Hello tout le monde ! Juste une petite note pour dire bonjour, et pour vous souhaiter une bonne lecture !
Enjoy~ !
Le soir venu, Alice refusa de sortir de sa chambre, au grand soulagement de Kushina : la rousse n'avait pas spécialement envie de la voir après le coup d'éclat auquel elle avait assisté durant l'après-midi.
Anna, elle, était inquiète. Elle s'en voulait de l'être, au vu de l'état de l'aînée des deux sœurs, mais elle connaissait bien la cadette : Alice était tout à fait capable de faire une grosse, très grosse bêtise, et la brune considérait comme son devoir de veiller à ce qu'elle n'en fasse aucune. Après tout ce qu'elle avait fait pour elle, c'était bien la moindre des choses. Elle s'apprêtait à monter, lorsque Mito l'en empêcha. Surprise, elle s'apprêtait à protester, lorsque la vieille femme lui fit signe de s'approcher :
« Laisse, dit-elle doucement. A partir de maintenant, c'est à nous de continuer. Nous avons failli en tant que famille, tu es la seule à t'en être aperçue, et à avoir agi… Je t'en remercie. Mais, à présent, c'est à nous de nous faire pardonner, en tant que proches, pour avoir été aveugles. J'irais la voir après le repas.
- Elle refusera peut-être de vous recevoir, nota la jeune fille. C'est avec vous qu'elle s'est disputée, après tout… »
La vieille femme prit un air douloureux, mais acquiesça.
« Je veux juste voir comment elle va ! plaida la brune.
- D'accord, céda l'ancienne, mais après le repas. Je connais mes petites-filles. Si l'odeur de nourriture ne l'as pas fait descendre, là on ira voir. Je ne veux pas la brusquer, elle se braquera, et cela rendra le dialogue encore plus difficile. »
La brune sourit, victorieuse, et se dirigea plus ou moins joyeusement vers la table, et s'assit près de Kitsuchi, à qui elle sourit doucement. Le repas fut court, car ils avaient déjeuné tard, et ils mangeaient ce soir-là les restes du précédent repas, soit de nouveau des crêpes, au grand plaisir des convives, qui jugeaient ne pas en avoir assez eu.
« Bande de gloutons ! siffla Mito, amusée, en les voyant se disputer les dernières crêpes. Hop, celle-là est pour moi ! ajouta-t-elle en attrapant une galette au vol.
- Hé ! protestèrent les autres. »
La vieille femme se contenta de rire en étalant une épaisse couche de confiture faite maison.
« Voleuse ! bouda sa petite-fille. Celle-ci était censée être pour moi ! »
Mito sourit en enfournant son dessert dans sa bouche, malicieuse.
« Tu n'as pas été assez rapide, tant pis pour toi ! » commenta Fusô, s'attirant le regard furieux de sa fille.
Pour rajouter une couche, Aoi en profita pour ébouriffer les cheveux de son aînée.
« Mais ! chouina la jeune femme, provoquant un rire général. Laissez-moi tranquille ! Papi, ils m'embêtent ! »
Anna se détourna de la scène pour regarder vers les escaliers menant à l'étage, le cœur soudain serré. Cette image était belle, mais il manquait son amie pour être complète. La brune s'empressa de se saisir des deux crêpes rescapées, sous les protestations véhémentes des autres convives.
« Quelqu'un n'a pas encore eu sa part, ce soir. » leur reprocha-t-elle.
Mito sourit, hochant imperceptiblement la tête. Les autres boudèrent un peu, mais c'était pour la bonne cause, et Kushina aida ses parents à débarrasser la table tandis que les autres allaient s'installer au salon.
Anna, elle, monta discrètement les escaliers, une assiette à la main. Arrivée à l'étage, elle toqua à la porte de la chambre d'Alice.
« Alice ? souffla-t-elle. C'est moi… Anna. »
Sans grande surprise, elle ne reçut aucune réponse, mais ne se découragea pas pour autant.
« Allez, ouvre, tête de mule, soupira-t-elle. Je te jure que je suis toute seule. Tu n'as rien mangé, ce soir… tu dois avoir faim. Allez, prend au moins l'assiette, s'il te plait. »
Elle continua à supplier son amie de sortir de son silence, ou au moins de sa chambre, mais elle eut beau essayer pendant une dizaine de minutes, rien ne vint.
