Salut tout le monde ! Je suis impressionnée, cette fiction semble plus appréciée que je ne le pensais.

Et, bien que ce chapitre ne soit pas corrigé, période de vacances oblige, je le poste quand même : si vous voyez une faute, signalez-la ! J'updaterai le chapitre lorsqu'il sera corrigé.

Je tiens à remercier tous ceux qui ont laissé des reviews jusqu'ici, y compris les non-membres du site (guests), et même si ce n'est que pour demander la suite.

Je réponds d'ailleurs à Arya ici, puisqu'elle fait partie de cette catégorie : Je ne pensais pas aller jusque-là, mais vu la façon dont cette fiction avance, peut-être qu'un jour, si je finis celle-ci, je ferais une suite concernant Naruto. En tout cas, contente que tu aimes cette histoire, j'espère que tu continueras à la lire. ^^

J'ajoute aussi un second disclamer : aussi naïve, chiante et immature qu'Alice peut être elle m'appartient (malheureusement).

Bonne lecture ~


Fugaku, amicalement (méchamment ?) surnommé Fugu-chan par sa meilleure amie, était confus :

« Pardon ? articula-t-il difficilement dans le combiné. Qu'est-ce que tu viens de dire ? »

A l'autre bout de la ligne, Alice soupira.

« Qu'est-ce qui n'est pas clair dans « je sais que tu es amoureux de ma sœur et je souhaite organiser un rencard entre vous » ? Tu es bouché ou quoi ?

- Que… non ! Tu te trompes ! Je… paniqua le jeune homme brun.

- Vu la façon dont tu la regarde… »

Avec un soupir, Fugaku passa une main dans ses cheveux pour les remettre en place. Le jeune interne en pédiatrie songea qu'Alice était vraiment énervante, parfois… non, tout le temps, en fait, à fourrer son nez dans des affaires qui ne la concernaient pas le moins du monde et à jouer les entremetteuses peu discrètes.

Mais d'une certaine façon… dire qu'il n'était pas attiré par Kushina était faux. Sa meilleure amie avait des formes, un magnifique visage et un sourire à faire se pâmer d'amour le pape en personne, donc ce n'était pas étonnant qu'il y ait succombé lui aussi.

Cependant… Fugaku était sûr, et cela de façon certaine, de n'éprouver que de l'amitié pour la rousse. Bien sûr, les mauvaises langues diront que l'amour n'est rien d'autre que de l'amitié mariée à l'attirance, mais le brun n'était pas d'accord : pour preuve, s'il sentait la température monter lorsque Kushina était trop suggestive, jamais encore son cœur ne s'était emballé à la simple pensée de la belle héritière.

Et heureusement d'ailleurs, songea le brun. Vu son caractère, je n'ai pas intérêt à tomber amoureux d'elle…

Oui, Fugaku préférait définitivement les filles un peu portées sur la violence, et moins promptes à s'emporter que la volcanique Uzumaki. Il avait déjà fait l'expérience de ses colères, et ne souhaitait pas recommencer de sitôt, non merci ! Elle avait d'ailleurs gagné un surnom lorsqu'elle s'énervait ainsi : Habanero la Sanglante : une femme terrifiante, prête à refaire l'aimable portrait de celui ou celle qui venait de l'énerver, voire de tuer. Fugaku avait beau ne l'avoir vu ainsi qu'une seule fois, et encore ce n'était – Dieu merci – pas dirigé contre lui, il avait trouvé l'expérience assez traumatisante pour en faire des cauchemars. Bon sang, il en tremblait encore, et cela remontait au lycée !

Jetant un coup d'œil aux livres qu'il était censé étudier pour ses prochains examens, et décida de remettre ça à plus tard.

Il se laissa aller dans le dossier de son siège et, laissant l'adolescente lui expliquer en long, en large et en travers pourquoi il serait amoureux de Kushina, il mit le haut-parleur pour pouvoir poser le téléphone sur le bureau, afin de surfer un peu sur internet.

Il grimaça en entendant la voix d'Alice devenir de plus en plus aigüe, avec un fond hystérique, et se promit d'aller confisquer tous les films d'amour qu'elle possédait. De toute évidence, cette gamine en regardait beaucoup trop. Tiens, n'était-ce pas une référence à 50 Nuances de Grey qu'il venait d'entendre ? Fugaku dut se retenir de vomir : il haïssait cordialement ce livre, ainsi que le film qui en avait été tiré.

