Hello !
Voilà le deuxième bonus de ma fic. Il est assez court, mais j'espère qu'il vous plaira.
Bonne lecture,
C.
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Disclaimer : seule l'histoire est à moi, personnages et univers appartiennent à la grande JKR.
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CcC
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Bonus : 6 ans plus tard
23 décembre 2005
De la chambre d'enfant plongée dans l'obscurité s'élevait un chant doux, berceur, souffle plus que voix. Murmure qui venait d'une femme d'une vingtaine d'années, à l'opulente chevelure brune et aux traits exsudant la tendresse et la bienveillance. Deux caractéristiques qui ressortaient particulièrement lorsque, comme en ce moment, elle observait son enfant.
Sans le quitter des yeux, sans cesser de chantonner, elle éteignit la lampe de chevet pour la remplacer par une veilleuse Flash McQueen, puis se pencha afin de déposer un baiser sur le front de son ange. Elle en profita pour inspirer son odeur, semblable à celle qu'elle sentait chaque jour depuis plus de six ans maintenant. Un parfum de bonheur.
Lorsqu'elle se redressa, elle eut la surprise de voir les magnifiques yeux de son fils ouverts, le bleu plus que le marron.
— Dors, mon ange.
Le petit hocha mollement la tête puis, ses paupières à moitié refermées déjà, lâcha dans un bâillement :
— T'es belle, Maman.
— Tu es plus joli encore, mon cœur. Fais de beaux rêves.
Il s'était rendormi.
Elle le détailla, enveloppé jusqu'au cou dans son duvet, ses cheveux bruns ébouriffés, son beau visage détendu, l'oreille mâchouillée de son lapin en peluche Panpan dangereusement proche de ses lèvres entrouvertes, et ne put résister à l'envie de lui voler un dernier bisou. Elle gagna la porte à reculons tandis qu'il se retournait dans son sommeil.
Dans le couloir, elle trouva son époux fermant doucement derrière lui la porte des jumelles.
— Ophélie n'a pas fait de siennes ?
Il se contenta de secouer la tête. Puis de la détailler. Un rictus apparut sur ses lèvres.
— Qu'y a-t-il ? interrogea la jeune femme en tâtant du bout des doigts son chignon, craignant que sa chevelure ait repris ses droits.
— Rien du tout.
Un silence, durant lequel elle lui fit les gros yeux, pas dupe de son excuse.
— Tu es belle, déclara-t-il finalement.
Elle sourit, flattée, et accepta le bras qu'il lui tendait. Se dressant sur la pointe des pieds, elle lui souffla un compliment à l'oreille. Il lui vola un baiser ils tournèrent sur eux-mêmes.
Un instant plus tard, il n'y avait plus personne dans le couloir.
CcC
Cette année-là, l'équipe de décorations s'était surpassée. Sur les tables drapées de nappes cramoisies, des guirlandes d'or serpentaient entre les plateaux chargés d'amuse-gueules aux formes diverses de bûches, rennes, cadeaux, et autres joyeusetés. Aux quatre coins de la pièce se dressaient des sapins, dont les innombrables boules étaient illuminées par la multitude de bougies les accompagnant. À leur sommet, si haut qu'il frôlait pratiquement le plafond, un ange tenait une étoile au-dessus de sa tête, comme pour l'accrocher au ciel de plâtre. De celui-ci tombaient des paillettes rouges et dorées, aussi froides que des flocons de neige, qui disparaissaient bien avant de toucher le sol. Était enfin pendue au centre de la pièce, à la place de l'habituel lustre de cristal, une branche de gui fraiche.
On murmurait également que des statues de glace étaient disséminées dans tout le bâtiment, qu'on avait aperçu des elfes de maison habillés comme les lutins du Père Noël dans l'aile Ouest, et que quiconque allait aux toilettes se voyait accueilli par des chants de Noël.
On pouvait donc affirmer que la décoration impressionnait tout le monde, cette année, surtout lorsqu'on se souvenait de la soirée de l'année précédente, et du pauvre sapin placé à l'entrée, seule preuve de ce qu'on fêtait au ministère.
— C'est vraiment atroce ! s'exclama alors Draco Malfoy, détruisant aussitôt toute impression d'un émerveillement parfaitement collectif.
Hermione Granger, un bras autour de celui de son mari, soupira profondément, un air exaspéré sur le visage. La joie simple qu'elle ressentait encore en quittant la maison s'était vite transformée en agacement à leur arrivée au ministère.
— Qu'est-ce qui ne va pas, encore ?
D'un large mouvement du bras, le blond engloba la totalité de la pièce. Son nez était froncé de dégoût.
