Bon. Je ne vais pas m'attarder en excuses inutiles, je crois que tout le monde a compris : je ne peux écrire que pendant les vacances, et la conséquence en est que je ne peux poster que pendant les vacances. Alors on va faire comme si personne n'avait d'emploi du temps de malade, et espérer que tout ça va s'arranger pour la nouvelle année, d'accord ?
Étant donné que je n'ai reçu aucune reviews, je ne vous bassine pas plus que ça. ^^
Bonne lecture ! ~
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P-S. : Au fait, j'ai change de clavier : desormais, il est en Qwerty... et tous mes accents ont disparus ! Je galere a les mettre (comme le prouve cette phrase... aidez-moi...) : c'est long et chiant. Mais j'ai essaye. Si vous voyez un oubli... signalez-le s'il vous plait !
La tonalité résonna trois fois avant que quelqu'un ne décroche.
« Allô ? fit une voix masculine.
- C'est moi, lâcha Minato avec un sourire.
- Nii-chan ! »
Le blond grimaça, et éloigna le téléphone de son oreille, bien décidé à protéger son ouïe de la voix suraiguë d'excitation de son petit-frère.
« Papa, maman, appela ce dernier, c'est Minato-nii-chan ! »
Le conseiller soupira en entendant ce suffixe, qu'il détestait plus que tout. Bien sûr, il était le grand-frère de Yahiko, mais celui-ci devait-il vraiment l'appeler « chan » comme lorsqu'il avait trois ans ?
« Donne-moi ce combiné ! s'écria la voix de la mère du blond, qui l'arracha de toute évidence des mains du benjamin, à entendre les protestations de celui-ci. Bonjour mon chéri, reprit-elle d'une voix plus douce. Comment vas-tu ?
- Bonjour maman. Bien, et toi ?
- Super, rit sa mère. Ça faisait un moment que tu n'avais pas appelé.
- Désolé…
- Ce n'est pas grave, mais cela n'arriveras plus, n'est-ce pas ? »
Minato murmura un petit « oui ». Surtout, surtout ne pas énerver sa mère. Elle était capable de tout.
« Enfin, dit-elle. Quoi de beau ?
- Pas grand-chose. Le travail se passe bien, je pourrais peut-être avoir une promotion dans quelques temps, et…
- Côté coeur, le coupa sa génitrice qui, de toute évidence, n'en avait rien à faire de son travail, comment ça se passe ? »
Minato avala sa salive, et tenta de retarder le moment fatidique.
« Où sont papa et Nee-san ? demanda-t-il.
- Namikaze Minato, gronda la femme. Réponds à ma question.
- Je… j'ai une petite amie. »
Il prit le silence qui suivit comme un encouragement à poursuivre, et continua :
« J'aimerai vous la présenter… au prochain nouvel an. Maman ? demanda-t-il devant le manque de réponse.
- Tu… Une petite-amie. Toi… Oh, je suis si heureuse ! »
Sa voix partit dans les aigus comme elle en informait toute la maisonnée.
« Dan ! Dan ! Notre petit Mina-chan a une petite-amie ! C'est merveilleux ! Dan ! »
Le blond grimaça en éloignant le combiné de son oreille, néanmoins amusé par l'excitement de sa mère. Il coinça le téléphone contre son oreille, et entreprit de mettre un plat préparé au micro-ondes. Il avait honte de se nourrir de ce genre de repas rapide, surtout qu'à chaque fois, il repensait à la cuisine de Kushina.
Et que sa mère désapprouvait.
« Rassure-moi, Minato, dit soudain Tsunade, ce son… ce n'est pas de la nourriture industrielle, j'espère ?
- Mais non ! s'écria peut-être un peu trop fort et trop vite le blond. »
Tsunade soupira.
« Minato… On en à déjà parlé...
- Ah non ! Tu ne vas pas t'y remettre, la supplia son fils.
- J'espère sincèrement que ta future femme sait cuisiner. »
Cela amusa Minato, qui gloussa.
