Disclaimer : MFB ne m'appartient pas.

Le peu d'enthousiasme autour de cette fic me sidère xD Vous préférez la version 1 ?


Chapitre 2 : Un doux foyer


Il faisait étonnamment frais dans l'immeuble. Ginga observa tout ce qui l'entourait. Il était agréablement surpris. L'intérieur n'était pas du tout à l'image de l'apparence extérieure du bâtiment. L'entrée dans laquelle ils arrivèrent semblait solide, même plutôt chaleureuse. Le parquet sombre craquait sous leurs pieds sans que ce soit sinistre. Des tableaux accrochés aux murs ajoutaient des touches de couleur. Il constata avec amusement qu'ils représentaient des toupies.

- N'oubliez pas de fermer la porte ! lança le double de Madoka en entrant dans une autre pièce.

Ginga la suivit. Il arriva dans un vaste salon. Dans un coin, une table se dressait, entourée de nombreuses chaises. Toutes les fenêtres étaient barricadées, sûrement pour empêcher la chaleur du soleil d'entrer. Des canapés et des fauteuils occupaient une grande partie de la pièce. Sur l'un deux, se tenaient le sosie de Ryûga et le double de Kyoya. Il était vêtu d'une chemise blanche et d'un pantalon noir. Il tenait un livre d'une main. De l'autre, il ébouriffait affectueusement les cheveux du double de Kyoya, l'air attendri. Ce dernier le laissait faire, les yeux fermés et le sourire le plus sincère de la journée aux lèvres.

- Tu vas bien ? lui demanda-t-il.

- Oui.

De l'autre côté de la salle, le double de Ginga fit mine de vomir. En voyant Madoka d'Hansha, il se leva d'un bond et lui donna un coup de coude complice dans les côtes.

- Heureusement que tu n'es pas aussi niaise qu'eux toi. Déjà qu'ils sont difficilement supportables...

L'autre Kyoya se recroquevilla tandis que le double de Ryûga adressait un regard désapprobateur au roux.

- Tu peux partir si ça ne te plaît pas, déclara-t-il.

Le rouquin fit un pas menaçant vers eux.

- Pourquoi je devrais partir ? C'est à vous de changer. Vous êtes faibles et votre comportement ne fait qu'empirer ça.

- Tu es chez moi. Ce n'est pas à moi de changer d'attitude.

- Si ça te plaît d'y croire.

Le regard doré, incroyablement doux, se posa sur Ginga et ses amis qui arrivaient au compte-goutte. Kyoya se crispa à côté de lui.

- Il se passe quoi ici ?

Son ton montrait le choc qu'il ressentait.

- J'allais poser la même question, déclara posément le blanc.

Le double de Kyoya répondit d'une voix si basse qu'ils n'entendirent qu'un faible murmure.

- Tu crois qu'ils t'ont dit la vérité ?

Le double de Kyoya arrangea une fois de plus sa capuche autour de son cou.

- Je ne vois pas pourquoi ils mentiraient.

- Moi, j'ai bien ma petite idée, lança le double de Ginga, de nouveau assis sur la table. Les pièges, ça vous dit quelque chose ?

- Ce serait vraiment très élaboré comme plan.

- Tu trouves ça moins crédible que la théorie des « doubles dimensionnels » ? répliqua le rouquin en mimant les guillemets.

- Un peu.

- Tu rigoles ?

Le double de Madoka pointa une porte du pouce.

- On a qu'à demander à l'intello. Il nous dira quelle est l'explication la plus probable.

- J'ai une meilleure idée.

Le double de Ginga bondit de son perchoir. Avant même d'atterrir sur le sol, il avait sorti son lanceur et y avait enclenché une toupie. Il le pointa dans leur direction, un sourire mauvais aux lèvres.

- On va régler ça, ici et maintenant.

Kyoya posa une main sur son propre lanceur. Un sourire féroce courba ses lèvres.

- Enfin un peu d'action.

Ginga attrapa son bras pour l'arrêter.

- Qu'est-ce que tu fais ? s'agaça Kyoya.

- Tu ne peux pas engager un combat ici. Tu pourrais faire s'écrouler leur maison.

Évidemment, son argument ne convainquit pas Kyoya. Ginga n'arrivait même pas à croire qu'il l'avait essayé.