Mais bientôt, il trouva matière à s'amuser de l'imagination débordante d'Alice, et parvint à ignorer la voix criarde dans ses oreilles.

Enfonçant ses écouteurs dans les oreilles, il préféra réécouter l'enregistrement de son dernier cours de théorie sur internet plutôt que les âneries déblatérées par Alice.

Il monta le son lorsque, sur la table, le téléphone crachota :

« Fugaku ? Fugaku ! Tu m'écoutes ? FUGAKUUUU ! Oh, et puis merde ! Je vais me débrouiller toute seule. Connard ! »

La tonalité résonna quelques secondes, mais l'interne n'en avait cure : il craignait trop le retour de Habanero la Sanglante pour contrarier ne serait-ce qu'un tout petit peu Kushina, même pour les soi-disant beaux yeux d'Alice.

Un instant pourtant, Fugaku regretta de l'avoir ignorée aussi ostensiblement. Il reprit l'expression préférée de l'adolescente :

« Oh, et puis merde ! jura-t-il. Alice n'est rien d'autre qu'une sale gosse fouineuse et trop curieuse, un aimant à problèmes qui fourre son nez partout où elle ne le devrait pas ! »

Et il se replongea dans ses cours.


« Excusez-moi, on se connait ? »

Minato baissa un regard surpris vers le visage juvénile qui venait de se lever vers lui, et eut un choc.

« K-kushina ? » murmura-t-il, confus.

La fille eut l'air surpris, une lueur étrange passa dans ses yeux, puis elle sourit :

« Non, moi c'est Alice. Enchantée.

- Minato, répondit le blond, cherchant à cacher sa déception. »

Il n'était pas très doué à masquer ses émotions mais, si la fille le remarqua, elle ne dit rien.

« Je vous offre quelque chose ? proposa la jeune fille en le guidant vers le bar. Ils font de supers Americanos1, ici !

- Volontiers.

- Hé ! cria la fille au barman. Un Americano et…

- Blue Lagon2, lâcha le blond.

- Et un Blue Lagon ! hurla la rousse pour se faire entendre par-dessus la musique.

- Tout de suite ! sourit le barman. Je te connais, non ? ajouta-t-il en se rapprochant, servant une bière au client précédent au passage.

- Sans doute pas, dit Alice avec un sourire angélique. C'est ma première sortie ici. Mais vous devez connaître ma sœur, elle vient souvent ici. Et puis, on se ressemble beaucoup.

- Je vois. Tu es majeure ? »

La fille sourit et, voyant le barman lui rendre son sourire, Minato regretta que Kisame ne soit pas dans les parages : il aurait eu une excuse pour se désister. Pas que la fille ne soit pas jolie, mais il aurait préféré Kushina. Le blond plissa les yeux, examinant cette Alice.
Elle ressemblait vraiment beaucoup à sa cliente aux cheveux de feus : même carrure fine, même visage malicieux, mêmes yeux bleus, même chevelure rousse. Si ce n'est qu'Alice semblait beaucoup plus jeune.

Beaucoup, beaucoup plus.

Trop, même.

« Attends un peu, la coupa-t-il alors que, après avoir payé le barman, elle s'apprêtait à boire son cocktail d'une traite. Tu n'as pas vingt ans ? »

Sa question avait sonné comme une affirmation. La jeune fille lui lança un coup d'œil railleur, et un sourire amusé prit place sur ses lèvres. L'image de Kushina se superposa vivement à sa place, et le blond ne put retenir un mouvement de recul.

« Hm… souffla la fille. Peut-être que oui, peut-être que non… Mais, crois-le ou non, je suis majeure. »

Minato soupira. Cette fille jouait avec lui. Encore une qui se croit dans une cour de récréation, songea-t-il avec agacement.

« Ils font régulièrement des contrôles, ici. S'ils découvrent que tu n'es pas majeure, tu finiras au poste.

- Je suis majeure, grommela la rousse. C'est écrit sur ma carte d'identité…

- Vraiment ?