« Ça tombe bien, elle est cuisinière. Tu connais la chaîne de restaurants Uzumaki ? Elle en est l'héritière. Elle s'appelle Kushina. »
Silence. Minato s'agita, se demandant ce que cela voulait dire. Sa mère était-elle partie ?
« Maman ? »
Toujours pas de réponse. Il l'entendit soudain revenir, discutant avec son père.
« Désolé Minato ! J'étais partie chercher ton père. Une cuisinière tu dis ? »
Elle poussa un petit cri d'excitation, ravie. Dan reprit le téléphone, et demanda à son fils, sur le même ton que sa femme, quoique plus contenu :
« Alors ? Quand est-ce que tu nous la présente ? Raconte-nous tout ! »
Un silence avide prit place, toute la famille attendant avec impatience que le cadet crache le morceau. Minato sentit le découragement l'envahir.
oO°Oo
Les deux soeurs se fixaient avec défiance. Face à face dans un café, l'endroit le plus neutre qu'avaient pu trouver Anna et Fugaku se tortillaient à côté d'elles, mal à l'aise. La tension était palpable : les deux se regardaient dans le blanc des yeux, se proposant silencieusement de s'enfuir ensembles pour y échapper.
Ni Kushina ni Alice ne s'étaient adressé la parole depuis près d'une heure, sirotant leur boisson respectives dans un silence pesant.
Dans l'espoir de la forcer à faire le premier pas, Alice tira avec insistance sur la manche de son amie.
« S'il te plait, Alice... »
Cette dernière lui renvoya un regard glacial.
Désespérée, la brune fixa Fugaku, qui tentait la même démarche de son côté. À la différence de sa soeur, Kushina céda.
« Pourquoi est-ce que tu passes ton temps à me pourrir la vie ? »
Ouch ! Ni Fugaku ni Anna ne s'attendaient à ça. Ils avaient imaginé quelque chose de plus… diplomatique. Mais Kushina était fatiguée des intrigues de sa soeur. Elle voulait en finir au plus vite, et partir. Elle avait décidé qu'un bon coup de poignard en une seule fois la ferait moins souffrir que cette douleur constante.
« Pourquoi refuses-tu que je sois heureuse ? Pourquoi… ?
- Tu ne comprends rien, répliqua la cadette. C'est le contraire ! Je veux te protéger, te voir heureuse ! Je ne laisserais plus personne briser ton coeur. Plus jamais. »
Les yeux de Kushina prirent la teinte orageuse des jours de colère.
« Tu as donc estimé bon de prendre le contrôle de ma vie sentimentale ?
- Tu es incapable de te débrouiller toute seule, bougonna Alice. Il fallait bien que je m'en mêle, pour ton propre bien. »
Kushina devint livide, furieuse.
« Pour mon bien ? balbutia-t-elle. Non mais pour qui tu te prends ! Comment peux-tu t'incruster dans ma vie comme ça et en dicter les lois ?
- Je suis ta soeur ! J'ai tous les droits, surtout lorsqu'il s'agit de ton bonheur. Ce… ce type n'est pas digne de toi. Il va encore te faire souffrir, et je ne le supporterais pas. »
L'aînée se mit à rire, elle n'en croyait pas ses oreilles.
« Même papa et maman n'auraient pas osé faire une chose pareille, dit-elle. Ils ont compris, eux, que j'ai pris ma vie en main et que la relation que j'ai avec Minato est sérieuse. Peut-être la plus sérieuse que j'ai eu jusque-là.
- Tu le connais depuis six mois ! s'emporta l'autre. »
Kushina haussa les épaules.
« Et alors ?
- Et alors ? répéta sa soeur. Mais il va te briser le coeur, comme tous les autres !
- Tu sais, Alice, tenta Fugaku, vu ce que lui a fait subir ta mere, il serait parti depuis belle lurette s'il ne l'avait pas vraiment aimé.
- Il est juste un peu plus coriace et déterminé que les autres, voilà tout, siffla la jeune fille entre ses dents. »
Kushina posa une main sur le bras de son ami pour le calmer, comme il ouvrait la bouche pour remettre la cadette à sa place.
