Bonjour tout le monde !

Oui, je sais, je n'ai pas tenu le délai d'une semaine que j'essayais de suivre au cours des vacances. Mais devinez ce qu'il s'est passé ces deux dernières semaines ?

Eh oui ! La rentrée ! Et qui dit « rentrée », dit travail ! Je ne peux plus qu'écrire les weekends, entre deux pages de devoirs et de révisions.

Désormais, j'essaierai de publier un weekend sur deux ou, au pire, sur trois.

Enfin, finissons avec les nouvelles déprimantes, et répondons aux reviews !

Anttha : Merci beaucoup !

Comment ça tu ne connais pas l'Opéra ? De quel monde viens-tu ? XD En tout cas, ravie de t'avoir appris quelque chose, et j'espère que tu auras l'occasion d'y goûter (et d'aimer, peut-être) bientôt ! D

Arya : Je suis contente que ça t'ai plu. ^^ Il fallait bien qu'ils se revoient un jour ou l'autre ! Minato et Kushina n'allaient pas en rester au premier rendez-vous, tout de même !

Zut, grillée ! XD D'un autre côté, c'était évident. ^^ Je pourrais essayer de faire un bonus à propos de cette scène, si tu veux.

Merci pour vos commentaires ! Et un grand merci pour me suivre ! 3

Bonne lecture~ !


Avec un grognement Alice reposa son crayon sur la table, et fixa la page autrefois blanche où elle mettait en pratique le cours qu'elle avait vu le matin même. Elle était raturée de partout, et la rousse ne parvenait pas à comprendre comment, ce qui lui avait semblé si simple en voyant le professeur faire, pouvait être aussi compliqué.

« Arrgh ! »

Le cri avait été poussé, rageur, tandis qu'elle renversait sa chaise et allait s'enfouir sous les couvertures dans un geste d'humeur.

« Alice ! protesta Kurenaï, sa colocataire. La chaise !

- On s'en fout ! grogna la jeune fille. J'y arrive pas !

- Et ce n'est pas en t'énervant que tu comprendras, soupira l'autre en remettant l'une de ses longues boucles noires derrière son oreille. »

La jeune femme vint gentiment secouer l'épaule d'Alice, qu'on devinait sous la couette.

« Allez, soupira-t-elle. Viens-là. Je vais t'expliquer.

- Nan ! »

La brune soupira, et leva au ciel ses beaux yeux carmin. Elle aimait bien Alice, vraiment, mais celle-ci avait un côté colérique et gâté qu'elle ne supportait pas. Et, depuis bientôt une semaine, la rousse était d'une humeur massacrante qui allait bientôt arriver au terme de la gentillesse et de la patience de sa colocataire, pour lesquelles cette dernière était pourtant connue dans tout le campus.

« Alice ! insista-t-elle pourtant. Allez, viens, je vais t'aider ! »

Etant en deuxième année, et ayant suivi les mêmes cours qu'Alice, elle était plutôt bien calée pour le faire. De plus, elle était très pédagogue, et jamais encore quelqu'un n'avait refusé son aide.

Aussi fut-elle surprise en voyant Alice se lever, lui jeter un sale regard, prendre sa veste et ses clés, fourrer son téléphone et de l'argent dans un sac, et claquer la porte.

« Je vais me détendre ! Pas la peine de m'attendre pour dîner.

- Alice ! cria inutilement Kurenaï en la voyant partir. »

Le regard rouge s'assombrit, comme elle remettait la chaise en place. Décidément, elle regrettait d'avoir accepté de prendre une chambre double, cette année.


Ce ne fut qu'une fois hors du campus qu'Alice cessa de courir comme une dératée, et elle bondit dans le premier bus venu en direction du centre-ville.

Une part d'elle s'en voulait d'avoir traité Kurenaï de cette façon, mais elle se dit qu'elle n'aurait qu'à s'excuser plus tard, et puis voilà.