- Oui, oui… J'ai obtenu ma majorité il y a deux semaines. »

Agacé, Minato se détourna. Si cette gamine voulait se faire emmener au poste, c'était son problème. Cherchant Kisame du regard, il le trouva en train de s'acharner sur son shaker, et le blond préféra ne pas le déranger : le brun débutait dans son nouveau travail, et il était encore en période d'essai. Minato n'allait pas lui bousiller ses chances en le distrayant.

Soupirant, il attrapa son verre, et alla s'assoir sur un tabouret miraculeusement libre plus loin. Ses yeux parcoururent la salle, à la recherche d'une connaissance, ou simplement quelqu'un avec qui danser. Mais l'envie n'y était plus, et il se contenta de surveiller la fille rousse du regard. Cette dernière draguait le barman qui l'avait servi, plaisantant et riant avec lui.

Son regard se perdit dans le vague, comme il se remettait à penser à Kushina.

Depuis leur dernier rendez-vous, un peu plus de deux mois plus tôt, il n'avait cessé de penser à elle. Tantôt furieux, tantôt triste, souvent confus et parfois même… flatté ? Flatté qu'une jolie femme s'intéresse tant à lui, même si ce n'était que pour jouer.

Malgré le pincement qui le prenait au cœur quand il y pensait, il avait hâte de leur prochaine rencontre, prévue dans un peu moins de deux semaines. Dix jours en fait. C'était amusant de discuter avec elle, de se perdre dans le bleu de ses yeux, observer l'éclat de ses cheveux rouges, écouter son rire lorsqu'il plaisantait…

S'ils ne tombaient pas amoureux l'un de l'autre ni ne couchaient ensembles, peut-être pourraient-ils devenir bons amis, qui sait ? Ils s'entendaient bien.

Une main lui tapa rudement sur l'épaule et, en se retournant, il croisa le regard bleuté de la fille… Alice ?

« Hé ! s'exclama-t-elle un peu trop fort. Pourquoi tu es parti ?

- Je voulais m'assoir.

- Ha. Tu me fais une place ? »

Le blond se retint de lui crier qu'il allait être difficile de s'assoir à deux sur un tabouret, lorsque la femme à côté de lui se leva soudain pour partir, appelant les noms de ceux qui devaient être ses amis.

« Ah, merci, c'est sympa ! » lâcha distraitement la rousse en s'asseyant lourdement sur le siège.

Ce faisant, elle manqua de tomber.

Elle est saoûle, constata le blond avec effarement. Combien de verres elle a pris ?

Cela ne faisait pas très longtemps qu'il s'était éloigné, et puis elle discutait avec l'autre type, elle n'avait pas dû tant boire, si ?

« Combien de verres as-tu bu ? » soupira Minato.

Alice lui renvoya un regard effronté.

« Un seul, plus une gorgée qu'ami m'a offerte », lâcha-t-elle d'un air outré.

Bon, elle n'a pas eu besoin de ses doigts pour compter, et elle n'a pas hésité non plus. C'est déjà ça. Elle ne tient vraiment pas l'alcool…

« Hé ! cria-t-elle soudain en faisant de grands gestes. Je peux avoir une Piña Colada3 ?

- Bien sûr, tu as quel âge ? »

A la plus grande joie du blond, c'était Kisame qui s'était approché. Après avoir jaugé Alice du regard pendant quelques secondes, il avait posé la question fatidique. La rousse sembla furieuse.

« Je suis majeure ! s'écria-t-elle, prenant appui sur le comptoir pour se redresser afin de regarder Kisame dans les yeux. MA-JEU-RE !

- Oui, oui, bien sûr, lâcha Kisame, professionnel. Mais je risque de perdre mon travail si tu ne l'es pas. Je préfère vérifier avant. »

L'air absolument outré, la jeune fille farfouilla quelque secondes dans sa poche, et en sortit une carte d'identité qu'elle fourra sous le nez du barman.

« Ça vous va comme ça ? »

Le brun s'en saisit, et l'observa. Il parut surpris.

« Très bien », soupira-t-il en commençant à préparer sa boisson.

Alice sourit d'un air victorieux, et rangea la carte. Ce faisant, le blond put voir le nom qui y était inscrit. Figé, il regarda Kisame servir la rousse, avant d'aller répondre à une autre commande.