« Laisses tomber, souffla-t-elle. Elle n'entendra pas raison. J'en ai marre. »
Elle se leva et, jetant un regard glacial à sa cadette, lâcha :
« J'aime Minato et cela ne me dérangerais pas plus que ça de passer le reste de ma vie avec lui. Si tu ne l'acceptes pas, tant pis pour toi.
- Tu n'oserais pas choisir un inconnu à la famille ? s'étrangla Alice. »
Sa soeur la considéra un moment, puis se détourna.
« Je crois que si. Au revoir, Alice. »
Et la rousse parti sans se retourner.
« Nee-chan ! cria sa cadette. Nee-chan ! »
Mais son aînée avait déjà passé la porte du café, et Fugaku s'excusa pour partir à sa suite.
Inquiète, Anna se tourna vers son amie, et la découvrit les yeux pleins de larmes, choquée. Elle la prit doucement dans ses bras.
« Chuuut… Tout va bien. Tout iras bien. »
Elle la tint fort en la sentant pleurer, le coeur serré. Elle n'en voulait pas a Kushina, sa réaction était légitime. La brune regrettait simplement que les erreurs des deux soeurs aient conduit à un tel gâchis.
oO°Oo
Kushina marchait si vite que Fugaku avait du mal à la suivre.
« Attends ! l'appela-t-il. Kushina ! »
Elle finit par s'arrêter dans un parc, respirant rapidement, comme a l'issue d'une course.
« Kushina ! s'écria une dernière fois Fugaku en la rejoignant. Ça va ?
- Je… je crois, murmura l'autre en réponse, se retenant de toute évidence de pleurer.
- Oh, Kushina, je suis désolé… souffla-t-il. On aurait dû essayer de régler ça de notre côté, Anna et moi..
- Non, vous avez bien fait. Sinon, ça aurait traîné pendant des années… On aurait fini par se déchirer quoi qu'il arrive. C'était mieux que ça arrive maintenant plutôt que dans quelques années… quand on aurait eu une famille, ou devant nos parents… »
Elle lui offrit un pauvre sourire.
« Tu imagines ? rit-elle, larmes aux yeux. La réaction de nos parents si l'on s'entretuait sous leurs yeux ? Ils seraient furieux, avant de nous filer la raclée du siècle, et ils auraient raison.
- Kushina… »
Il fit un geste pour la prendre par le bras, mais elle esquiva.
« Je… j'ai besoin d'être seule. Je suis désolée. »
Le bras de Fugaku retomba. Il fixa les yeux gris-bleu de sa meilleure amie, sur le point de céder à la colère et au chagrin. Il accepta finalement de se détourner, non sans lancer avant de partir :
« Si tu as besoin de moi, tu sais où me trouver. »
Elle hocha la tête, et, lorsqu'il se retourna après être sorti du parc, il la vit assise sur un banc, secouée de sanglots incontrôlables. Son coeur se serra douloureusement, et il s'arracha du triste spectacle pour se forcer à rentrer chez lui.
Sur la route, il se promit de tout faire pour que les deux soeurs se réconcilient : connaissant leur lien, elles étaient tout à fait capables de s'autodétruire. Après cela, ni l'une ni l'autre ne se relèverait.
oO°Oo
« Maintenant, expliques-moi tout. »
Anna tint Alice par les épaules, et la força à s'asseoir sur le fauteuil. Après avoir calmé ses pleurs, la brune avait ramené sa meilleure amie chez elle, dans la résidence étudiante qu'elle occupait. La colocataire d'Alice, Kurenaï avait jeté un coup d'oeil à la scène, avant de s'éclipser. Anna savait que les deux étaient en froid, et comptait y remédier, mais pour le moment, elle voulait comprendre.
« S'il te plait, Alice, la pria-t-elle en la voyant s'enfoncer dans son mutisme. Il faut que tu me parles… je ne pourrais pas t'aider, sinon. »
Elle crut un instant qu'elle ne lui répondrait pas, puis la rousse prit enfin la parole, d'une voix atone, égale :
« Tu te souviens de Nico ? » demanda-t-elle.