- Comment pourra-t-on rentrer chez nous si on attaque les premières personnes qui pourraient nous aider ?

Cette fois, son argument fit mouche. Son rival laissa son bras retomber le long de son corps, abandonnant l'idée de se lancer dans un combat. Ils venaient d'éviter la catastrophe de peu.

- Hyper Vitesse !

Un éclair rouge passa devant ses yeux. Il sentit une brûlure sur sa joue. Il se retourna. Son double les regardait avec un mépris amusé, faisant rebondir son lanceur dans sa main, provocateur.

- Alors, par lequel de vous je commence ?

Sa toupie revient suffisamment lentement vers lui pour que Ginga puisse la distinguer. Elle ressemblait énormément à Pegasus, hormis ses couleurs : elle arborait majoritairement du rouge et du noir.

Le bey s'arrêta juste devant son propriétaire. Son spectre se matérialisa lentement. Une silhouette informe s'en extirpa. Deux ailes noires s'étendirent, occupant une bonne partie de la pièce et donnant l'impression d'absorber la lumière. Des plumes de ténèbres virevoltèrent dans l'espace. Un cou s'étira avant qu'une tête aux yeux rouges ne les toise. Une crinière vermeille virevolta au-dessus de son crâne. Les sabots avant claquèrent contre le sol et le pégase demeura courbé, prêt à charger.

- Maintenant !

Le pégase chargea. Ne pensant qu'à protéger ses amis, Ginga s'empara de son lanceur et de sa toupie.

- Attention ! cria la voix de Kyoya à côté de lui.

Le spectre s'évanouit. Un nuage de poussière s'éleva, piquant les yeux et la gorge de Ginga. Il plissa les yeux, ne voulant pas perdre une seconde des événements.

Le nuage s'évanouit, laissant apparaître L-Drago qui bloquait l'autre Pegasus.

- Tu m'as lancé un défi je crois, lança Ryûga.

- Tu as l'air un peu plus intéressant que l'autre, déclara le double de Ginga en se penchant en avant. On va voir ce que tu vaux.

Le Pegasus recula pour prendre de l'élan puis percuta L-Drago avec force, sans même le faire vaciller. Le sourire du double de Ginga s'effaça. Ses sourcils se froncèrent. Il fit reculer son Pegasus, songeur.

- Ça suffit, déclara le double de Ryûga.

Étonnamment, le double de Ginga récupéra sa toupie sans faire plus d'histoires.

- Il n'a pas le même niveau que toi.

Ça sonnait comme un reproche.

Ryûga attendit un peu avec de récupérer L-Drago, comme s'il espérait avoir tout de même son combat.

- Madoka, va le chercher.

Le double de Madoka hésita, comme si elle rechignait à obéir, avant de se diriger vers la porte qu'elle avait désigné plus tôt.

Le double de Ryûga vint se placer face à eux, sans montrer d'appréhension face à leur grand nombre, seulement navré, sûrement à cause du comportement de son concitoyen.

- Désolé. Ce n'est pas ainsi que je devrais accueillir des hôtes mais il vaut mieux se montrer méfiants.

- C'est compréhensible, intervint Tsubasa. Nous venons par surprise et posons des problèmes par notre simple présence.

Ginga n'intervint pas. Il trouvait leur méfiance étrange. Il comprenait qu'ils ne croient pas sans preuve au fait qu'ils venaient d'une dimension parallèle – c'était assez invraisemblable – mais leur méfiance... la façon dont il les considérait... Il avait l'impression que ça cachait quelque chose.

L'autre Madoka fit son retour dans la pièce d'un pas lourd, provoquant un soupir consterné chez la technicienne. Un peu plus et elle se mettrait à pleurer de désespoir. Quelqu'un la suivait. Ginga s'avança pour mieux voir qui. La surprise l'envahit quand il le reconnut. À croire qu'il ne s'habituerait pas à ce qu'il découvrait dans ce monde.

Le double de Masamune les observa les uns après les autres tout en avançant dans le salon. Il arrangea les lunettes qui glissaient sur son nez puis lissa machinalement son costume noir très distingué. Sa mèche rouge se fondait parfaitement dans sa coiffure au lieu de se rebeller.