Sérieux ? s'ébroua-t-il mentalement. Ce n'est pas un nom si commun, quelles sont les chances que deux Uzumaki se ressemblant comme deux gouttes d'eau habitent dans une même ville ?

« Excuse-moi, ton nom est… Uzumaki ? »

La jeune fille lui rendit un regard surpris. Elle relâcha son cocktail, qu'elle avait commencé à siroter, et répondit prudemment :

« Oui… Pourquoi ?

- Est-ce que tu ne connaîtrais pas une Kushina Uzumaki par hasard ? »

Le regard de la fille s'agrandit et, repoussant son cocktail, le fixa avec une lueur de méfiance.

« Oui… il s'agit de ma sœur. Que lui veux-tu ? »


Troublée, Alice sortit de la boîte de nuit. Rangeant soigneusement la carte qu'elle avait présentée au barman dans son sac, elle sortit sa carte de bus 15-20 ans.

Regardant l'ancienne carte d'identité de sa sœur, elle se félicita une nouvelle fois de l'avoir prise.

Alice n'avait que dix-huit ans. De ce fait, elle était considérée comme mineure au Japon, où la majorité ne s'obtenait qu'à vingt ans. Seulement, l'idée de ne pas pouvoir boire de l'alcool pour se détendre le weekend dans un bon bar la frustrait énormément. Alors qu'étant considérée comme majeure en France, dont elle avait la nationalité. Pourquoi diable n'était-elle pas considérée comme tel dans ce fichu pays ? En désespoir de cause, elle avait piqué l'ex-carte de Kushina. Les deux sœurs se ressemblaient tellement que personne ne lui avait jamais rien dit en deux mois qu'elle était venu s'installer au Japon pour faire ses études d'informatique.

Elle avait fêté ses dix-huit ans juste avant de partir, la tête pleine de rêves et un objectif ultime à atteindre : devenir ingénieur informaticien !

Il y avait pourtant ailleurs qu'à Konoha de biens meilleures écoles d'informatiques, et beaucoup n'avaient pas compris pourquoi elle n'avait pas profité de l'offre de l'une des meilleures écoles du même type aux USA, classée 5e meilleure école mondiale, trois rang au-dessus de celle qu'elle avait intégré.

La raison en était simple : Alice souhaitait se rapprocher de Kushina.

De par leurs huit ans d'écarts, les deux sœurs n'avaient pas toujours une bonne communication. Pour preuve : Alice, férue de romans à l'eau de rose et de films d'amours, ne comprenait tout simplement les liens qu'entretenait Kushina avec ses petits amis, et qui la conduisaient inévitablement à rompre, la meurtrissant un peu plus à chaque fois.

De plus, elles avaient été élevées dans des endroits différents : si Kushina avait passé sa jeunesse chez leur grand-mère, au Japon, Alice avait vécu toute sa vie à Paris, en France. Et, si Kushina avait finalement choisit sa nationalité japonaise plutôt que française à ses vingt-deux ans, Alice refusait jusqu'à l'idée de se défaire de sa nationalité française : en effet, les enfants nés d'un parent japonais et d'un parent d'une autre nationalité possédaient une double nationalité jusqu'à leurs vingt-deux ans, âge où ils devaient choisir l'une ou l'autre des deux nationalités. Kushina préférait le Japon, Alice la France.

Enfin, malgré ce dernier point, Alice parlait tout de même mieux japonais qu'anglais.

Les pensées de la jeune fille dérivèrent quelques instants vers Minato. Lorsqu'elle lui avait demandé ce qu'il voulait de sa sœur, l'homme avait bafouillé quelque chose d'incompréhensible, le visage rouge, avant de se refermer comme une huître. Il avait évité son regard quelques minutes, le temps de finir son cocktail, avant de partir, l'air gêné et confus. Alice avait trouvé cela mignon.

Seulement, elle ne comprenait pas. Comment cet homme connaissait-il sa sœur ? Etait-il l'un de ses employés ? Un client ? Elle retint un juron. Elle avait oublié de lui demander son nom !

Elle se remit en marche avec un froncement de sourcil. Quelque chose lui disait que Kushina lui avait parlé de ce type… un homme blond… Qui donc, parmi tous ceux qu'avait cités Kushina dans les deux dernières semaines avait les cheveux blonds… ?