« Alice ! finit par s'énerver la jeune fille. Si tu ne sors pas d'ici tout de suite, je jure de mettre une clé dans ta serrure pour que tu ne puisses pas sortir de la nuit. Comme ça, je serais sûre que tu sortiras demain matin, au moins pour aller aux toilettes, boire et manger. ALICE ! »
Toujours rien. De fureur, la brune balança un coup de pied dans la porte, qui fit vibrer le panneau de bois et lui meurtrit cruellement le gros orteil du pied avec lequel elle avait frappé.
« Merde, jura-t-elle.
- Hé ! cria quelqu'un d'en bas. Doucement avec les portes !
- Oh, ça va, bougonna la brune à mi-voix.
- Et pas la peine de m'envoyer me faire voir ! cria la voix. Je sais bien que c'est ce que vous pensez, là-haut ! »
Malgré elle, Anna sourit. Elle avait toujours eu l'impression que les Uzumaki lisaient dans les pensées de ceux avec qui ils vivaient. De là où elle était, elle entendait Kitsuchi se moquer de la famille, et du pouvoir d'entendre des sons que personne d'autre n'entendait, que possédait apparemment Hashirama.
Anna pouffa, et un bruit semblable lui parvint de l'autre côté de la porte. Ravie de cette amélioration, la brune lâcha à travers la porte.
« Bon, d'accord, j'y suis allé un peu fort, admit-t-elle. Mais tu le mérites ! Je suis morte d'inquiétude, mois, qu'est-ce que tu crois ! ajouta la brune. Tu n'es pas sortie de l'après-midi, tu peux comprendre, non ? »
De nouveau le silence. Un peu déçue, la brune s'apprêtait à recommencer à parler, au moins pour occuper le silence, lorsque la voix d'Alice résonna depuis sa chambre.
« Détruire ma porte ne t'apporteras rien… murmurait la rousse. Sauf peut-être la colère de papi. Tu le connais. Il ne supporte pas qu'on abîme sa maison.
- C'est le moins qu'on puisse dire, bougonna son amie. Et puis bon, ce n'est qu'un simple coup de pied, je n'ai pas défoncé la porte, non plus. C'est un vrai dragon, Hashirama, quand même. C'était juste un coup de pied, pas la peine d'en faire tout un plat.
- J'ai entendu ! cria le vieil homme depuis le salon. »
La jeune fille avait peut-être parlé un peu plus fort qu'elle ne l'avait d'abord pensé… Des éclats de rire montèrent depuis les escaliers, et Alice elle-même émit un son entre le rire et le grognement. La porte s'entre-bâilla, laissant apercevoir les yeux gris-bleus d'Alice à travers l'ouverture.
« Oups. » lâcha innocemment Anna.
C'était gagné. Alice rit cette fois plus franchement, et s'écarta pour laisser passer son amie.
« Allez, dit-t-elle. Entre. »
La brune ne se fit pas prier. Elle déposa l'assiette sur le bureau, et s'installa confortablement sur le lit.
« Fais comme chez toi, surtout, bougonna la brune, avant de détourner son attention vers le plat. Des crêpes ! s'écria-t-elle. J'en sentais l'odeur d'ici… j'en avais l'eau à la bouche. Merci de m'en avoir apporté !
- De rien, lui sourit l'autre. »
Alice souleva avec surprise le papier aluminium qui enveloppait l'assiette, et poussa un cri de ravissement en découvrant à quoi les crêpes étaient : la confiture maison de sa grand-mère, qu'elle adorait. Les crêpes disparurent prestement et, bientôt, il ne resta plus rien.
« Merci, répéta-t-elle, avant de demander avec espoir : Il en reste encore ?
- Non, fit la brune en secouant négativement la tête. C'est les deux seules que j'ai pu sauver… désolé.
- Ce n'est pas grave… je n'ai plus très faim. »
Mais, malgré son haussement d'épaules parfaitement étudié pour avoir l'air désintéressé, la rousse était tout de même déçue. Elle en aurait bien repris.
« Je me vengerai demain ! reprit-elle avec entrain.
- Demain ? répéta Anna sans comprendre.
- Bah oui… je ne vais pas rester enfermée là pour toujours, quand même.
- Pourquoi n'es-tu pas descendue plus tôt ? s'étonna Anna.