- Qu'est-ce qui vous arrive encore ? demanda-t-il. L'autre brute m'a demandé de venir sans rien m'expliquer.

Le double de Kyoya baissa les yeux, voulant éviter de répondre.

- Ils disent venir d'une dimension parallèle, déclara le double de Ryûga. Sans vouloir vous offenser, ajouta-t-il en leur adressant un regard.

- Il n'y a pas de mal, répondit Tsubasa.

Un éclat d'intérêt illumina les yeux bruns.

- Vraiment ?

- Oui, j'ai toutes les données ici, répondit Madoka en sortant son portable de sa pochette.

Le double de Masamune franchit vivement la distance qui les séparait. Il s'empara de la machine et, sans prêter attention au cri d'indignation de Madoka, ouvrit le PC. Il tapa quelques mots, lu les données à toute vitesse. Moins de trente secondes plus tard, il referma l'ordinateur et le rendit à sa propriétaire légitime. L'adolescente le récupéra vivement et le rangea dans sa pochette, voulant le mettre en sécurité.

Le sosie de Masamune se tourna vers ses compatriotes.

- Ils disent vrai. Leurs données sont très intéressantes. Je retourna travailler. Prévenez-moi si jamais vous découvrez autre chose de ce genre.

Le double de Ginga poussa un soupir agacé tandis que le brun disparaissait dans la salle dont il était venu et refermait la porte derrière lui.

- On a qu'à les jeter dehors, marmonna-t-il.

- Nous ne jetterons personne dehors, contra le double de Ryûga.

- De quel droit tu décides ça ?

Le double du blanc se contenta de hausser un sourcil.

- Tsss ! Ce n'est pas parce que c'est ta maison que tu dois accueillir n'importe qui !

- Si je ne le faisais pas, tu ne serais pas là non plus. Si ça te déplaît tant que ça, tu peux toujours retourner chez ton père.

Le double de Ginga fit une moue méprisante.

- Plutôt crever, marmonna-t-il entre ses dents serrées.

Ginga se crispa instinctivement.

- Maintenant que c'est réglé, bienvenue chez moi, déclara le double de Ryûga. Vous pouvez rester aussi longtemps que vous le souhaitez.

- Merci, répondit Tsubasa.

Kyoya leva les yeux au ciel, agacé par ces civilités.

Le regard doré les balaya, s'arrêtant sur chacun d'entre eux. Ginga eut l'impression qu'il resta sur lui un peu plus longtemps. Ça se comprenait : ils étaient diamétralement opposés aux personnes qu'il connaissait tout en étant leurs sosies physiques.

- Kyoya, dit-il à son concitoyen.

Son rival se crispa tandis que son double posait un regard doux, plein d'interrogations, sur son ami.

- Oui ?

- Tu peux aller chercher une trousse de soin ?

Il opina puis partit par une autre porte. Il la laissa ouverte, laissant apparaître des escaliers qu'il grimpa.

Un rire se mit à résonner. Ginga se tourna vers Yû qui se tenait le ventre, plié en deux.

- Vous avez vu ? Ce Yoyo est non seulement super émotif et gentil mais il est serviable !

Kenta plaqua une main sur sa propre bouche et se tourna pour ne pas éclater de rire.

- Ne dis pas ça comme ça ! s'énerva Kyoya.

- Tu veux que je dise ça ?

- À choisir je préférerais que tu te taises !

Yû se redressa avec un sourire malicieux. Il lui adressa un clin d'œil.

- Tu sais quoi ? Tu devrais prendre exemple sur lui et essayer d'être sympa.

- Grrr !

- C'est vrai que c'est troublant de voir deux personnes qui se ressemblent tant être aussi différentes, commenta Nile, les bras croisés, songeur.

- Tu ne vas pas t'y mettre aussi !

Nile croisa les bras et darda son regard vert sur son leader.

- Je n'ai rien dit de mal.

Kyoya leur montra le double de Ginga qui fronça les sourcils, vexé par son geste.

- C'est pareil dans son cas et celui de Ginga mais vous n'en faites pas tout un drame.

- Kyoya a raison, intervint Benkei. C'est pire pourtant.

Yû croisa les bras derrière la tête.

