Disclaimer : les personnages de MFB ne m'appartiennent pas.


Chapitre 4 : Autour du dîner


- Vous avez perdu Ryûga ? s'étrangla Tsubasa.

Les bladers se mirent à regarder autour d'eux, cherchant des traces de l'Empereur Dragon, mais ils durent se rendre à l'évidence. Kenta avait raison : Ryûga n'était pas avec eux.

Ginga croisa les bras et pencha la tête sur le côté.

- En y réfléchissant, je n'ai pas l'impression qu'il soit venu s'entraîner avec nous, et vous ?

Ils firent tous défiler le souvenir des dernières heures dans leurs esprits. Mais non. Ryûga ne s'était pas entraîné avec eux. Le contraire aurait été remarqué et remarquable.

- Comment vous avez fait ?

- Je me souviens qu'il est sorti avec nous, réfléchit Yû. Et après... Je crois pas qu'il soit venu jusqu'au terrain d'entraînement.

- Vous l'avez perdu dès la maison ?

- Oh, c'est bon ! s'agaça Kyoya. Il peut se débrouiller seul. Ne plus l'avoir dans les pattes nous fera des problèmes en moins !

- Ça, c'est pas sympa Yoyo.

- Arrête de m'appeler Yoyo !

- Ouais ouais.

Le double de Ryûga s'approcha d'eux, Kyosha sur ses talons. Ils arboraient des airs tristes.

- Nous sommes désolés pour ce qui est arrivé à votre ami.

- Hm. Ce n'est pas notre ami, marmonna Kyoya.

Son double tressaillit et des larmes montèrent à ses yeux.

Tsubasa soupira. À vrai dire, la disparition de Ryûga ne l'étonnait pas plus que ça. Il était bien plus surpris du temps qu'il avait passé à leurs côtés. Mais ça compliquait – encore plus – la situation.

- Ça pose un problème, déclara Tsubasa.

- Lequel ? On sait tous que Ryûga n'est pas du genre à travailler en équipe.

Ginga fit de son mieux pour ne pas regarder son rival en prononçant ces mots. Il espérait de tout cœur qu'il ne suivrait pas l'exemple de Ryûga.

- Comment on fait pour le ramener avec nous si on ne sait pas où il est ?

Ginga pinça ses lèvres. Il n'y pensait plus. Il n'avait pas oublié qu'ils devaient rentrer chez eux, bien sûr, mais les dernières aventures occupaient encore son esprit.

Kyoya esquissa un sourire féroce.

- On a qu'à le laisser ici.

- Nous ne laisserons personne derrière nous, déclara Tsubasa.

- Ça ne sert à rien d'avoir cette discussion tant qu'on ne saura pas comment rentrer chez nous, intervint Nile.

Tsubasa se tourna vers le Wild Fang.

- Justement. Nous avons trouvé comment rentrer.

- Vraiment ? s'étonna Ginga.

- Pourquoi on perd notre temps en discussion alors ? s'énerva Kyoya.

- Ce n'est pas si simple, intervint Madoka.

Tout le monde se tourna vers l'adolescente. Elle était tranquillement assise sur le canapé, son ordinateur posé sur ses genoux. Elle leva la tête.

- En fait, si. La solution est évidente. D'ailleurs, on aurait dû y penser plus tôt.

- C'est quoi ? demanda Kenta.

- On a tous des doubles ici. Donc celui que Ginga a affronté doit en avoir un aussi. Nous devons le trouver et le convaincre de nous renvoyer chez nous.

- C'est logique, commenta Yû. D'ailleurs, on a rencontré trois autres doubles cet après-midi.

- Nous ne sommes pas des doubles ! cria Ginsha.

Les bladers et la technicienne sursautèrent avant de focaliser leur attention sur lui. Son visage était déformé par la colère. Ses dents étaient serrées, sa mâchoire crispée. Ses yeux brillaient d'un éclat rouge. Ils avaient été si pris par leur discussion qu'ils avaient oublié où ils se trouvaient.

- Désolés, fit Madoka. Nous ne voulions pas nous montrer blessants.

- Ce n'est rien, la rassura Ryûsha avec un doux sourire.

