Bonjour tout le monde ! Pour une fois que je parviens à poster rapidement un chapitre après un autre, j'espère que celui-ci sera bien.
Bon, je préviens, il y a un peu tête-à-claquisme dans ce chapitre (et, oui, j'invente des mots) dans ce chapitre, mais c'est bientôt fini, c'est promis. ^^
Merci à juiceandcookies pour sa review !
Merci. J'aime beaucoup Rimbaud, moi aussi, je trouve que c'est un vrai génie.
Je ne sais pas si c'est drôle, mais voici la réunion familiale (enfin, je présente les parent de Kushina !). Et ne t'inquiètes pas pour Mikoto, elle va bientôt revenir, Kushina ne peut pas survivre longtemps sans sa meilleure amie. :)
J'espère que tu apprécieras ce chapitre ! =D
Bonne lecture~ !
« Papi ! »
Hashirama vacilla en réceptionnant sa petite-fille dans ses bras.
« Kushina ! » s'exclama-t-il, un grand sourire ornant son visage.
Il la serra contre lui avec bonheur. À son grand regret, l'homme n'avait pas pu aller chercher la rousse à la gare : il avait un rendez-vous chez le médecin a la même heure, et n'avait eu d'autre choix que d'y aller.
« Comment vas-tu ma chérie ? » souffla-t-il en lui caressant doucement la tête.
La jeune fille se dégagea, les joues gonflées dans une moue boudeuse.
« Papi ! se plaignit-t-elle. Je ne suis plus une enfant ! »
Son grand-père se mit à rire, et la relâcha pour permettre à sa femme, Mito, de serrer à son tour sa petite-fille dans ses bras.
« Comme tu es belle ! s'extasia-t-elle. J'ai l'impression que tu ne cesses jamais de changer.
- Peut-être parce que c'est le cas ?
- Peut-être.
- Toi, tout cas, j'ai l'impression que tu ne changes pas d'une année à l'autre, soupira Kushina. »
C'était vrai. Les cheveux de Mito n'avaient jamais perdu de leur brillant, et pas une seule mèche blanche n'apparaissait dans la masse écarlate. Son visage était à peine ridé, les marques de l'âge semblant ne pas parvenir à s'accrocher à sa peau.
Elle était grande, et Kushina regrettait parfois de ne pas avoir hérité de sa haute stature. Néanmoins, elle était heureuse de posséder les fiers cheveux rouges de son aïeule.
Son grand-père, en revanche… le cœur de Kushina se serra en notant chaque nouvelle petite ride qui marquait le visage de l'homme qui lui offrait des bonbons et des chocolats dans le dos de sa grand-mère lorsqu'elle était enfant.
A l'instar de sa femme, le vieil homme avait les cheveux longs. Mais ils étaient striés de cheveux blancs. Ses yeux restaient cependant vifs et alertes.
« Fais attention maman, plaisanta Fusô, ou je finirais par paraitre plus vieille que toi ! »
La mère de Kushina avait hérité des yeux noisette de son père et de la chevelure de feu de sa mère, qu'elle avait transmise à sa fille. Kushina avait, en revanche, les yeux bleus-gris de son père, Aoi. Ce dernier avait les cheveux châtains, et était de taille moyenne, tout comme Ise.
« Mais nooooon ! rit Mito. Voyons ! Tu es ma fille, je suis bien plus vieille que toi.
- Tu n'es pas si vieille, maman ! »
Mito se contenta de sourire. Kushina ne se rappelait d'avoir jamais fêté le moindre anniversaire de sa grand-mère : Mito tenait son âge secret. Ni sa petite-fille, ni - Kushina en était convaincue - sa fille ne connaissaient son âge exact. Et c'était sans compter Aoi. Le gendre de la doyenne Uzumaki aurait sans doute été incapable de donner une approximation.
Les membres de la famille s'installèrent au salon pour discuter un peu de tout et n'importe quoi. Kushina finit par froncer les sourcils :
« Qu'est-ce qu'on attend, comme ça ? se troubla-t-elle.
- Qui on attends, rectifia Aoi. Ne vois-tu pas qu'il manque quelqu'un ?
- Alice ? s'étonna Kushina. Je pensais qu'elle ne devait pas venir. »
Fusô secoua la tête.
« Elle a finalement pu se libérer, dit-elle. On aura la famille au grand complet, pour Noёl.
- Ah, souffla la jeune femme, masquant de son mieux son désarroi.
