Hello !
Je sais, je sais, j'ai pris un retard monstre. Mais, en voyant la taille du chapitre que j'avais pondu (une page et-demi, sérieusement !), j'ai décidé de prendre mon temps pour en faire un plus long, et d'inclure plus de choses que je n'en avais prévu à l'origine (11 pages Word, et plus de 5600 mots, c'est assez ?).
Comme le précédent (et pour la même raison), ce chapitre n'est pas corrigé, et sera donc updaté lorsqu'il aura subi le regard impitoyable de ma bêta.
Je remercie les reviewers (Antha, Arya et un autre Ghuest) d'avoir répondu à ma question, et déclare que j'ai décidé de faire un compromis, à moins que quelqu'un d'autres ne se déclare en faveur de l'une, ou l'autre des propositions (je rappelle la question : Alice doit-elle rester un personnage secondaire, ou au contraire, peut-on lui permettre de prendre plus de place ?).
Enfin, je réponds à Arya : Merci beaucoup !
XD Oui, pauvre Minato, pauvre, pauvre petit blondinet maltraité par la méchante rousse ! ;) Il s'est fait avoir, sur ce coup-là. Enfin, il va la revoir, sa Kushina !
Comme seulement deux personnes ont répondu à ma question, je vais attendre d'avoir d'autres avis avant de me décider de façon définitive. Même si j'aime bien torturer ma petite Alice. 3D
Contente que tu aimes mon Fugaku. C'est vrai, ça, pourquoi serait-il toujours présenté comme un bout de glace pas plus utile qu'un kunaï en plastique ? On ne nous le présente pas tant que ça, dans le manga, et je me suis dit que de le voir sous un autre jour que son henge-banquise ne nous ferais pas de mal, pas vrai ?
Merci, bonne (fin de) vacances à toi aussi, du coup ! 3
Bonne lecture.
Alice paniqua. Si la forme de la pièce lui était familière, elle ne reconnaissait ni son ameublement, ni les couleurs et, l'alcool de la nuit dernière n'aidait pas à accélérer ses fonctions cognitives au réveil.
Le cœur battant, elle tenta de se remémorer sa soirée. Celle-ci était floue et, si elle avait quelques souvenirs éparts, des gouffres sans fond constellaient sa mémoire.
Il y avait un barman. Horrible, vraiment. La peau presque bleue, immense… laid. Il était vraiment effrayant.
Elle avait parlé avec un inconnu. Cheveux blonds, yeux bleus, plutôt mignon. L'homme lui avait paru familier. Comment s'appelait-il déjà… ? Lui avait-elle seulement demandé son nom ? Elle ne s'en souvenait plus. Elle n'avait pas beaucoup bu, mais son corps n'y était pas habitué.
Elle plissa les yeux. Le type était partit très tôt dans la soirée. Enfin tôt… de son point de vue. A quelle heure était-elle sortie, déjà ? Elle se rappelait d'être montée sur une moto, et puis…
Cri étouffé.
La panique reflua un bref instant, avant de revenir. Avec des renforts.
Un flot de pensées incohérentes se déversa dans son esprit.
Oh mon dieu ! Je suis montée sur la moto d'un inconnu qui m'a droguée et violée avant de m'enfermer dans cet appartement dans le but de me séquestrer et violer à vie !
« Nee-chan », gémit-elle, terrorisée, des images tirées des trop nombreux films d'horreur qu'elle avait regardé défilant devant ses yeux.
Elle se recroquevilla sous la couverture, imaginant son tortionnaire qui, curieusement, prenait les traits du barman et du type blond réunis. Elle crut qu'elle allait vomir.
Quelqu'un toqua à la porte, et elle dut retenir un cri. La jeune fille alla se cacher sous ses draps.
« Li-chan ? demanda une voix féminine. Tout va bien ?
- Nee-chan ! »
La porte s'ouvrit en grand, laissant apparaître le visage inquiet de son aînée et de Fugaku, derrière l'épaule de Kushina. Alice bondit pour se ruer vers eux.
« Nee-chan ! Fugaku-chan ! »
Les jeunes adultes réceptionnèrent l'adolescente avec surprise, et lui caressèrent les cheveux et les épaules, comme quand elle était petite, le temps que les battements de son cœur se calment.
« J'ai faim. »
« Tiens, soupira Fugaku en tendant un verre et un cachet d'aspirine à la jeune fille.
- Merchi, répliqua celle-ci, occupée à dévorer un vigoureux petit-déjeuner. »
Ou plutôt un brunch, vu l'heure avancée de la journée et des éléments présents sur la table.
Œufs brouillés côtoyaient tartines et fruits ; des assiettes de lamelles d'avocat et de jambon se tenaient près des pots de confiture et de chocolat.