— Il n'y a que du rouge ! lâcha-t-il.
Il baissa aussitôt la tête, évitant ainsi la tape que sa femme voulut lui donner sur le crâne. Il ne vit pas venir, en revanche, son talon droit, qui alla écraser sans pitié son pied gauche.
— Aïe ! Mais enfin ! Ce n'est pas de ma faute si les organisateurs n'ont aucun goût !
— Je n'y crois pas ! Tu te rends compte que tu n'as plus six ans ? Même Natt ne fait pas de telles réflexions.
— Normal, on jurerait qu'il n'y a que tes gènes dans son ADN. Je n'arrive toujours pas à croire que mon fils aîné ira à Gryffondor. Et moi qui pensait avoir tout vu !
Cette fois, il s'écarta de deux bonds pas, décidé à ne pas se faire avoir une seconde fois. À un mètre de là, Hermione avait les sourcils haussés de stupéfaction.
— Pauvre de moi… J'ai un mari… complétement… stupide.
— Ça, je ne te le fais pas dire !
Elle se tourna en souriant vers Harry, qui était intervenu. Il tenait par la taille Ginny, dont les yeux marrons pétillaient. Elle les enlaça avec plaisir, puis les garçons échangèrent une poignée de main virile, Ginny fit la bise au blond et ils engagèrent tout naturellement la conversation sur la décoration.
— J'aime beaucoup la manière dont vous avez décoré le ministère, Hermione, la complimenta Harry.
La brune lança un regard appuyé au blond, signifiant certainement quelque chose du genre : « Lui, il sait parler aux femmes. Prends-en de la graine. »
— Oui, heureusement que tu as remplacé Jenkins, renchérit Ginny. C'était une vraie incapable. Le sapin de l'entrée s'en souvient encore.
Comme il sentait le regard de sa femme peser dangereusement sur lui, Draco décida, sagement, de changer de sujet de conversation – avec subtilité, comme il sied à un Malfoy.
— Alors, vous avez réussi à parquer vos démons ?
— Oui, soupira Ginny.
Son ton laissait entendre la difficulté de la tâche.
— Qui est assez suicidaire pour les prendre tous les deux ?
Draco évita habilement le coup d'Hermione. Les Potter rirent.
— Personne, à vrai dire, annonça finalement Harry. James est chez Molly et Arthur avec Lily, et Albus est chez George et Angelina.
— Ils ne passent pas, ce soir ?
— Non. Angelina est trop fatiguée.
Les deux autres acquiescèrent. Puis Draco, qui, malgré les années, ne s'était jamais habitué à parler non-stop des enfants et des amis, changea de discussion pour quelque chose de bien plus important à ses yeux.
— J'irais bien me chercher à boire, qu'en dites-vous ?
— J'en dis que les hommes n'ont qu'à y aller.
Les deux amies passèrent commande, et leurs époux s'éloignèrent, après une courbette ridicule de Draco. Aussitôt, Ginny se pencha vers Hermione.
— Alors ? demanda-t-elle simplement.
Hermione hocha mollement du chef.
— Tu lui as dit ?
Elle secoua lentement la tête. Ginny lui lança un regard désapprobateur. Hermione s'en détourna bien vite, préférant fixer la branche de gui. Mais sa meilleure amie ne la laissa pas s'en tirer comme ça.
— Il est autant concerné que toi. Tu dois lui dire, avant qu'il ne soit trop tard.
Hermione baissa vivement la tête pour plonger son regard déterminé dans celui de Ginny.
— Je ne changerai pas d'avis.
La rousse acquiesça immédiatement, désireuse de l'apaiser avant qu'elle ne se braque totalement. Elle ouvrit la bouche pour ajouter quelque chose, mais remarqua, à la périphérie de son champ de vision, Draco et Harry, accompagnés de Blaise. Elle attrapa vivement le bras de son amie, qui protesta.
— Je maintiens : parle-lui ! insista-t-elle dans un souffle.
Elle lâcha le bras de la brune, qui lui retourna un regard noir. Les garçons arrivèrent sur ces entrefaites, l'empêchant cependant de rétorquer.
— Devinez qui on a aperçu près des petits-fours aux formes biscornues.
Hermione adressa à son mari un regard orageux, mais la suite la laissa sans voix.
— Astoria Greengrass.
— Mais qu'est-ce qu'elle fait là ? s'insurgea Ginny. Elle ne travaille pas ici !
— Erreur, annonça le noir. Elle bosse au département de… je ne sais plus, quelque part… Bref ! Elle bosse ici, depuis plus de deux semaines maintenant. Assez, visiblement, pour avoir reçu une invitation. Et vous savez quoi ? Elle parait décidée à approcher Draco.