Oh, et puis elle en avait assez de ce genre d'états d'âmes : elle en avait déjà suffisamment sur les bras concernant sa sœur, elle n'allait pas s'encombrer des sentiments d'une colocataire qui, de toute façon allait partir à la fin du prochain semestre et qu'elle n'allait plus jamais revoir après ça.

Sa sœur. Un pincement prit Alice au cœur. Kushina méritait un compagnon, un amant, un mari qui la comprendrait profondément, et qui l'aimerait comme elle l'aimerait. Mais l'aînée n'avait pas le temps. Elle était prise dans son travail, et n'acceptais de se libérer que pour des gens qu'elle connaissait déjà, des amis de longue date, pour la plupart, ou des personnes qu'elle avait rencontré dans le cadre de la restauration, ou des affaires de la vie courante. Ce conseiller bancaire, par exemple…

Les yeux de la rousse se plissèrent, comme elle descendait à un arrêt au hasard dans son quartier préféré, et se promenait. Il faisait froid désormais, et la jeune fille resserra les pants de sa veste autour d'elle.

Kushina n'aurait-elle pas pu, pour une fois, pu sortir un peu rencontrer de nouvelles personnes ? Mais non ! Il avait fallu qu'elle aille faire joujou avec son conseiller bancaire, l'homme sans doute le moins approprié pour ça. On n'associait pas vie privée et vie professionnelle, bon sang ! Qui couchait avec son banquier, sérieusement ? C'était comme coucher avec son patron ce que, bien sûr, Kushina ne pouvait faire, vu qu'elle n'avait pas de supérieur. Elle était déjà en haut de la hiérarchie. Quoique, dans ce cas, ce serait elle couchant avec l'un de ses employés, non ?

Alice fit la grimace, et préféra stopper là sa suite de pensées. Elle ne voulait surtout pas savoir jusqu'où ce fil l'amènerait, et des sénariis tout droit sortis de films envahissaient son esprit.

Je vais arrêter de regarder des films, se promit-elle. Ça a un effet bizarre sur mon imagination.

Puis elle sourit en se disant que, si Fugaku avait été là, sans doute aurait-il vivement acquiescé.

Son sourire se transforma soudain. Mais oui ! songea-t-elle en se tapant le front. Quelle idiote ! Il était la solution, bien sûr ! Il connaissait Kushina presque mieux qu'elle, et, même si elle espérait toujours, au fond d'elle, que ces deux-là se rendent soudainement compte qu'ils entretenaient des sentiments l'un pour l'autre depuis des années, comme les amis d'enfance dans tout shojo qui se respecte, elle avait finalement compris qu'il ne servait à rien d'essayer de forcer les choses, et qu'il ne valait surtout pas essayer, sous peine d'un monstrueux échec. Ou plutôt de très nombreux échecs, répétitifs et agaçants.

Et puis, Alice voulait aussi se concentrer sur sa vie amoureuse, après tout. Mais elle avait le temps, contrairement à sa sœur. Elle voulait tout d'abord terminer ses études, dans six ans, sans compter l'année en cours.

La jeune femme soupira. Les études pour travailler dans l'informatique lui semblaient si longues… mais ce n'était rien comparé à celles que suivaient Fugaku, en deuxième année d'internat en pédiatrie. Il lui restait encore deux ans, et il avait déjà sept ans d'études derrière lui !

Distraitement, elle se demanda s'il était libre pour l'aider à mettre son plan à exécution, puis secoua la tête. Bien sûr qu'il serait libre ! Il ferait tout pour Kushina, pas vrai ?


Fugaku venait de s'allonger dans la salle de repos lorsque son téléphone choisit ce moment pour sonner. Il poussa un grognement en découvrant qui l'appelait, refusa l'appel, et se mit en position pour prendre un repos bien mérité.

Mais l'infernale sonnerie recommença.

