Merci à tous ceux qui m'ont laissé des reviews jusqu'ici !

Et je dédie ce chapitre à Kuroe Shizen qui a accepté d'être ma correctrice pour cette histoire ! ^^


Assise à son bureau, Kushina était censée gérer les comptes du Kurama's Palace. Enfin, censée seulement, car elle se concentrait actuellement sur une toute autre activité. Enfin, seulement si s'engueuler avec sa sœur par téléphone était considéré comme une activité digne de ce nom.

« Tu te fous de moi ? grondait la rousse. Tu n'as pas fait ça ? Alice ! »

A l'autre bout de la ligne, une autre jeune femme, plus jeune et tout aussi rousse que son aînée, grimaça : Kushina ne l'appelait jamais par son nom, sauf si elle était vraiment en colère. Ce qui semblait effectivement être le cas.

« Nee-chan, tenta-t-elle, je suis déso…

- La ferme, la coupa sa sœur. Je me suis confiée à toi et tu es allée le rapporter à tout le monde ! Je te croyais plus digne de confiance que ça !

- Mais papa et maman étaient inquiets !

- Ce n'est pas une raison.

- Mais si !

- Bien sûr que non.

- Mais… »

Le profond soupir de Kushina résonna dans le téléphone, coupant Alice dans son élan. Elle imaginait bien sa sœur, un coude sur la table, l'air fatigué, en train de se tenir l'arête du nez.

« Tu sais quoi ? finit par lâcher Kushina au bout d'un long silence. On va en reparler plus tard.

- Mais…

- Il n'y a pas de « mais », Alice. Tu ne comprends pas la situation. Papa et maman ne peuvent pas tout régler et, même s'ils le pouvaient, ce ne serait pas bien. Laisse-moi faire mes propres expériences et, quand j'irais vraiment mal, je t'autorise à me dire « je te l'avais bien dit », d'accord ?

- Nee-chan…

- Li-chan, s'il te plait… »

L'adolescente détestait savoir sa sœur dans cet état, mais elle céda :

« D'accord, lâcha-t-elle.

- Tu promets ? »

Alice ferma les yeux, douloureusement. Non, elle ne pouvait pas. Elle voulait le bien de sa sœur. Pourtant…

« C'est promis, souffla-t-elle.

- Merci, Li-chan, dit Kushina, et la jeune fille pouvait presque entendre son sourire.

- … Prends soin de toi, nee-chan.

- Toi aussi. Je t'aime. Bye.

- Att- »

Mais c'était trop tard, et la tonalité qui résonna dans son oreille le lui fit comprendre. Alice reposa son portable en soupirant. Elle ne comprenait pas sa sœur, et leurs huit ans d'écarts n'en étaient pas la cause. Ou seulement en partie.

L'adolescent de dix-sept ans se laissa aller contre le dossier de son siège, et jeta un œil désemparé sur ses devoirs. Elle n'était pas sûre que les maths l'aident à comprendre les relations qui liaient sa grande sœur aux hommes.

Kushina aimait jouer. C'était un fait, et tout le monde en était conscient. Ce que peu de personnes savaient, en revanche, était que cela se terminait rarement bien pour la jeune femme rousse. En fait, ça se terminait systématiquement mal.

On s'explique : Kushina, certes, jouait avec ses futurs amants, mais elle ne prenait la peine de faire cela que si l'homme en question l'intéressait vraiment, et finissait systématiquement par tomber amoureuse de sa proi... heu, de son amant, pardon.

C'est ce qui était arrivé avec tous les hommes précédant Minato, ceux-ci ne s'étant pas gênés pour briser le cœur de sa sœur. Et l'adolescente craignait que cela ne recommence.

Jetant un dernier coup d'œil au contact de son aînée, qui affichait une photo d'elle en compagnie d'un homme aux cheveux noirs et à l'air digne, Alice fit la seule chose qui, selon elle, pouvait encore sauver sa sœur.