- Je vais descendre, la rassura l'étudiante en technologie. Dès demain matin. Mais, ce soir... aujourd'hui, j'avais besoin de réfléchir. »
La brune scruta le visage de son amie, à la recherche du moindre signe de douleur ou de doute. Mais il aurait été vain d'en chercher, Alice ayant seulement l'air résolue.
« A quoi as-tu réfléchi ? demanda alors son amie.
- Oh, ci et ça… »
Alice fit la grimace.
« Je vais devoir présenter mes excuses à papi et mamie. Je n'aurais pas dû m'énerver. J'ai eu tort. C'était bête, et méchant, ce que j'ai fait. Vraiment idiot… Pfff ! ajouta-t-elle en se grattant l'arrière de la tête d'un air gêné. J'ai l'impression de devoir des excuses à tout le monde, c'est vraiment désagréable. »
Puis elle retrouva son sérieux, et prit les mains de son amie entre les siennes. Prise au dépourvu, Anna fronça les sourcils.
« Qu'est-ce que tu fais ? demanda-t-elle, troublée.
- Je ne vais pas me répéter, alors écoute-moi bien, lâcha la rousse.
- De quoi tu parlㅡ
- Je suis désolée. »
Anna écarquilla les yeux.
« Tu l'as dit, murmura-t-elle, étonnée.
- Oui. »
Alice était fière. C'était un trait de caractère que l'on retrouvait chez tous les Uzumaki ㅡ et chez de nombreuses personnes en général ㅡ mais particulièrement développé chez la jeune fille. Cette dernière était fière, butée et une vraie tête de mule. Un mélange explosif. Elle avait souvent du mal à s'excuser, ou à reconnaitre ses erreurs, justement à cause de cela. L'entendre demander pardon était quelque chose d'exceptionnel.
« Ne me fais pas répéter, s'il te plait… grimaça la rousse. D'accord ?
- Bien sûr. Mais tu en dois à tout le monde, alors tu vas bien devoir le faire.
- Je sais ! râla l'autre. Pas la peine de me le répéter, je sais. C'est pourquoi je vais tous les réunir avant de le dire… comme ça, je n'aurais pas à le faire plusieurs fois.
- Idiote, soupira la brune, amusée. »
Alice sourit, et serra son amie contre elle.
« On peut dormir ensemble, demanda-t-elle soudain.
- Hein ? Pourquoi ?
- En souvenir du bon vieux temps… et aussi parce que ça me rassurerait. J'ai l'impression que, si je quitte cette chambre, tu vas de nouveau t'y enfermer, et je ne suis pas sûre d'avoir la patience de te supplier d'ouvrir la porte encore une fois. »
Alice éclata de rire.
« D'accord ! sourit-elle. On dort ensemble cette nuit. Mais seulement cette nuit ! l'avertit-elle. Tu bouges beaucoup trop pour que mon dos en supporte une seconde.
- Méchante ! bouda Anna. »
Il était notoire dans la famille que la brune bougeait beaucoup. Au point qu'il lui arrivait de se réveiller sans-dessus sans-dessous, irrémédiablement entortillée dans sa couette après avoir trop bougé. Et incapable de s'en sortir toute seule, bien sûr. Ses appels au secours dans ce genre de cas étaient devenus une sorte de plaisanterie, qu'elle avait d'abord très mal pris, avant de rire à son tour. C'était également une source de problème quand il s'agissait de dormir avec quelqu'un : la personne se prenait des coups tout la nuit, et dormait souvent mal. Sauf, on ne savait trop pourquoi, Alice. Peut-être parce qu'elle aussi était un asticot au lit, et qu'elle devait rendre coup sur coup à l'invité surprise dans son lit.
Les deux filles se livrèrent un concours de chatouilles ㅡ Anna avait tenté de se venger, et Alice ne faisait que se défendre ㅡ pendant un moment, jusqu'à ce qu'elles s'effondrent sur le lit, riant encore par à-coups. Anna posa enfin la question qui la taraudait depuis un moment.
« Tu vas demander pardon à Kushina ? »
Alice fronça les sourcils, se redressant sur ses coudes.
« M'excuser ? Pour quoi faire, demanda-t-elle, étonnée. Je n'ai rien à me faire pardonner ! »
Son amie eut l'air scandalisé. La brune se redressa vivement, et la regarda droit dans les yeux.