Anna hocha la tete. Nicolas, ou Nico pour les intimes, avait été le petit-ami d'Alice du milieu de son année de première à la fin de la terminale. Il l'avait brusquement quittée avant qu'elle ne parte pour ses études au Japon, alors qu'ils s'étaient promis de rester en contact.
« Je… on venait de passer le bac. On était heureux, on se croyait maitres du monde. On était convaincus d'avoir réussi, que l'avenir nous souriait. Imbeciles. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé ce soir-là, mais... tu me connais, pas vrai ? Je ne me suis aperçue de rien. Heureusement pour moi, à cause de 一 ou plutôt grâce à 一 mes problèmes de cycles, à la fin du mois, quand je me suis rendu compte que je n'avais pas mes règles, je suis aussitôt allé consulter. J'avais peur que la maladie ne reprenne. Mais le diagnostic était tout autre… j'étais enceinte. »
La jeune fille fronça les sourcils en voyant son médecin s'agiter. La femme était rarement mal à l'aise, toujours confiante en elle. La voir dans cet etat n'était pas sans inquiéter Alice, qui demanda doucement :
« Quelque chose ne va pas ? s'enquit-elle.
- Je… commença la femme après une hésitation visible. Avez-vous eu des rapports ce mois-ci, Mademoiselle Uzumaki ? »
La jeune fille s'empourpra, ne comprenant pas ce que cela venait faire dans la conversation.
« A vous voir, je suppose que la réponse est oui, soupira la médecin. Avez-vous utilisé un moyen contraceptif ? »
Alice hocha la tete. Elle en était convaincue, ils avaient utilisé un préservatif les fois où Nico et elle avaient fait l'amour ensemble. Elle-même prenait la pilule de façon quotidienne, bien qu'elle ait tendance à être étourdie et à, parfois, l'oublier.
La femme soupira.
« Soit vous avez oublié la pilule, soit le préservatif a craqué. Ou même les deux. Vous êtes enceinte. »
Alice se figea.
« C'est une blague ?
- Malheureusement non : les tests et vos réponses au questionnaire m'orientent dans cette voie : vous êtes enceintes de quelques semaines. »
Elle se saisit d'un dossier, en sortit une feuille et la lui tendit. Puis elle alla taper quelque chose sur son ordinateur.
« A partir de maintenant, deux choix s'offrent à vous : soit vous gardez le bebe… ce que je déconseille, au vu de votre âge, soit vous avortez. Cela peut paraître barbare, mais c'est sans doute la seule solution, dans votre cas. Tenez, ajouta-t-elle en lui tendant une feuille que l'imprimante venait de cracher. Ceci est pour vos parents. Etant donné que vous êtes mineure, j'ai besoin de la signature de vos parents. Aussi… vous allez bien ? »
Tete baissee, Alice tremblait de pleurs contenus.
« Est-ce que j'ai l'air d'aller bien ? cria-t-elle. Vous m'apprenez que je suis enceinte, je ne peux pas garder ce bebe mais je… je… »
Et elle éclata en sanglots. Alarmée, la femme contourna son bureau pour venir la prendre dans ses bras.
« Tout va bien se passer, dit-t-elle d'une voix qui se voulait rassurante, mais qui redoubla les pleurs d'Alice. Vous n'aurez pas à prendre cette décision seule. Nous serons tous là pour vous soutenir. Vous avez un petit-ami, n'est-pas ? Parlez-lui. Il vous aidera. »
La rousse hocha la tete, et sécha ses larmes avant de sortir du bureau, encore tremblante.
« Bien sur, après cela, j'ai presque couru dans ses bras, dans l'espoir qu'il me consolerai. »
« Enceinte ? cria presque Nicolas. Comment ça, « enceinte » ? Tu dois te moquer de moi ? »
Alice secoua la tête, la gorge serrée. Debout devant son petit-ami, elle froissait le tissu de son chemisier entre ses mains moites pour les empêcher de trembler.
« Je… commença-t-elle. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé, le préservatif a dû craquer... »
Les yeux de Nicolas s'étrécirent.