L'homme soupira, et s'assit à son tour à la table préparée par Kushina, et goûta aux plats qui, quoique simples, semblaient avoir un goût différent lorsque c'était la rousse qui les avait cuisinés.
Cette dernière, assise en face de sa sœur, mangeait à peine, silencieuse, et le brun s'en inquiéta.
« Tout va bien, Kushina ? demanda-t-il, et il tressailli lorsque la rousse se tourna vers lui, un étrange sourire aux lèvres.
- Oui, oui, bien sûr ! rit-elle. Tiens, mange, ajouta la jeune femme en lui tendant un toast beurré. J'ai cru comprendre que tu n'avais pas vraiment le temps de cuisiner, chez toi. »
Le brun sourit. Il était vrai que, depuis qu'il avait commencé ses études, il avait rarement le temps de souffler, et en réservait un maximum pour voir la rousse. Ce faisait, il n'avait pas trop le temps de passer en cuisine et, de toute façon, il n'était pas exactement ce qu'on pouvait appeler un cordon bleu. Plutôt l'inverse, en fait. Pour preuve, il était capable de rater un plat au micro-onde, alors quelque chose qu'il était censé faire seul ? La seule pensée d'une telle initiative de sa part, et des conséquences l'unique fois où il s'était essayé, le fit frissonner. Plus jamais il ne remettrait ça. Jamais. Il échangea un sourire avec Kushina qui, il le savait, avait suivi le même cheminement de pensées que lui. A la différence près que ça la faisait rire.
Le petit-déjeuner fut silencieux ou presque, ponctué d'expressions de plaisir et d'onomatopées appréciatives de la part des deux convives.
Kushina resta silencieuse. Les yeux rivés sur son assiette désormais vide, elle se mordait la lèvre inférieure avec suffisamment de force pour manquer de la faire saigner, et jouait nerveusement avec ses couverts.
Un tas de questions trottaient dans sa tête. Depuis que sa sœur s'était littéralement effondrée de sommeil dans son entrée, se cognant plutôt fortement la tête au passage, elle ne savait pas si elle devait se sentir en colère ou inquiète.
Alice lui avait tout de même volé sa carte d'identité, bon sang ! Pour aller en boîte, boire de l'alcool alors qu'elle n'avait ni l'âge, ni la maturité. Une pensée la fit trembler : et si Alice n'avait pas eu l'idée de l'appeler, qu'aurait-elle fait alors ? Aurait-elle suivit un inconnu ? Serait-elle restée seule dans la rue glacée ?
Des tas et des tas de sénarii, tous catastrophiques, défilèrent devant ses yeux, et elle abattit violemment son couteau sur la table, faisant sursauter les deux autres. Sans regarder sa sœur, elle se leva, adressa son sourire le plus enjoué à Fugaku, et dit :
« Vous me passez vos assiettes ? »
Le soulagement envahi le cœur d'Alice lorsque, son sac à la main, elle crut pouvoir échapper à sa sœur, sans nul doute, attendait le bon moment pour lui passer un savon mémorable.
Elle était sur le point de tourner la poignée lorsque la main de Kushina se fit sentir sur son épaule. Légère, et pourtant si lourde de conséquences.
« Tu pars déjà ? fit la voix, faussement désolée, de l'aînée. Je croyais que tu allais pouvoir accorder un peu de temps à ta nee-chan ! »
Ce faisant, elle jouait avec la tresse que s'était faite la jeune fille, comme lorsqu'elles étaient enfants. Ce geste détendait habituellement Alice mais, cette fois-ci, il la fit se tendre. Sa sœur était furieuse. Vraiment furieuse et, bien que son visage ne montrât rien, la cadette pouvait le voir dans l'éclat sombre de ses yeux, et la tension dans ses épaules et ses bras.
Crispée, Alice fit de son mieux pour imiter les talents de comédienne de son aînée et, lâchant son sac, alla s'installer dans l'un des confortables fauteuils du salon.
« Je ne voulais pas te déranger dans ton travail, dit-elle. Comme tu as demandé à Fugaku de partir… »
La rousse avait en effet prié son ami de rentrer chez lui. Le brun, pas dupe, avait souhaité bonne chance à Alice au passage, avec un air compatissant qui avait fait craindre à la jeune fille le pire.
Le sourire rayonnant de Kushina se fana lorsque la rousse, prenant place dans le canapé en face d'elle, se pencha d'un air sombre.
« Maintenant, exigea-t-elle, la voix dangereusement basse, j'aimerai savoir ce qui t'es passé par la tête. »
Le dos raide, les mains moites, les muscles tendus, prête à s'enfuir à tout moment, Alice songea qu'elle était prise au piège.
Et qu'elle allait passer un sale quart d'heure.