Puisque leurs parents avaient échoués à soutenir Kushina dans ses ruptures à répétition, elle allait demander de l'aide à l'ami d'enfance de sa sœur...


Kushina observa la jeune femme qui lui faisait face. Courts cheveux noirs coupés au carré, yeux noirs, peau opaline, Mikoto Uchiwa avait postulé la veille pour un poste de commis de cuisine au Kurama's Palace, et se dandinait à présent, atrocement nerveuse, sous le regard impénétrable de la rousse.

Cette dernière, CV en main, se demandait pourquoi diable cette femme voulait travailler dans son restaurant.

Fille adorée d'un PDG milliardaire, diplômée major de sa promotion dans une université prestigieuse, la noiraude aurait facilement pu ne jamais travailler de sa vie, ou alors s'enrôler dans l'entreprise paternelle pour un salaire indécemment élevé. Pourtant, la jeune femme, approximativement du même âge que Kushina, avait refusé ce brillant avenir pour se tourner vers l'hôtellerie et la restauration.

Elle avait passé son CAP Restaurant, et cherchait à présent un endroit où gagner un peu d'expérience et grimper les échelons.

« Alors ? » ne put s'empêcher de demander la noiraude, tressaillant vivement sous le regard inquisiteur de Kushina.

Pour une fille de PDG à la réputation de bourreau trop exigeant, la rousse trouvait qu'elle supportait mal la pression. A moins que son père ne soit gaga d'elle, ou que ce ne soit le facteur « première expérience professionnelle » qui ne la rende aussi émotionnelle. Kushina la laissa mariner dans son jus quelques minutes de plus, avant de déclarer :

« Tu es prise. »

Le soupir qui s'échappa des lèvres de la noiraude n'échappa pas à sa vis-à-vis, qui ajouta d'un air innocent, savourant avec un plaisir sadique la tension soudaine de l'autre femme.

« A une condition.

- Je vous écoute, fit prudemment Mikoto. »

Kushina sourit, et se leva, tournant lentement autour de sa proie… Pas qu'elle ne voulut celle-ci dans son lit, mais il lui plaisait de la savoir sous son emprise.

« Je veux passer une journée avec toi. »

La noiraude dut retenir une exclamation de surprise, et elle sursauta lorsque la rousse tendit vivement la main. Elle s'en saisit avec méfiance.

« Que… quoi ?

- J'aime bien connaître un peu mes employés, sourit la rousse, énigmatique. »

Mikoto plissa les yeux, méfiante, provoquant l'amusement de l'héritière Uzumaki. Celle-ci fut, en revanche, surprise de l'aplomb avec lequel l'autre lui répondit.

« D'accord. Mais c'est moi qui décide de l'endroit.

- Hé ! ne put s'empêcher de s'écrier Kushina. Je suis restauratrice, je sais parfaitement où et quoi manger ! Vous n'avez pas confiance en mon expérience ?

- Non. »

Kushina, qui ouvrait la bouche pour argumenter, la referma, coupée dans son élan.

« Pardon ? »

Cette fois, ce fut au tour de Mikoto d'afficher un sourire amusé.

« Ce que proposent les restaurants, je le fais mieux moi-même, déclara-t-elle. Sauf une chose, et je ne connais pas meilleur endroit où les manger…

- Quoi donc ? s'enquit Kushina, très intéressée. »

Le sourire de Mikoto s'intensifia, et elle lâcha d'un ton très théâtral :

« Je refuserai de manger quoi que ce soit d'autre que les ramens d'Ichiraku. »

Les yeux soudains brillants, Kushina ne retint qu'un seul mot :

« Ramens ! »


Jamais Teuchi, le gérant du restaurant Ichiraku, n'avait vu un phénomène pareil. Jetant un coup d'œil à sa femme, il resservit pour la quatrième ou cinquième fois la furie rousse que venait de ramener sa plus fidèle cliente, Mikoto.

« Encore ! »

Le cinquième ou sixième bol partit dans l'estomac sans fond de la femme, tandis que la noiraude à ses côtés la regardait avec un air halluciné.