« Tu lui as dit beaucoup de choses horribles, ces derniers mois, lui reprocha-t-elle. Et tu ne cesses de lui présenter des hommes dans l'espoir qu'elle tombe amoureuse d'eux, sans le moindre tact !
- Je ne vois pas le rapport ! s'offusqua l'autre. Je veux bien m'excuser pour ce que je lui ai dit, mais je ne comprends pas ce que ça à faire avec les rendez-vous. »
Anna soupira. Il était temps de commencer l'une des phases essentielles de son plan.
« Tu es dénuée du moindre tact et diplomatie, dit-elle.
- Parce que toi, tu en as plus ? siffla Alice.
- Oui. »
Au moins, elle ne prenait pas de pincettes et elle était franche, songea Alice avec ironie. Elle trouvait cela incroyablement agréable, surtout quand les reproches étaient dirigés sur elle.
« Je vais te montrer, ajouta la jeune fille. J'ai invité un ami. Il vient demain soir. »
La rousse cligna des yeux. Une fois. Puis une deuxième.
« Pardon ? fit-elle. Attends, répètes, je n'ai pas bien entendu. »
C'était un mensonge, bien sûr, mais la jeune fille avait l'impression que sa mâchoire allait se décrocher. Elle ne savait pas si elle devait se sentir vexée qu'on lui donne une leçon, ou si elle était heureuse que, malgré tout, son amie accepte de l'aider dans la recherche d'un homme idéal.
« J'ai invité un ami. Il arrive demain soir.
- Papi et mamie sont au courant ?
- Bien sûr. Je n'aurais rien pu faire sans leur accord. »
C'était vrai. La grand-mère de Kushina était impliquée dans la venue prochaine de Minato au point qu'on ne verrait sans doute plus sa tête dépasser. Son mari l'était un peu moins. Seulement jusqu'au cou.
« Et comment comptes-tu faire passer cela auprès de ma sœur ? demanda Alice, curieuse malgré elle.
- Premièrement, commença son amie, je le connais depuis un moment. On a largement eu le temps d'échanger, alors on se connait plutôt bien. Il est conseiller bancaire. Je l'ai rencontré lors d'un voyage. Il venait en Europe pour les vacances, et on a sympathisés sur le quai d'une gare : je devais rejoindre un ami, à Lyon, et lui bah… il était en vacances, quoi. On a bavardé dans le train. C'était à peu près deux semaines avant que je ne parte en voyage, et on est resté en contact depuis. Il m'avait même proposé de loger chez lui pendant mon voyage au Japon, mais je n'avais pas envie d'être un poids lourd. Et puis, je venais surtout vous voir, pas me trouver un petit-copain, même s'il est très mignon, soit dit en passant. »
Il était vrai que Minato était tout à fait du style d'Anna. Blond, yeux bleus. Elle adorait ça. Bien que les bruns n'étaient pas mal, non plus, mais elle avait tendance à préférer les yeux clairs.
« Anna, tu baves. » lui indiqua Alice, blasée.
La jeune fille s'effaça prestement le filet de salive qui lui avait coulé sur le menton. Oui, Minato était tout à fait son style… dommage qu'il soit déjà pris, sinon elle aurait tenté sa chance. Il était très beau, prévenant et gentil, après tout. La brune soupira d'un air dramatique.
« Pourquoi tu ne tentes pas ta chance avec lui, s'il te plait autant ? » s'étonna Alice.
Oups, Anna n'avait pas pensé à trouver une explication, et vite.
« Il m'a clairement fait savoir qu'il n'était pas intéressé… trop jeune. »
Alice s'esclaffa devant l'air dépité qu'affichait son amie.
« Hé ! ce n'est pas drôle ! protesta la jeune fille. Alice ! »
Mais l'autre ne l'écoutait pas, et continua allègrement de se moquer, tandis que la brune prenait le parti de bouder. Elle la laissa essuyer quelques larmes avant de continuer :
« Il doit avoir l'âge de Kushina, à quelques mois près, précisa-t-elle une fois l'hilarité de son amie calmée. Je pense que le contact devrait bien passer. »
La rousse hocha la tête, un sourire aux lèvres.
« Dans ce cas, pourquoi pas ? dit-elle. Tout pour la séparer de cet imbécile auquel elle s'est entichée… comment s'appelle-t-il déjà ?