- Rien ?! s'étrangla le double de Ginga. Ils nous considèrent comme de vulgaires copies et tu dis que ce n'est rien ?

- Tu sais très bien ce qu'ils ont voulu dire, soupira-t-il.

- On devrait les jeter dehors.

- Tu ne vas pas recommencer avec ça.

Ginsha croisa les bras.

- Ils ne vont nous causer que des problèmes ! On a mieux à faire que de jouer les baby-sitters !

- Ne t'en fais pas ! répliqua Kyoya. On a aucune envie de rester avec vous.

Le blader au lion se dirigea vers l'entrée. Il s'arrêta devant la porte et regarda ses compatriotes avec agacement.

- Qu'est-ce que vous attendez ? On sait quoi faire pour rentrer chez nous : on ne va pas rester ici à attendre inutilement.

- Nous ne pouvons pas partir comme ça, déclara Tsubasa.

Les yeux de Kyoya se plissèrent. Il leur adressa un geste agacé et se tourna vers la porte.

- Faites ce que vous voulez. Moi, je pars.

- Dark Bubull ! Je viens avec toi Kyoya ! s'exclama Benkei en se lançant vers son idole.

Alors que Kyoya approchait sa main de la poignée, Ginsha apparut à côté de lui. Il plaqua sa main sur le battant pour l'empêcher de partir. Ses yeux brillaient d'un éclat dur.

- Qu'est-ce que tu fais ? siffla-t-il.

- Je pars. Ce n'est pas ce que tu voulais ?

Les doigts se replièrent, formant des serres sur la porte.

- Pas maintenant. Demain.

- Qu'est-ce que ça change ?

Le double de Ginga s'adossa à la porte, faisant face au vert, dont les sourcils se froncèrent.

- Personne ne sort pendant le couvre-feu.

- J'aimerais bien te voir essayer de m'en empêcher.

Le double de Madoka alla rejoindre son compatriote. Elle croisa les bras.

- C'est la loi. Personne ne l'enfreint.

Kyoya lui jeta un regard agacé avant de reporter son attention sur le rouquin. Il esquissa un demi-sourire plein de mépris.

- T'es pas censé être plus fort que tout le monde ? Si tu étais aussi fort que ça, tu n'aurais pas peur d'un vulgaire couvre-feu.

- Quoi ?!

Ginga s'approcha du groupe. Il ne pouvait pas laisser les choses dégénérer. Il posa une main sur l'épaule de Kyoya pour attirer son attention. Les orbes bleues tumultueuses se posèrent sur lui, teintées d'agacement mais sans colère. C'était un bon point.

- On peut attendre jusqu'à demain. Nous ne risquons pas d'avancer dans nos recherches cette nuit.

- Il faut qu'on s'organise, ajouta Tsubasa.

Kyoya hésita. D'un côté, il comprenait leur point de vue, même si ça l'ennuyait profondément, et ils n'avaient pas tort : il valait mieux faire des recherches organisées. Par contre, la planification n'était pas son fort. Ça prenait trop de temps. Il préférait l'action ou, du moins, utiliser ses capacités de planification pour trouver un moyen de vaincre Ginga.

D'un autre côté, presque plus important, le double de son rival mériterait d'être soufflé.

- Nous pouvons peut-être vous aider, déclara le double de Ryûga.

Tsubasa se tourna vers leur hôte. Sa proposition était sincère. Ça se voyait sur son expression. Sa proposition, ainsi que ses derniers agissements, témoignaient de sa nature serviable.

- Merci.

Kyosha se pencha vers son ami.

- On devrait peut-être se coucher tôt, murmura-t-il. Comme ça, on pourrait faire des recherches dès la levée du couvre-feu demain.

Ryûsha lui sourit.

- C'est une bonne idée.

Le double de Kyoya rougit. Ryûsha reporta son attention sur ses invités.

- Et si nous parlions de votre problème devant un dîner ?

- Chouette ! s'exclama Ginga. Je meurs de faim.

- C'est vrai qu'on n'a rien mangé aujourd'hui, commenta Kenta.

- Depuis qu'on est arrivés, on n'a pas cessé de bouger.