De son côté, Mikoto commençait à regretter l'offre qu'elle avait fait une heure plus tôt. En voyant le regard de sa future patronne, elle avait ri, et proposé de lui payer le repas. Jetant un coup d'œil à son porte-monnaie, craignant que l'argent qu'il contenait ne suffise pas. Heureusement, elle aperçut sa carte bancaire et, bien qu'elle répugnât à utiliser l'argent de son père, préférant gagner le sien à la sueur de son front, elle se dit qu'elle en aurait peut-être (sans doute) besoin.

Elle touilla le fond de son bol, dans lequel nageaient quelques nouilles perdues dans le restant de sauce, et la noiraude décida de finir en levant brusquement son bol au-dessus de sa tête. Elle ignora Kushina qui, à côté d'elle, commandait son huitième bol.

« Ton amie a beaucoup d'appétit, commenta Teuchi. Je n'ai jamais vu quelqu'un manger autant et si vite.

- Je ne sais pas si j'aurais assez pour tout payer, grommela Mikoto dans sa barbe inexistante, étant une femme.

- Ne t'inquiète pas, sourit le gérant. Tu me paieras une prochaine fois.

- Vous me faites vraiment confiance ? s'enquit Mikoto, lui lançant une œillade surprise.

- Tu viens souvent. Et puis, ce n'était pas comme si tu allais repartir : tu es bien trop accro pour ça. »

La brune détourna le regard, mais ne chercha pas à nier : elle qui, d'habitude, détestait ça, en arrivait à considérer les ramens d'Ichiraku comme une quasi-drogue, incapable de ne pas en manger pendant plus d'un mois. Elle redoutait le jour où elle serait forcée de quitter Konoha, et se fit la promesse de toujours revenir passer un weekend à Konoha si cela devait arriver.

« Fiou ! souffla Kushina en se redressant enfin et en se laissant aller contre le dossier de son tabouret – elles s'étaient installées au bar pour être servies plus vite. C'était bon ! Merci beaucoup, Mikoto !

- De rien, murmura la noiraude, le visage de plus en plus blanc à la vue de la pile de bols entassés devant la restauratrice. »

Kushina remarqua son blêmissement subit.

« Oh ! s'écria-t-elle, comprenant soudain. Je vais payer, ne t'inquiète pas. Je sais que, quand on en vient aux ramens, j'ai tendance à manger des quantités astronomiques.

- C'est le moins qu'on puisse dire, grommela l'autre. »

La rousse se mit à rire.

« Tu me plais, dattebane, dit-elle, laissant pour la première fois échapper son tic verbal, signe qu'elle se sentait bien en la compagnie de l'Uchiwa. Amies ? s'enquit-elle en tendant la main.

- Amies, confirma la noiraude en serrant la paume tendue. »

Les deux femmes se sourirent, puis Kushina se tourna de nouveau vers le gérant, qui regardait la scène d'un air attendrit.

« Encore un, chef !

- Tout de suite ! »

Voyant l'air affamé de Kushina, et Teuchi s'affairer, Mikoto dut retenir un grognement.

« Tu as encore faim ? dit-elle, tâchant d'empêcher son ton d'être trop plaintif.

- Oui ! Il me faut encore le double pour être remplie. Oh, et vous m'en rajouterez à emporter, s'il vous plaît, chef !

- D'accord, chantonna Teuchi, l'air radieux. »

Cette fois, Mikoto ne put se contenir. Elle gémit.


L'homme blond provoquait des murmures sur son passage. Ses yeux bleus océan faisaient se pâmer d'admirations les demoiselles, et quelques hommes enviaient sa carrure sportive.

Dans la boite de nuit survoltée où le banquier venait se détendre le weekend, il était plutôt connu. Les videurs le laissaient même parfois passer en VIP. D'ailleurs, le frère de l'un de ses amis travaillait ici. Minato le chercha du regard, avant de le héler lorsqu'il le reconnut.