- Je ne sais plus, mentit Anna en haussant les épaules. Je n'ai pas retenu son nom.
- En tout cas, une chose est sûre, c'est qu'il a les cheveux clairs !
- Hein ? demanda très intelligemment Anna.
- Ma sœur a toujours craqué sur les chevelures claires : châtain clair, roux, brun très clair ou blond, elle bave littéralement dessus. Il y avait ce chanteur, une fois… je ne sais plus comment il s'appelait, mais il avait les cheveux blonds. Kushina l'a suivi jusqu'à ce qu'il se les soit teints en brun ! rit la rousse.
- Ah ! fit son amie avec une moue amusée. C'est pour ça qu'aucun des hommes que tu lui as présentés n'avait les cheveux sombres…
- Exactement !
- Eh bien, murmura Anna. Une chance que mon ami soit blond, alors…
- Oui ! rit Alice. Une chance ! »
oO°Oo
Des cris de joie retentirent dans la maison le lendemain matin, lorsqu'Alice descendit les marches de l'escalier.
« Miracle ! Tu es sortie de ta chambre ! » s'écria sa mère avec un brin d'ironie.
Sa fille la foudroya du regard, mais la femme l'ignora. Elle était vexée de ne pas avoir réussi à sortir sa cadette de son silence, le jour précédent, tout simplement.
« Je n'allais pas rester enfermée là-haut pour toujours. » dit simplement la jeune fille aux questions qu'on lui posait.
Elle ignora le regard lourd que lui envoya Anna. Elle devait s'excuser. Soit. Mais elle n'avait jamais dit quand, et elle ne se sentait pas encore prête. Elle le ferait quand ce serait le moment approprié, voilà tout. Cependant, la déception dans le regard de son amie lui pesa, et elle finit par la prendre à part dans la journée, profitant du fait que tout le monde soit occupé à préparer le mythique repas du vingt-quatre décembre, et la dinde du lendemain midi. Sous le sapin, qui avait été dressé une semaine avant par les parents et grands-parents Uzumaki, s'amoncelait une pile de cadeaux toujours plus haute et plus large.
La jeune fille se demandait quand elle finirait de grandir, pas que cela la dérange. Plus il y avait de cadeaux, mieux c'était. Elle avait d'ailleurs fait une jolie contribution, dont un gigantesque album photo pour ses grand-parents. Ils n'avaient pas eu la chance de souvent voir leurs enfants et petits-enfants ㅡ quoique Kushina soit allé finir sa scolarité chez eux ㅡ durant leur vie, et personne n'avait jamais pensé à compiler toutes les photos qui avaient été prises. La rousse venait de régler ce problème, et il restait de la place pour d'autres photos à venir.
« Je vais m'excuser ! siffla Alice en passant devant son amie d'enfance. Je vais le faire ! Juste… laisse-moi trouver le bon moment, d'accord ?
- Essaie simplement de ne pas gâcher la soirée, soupira la brune. »
Elle avait raison, et c'était l'une des raisons pour lesquelles Alice repoussait ses excuses. Elle n'avait pas envie de se disputer avec sa famille et ses amis la nuit de Noël. Ni pour le Nouvel An, d'ailleurs. La rousse allait vraiment avoir besoin de trouver le bon moment, ou elle était cuite pour les deux évènements. Déjà que sa sœur refusait de lui adresser plus de trois mots consécutifs…
Le soir arriva plus vite que prévu, et sans que la jeune fille ne puisse trouver ledit bon moment pour faire sa déclaration. Elle était de plus en plus nerveuse, au fur et à mesure que la petite aiguille de l'horloge se rapprochait de l'heure du repas ㅡ soit vingt-et-une heure, histoire de pouvoir s'occuper jusqu'à minuit, heure où l'on ouvrait enfin les cadeaux ㅡ et elle ne tenait plus en place, ce qui lui valut quelques remarques étonnées de ses parents.
Elle tint d'ailleurs à s'occuper de la table, et manqua de se disputer avec Kushina lorsque celle-ci remarqua que sa cadette, étourdie, mettait les couverts dans le mauvais sens ㅡ couteaux à gauche, fourchettes à droite ㅡ et se trompait entre les verres à vin et les verres à champagne.
