échappé par un des conduits d'aération ? Pressa Ianto.

- Oui, peut-être, je ne sais pas...

Plutôt que de lui casser le bras, Ianto poussa la femme dans les bras d'Owen en la fusillant du regard.

- Éloigne-moi ça de ma vue, cracha-t-il en se tournant ensuite vers la malle ouverte.

Alors que le médecin conduisait l'agent secouée dans le Hub, Ianto se tourna vers Jack, qui s'apprêtait à descendre.

- Mets-lui un blâme, enferme-la dans les cachots, mais fais quelque chose, Jack. Ce n'est plus possible, gronda-t-il en lui lançant un regard noir.

Il leva la main alors que le Capitaine allait rétorquer quelque chose.

- Et que personne ne descende tant que je n'ai pas dit que c'était bon !

Jack l'observa puis hocha la tête, se détournant en même temps que Tosh, qui le suivit sans un mot.

Ianto soupira ensuite, tentant de se calmer. Il ferma les yeux et se concentra pour éviter que sa magie n'aille exploser quelques installations informatiques. C'était la seule chose que la magie ne pouvait pas réparer, si la magie entrait en résonance avec l'électricité et que cette dernière surchauffait les processeurs. Mainframe était immunisé à la magie, ou plutôt le matériel dans lequel elle était construite absorbait la magie sans dommage ni interne, ni externe.

Ce n'était pas le cas des objets qu'il y avait dans le Hub, si ce n'était le téléphone de Ianto.

Le sorcier rouvrit les yeux et se pencha sur la malle. D'un délicat mouvement du poignet, il murmura un sort pour vérifier quelle magie se trouvait dans l'énorme boite, ainsi que de déterminer s'il y avait d'autres sorts sur la malle en plus de la magie noire qui s'était dissipée. Il chercha à savoir quels sorts il y avait d'ailleurs eu, et comment Gwen avait pu l'ouvrir. Il espérait sincèrement qu'elle ne faisait pas partie de cette toute petite partie de la population magique n'ayant pas un noyau assez gros pour proprement user de la magie, mais assez pour pouvoir dessiner des runes et faire des potions.

Il avait aucune envie de gérer une Gwen capable d'ouvrir le chemin de Travers. Non non non. Hors de question.

Il resta un long moment penché au dessus de la malle, listant à l'aide d'un sort sur un parchemin qu'il avait invoqué le nombre de sorts et d'objets magiques présents dans la boîte, jusqu'à trouver le sort de magie noire qui avait enveloppé la malle et qu'il avait sentit. Un frisson remonta le long de sa colonne vertébrale.

C'était une sorte de sécurité. Ianto avait trouvé des traces de runes effacées par le temps, dont la magie s'était épuisée depuis longtemps - allez savoir depuis combien de temps réels la malle avait passé dans la faille avant d'être recrachée dans un futur qui pouvait paraître lointain si elle datait vraiment des années 60, mais la faille avait pu la garder des millénaires avant de la rejeter dans la première époque qui passait. Le sort de magie noire, ça avait été une sécurité en plus.

On ne pouvait malheureusement pas rendre hermétique quelque chose par magie pendant plus d'un siècle. C'était comme ça, les sorciers n'avaient pas trouvés le moyen pour que la magie ne s'amenuise pas, un sorcier devait toujours alimenter de leur propre magie les runes ainsi que les sorts qui servaient de verrous impénétrables.

Le sort de magie noire, en revanche, avait plutôt bien tenu le choc. Le sorcier s'était semblait-il fait à l'idée que son verrouillage ne tiendrait pas indéfiniment, comme sécurité supplémentaire, en cas de perte, il y avait apposé un sort de magie noire pour attirer l'esprit le plus faible afin de l'ouvrir. C'était légèrement contradictoire mais avec la puissance des artéfacts vicieux présents dans le bagage et au vu de l'esprit curieux de l'Humain, même entre les mains d'un Moldu cela aurait été un désastre. Heureusement qu'il avait compris l'ampleur du danger. Si Ianto n'était pas intervenu, Gwen aurait pu se mettre à fouiller dans cette drôle de boîte, et aurait pu tomber sur un Orbe Incandescent, qui aurait torturé son âme jusqu'à ce qu'il n'en reste presque plus rien, avant qu'elle ne soit aspiré par l'objet pour être offerte en sacrifice au Dieu Soleil ; ou même prendre cette plume de sang et se retrouver avec des cicatrices idiotes sur la main si elle s'était mise à écrire avec.

En bref, il venait en quelque sorte de lui sauver la vie par sa colère. Et il fallait le reconnaître, ça le faisait un peu chier.

Le sorcier soupira et d'un geste de la main, mit une protection autour de la malle pour rendre inactif temporairement les objets qui s'y trouvait et se pencha un peu plus dans la boite pour trouver un indice sur le propriétaire précédent de la malle.