Mikoto attendait Kushina depuis dix minutes déjà, et son portable affichait qu'il était midi cinquante-cinq, soit vingt-cinq minutes à ajouter à leur heure de rendez-vous habituelle. Elle était pourtant quelque peu en retard, et la rousse mettait un point d'honneur à être ponctuelle.
Inquiète, la brune vérifiait une énième fois son portable, cherchant un message qui n'existait pas, et qui expliquerait les raisons du retard de son amie. Elle s'était assise au bar, et avait commandé une boisson en attendant.
La place désignée des deux jeunes femmes lorsqu'elles allaient à Ichiraku était située juste à côté d'une fenêtre, donnant sur une adorable cour intérieure dans laquelle le gérant plaçait quelques tables l'été. Normalement, les deux amies se battaient pour avoir la place donnant sur la courette, mais cette fois, Mikoto avait laissé de libre ladite place : les gens préféraient manger à deux, une place seule ne les intéresseraient pas. C'est pourquoi Mikoto gardait la place d'un œil plutôt distrait, le nez plongé dans son livre.
Quelqu'un vint pourtant s'installer à la place ainsi réservée, et commanda sans plus attendre un plat de nouilles. Furieuse, Mikoto releva vivement la tête pour demander, plus ou moins poliment, à l'intrus de partir, lorsque qu'elle reconnut la personne en face d'elle.
« Désolée du retard, Mikoto ! »
La rousse avait relevé ses cheveux en deux petits chignons de chaque côté de sa tête, et portait une salopette tachée de peinture, sur un vieux T-shirt et des baskets plutôt abîmées.
Son visage était dépourvu de la légère couche de maquillage qu'elle mettait d'habitude pour sortir, et elle semblait fatiguée.
« K-kushina ? balbutia la brune, sous le choc de la voir ainsi. Qu'est-ce qui t'est arrivé ?
- Ah ! c'est les habits, c'est ça ? Oui, désolé, un ami m'a demandé un service au tout dernier moment, et j'ai quelque peu oublié l'heure…
- Un… service ?
- Pour repeindre une salle. Son frère s'est désisté, alors il m'a appelé en catastrophe pour me demander si j'étais libre. Comme je n'avais rien à faire de ma matinée, j'ai accepté. »
C'était plus ou moins la vérité : trois jours après avoir passé un sacré savon à Alice, Kushina ne parvenait pas à sortir sa cadette de son crâne. Cette dernière était partie, le dos raide d'indignation de se faire encore traiter comme une enfant, sur une parole qui avait blessé le cœur de l'aînée. En y repensant, la jeune femme se recroquevilla sur elle-même, et tenta, en vain, de la chasser de son esprit une nouvelle fois.
Ça n'en vaut pas la peine, chercha-t-elle à se convaincre. Elle va finir par revenir, et s'excuser…
« Kushina ? Il y a un problème ?
- Non, c'est bon, murmura la rousse. Je me suis juste disputée avec ma sœur…
- Oh non ! s'écria son amie. Qu'est-ce qu'elle a fait, encore ?
- Rien du tout, selon elle, ironisa Kushina. Elle est juste allée faire la fête en boîte et boire de l'alcool !
- Mais… quelle âge elle a ? demanda la brune, confuse. Si elle a vingt ans, elle est majeure…
- Dix-huit !
- Hein ?
- Elle a dix-huit ans, corrigea l'héritière, amère. Elle m'a volé mon ancienne carte d'identité. »
Mikoto resta sans voix, choquée. Cette gamine était inconsciente !
« Sale gosse ! lâcha-t-elle, avant de plaquer une main sur ses lèvres. Oh, désolé Kushina ! Je ne voulais pas…
- Pas grave. Tu as raison, de toute façon. C'est une sale gosse… »
Sur ce, elle avala son bouillon brûlant cul-sec. Le liquide lui brûla la langue et la gorge, mais elle s'en fichait. Elle était de nouveau en colère, et éprouvait le besoin pressant de fracasser quelque chose. Elle manqua d'ailleurs de casser son bol en le reposant violemment sur le comptoir, et en commanda un autre d'une voix forte qui lui attira nombre de regards étonnés.
Mikoto attendit que le restaurateur les eût servies pour se remettre à parler :
« Au fait, dit-elle, j'ai un rendez-vous bientôt… J'aimerai m'acheter quelque chose, pour l'occasion. Tu veux venir ?
- Pourquoi pas ? sourit enfin la rousse.
- Après déjeuner ? »
Kushina considéra son amie. Elle n'était pas vraiment dans l'humeur pour du shopping, mais cela la détendrait peut-être…
« Si tu me laisses le temps de me changer, c'est d'accord ! »
L'appartement de Kushina, non content de se trouver dans un quartier très prisé proche du cœur de la ville, était immense. Etendu sur deux étages, il possédait une immense cuisine ouverte sur un superbe salon, un bureau qui servait aussi de chambre d'ami et une salle d'eau au premier, ainsi que deux chambres, une autre salle d'eau et une dernière chambre d'ami au second.