« Ce n'est pas si compliqué, bon sang ! » pesta-t-elle devant une Alice embarrassée, remettant tout à sa place.
Arrivée à la neuvième assiette, l'aînée fronça les sourcils.
« Il y a une assiette en trop. » remarqua-t-elle en l'enlevant.
Elle avait l'air excédée des erreurs de sa cadette.
« Laisse ! s'écria cette dernière. Anna a invité un ami, mais il ne pouvait apparemment pas se libérer avant ce soir… les couverts en trop sont pour lui.
- Papi et mamie sont au courant ? s'étonna Kushina.
- Oui !
- Ah bon… murmura la jeune femme en reposant le plat. Je ne savais pas…
- Elle me l'a dit hier, avoua Alice. Je l'ignorais aussi, jusque-là. »
Sa sœur hocha la tête, et Alice sourit face à la complicité retrouvée avec son aînée. Elles haïssaient réellement être en froid l'une avec l'autre, mais aucune n'était prête à reconnaître ses erreurs.
La cadette s'apprêtait à continuer sur sa lancée, lorsque Hashirama appela sa petite-fille depuis la cuisine. Apparemment, on avait besoin d'aide là-bas, mais on avait refusé l'offre du vieil homme, à sa plus grand incompréhension et désarroi. Retenant son envie de rire, la jeune fille guida son grand-père vers une autre activité, la plus éloignée possible du monde culinaire. Il valait mieux éviter d'empoisonner qui que ce soit, et le moyen le plus sûr était tout de même de détourner Hashirama de la cuisine. Et de lui trouver une activité qui l'occuperait jusqu'au soir, minimum, était une bonne solution. Malheureusement pour la rousse, rien ne lui venait à l'esprit.
« Je suis sûre qu'on a besoin de toi ailleurs ! insista-t-elle cependant. Comme par exemple… par exemple… »
Son grand-père retint difficilement un ricanement en la voyant tourner en rond presque désespérément. En vérité, il savait parfaitement pourquoi on le tenait éloigné des fourneaux. Mais c'était tellement drôle de voir les autres s'affoler, et le prendre doucement par la main pour le guider vers autre chose qu'il ne pouvait s'empêcher de recommencer. Son manque de talent total, lui en revanche, n'était pas feint. Le vieil homme était d'ailleurs convaincu que sa femme avait eu vent de son petit manège. Elle semblait toujours au courant de tout, et ils étaient ensembles depuis si longtemps qu'elle le connaissait sans doute mieux qu'elle ne se connaissait elle-même. La réciproque n'était malheureusement pas aussi vraie. Mais Mito avait toujours eu un don, que Hashirama n'avait bien entendu pas, pour lire dans l'âme des gens, et en particulier de ceux qu'elle aimait. C'était pourquoi se disputer avec elle pouvait se révéler… difficile. Elle assénait argument sur argument, et ne laissait aucun répit à sa victime, et finissait inévitablement par avoir le dessus. Personne ne pouvait lui tenir tête bien longtemps. Le vieil homme en savait quelque chose, et il dut retenir une grimace à la pensée de subir l'une des légendaires colères de sa femme. Quoique ni sa fille ni ses petites-filles ne soient en reste elles non plus…
Le grand-père finit par prendre Alice en pitié, et fit mine de se rappeler avoir quelque chose de très important à faire dans son bureau, et s'y dirigea en riant sous cape, sous l'air soulagé de la jeune fille.
Ouf ! songea celle-ci. On l'a échappé belle… je n'ose pas imaginer ce qu'il se serait passé si on l'avait laissé s'approcher des fourneaux…
La dernière fois qu'on l'avait laissé seul dans la cuisine, ni Kushina ni Alice n'étaient encore nées. L'homme était parvenu à faire exploser la hotte, on ne savait trop comment, et mit le feu aux plaques. Autant dire que, lorsqu'elles étaient revenues, ni Mito ni Fusô n'avaient été ravies… Depuis, la cuisine était zone interdite, réservée à ceux sachant manier un couteau sans se tuer au passage.
« Alice ! cria soudain sa grand-mère, depuis la porte de la cuisine, justement, viens nous aider ! On ne s'en sortira pas seules !
- J'arrive ! répondit la rousse. »
Jetant un dernier coup d'œil à la table pour vérifier qu'elle n'avait rien oublié de mettre, elle vint mettre la main à la pâte. Littéralement.