Et Ianto ne fut pas déçu. Dans un coin de la malle se trouvait une des gravures que le vendeur pouvait faire à la demande du sorcier, qui n'était pas forcément le blason de sa propre maison, surtout si le sorcier était un né moldu. Mais en dessous du blason de Serpentard se trouvait calligraphié sur un dessin de parchemin un très délicat Tom Elvis Jedusor qui lui donna des sueurs froides.

- Harry ne va pas aimer ça, pas du tout, murmura Ianto en s'éloignant de la malle alors que son sort d'atténuation se dissipait peu à peu.

Il soupira et se redressant, réfléchissant furieusement à ce qui avait bien pu être en plus dans la boîte. Parce qu'un nuage sombre se dissipant dans un cri libérateur et aigüe, sans blesser sérieusement Gwen ? - Oh. Peut-être qu'il devrait aller l'ausculter, c'était la putain de malle de Poudlard de Voldemort lui-même, il devait y avoir un coup foireux - et Ianto espérait sincèrement que ce n'était pas un horcruxe de plus, parce que juste... Non. Ils n'allaient pas revivre ça quand même.

- Permission de descendre à la cale, Général ?

Le sorcier sursauta et resserra sa prise sur sa baguette en tournant violemment sa tête vers le haut des escaliers, où Owen le regardait d'un air qui se voulait amusé, mais Ianto voyait son inquiétude dans ses yeux.

- Comment va Gwen ? S'enquit Ianto, s'en voulant un peu de ne pas s'être préoccupé de son état de santé plus tôt, au risque qu'un sort l'ai touché.

- Elle va bien, elle boude. Jack lui a passé un de ses savons, je crois que tu adoreras la vidéo de surveillance que Tosh s'est arrangé pour t'envoyer, répondit Owen avec un sourire sarcastique. Mais justement, mes objets sont en bas, si tu veux que je l'ausculte un peu mieux, si je pouvais les prendre... ?

Ianto réfléchit un instant en regardant autour de lui et hocha la tête.

- Oui, oui. Bien sûr. C'est bon, marmonna-t-il en réfléchissant.

Il allait rendre ensuite la baie médicale de nouveau imperméable - sans la magie noire, ses sorts devraient tenir un peu plus longtemps, et lui et Harry n'auront pas besoin de point focal pour concentrer leur magie. C'était déjà une bonne chose, il n'avait pas envie de s'épuiser magiquement une nouvelle fois en moins de quelques mois.

- Allez Tea-Boy, raconte.

Ianto cligna des paupières et releva la tête, concentrant son attention sur Owen, qui l'observait attentivement.

- Quoi ?

- Je suis curieux, ça doit être croustillant, je ne t'ai vu qu'une seconde fois aussi autoritaire, et c'était quand t'a fait venir le MI6 pour s'occuper des massacres des cannibales. Ça doit être au moins aussi gros. C'est les secrets de la mort de Kennedy, c'est ça ? C'est la famille royale qui l'a commandité ?

Le sorcier fronça les sourcils.

- Non Owen, rien de tout cela. Cette malle appartenait à l'un des plus grands psychopathes et tueurs de masse que l'histoire ai connu - non Owen, pas Hitler - et quand Gwen l'a ouvert, elle a sans aucun doute laissé sortir quelque chose de très néfaste. Il faut que l'on fasse attention.

Oui, après ça, il allait devoir fouiller dans le Hub de fond en comble pour trouver ce que Gwen avait laissé échappé, espérant sincèrement que la fermeture physique du Hub allait le retenir assez longtemps pour que Harry vienne, l'aide à fermer magiquement l'endroit en ne laissant sortir que son équipe.

- A ce point ? S'inquiéta le médecin en regardant tout autour de lui, puis en portant toute son attention sur Ianto. Un truc alien qui n'a pas sauté à la gorge de Gwen ? Elle a eut énormément de chance.

- Oui, eh bien qu'elle s'en souvienne, grogna Ianto en secouant la tête d'un air exaspéré. Et non, ce n'est pas Alien, c'est-

Un frisson arrêta Ianto alors que, du coin de son œil, quelque chose bougea. Quelque chose qui sortait en effet des bouches d'aération, comme il l'avait pensé, et qui glissa doucement sur le sol. Ianto haleta en se tournant vers...

- Non...

Il leva sa baguette, mais sa prise n'était pas sûre, trop tremblant qu'il était. L'angoisse s'abattit sur lui et la nausée menaça de le rendre incapable de bouger... Et il l'était déjà.

- Oh oui... Mon Maître était le plus puissant que cette terre ai porté... Susurra Nagini en se rapprochant et en se redressant de toute sa stature.

Elle était encore plus imposante et plus horrible que dans ses souvenirs.

- Pauvre petite souris tremblante, j'aime le goût de ta peur. Tu croyais t'être débarrassé de moi ? Siffla-t-elle en sortant sa langue et en la battant vers lui.