Assise dans le salon, les yeux écarquillés, Mikoto fixait ce qui l'entourait, impressionnée. Elle était habituée à la richesse, son père était un PDG millionnaire, après tout. Seulement, Kushina avait fait cela toute seule : elle avait refait tout l'appartement elle-même après l'avoir acheté, et elle n'osait imaginer tout le travail et le temps que ça avait dû demander.
Bien sûr, elle avait pu profiter de l'aide de ses amis, mais c'était juste tellement…
« Génial, murmura la brune, comme Kushina déposait un verre d'eau sur la table basse.
- Hm ? interrogea cette dernière, portant un autre verre à ses lèvres.
- Tu as vraiment fait ça toute seule ?
- Pas toute seule, quand même ! J'avais mes amis, avec moi ! Et puis, j'ai quand même dû embaucher un architecte. Pour refaire un tel appartement, il faut faire valider les plans par un professionnel, qui surveille le projet de loin.
- Mais… pour quoi faire ? s'étonna Mikoto.
- Histoire qu'on ne défonce pas un mur porteur par erreur, sourit la rousse. Ç'aurait été bête que le plafond s'effondre sur nos têtes, pas vrai ?
- Ç'aurait été très bête, acquiesça la brune, amusée.
- Bon, on y va ?
Mikoto hocha la tête. L'héritière ayant changé ses vieux vêtements contre une tenue un plus conventionnelle, les deux femmes prirent la décision d'aller dans un complexe commercial flambant neuf dans la banlieue de Konoha qui, à défaut d'être le plus grand, offrait tout de même un choix de restaurants de qualité qu'elles comptaient bien essayer.
Elles se retrouvèrent ainsi à commenter des robes, des bijoux, des chemisiers, des pantalons, et toutes sortes de vêtements et d'accessoires avec entrain. Elles ne comptaient pas tout acheter, bien sûr, mais il n'empêchait que la brune ne parvenait à choisir entre deux tenues, et que la rousse avait finalement craqué pour une veste.
Une glace et un cadeau de la part de Kushina plus tard, les deux amies dinaient en terrasse. Mikoto étira ses jambes douloureuses avec un soupir de contentement.
« Ça faisait longtemps que je n'avais pas eu une telle après-midi ! commenta-t-elle.
- Hm ! approuva Kushina, la bouche pleine. »
Elle voulut ajouter quelque chose, mais Mikoto se contenta de rire.
« Avale d'abord !
- On va remettre ça, pas vrai ? lâcha la rousse après avoir obtempéré.
- Pourquoi pas ? sourit la brune.
- Dans deux semaines ? proposa Kushina.
- Dans deux semaines… tu m'as collé un stage d'un mois qui commence la semaine prochaine, tu te rappelles ? »
Kushina se maudit intérieurement. Elle oubliait souvent que Mikoto était aussi son employée, et une novice qui suivait son programme de formation à la grande restauration. Programme qui, quoiqu'efficace, et qui permettait de gagner rapidement de l'expérience à plusieurs postes en cuisine et en salle, rognait beaucoup sur le temps libre de ceux qui le suivait.
« La semaine prochaine, alors ? » dit-elle avec espoir.
Elle avait vraiment envie de passer plus de temps avec Mikoto. Et cette après-midi avait été si distrayante, si amusante, qu'elle voulait recommencer, tout de suite.
Kushina n'avait jamais eu beaucoup d'amis, même si elle s'entendait bien avec plusieurs personnes : si Fugaku n'était pas là, elle n'aurait que deux amis. Lui et Mikoto. Elle détestait parler au téléphone, et n'était pas douée pour un garder contact régulier.
Et si les autres ne faisaient pas autant d'efforts pour moi, je serais bien seule, aussi… songea la rousse, qui appréciait lesdits efforts à leur juste valeur.
« Désolée Kushina, soupira Mikoto. Mais je comptais garder un peu de temps pour mon petit-ami, la semaine prochaine. »
Les yeux de la rousse s'écarquillèrent. Elle bondit presque sur la table.
« Tu as un petit-ami ? Depuis quand ? Comment il s'appelle ? Comment vous vous êtes rencontrés ? Où ? Est-ce que vo…
- Doucement, doucement, rit la brune.
- Alors ? la pressa son amie. Raconte !
- Hm… commença Mikoto, qui s'amusait de l'impatience de l'autre. Je l'ai rencontré il y a quatre mois à l'hôpital.
- L'hôpital ? Plutôt bizarre, comme lieu de rencontre.