L'ignorer ne servirait définitivement à rien, et il ne pouvait pas l'éteindre : il attendait un autre appel, important celui-ci.

Il attendit néanmoins, curieux de savoir si son interlocuteur allait se lasser, mais craqua au bout de quelques minutes. Il allait changer cette sonnerie, finalement. Elle tapait sur les nerfs !

« Allô ? soupira-t-il en portant le téléphone à son oreille.

- Fugaku ! Enfin, tu daignes de me répondre ! »

Le brun retint un soupir. Il ne l'avait pas ignoré très longtemps, et elle avait déjà eu le culot de rappeler après qu'il eût refusé sa première tentative. Il était épuisé, ayant enchainé plusieurs heures stressantes, et ne rêvait que d'une bonne sieste avant de prendre son service du soir.

Les internes étaient corvéables à merci, et les médecins ne se privaient pas de leur refiler les tâches dont ils ne voulaient pas. Aussi, Fugaku avait-il courut toute la journée à travers les couloirs de l'hôpital, sous l'œil sadique de ses supérieurs, et ceux, soulagés et ironiques, de ses camarades.

- Je suis occupé, Alice, soupira-t-il. Rappelle plus tard.

- Même si je te dis que ça concerne ma sœur ? Allez, insista la jeune fille, comme si elle avait senti la soudaine hésitation du jeune homme. Tu es libre pour un café ? »

Fugaku se rembrunit. Il détestait ce pouvoir que semblait posséder certains prénoms sur lui. Sa famille, ses amis proches figuraient dans la liste et, il était définitivement maudit pour cela, celui d'Alice aussi. Il ne pouvait s'empêcher de vouloir veiller sur l'adolescente comme un grand-frère le ferait.

« Ce soir dix-neuf heures devant l'hôpital, lâcha-t-il finalement. Je pourrais me libérer pour une demi-heure, pas plus. »

A l'autre bout de la ligne, Alice soupira, provoquant un son tout à fait désagréable dans le téléphone.

« Je ne peux pas venir plus tôt ? gémit-elle.

- Non. J'ai une pause d'une demi-heure dans ma garde. Je reprends à trente-cinq précises. Alors ne soit pas en retard. »

Sur ce, il raccrocha, mit un réveil à contrecœur, et se recoucha. Il allait bien l'avoir, cette sieste !

Alice, de son côté, jura abondamment en français, s'attirant de nombreux regards curieux des passants qui, de toute évidence, ne comprenaient pas. La jeune fille leur sourit d'un air mauvais, et se fendit d'un juron en japonais, choquant les personnes présentes, et partit d'un pas vif.

Elle s'engouffra dans la première pâtisserie venue. Elle avait deux heures devant, une et demie si l'on retirait le temps de trajet, et elle avait faim.

Elle prit place dans la queue, après lui avoir jeté un regard découragé en voyant sa taille, mais heureuse d'être au chaud.

Son goûter commandé, elle faucha la dernière place assise sous le nez d'une cliente au regard particulièrement torve, mais qui se ralluma pour l'insulter copieusement… en français. Le sourire mauvais de la femme se fana quand la jeune fille lui répondit d'un ton suffisant, également en français :

« Oh. C'est intéressant, ce que vous dites, voyez-vous. Malheureusement, je n'ai jamais aimé les discours, ne le prenez pas mal ! »

Sur ce, elle sortit l'une des pâtisseries qu'elle avait acheté, en pris une bouchée, avant d'ajouter :

« Oh, et n'oubliez pas ! Ce n'est pas parce que le Japon se trouve à X heures d'avion de la France que d'autres n'auront pas fait le voyage. Sur ce… bon appétit ! »

Et, ignorant l'air outré de la femme, elle mordit à pleine dents dans son repas. La femme balbutia quelque chose, avant de partir à grandes enjambées.

Un sourire satisfait aux lèvres, Alice sourit au jeune homme qui la regardait d'un air halluciné, et but une gorgée de thé délicieusement chaud.