Au moment où elle s'apprêtait à trouver la réponse, elle arriva à l'arrêt de bus qui devait la ramener chez elle.

Fermé. Le dernier bus venait de partir, et courir en hurlant derrière ne servait pas à grand-chose.

Haletante, Alice s'arrêta au milieu de la chaussée, se sentait vraiment idiote.

Et merde !


Kushina dormait du sommeil du just-… (non, elle ne l'est pas vraiment) de l'ang-… (encore moins) de… Enfin bref, elle dormait profondément, enveloppée dans ses couvertures pour résister au temps qui s'était rafraichi, après avoir savamment embêté son meilleur ami pendant la petite soirée qu'ils avaient passés avec leurs amis (puis pendant la série qu'ils avaient regardés ensemble, les autres étant partis).

Ledit meilleur ami qui venait de s'endormir dans la pièce d'à côté après avoir longuement ronchonné contre elle.

Le téléphone de Kushina, diffusant une musique entrainante tellement fort qu'elle aurait réveillé un mort, résonna dans l'appartement, réveillant les deux dormeurs en sursaut. Kushina bondit en reconnaissant la sonnerie qu'elle avait attribué au contact de sa sœur, et décrocha.

« Quoi, encore, râla-t-elle dans le combiné.

- Nee-chan, viens me chercher.

- Pourquoi, t'es où ? bâilla la rousse, dont la tête retomba sur l'oreiller confortable. »

Si confortable… Tellement tentant…

Elle tenait le téléphone d'une main lasse sur son oreille libre et, de l'autre bras, rammena les couvertures sur elle.

« Tu te souviens, le club dont vous m'avez parlé ? Comment il s'appelle déjà…

- Le Kassy's Night-Club, lâcha Kushina, plus par réflexe qu'autre chose. »

Elle comprenait parfaitement pourquoi les gens préféraient l'anglais pour les noms de club ou de restaurant dans les pays parlant une autre langue : ça faisait classe ! Pour les non-anglophones, du moins. Pour eux, c'était juste normal. Ou bizarre. Ou…

Kushina se redressa d'un seul coup en secouant la tête. Grognant un « 'tends deux s'condes », elle posa le téléphone sur sa table de chevet et alla s'asperger d'eau froide. Un peu plus réveillée, elle croisa Fugaku dans l'embrasure de la chambre d'amis :

« Qu'est-c'qu'y s'passe ? bâilla-t-il, mâchant ses mots au passage.

- Rien, rien, le rassura la rousse. C'est Alice. Elle a décidé de faire sa chieuse et de nous réveiller en pleine nuit. Rendors-toi.

- Comme d'hab, quoi. »

Kushina sourit.

« Ouais, comme d'hab… »

Elle revint dans sa chambre après s'être assurée que le brun était bien retourné dans son lit – quand il était mal réveillé celui-là, tout pouvait arriver ; surtout le pire – Kushina reprit le combiné, dans lequel sa sœur hurlait son nom.

« KUUUUUUSHIIIIINAAAAAA !

- Arrête de crier, tu vas réveiller toute la rue abrutie, la réprimanda sa sœur.

- Ouf ! s'écria Alice, sans se soucier du reproche. Je croyais que tu t'étais rendormie ! »

Vu les cris de goret que tu nous sortais, pesta l'héritière en son for intérieur, je ne vois pas comment j'aurais pu me rendormir ! C'était à réveiller un mort !

« J'étais juste partie me mettre de l'eau sur le visage pour me réveiller, répliqua-t-elle. Au Kassy's Night-Club ? Qu'est-ce que tu fiches là-bas à deux heures du matin ?

- Rien, rien, répondit Alice un peu trop vite. »

Le vide se fit dans l'esprit de Kushina. Elle attrapa le combiné à deux mains, et dû se retenir de crier sa colère.

« Non ! Alice, tu n'as pas fait ça ! Tu es MINEURE !

- J'ai dix-huit ans ! Je suis MAJEURE !