- Elle doit venir avec des amis. »
Mito fronça les sourcils, mais ne dit rien, se contentant d'envoyer à sa petite-fille un regard interrogateur et vaguement menaçant, l'air de dire « Tu as intérêt à tout m'expliquer fissa ! ». Kushina se contenta d'hocher la tête, et sa grand-mère tourna son attention ailleurs, à son grand soulagement.
Plus tard dans la soirée, Alice se présenta à la porte, souriante, et trainant derrière elle une gigantesque valise, dont la famille devina qu'il s'agissait de cadeaux et de vêtements.
« Salut ! cria-t-elle en entrant.
- Alice ! s'écria sa mère en courant la prendre dans ses bras.
- Bonsoir Alice, se contenta Mito. »
La cadette était moins proche de ses grands-parents que l'était son aînée, n'étant que rarement venue leur rendre visite. Il n'était donc pas rare que les deux partis soient mal à l'aise en présence de l'autre.
« Bonsoir ma chérie, souffla Aoi en serrant à son tour sa benjamine dans ses bras.
- Papa… gémit celle-ci. J'étouffe ! »
Le père rit de bon cœur, mais, se tournant vers le restant de la famille, il sembla troublé de voir que Kushina n'avait pas bougé, alors que même Hashirama et Mito s'étaient levés.
« Tu ne viens pas saluer ta sœur ? » s'étonna-t-il.
Kushina lui renvoya un regard glacial, que partagea sa cadette. Étonné, Aoi haussa les sourcils, avant de décider qu'il se faisait des idées. Les deux sœurs étaient très proches, elles s'étaient sans doute vues plus tôt dans la journée.
La plus jeune s'écarta pour laisser entrer Anna, à qui Kushina daigna de sourire. La brune lui rendit son rictus, un éclat dans les yeux qui rendit la rousse méfiante. Après avoir chaleureusement salué la famille, elle vint s'asseoir à côté de Kushina. Se penchant vers elle comme pour l'embrasser, elle lui souffla :
« Je suis désolée. J'ai essayé de l'en empêcher, mais elle était beaucoup trop décidée. »
Puis, devant le trouble de la jeune femme, elle lui désigna la porte d'un léger coup de menton. Le souffle de Kushina se coupa, tandis que la colère prenait place dans son cœur. Alice avait recommencé !
Dans l'embrasure de la porte se tenait un homme, d'à peu près son âge. Brun, la peau plutôt basanée, il était grand et fort. Elle voyait ses muscles rouler sous son T-shirt, un peu trop moulant à son goût. Il avait une légère barbe, et les yeux noirs. Les traits de son visage étaient durs et anguleux, mais cela ne l'empêchait pas d'être plutôt séduisant, au grand dam de Kushina, qui s'empourpra. Elle jeta un regard peu amène à l'inconnu, qui lui sourit ironiquement.
« Tu nous présenter ton ami ? proposa Fusô lorsque tout le monde fut installé.
- Avec plaisir ! sourit la jeune fille. Kitsuchi, voici ma famille. Ma grand-mère, Mito, mon grand-père, Hashirama, mon père, Aoi et ma mère, Fusô. Tu connais déjà Anna. Et là, celle qui boude toute seule dans son coin, c'est ma sœur, Kushina.
- C'est vrai ça ! s'écria soudain Aoi, coupant la cadette. Tu pourrais te montrer plus accueillante, Kushina ! »
La rousse le regarda avec agacement, ce qui mit son père en colère. Il s'apprêtait à faire savoir sa son aînée ce qu'il pensait de son comportement, lorsqu'Alice se mit à rire.
« Papa, tu sais bien qu'Onee-chan est toujours froide avec les étrangers ! »
A regrets, Aoi acquiesça, bien qu'il eut toujours l'air pincé.
« Tout le monde, voici Kitsuchi.
- Enchanté, dit l'homme, vite repris par le reste de la famille sauf Kushina, bien entendu. »
Elle faisait de son mieux pour ignorer ce nouveau prétendant que sa sœur venait de lui trouver, et se tourna vers Anna pour éviter de devoir parler avec lui.
« C'est malpoli, signala la brune.
- Je sais ! siffla l'autre entre ses dents. Mais si peux le dégoûter sans avoir à dire des choses méchantes, c'est mieux. »
Anna haussa les épaules.