C'était comme si elle souriait, penchant son énorme tête écailleuse sur le côté. Elle se pencha vers lui, et Ianto ne pouvait toujours pas faire un geste. Tout son corps était figé de peur, son esprit était partit très loin, il ne restait que ce démon des enfers face à lui, et quand elle se précipita vers lui, il tomba au sol en haletant de terreur, reculant comme il pouvait, mais il y avait un putain de mur.

- Et qu'est-ce que tu vas faire maintenant, hein ?! Sans Excalibur pour te sauver, qu'est-ce qui va m'arrêter et m'empêcher de me délecter de ces petites souris ? Cracha-t-elle, tout autour d'elle se trouvaient les corps sanguinolents d'Owen, de Toshiko, de Gwen et même de Rhys ; de Jack, de Rhi et de ses amis, de ses frères, et de leurs enfants, de Micah et de David, et qu'il ne pouvait rien faire pour eux.

Qu'il était faible, qu'ils étaient mort par sa faute, qu'ils étaient tous morts, qu'il n'était qu'un imposteur, qu'il-

La glace se propagea dans ses veines, son souffle se transforma en buée, et les souvenirs le submergèrent.

.*.

Harry fronça les sourcils en resserrant sa prise sur sa baguette en pénétrant dans l'agence de tourisme qu'il savait être la couverture pour Torchwood, inquiet de l'endroit totalement silencieux. Il observa autour de lui en tentant de faire taire l'inquiétude qui le secouait en découvrant l'endroit désert alors que l'agence était clairement toujours ouverte. Personne pour l'accueillir et le conduire dans l'agence ultra sécurisée. Même en trouvant le petit bouton censé lui ouvrir le passage secret - Harry était assez excité d'ailleurs, il se sentait comme dans un James Bond ! - rien ne changea, rien ne s'ouvrit. Il réfléchit un instant en se demandant si la situation était assez dramatique à l'intérieur pour qu'il y ait les grosses sécurités de posées, étaient-ils en quarantaine ?

Déjà inquiet depuis qu'il avait entendu Ianto au téléphone - qui ne les avait appelé qu'une seule fois alors depuis qu'ils habitaient ensembles et c'était pour les prévenir d'Abaddon - Harry lança quelques sorts de détections de magie noire et pesta, ignorant si c'était parce qu'il n'y avait en effet rien, ou si parce que le Hub était trop en profondeur et que tout l'acier faisait écran. Il ferma l'agence de tourisme à double tour et ferma les yeux pour se plonger dans les souvenirs que son ami lui avait montré afin de pallier à ce genre de situation, et après avoir bien l'endroit en tête, transplana dans un craquement sonore.

L'endroit dans lequel il atterrit était tellement futuriste que le sorcier observa autour de lui d'un air intéressé, émerveillé par le fameux Hub de Torchwood III. Ianto lui en avait parlé, bien entendu, mais c'était une chose de voir les souvenirs, et une autre de véritablement voir, de sentir l'eau brassé et cette toute petite énergie électrique que Ianto lui avait dit appartenir à cet énorme ordinateur à moitié vivant qui portait le nom de Mainframe. Ianto avait raison, c'était très agréable à sentir.

Le sorcier tourna sur lui-même pour observer un peu plus l'endroit dans lequel il se tenait jusqu'à ce qu'on l'interpelle.

- Monsieur... Monsieur Potter ?!

Le sorcier tourna la tête et sourit, avenant.

- Miss Sato, bonjour !

- Mais...

L'agent observa l'homme, un peu perdue et sans aucun doute surprise de le voir ici.

- Bonjour, termina-t-elle. Mais comment êtes-vous arrivé ici ? Nous sommes en verrouillage totale, mais en plus de cela, les codes de sécurité...

Elle cligna des paupières, la bouche entrouverte. Harry rit doucement, attendrie - certes, elle était une femme adulte, mais elle était adorable. Il lui fit un sourire ainsi qu'un clin d'œil en glissant ses mains dans ses poches.

- Peu d'endroits moldus peuvent nous résister, Miss Sato, lui dit-il simplement. Ianto m'avait donné assez d'informations pour que je puisse me présenter en urgence si besoin un jour, et il m'a appelé pour me demander de l'aide justement.

- Oh... Oh ! S'exclama-t-elle en comprenant. Il est dans la baie médicale. Il nous a demandé de ne pas s'approcher le temps qu'il... eh bien, qu'il s'en occupe, je présume, dit-elle avec un sourire, qu'elle perdit rapidement en écarquillant les yeux. Une de nos collèges à ouvert la malle... Vous croyez que ça lui a fait quelque chose ? S'enquit-elle, inquiète.

Harry, qui venait de lancer le premier sort pour qu'un périmètre de sécurité magique s'étende et s'alimente de sa magie pour que des barrières puissantes s'installent, hocha la tête en baissant sa baguette.

- On va commencé par ça, en effet. Je ne sens pas de magie noire dans l'enceinte, mais ne sait-on jamais.