- Tu peux le dire ! ricana la brune. Il est interne en pédiatrie. Je surveillais le fils d'une amie au parc, lorsque cette espèce de pile électrique est montée sur une attraction trop grande pour lui – il a quatre ans, il en fallait au moins six pour monter dessus – et s'est cassé le bras en tombant. Je l'ai conduit à l'hôpital en catastrophe, et c'est l'interne qui l'a pris en charge. Pendant que la mère arrivait, il m'a expliqué ce que le petit avait, m'a rassurée, etc, etc. Il a calmé Yuki, la mère du petit, et c'est grâce à lui que je suis encore vivante, à vrai dire. Je suis sûre qu'elle m'aurait tué pour ce qui est arrivé à son fils. Elle était furieuse ! Elle m'en veut toujours un peu, d'ailleurs, mais comme Deidara a semblé ravi d'avoir un plâtre, et qu'il m'adore, elle a fini par fondre. Tu l'aurais vu, il était si fier de son plâtre ! Il avait hâte que ses copains dessinent dessus, il m'a supplié d'écrire mon nom dessus. »
Kushina ne put s'empêcher de rire, imaginant sans peine l'enfant surexcité, ravi de sa blessure de guerre. Mikoto avait un sourire tendre en parlant de lui.
« J'étais là, lorsqu'on a dû lui enlever son plâtre, continua-t-elle. Il était en larmes, mais tout de même content de récupérer l'usage de son bras. C'est là que je l'ai revu pour la seconde fois. Il finissait son service, et il m'a reconnue. Il m'a demandé des nouvelles du petit, l'a taquiné un peu en le voyant et, de fils en aiguille, on a fini à la terrasse d'un café, à parler comme deux vieilles connaissances tout le deux. J'étais curieuse de connaître son travail, et lui voulait en savoir un peu plus sur mes études. Je finissais ma deuxième année, comme tu le sais, et je lui ai fait part de mes espoirs de trouver un travail rapidement. C'est lui qui m'a dirigé vers ta chaîne, d'ailleurs : il disait qu'une année dans l'un de tes restaurants équivaut à cinq ans d'expérience dans un cinq étoile, et que tu acceptais volontiers les novices. On a échangé nos numéros, nous sommes revus plusieurs fois et, finalement, il m'a demandé de sortir avec lui, il y a deux semaines. »
Ses yeux brillaient, et Kushina ne put s'empêcher de s'attendrir devant son sourire.
« Tu es amoureuse, donc ?
- Je ne sais pas, avoua la brune. Mais je suis attirée par lui, ça c'est sûr. Tant physiquement que mentalement et, si je ne l'aime pas encore, je sais que je finirais par tomber amoureuse de lui. Il est tellement… parfait ! s'extasia-t-elle.
- La perfection n'existe pas ! se moqua son amie. Il a forcément un défaut… il suffit de trouver lequel. Oh, je sais ! Il pisse toujours à côté de la cuvette !
- Kushina ! râla Mikoto. Ne raconte pas n'importe quoi, s'il te plait.
- C'est une femme déguisée en homme, alors !
- Kushina !
- Quoi ? rit l'autre.
- Arrête de dire des âneries et, pour ta gouverne, je confirme que c'est un homme.
- Oooh ! fit la rousse, les yeux gourmands. Vous avez déjà couché ensemble ? C'est du rapide, dit donc !
- Kushina… gémit Mikoto. Non, je n'ai pas déjà couché avec lui. Je l'ai surpris sous la douche, c'est tout. »
A la lueur présente dans le regard de son amie, elle sut qu'elle n'aurait jamais dû dire ça.
« Tu as QUOI ?
- Je sais, tenta de se justifier la brune. C'est cliché, hein ?
- Non, non, on s'en fiche que ça ait l'air cliché ! Comment est-ce arrivé ?
- En gros, je l'avais invité à prendre un verre chez moi. C'était avant qu'on se mette en couple, prévint-t-elle avant que Kushina ne reparte dans un délire, et il pleuvait des cordes. Sérieux, j'avais l'impression qu'on déversait des seaux d'eau sur mes fenêtres. J'ai voulu l'appeler pour qu'il reste chez lui, mais ce crétin était déjà sous ma porte, trempé jusqu'aux os. Je lui ai proposé de prendre une douche pendant que m'occupais de faire sécher ses habits. C'est quand il m'a appelé pour que vienne les prendre que je l'ai vu. Il n'a aucun sens de la pudeur, ce type. Il était debout, au milieu de la salle de bain, me tendant ses habits trempés, et me regardait comme s'il ne comprenait pas ma gêne.
- On dirait un de mes amis, s'exclama Kushina, amusée.
- Je pensais qu'il était déjà derrière le rideau de douche, moi, aussi, gémit la brune en cachant ses joues brûlantes du souvenir de l'évènement. Je n'ai jamais été aussi gênée de ma vie ! Et arrête de rire, toi ! siffla-t-elle à l'intention de son amie. Ce n'est pas drôle ! »
Mais la rousse était incapable de s'arrêter. Elle ne pouvait que très bien imaginer la tête qu'avait dû faire la pudique Mikoto (Kushina avait seulement découvert à quel point lorsqu'elles étaient allées au sentô ensemble).