Enfin ! Cette journée prenait un tour qu'elle appréciait…

Fugaku soupira en voyant qu'Alice, comme il s'y attendait, n'était pas présente sur les lieux du rendez-vous. C'était pourtant simple : dix-neuf heures, devant l'hôpital qui, pour ne rien compliquer, ne possédait qu'une seule entrée publique.

Il était déjà dix-neuf heures cinq, et le brun ne comptait pas attendre cent-sept ans sous la pluie et dans le froid.

Alors qu'il s'apprêtait à appeler la jeune fille, son regard capta un mouvement écarlate, et Alice cria :

« Fugaku ! Désolée du retard, il pleut !

- Je m'en étais aperçu, ironisa le brun. Je te rappelle que je n'ai plus que vingt-cinq minutes de pause, dont je compte profiter autrement qu'en restant dehors. »

La rousse essora ses longs cheveux trempés, lui jetant un regard agacé.

« Excuse-moi, lâcha-t-elle, de m'être fait surprendre par l'orage.

- C'est juste une petite pluie, soupira l'autre.

- Orage !

- Pluie !

- Orage !

- Pluie !

Comme pour ponctuer sa phrase, le tonnerre gronda, les faisant sursauter.

« Orage ! s'écria, victorieuse, Alice. Bon, on le prend où, ce café ? »

Fugaku lui indiqua l'intérieur d'un signe de tête.

« Il y a une assez bonne cafétéria, pour les visiteurs et le personnel. Tu as faim ? »

Alice secoua la tête.

« Pas vraiment.

- Moi si. Tu viens ? »

Il entraina la rousse à l'intérieur et, ses victuailles dans les bras, brandit son pass prioritaire pour pouvoir payer tout de suite. Il avait envoyé Alice réserver l'une des dernières tables assises, ce qui, il ne savait pourquoi, avait tiré un sourire amusé à la jeune fille, et l'y rejoignit, un sourire aux lèvres.

« Et voilà ! s'écria-t-il. Je t'ai pris un sandwich, au cas où. »

Il porta un café à ses lèvres, et elle jeta un regard surpris à sa provision de boissons énergisantes.

« Tu as pris pleins de sodas…

- Ah, ça ! Disons que j'ai besoin d'un regain d'énergie, parfois. »

L'épuisement perceptible dans sa voix fit grimacer Alice.

« Tu fais beaucoup d'heures ? s'étonna-t-elle.

- Plus que je ne le devrais, à vrai dire, soupira l'autre. Mais bon, on manque de personnel et, puisque les internes sont là pour ça, après tout… »

La rousse sourit devant l'ironie de son ami. Elle le laissa avaler son premier sandwich à grandes bouchées, avant de se lancer.

« Au fait… commença-t-elle, avant de surprendre le regard sombre que le brun lui lançait. Quoi ?!

- Tu m'as piqué ma réplique, grommela celui-ci, la faisait rire.

- D'accord, d'accord, toi d'abord ! s'amusa-t-elle. »

Il avala une bouchée de plus, et reposa le paquet vide à côté de lui. Ses yeux étaient sérieux.

« Tu étais au Kassy's Night-Club, la fois dernière, pas vrai ?

- En quoi ça te concerne ? »

La note défensive, un peu agressive, dans la voix d'Alice le fit soupirer une nouvelle fois. Vraiment, souffler ainsi était une activité qu'il pratiquait beaucoup lorsque la jeune fille était à proximité.

« Je m'inquiète pour toi, Alice… »

Il fut surpris de voir le visage de la cadette se fermer d'un coup.

« Je n'ai pas besoin de ton inquiétude. »

Le ton était froid, tranchant.

« Alice, tenta le brun, retenant un nouveau soupir – il pouvait s'inscrire aux JO des soupirs, maintenant… il y gagnerait sans doute une médaille.