- Non. C'est pas comparable.

- Comment ça ?

- On a la pire version de Yoyo alors qu'on a la meilleure de Gingy.

- Qu'est-ce que t'as dit ?!

Tsubasa posa une main sur son front, exaspéré par leur comportement. Il s'avança vers le double de Ryûga qui les observait avec un sourire et attendait patiemment qu'ils finissent leur discussion. Il voulait sûrement lui parler de la suite. Ginga décida de les rejoindre pour participer à la conversation. Il savait que la chamaillerie de ses amis ne causerait pas de dégâts – malgré ce qu'il aimait prétendre, Kyoya ne ferait jamais de mal à Yû.

- Ta proposition est très aimable mais nous voudrions rentrer chez nous.

Sa phrase calma les esprits et un silence songeur envahit la pièce.

- Vous savez comment faire ?

Le silence se fit lourd.

- Nous n'en avons aucune idée.

Le regard d'or se fit plus doux si possible.

- Vous pouvez rester ici le temps de rentrer chez vous. Nous vous aiderons.

- Hé ! N'engage pas la parole des autres comme ça ! s'agaça le double de Ginga.

Le double de Ryûga se tourna vers lui.

- Tu peux bien faire quelque chose pour aider de temps en temps. Tu es logé et nourri gratuitement.

Le double de Ginga se redressa avec un air hautain.

- T'as qu'à demander à ta bonniche.

Son regard se posa derrière le double de Ryûga où celui de Kyoya réapparaissait, hésitant, et esquissa un sourire mauvais.

- Tiens, quand on en parle...

Le double de Kyoya s'arrêta et esquissa un pas en arrière, voulant repartir, le visage écarlate.

- C'est un ami serviable. Arrête de le dénigrer.

Ginga d'Hansha leva les yeux au ciel.

- Un larbin quoi.

La déclaration du blanc avait redonné courage au vert qui se remit à avancer, les épaules voûtées, les mains serrées autour de son sac. Avant qu'il ne rejoigne son ami, le rouquin se lança au travers de sa route et lança un cri féroce. Il laissa échapper une exclamation de surprise – qui ressemblait fort à un couinement – et lâcha sa charge. Des larmes apparurent sur ses cils. Il ramena instinctivement ses bras contre lui et se recroquevilla un peu plus. Il donna à Ginga l'envie de le consoler et de le protéger.

Son double recula et posa nonchalamment les mains sur ses hanches.

- Ça marche à chaque fois, se moqua-t-il.

- Arrête ça, soupira l'autre Ryûga.

Ginga dévisagea son double. Il lui plaisait de moins en moins.

Le sosie de Kyoya hésita avant de ramasser le sac. Il jeta un coup d'œil interrogateur à son ami qui lui désigna Ginga d'un mouvement de tête. Il s'approcha doucement de lui et lui tendit le sac qu'il accepta avec des yeux écarquillés.

- C'est gentil mais pourquoi ?

- Votre joue.

Ginga leva sa main et posa ses doigts contre sa joue. Elle était poisseuse. Il laissa sa main aux doigts rougis retomber contre lui. Il n'avait pas remarqué qu'il avait été blessé.

- Laisse-moi m'occuper de ça ! déclara Madoka.

Le double de Kyoya s'écarta pour lui laisser la place. Elle prit le sac, farfouilla dedans et commença à le soigner. Il se laissa faire sans se plaindre, même s'il ne pouvait s'empêcher de grimacer de temps en temps. À la fin, il se retrouva avec un pansement en travers de la joue. Heureusement, la coupure n'était pas profonde. Elle se soignerait vite.

- Je te remercie pour ton offre mais je ne pense pas que ce soit une bonne idée d'accepter, déclara Tsubasa à l'autre Ryûga. Nous ne voudrions pas causer de problèmes...

- Ce n'est rien. Nous avons l'habitude des journées mouvementées.

- Nous aussi mais...

- Pas celle de traîner avec l'ennemi, grogna Kyoya. Déjà qu'on doit supporter Ryûga.

Ginga se crispa et jeta un coup d'œil à l'Empereur Dragon qui dévisageait son rival.

- Nous devons nous entraider pour rentrer chez nous, dit le rouquin. Ce n'est pas le moment de provoquer une dispute.