« Et comment s'appelle ce prince charmant ? » s'enquit la rousse, une fois son hilarité calmée.
Le téléphone de Mikoto sonna au moment où elle s'apprêtait à répondre.
« Oh ! Excuse-moi un instant, fit-elle avant de le porter à son oreille. Allo ? Ah ! C'est toi ! Non, désolée, je suis en train de dîner avec une amie… mais je peux venir après, si tu veux ? »
La jeune femme souriait tellement, et avait un ton si tendre et excité à la fois que Kushina se demanda s'il ne s'agissait pas dudit petit-ami.
« Dans ce cas, je serais là vers neuf heures… on pourrait se retrouver à la boîte de nuit dont tu m'as parlé… le Kassy's Night-Club, c'est ça ? Oui, je me souviens où c'est… A toute à l'heure ! »
Elle raccrocha, les yeux brillants.
« Le Kassy's Night-Club ? Je connais aussi ! sourit Kushina. Il est plutôt populaire.
- Je l'adore, avoua la brune en vérifiant l'heure. Ça te dérangerais de me raccompagner chez moi, Kushina ? Ça ira plus vite qu'en transports.
- Du tout ! Je peux même t'accompagner au club, si tu veux. Ce n'est pas très loin de chez moi.
- Il faudra penser à y aller ensemble, alors ! commenta Mikoto. Non merci, ça ira. Il y a un bus en bas de chez moi qui me dépose juste devant. »
Kushina fit la moue.
« Mais j'aimerais bien le rencontrer, moi, ce petit-ami. Je suis sûre qu'il est adorable !
- Ce ne sera pas pour tout de suite, Kushina, la rembarra gentiment la brune. Je veux attendre un peu avant de le présenter à tout le monde, et il va faire pareil de son côté. »
La rousse fit semblant de bouder un moment, puis soupira. Elle arracha la promesse à son amie qu'elles passeraient du temps ensemble après le stage, et se séparèrent au pied de l'immeuble de la brune.
En rentrant chez elle, Kushina envisagea quelques minutes l'idée d'aller espionner son amie au Kassy's Night-Club. Elle voulait vraiment savoir qui était l'homme, dont Mikoto avait oublié de lui dire le nom d'ailleurs, et puis il s'agissait de son club préféré après tout, où elle connaissait tout le monde et où tout le monde la connaissait.
Néanmoins, la rousse se laissa tomber le canapé dans un soupir. Elle était fatiguée. L'épisode avec sa sœur avait terminé de l'achever après des mois sur les chapeaux de roues au restaurant, et sa mère insistait pour qu'elle se case enfin ! Kushina avait sérieusement envie d'une pause. Elle caressa un instant l'idée alléchante de retourner en France pendant deux semaines, aller à la montagne faire du ski, toute seule dans un chalet de montagne, assise au coin du feu avec une tasse de chocolat chaud brûlant dans les mains après une journée passée sur les pistes. Un soupir d'envie s'échappa des lèvres de la jeune femme : c'était une vision du paradis. Malgré tout, les stations de ski n'ouvriraient pas leurs portes avant quelques mois, et il était hors de question qu'elle y aille pendant les vacances scolaires françaises.
Une nouvelle pensée traversa son esprit, la faisant sourire : elle ne tarderait pas à revoir Minato.
C'est sur cette pensée qu'elle s'endormit, tout habillée, sur son canapé.
Vérifiant une énième fois ses habits, Minato pénétra dans le luxueux établissement qui lui avait été indiqué plus de deux mois plus tôt. Il avait beau être en avance, il était sûr que Kushina l'était encore plus que lui, et cela le frustrait.
A quelle heure a-t-elle bien pu arriver ? se demanda-t-il en se hâtant vers la table où la demoiselle, sanglée dans une impeccable robe de soirée bleu nuit, les cheveux négligemment lâchés sur ses épaules, l'attendait. Un sourire se dessina sur ses lèvres en le voyant, et elle se leva pour l'accueillir.
« Bonsoir Minato, sourit-elle. Je suis contente de te voir.
- Bonsoir, Kushina, se contenta de répondre le blond. »
Sa phrase lui avait retourné l'estomac. Si elle savait…
Il avait, pour être franc, longuement hésité à se présenter à la soirée où il avait été invité. Il avait reçu de la part de Kushina, deux jours plus tôt, un mail contenant une invitation à une soirée très prisée qui avait lieu une fois par mois dans le plus bel hôtel de la ville.
