Premièrement, j'aimerais m'excuser de ce… monstrueux retard ? Quoique j'ai une assez bonne excuse, j'ai nommé un emploi du temps pourri et des profs sadiques (qui pensent qu'on a tellement rien à faire, le soir, quand on rentre à dix-neuf heures passées, qu'on est ravis d'avoir des devoirs ?).
Mais, comme les excuses, vous vous en fichez royalement, je vais me contenter de répondre aux reviews, et de vous laisser lire, je suppose !
Un grand merci à Wonchesteeeer, pour ses reviews aux trois premiers chapitres =3 !
Ravie que l'histoire te plaise !
A vrai dire, la première phrase du résumé est une citation qu'une amie a trouvée sur internet. On avait pas mal déliré dessus (je t'épargne les idioties qu'on a pu inventer), je m'en suis rappelé au moment d'écrire l'histoire, et puis… bah, Minato étant banquier, et Kushina cherchant à le faire tomber dans ses filets, j'ai eu envie de mettre la citation… c'est si bizarre que ça ?
Enfin quelqu'un qui est d'accord avec moi sur la vitesse d'une relation ! On ne devient pas le « grand amour pour la vie » de quelqu'un du jour au lendemain, quand même ! C'est quelque chose qui m'a toujours un peu choquée, dans les fanfictions, même si c'est en partie compréhensible dans les schoolfics (j'ai pu voir de mes propres yeux deux personnes qui s'ignoraient royalement filer le parfait amour en… 24 heures top chrono ? leur relation a cessé aussi brusquement qu'elle a commencé et… ce n'est pas le seul cas recensé, loin de là !).
Contente que tu aimes les personnages (si on détestait ceux dont on suit les aventures, ce serait bien triste, aussi). Que penses-tu d'Alice, au fait ?
Si des choses te dérangent (des mots, des tournures de phrases…), n'hésite pas à m'envoyer un MP, pour les signaler ! (merci de l'avoir déjà fait par commentaire, au fait ! ^^)
Encore merci pour tes reviews, ça fait plaisir de savoir que de nouvelles personnes apprécient ce que j'écris.
…
…
P.-S. : J'ai essayé de faire le chapitre le plus long possible sans qu'il ne me paraisse trop long, ou que je reste sur une scène plus longtemps que nécessaire juste pour l'allonger… J'espère qu'il n'y a aucune erreur mais, si vous voyez la moindre incohérence ou faute, signalez-la ! ^^. Allez, bonne lecture~ !
Kushina marchait d'un pas vif, légèrement nerveuse. Une fois n'était pas coutume, elle était en retard et, même s'il s'agissait d'un choix, cela la stressait. On ne faisait jamais attendre les clients, dans un grand restaurant…
Enfin ! souffla intérieurement la jeune femme. Je ne suis pas au travail, je peux être en retard si je veux !
Elle accéléra néanmoins le pas jusqu'au lieu de rendez-vous, et grogna en s'apercevant que le blond était encore plus en retard qu'elle !
A la fois agacée et soulagée, elle se laissa tomber sur un banc tout proche.
« Sérieusement, siffla-t-elle entre ses dents. A quoi ça sert d'essayer de se faire attendre, quand celui qu'on essaye de faire languir n'est même pas encore arrivé ? »
Elle attendit une petite dizaine de minutes avant que le blond ne daigne de se pointer.
« Désolé du retard ! s'excusa-t-il, se frottant l'arrière du crâne d'un air gêné. J'ai eu un contretemps. »
Le soleil, dans son dos, l'auréolait d'or, et le cœur de Kushina rata un battement. Elle fixa les yeux d'un bleu presque irréel de son vis-à-vis et, comme à chaque fois qu'elle y plongeait, ne put s'empêcher de sourire.
« Ce n'est pas grave, le rassura-t-elle. Je viens d'arriver moi-même, alors on peut dire qu'on est quitte ! »
Le blond sourit à son tour, même s'il devinait le mensonge : il avait appris à quel point Kushina était à cheval sur les horaires, habitude qu'elle avait prit de son métier de restauratrice.
« Allons-y ! » proposa-t-il, tendant une main pour l'aider à se lever, main qu'accepta joyeusement Kushina.
Et qu'elle ne lâcha plus.
oO°Oo
« Je rêve… personne n'y a jamais pensé ? … sérieux ! Mais… comment je vais faire, moi maintenant… raaaah !
- Qu'est-ce que tu fais ? »
Alice sursauta en entendant la voix de sa meilleure amie. Les grands yeux clairs de la jeune fille la fixaient, interrogateurs, et elle rejeta une longue mèche d'un brun aubergine derrière son oreille.
« Qu'est-ce que tu cherches ? demanda-t-elle en désignant la page de recherche qui s'affichait sur l'ordinateur de la jeune fille. Un… petit-copain ? s'étonna la jeune fille en lisant ce qui était écrit dans la barre. Elle est bizarre, ta méthode.
- Ce n'est pas pour moi ! s'indigna Alice.
- Pour qui, alors ? »
La rousse grimaça.
« Pour ma sœur. »
Les sourcils de l'étudiante s'arquèrent au-dessus de ses yeux, dans un air septique qui fit grimacer Alice.