Il invoqua une orbe lumineuse qui s'envola pour scanner l'endroit avec un petit sifflement presque joyeux. Puis il se tourna vers la jeune femme.

- Permettez ? Je vais lancer un sort d'analyse pour déterminer si vous avez été exposé à un mauvais sort et vous mettre un léger sort de protection pour éviter une future contamination si on ne trouve pas rapidement.

L'asiatique ouvrit de grands yeux le temps d'un instant et se mordit la lèvre.

- Ça va être douloureux ? S'inquiéta-t-elle et Harry secoua la tête.

- Une légère sensation de chaleur le temps d'un instant, mais vous ne sentirez rien.

- Alors, faites ce que vous avez à faire, dit-elle doucement.

Harry sourit, voulant la mettre à l'aise, et la femme ferma les yeux quand le sorcier leva sa baguette vers elle. Il murmura doucement le sort d'analyse, qui l'entoura d'une lueur bleutée - elle allait parfaitement bien, ce qui était une bonne chose - et il lança ensuite le sort de protection. Miss Sato attendit quelques secondes, totalement crispée, avant d'ouvrir un petit œil surprit.

- C'est fini ? S'enquit-elle doucement. C'est tout ?

Harry hocha la tête avec un petit sourire puis jeta un coup d'œil autour de lui.

- Conduisez-moi à votre collègue, que j'aille ensuite aider Ianto. Est-ce que vous pouvez me dire ce qu'il s'est passé exactement ? Ianto était au téléphone avec moi, mais n'a pas vraiment eut le temps de m'expliquer au delà du fait que... Hm, que quelqu'un avait ouvert la malle, dit-il délicatement.

Elle hocha la tête et lui fit signe de le suivre d'un geste de la main en lui expliquant ce qu'elle savait de la situation. La jeune asiatique le conduisit à ce qui semblait être la salle de réunion, tout de verre qu'elle était, et à l'intérieur se trouvait Jack, qui était en train de s'embrouiller avec une femme que Harry ne connaissait pas et qu'il devina donc être la fameuse Gwen Cooper. Il en avait beaucoup entendu parlé, par contre...

Miss Sato cogna doucement la porte en verre tout en entrant, attirant l'attention des deux agents de Torchwood sur elle. La femme écarquilla les yeux et Jack soupira de soulagement.

- On m'a appelé ? S'amusa le sorcier en les regardant tous deux.

- Jack ! Clama la femme - Oh, si, c'était celle qui avait tiré Ianto hors du restaurant, il s'en souvenait maintenant.

Jack lui lança un regard noir puis reporta son attention sur Harry, avec un signe de tête.

- Merci d'être venu.

- Quand vous voulez, déclara-t-il en se rapprochant. Miss Cooper, à nous deux maintenant.

- Quoi êtes vous ?! Clama-t-elle, mais Harry la poussa sur une chaise sans lui répondre.

- Regardez-moi, Miss, ordonna-t-il en claquant des doigts devant son visage.

Elle cligna des paupières en secouant la tête, surprise et un peu submergée par le sorcier, qui ne s'arrêta pas un instant de détourner son attention pendant que par dessus son épaule, il lui lançait les même sorts qu'il avait lancé à Miss Sato. Quand ce fut fait, elle sembla se réveiller et le repoussa pour se redresser.

- Mais qu'est-ce que vous faîtes, vous êtes malade mon pauvre vieux ?! Cracha-t-elle.

Harry leva les yeux au ciel puis se tourna vers Jack.

- Elle va bien, elle n'a rien ; malgré son apparent besoin de risquer sa peau, déclara-t-il au petit-ami de Ianto - qu'on essaye pas de lui faire croire autrement, Harry n'était pas idiot ni aveugle, d'accord ?

- Merci encore, Harry, lui dit-il avec soulagement.

Le sorcier le salua lâchement à la mode militaire.

- Maintenant, Ianto, décida-t-il.

Miss Sato hocha vivement la tête et lui attrapa le coude pour le tirer à sa suite et sortir de la pièce. Jack les suivit.

- Et les enfants ? S'inquiéta le Capitaine de Torchwood.

Harry lui envoya un sourire par dessus son épaule - oui, les petits étaient très friand de leurs Oncle Ian et Oncle Jack, même s'ils ne l'avaient pas encore appelé comme ça, et ça faisait chaud au cœur de voir que c'était réciproque. Ses petits allaient grandir tellement entourés d'amour, bien loin du cadre dans lequel avaient grandis Harry et Draco.

- Ils sont chez la sœur de Ian, elle a accepté de garder un œil sur eux, et David et Micah sont rav-

Il ne put malheureusement pas la possibilité de terminer sa phrase qu'un juron coloré se fit entendre, suivit par un Jack hurlé par ce qui semblait être la voix du médecin Harper.

- Jésus, JACK !