Encore en colère contre le mauvais coup qu'elle lui avait fait, il avait tout d'abord pensé lui poser un lapin, et se planter au pied de son appartement pour, lorsqu'elle reviendrait, lui expliquer que, si elle voulait jouer, il était d'accord, mais selon certaines règles.
Finalement, il n'eut pas de quoi mettre son plan longuement réfléchi à exécution : il n'avait pas résisté à l'idée d'aller défier la rousse sur son propre terrain, et se retrouvait, assis en face d'elle, à déguster l'un des meilleurs repas de la ville sans même savoir ce qu'il mangeait exactement, comme submergé par la présence de Kushina. Son attention toute entière était tournée vers la jeune femme, et la même l'agréable musique dispensée par l'orchestre présent dans la salle ne parvint à l'en distraire. Il laissait l'héritière déposer dans son assiette maints plats et mets raffinés disponibles sur l'imposant buffet à sa guise, s'amusant parfois de la lueur joueuse dans ses yeux lorsqu'elle lui présentait un plat particulier, comme avec le poulet épicé à lui donner les larmes aux yeux, ou les forts fromages français.
« Allez, goûte ! insistait-elle en riant. C'est très bon, tu verras ! »
Il finit néanmoins par se prendre au jeu, et accompagna la jeune femme au buffet de desserts, malgré son estomac lourd et son trop-plein de goûts et de couleurs exotiques.
Ils revinrent à leur table, un plateau en main à partager, même si chacun avait choisi ce qu'il préférait de son côté.
Pour sa part, Minato comptait finir sur quelques pâtisseries traditionnelles japonaises qui, certes n'avaient pas trop leur place après un repas, mais qu'il appréciait à leur juste valeur, accompagnées du thé léger qu'il avait pris pour terminer le dîner.
Autant dire que son côté était bien peu fourni par rapport à celui de Kushina. Il ne savait pas où cette dernière mettait toute la nourriture qu'elle ingurgitait, elle n'avait pas cessé de manger depuis le début de la soirée, goûtant à tout, et avait encore assez faim pour attaquer une vaste représentation de desserts aux formes, aux odeurs et aux couleurs étonnantes absolument étrangers à son goût.
« Qu'est-ce que c'est ? » demandait-il à chaque fois qu'elle entamait une nouvelle pâtisserie.
Il finit par comprendre que la plupart étaient français et que, si la rousse appréciait les goûts de la cuisine japonaise, elle préférerait toujours la saveur des desserts de ce pays que Minato n'avait jamais visité, et dont sa connaissance se résumait à une vague image de la Tour Eiffel.
Il écouta la rousse commenter chaque plat encore un peu, avant de se lancer :
« Je peux goûter ? »
Kushina lui lança un regard étrange.
« Je croyais que tu n'avais plus faim ? lança-t-elle en désignant la pâtisserie à moitié mangée posée sur le bord de l'assiette du blond.
- C'est le cas. Juste, tu as l'air de tellement les apprécier que je me demande quel goût ça a. »
Il désigna le gâteau carré, de toute évidence au chocolat, qu'elle venait de placer devant elle.
« C'est un opéra, dit-elle, l'air de s'attendre à une réaction, quelle qu'elle soit. Un opéra, insista-t-elle en voyant qu'il ne s'opérait pas le déclic qu'elle attendait.
- Un… quoi ? »
Kushina soupira, et lui tendit son assiette.
« Un entremets, mais je le considère plus comme un dessert. Tout le monde en a déjà mangé au moins une fois, en France.
- Entremets ? répéta Minato, perdu. »
La rousse se contenta de sourire, et lui tendit le plat avec insistance.
« Goûte, plutôt que de jouer aux perroquets ! » grogna-t-elle.
Minato ne le lui fit pas dire deux fois. Ignorant le mot inconnu, il attrapa – à la grande surprise de cette dernière – la fourchette que Kushina s'apprêtait à porter à sa bouche, et la mit dans la sienne, un sourire moqueur aux lèvres, qui disparut dès que le dessert eût touché sa langue et son palais.
C'était… sucré. Doux, moelleux, fondant et croquant tous à la fois. Le chocolat, le café, se mélangèrent en une somptueuse association. L'amertume du chocolat noir et de l'arôme du café soulignaient la perfection de leurs saveurs.
« Alors ? demanda Kushina, le reflet du sourire qu'il avait arboré quelques secondes plus tôt sur les lèvres. C'est bon ?
- Très, souffla Minato en reposant la fourchette. »
La jeune femme sourit, victorieuse, avant de se lever
« Où vas-tu ? s'inquiéta le blond, méfiant.
- Chercher une cuillère. Je ne vais pas pouvoir manger la glace à la fourchette. »
Ce faisant, elle désigna la boule de glace à la vanille qu'elle avait choisi pour accompagner ses desserts (ou entremets, Minato ne savait pas quelle était la différence, si différence il y avait). Inconsciemment, il avait cherché à la retenir, tendant le bras pour cela, et il se donna contenance en saisissant le petit gâteau japonais posé sur son assiette et en mordant dedans.