- Vous voulez que je prépare quelque chose à manger ? proposa timidement Kyosha.

- Tu sais cuisiner ? s'étonna Yû.

Le vert d'Hansha opina doucement.

- Hé ouais, intervint le double de Ginga. Il a toutes les qualités d'une bonne épouse mais aucune d'un vrai blader.

Son regard se posa sur Kyoya.

- Quel dommage.

Le double de Kyoya baissa la tête.

- Je... je n'aime pas me battre.

Ginsha leva les yeux au ciel.

- T'es ridicule ! Qu'y a-t-il de mieux que de se battre ? D'écraser ses adversaires et de n'en laisser que des ruines ?

Un lourd silence suivit sa déclaration. Les citadins d'Hansha avaient l'habitude de l'entendre prononcer de telles paroles : il abhorrait la faiblesse et le criait sur tous les toits. Par contre, une telle déclaration choquait les étrangers. Surtout quand elle était prononcée par la voix de Ginga – même si ce n'était pas le leur.

Comme plus personne ne faisait attention à lui, Kyosha se faufila jusqu'à la cuisine. Ça lui ferait du bien d'être un peu seul. Il y avait bien trop de monde dans la maison depuis ce midi. Il n'avait pas l'habitude de côtoyer autant de monde. Tous ces regards qui se posaient sur lui... Ça le gênait.

Tsubasa vit le double de Kyoya se glisser dans une autre pièce avant de reporter son attention sur leur hôte.

- Nous sommes arrivés ici quand Ginga s'est battu contre un blader. Il avait une toupie Flame Circinus. Vous le connaissez peut-être... ?

Ryûsha consulta le double de Madoka du regard. Celle-ci secoua la tête.

- Non, désolés.

- Je croyais qu'on connaissait tous les bladers d'Hansha, marmonna Madosha.

- On les connaît tous, répliqua Ginsha en avançant dans le salon, délaissant son poste. Je les ai tous écrasés, les uns après les autres. Il n'y en a pas tant et ils ne valent pas grand chose.

Il s'arrêta devant le double de Ryûga.

- Peut-être qu'il ne vit pas à Hansha même.

- Ce serait problématique.

Ginsha le dépassa puis se laissa tomber sur le canapé.

- C'est pas notre problème.

- Si. Tant qu'ils n'auront pas trouvé le moyen de rentrer chez eux, ils resteront ici.

Le double de Ginga se redressa brusquement.

- Tu plaisantes ?! On a des choses bien plus importantes à faire que de les aides ! Ça va nous faire perdre beaucoup de temps !

- Ah oui et quoi ? se moqua Kyoya. Rester caché chez toi en tremblant ?

- Ce ne sont pas vos affaires ! cracha-t-il.

- Arrête Kyoya, intervint Madoka. On a suffisamment de problèmes sans que tu en rajoutes.

- Vous avez quoi à faire ? demanda Yû, titillé par la curiosité.

Ryûsha et Madosha échangèrent un bref regard avant de reporter leur attention sur les étrangers. Le blanc était crispé, clairement mal à l'aise.

- Rien de si important.

Mais son attitude crispée prouvait qu'il mentait.

- Ça me rappelle ce qu'a dit Jack tout à l'heure, intervint Hyoma. Il disait que vous causiez des problèmes avec "vos idées bizarres". Est-ce que ça a un rapport ?

Il parlait avec son sourire habituel, terriblement doucereux, qui cachait toutes ses véritables pensées.

Un nouvel échange de regards coupables. Il avait visé juste, apparemment.

- Vous savez, si vous avez des ennuis, nous pouvons vous aider, déclara Ginga.

- Ne parle pas en mon nom ! s'agaça Kyoya.

- Tout va bien, tenta de démentir le double de Ryûga.

Seulement, il n'était pas du tout crédible : il semblait de plus en plus mal à l'aise et il ne les regardait pas directement. Madoka eut un sourire attendri. Il ne savait pas mentir. Ces pensées légères s'évanouirent bien vite. Ils leur cachaient quelque chose. Cela devait être grave pour qu'il prenne autant de précautions pour cacher la vérité. Madoka se remémora l'état fantomatique de la ville qu'ils avaient traversé. Un frisson la parcourut. Il devait se passer des choses graves ici.