- On n'est pas obligé de tous rentrer non plus, déclara Ryûga en toisant le vert avec un regard assassin.

- Ah ouais ? Essaye de m'en empêcher pour voir, grogna Kyoya en faisant un pas dans sa direction.

Ginga attrapa le bras de son rival pour l'inciter à ne pas trop envenimer la situation.

- Ce n'est pas le moment.

Kyoya se dégagea d'un geste.

- Déjà que je dois supporter ces abrutis de la Gan Gan Galaxy.

- Hé ! se vexa Yû.

Ginga pinça ses lèvres, s'empêchant de répliquer.

- Attend, reprit Yû, plus calme. Ça veut dire que t'aimes bien passer du temps avec tes coéquipiers ? Où est passé le lion solitaire ? T'as enfin compris que les lions vivent en groupe ?

- Ne raconte pas n'importe quoi !

Le double de Kyoya les dévisageait, choqué. Des larmes se mirent à couler sur ses joues. Son Ryûga posa une main sur son dos. Il essuya ses yeux avec ses manches trop longues.

- Vous voyez, on vous cause déjà des problèmes.

- C'est pas un problème : il chouine tout le temps.

- Vous ne causez pas de problème, reprit le double de Ryûga. Vous ne connaissez rien ni personne d'autre ici. Il vaut mieux que vous ayez un endroit où vous posez et réfléchir tranquillement. Ce n'est pas... sûr dehors.

Avant que les nouveaux puissent lui demander des précisions, il ajouta :

- Nous avons plusieurs chambres. Vous ne dérangez pas.

- Hors de question que je prête la mienne ! s'énerva le double de Ginga.

Le double de Kyoya tira sur la manche de sa chemise pour attirer son attention.

- Ça ne me gêne pas si ça peut aider.

Ryûga d'Hansha lui ébouriffa les cheveux.

- Ça ne m'étonne pas mais il y a beaucoup de place. Ce ne sera peut-être pas nécessaire.

Les épaules du double de Kyoya se détendirent. Malgré sa proposition tout à fait sincère, il préférait ne pas se retrouver en présence d'inconnus trop longtemps.

- Qu'est-ce que tu attends par « pas sûr » ? demanda Madoka.

- Vous avez vu l'état de la ville. Il y a beaucoup de danger. Surtout pour des gens qui ne les connaissent pas.

- C'est pour ça que c'est étonnant que le pleurnichard se promenait seul, intervint le double de Ginga, les yeux dardés sur le vert. Il évite de sortir d'habitude. D'ailleurs, tu ne m'as toujours pas répondu. Qu'est-ce que tu faisais dehors ?

Le sosie de Kyoya approcha ses mains de sa capuche, comptant la remettre pour se soustraire aux regards, mais l'air désapprobateur de son Ginga lui fit changer d'avis. Il commença à triturer ses manches, les yeux rivés sur le sol.

- R-rien.

Son ton hésitant et la rougeur de ses joues ne convainquirent personne.

- Je tirerai ça au clair.

- C'est peut-être juste dangereux pour vous.

L'attention générale se reporta sur Kyoya dont le regard brillait d'un éclat féroce.

- Nous avons enduré bien pire. Ce n'est pas ce qui vous effraie qui pourra nous inquiéter.

Ginga sourit. Il avait raison : quels que soient les problèmes, ils pourraient les affronter.

- Ah la la ! Yoyo, toujours en train de vouloir attirer l'attention.

- Qu'est-ce que t'as dit ?

- Bah oui, tu fais toujours des trucs pour qu'on fasse attention à toi. T'es super théâtral en fait.

- Répète un peu !

- Ça suffit vous deux, intervint Tsubasa. Nous avons de sérieux problèmes alors n'en ajoutez pas.

Kyoya poussa un grognement et croisa les bras. Yû fit une moue boudeuse. Certain qu'ils ne recommenceraient pas pour l'instant, l'argenté s'avança vers le double de Ryûga.

- Nous acceptons. Merci.

- C'est normal. Ça vous dirait de visiter la maison, pour savoir comment vous vous installerez ce soir ?

- Oui.

Yû se rapprocha de Ginga et lui souffla :

- Un Ryûga gentil, c'est bizarre aussi.