Harry sentit alors ce qu'il se passait, lui qui était plus sensible que la moyenne sorcière, le voilà à sentir la magie de Ianto sursauter, se débattre avec quelque chose ; et il se précipita vers la voix.

Alors même que Harry se rapprochait de ce qui semblait être des rideaux de plastiques, le froid lui tomba dessus. Le froid, la glace, le désespoir l'étreint et il frissonna. D'un geste de la main serrant fort sa baguette, le sorcier arracha les jupes de plastique et c'était juste là. Grand, imposant, noir et fluide comme un cauchemar, comme si rien ne s'était passé depuis ses treize ans, comme s'il n'était de nouveau qu'un enfant. Sa mère commença à crier, mais Harry refusa.

- Je sais ce que tu es, murmura-t-il en fixant le détraqueur face à lui. Je sais ce que tu es, et tu ne me fais pas peur, termina-t-il en levant sa baguette vers lui.

Mais même si ce n'était pas un réel détraqueur, cela avait les mêmes effets, et Harry ne pouvait pas laisser ça arriver. Il ne pouvait pas se permettre de se laisser submerger par le désespoir, il y avait des moldus qui ne pourront rien faire contre cette chose s'il perdait pied. Alors il pensa à la première fois qu'un petit Teddy de deux ans l'avait regardé avec un grand, si grand sourire plein d'amour et avait babillé un Dada joyeux, il pensa à la fois où Draco et lui avaient eut leur première dispute mémorable et surtout, au sexe qui avait suivit, à quel point il pouvait l'aimer, ce con ! et comment il pourrait mourir pour lui, pour Teddy, pour Scorpius.

- Expecto patronum, murmura-t-il doucement.

Son patronus sortit du bout de sa baguette, si lumineux et porteur d'espoir, et le loup prit forme pour hurler en silence contre le détraqueur. Cela ne servait à rien, bien entendu, parce que ce n'était pas un détraqueur. Mais la présence rassurante de Romulus donna le coup de fouet qui suffisait à Harry, qui esquissa un sourire confiant.

- Je sais ce que tu es, et je n'ai pas peur de toi, déclara-t-il de nouveau, plus fermement cette fois-ci.

Il observa le détraqueur, qui n'osait avancer alors que Romulus veillait, debout sur ses pattes arrières, accroché aux barres de métal qui donnaient sur la baie médicale, les babines retroussées et l'air menaçant. Le détraqueur bougea pourtant, se redressa presque et commença à aspirer tout en s'avançant. Harry resserra sa prise sur sa baguette alors que le froid menaçait de revenir, et la leva de nouveau.

- Riddikulus.

Un pan de l'habit noir qui recouvrait tous les détraqueurs passa devant la bouche de ce dernier et la bestiole s'étouffa avec, et alors même qu'il agitait ses longs bras squelettiques pour le retirer de sa bouche, il se prit les pieds - si seulement ça en avait - de nouveau dans le draps noir, et s'écroula sans aucune grâce sur le sol dans un grand bruit burlesque. Harry ferma les yeux le temps d'un court instant pour éviter de rire à gorge déployée - parce que... vraiment ? - et quand il les rouvrit, l'épouvantard avait prit une forme de fumée noire qui cherchait une nouvelle victime. Seulement, Romulus sauta dans la baie médicale et Harry se rapprocha en agitant la main pour garder l'attention de l'épouvantard sur lui.

- Non, non, tu les laisses tranquille, tu t'en vas, je m'occuperais de toi plus tard ! Allez, zou !

La brume noirâtre chougna un peu et avec un bruit perçant - fort semblable à ce qu'il avait entendu quelques minutes auparavant quand il était au téléphone avec Ianto -, l'épouvantard alla se réfugier dans le lieu sombre qu'étaient les bouches d'aérations. Avec ses protections magiques, il ne risquait pas de quitter le Hub, et c'était déjà une bonne chose.

Un frisson parcourut Harry lorsque Romulus lui envoya une vague d'inquiétude, et alors que le sorcier descendait quatre par quatre les escaliers, une voix stridente se fit entendre dans le silence lourd du Hub.

- Mais c'était quoi cette chose ?! Hurla Cooper.

OK, il comprenait bien mieux maintenant l'exaspération de Ianto quelques fois quand il rentrait du travail. Ce n'était plus un mystère.

- J'en avais entendu parlé, mais...

Harry jeta un coup d'œil au dessus de la baie médicale. Les trois agents de Torchwood étaient pâles, l'air maladif et oui, c'était ce qu'on vivait quand on rencontrait son premier détraqueur. Et alors que dans la baie médicale, le médecin Harper n'était pas mieux loti, à deux doigts de tourner de l'œil, un énorme oiseau ptérodactyle - Myfanwy s'il se souvenait bien, Ianto lui avait fièrement raconté qu'elle s'était liée à lui comme un familier - arriva à grand coups d'énormes ailes en bousculant Jack et Cooper pour atterrir maladroitement dans la baie médicale. Miss Sato haleta en l'observant, Cooper gémit de douleur sur le sol et Jack agrippa férocement la barre.