« Et elle le sait ? demanda perfidement la brune.
- Non ! s'écria Alice, se retourna vivement. Et je t'interdis de le faire.
- Maiis-euuh ! chouïna faussement Anna.
- Non, c'est non !
- Et quand est-ce que tu vas le lui dire ? renifla l'autre. Quand tu l'auras fiancée à un inconnu ? »
Alice hésita. L'idée était tentante, pour empêcher les histoires de Kushina de se répéter, encore et encore. Mais…
« Non. Mais je veux lui présenter des gens. Elle est toujours enfermée dans son milieu. Elle ne rencontre jamais personne qui soit d'ailleurs… J'aimerai changer ça. »
Anna hocha la tête.
Les deux filles s'étaient rencontrées au collège, et étaient depuis inséparables. Ainsi, lorsque la rousse étaient parti au Japon, elles s'étaient fait la promesse de se revoir dès que possible.
« Je comprends, commenta-t-elle, l'air songeur… Je t'ai déjà parlé de Chôza ?
- Non, fit l'autre en secouant vivement la tête. Qui c'est ?
- Un nouvel ami, affirma la brune. Je l'ai rencontré dans l'avion : on était voisins de sièges. Il rentrait au Japon après un stage de cuisine en France. Il parlait plutôt bien français, et je me suis débrouillée avec mes bases de japonais. La majorité de la conversation s'est fait en anglais, quand j'y pense…
- Accouche ! la pressa son amie, voyant que son regard se faisait lointain.
- Bref, il est dans le milieu culinaire, et semblait connaître le nom d'Uzumaki. Il avait cet air de vénération, dans les yeux, c'était marrant. Il est dans la vingtaine, visiblement, on pourrait organiser une rencontre entre lui et Kushina !
- Tout le monde connaît le nom d'Uzumaki, bougonna Alice, avant de réfléchir à la proposition. Mouais… pas très sûre. Après tout, on le connaît à peine…
- Parce que tu connaîtras mieux les types auxquels tu voudras la présenter, d'abord ? »
La rousse secoua la tête, l'air soudain inquiète.
« Non plus, remarqua-t-elle. Tu as raison, ce pourrait être problématique…
- Tu n'auras qu'à les rencontrer avant ? proposa Anna.
- Bonne idée. De l'autre côté, ce… comment il s'appelle ? Chôza ?
- Oui.
- Il est du même milieu que celui de ma sœur… ça ne va pas beaucoup la changer, ce qui était aussi mon but… »
Son amie leva les yeux au ciel.
« Raison de plus pour commencer doucement ! Et, tu sais, elle va se méfier, si tu commences à lui présenter tout un tas de mecs mignons que tu connais à peine, toi qui veux tant lui trouver le parfait amour ! Si c'est moi, elle se méfiera moins. »
Alice renifla, peu convaincue, avant d'acquiescer.
« Au fait, lâcha-t-elle soudain, après quelques minutes de silence. Qu'est-ce qu'il t'a pris de parler à un inconnu, toi ?
- Je ne vois pas où est le mal. On a commencé à s'amuser du petit garçon qui était assis trois rangées derrière nous, et qui était véritablement émerveillé – je le comprends, soit dit en passent – et on a fini par faire connaissance au fils de la conversation. Où est le problème ?
- Mouais… souffla la rousse, alors qu'Anna levait les yeux au ciel d'un air excédé. Passons.
- Comme si ce n'étais pas ce tu faisais pour ta sœur.
- Passons, j'ai dit ! »
La brune souffla bruyamment, agacée, tandis qu'Alice revenait à son occupation première. Elle s'en lassa vite, cependant, et repris la conversation :
« Quand j'y pense ! Tu as un petit-ami, toi ? »
Anna rougit vivement, et s'empressa de diriger la discussion vers un sujet un peu moins glissant… pour elle.
Elle se fit cependant la réflexion, alors qu'elle mentionnait un groupe qu'Alice vénérait plus que tout, qu'elle-même, pourtant sa meilleure amie, ne savait pas pourquoi la rousse s'acharnait à vouloir mettre les autres en couples, alors qu'elle-même n'avait pas de petit-ami.
Et, l'espace d'un court instant, elle se demanda s'il n'y avait une raison cachée là-dessous.
oO°Oo
Le nez fourré dans la douce chevelure de feu, Minato serrait Kushina dans ses bras avec tendresse.
Les deux… étaient-ils un couple ? Le blond se plaisait à penser que la belle le considérait comme son petit-ami, sans jamais en avoir eu confirmation.
Enfin. Les deux tourtereaux (il ne pouvait quand même se tromper à ce point), étaient allé voir, comme le veut la tradition, une romance au cinéma. Bon, cette partie ne se trouvait pas à la place où on la trouvait habituellement, mais Minato avait eu envie de faire quelque chose de cliché, pour une fois. Pas que les rendez-vous dans des restaurants ne le soit pas, mais ce n'était de ce genre de clichés dont le blond avait eu envie.
Aussi étaient-ils allé voir un drame romantique au cinéma : Le Chant de la fidèle Chunhyang (1) qui, de toute évidence, avait plu à la belle, car elle s'était prêtée au jeu, en serrant sa main un peu plus fort et en se laissant aller sur son épaule, au plus grand plaisir du coussin improvisé.