« Kisame ! »

Le jeune homme d'à peine vingt ans, grand, une forte carrure, les cheveux brun foncé, et la peau si pâle qu'elle en paraissait bleue se tourna vers lui, et sourit de toutes ses dents un peu trop pointues.

« Minato-san, le salua-t-il. Comment vas-tu ?

- Bof, soupira l'autre. Et toi ?

- Ça peut aller, souffla l'adolescent, les yeux étrécis vers l'homme plus petit – Minato mesurait pourtant un bon mètre quatre-vingts, mais il se sentait petit à côté de Kisame, qui le surplombait d'au moins vingt centimètres. Que se passe-t-il ? ajouta-t-il en voyant l'air abattu de son ami. Un client mal luné ? Tu t'es fait larguer ? »

Ô, Kisame et son tact légendaire, songea Minato.

« On va dire ça comme ça, édulcora-t-il.

- Tu dragues les clientes, toi, maintenant ? s'écria le brun un peu trop fort, faisant se tourner plusieurs autres clients vers eux. »

Kisame et son tact légendaire, deuxième round. Minato le fit taire d'un geste.

« Moins fort, abruti. Tu déranges les autres.

- Alors ? chuchota presque exagérément le brun en se penchant vers lui, trop près de l'avis de Minato.

- La plus belle femme que je n'ai jamais rencontrée, murmura le blond. Rousse, les yeux bleus, un sacré caractère à ce que j'en sais et joueuse, très joueuse.

- Joueuse ? s'étonna Kisame. Tu es tombé sur une perle, dis donc, ajouta-t-il, moqueur. Et comment elle s'appelle, ta perle rare ?

- Kushina, murmura Minato encore plus bas que précédemment. »

Son regard venait d'intercepter un éclat rouge, et il cherchait ce qu'il avait vu à travers la foule, le cœur battant.

« Minato ? Minato !

- Chhhh ! siffla le blond. Je crois que… »

Ça y était ! De nouveau l'éclat rouge. Le cœur du blond rata un battement lorsqu'il vit qu'il s'agissait d'une longue chevelure rouge, appartenant à une jeune femme bien habillée, de la même stature que Kushina.

« Naaaan ! ricana Kisame, ce qui donna au blond l'envie de l'étrangler. Ce ne peut pas être elle, si ?

- La ferme, grogna-t-il, les yeux toujours rivés sur les cheveux dansants à la lumière des projecteurs et au rythme de la musique. »

Ils accompagnaient gracieusement le corps gracile auxquels ils appartenaient.

« Va voir, souffla doucement Kisame à son oreille. Tu n'as rien à perdre et, si ce n'est pas elle, tu pourrais au moins gagner une nuit agréable… »

Le blond lui jeta un regard étonné, mais le brun resta silencieux, lui pressant l'épaule d'une main, avant de se détourner.

« Je vais relayer A au comptoir, annonça-t-il. Bonne chance… »

Minato le foudroya du regard une dernière fois, avant de revenir sur la fille rousse.

Il s'approcha lentement, louvoyant entre les danseurs, son corps ondulant au rythme du son que prodiguaient les énormes enceintes du club.

Il s'approchait lentement, mais sûrement, de celle qui semblait l'avoir pris pour proie. Un sourire fit son apparition sur ses lèvres. Il avait eu un aperçu de son visage, et était à présent convaincu qu'il s'agissait bel et bien de Kushina.

Le chasseur était sur le point de devenir proie à son tour.

Kushina souhaitait jouer ? Très bien. Mais Minato n'était pas aussi innocent qu'il le paraissait. Il voulait bien jouer, mais selon certaines règles.

Le blond vint se mettre derrière la danseuse aux cheveux flamboyants, et se mit à danser à son rythme.

Sa chasse venait de commencer.

Wow ! C'est véritablement devenu une fiction, plus de retour en arrière maintenant !

Nouveaux personnages, la situation s'approfondit. J'ai ma base, mais j'accepte toujours les idées !