« Fais comme tu veux. Mais il est plutôt sympa, tu sais. Et, même si tu n'es pas intéressée, rien ne t'empêche de devenir son amie. Sur ce, moi, je vais parler avec lui. Et, si tu n'es pas trop désagréable avec lui, peut-être que le père Noël te réservera une jolie surprise ! »
Elle se leva pour s'installer à côté de l'homme, et s'insérer dans sa conversation avec Hashirama. Les trois éclatèrent de rire à la plaisanterie du nouveau venu. Kushina sentit son cœur se serrer, mais chassa son regret. Elle ne voulait plus céder face à sa sœur. Elle était en couple, et celle-ci allait devoir l'accepter.
La soirée se déroula plutôt bien, du point de vue des convives, bien que Kushina ignorât royalement Kitsuchi, au grand désarroi de celui-ci, ainsi que sa sœur.
Au moment d'aller se coucher, cependant, Mito retint l'aînée.
« Je ne sais pas ce qu'il se passe entre ta sœur et toi, mais tu as intérêt à le régler, et vite.
- Ce n'est pas de ma faute, souffla finalement Kushina après un silence.
- Peut-être, mais tu es l'aînée. C'est à toi de régler les choses. »
Kushina la foudroya du regard, furieuse. C'était à celle qui avait commencé de s'excuser, pas l'inverse !
« Tu…
- Je ne te dis pas ça parce que tu es l'aînée, bien que tu le sois effectivement, mais surtout parce que tu es plus mature. Alice est trop impulsive, elle ne sait pas encore s'excuser sans être forcée par quelqu'un, toi en l'occurrence. »
Elle sourit doucement, relâchant sa petite-fille.
« Mais ne t'inquiètes pas. Un de ces jours, tu pourras te venger… Quand elle sera plus adulte, ce sera à elle de venir s'excuser. »
Après un dernier sourire, elle laissa Kushina aller se coucher et réfléchir à ses paroles.
« Bonne nuit ma chérie. »
oO°Oo
Kushina resta longtemps allongée dans son lit et, agacée par son insomnie, finit par se lever. Elle connaissait un excellent remède, pour elle en tout cas.
Elle descendit à la cuisine, pieds nus, et frissonna : le carrelage était froid. Avec un soupir, elle prit une tasse, et se servit un thé à la vanille, ramené de leurs dernières vacances par ses parents. Elle résista à la tentation d'y rajouter une cuillère de miel, sachant que le miel n'allait en rien améliorer le goût et que, en plus, c'était trop sucré.
Elle s'installa sur le canapé, et soupira d'aise en enveloppant ses pieds gelés dans une couverture bien chaude et toute douce. Elle souffla délicatement sur le liquide brûlant, ne souhaitant pas se brûler la langue : déjà que c'était désagréable, elle avait besoin de son sens du goût pour cuisiner, et ne tenait pas à le perdre, même momentanément.
Qu'est-ce que c'était fragile, ces fichues papilles !
Elle était sur le point de s'endormir, sa tasse désormais vide sur la table basse devant elle, lorsqu'un son la fit sursauter, et se tourner vivement.
La rousse soupira en voyant qu'il ne s'agissait que de l'inconnu.
« Oh, c'est toi. » murmura-t-elle en revenant à sa position première.
Elle n'avait pas l'énergie d'être désagréable avec lui et, en fin de compte, elle n'avait rien contre lui. Seulement contre sa sœur.
« Vous savez… commença Kitsuchi, je ne suis pas là pour vous importuner. Je suis surtout ici pour Alice… ça lui fait plaisir, et elle avait l'air tellement déprimée, ces derniers temps… »
Puis, voyant qu'elle ne répondait pas, il s'apprêtait à partir, lorsqu'elle le retint.
« Moi aussi je suis désolée. D'avoir été désagréable, je veux dire. J'en veux à ma sœur, pour ne pas accepter ma relation avec mon petit-ami. Elle refuse de me voir heureuse… alors elle n'arrête pas de me présenter des hommes qu'elle approuve. Comme vous. »
Kitsuchi vint s'asseoir à côté d'elle, à une distance respectable cependant. Il eut un sourire triste.
« Je suis désolé pour vous, dit-t-il.
- Ce n'est pas grave. C'est vous qui avez été instrumentalisé. »
Kushina se leva, enveloppant pudiquement la couverture autour d'elle : sa tenue était trop légère pour s'exposer devant un inconnu sans rougir.