Surpris par la pluie, ils avaient par la suite courut jusque dans un café où, devant une boisson chaude, ils avaient commenté le film. Sans jamais que leurs mains ne se lâchent, faisant sourire les passant dans la rue et les clients du restaurant.
Ils se trouvaient à présent dans l'appartement de Kushina, lové l'un contre l'autre sur le canapé. La jeune femme s'endormait lentement contre le torse du blond, qui jouait doucement avec ses cheveux.
Il sentait qu'il aurait pu rester ainsi toute sa vie, et grogna lorsque le portable de la rousse se mit à sonner, les faisant sursauter tous les deux.
« Ne réponds pas, dit-il en la serrant un peu plus fort.
- C'est peut-être important…
- On était bien, comme ça ! râla le blond en la sentant se détacher de lui pour attraper son téléphone, resté sur la table basse. »
Elle plissa les yeux en voyant le numéro et, se repositionnant comme précédemment, lui fit signe de se taire comme elle prenait l'appel. Minato entendit une voix joyeuse dire quelque chose, vit les yeux de la rousse s'agrandir, et pousser un cri.
« Anna ! »
Le regard pétillant, la rousse parla d'une voix forte et enjouée et, ce faisant, se redressa légèrement.
Minato était bilingue anglais et japonais, et parlait aussi quelques mots de chinois et de coréen, souvenirs de voyages qu'il avait entrepris dans ces deux pays, mais il ne parlait pas français. Aussi, ne comprenait-il pas un seul mot de la conversation, même si Kushina avait l'air surexcitée.
La jeune femme et son correspondant – ou était-ce une correspondante ? Minato était à peu près sûr qu'il s'agissait d'une voix féminine à l'autre bout de la ligne – discutèrent pendant quelques minutes, avant que Kushina ne raccroche sur ce qu'il lui sembla être une promesse : « I swear ! » (2) avait dit la rousse dans un sourire.
« Qui c'était ? demanda Minato lorsqu'elle eût reposé le téléphone.
- Curieux ! s'amusa la jeune femme en se tournant vers lui. Une amie, ajouta-t-elle sans lui laisser le temps de répondre. Elle est comme ma deuxième petite sœur, elle et Alice sont inséparables. Elle s'appelle Anna. »
Minato avait toujours eu du mal à prononcer le prénom d'Alice. Japonais, il transformait toujours le « l », et prononçait le « su » que tout le monde mettait à la fin de certains mots au Japon au lieu du « ce ». Aussi trouva-t-il le prénom d'Anna beaucoup plus facile à prononcer.
« Elle dit être en vacances, mais je pense qu'elle a plutôt décidé de voyager un peu avant de commencer ses études, et qu'elle est venue au Japon pour voir ma sœur et consolider son japonais. »
Le blond hocha la tête, et voulu la reprendre contre lui, mais elle se dégagea.
« Je lui ai promis de la voir bientôt, ajouta-t-elle, plus pour elle-même que pour lui, et je veux lui apporter son gâteau préféré… tu as faim ? reprit la jeune femme en se tournant vers l'homme. »
Ce dernier haussa les épaules.
« Plus ou moins, lâcha-t-il.
- Parfait ! »
A vrai dire, il adorait le pop-corn, et en avait avalé pas mal pendant le film. Il ne voulait cependant pas vexer Kushina en lui disait qu'il envisageait de sauter le dîner, alors même qu'elle semblait prête à cuisiner quelque chose pour lui.
Il rejoignit la rousse en cuisine, et la regarda s'activer. N'étant pas mauvais cuisiner lui-même, il lui proposa son aide.
« Non, non, c'est bon ! sourit la jeune femme. C'est mon métier, tu sais, j'ai l'habitude.
- Ne te casse pas la tête pour moi, supplia le blond en la voyant sortir tout ce que contenait son réfrigérateur. Un repas simple et léger me suffira amplement !
- Ah bon ? s'étonna-t-elle.
- Oui. »
Elle le jaugea un instant du regard, l'air déçu, avant qu'une lueur étrange ne s'allume dans ses yeux.
« Des ramens, ça te va ? »
Malheureusement pour lui, le blond comprit un peu tard à quel point il avait eu tort d'accepter, lui qui voulait tant l'attention de la belle rousse.
Elle le traina jusqu'à son stand préféré, pas très loin de chez elle, et interpela le gérant et cuisinier.
« Teuchi ! »
Celui-ci lui renvoya un signe amical.
« Bonsoir Kushina ! Comment ça va ?
- Super ! s'écria-t-elle en allant s'installer au bar, Minato s'asseyant à côté d'elle. Et toi et Azami ?
- Très bien, merci Kushina ! répondit la femme en débarquant de la réserve, des ingrédients à la main. Oh ! Tu es accompagnée ? De qui s'agit-il ? »
Minato se fit soudain très attentif, lui aussi voulait connaître la réponse. Avec un sourire, la rousse entrelaça ses doigts à ceux du blond et, à la grande surprise de ce dernier, montra leurs deux mains au couple de restaurateurs.
« Un ami, dit-elle d'un air conspirateur.