Mais Harry et Myfanwy s'en fichaient. Parce que contre le mur, juste sous Jack, se trouvait Ianto. Harry lâcha un souffle tremblant et leva la main pour empêcher l'oiseau d'avancer.

- Mauvaise idée ma belle. Très mauvaise idée, souffla-t-il doucement en lui jetant un petit coup d'œil.

Elle lâcha un cri sans aucun doute de frustration et battit des ailes en lui envoyant ce qui était un magnifique regard noir qui rivaliserait presque avec un de Draco.

- Je sais, hocha-t-il la tête.

Il se laissa glisser au sol en reportant son attention sur Ianto et doucement, se rapprocha. Presque enroulé autour de son ami, Romulus frottait son museau sur le dessus de sa tête, corporel mais juste... Pas assez, malheureusement. Seulement, sa présence qui n'était que bonté et espoir ne pouvait pas faire de mal à Ianto, même si ce dernier était...

Enfin, il était mal. Prostré contre le mur, incapable de bouger, il fixait le vide sans même le voir, la respiration erratique et les yeux écarquillés, vides et brumeux, emplis de cauchemars que Harry ne connaissaient que trop bien. Il avait eut non seulement affaire à un épouvantard, mais juste après aux effets néfastes d'un détraqueur. S'il serrait encore plus sa baguette ainsi, il allait la briser en deux. Harry se redressa et se détourna pour se rapprocher du collègue de Ianto le plus proche.

- Docteur Harper, l'appela-t-il pour le sortir d'une léthargie peu recommandable.

L'homme cligna des paupières et le regarda.

- Il va falloir être très précis, d'accord ? Qu'est-ce que vous avez vu ?

Harper ouvrit la bouche pour balbutier un instant et Harry resserra sa prise sur ses épaules pour le maintenir dans la réalité.

- Cette chose se nourrit et prend l'apparence de vos peurs les plus profondes. J'ai besoin de savoir ce que Ianto a vu avant que ça ne devienne mon propre cauchemar, expliqua-t-il d'une manière concise et presque chirurgicale.

L'homme prit une inspiration et hocha la tête.

- Un énorme serpent. Un énorme serpent pâle qui-qui s'est mit à parler avec une affreuse voix de femme. Elle a dit au Tea-boy qu'il... enfin, je ne sais pas trop, qu'il n'était pas assez fort cette fois-ci, qu'il ne pourrait pas nous sauver. Elle a parlé d'excalibur et l'instant d'après il y avait des corps partout et, Oh mon dieu, je me suis vu mort ! Termina-t-il d'un ton presque hystérique.

- Ianto !

Harry lâcha le médecin en le remerciant, le poussant doucement vers une chaise à roulette dans le coin et intercepta assez rapidement Jack.

- Ne l'approche pas ! Il est en plein flashback, lui expliqua Harry en le repoussant loin de Ianto.

- Mais je-

- Jack. Laisse-moi faire, lui intima le sorcier avec un regard entendu.

Il se rapprocha doucement de Ianto, Romulus toujours enroulé autour de lui, et s'assit en tailleur face à lui.

- Tu t'appelles Ianto Jones. Tu es en ce moment-même à Cardiff. Nous sommes le 14 mai 2008, il est...

Il jeta un coup d'œil par dessus son épaule et Jack lui répondit précipitamment.

- 15h13.

- Merci.

Il se tourna de nouveau vers Ianto.

- Il est 15h13, répéta-t-il d'une voix douce. Le temps est plutôt doux, très agréable début de printemps qui n'a fait que trop tardé. Et le plus important dans tout ça, c'est que tout le monde va bien. Nous sommes en ce moment-même à Cardiff, dans le Hub de Torchwood - très sympathique d'ailleurs, encore mieux que tu me l'avais dit - la date est le 14 mai 2008, il est 15h13, et tout le monde va bien. Tout va bien, Ianto. Nagini est morte, il a des années maintenant, elle ne peut plus revenir. Nous sommes le 14 mai 2008, il est 15h13, il fait beau, et les enfants sont chez ta sœur. Micah et David sont impatients de te montrer leur dernières trouvailles, et Scorpius s'entend trop bien avec ta nièce, qui est en train de devenir une petite Malfoy en puissance. Il va falloir que tu m'aides à calmer le jeu avec Draco, je ne peux pas le faire tout seul. Enfin si, je peux m'occuper de Draco, mais pas de ta nièce. Elle m'a à chaque fois avec ses grands yeux innocents. Il est 15h14, le 14 mai 2008. Les enfants vont bien. Mademoiselle Sato va bien. Le Docteur Harper va bien. Même Mademoiselle Cooper va bien. Et surtout, Jack va parfaitement bien. Nous sommes le 14 mai 2008, et Poudlard est bien loin derrière nous. Ils ne peuvent plus nous atteindre. Il est 15h14, et il y a un tout petit peu de vent, l'inconvénient de travailler en bord de mer. Mais Torchwood est sympa, je dois le reconnaître.