- Tu peux nous faire confiance, tu sais ? intervint Yû en regardant leur hôte de tout ses yeux.

Celui-ci sentit sa volonté vaciller. Il hésita. Peu de personnes parvenaient à résister aux puppy-eyes de Yû.

- Quel est le problème ? ajouta Kenta, attristé par son comportement.

Ryûsha hésita un peu plus. Un soupir profondément agacé résonna. L'attention se porta sur le double de Ginga qui était assis sur le canapé, la tête posée sur son bras appuyé sur le dossier.

- Nous sommes des rebelles.

- Ginga, dit sévèrement le double de Ryûga.

Sans son intervention, ils ne l'auraient pas pris au sérieux : son intervention ressemblait bien trop à un sarcasme pour leur clouer le bec pour être réaliste.

- Quoi ? Ils me soûlent avec leurs questions. Autant répondre directement.

- Nous n'avons pas à les mêler à ça.

- C'est toi qui veut les garder ici.

- Et alors ?

- Alors on ne va pas se casser la tête à leur cacher nos activités.

- Il n'a pas vraiment tort, intervint Madosha.

Ryûsha les regarda tour à tour, les sourcils légèrement froncés. Il ne partageait pas leur avis.

- Des rebelles ? interrogea Yû.

- Ils disent n'importe quoi pour se rendre intéressants.

- Tais-toi ! s'énerva Ginsha. Arrête de commenter !

- Vous vous rebellez contre quoi ? demanda Nile.

- Contre qui plutôt, contra Madosha.

- Ça suffit, ordonna Ryûga d'Hansha d'un ton calme mais sans appel.

Il se tenait droit, de nouveau sûr de lui.

- Nous vous aiderons à rentrer chez vous.

Il se tourna ensuite vers les siens.

- Ça suffit avec cette histoire. Nous nous concentrerons sur un objectif à la fois.

Ginsha se leva d'un bond, furieux. Yû observait la scène qui se déroulait devant ses yeux avec fascination. Il regrettait de ne pas avoir de pop-corn à portée de main : tout cela se suivait comme un film. Il n'avait même pas besoin d'intervenir pour que ce soit animé.

- Tu veux qu'on arrête ? Juste parce qu'on a ça dans les pattes ?

Il indiquait les étrangers avec tout le mépris dont il était capable.

- Qu'on fasse une pause, pas qu'on arrête.

Ginsha fit un pas dans sa direction, menaçant.

- Ça revient au même !

- Nous n'avançons pas de toute manière. Quelle importance si on arrête quelques jours ?

Sa phrase ressemblait à un soupir de lassitude.

- Ce n'est pas à toi de décider ça ! Tu n'es pas notre chef !

Ryûsha s'assombrit mais encaissa la réplique cinglante.

- Je sais.

Un silence tendu s'ensuivit.

- De quoi ils parlent ? intervint Masamune, insensible à l'ambiance méfiante et triste.

Yû lui donna un coup de coude, lui arrachant un geignement.

- Tu vois pas qu'ils règlent leurs comptes ? murmura-t-il. C'est vraiment impoli d'intervenir.

Un sourire chassa son expression sérieuse. Il se pencha en avant et croisa les bras derrière son dos.

- Enfin, ça te ressemble bien.

- Quoi ?!

Tsubasa s'interposa entre eux, les bras croisés. Il adressa un regard dur à Masamune qui ne put s'empêcher de reculer, impressionné malgré lui.

- Vous n'avez pas honte ? Ils ont de vrais problèmes.

Yû baissa la tête.

- ...Désolé.

Masamune gonfla ses joues et détourna la tête, blessé dans son orgueil et ne ressentant pas une seule once d'excuse.

Alors que Tsubasa allait s'excuser en leur nom – il commençait à en avoir assez : la journée ne touchait pas encore à sa fin et il l'avait déjà fait un nombre incalculable de fois – le double de Kyoya fit irruption dans la pièce, un doux sourire sur ses lèvres. Enfin... faire irruption était un bien grand mot. Disons plutôt qu'il entra et resta près de la porte. Mais la tension était telle que le moindre changement se voyait comme une irruption dans un duel opposant Kyoya et Ginga.