Il regrettait déjà le goût et les saveurs flamboyantes du dessert français.
La soirée ne se terminait pas après le repas, loin de là. Ce dernier était suivit par un ou plusieurs spectacles selon l'évènement, pendant lesquels on pouvait parfois danser. C'était le cas de cette fête, et Minato entraina une Kushina surprise sur la piste de danse.
« M'accorderez-vous cette danse, mademoiselle ? souffla le blond.
- Voyons, Monseigneur, je suis déjà fiancée, plaisanta Kushina. »
Ravi, Minato pris la perche que lui tendait la rousse.
« Quel dommage, moi qui pensais pouvoir le devenir.
- Mon cœur est déjà pris, Seigneur !
- Et le mien saigne ! se lamenta le blond, portant une main à sa poitrine avec une grimace comique. Vous avez, cruelle, trouvé l'amour dans d'autres bras que les miens !
- Ô, Seigneur, mon cœur souffre aussi.
- N'aimez-vous donc pas l'homme à qui on vous destine !
- Oh, bon Dieu, non ! C'est un vieux pervers du nom de Jiraya !
- Pauvre de vous… préférez-vous donc mes bras à ceux de votre futur mari ?
- A vous de me le dire, Monseigneur… »
Mut par une poussée incontrôlable, Minato se pencha soudain, et déposa un baiser sur les lèvres de la jeune fille. Les yeux de celle-ci s'écarquillèrent.
« Voleur » se moqua-t-elle.
Le blond haussa les épaules d'un air désabusé.
« Voleur, peut-être, mais voleur heureux, dans ce cas. »
Cette fois, ce fut au tour de Kushina de se hausser sur la pointe des pieds (pourquoi devait-elle être si petite, bon sang de bonsoir ?!) et d'embrasser son compagnon.
« Et puis, continua celui-ci, un sourire aux lèvres, si la victime est consentante, ce n'est plus un vol, n'est-ce pas ?
- Je ne crois pas, fit Kushina, lui rendant son sourire. A toi de me le dire. »
Et Minato l'embrassa de nouveau. Ils continuèrent leur petit jeu un moment, avant de profiter de la musique, et de la sérénité de leurs pas de danse.
Et, tout au long de la soirée, le blond se montra tout particulièrement dévoué envers la jeune femme qui, pas dupe, appréciait pourtant sa prévenance. Il n'allait pas la lâcher d'une seule semelle, la rousse le savait et, si cela signifiait que son petit jeu était terminé, cela signifiait également qu'une autre phase venait de s'enclencher : celle de la séduction mutuelle.
Kushina sentit un délicieux frisson d'excitation descendre le long de son dos : elle ne jouait plus seule, désormais. Cette pensée l'exaltait, et lui donnait envie de sortir un peu les griffes, à la manière d'un chat qui ne distinguait plus la frontière entre jeu et attaque. Mais pas maintenant. Cette soirée était déjà assez agréable comme ça, et elle ne voulait pas la gâcher en voulant aller trop vite.
Tout comme le temps, d'ailleurs. L'héritière aurait aimé pouvoir le retenir entre ses doigts, faire durer cet instant un peu plus longtemps. Loin de ses soucis, loin d'Alice, loin de ses responsabilités.
Mais le temps est ainsi fait qu'on peut lui courir après autant qu'on le souhaite, on ne le rattrapera ni l'arrêtera jamais.
Aussi, Kushina soupira de déception en entendant sonner les douze coups de minuit annonçant la fin de la soirée.
Comme dans Cendrillon… ne put s'empêcher de penser la rousse, et l'idée de s'enfuir, telle la princesse du conte, hors des bras de son amant la séduisit un instant.
Mais elle la chassa bien vite et, au lieu de cela, se coula dans les bras de Minato.
« Tu me raccompagnes ? » sourit-elle
Minato haussa un sourcil, et lui vola un nouveau baiser.
« Volontiers. »
Lexique :
Sentô : au Japon, un bain public en intérieur il ne s'agit pas de sources thermales naturelles, au contraire d'un onsen
Opéra : je le rappelle pour ceux qui ont du mal à se souvenir de ce que c'est (même si je me doute que tout le monde, ou presque, connait D)mais l'opéra est un gâteau au chocolat et au café, composé d'une succession de biscuits il porte l'appellation « entremets » (plat sucré servi entre deux autres), mais est aujourd'hui considéré comme un dessert
Concernant les italiques dans le dialogue : il s'agit de mots prononcés en français (l'histoire étant située au Japon, le dialogue a lieu en japonais, je le rappelle) par Kushina.
Alors ? :)