« Et ta pilule ? demanda-t-il d'un ton plaintif. Ne me dis pas que tu as encore oublié de la prendre ! »
Alice secoua honteusement la tête. De nouveau, les larmes lui montait aux yeux, et elle chercha à les effacer en se cachant le visage dans sa manche.
Nicolas resta silencieux pendant un long moment, et la jeune fille n'osa pas relever la tête pour croiser son regard. Finalement, il se leva, et dit :
« Je… qu'est-ce que tu veux que je te dises, Alice ? Je ne suis pas près à être père. Je ne peux pas prendre le risque d'avoir un enfant, même avec toi. »
Le coeur de la rousse s'emballa, et un pincement la prit douloureusement.
« Nicolas ? demanda-t-elle, effrayée.
- Je suis désolé, Alice, murmura doucement le garçon, qui commençait à reculer vers la porte.
- Attends ! cria l'autre. Je ne…
- C'est fini.
- Nicolas ! »
Mais l'adolescent était déjà parti, et ne l'écoutait plus.
« Nicolas ! hurla la jeune fille, prête à lui courir après. Attends ! Je ne veux pas le garder ! NICOLAS ! »
Alice rit avec douleur et amertume. Anna serra ses mains un peu plus fort, leur faisant presque mal.
« Connard, siffla-t-elle malgré elle.
- Ce n'est pas tellement sa faute, sourit aigrement la rousse.
- Il n'aurait pas dû faire ça, répliqua son amie.
- Mais cela n'empêche pas que la faute est partagée. Je ne l'aurais pas perdu si j'avais été plus vigilante. Aïe !
- Désolé, marmonna Anna. C'est juste que c'est un connard, c'est tout. Je ne supporte pas que tu le défendes. »
La rousse haussa les épaules, et continua lâcha :
« Il faut croire que Rimbaud avait raison.
- Pardon ?
- Lorsqu'il disait que l'on n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans. » (1)
Anna secoua la tête.
« Et si tu finissais ton histoire ? suggéra-t-elle.
- Comme tu veux. La suite est très simple : j'en ai parlé a mes parents, et on a fait les démarches pour avorter. Je n'ai revu Nico qu'une seule fois par la suite. Ce jour-là il… il m'a traitée de monstre… Pour avoir avorté. Mais… il aurait refusé que je garde l'enfant : il ne l'aurait pas reconnu, j'aurais dû l'élever seule et dans la honte. Les deux étaient condamnables, pour lui. Le simple fait… le simple fait de tomber enceinte est un crime dans son esprit ! »
Elle pleurait, à présent. Et Anna l'entraîna dans une étreinte réconfortante.
« Chuuut… calmes-toi… ne pleure plus. Il ne le faut pas, pour un connard pareil. »
Du coin de l'oeil, elle aperçu Kurenaï, à qui elle adressa un léger mouvement de tête. L'autre le lui renvoya, dans une promesse muette de s'occuper de la rousse lorsqu'Anna serait partie.
La brune frotta le dos de son amie.
« Nicolas était un imbécile, souffla-t-elle. Mais, un jour, tu trouveras quelqu'un qui t'aimera au point de tout accepter de toi, et même de désirer avoir un enfant avec toi. Ce jour n'est pas loin, j'en suis sûre.
- Non ! Je ne veux pas ! Je ne veux pas… retomber amoureuse. Ça fait trop mal, les hommes sont des connards. C'est pour ça que je dois protéger Kushina, Anna. Parce qu'elle n'est pas au courant, et qu'elle n'en n'a pas encore prit conscience, et que je ne veux pas la voir le coeur brisé.
- Alice…
- Non ! »
Elle se débattait presque, pleurant et hoquetant, et Anna la serra contre elle jusqu'à ce qu'elle tombe dans le sommeil, épuisé.
« Ma pauvre, murmura-t-elle. J'espère un jour pour toi que tu reprendras confiance en les hommes, ou tu finiras seule. Je ne laisserais pas ceci arriver. Jamais. »
oO°Oo
Minato fixa avec surprise la jolie brune qui lui faisait face. De taille moyenne, elle avait de longs cheveux bruns et des yeux clairs.