- Un ami-ami, ou un « ami », répondit l'autre femme sur le même ton, joueuse, et les yeux plissés. »
Kushina se contenta de sourire, et Azami poussa un cri de joie.
« C'est merveilleux ! Teuchi, tu entends ça ? Notre Kushina est en couple ! Je suis tellement contente pour toi !
- Merci, sourit la jeune femme.
- Et qu'en pense notre heureux élu ? s'enquit Azami. »
De son côté, le blond s'était visiblement détendu, soulagé et heureux. Il embrassa leurs mains attachées, et resserra sa prise sur celle de Kushina.
« Ça répons à ma question, je présume ! s'amusa la gérante. Ravie pour vous deux, vraiment.
- Ça vaut bien des ramens, pour fêter ça, non ? demanda innocemment la rousse, provoquant l'hilarité générale, et attirant l'attention des autres clients, et même quelques sourires des plus proches.
- Ça tombe bien, on en vend ! sourit Teuchi. Et je pense qu'on peut préparer les royaux, pas vrai, Azami ?
- C'est parti ! s'écria la femme en sortant de quoi cuisiner. »
Les yeux de Kushina pétillèrent, et le couple discuta encore un peu avec le couple, jusqu'à ce qu'Azami ne dépose deux bols fumants devant eux. Elle les plaça de façon à ce que la garniture des deux bols forme un cœur.
« Bon appétit ! sourit-elle. Offerts par la maison ! »
Kushina, qui s'apprêtait à se saisir de ses baguettes, releva vivement la tête.
« Tous ? » demanda-t-elle, les yeux plissés dans un air de prédateur.
Le couple en face d'elle éclata de rire.
« Sûrement pas, ma belle ! rit Azami. Pas avec les quantité que tu es capable d'avaler ! Juste celui-ci. »
Légèrement vexée au départ, Kushina finit par rire avec eux.
« Merci, sourit-elle.
- De rien. Je suis vraiment contente pour toi. C'est la première fois que ça a l'air aussi sérieux, après tout. »
La rousse rougit un peu et, sourire aux lèvres, et saisit de ses baguettes. Lâchant la main de Minato, elle s'inclina un peu devant les restaurateurs, et lâcha un « Itadakismasu ! » retentissant.
Le couple revint à ses activités, sans toutefois lâcher complètement les tourtereaux des yeux, et Minato s'en trouva embarrassé lorsque Kushina se mit en tête de le nourrir avec ses baguettes. Commençant par la repousser, il finit par céder en riant, et laissa la rousse lui mettre un peu de garniture dans la bouche, les yeux brillants de malice, avant qu'elle n'accepte de le laisser manger seul.
Minato connaissait l'appétit de Kushina, et l'avait plus d'une fois vu à l'œuvre, comme lors de leurs deux premiers rendez-vous, aucun ne pouvait égaler la quantité de ramens qu'ingurgita la rousse en moins de dix minutes, et surtout, la vitesse à laquelle ils étaient avalés.
En une dizaine de minutes à peine, une montagne de bols vides s'accumulèrent à côté de la rousse et sous les yeux du blond effaré.
« Tu as encore faim ? s'étrangla-t-il au vingtième bol qui disparaissait dans l'estomac sans fond de la jeune femme.
- Bien sûr ! sourit-elle, enjouée. Et puis, tu sais, les ramens, ça se mange sans faim de toute façon. »
Elle continua sur sa lancée encore un peu, avant de prendre compte de l'immobilité quelque peu inquiétante de son petit-ami à côté d'elle.
« Ça va ? s'inquiéta-t-elle.
- O-oui, lâcha-t-il difficilement, ses yeux bleus écarquillés et le dos raide, incapable de comprendre comment elle était capable d'un tel exploit. »
Il avait déjà assisté à un concours du plus gros mangeur aux Etats-Unis, et avait trouvé cela à la fois impressionnant et effrayant à la fois. Mais rien, absolument rien, à la mesure de ce qu'il venait de voir. Ce n'était… c'était tout simplement impossible, le corps était incapable de stocker autant de nourriture, et encore moins sans grossir du moindre iota ni sans ressentir une certaine gêne. Rien que le bouillon aurait dû suffire à caler la rousse il y a longtemps de cela !
« Tu veux rentrer ? s'enquit Kushina, de plus en plus inquiétée par le comportement du blond.
- N-non… ça va. Mange. »
Secouant la tête, la rousse termina son trente-et-unième bol, et appela le couple pour l'addition. Teuchi adressa un sourire contrit au blond, et Azami leur souhaita une « bonne nuit » d'un air à la fois concupiscent et conspirateur qui gêna un peu le couple, bien que Kushina eût l'air de s'en amuser plus qu'autre chose.
Main dans la main, le blond et la rousse s'éloignèrent du bar à ramens, marchant doucement à travers les rues de la ville, sous le regard attendri des restaurateurs. Ils espéraient que Kushina avait enfin trouvé le bon, l'homme avec lequel elle partagerait sa vie et aurait une relation stable.
Kushina conduisit Minato jusqu'à l'artère la plus proche et, se coulant contre lui, admira un instant les vitrines des grands magasins. Le blond, qui se remettait lentement du choc, la serra doucement dans ses bras.