« Tiens, occupe-toi de la pâte feuilletée, ordonna Mito en désignant un plan de travail libre. Il devrait y avoir ce qu'il faut mais, si tu devais manquer d'ingrédients, demande à Aoi d'aller faire les courses fissa, d'accord ? »
La jeune fille hocha la tête, et se mit au travail. Elle aimait bien faire sa pâte elle-même. C'était répétitif, reposant. Et, surtout, on pouvait manger les petits bouts en trop. Ça, c'était le must, ce pour quoi elle se disputait toujours avec sa sœur lorsqu'elle était petite. Relevant les yeux, Alice croisa le regard de Kushina, et elles sourirent. Elles pensaient à la même chose. La cadette se pencha discrètement vers son aînée.
« Tout à l'heure ? proposa-t-elle.
- Tout à l'heure, acquiesça la jeune femme, les yeux pétillants. »
Dos à la conversation, Mito sourit, amusée. Si elles croyaient pouvoir se servir avant le dîner, elles pouvaient rêver longtemps ! Elle vivante, personne ne jouerait les pique-assiettes dans sa cuisine !
oO°Oo
Anna se rongeait les sangs. Il était presque l'heure de manger, et Minato n'était toujours pas arrivé. Son dernier message datait d'il y a une heure, et il n'avait répondu à aucun autre depuis :
« Le train a du retard. Je ne sais pas ce qu'il se passe ni quand on arrivera. Je te rappelle dès que j'ai du nouveau. »
Raaaah ! Mais qu'est-ce qu'il fait ? se lamenta intérieurement la brune. Ça va tout gâcher !
Puis : Mais réponds, bordel !
Elle pianotait sur son téléphone avec tant de fureur que les autres n'osaient trop s'approcher d'elle. Une aura sombre semblait l'entourer, et on aurait dit qu'elle s'apprêtait à cracher le feu à la moindre contrariété.
« Tout va bien, Anna ? s'inquiéta Alice.
- Oui, oui ! Juste... mon ami est en retard, ça m'inquiète.
- Mais il va arriver, voyons, souffla Mito, qui sortait enfin de sa cuisine, l'air satisfait. Il va arriver. Donne-lui le temps. Nous l'attendrons, s'il le faut. »
La brune hocha la tête, angoissée. Un silence malaisant retomba, et tous sursautèrent lorsque la sonnerie du téléphone de la jeune fille retentit. Anna s'en saisit vivement, et le porta si vite à son oreille qu'elle s'en fit mal.
« Allô ? demanda-t-elle.
- J'ai, comme qui dirait, un problème. »
La voix du blond résonna dans l'appareil, teintée d'une ironie non-négligeable.
« Qu'est-ce qu'il se passe ? s'inquiéta la brune. Tu aurais dû arriver il y a longtemps, même avec les problèmes de train.
- Ils ont abandonné les voyageurs sur le quai d'une gare, à une heure environ d'Uzushio, dit Minato. Il y a eu un accident. Une collision entre un bus et un train sur un passage à niveau, apparemment.
- Quoi ! »
L'air furieux de la brune alerta les autres membres de la famille.
« Il y a un problème, demanda Alice.
- Attends, ne quitte pas, fit Anna à son interlocuteur. »
Elle couvrit le combiné d'une main, et exposa rapidement la situation aux autres. Hashirama sembla troublé.
« Les accidents sont plutôt rares, ici, remarqua-t-il. Il n'y a qu'un seul passage à niveau sur toute la ligne… »
Il le savait bien, car il avait été celui qui avait fait construire ledit passage à niveau, il y avait près de trente ans. Cela évitait aux automobilistes un détour de près de quarante kilomètres, jusqu'au pont le plus proche.
Hashirama avait en effet été maire de la ville pendant une bonne partie de sa vie, et avait toujours tout fait pour le bien et le confort de ses habitants, tout en protégeant les environs. Dans la petite ville, tout le monde le connaissait, et l'adorait. Et le fait qu'il soit le mari de la chef cuistot qui avait fait la renommée culinaire de l'endroit n'était pas sans approfondir cette adoration.