Celui-ci hocha la tête, l'air désespéré.
— J'ai fui en quatrième vitesse, mais à voir son expression décidée, elle va revenir à la charge.
Cette fois, les yeux d'Hermione lançaient des éclairs.
— Eh bien qu'elle vienne, j'ai hâte de lui parler. (Puis, pointant son époux d'un index menaçant :) Toi, dorénavant, tu ne me quittes pas d'une semelle.
— Compris.
— Bon, vu qu'une tornade risque à tout instant de mettre fin à la soirée, permettez-moi de vous laisser. J'ai une affaire urgente à régler avec Bernard Fitzgerald, déclara Blaise.
Après son salut militaire habituel, il s'éloigna sous les rires des deux jeunes femmes. Hermione se demanda brièvement où était Luna, puis Ginny et Harry les quittèrent également, le ministre souhaitant vivement rencontrer la femme du célèbre Survivant.
Aussitôt, Draco présenta sa main à Hermione.
— Une danse ?
Elle sourit.
— Pourquoi pas ?
Ces danses, ils les enchainèrent, parfois aussi serrés qu'on peut l'être, tandis qu'ils se frôlaient à peine du bout des doigts à d'autres moments. Hermione adorait ces moments où elle était assez proche du blond pour le détailler, lui voler des baisers ou voir l'amour inconditionnel que contenait son regard quand il le posait sur elle. Elle avait l'impression, dans ces cas-là, de l'avoir épousé la veille.
L'instant était si parfait qu'elle ne put se retenir.
— Je suis enceinte.
Choc total. Draco se figea sur la piste de danse, la fixa de ses grands yeux gris ronds comme des soucoupes. Hermione se crispa, ne sachant comment prendre cette réaction.
— Attends, quoi ?
— Je suis enceinte, répéta-t-elle.
Il recula d'un pas, se passa une main sur le visage, visiblement dépassé par cette déclaration inopinée.
— Que… Mais… Comment… On avait décidé de s'arrêter à trois, Hermione. Ophélie et Altais ont moins de deux ans !
— Je sais. On a dû être un peu imprudents au niveau protection, où il y a eu un problème, mais…
Elle se tut en croisant le regard catastrophé de son époux, qui zigzaguait entre le ventre et le visage de sa compagne. Elle le reconnaissait aisément, et priait chaque jour pour ne plus jamais le revoir.
Devant elle se trouvait une version de Draco plus jeune, moins confiant, moins décidé.
Une version de Draco qui, sur un dernier balbutiement inintelligible, tourna les talons.
Hermione resta immobile sur la piste de danse un long moment. Quand, au bout de plusieurs minutes, elle intégra que son mari l'avait abandonnée en plein milieu d'une conversation de la plus haute importance, elle s'éloigna, d'abord en vacillant, puis plus rapidement. Elle trottait lorsqu'elle passa le seuil de la pièce pour se diriger vers la première salle vide qu'elle trouva – aménagée pour les réunions. Lorsqu'elle poussa la porte, elle n'en crut pas ses yeux embués de larmes.
Au milieu de la pièce, séparés par une longue table en bois massif et les sièges de bureau qui l'entouraient, Ronald Weasley et Lavande Brown, qu'elle ne pensait pas revoir un jour, se hurlaient dessus. Si fort qu'elle comprit qu'ils avaient insonorisé la pièce. Si synchronisés qu'elle ne saisissait qu'un mot sur deux.
— Toujours ma faute… Incompétent…
— Arnaqueuse !
— Egoïste !
— Manipulatrice…
— Epoux de pacotille…
— Mère indigne !
Elle recula à toute vitesse tandis que l'un des deux s'époumonait :
— Je vais demander le divorce, tu vas voir !
Encore un ricanement, puis elle ferma la porte derrière elle et le silence revint.
Elle fit une nouvelle pause, le souffle saccadé, les yeux posés sur la porte dissimulant ses anciens camarades. La dernière fois qu'elle avait eu de leurs nouvelles, elle avait découvert dans le journal le faire-part de mariage du couple.
Lentement, sa respiration reprit un rythme normal. Elle passa nerveusement la main dans sa chevelure, découvrant ainsi son chignon totalement défait. Elle soupira, se demandant comment un début de soirée idéal avait pu se transformer en un tel désastre. Sa poitrine se serra alors, les larmes montèrent et elle sentit un besoin urgent de prendre l'air.