« Tu veux quelque chose ? » demanda-t-il en la voyant s'arrêter devant une pâtisserie.
Il ne parvenait pas à croire qu'elle ait encore faim après tout ce qu'elle avait mangé, mais si elle voulait une dessert, il n'allait pas la retenir…
La rousse le surprit, néanmoins, en secouant vivement la tête.
« Non… je pensais simplement que je vais bientôt devoir réécrire une carte pour les restaurants… un peu de sang neuf ne ferait pas de mal… et qu'il faudra se concentrer sur les desserts, surtout, ça fait longtemps qu'on ne les a pas repensés… tu en pense quoi ? Ce design est joli, non ? Je pourrais m'en inspirer… »
Le gâteau en question avait une forme d'aile d'ange en trois dimensions et, en effet, c'était très joli. Jetant un coup d'œil au nom de la boutique, et au prix de la pâtisserie, le blond grimaça. La rousse, qui avait suivi son regard, grogna :
« C'est de l'arnaqua, un prix pareil. Je peux refaire la même chose pour pas grand-chose, tout ce qu'il me faudrait, c'est un peu de temps et les bons ustensiles… sinon, c'est pas bien compliqué… »
Minato hocha la tête, et se laissa entrainer jusqu'à l'appartement de Kushina.
« Tu veux quelque chose à boire ? » demanda-t-elle.
D'abord tenté de lui demander à goûter à l'un de ses meilleurs vins français, il préféra secouer la tête, décidant qu'il s'agissait d'une mauvaise idée.
La rousse revint, une part de gâteau en chocolat à la main, faisant sourire ironiquement Minato. Sa capacité à manger ne cesserait de le surprendre. Il la regarda se mordre dans la pâtisserie avec délice, et le blond eut alors une idée. Saisissant la main de la belle, et lui piqua un peu du gâteau, et le fourra dans sa bouche.
« Hé ! s'écria la rousse. C'est ma part ! Pas touche ! »
Son petit-ami se contenta de rire joyeusement, et elle sourit.
« Tu en veux un peu ? Il en reste à la cuisine, proposa-t-elle avant de s'étonner en le voyant secouer la tête : Alors pourquoi tu me piques ma part ? fit-elle mine de s'énerver.
- Parce que j'avais envie de manger à un endroit où tu avais déjà croqué, lâcha le blond, l'air amusé, la faisant rougir. Et surtout parce que j'aime bien t'embêter.
- Abruti, souffla-t-elle, et elle tendit le bout à l'homme. Vas-y, sert toi ! »
Mais le goût sucré du gâteau avait donné une autre idée à Minato, qui préféra lui voler un baiser.
« Puisque tu me donnes ton accord, sourit-il en voyant le visage surpris de la belle.
- Crétin ! s'écria-t-elle. »
Minato éclata de rire, comme elle finissait sa part, et allai se laver les mains. La croyant vexée, le blond la suivit.
« Qu'est-ce que tu es susceptible ! commenta-t-il avant d'être pris au dépourvu lorsqu'elle vint se coller à lui. Qu'est-ce que tu fais ?
- Idiot, murmura la jeune femme. Si tu voulais un baiser, il suffisait de demander. »
Elle l'embrassa doucement, glissant peu à peu ses mains sous la veste du blond et…
« Froid ! s'écria Minato en reculant vivement, surpris par les mains glacées qui s'étaient infiltrées sous ses vêtements. Kushina !
- Vengeance ! rit la jeune femme. »
Le blond rougit, vexé de s'être fait avoir, et alla passer ses doigts sous le robinet.
« Tu vas voir !
- Non ! kyaa ! hurla la rousse en se faisant éclabousser. »
Elle essaya de l'éloigner du robinet, avant de se munir du pommeau de douche en dernier recourt, et de s'en servir pour l'arroser.
« Tricheuse ! » cria le blond.
Elle se contenta d'éclater de rire, et ne lâcha le pommeau que lorsque son petit-ami le lui arracha des mains pour lui renvoyer la pareille.
Riant toujours, la jeune femme s'enfuit dans le salon, où l'eau ne pouvait l'atteindre. Minato éteignit la douche – ou du moins, essaya, car il tourna le robinet dans le mauvais sens et se retrouva encore plus trempé qu'il ne l'était, provoquant un nouvel éclat de rire d'une Kushina qui avait du mal à se calmer – et la poursuivit dans le séjour.
Ils jouèrent à venir mettre leurs mains froides dans le cou de l'autre, et à mouiller les vêtements qui ne l'étaient pas encore.
Ils s'effondrèrent finalement l'un sur l'autre sur le canapé, après un concours de chatouilles que Kushina avait gagné haut la main, faisant preuve d'une force étonnante pour une femme de sa taille.
La tête contre le torse du blond, la rousse gloussa lorsque ce dernier glissa une main à travers les mèches humides de sa chevelure.
« Tu peux te redresser un instant ? »
Surprise par sa demande, la rousse obtempéra, et le blond ôta son haut, la faisant rougir.
« Oups, lâcha-t-elle, j'avais oublié que tu n'as pas de change… désolée…
- Ce n'est pas grave, la rassura Minato. Mais je ne vais pas pouvoir rentrer dans cet état… »
Les yeux de la jeune femme, qui dévoraient le corps de l'homme à sa disposition, brillèrent.