- Pas ici. Imagine que quelqu'un t'ai contrôlée ! Tu aurais fini au poste ! Pire, si quelqu'un t'avait droguée ! Bordel ! Alice ! »

Le cœur battant à l'idée de ce qui aurait pu arriver, les pires scénarii jouant et rejouant dans sa tête, la rousse bondit vers son armoire.

« Ne bouges surtout pas ! Je viens te chercher !

- Nee-chan, calme-toi, tout va bien… Et puis, on m'a contrôlé, tu sais. On ne m'a rien dit. »

La rousse ignora ce conseil et, attrapant un jean qui gisait par terre, son T-shirt de la veille et sa veste, elle allait attraper ses clés lorsque l'évidence la frappa.

Son bébé était au garage !

Jurant et pestant, elle allait prévenir Fugaku qu'elle empruntait son scooter lorsque ce que venait de dire Alice la frappa.

« Attends… on t'a contrôlé ? Et… personne n'a rien dit ?

- Dans l'ordre : oui, et non.

- Comment… ?

- On s'en fiche, vient me chercher ! Le dernier bus est parti il y a dix minutes, ma veste est trop légère et j'ai froid ! »

Kushina tremblait. De rage et de peur. Elle venait d'ouvrir le tiroir où elle conservait sa carte d'identité. Après avoir perdu celle qu'elle avait faite en arrivant au Japon, elle en avait refait faire une nouvelle presque un an auparavant. Bien sûr, juste après avoir reçu la nouvelle, elle avait retrouvé l'ancienne, qu'elle avait négligemment fourrée dans un tiroir, se disant qu'au moins, la nouvelle ne périmerait pas aussi vite.

L'ancienne carte n'était plus dans le tiroir, où elle conservait aussi un peu d'argent liquide des pays qu'elle avait visité (aux dernières nouvelles : la France, bien sûr ; l'Angleterre ; les USA ; l'Inde ; la Chine ; le Japon bien entendu ; et enfin le Brésil), des tickets/cartes de transports des différents pays et nombres d'autres souvenirs de ses voyages et de sa vie.

« Nee-chan ? s'inquiéta Alice. Tout va bien ?

- Alice… ? »

La plus jeune des deux sursauta au bout du fil.

« Oui ? demanda-t-elle prudemment.

- Ne bouge surtout pas. J'arrive tout de suite. »

Et Kushina raccrocha. La cadette se demanda un instant pourquoi le ton de sa sœur avait résonné avec plus de rage que de peur, soudainement.

Alice frissonna, et ce n'était pas dû à la fraicheur de cette nuit d'octobre.

Elle avait un mauvais pressentiment.


Elle allait la tuer !

« Alice ! rugit Kushina en descendant du scooter et en soulevant la visière de son casque. Viens ici, tout de suite ! »

La jeune fille rousse, à moitié endormie sur le banc de l'abri de bus, sursauta. Elle dévisagea sa sœur avec surprise, avant de se diriger vers elle, un sourire aux lèvres.

« Nee-chan ! » dit-elle.

Sa sœur lui enfonça un casque dans le ventre.

« Monte. »

Ses yeux brûlaient d'une lueur inquiétante, et Alice préféra fermer sa grande gueule à double tour et obéit, s'accrochant à la taille de son aînée.

« Qu'est-ce qu'il se passe ? » osa-t-elle tout de même demander.

Mais, face au mutisme de sa sœur, elle s'enfonça elle aussi dans le silence jusqu'à ce que les deux filles arrivent à l'appartement de l'aînée.

La cadette possédait bien un appartement, elle aussi, mais il était trop loin, dans la banlieue de Konoha pour se rapprocher de son université. A l'inverse du Kassy's Night-Club, dans le centre, à quinze minutes en moto de l'endroit où vivait Kushina.

Kushina tremblait de rage en montant les escaliers, et se retenait de toutes ses forces de ne pas taper des pieds pour se défouler : il était presque trois heures du matin et, si ses voisins étaient gentils, ils n'allaient pas la rater pour un coup pareil.

En entrant dans l'appartement, Alice écarquilla les yeux en voyant des chaussures et un manteau qui n'appartenaient pas le moins du monde à sa sœur.

« Quelqu'un est là ? demanda-t-elle, effrayée à l'idée d'avoir interrompu une soirée romantique entre sa sœur et un homme quelconque.

- Fugaku-chan est là.