Elle avait débarqué à son bureau un peu plus tôt dans la journée, et avait fait le pied de grue devant sa porte jusqu'à ce qu'il sorte. Dès qu'il avait mit le nez dehors, elle l'avait entraîné dans le café le plus proche.
La jeune fille semblait particulièrement bien connaître Kushina et sa famille. En quelques mots, elle lui avait exposé la situation, et le suppliait à présent de l'aider à rétablir le lien brisé entre les deux soeurs.
« Tu es le petit-ami de Kushina, et le seul à pouvoir faire comprendre à Alice que votre relation est sérieuse. Elle n'a plus aucune confiance en les hommes. Elle ne croira pas non plus en le jugement de sa soeur. Tu es le seul... »
Mal à l'aise, le blond touilla son thé refroidit avec sa cuillère.
« Je veux bien, mais… pourquoi moi ? Et comment m'as-tu retrouve, d'abord ? »
Un sourire triste étira les lèvres de la brune.
« Ça n'a pas vraiment été difficile, avoua-t-elle. Je me suis contentée de rechercher ton numéro sur internet.
- C'est possible ? s'étonna le blond. (2)
- Bien sûr. C'est tout nouveau, alors le résultat est parfois imparfait, mais c'est simple d'utilisation et très utile. J'ai épluché le carnet d'adresses de Kushina, et fait mes recherches. Ça m'a pris quelques jours. Mais je t'ai trouvé. Et j'ai besoin de ton aide… s'il te plait. »
Elle lui offrit un regard insistant, suppliant presque pour son assistance.
« Comptes-tu organiser quelque chose avec Kushina dans peu de temps ? » demanda-t-elle.
Minato hésita un instant à révéler ses plans, puis se dit qu'Anna serait une alliée providentielle dans la course pour gagner le coeur de Kushina.
« Je veux l'inviter dans ma famille pour le nouvel an. »
Le visage d'Anna s'illumina. Elle s'apprêtait à dire quelque chose, mais referma la bouche, l'air soudain troublé.
« Tu veux la présenter à ta famille, c'est ça ?
- Bien sûr ! s'écria le blond.
- Tu ne voudrais pas rencontrer les parents de Kushina, avant ? »
Minato écarquilla les yeux.
« Ils sont là ? s'étonna-t-il. Je croyais qu'ils n'habitaient pas au Japon.
- C'est le cas. Seulement, Noёl est une fête très importante pour eux. Ils tiennent toujours à la passer en famille. Tout le monde va se réunir chez les grands-parents de Kushina.
- Mais le vingt-cinq, c'est dans…
- Dix jours. Raison de plus pour réserver tes billets dès maintenant. »
Anna sourit et, sans lui laisser le temps de parler, dit :
« J'ai un plan. Si tu en mets plein les yeux aux parents et aux grands-parents de Kushina, Alice n'aura d'autre choix que de t'accepter. Et puis, si tu te montres assez convaincant, elle finira forcément par tomber sous ton charme. »
Minato la regarda avec des yeux ronds, et elle lui offrit un sourire innocent et conspirateur à la fois, étrange combinaison qui le fit frissonner.
« Kushina sera au courant ? » demanda-t-il.
La jeune fille éclata de rire.
« Qu'est-ce qu'il y a de drôle ? » se troubla le blond.
Cela redoubla le fou rire d'Anna. Elle mit un temps à se calmer, puis reprit, toujours hoquetante.
« Non, bien sûr ! Ce ne serait pas drôle, sinon ! Je meurs d'envie de voir la tête qu'ils feront en te voyant ! Surtout Kushina ! Cela fait si longtemps que personne n'a tenté de lui faire une surprise. »
Elle gloussa, et Minato ne put s'empêcher de sourire, amusé.
« Alors ? demanda-t-elle. Tu en penses quoi ?
- Je crois que je vais accepter, dit-il d'un ton qui révélait son amusement.
- Dans ce cas… »
Dans un sourire complice, ils scellèrent leur promesse en se serrant la main.
oO°Oo
Le livre terminé trouva sa place dans le sac déjà bien plein de la rousse, qui dû forcer sur la fermeture pour qu'il ferme.