« Je… Alice va s'excuser, j'y veillerai. Encore désolée. »
Elle eut la désagréable impression de s'enfuir, comme elle remontait les escaliers quatre à quatre. La rousse maudit sa sœur de la mettre dans ce genre de positions, alors qu'elle était sûre qu'en toute autre situation, elle aurait très bien pu s'entendre avec Kitsuchi.
oO°Oo
Kushina eut du mal à quitter sa chambre, ce matin-là. Après son insomnie de la nuit, elle avait dormi jusques tard, mais ce n'était pas ça qui la retenait dans la pièce.
Juste… la rousse n'avait pas envie d'être confrontée à sa sœur. Alice était partie trop loin. Cela ne la dérangeait pas d'être le jouet de sa cadette, elle en avait l'habitude. Mais qu'elle instrumentalise et blesse quelqu'un d'autre… ça, elle ne le laissera pas passer.
Finalement, après s'être assurée qu'il n'y avait plus personne à l'étage, avant d'aller prendre sa douche et de se préparer pour la journée.
« Ah ! sourit Mito en la voyant descendre les escaliers. Te voilà ma chérie ! Je commençais à m'inquiéter.
- Il n'y a pas de raison ! protesta Kushina. J'étais juste… fatiguée.
- Tu as bien dormi, j'espère ? s'inquiéta Hashirama.
- Mais bien sûr que oui ! »
Ses grand-parents avaient beau être gentils, ils étaient parfois un peu trop attentionnés, tellement que c'en était gênant. Comme le soir précédent, elle ignora soigneusement sa cadette, ce qui lui valut un coup d'œil appuyé de sa grand-mère. Cela aussi, elle l'ignora. En revanche, elle dédia un sourire à Kitsuchi, qui le lui renvoya. Une expression étonnée, mais victorieuse, apparu sur le visage d'Alice.
La matinée étant bien avancée, Mito se leva pour aller préparer le déjeuner.
« Des crêpes, ça va pour tout le monde ?
- Oui ! fut la réponse positive de tous.
- Je viens t'aider ! s'écria Hashirama en se levant. »
Un vent d'horreur souffla sur la famille.
« Mais non papi, j'y vais, reste ici ! cria presque Kushina en se levant d'un bond. Je vais aider mamie. »
Elle se précipita à la suite de sa grand-mère. Au contraire de sa femme, de sa fille et de toute la famille en général, Hashirama était d'une nullité crasse en cuisine. Il ratait tous ses plats, qui tenaient plus de la potion de sorcière empoisonneuse que de la nourriture. Il était hors de question pour tout le monde d'avaler quoi que ce soit qui venait de lui. Anna se chargea d'expliquer la situation a Kitsuchi, qui dut retenir un éclat de rire, qu'il dissimula en un éternuement pour ne pas vexer le doyen. Ce dernier fronça les sourcils, mais ne comprit pas, une fois de plus, pourquoi on lui refusait l'accès à la cuisine.
« Tu as réfléchi à ce que je t'ai dit, hier ? interrogea Mito une fois dans la cuisine.
- Oui, dit Kushina, sans approfondir davantage. »
Les deux femmes préparèrent en silence la pâte, prenant plaisir à cuisiner ensembles.
« Que vas-tu faire ? »
Kushina haussa les épaules.
« Je ne sais pas. Déjà… j'ai décidé de ne pas être désagréable envers Kitsuchi : il ne m'a rien fait, je n'ai pas à le blâmer. »
Mito acquiesça, et se lava les mains pour enlever les traces d'œufs, de farine et de lait.
« C'est bien, commenta-t-elle. Mais trouve un moyen de te réconcilier avec ta sœur… avant demain, si possible.
- Hein ? Pourquoi ?
- Tu verras. »
La rousse resta immobile un instant, avant de courir après sa grand-mère.
« Attends ! De quoi parles-tu ?
- Mais de rien, voyons, ma chérie. Rien du tout. »
Mito refusant de lui répondre, la jeune femme jura, le mystère entier.
En passant, la vieille femme offrit un clin d'œil à Anna, et les deux échangèrent un sourire complice.
« Traitresses ! » siffla-t-elle, faisant rire les deux femmes.
oO°Oo
« A table ! » crièrent Aoi et Fusô en déposant les assiettes sur la table.
Ils sourirent en entendant Alice descendre l'escalier à toute vitesse, sautant les dernières marches pour aller plus vite.
« J'ai faim ! s'écria-t-elle en s'installant.
- Tututu, jeune fille, dit sa mère : les mains d'abord !