- Vous… »

Alice s'arrêta, frappée. Alors c'était pourquoi sa sœur paraissait si en colère ? Parce qu'elle avait interrompu un moment romantique avec Fugaku. Oh merde !

« Je l'ai invité, avec d'autres amis, pour dîner, continua Kushina. Il a un peu trop bu, donc il ne peut pas reprendre la route. Il dort dans la chambre d'amis. C'est pour ça que j'ai pu prendre son scooter pour venir. »

Ah, songea Alice, déçue. Simple soirée entre amis, alors…

« Donc ne fait pas de bruit, termina l'aînée en foudroya sa sœur du regard. Compris ? »

Alice, qui s'apprêtait à envoyer ses chaussures bouler dans l'entrée, arrêta son geste, et enleva précautionneusement ses bottes pour les poser touuuuut doucement par terre.

« Compris », chuchota-t-elle, un peu effrayée par l'aura de colère qui se dégageait de sa sœur.

Celle-ci tendit la main. Surprise, Alice s'apprêtait à la prendre, lorsque Kushina lâcha d'un ton polaire :

« Donne.

- Hein ? fit très intelligemment Alice. De quoi tu parles ?

- Tu sais très bien de quoi je parle. Rends. La. Carte. »

Et meeeeerde ! songea Alice, dont le visage perdit soudain quelques couleurs.

« Nee-chan, dit-elle, maudissant sa voix de trembler. D-de quoi tu parles ? »

Ce faisant, elle essaya inconsciemment de cacher son sac derrière son dos. Kushina le lui arracha des mains, farfouilla dedans quelques secondes, et en ressortir un petit rectangle plastifié qui signifiait tant de choses, libertés comme interdits.

Le sang déserta le faciès de l'aînée, et sa cadette recula, tremblante, devant l'aura meurtrière qu'elle dégageait. Des cheveux pouvaient-ils défier la gravité et voler au gré d'un vent qui n'existait pas ? Visiblement oui, et les tous les poils d'Alice, cheveux compris, se dressèrent sur son corps. Elle se mit à bafouiller excuse sur excuse, sans se soucier de leur sens, mains en avant dans un vain espoir de défense.

Je suis morte, songea la jeune fille avec désespoir, quoique surprise de ne pas en ressentir plus. Adieu papa, adieu maman. J'ai été heureuse avec vous, je…

Choc !

L'instant d'après, ses yeux papillonnaient. Sonnée, elle se rendit compte qu'elle était en position allongée, le haut de son corps soutenu par quelque chose de mou.

Ses joues la cuisaient, tout comme l'arrière de son crâne. Il faisait jour. Elle était adossée à un oreiller, dans une chambre lumineuse que son esprit embrumé ne reconnut pas.

« HEEEEIIIIIIIN ? »


Lexique :

1_ Americano : Cocktail rougeâtre, à base de vermouth rouge (vin rouge aromatisé et plus fort que le vin rouge normal ; ex : Martini, Cinzano…), de campari et d'eau gazeuse ; on l'agrémente d'une rondelle de citron ou d'orange

2_ Blue Lagon : Cocktail d'un joli bleu fait avec de la vodka, du curaçao (liqueur des Antilles Néerlandaise, composé de petites oranges vertes et/ou amères) bleu et de jus de citron, dont un zeste décore le verre

3_ Piña Colada : deux doses de rhum, blanc et ambré, associé à du jus d'ananas et du lait de coco composent ce cocktail blanc ; on décore d'une cerise confite et de tranches de fruits (ananas, généralement)

Alors ?

J'ai donné à Alice un plus grand rôle que je ne le pensais au début. Ainsi, une porte reste ouverte : doit-t-elle rester personnage secondaire, plus ou moins sympathique, mais remplaçable, ou alors lui permettre de s'introduire plus profondément dans l'histoire d'amour entre Minato et Kushina ? A vous de choisir.

Autre chose : à l'instar de Kuroe Shizen, je suis en vacances ! (OUAIS !). Mais, pour une raison de lieu de villégiature sans réseau ni ordinateur (je souffre ! TT_TT), je ne serais pas en mesure de poster un chapitre la semaine prochaine, ni celle d'après, et le prochain risque d'être assez court. Désolée pour ça !