Ressentant tout cela, Kyosha se ratatina un peu sur lui-même, l'air beaucoup moins fier d'un coup.

- Le repas est prêt.

- Cool ! s'exclama Ginga. Je meurs de faim.

Mais leur intervention n'avait pas suffi à calmer les esprits.

Yû s'approcha du double de Kyoya qui n'avait qu'une envie : faire demi-tour et se cacher pour échapper à tous les regards.

- T'es un rebelle toi aussi ?

La réaction de Kyosha ne se fit pas attendre : son visage devint rouge vif et son regard se fit fuyant. Il se tortillait, trop mal à l'aise pour rester immobile, et tirait sur les manches de son sweat-shirt.

- Des rebelles ? C'est quoi ça ?

Sa voix montait étonnamment haut dans les aigus à cause du stress. Yû pinça ses lèvres pour s'empêcher d'éclater de rire, même si c'était vraiment difficile.

- Jamais entendu parler.

Ginsha se cacha le visage.

- J'ai jamais vu quelqu'un mentir aussi mal.

Le double de Kyoya parvint à rougir encore plus. Tsubasa ne pensait pas cela possible. Il rabattit sa capuche sur sa tête, ne parvenant toutefois pas à recouvrir tout son visage.

Ginsha se dirigea vers lui à pas lents. Il lui tira la capuche des mains.

- Je t'ai déjà dit de ne pas faire ça. Tu sais que ça m'agace.

- Désolé...

Kyosha plaqua ses mains sur ses lèvres. Il esquissa un pas en arrière et se cogna contre le chambranle de la porte.

- Je ne voulais pas ! Enfin si, mais...

Il ne trouvait pas les mots. Il ferma les yeux et baissa la tête, attendant son châtiment. Seul un soupir profondément agacé lui répondit. Il osa rouvrir un œil, puis l'autre.

- Je suis trop fatigué pour discuter avec toi.

Sur ces mots, Ginsha entra dans la cuisine. Le double de Kyoya se tourna vers son ami aux cheveux blancs, l'air triste.

- Il s'est passé quelque chose ?

Celui-ci secoua la tête.

- Rien d'important. Allons dîner.

Il entraîna son ami dans la salle adjacente. Les étrangers échangèrent un regard avant de les suivre. Ginga fut le premier à leur emboîter le pas, suivi de près par Tsubasa. Il arriva dans une grande salle à manger – pas assez toutefois pour les accueillir tous – qui menait à la cuisine. Son double était assis sur le plan de travail, un bol fumant dans la main. Il fixait son contenu, décidé à les ignorer.

- Certains devront manger dans le salon, déclara placidement leur hôte.

- On pourrait y manger tous ensemble, contra Ginga. Ce serait plus sympa.

Ryûsha opina même si, au fond, cela lui importait peu. Il se sentait fatigué, simplement fatigué. Il voulait juste retourner dans sa chambre et dormir.

Il aida Kyosha à préparer les bols de nourriture et se chargea de les servir à leurs invités qui faisaient la queue – le vert manquait de tout renverser à chaque fois qu'un regard se posait sur lui. Quand la file d'attente arriva à son terme, il fit signe à son ami de rejoindre les autres dans le salon. Ce dernier s'exécuta à contrecœur. Le double de Ryûga profita de ce court répit pour prendre de profondes inspirations. Il devait se préparer mentalement aux innombrables questions qui lui tomberaient immanquablement dessus.

Ayant réuni tout le courage qu'il pouvait, il retourna dans le salon, son propre bol de nourriture dans les mains. Des groupes semblaient s'être formés. Un peu à l'écart, dans un angle de la pièce, se tenaient les Wild Fang. Les trois membres étaient assis par terre tandis que le capitaine était adossé au mur, les bras croisés.

- Tu es sûr que tu ne vas rien manger ? lui demanda Nile.

- Je n'ai pas besoin de charité !

- Ce n'est pas comme ça que tu vas prendre des forces.