« Saleté ! » jura-t-elle lorsque le petit bout de métal qu'elle tirait pour ce faire manqua de lui rester dans la main.
Elle avait réussi néanmoins à arracher la suite de sa série au sac, et à le refermer sans trop l'abimer. Même si elle savait parfaitement qu'un de ces jours, le sac casserait inévitablement. Elle s'en fichait. Il était vieux, et elle comptait s'en débarrasser bientôt de toute façon.
Le quatrième volet de la saga Harry Potter était sorti en juillet, mais elle avait tenu à relire tous les livres avant de l'attaquer. Sauf que maintenant, elle mourrait d'envie de connaître la suite, et le second livre qu'elle avait apporté lui semblait bien fade, à présent. Il s'agissait d'un vieux bouquin, qu'elle avait déjà lu des dizaines et des dizaines de fois. Sa couverture avait perdu ses couleurs, et certaines pages avait souffert du temps : des phrases entières étaient désormais illisibles et, si Kushina ne l'avait pas su par coeur, elle aurait été incapable de comprendre l'histoire.
Consultant sa montre, puis son billet, Kushina gémit. Il lui restait au moins une heure et demie de trajet, et elle s'ennuyait.
Pour passer le temps, par flemme de lire, elle sortit les cartes qu'elle comptait offrir à sa famille cette année-là.
Elle les faisait a la main pendant son temps libre, et elle n'en n'était pas peu fière : passionnée d'origami et de découpage, elle créait des boites, des animaux, des décorations en tous genres et des cartes. Cette année, elle avait opté pour des arbres et des fleurs, et les silhouettes gracieuses ressortaient parfaitement sur le papier. Un oiseau délicat apparaissait parfois sur une branche, une libellule butinait des fleurs, et un chaton jouant avec un papillon.
Kushina sourit en manipulant cette dernière carte. Elle la destinait à Anna, qui aimait les chats plus que raison. La rousse approuvait cette passion, mais n'osait posséder d'animal : il fallait du temps pour s'en occuper, et elle ne pourrait plus partir de chez elle l'esprit léger comme elle le faisait en ce moment. Elle n'était pas encore prête à sacrifier cette liberté.
La rousse se demanda avec inquiétude si sa soeur allait venir. Alice avait beaucoup de travail 一 l'aînée avait appris d'Anna que les professeurs avaient donné une montagne de travail aux élèves en guise de cadeau de fin d'année 一 et une part de Kushina espérait qu'elle serait incapable de venir. L'autre moitié d'elle, comme le prouvait la carte à l'intention de sa soeur sagement rangée dans son sac, souhaitait ardemment la voir. Sa colère prédominait cependant sur sa tristesse, pour le moment, et Kushina savait que son premier geste en voyant sa soeur serait de l'étriper vive. Les excuses viendraient après… si Alice survivait à sa fureur, bien sûr.
Kushina s'installa plus profondement dans le siège dur, regrettant qu'il se soit plus confortable et d'avoir prit un billet en seconde classe alors qu'elle avait les moyens de se payer la première. Pourquoi préférait-elle la seconde, déjà ? Ah, oui, pour éviter les pédants. Et puis, on faisait des rencontres plus intéressantes et plus chaleureuses, en seconde classe.
Elle ne se souvint pas d'avoir sombré dans le sommeil, mais son réveil fut brutal : la voix froide et mécanique qui annonça son arrivée dans la gare d'Uzushio la réveilla en sursaut. La jeune femme colla son nez à la fenêtre, dans l'espoir d'apercevoir des visages familiers au-dehors. Elle sourit lorsque son oeil captura un reflet écarlate sur le quai.
Elle avait vraiment hâte de revoir sa famille. Et les sourires de ses parents et de ses grand-parents sur la plate-forme lui réchauffèrent le coeur.
Lexique :
1_ « On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans. » Citation de Rimbaud, dans son poème Roman, publié en 1870
2_ Les premiers annuaires sur internet apparurent vers le début des années 2000.
Alors ? Ma frustration est-elle justifiee ?