Le rouquin opina. Lui non plus ne voulait pas attirer l'attention de l'Empereur Dragon et l'énerver de ce genre de commentaires mais il trouvait la situation perturbante.

Le double de Ryûga grimpa les escaliers en leur faisant signe de le suivre. Ginga s'exécuta. Il avait envie d'explorer le reste de la maison. Son équipe, Kenta, Hyoma, Nile et Damure le suivirent. Kyoya n'avait aucune envie de participer. Ils s'arrêtèrent devant le couloir du premier étage.

- Il y a deux chambres libres à cet étage et une salle de bain à chaque étage. Les chambres sont assez grande pour accueillir plusieurs personnes. Il faudra juste qu'on installe les lits d'appoint.

- Vous êtes bien organisés, commenta Hyoma.

Le connaissant bien, Ginga discernait la méfiance dans sa voix.

- Il nous arrive d'héberger des amis de passage de temps en temps.

- On ne croirait pas qu'il y ait tant de personnes dans le coin, intervint Yû. La ville a l'air complètement déserte.

Le double de Ryûga opina lentement.

- Répartissez-vous comme vous le souhaitez.

- Nous avons deux chambres ?

- Trois, mais on peut vous en libérer d'autres si vous en avez besoin.

- On devrait se répartir par équipe. Ce sera comme aux Championnats du Monde. Personne n'aura aucune raison de se plaindre.

Ginga réprima un sourire, sachant pertinemment qui il évoquait.

- C'est sympa, mais les autres ? intervint Kenta.

- Ça ne te dérange pas de partager avec Hyoma ?

L'enfant secoua la tête.

- Non mais... et Ryûga ?

- J'y pensais plus du tout, s'étonna Yû. Vous croyez qu'il a besoin de dormir ?

- C'est un humain.

- T'es sûr ? Il fait tout le temps des choses si étranges...

L'enfant claqua des doigts.

- Je sais ! On a qu'à faire un tirage au sort !

- Et prendre le risque que Ryûga et Kyoya se retrouvent dans la même chambre ?

- Personne ne peut protester contre le hasard.

Tsubasa se contenta de hausser un sourcil.

- C'est vrai que Yoyo peut protester contre tout et n'importe quoi.

- Nous ne ferons pas de tirage au sort.

- Dommage.

Ginga trouvait la situation suffisamment explosive sans qu'en plus ils s'en remettent au hasard. Rien que d'imaginer la réaction de Kyoya et de Ryûga s'ils devaient partager la même chambre lui donnait des frissons.

- Ça vous aiderait d'avoir une chambre de plus ? proposa le double de Ryûga.

- Oui mais...

Il balaya la protestation d'un geste.

- Je vais arranger ça. Ce n'est rien.

Yû leva la tête.

- Il y a quoi là haut ?

- Un grenier encombré. Il est sans intérêt.

- Il y a quoi dedans ?

- De vieilleries inutiles.

Sauf qu'il s'était instinctivement placé entre eux et les escaliers. Il devait y avoir quelque chose d'important en haut. Ginga ne farfouillerait pas. Ils avaient bien le droit de ne pas tout leur révéler.

- On redescend ?

Le groupe fit demi-tour et retourna dans la salle principale au rez de chaussée. Le double de Ryûga ferma la marche, comme s'il craignait de les voir essayer de découvrir leurs secrets.

Ils atteignirent le pallier du rez de chaussée.

- Mais tu vas arrêter de chialer ! s'énerva Kyoya.

Ginga se tourna vers lui. Il se tenait à quelques pas de son double qui, agenouillé à même le sol, pleurait à grands sanglots.

- Arrête de l'embêter, le sermonna Ginga.

- J'ai rien fait ! Il s'est mis à pleurer sans raison.

Le double du rouquin se tenait dans un coin de la salle, les bras croisés, et toisait la scène d'un regard indéchiffrable. Ryûga ricana.

- Ça la fout mal de ressembler à un pleurnichard, se moqua-t-il.

- Parce que tu te crois mieux avec le hippie ?

Yû s'approcha du double de Kyoya.

- Qu'est-ce qui arrive à l'autre Yoyo ?

- Ne dis pas ça comme ça !

- R-rien.