- Ce sont pas tes affaires.

Nile leva les yeux au ciel avant d'entamer son repas. Ça ne servait à rien de discuter avec Kyoya quand il était dans cet état. Benkei hésita encore un peu mais il mourait trop de faim pour suivre l'exemple de son idole.

Yû, confortablement installé sur le canapé, pépiait quelque chose à Tsubasa et à Kenta. Masamune, qui boudait toujours, leur tournait le dos. Madoka leur tenait compagnie.

Les doubles de Madoka et de Ginga se tenaient dans un coin, discutant à voix basse.

Mais ce qui étonna Ryûsha fut de voir Ginga et Hyoma parler au double de Kyoya. Il se dirigea vers eux.

- Tu cuisines trop bien ! s'exclama le rouquin avant de manger à nouveau.

Kyosha, pivoine, était assis entre eux. Il regardait fixement le sol.

- Je trouve aussi, déclara Hyoma.

- Et il shait de quoi il parle, marmonna Ginga.

- M-merci.

Ginga devint soudainement sérieux quand ses yeux se posèrent sur Ryûsha. Il avala son repas.

- C'est quoi cette histoire de rébellion ?

Il n'y avait aucune accusation, aucune méfiance dans son ton. Seulement de la curiosité. Pourtant, cela crispa le double de Ryûga.

- Nous pouvons vous aider. Je vous l'ai déjà dit et je le pense toujours.

Ginga sourit, lumineux, et se frotta l'arrière du crâne.

- Sans vouloir me vanter, nous avons déjà sauver le monde deux fois.

- Trois, intervint Kyoya.

Ginga le regarda avec surprise. Il n'avait pas l'air de se mêler à la conversation pourtant.

- T'oublie le minable au Poséidon.

Le sourire de Ginga réapparut et s'élargit.

- C'est vrai. Nous avons sauvé le monde trois fois. D'ailleurs, tu as été d'une grande aide à chaque fois.

- Arrête de raconter n'importe quoi.

Ginga lui sourit un peu plus avant de redevenir sérieux.

- Tout ça pour dire que nous sommes capables de vous aider si vous avez des problèmes.

Il montrait tant d'assurance en prononçant ces paroles que le double de Ryûga ne pouvait que le croire. Ça ne lui plaisait pas de partager cela avec eux néanmoins. C'était leur problème. Il ne pouvait pas mêler tout le monde à ses histoires.

Une main se posa sur son bras. Il releva la tête. Il ne s'était pas rendu compte qu'il l'avait baissée. Kyosha opina légèrement, l'encourageant à partager les informations avec eux. Le double de Ryûga retint un soupir. S'ils étaient tous d'accord, il n'avait pas le choix.

- Vous avez vu à quoi ressemble Hansha.

Certains hochèrent la tête, les autres tendaient l'oreille ou l'ignoraient ou restaient figés mais à l'écoute.

- On dirait une ville fantôme, répondit Yû.

- C'est exact. Les gens ont peur de sortir de leurs maisons. À cause du couvre-feu et de ceux qui l'ont mis en place : les dirigeants.

- C'est qui ça ?

Ginsha leva les yeux au ciel.

- Sérieusement ? Le nom ne vous donne pas un indice ?

- Ce sont les personnes qui dirigent Hansha, répondit le double de Ryûga sans prendre sa remarque en compte. Personne ne sait exactement où ils sont ni qui ils sont. À ce qu'il paraît, ils vivraient dans un fort au milieu du désert.

Yû pencha la tête sur le côté, perplexe.

- C'est eux qui ont fait le couvre-feu ? Pourquoi ?

Le double de Madoka haussa les épaules.

- Peut-être pour pouvoir se promener en ville. C'est eux qui ravitaillent Hansha en eau, en nourriture...

- Vous n'êtes pas sûrs ?

- Ce n'est pas facile de vérifier figure-toi !

- Nous ne voulions pas vous offenser, déclara Tsubasa pour calmer les tensions. Personne n'a jamais essayé de découvrir ce qui se passe après le couvre-feu ?

Le double de Ryûga se rembrunit.

- Si, et cette personne n'est jamais revenue.