- Non.

- A-

- Non ! »

Elle avait presque crié, et le brun en fit de même, l'agacement prenant le dessus.

« Bon sang, Alice, tu te rends compte de ce que tu as fait ?

- Oui, bien sûr !

- Tu imagines ce qui aurait pu arriver ?

- Mais ce n'est pas arrivé !

- C'est irresponsable ! Tu as volé sa carte, Alice !

- Et alors ? feula la rousse. Elle n'en n'avait plus besoin, si ? Je ne vois pas ce que j'ai fait de mal ! Je suis majeure, bon sang ! »

Elle le défiait du regard, furieuse et, l'espace d'un instant, l'interne fut presque choqué par la ressemblance avec sa sœur. Malheureusement, Alice n'était pas aussi mature que son ainée au même âge.

« Tu as dix-huit ans.

- Oui.

- Tu es majeure… en France. Tu ne l'es pas, ici. Il faut avoir vingt ans pour boire de l'alcool.

- Mais pourquoi ? Je suis Française, je ne vois pas pourquoi je devrais me soumettre à la loi Japonaise concernant la majorité ! »

Fugaku laissa sa tête tomber en avant sous le désespoir. Elle ne comprendrait donc jamais ?

« Je n'ai que faire de ton inquiétude ou de ta morale, lâcha Alice, glaciale.

- Je suis ton ami, c'est normal que je m'inquiète pour toi, et donc, que je souligne tes erreurs. »

La jeune fille renifla dédaigneusement.

« Si c'est ainsi que tu considères ton rôle, ironisa-t-elle.

- Alice…

- Si c'est ainsi que tu prends ton rôle « d'ami » (elle avait fait des crochets avec ses doigts), je préférerais que tu t'abstiennes. Je n'ai pas besoin d'un ami comme ça. »

Le cœur de Fugaku se serra, et ses yeux s'écarquillèrent soudain.

« Tu as dit la même chose à Kushina ? » demanda-t-il, effrayé.

Pas étonnant que l'aînée avait eu l'air si malheureuse, la dernière fois qu'ils avaient parlés d'Alice. Si la cadette lui avait dit ça…

« Ça te regarde ? Je ne pense pas, fit Alice en haussant les épaules, dédaigneuse. Tu l'as dit toi-même, non ? Kushina est une grande fille. Elle n'a besoin de l'aide de personne. »

… c'était cruel. Tout simplement. Kushina…

« Et puis, continua la jeune fille en face de lui, je sais ce que je fais, moi aussi. Je ne suis plus une gamine. »

Elle tenait tellement à sa sœur ! C'était injuste !

« Tu sais quoi ? dit-il soudain d'un ton sec. Oublions ça. Mais, si tu t'attires des ennuis, ne t'attends pas à ce que nous venions t'aider, Kushina et moi. Tu te débrouilleras toute seule, comme une grande, puisque tu n'es plus une gamine, comme tu le dis si bien.

- Ça me va, grimaça l'autre. Je préfère vous ne veniez pas fourrer votre nez dans mes affaires. »

Fugaku attaqua son second sandwich, et pris une gorgée d'eau, avant de dire :

« Elle a mal, tu sais ? Kushina, ajouta-t-il en voyant son regard interrogateur. Tes paroles… elles l'ont blessée. »

Une lueur coupable apparut dans le regard de la jeune fille, et Fugaku songea qu'il n'était peut-être pas trop tard pour qu'elle aille s'excuser, mais la rousse secoua soudain la tête, et changea précipitamment de sujet.

« Kushina a revu son jouet du moment ? demanda-t-elle, s'attirant le regard désapprobateur de l'aîné.

- Si elle l'a fait, elle ne me l'a pas dit.

- Bien. »

L'interne la regard prendre une gorgée de son café-crème, suspicieux.

« Pourquoi ? osa-t-il.