- Pffff... souffla la jeune fille. »
Elle surprit le regard agacé que lui renvoya sa sœur aînée qui, les mains propres, s'asseyait à son tour. Kitsuchi, qui arrivait derrière elle, hésita un instant avant de s'assoir à son tour. En revenant de la salle de bain, Alice s'aperçut qu'il lui avait réservé la place à côté de lui, et sourit.
« Merci, dit-t-elle en s'installant.
- De rien, souffla le jeune homme en tendant son assiette à Fusô pour qu'elle le serve. Merci, lâcha-t-il à son intention. »
Alors que tout le monde attaquait son repas, dans la bonne humeur et dans un concert de murmures appréciatifs.
Profitant de l'aide que lui apportait sa petite-fille lors du débarrassage de la table, Mito s'enferma dans la cuisine avec elle.
« Je peux savoir à quoi tu joues ? demanda-t-elle.
- Je ne vois pas de quoi tu veux parler, se referma immédiatement Alice.
- Ne fais pas l'innocente. Je te connais, Alice. Et je connais ta sœur. Certes, je n'ai peut-être pas passé autant de temps avec toi qu'avec elle, mais tu n'as pas beaucoup de secrets pour moi, pas encore du moins. »
Alice se crispa, mais choisit de ne pas répondre, par prudence ou par insolence, sa grand-mère ne parvint pas à le déterminer.
« Alice… soupira-t-elle en posant sa main sur son bras. Je veux t'aider, tu sais. Je t'aime, je ferais tout pour que tu sois heureuse. Tu ne l'es pas, et cela me fend le cœur.
- Mais qu'est-ce que vous avez à tous me dire ça, siffla la plus jeune. Je suis heureuse, arrêtez de…
- Alice ! la coupa Mito. Je suis au courant pour Nico. »
La jeune fille se figea. Comment…
« Ce sont tes parents qui, les premiers, m'en ont parlé. Mais c'est Anna qui m'a révélé ton véritable état d'esprit.
- Traitresse ! siffla Alice. Cette espèce de sale petite… elle… je lui faisais confiance ! A qui d'autre elle a cafté ?! »
L'air calme de Mito contrasta avec le pli autour de ses yeux, témoignant de son inquiétude.
« Calme-toi, la pria-t-elle. C'est moi qui ait insisté. Je savais que quelque chose n'allait pas. »
Alice renifla, riant presque, amère et douloureuse.
« Même maman ne s'est aperçue de rien ! gémit-t-elle, sans savoir si elle était vexée, ou heureuse de voir que sa mère elle-même n'avait pas percé ses secrets.
- Parce qu'elle te fait trop confiance… murmura sa grand-mère. Elle a beau être inquiète, car elle a remarqué quelque chose, crois-moi, elle te fait confiance pour venir en parler, ou régler les choses par toi-même.
- Est-ce que cela veut dire que tu ne me fais pas confiance ? »
L'autre haussa les épaules.
« Non. J'ai simplement appris, avec l'expérience, que les enfants viennent de plus en plus rarement se confier à leurs parents au fur et à mesure qu'ils grandissent. C'est normal et, au bout d'un moment, on assume qu'ils viendront d'eux-mêmes. Ce n'est pas toujours vrai. Et c'est bien parce que je suis votre grand-mère que je le sais. Fusô est encore trop jeune, elle le comprendra lorsque vous prendrez définitivement votre envol, et avec ses petits-enfants.
- Ce sera trop tard, alors, commenta Alice.
- Pas du tout ! contra la vieille femme. Juste… la relation est différente, c'est tout. Tu le comprendras plus tard. »
Alice haussa les épaules, et se détourna.
« Alice… laisse-moi finir avant de partir, lui ordonna Mito. »
Elle lui désigna une chaise, devant le bar, sur laquelle Alice s'assit avec raideur. Jamais la jeune fille n'avait été aussi mal à l'aise et tourmentée devant sa grand-mère. Mito était… perspicace. Intelligente. Elle semblait toujours lire à travers ses enfants et petits-enfants. Même Hashirama se retrouvait dans des situations gênantes avec sa femme.
Parfois, Alice regrettait de ne pas avoir hérité de la couleur exacte des yeux de sa grand-mère : il s'agissait d'une assez bonne arme, en fin de compte.
« Tu es malheureuse, ça, je le comprends. Mais je refuse… non, tu n'as pas le droit de rendre ta sœur malheureuse ! Tu n'as pas…
- J'agis pour elle ! cracha la jeune fille. Je veux la voir heureuse, au contraire ! Pourquoi refusez-vous tous de le comprendre ?