Un silence endeuillé plana sur la salle. Ginga voulait en apprendre plus sur les dirigeants pour pouvoir aider ses nouveaux amis mais il n'osait pas reprendre la parole. Apparemment, ils avaient perdu quelqu'un de proche.

- Donc, vous vous rebellez contre les dirigeants ? demanda Hyoma.

- C'est ça. Nous ne pouvons pas laisser Hansha sous leur joug.

- Wahou.

- Et depuis quand vous faîtes ça ?

- Nous ne l'avons pas tous rejointe en même temps, expliqua Ryûsha. Elle a débuté il y a cinq ans.

- Le pleurnichard et moi l'avons rejointe il y a deux ans, déclara le double de Ginga.

Kyosha opina timidement. Yû croisa les bras derrière la tête.

- C'est drôle ça. Tu n'as pas l'air d'être le genre de personne prête à tout pour sauver le monde.

Ginsha poussa un sifflement agacé.

- Je ne suis pas là pour sauver le monde.

- Pourquoi t'as rejoint la rébellion alors ?

- Mon père travaille pour les dirigeants. C'est un minable. Je n'ai aucune envie d'avoir un seul point commun avec lui.

- C'est... dur.

Il haussa les épaules, se moquant visiblement de leur avis.

- Vous avez parlé de votre chef, intervint Tsubasa. Il n'est pas ici aujourd'hui ?

- Il est parti sur une mission et nous ne l'avons pas revu depuis.

- C'était un blader fort ! intervint Ginsha, les yeux brillants.

Pour une fois, il ressemblait un peu à leur Ginga.

- Et il était vraiment gentil, ajouta Kyosha dans un murmure.

- Sans compter son courage, fit Madosha, rêveuse. C'est lui qui a créé la rébellion.

- Mais il a disparu lors d'une mission lui aussi...

Ils se turent de nouveau, encore plus tristes.

Ginga se leva, souriant de tout son être. Il posa ses mains sur ses hanches. Toute l'attention se reporta sur lui.

- Nous pouvons vous aider, déclara-t-il.

Kyoya poussa un soupir agacé mais il n'y fit pas attention. Il savait que son rival apporterait son aide, quelles que soient les circonstances. Il le faisait à chaque fois. Ginga lui faisait une confiance absolue.

- C'est dangereux, répliqua Ryûsha. Je ne veux pas vous mêler à ça.

- Nous pouvons affronter n'importe quel défi, dit Ginga en serrant le poing. Pas vrai les amis ?

Tous ses amis approuvèrent avec un grand enthousiasme. Le sourire de Ginga s'élargit. Il était si fier d'eux.

- Mais...

- De toute façon, nous devons explorer Hansha et ses alentours pour pouvoir rentrer chez nous, continua Ginga sans lui laisser le temps de refuser.

- Ça fera d'une pierre deux coups, ajouta Hyoma. Vous nous aidez à chercher la personne qui peut nous renvoyer chez nous et nous vous aidons à vaincre les dirigeants.

- Exactement ! s'exclama le rouquin.

Malgré leur assurance et leur enthousiasme, le double de Ryûga continuait d'hésiter. Ça lui semblait mal de les laisser se mettre en danger. Surtout pour un monde qui n'était pas le leur.

- Ils sont mêlés à nos histoires de toute façon, déclara Masasha depuis la porte de son bureau.

- Tu es sorti ?

Il arrangea ses lunettes sur son nez.

- Vous faîtes trop de bruit pour que je puisse me concentrer.

- Nous sommes donc d'accord ? insista Ginga.

Ryûsha le dévisagea un peu plus.

- Oui, finit-il par acquiescer.

Son sourire devint lumineux.

- Super !

Hyoma se mit debout.

- Allons dormir, nous avons beaucoup à faire demain.

Les Gan Gan Galaxy et Kenta partirent vers les escaliers. Ginga s'arrêta auprès de son rival.

- Tu nous aideras ?

Il n'en doutait pas mais il voulait l'entendre de sa bouche.

- Ils devraient être intéressants à vaincre.

Ginga sourit puis alla rejoindre ses coéquipiers.


Fin du chapitre 4