- Oh, eh bien, je me suis dit qu'il serait peut-être temps de lui présenter des gens de nouveaux horizons, tu ne penses pas ? Elle se contente toujours de personnes qu'elle connaît déjà, soit par le travail, soit par les relations publiques, comme ce… banquier. »

Fugaku grimaça. Elle avait dit le mot comme on désigne une fourmi : avec dédain.

« Tu veux lui présenter l'un de tes amis ?

- Non ! s'écria la rousse, un air amusé sur le visage. Je l'ai inscrite sur un site de rencontre. »

Fugaku aimait son visage : ses traits étaient fiers et volontaires, et il n'avait pas besoin d'en faire beaucoup pour impressionner les gens, d'une manière ou d'une autre. Pourtant, il n'avait plus rien d'impressionnant, ni de charismatique, lorsque sa mandibule sembla vouloir se décrocher de sa mâchoire sur l'effet de la surprise.

Et de la panique. Mauvaise idée. Très, très mauvaise idée. Il espérait ne jamais être dans un rayon de moins de cinq kilomètres autour de la rousse lorsqu'elle exploserait de colère. Et surtout, il était content de ne pas être dans la peau d'Alice, qui le regardait d'un air candide et amusé à la fois, attendant sa réponse.

Il ne voulait surtout pas être associé à ça.


Minato redoutait le moment où il allait devoir laisser Kushina. Il aimait le rire de la jeune femme, avec laquelle il continuait son petit jeu de « Damoiselle en détresse et son Seigneur en armure » dans le taxi qui devait la ramener chez elle.

Aussi, lorsque Kushina murmura « Tu veux finir la soirée chez moi ? » à son oreille, il fut plus qu'heureux d'accepter.

Il suivit Kushina dans son immeuble, et admira son appartement lorsqu'il y pénétra enfin. Retirant soigneusement ses chaussures à la suite de la rousse, il sourit lorsqu'elle celle-ci s'effondra sur le canapé, une main sur le cœur.

« Seigneur, je défaille ! Je vous ai fait entrer dans ma demeure, mais si mon mari l'apprenait…

- Ne vous inquiétez pas, gente Dame, s'amusa le blond. Vos gardes vous sont fidèles, ils nous alerterons de son retour.

- Me voilà rassurée. Seigneur, venez vous assoir près de moi. »

Elle se redressa, et tapota la place à côté d'elle, un sourire aux lèvres en voyant Minato accepter l'invitation de bon cœur, avant de bondir sur ses pieds, théâtrale.

« Oh, mais mon Dieu ! Quelle hôtesse fais-je ? Quelle honte pour ma maison, je ne vous ai point offert à boire !

- Je n'ai point soif, Dame.

- Il est de mon devoir de vous offrir quelque chose, insista Kushina.

- Dans ce cas, de l'eau suffira, sourit le blond.

- Je vais de ce pas chercher de quoi étancher votre soif, Seigneur. »

Retenant un rire, il la regarda se diriger d'un pas joyeux vers la cuisine, où un tintement se fit entendre. Le conseiller en profita pour se débarrasser de sa veste, inutile dans l'appartement, et alla l'accrocher au porte-manteau, dans l'entrée.

Il se tint debout dans le salon, impressionné.

« Votre demeure est fort grande, sourit-il à la rousse qui revenait, un verre d'eau et un autre de jus de fruit dans le mains. Merci, ajouta-t-il en prenant le sien et en prenant une gorgée.

- C'est un plaisir de vous accueillir céans, Seigneur. Souhaiteriez-vous profiter des divertissements que j'ai à disposition ? »

D'abord confus, Minato sourit en la voyant désigner la télévision.

« J'ai ici grand nombre de spectacle qui, je le pense, devraient vous plaire.

- Avec plaisir, sourit le blond, et il abandonna le jeu un instant pour demander : Tu as des comédies romantiques ? »

Kushina lui lança un regard surpris, et le conseiller se surprit à rougir, un peu embarrassé.