« Raison de plus pour rester, non ? sourit-elle innocemment.
- Pourquoi pas ? lui rendit l'autre. A une seule condition…
- Laquelle ?
- Que tu te changes. Tu vas finir par attraper froid, comme ça et puis… tu es en blanc, on voit tout. »
Ce ne fut qu'à ce moment-là que la rousse s'aperçut que le blond rougissait. Repartant dans un rire, elle ôta son chemisier, faisant rougir anarchiquement son compagnon, et le remplaça par un pull qui trainait dans le salon.
« Mieux ? » demanda-t-elle.
Le blond acquiesça, et le sourire de la rousse s'accentua.
« A ton tour ! cria-t-elle soudain, et en s'attaquant au pantalon de son petit-ami.
- Qu'est-ce que tu fiches ? s'alarma l'autre, gêné, qui tentait de la repousser.
- Changes-toi ! ordonna la jeune femme. Tu vas tomber malade, toi aussi, à force.
- Mais… je n'ai pas de change ! paniqua le blond. »
Kushina haussa les épaules.
« Tu peux emprunter les vêtements que Fugaku laisse ici, au pire. Ils ne seront pas à ta taille, mais ça devrait aller, pour une nuit. »
Rouge d'embarras, le blond hocha la tête, et demanda où se trouvaient lesdits vêtements.
« Attends, reste là, je vais les chercher. » lui dit la jeune femme.
Elle disparut prestement, et revint quelques minutes plus tard avec un jogging et un T-shirt appartenant à son meilleur ami.
« Tiens », sourit-elle.
Il la remercia, et profita qu'elle partait se chercher des habits secs pour se changer, grommelant après le manque de pudeur de la jeune femme.
Si le T-shirt était un peu étroit, le blond était plus large d'épaules que Fugaku, le pantalon, lui allait à peu près, même si c'était gênant de porter les vêtements de quelqu'un d'autre.
Le jeune homme se demanda un instant pourquoi le brun laissait des habits ici, alors qu'il avait son propre appartement. Posant sa question à la jeune femme, le regard de celle-ci se fit songeur.
« Il n'a pas un appartement depuis très longtemps, affirma-t-elle. Il vivait ici, avant, et a laissé quelques habits pour au cas où, il aurait besoin de se changer – ça, c'est depuis qu'il est arrivé trempé jusqu'aux os, et qu'aucun métro ne marchait – ou lorsqu'il vient travailler ou dormir ici. Ses voisins sont bruyants, et on aime bien passer la soirée ensemble. Hé ! Ce serait super de se faire une soirée cinéma tous les trois, tu ne penses pas ? s'excita-t-elle soudain. Je suis sûre qu'il pourrait se libérer, même s'il est de plus en plus pris par l'hôpital. »
Minato hocha la tête. Il avait l'occasion de croiser quelques fois Fugaku, et l'avait trouvé sympathique. Il serait en effet « super », comme disait Kushina, de pouvoir apprendre à mieux le connaître car, de toute évidence, il possédait une grande place dans la vie de la rousse, et le blond était curieux d'en savoir plus sur elle.
Ainsi, il aurait apprécié pouvoir être présenté de façon plus conventionnelle à la sœur de Kushina, Alice. Il avait raconté à la rousse la fois où il l'avait croisée au Kassy's Night-Club, et la jeune femme avait soupiré, puis pesté contre sa sœur, avant de lui promettre qu'il apprendrait à connaître sa famille en temps et en heure.
Traduction ? Kushina était en froid avec Alice, pour le moment, alors cela ne risquait pas d'être demain la veille qu'il la rencontrerait officiellement. Ensuite, parents de la rousse étaient en Europe, et voyageaient constamment d'un restaurant à l'autre, ne restant jamais plus de deux mois à un même endroit. Ils avaient aussi décidé de repartir en lune de miel prochainement. De plus, le décalage horaire rendait difficile de leur téléphoner, et se libérer pour prendre l'avion allait s'avérer compliqué pour chaque partie, les deux ayant leurs obligations : les restaurants européens pour les parents, ceux japonais pour Kushina et son travail à la banque pour Minato.
Enfin, les grands-parents de la jeune femme habitaient, soit en Europe du côté paternel, soit à l'autre bout du Japon du côté maternel.
Autrement dit, c'était compliqué.
Du côté du blond… Minato prévoyait de demander à Kushina si elle voulait bien rencontrer sa famille à lui, beaucoup plus proche géographiquement. Mais pas tout de suite. Il allait d'abord devoir avouer qu'il avait une petite-amie, histoire que l'excitation s'estompe, avant de la présenter.
Le jeune homme grimaça. Il n'osait imaginer la réaction de son jeune frère, et encore moins de ses parents, et souhaitait éviter les questions autant que possible. Et surtout, laisser le temps à l'excitation de s'estomper, c'était le plus important. Son frère, en particulier, avait une propension à se mettre à sauter partout à la moindre nouvelle, et sa mère adorait les potins.
Il fut tiré de ses pensées par une Kushina câline. Cette dernière enroula ses bras autour de son cou, et laissa sa tête reposer sur ton torse.