Il se leva, inquiet, et s'empressa de s'isoler pour appeler l'un de ses amis, qui travaillait dans la sécurité routière. Mito sourit doucement, amusée du comportement de son mari. Même dix ans après avoir décidé de se retirer de son poste de maire, il s'inquiétait encore beaucoup pour la population. Hiruzen, le maire actuel, lui demandait d'ailleurs régulièrement conseils, et les deux hommes étaient amis de longue date.
« Demande-lui s'il veut qu'on vienne le chercher, dit Aoi à la jeune fille, qui répéta aussitôt la question.
- Non, non, pas la peine, répondit le blond. Ils ont mis en place un système de bus… je devrais être là dans une heure, tout au plus. En revanche, je ne suis pas sûr de pouvoir trouver la maison seul…
- Il y a un arrêt de taxis, à côté de la gare routière. A moins que tu ne préfères qu'on vienne te chercher ?
- J'essaierais les taxis. »
Ils échangèrent encore quelques secondes, Minato demandant à se voir l'adresse confirmée par la brune, qui finit par raccrocher sur les dernières paroles du conseiller.
« Ne m'attendez pas pour manger, dit-il, mais laissez-moi une part, d'accord ?
- Promis ! »
Hashirama revint sur ces entrefaites.
« Il semblerait qu'il n'y ait aucun mort, seulement quelques blessés, dit-il avant de demander : Alors, il faut aller chercher ton ami ou pas ?
- Non. Il arrive. Il a dit qu'il ne fallait pas l'attendre. »
Devant l'air déçu de cette qu'elle considérait comme sa troisième petite-fille, Mito lui dit avec douceur :
« Commençons à manger l'entrée, proposa-t-elle. Avec un peu de chance, tu parviendras à la faire suffisamment trainer en longueur pour qu'il arrive pour le plat principal, ça te va ?
- Je vais t'aider ! ajouta Alice. Je mange trèèèèès lentement, quand je veux. »
Anna pouffa, amusée.
« D'accord, sourit-elle. Faisons cela. »
Et, en voyant Kushina s'installer joyeusement à table, la brune rit encore plus. Elle croisa le regard malicieux de Mito.
J'ai hâte de voir la tête que fera Kushina en voyant Minato, songea la jeune fille. J'ai peut-être intérêt à prendre une photo… ce sera impayable !
A une heure en voiture d'Uzushio, Minato sourit doucement, et leva la tête pour regarder le ciel au-dessus de lui. Son souffle créait de petits nuages blancs dans l'air froid de la nuit. Le blond s'émerveilla un instant de la pureté de cet air, et de la netteté avec laquelle on pouvait voir les étoiles. L'air ici était plus pur qu'à Konoha, qui était une ville polluée à de multiples niveaux. Mais ici, les villes étaient plus petites, et plus respectueuses de l'environnement, lui semblait-t-il. C'était… beau. Minato inspira profondément, frottant ses mains gelées l'une contre l'autre. La gare où ils s'étaient arrêtés était à ciel ouvert, et les voyageurs n'avaient pu rentrer se mettre à l'abri, le bâtiment ayant fermé depuis plusieurs déjà. Ils étaient donc condamnés à attendre, dans le froid, que les bus viennent les chercher. Le conseiller vénérait son écharpe, ses gants et son bonnet, mais tous n'avaient pas eu l'idée d'en prendre, et les manteaux semblaient parfois un peu légers.
Le blond monta dans son bus, qui devait le conduire à Uzushio. Il sourit au conducteur à l'air fatigué, et s'installa dans son siège en chantonnant une chanson dont il aurait été incapable de retrouver le titre. Il avait vraiment hâte de retrouver Kushina.
Alors ? :)
Minato arrive dans le prochain chapitre, tenez-vous prêts les amis ! ^^
Un petit extrait de ce qui vous attends la semaine prochaine :
La lumière se fit soudain dans son esprit, et elle sut où elle avait déjà entendu ce nom, vu ce visage.
Le choc de la révélation la prit au ventre, et le goût amer de la trahison laissa un arrière-goût désagréable sur sa langue et dans sa gorge. La jeune fille s'en voulut d'avoir apprécié cet homme, plaisanté avec lui durant cette soirée. Elle aurait dû le haïr, pour ce qu'il s'apprêtait sans nul doute à faire subir à sa soeur. La rousse pointa un doigt accusateur sur le trio assit en face d'elle.
« Je sais qui tu es ! siffla-t-elle, furieuse. Tu es le petit-ami de ma soeur ! »