« J'aime bien en regarder de temps en temps… »

Puis il se dandina un instant, gêné par le regard étrange qu'elle portait sur lui.

« Je n'ai pas tant de romance que ça, finit-elle par soupirer, et presque tous sont en français… j'ai Titanic (1), en VOST, si tu préfères, en revanche.

- De l'amour larmoyant, grimaça le blond. Très peu pour moi ! De l'action, alors ?

- Je me disais aussi, s'amusa la jeune femme, un sourit aux lèvres, avant de se pencher de nouveau sur son ordinateur, où elle passait en revue les différents films qu'elle avait. »

Depuis que son lecteur CD avait crashé, elle avait enregistré tous ses DVD sur son ordinateur : c'était plus simple, et prenait moins de place, même si le fait de mettre un CD dans le lecteur lui manquait parfois un peu.

Alors qu'elle s'apprêtait à lui soumettre une liste, elle se rappela que le dernier film de l'un de ses réalisateurs préférée était également contenu dans le disque dur de son ordinateur. Avec un sourire, elle se tourna vers Minato, et demanda :

« Tu as déjà vu Princesse Monoke (2) ? »


Minato s'éveilla dans une chambre qui lui était inconnue. Dans les tons pastel, il mit un peu de temps à se rappeler où il se trouvait.

Le film s'était terminé tard. Fatigués, les deux… étaient-ils amants ? Amis ? Petits-amis ? Rien n'avait été dit, et aucun des deux n'y avait pensé sur le moment. Quoi qu'il en soit, Kushina lui avait proposé de s'installer dans l'une de ses chambres d'amis. A presque trois heures du matin, le blond avait accepté avec joie.

Avec un soupir, il tenta de se rendormir mais, malgré l'obscurité procurée par les rideaux, de la lumière filtrait par au-dessus, et en-dessous de la porte, et son regard était irrésistiblement attiré par ces rayons, aveuglants dans la pénombre.

Abandonnant le combat contre son propre rythme interne, décidément beaucoup trop habitué à se lever tôt, il se leva difficilement et sorti de la chambre. La maison était silencieuse, et il se demanda un instant où était Kushina. Montant à l'étage, où sa chambre se trouvait, il chercha quelle porte était laquelle, jusqu'à ce qu'il trouve un post-it sur l'une d'elle. Surpris, il le lut, un sourire aux lèvres.

Minato,

Quand tu te lèveras (je suis sûre que tu le feras longtemps avant moi !), n'hésite pas à prendre une douche ou à te servir dans le frigo. Pas la peine d'enlever les draps, je m'en chargerai.

Tu peux me réveiller, si tu veux, mais je te préviens : je ne suis pas du matin. )

Kushina.

Amusé, il préféra cependant partir rapidement : il n'avait pas d'habits de rechange, et il avait encore quelques tâches à remplir avant le début de la semaine.

Il dénicha un second post-it sur le bureau et, alors qu'il le posait bien en évidence, il se figea, se demandant soudain quand et comment Kushina accepterait de le revoir. Il aimait bien se laisser faire entre les mains joueuses de la jeune femme, mais il voulait jouer, lui aussi.

Moqueur, il laissa à Kushina un message du même type que ceux qu'elle lui avait laissé, à son bureau, d'abord, puis au premier restaurant.

Nouvelle date, nouveau lieu, nouvelle heure.


Lexique :
1_ Le Titanic de James Cameron est sorti en 1998. Et, oui, c'est celui où la bourgeoise et l'artiste pauvre tombent amoureux et où des scientifiques retrouve le nu qu'il avait fait de la jeune femme à l'époque…

2_ Princesse Monoke est un film d'animation japonais de Miyazaki sorti en janvier 2000. Je le conseille vivement. ^^

Pour donner une petite idée de chronologie, je dirais que l'histoire se passe début années 2000.