Et il continua comme ça pendant de longues minutes, lâchant des informations éparses sans réel but autre que de concentrer Ianto sur sa voix et le faire revenir peu à peu, précisant toujours la date et le lieu. Pendant qu'il parlait, Jack s'était rapproché pour s'asseoir à côté de lui, à une distance de bras de Ianto mais faisant toujours très attention à ne pas le toucher. Il l'observait d'un air détruit, ne sachant sûrement pas quoi faire, et Romulus commençait à se dissiper, la tête contre les jambes du plus jeune agent de Torchwood.

Quelqu'un avait essayé de parler, mais le docteur Harper avait intimé le silence, comprenant apparemment la gravité du flashback dans lequel était plongé son collègue.

Harry en avait également, beaucoup moins depuis que Poudlard était loin derrière lui, mais, la dernière années les avaient invoqués plus nombreux, plus fort aussi. Ianto l'avait aidé deux fois depuis, mais, lorsqu'il lui avait retourné la faveur, il avait eu le malheur d'essayer de le toucher, la chambre n'avait pas supporté l'explosion magique, une sorte de défense inconsciente, plutôt puissante.

La guerre les avait totalement détruit pour que leur défenses inconscientes soient aussi offensives.

Le sorcier se tut un instant pour se racler la gorge, qui était aussi sèche que le désert.

- Ça arrive souvent ? Murmura une voix brisée.

Harry tourna la tête vers Jack et grimaça un peu.

- De quoi tu parles ?

Le Capitaine ne le regardait pas, fixant plutôt son agent, son amant, d'un air dévasté et dégouté, en colère contre lui-même.

- Est-ce que la personne qui m'est la plus chère est totalement détruite et que je n'ai rien vu ? S'enquit-il d'une voix pleine de remords.

Harry soupira et posa sa main sur l'épaule du capitaine.

- Non, Jack. C'est un cas exceptionnel... Je ne vais pas te dire qu'on a jamais de flashbacks, ce serait mentir. La guerre fait beaucoup de ravages, mais pour la plupart, on sait y faire face. Seulement, c'est un cas particulier. Il a dû faire face à sa peur la plus... vive, la plus profonde, avant de devoir affronter ma propre peur et ses effets, qui touche plus de monde, et tu y a toi-même goûter, tu sais ce que ça fait. Ianto est fort, mais il n'est pas invincible. Personne ne l'est.

Jack détourna enfin son regard de son amant pour lui jeter un coup d'œil.

- Je sais... qu'il a été au front. Je sais qu'il a vu et fait beaucoup de choses, je sais qu'il a été plus marqué qu'il ne le dit... Dieu, j'ai moi-même vu les marques et les cicatrices, lâcha-t-il dans un souffle saccadé. Mais...

Le capitaine ferma les yeux un instant pour prendre le contrôle sur sa respiration avant de les rouvrir et de le fixer sans ciller.

- J'ai besoin de savoir. Qui est-il ?

Harry haussa un sourcil un peu surpris.

- Il ne t'a vraiment jamais rien dit ? S'étonna-t-il.

Jack secoua lentement la tête.

- J'ai pas voulu... Il a voulut me le dire, mais je... J'ai lu la chronique et je... Je pense que ne voulait pas... y faire face. Mais j'ai besoin de savoir, Harry.

Le sorcier le fixa quelques instant et soupira doucement.

- Neville Londubat.

La réalisation, et presque la peur, s'épanouit dans les yeux du Capitaine.

- Tu... es en train de me dire que Ianto Jones, mon Jones Ianto Jones est...

- Le Lord Neville Frank Ianto Jones Londubat, l'Espoir de Poudlard, oui. La Voix de la Raison, le Souffle de la Résistance, le Conquérant du Serpent, le-

- Tu sais que je déteste ce sobriquet, murmura soudainement une voix craquelée.

Harry sourit et reporta son attention sur Ianto, qui le fixait d'un œil fatigué par dessus ses genoux, qu'il avait tenu serré contre lui pendant longtemps.

- Hey, belle au bois dormant, bon retour parmi nous, sourit-il doucement.

Ianto ferma les yeux et lâcha doucement ses genoux pour tendre les jambes, et il lâcha une plainte de douleur quand ses articulations craquèrent.

- Merde... Jura-t-il dans son souffle en se redressant.

Sa nuque craqua et il gémit.

- Combien de temps j'ai été... out ? S'enquit-il ensuite.

- Sept minutes, répondit Jack dans un murmure sans quitter son amant du regard.

Ianto lui jeta un coup d'œil avant de détourner le regard, gêné. Il se figea un instant.

- J'ai rêvé, ou... Il y avait un détraqueur ?