Elle traversa les couloirs en catastrophe jusqu'à atteindre le balcon du premier étage. Elle s'accouda à la balustrade, les jambes tremblantes, rejeta la tête en arrière pour respirer profondément l'air de la nuit. Alors qu'elle commençait à se calmer, une voix féminine s'éleva, et elle se demanda soudain si elle n'était pas maudite.
— Hermione ?
Elle ne se retourna pas, espérant que l'intrue réaliserait qu'elle n'était pas la bienvenue et se retirerait. Peine perdue.
— Hermione ? Hermione… Je… Je voulais te parler.
La brune soupira.
— Que veux-tu, Astoria ?
— Tu te souviens de moi.
— Evidemment, que je me souviens de toi. Et sache que ce n'est vraiment pas le moment.
— J'en suis vraiment désolée, mais je suis assez débordée, entre Scorpius et le boulot, et… Ça fait des mois que je voulais venir te parler. Mais je n'ai jamais trouvé l'occasion, et je me doutais que tu ne m'accueillerais pas à bras ouverts si je toquais à ta porte.
Hermione ne se donna pas la peine de répondre. Loin de s'en offusquer, Astoria prit une profonde inspiration et poursuivit.
— Je voulais m'excuser.
Hermione se figea. Elle ne s'attendait pas à ça.
— Je voulais m'excuser, parce que, depuis quelques années, je repense à ce que j'ai fait et… j'ai réalisé à quel point j'avais été mesquine, et méchante. Je savais que vous étiez amoureux, Draco et toi, et j'ai tenté de te voler ton bonheur. Je me suis immiscée entre vous deux, encore et encore. Sous prétexte que nos parents voulaient nous lier de force, je l'ai forcé à te quitter pour moi. Et ensuite, j'ai voulu lui imposer un bébé que j'avais conçu seule, sans lui laisser le choix.
Elle se tut un instant, et Hermione, le regard fixé sur une étoile lointaine, changea de pied d'appui.
— Je voulais que tu saches que je comprends, maintenant, à quel point j'étais égoïste. Mais j'étais aussi jeune et inconsciente. Et je veux aussi que tu saches que ce n'était pas que de l'avidité. Je l'aimais, très sincèrement. Je savais que je serais heureuse avec lui, et j'espérais pouvoir le rendre heureux. Aujourd'hui, je suis consciente que ça n'aurait pas marché, pas alors que je le forçais, pas alors qu'il était amoureux d'une autre personne. À l'époque, je ne le voyais pas, et j'ai fait des choses vraiment stupides à cause de ça. Donc, je suis vraiment désolée.
Nouvelle pause.
— A présent, je vais te laisser. J'espère que tout se passera bien pour toi, et pour vous.
Hermione entendit Astoria s'éloigner. Sans très bien savoir ce qui lui prenait, elle la héla. Les pas se figèrent. La blonde ne prit pas la parole, attendant.
— Qu'est-ce qui a changé, Astoria ? interrogea Hermione sans se retourner.
— Je suis mère, répondit simplement la blonde.
Nouveau silence, bien plus long. Puis :
— Tu pourrais dire à Draco à quel point je suis désolée ? Je le ferais bien moi-même, mais j'ai l'impression qu'il me fuit encore plus que toi.
Elle partit aussitôt, et la voix d'Hermione, murmure porté par le vent, lui parvint alors qu'elle remontait le couloir en direction de la sortie du ministère.
— Je lui dirai.
CcC
Bien plus tard, alors que la Lune atteignait son zénith, Hermione s'amusait à compter les étoiles. Appuyée contre le balcon, elle frottait doucement son ventre et les paroles d'Astoria semblaient flotter dans l'air. Je suis mère.
Elle frissonna, frappée par la justesse de ses paroles, et le changement qu'elles pouvaient opérer chez une personne.
Une cape enveloppa soudain sa peau couverte de chair de poule.
Une main apparut sur sa taille, puis une autre. Un menton se posa sur son épaule, un souffle se fit sentir sur sa joue, rosie par le froid de la nuit.
— Il n'a pas intérêt à finir à Gryffondor, souffla-t-il. Ils ont trop mauvais goût.
Elle sourit. Hocha faiblement la tête.
— Surtout en matière d'homme.
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CcC
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Voilà voilà ! J'espère que ça vous a plu. Moi-même, je ne suis que moyennement satisfaite, mais ça devient une habitude, alors…
Une petite review pour me donner votre avis me fait toujours plaisir, évidemment. Quel passage avez-vous préféré dans ce chapitre ? Auriez-vous souhaité connaître un peu plus Natt ? Que pensez-vous de Ginny, d'Hermione, de Draco, et d'Astoria ? Avez-vous repris les cours/le travail sans trop de difficulté ?
En vous remerciant d'avoir lu,
C.