Il se releva en essuyant ses joues. Il gardait les yeux rivés sur le sol.

- T-tout va bien...

Le double de Ryûga s'approcha de lui et passa un bras autour de son épaule. Il s'appuya contre lui. Il lui parla à l'oreille. Le double de Kyoya répondit à voix basse.

Le double de Ginga leva les yeux au ciel.

Madoka s'approcha de son double.

- Pourquoi tu ne l'as pas aidé ?

Elle haussa les épaules.

- Ça ne m'intéresse pas. Il doit se débrouiller seul sinon il ne réussira jamais rien.

- Il ne réussira rien de toute façon, intervint le double de Ginga.

Yû croisa les bras et prit un air songeur.

- C'est vrai qu'on ne peut pas continuer à les appeler l'autre Yoyo et l'autre Gingy. Il faut qu'on leur trouve des surnoms.

- Pourquoi ce serait à nous d'être renommés alors que vous êtes dans notre monde ? s'énerva le double de Ginga.

- Parce qu'on a déjà les nôtres, répondit sombrement Kyoya.

- Laissez-moi réfléchir !

Yû posa ses doigts sur ses tempes et ferma les yeux. Il émit un bourdonnement songeur. Il s'arrêta et ouvrit de grands yeux lumineux.

- Je sais !

Il montra le double de Ginga qui lui adressa un regard noir.

- Et si on t'appelait Maléfique ? Ça t'irait super bien !

- Quoi ?

- Ou Ursula. Oh ! Je sais ! Pourquoi pas Scar ?

- Je t'interdis de me donner un surnom ! Je suis Ginga, le meilleur blader d'Hansha !

- Pas de quoi se vanter, marmonna Kyoya.

Un regard assassin se posa sur le vert.

- Oh ! Et pourquoi pas Jafar ?

- Arrête de l'embêter Yû.

- Mais mon idée de surnoms est bonne.

Tsubasa ne protesta pas mais il ne voulait pas le voir envenimer la situation.

- Tu n'as rien de moins... de plus simple ?

- Bon, ben, Ginsha alors.

Sous l'approbation générale – hormis celle de Ginsha bien sûr – le surnom fut approuvé. Yû se tourna vers le double de Kyoya, toujours blotti contre son Ryûga.

- Toi, ce sera Kyosha !

Il se contenta d'opiner. Yû le regarda avec des yeux ronds.

- Tu ne te plains pas ? s'étonna-t-il. T'insistes pas pour que je t'appelle Kyoya ?

- Je-j'aime bien.

Ses joues rougirent tandis que Kyoya grognait dans son coin.

- Je suis content que quelqu'un apprécie mes surnoms à leur juste valeur.

Yû se tourna vers le double de Ryûga.

- Et toi Ryûsha !

- Ça me va.

- Waaa... C'est beaucoup plus simple de vous donner des surnoms à vous !

Il se tourna vers la double de Madoka qui était toujours allongée sur le canapé.

- Et toi... Dark-Madoka ?

- Quoi ? Tu me considères comme une simple réplique de ça ?

- Mais non, mais non... tu préfères Dokasha ?

- C'est mieux !

- J'arrive pas à croire qu'ils aient le choix, marmonna Kyoya.

- Il faut en trouver un pour Masamune aussi.

- Hm... Masasha ?

Comme le problème des surnoms étant réglé, Ryûsha s'adressa au double de Kyoya.

- Si tu es d'accord, il faudrait que tu libères ta chambre. Ils ont besoin de plus de place.

Le double de Kyoya s'enfuit vers les escaliers.

- Et moi ? s'inquiéta Madoka. On n'a pas du tout pensé à moi !

- Tu fais partie des Gan Gan Galaxy, non ? fit Ginga.

- Tu ne crois quand même pas que je vais dormir dans la même chambre que vous quatre, !

- Heu...

- Tu peux rester avec Madoka... Dokasha, proposa le double de Ryûga.

- Quoi ? s'agaça cette dernière.

Elle se laissa tomber sur le canapé.

- Ce genre de truc n'arrive qu'à moi. Juste parce que je suis une fille.

Tous les problèmes étant réglés – enfin, les plus immédiats – les voyageurs se détendirent.


Fin du chapitre 2