- Attention, revoilà l'adolescente prépubère incomprise de tous, siffla à son tour Mito, agacée. Tu n'es pas au cœur du monde ! Tu n'as pas à décider pour qui que ce soit d'autre que toi. Ta liberté s'arrête là où commence celle des autres, tu te souviens ?
- Parfaitement ! Mais je suis dans mon droit de vouloir voir ma sœur heureuse, sans sale type pour la parasiter ! Ils sont tous pareils ! Je refuse qu'elle reste avec ce… ce…
- Son petit-ami, Alice. Son petit-ami. »
Sa petite-fille l'incendia du regard.
« Tu le connais ! l'accusa-t-elle.
- Pas du tout. Mais j'espère qu'il me sera présenté bientôt.
- Cela n'empêche pas que tu cautionnes ce que fait Kushina.
- Pas toujours, dit l'ancienne. Mais justement : elle fait ce qu'elle veut, et c'est avec ses propres expériences que l'on forge sa vie et son être. Si tu lui enlèves ça, que va-t-elle devenir ? Et puis, on ne peut pas juger quelqu'un avant de l'avoir rencontré, Alice. Nous ne t'avons pas appris ça. Je suis déçue. »
D'un signe de la main, Mito fit comprendre à sa petite-fille qu'elle était congédiée, et la jeune fille sortit de la pièce d'un pas raide d'indignation. Son grand-père l'attendait devant la porte, les yeux brillants de plusieurs émotions, parmi lesquelles elle put y lire la déception et le chagrin.
« Quoi ? cracha-t-elle. Tu vas me faire la leçon toi aussi ? »
Hashirama resta silencieux, et Alice fut soulagée de découvrir le salon vide en y pénétrant. Elle ne savait pas où étaient passés les autres, mais ils lui foutaient la paix, et ça lui allait très bien comme ça. La voix d'Hashirama la fit soudain sursauter, et elle se retourna, les yeux emplis de défiance.
« Si tu considères que tous les hommes sont pareils, lui demanda l'ancien, que penses-tu de nous ?
- De vous ? s'intrigua la rousse.
- De ton père. De moi. De Kitsuchi. De tous les hommes que tu as présentés à Kushina en général. Que sont-ils à tes yeux ? Que sommes-nous ?
- Ce n'est pas pareil, réfuta la jeune fille.
- Qu'est-ce qui est différent, Alice ? Nous sommes tous des hommes, les mêmes que ceux en qui tu as perdu confiance.
- Mais vous ne m'avez pas trahi, vous…
- Minato non plus. Tu te contredis. Tu souhaites tous nous ranger dans le même sac, mais tu fais quand même des exceptions arbitraires. Dans un sens, tu ne vaux pas mieux que ces hommes dont tu te moquais, étant plus jeune, tu te souviens ? Tu les traitais d'imbéciles, ceux qui avaient des préjugés, qui se méfiaient et haïssaient leurs semblables. Mais tu es en train de tomber dans le même piège. Méfie-toi, Alice… méfies-toi. »
Elle ne lui laissa pas le temps de dire autre chose.
« Mais foutez-moi la paix ! hurla-t-elle. De toute façon, vous ne comprendrez jamais ! Vous n'avez pas vécu ce que j'ai vécu ! FOUTEZ-MOI LA PAIX, BORDEL ! »
Elle se rua vers les escaliers, et claqua avec fracas la porte de sa chambre. Hashirama vint trouver sa femme dans la cuisine, effondrée sur une chaine du bar.
Elle le regarda avec des yeux pleins de douleurs, mais pas de larmes : Mito avait trop de fierté pour pleurer.
« Hashirama… murmura-t-elle d'une voix faible. Dis-moi, qu'est-ce que nous avons fait de mal, avec Alice ? Où avons-nous tous pu nous tromper… à ce point ? »
L'homme la prit dans ses bras sans rien dire. Dans le même silence, le reste de la famille sortit d'une pièce annexe, et tout le monde se fixa dans le blanc des yeux.
Oui… où avaient-ils pu se tromper en tant que proches ? Comment avaient-ils pu laisser passer une telle douleur, sans en parler, ni même pour certains, l'apercevoir ?
Ça faisait mal… Terriblement mal, de voir ceux que l'on aimait souffrir.
Encore plus lorsque l'on savait que quelque chose aurait pu être fait.
Pas de lexique pour aujourd'hui mais, si quelque chose n'est pas clair, dites-le moi, d'accord ?
Alors, vos réactions ? ;)