Le blond sourit, et la serra contre lui. Au bout d'un moment, elle releva la tête pour l'embrasser, et lui murmura.
« Tu viens ? »
Ses yeux étincelaient, comme elle le menait vers sa chambre, et le blond se laissa entrainer par ses baisers, et ils s'installèrent confortablement dans le lit.
S'il y avait un paradis, c'était peut-être celui-ci, avait songé le blond juste avant de s'endormir, bercé par le corps chaud roulé en boule contre lui et l'odeur de la jeune femme.
oO°Oo
Kushina était stressée. Cela se voyait à ses gestes saccadés, quoique précis, et les employés du restaurant le ressentaient comme on pressent l'orage : avec nervosité, et une forte envie de se cacher.
Ils avaient été surpris de voir la rousse arriver, bien que ce ne soit pas exactement à l'improviste, vu qu'elle avait appelé quelques jours auparavant.
« Vous allez bien ? » s'inquiéta l'un des cuisiniers, comme elle se mettait à trembler.
La jeune femme hocha la tête, et se mordit la lèvre.
Elle avait reçu, comme prévu, la visite d'Anna la semaine précédante. Heureuses de se retrouver, les deux jeunes femmes s'étaient gavées du gâteau qu'avait préparé la rousse, avant de partir se balader, bavardant de tout et de rien.
La famille, leurs nouvelles vies respectives, les restaurants de Kushina, leurs projets d'avenir…
Comme la rousse l'avait deviné, Anna se cherchait. La brune ne savait tout simplement pas quoi faire, et avait donc choisit de voyager, dans l'espoir de trouver ce pour quoi elle se passionnerait assez pour en faire son métier.
Depuis la fin des cours, et son bac, Anna n'était pas revenue en France. Elle était partie une semaine après la fin des examens, et avait déjà visité plusieurs pays, toujours parmi ceux dans lesquels elle n'était jamais allé : le Brésil, l'Afrique du Sud, la Corée du Sud, et quelques autres, ne restant jamais plus d'un mois au même endroit, même si elle était prête à faire une exception pour le Japon : Kushina et Alice y vivant, la brune souhaitait en profiter pour passer du temps avec elles, sans compter qu'il s'agissait d'une occasion en or pour perfectionner son japonais, plutôt bancal. Et, s'il y avait bien un point sur lequel les deux sœurs étaient toujours d'accord, c'était bien Anna.
Parce que les trois femmes se connaissaient depuis plus de six ans, à présent, et qu'il s'agissait de la meilleure amie et presque-sœur-voire-jumelle-de-cœur de la cadette Uzumaki, tout d'abord. Ensuite, parce que la brune dégageait une telle aura de fragilité, qu'on ne pouvait avoir envie que de la protéger et la chérir. Enfin, parce que la jeune fille avait besoin de ce soutien.
Elle avait rencontré Alice à un moment critique de sa vie : le divorce de ses parents, et l'annonce de sa maladie. La brune, qui n'avait encore jamais eu d'amis digne de ce nom avant la rouquine, s'était lourdement appuyée sur la rousse, puis sur Kushina lorsque cette dernière l'avait prise sous son aile.
Anna était en effet atteinte d'une malformation du cœur, qui lui interdisait le moindre effort. Pas que cela l'empêche de courir quand le besoin s'en faisait ressentir, mais jamais très longtemps, et cela la fatiguait énormément.
Cela l'avait douloureusement frappée, et pas seulement physiquement : la brune adorait le sport, et se voir interdire le seul moyen de se défouler, et d'oublier les disputes incessantes de ses parents avait été difficile, presque insurmontable pour la jeune fille.
Le cœur de Kushina se serra, comme elle repensait aux yeux pleins de larmes, emplis de douleur, de la brune, qu'Alice introduisait dans sa chambre la nuit, parce qu'Anna ne voulait plus dormir chez elle et que la rousse craignait la réaction de sa famille en voyant une inconnue venir dormir à la maison chaque nuit.
A l'époque, Kushina était déjà au lycée, au Japon. Elle revenait dès que ses vacances le lui permettaient, mais avait du mal à les faire coïncider avec celles de sa petite sœur, les programmes japonais et français étant très différents, que cela concerne les compétences apprises ou le rythme scolaire. Aussi, elle avait toujours beaucoup de devoirs, et avait du mal à revenir à sa langue maternelle lorsqu'elle revenait en France, ce qui faisait qu'elle parlait toujours japonais les premiers jours, et idem lorsqu'elle revenait au Japon.
Par la suite, à la fin du lycée, Kushina avait choisi une école de cuisine située en France, préférant se situer au plus près possible de sa petite sœur, et de la fillette avec laquelle elle était devenue amie, avant de faire ses premiers pas culinaires dans un restaurant pas très loin de la petite ville où vivait la famille Uzumaki.
La main de son chef pâtissier sur son épaule fit sursauter la rousse, et la sortit de ses pensées aussi efficacement que si une explosion avait retentit à côté d'elle.
« Allez vous reposer, lui conseilla l'homme d'une voix douce. Je ne sais pas ce qui vous stresse, mais vous devriez essayer de vous détendre un peu. Tenez, ajouta-t-il en lui tendant un verre d'eau. Allez vous installer en salle. »
Kushina accepta le verre avec soulagement, mais préféra se diriger vers les vestiaires des employés, vides à cette heure avancée du service.