- Non. Enfin, pas vraiment. Juste un épouvantard bien remonté et bien content d'avoir trouvé deux victimes avec lesquelles jouer.

Son ami soupira en ferma les yeux en se laissant aller en avant, faisant craquer son dos.

- Comment te sens-tu ? S'enquit ensuite le sorcier en se redressant, faisant lui aussi craquer son dos avec une grimace.

L'autre sorcier soupira sur le sol en se passant une main sur le front.

- Comme si une horde de dragon m'était passé dessus, marmonna-t-il en tentant de se redresser.

Jack lui offrit sa main pour l'aider et le sorcier n'hésita que quelques micros instants avant de se laisser remettre sur ses pieds avec difficulté.

- On dit un nid, intervient Harry avec un sourire espiègle, et son ami lui envoya un regard noir.

- Ferme-là, Sauveur du Monde de pacotille.

Ledit Sauveur du Monde - sorcier - porta une main à sa poitrine, faisant mine d'être outré.

- Han ! Si Draco t'entendait me parler de la sorte, il serait le premier à venir défendre mon honneur !

- Tu rigoles là j'espère ? Il achèterait le pop-corn pour tout le monde et ricanerait comme une hyène.

- Hm... Pas faux.

Soulagé de réussir à détourner ainsi l'attention de Ianto quant à la situation, Harry se sentit donc mal de devoir remettre ça sur le tapis.

- Luna ne devrait pas tarder... Enfin, c'est bien à elle que tu as demandé de venir ?

Il sourit doucement en voyant Ianto se tenir au bras de Jack, lâche contre lui, en toute confiance, et le capitaine veillait sur lui comme une vraie mère poule... Ou une lionne.

- Oui.. D'ailleurs. Tu ne devineras jamais à qui appartient cette malle, soupira Ianto en lui lançant un regard par dessus l'épaule de Harry.

Ce dernier s'humidifia les lèvres en l'observant.

- Euh... Je devrais ?

Ianto le fixa quelques instants d'un air impassible et souffla :

- D'après toi.

Harry cligna quelques instants du regard et leva les bras au ciel.

- Tu te fous de moi ? Presque dix ans qu'il est crevé et il va continuer à venir nous faire chier d'entre les morts ? S'énerva-t-il.

Il se retourna et s'approcha d'un pas furieux de la malle pour y jeter un coup d'œil, et trouva très vite les blasons.

- Oh putain, c'est que t'a raison en plus, cracha-t-il.

D'un geste rageur de baguette, il ferma la malle et mit une dose impressionnante de sorts divers et variés.

- Que personne ne touche ce machin ! Il manquerait plus qu'il reste un bout de lui dedans et..

De concert, les deux sorciers du Hub frissonnèrent de dégoût et un peu de terreur.

- Par Merlin, sortons d'ici, souffla Ianto en commençant à s'éloigner.

Il fut arrêter par son oiseau, qui approcha par derrière pour envelopper Jack et lui de ses ailes, les plaquant au sol pour...

- ... Est-ce que Myfanwy est en train de couver Ianto ? S'enquit soudainement le docteur Harper, qu'on avait semblait-il totalement oublié.

Lui, ainsi que tout le reste de l'équipe, qui avait assisté à la crise de tétanie de Ianto, le temps que Harry avait mit de le sortir de cet état - aidé par Jack, ne mentons pas - ainsi que le retour du sorcier de Torchwood.

- Bon, et si vous nous expliquiez ce qu'il vient de se passer ? Sembla ordonner l'agent Cooper.

- Cooper, je croyais t'avoir dit de te faire toute petite ?! Si on est dans cette situation désastreuse, c'est par ta faute, alors tu te tais ! Clama Jack - de sous l'oiseau dinosaure, ce qui était... assez comique pour Harry, il faut le reconnaître.

Ooooh, que ces trois prochaines heures en confinement allaient être marrantes ! Harry avait bien fait de venir.


RÉPONSES AUX REVIEWS :

Wow : J'espère que mon rappel a suffit :) Je trouve moi aussi que Jack ne fait pas du tout tache dans ce tableau :D J'espère que la suite t'a plus :3

Guest : Merci beaucoup :D J'avoue adorer écrire sur les enfants xD j'espère que la suite t'a plus :)


Tadaaaaaa !

Alors ? Hm ? Qu'en pensez-vous ? Ca y est, le chat est définitivement hors du sac, et Ianto est trop coooool..

Harry est fun aussi, non ?

Je ne sais pas trop quoi dire de plus, mis à part que je suis désolé pour l'attente, c'est de ma faute, j'ai des migraines et ça ne part plus X_x

Quant à la semaine prochaine, Harry et Jack disent la vérité à l'équipe de Torchwood, et comme je suis méchante, ça ne peut pas se passer aussi bien que ça.

Voilà ! J'espère que ça vous a plus :3 Je vous dis à jeudi prochain !

xoxo, 'Win !