Elle ôta sa tenue de cuisine, et profita des douches qu'elle avait mis à disposition des employés, ayant parfaitement appris les leçons de ses débuts : rentrer chez soi avec une odeur de cuisine et plein de sueur, c'était vraiment désagréable. Aussi l'idée des douches qui, certes, coûtaient cher – et qui ne devaient être utilisées qu'après le service, pas pour se laver les cheveux avant ! avait martelé Kushina à l'usage excessif qu'en faisaient certains – mais étaient très utiles, surtout dans ce genre de cas. Les sanitaires avaient en revanche eu comme effet secondaire très embarrassant d'une quasi-divinisation de Kushina auprès des nouveaux employés, qui la considéraient comme une déesse en rapport de sa gentillesse et de sa compréhension envers ses subordonnés. Heureusement, cela ne durait jamais très longtemps, mais c'était plutôt bizarre, surtout quand un homme très mignon vous regardait avec des yeux de merlan frit et emplis de révérence.
Enfin… elle avait fini par s'habituer, voire ignorer ce genre de démonstration, surtout que les anciens expliquaient aux nouveaux que la rousse détestait cela. Elle avait toujours préféré le tutoiement au vouvoiement, de toute façon, ce qui lui avait posé quelques problèmes avec ses professeurs, qui croyaient qu'elle leur manquait de respect.
Avec un soupir, la rousse sortit de la douche, et remis les habits qu'elle avait en arrivant : chemisier noir, pantalon blanc, et bottes fourrées pour lutter contre le froid hivernal.
Sa nervosité revint néanmoins au galop lorsque, allumant son téléphone, elle constata qu'elle avait reçu de nombreux messages d'Anna.
Le dernier, qui datait d'une dizaine de minutes auparavant, disait qu'elle était en route vers le restaurant, avec un ami à elle et Alice.
C'était ça, qui stressait tant la rousse. La confrontation avec sa sœur qui, elle le savait, n'allait pas être pacifique. Elle était toujours blessées par les paroles qu'avait prononcées sa cadette avant de partir, il y avait pourtant plusieurs semaines de cela déjà, et craignait que leur dispute ne dégrade encore leur relation.
Bien sûr, elles s'étaient souvent disputées, même avant que Kushina n'entre au lycée, au Japon. Elles étaient sœurs après tout, quoi de plus naturel qu'elles se disputent et se boudent un peu ? Ce n'était pas drôle, sinon, et une sœur servait aussi à ça. Mais jamais encore Alice n'avait dit ce genre de choses… jamais la cadette ne lui avait ainsi craché au visage qu'elle aurait préféré ne pas avoir de sœur….
Kushina, poignardée en plein cœur, avait peur que cela ne recommence. Alice lui en voulait-elle encore ? Regrettait-elle ses paroles ? La rousse avait peur de la réponse, et plus particulièrement à la deuxième : un « non » la blesserait encore plus, peut-être plus que de fausses excuses de la part de sa petite sœur.
Le téléphone sonna. « On est là », était-il écrit.
Respire. Ignorer sa sœur. Voilà. C'était la solution. Ne pas lui adresser la parole, ne surtout pas la regarder. Et encore moins penser à elle.
Expire. Plutôt que de sortir par la porte de derrière, faire le tour de l'imposant bâtiment dans le froid et sans veste – Kushina l'avait oubliée à l'entrée des visiteurs – la rousse préféra traverser les cuisines, et entrer dans la salle par la porte des cuisines.
Elles étaient là, et le regard gris-bleu de Kushina croisa celui, nettement plus gris, d'Alice, qui détourna vivement la tête pour ne pas avoir à la regarder plus longtemps. Le cœur de l'aînée fut douloureusement pincé, mais Kushina n'allait pas abandonner. Ç'allait être à celle qui craquerait le plus vite, et Kushina se savait meilleure que sa sœur à ce jeu.
Elle s'installa à la table d'Anna avec un sourire pour la brune.
« Bonsoir ! » sourit-elle.
Avant de jeter un coup d'œil à l'ami de la jeune fille.
Ce qui la frappa en premier fut qu'il avait les cheveux roux. Certes, d'un roux plus foncé que le sien, mais l'homme possédait une impressionnante tignasse roux foncé, qui provoqua la joie de Kushina.
Ce n'était pas tous les jours qu'on croisait un compatriote roux, après tout !
Elle lui tendit la main, hésitant soudain sur quel langage choisir : l'homme ne comprenait pas bien le français, mais Anna ne possédait que quelques bases de japonais. La rousse finit par parler en anglais, langue que les quatre personnes présentes maitrisaient à un niveau correct.
« Enchantée, je suis Kushina Uzumaki.
- Chôza, sourit l'homme en serrant sa main avec force. »
Lexique :
1_ Le Chant de la fidèle Chunhyang : drame amoureux sortit en novembre 2000, ce film est une adaptation d'un conte populaire : l'histoire d'un amour interdit entre deux jeunes gens à l'époque féodale.
2_ To swear : en anglais, cela signifie promettre, jurer
