Hey !

Après un long moment, voici le dernier bonus de cette fic, assez court, mais qui, je l'espère, vous plaira.

Bonne lecture !

C.

Disclaimer : l'univers et les personnages appartiennent évidemment à JKR.

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Bonus : 11 ans plus tard

29 août 2010

Le soleil tapait fort en cette fin août et Hermione gagna son salon tempéré avec soulagement. Elle fila dans la cuisine poser assiettes et couverts sales, attacha hâtivement sa masse de boucles en une queue de cheval haute et récupéra le dessert. Puis soupira lorsque la chaleur la frappa dès son premier pas à l'extérieur.

Traversant le jardin à grands pas pour atteindre au plus vite les parasols, elle repéra la petite troupe de garnements courant sur l'étendue d'herbe en piaillant. En voyant de loin ses trois benjamins suivre leur aîné surexcité dans une conquête du cerisier, elle se demanda ce qui lui avait pris d'en faire autant. Elle se mordit la lèvre en songeant à la discussion qu'elle avait eue, quelques jours plus tôt, avec Draco. Ils étaient fous.

— Dessert, les enfants ! s'époumona-t-elle.

Elle vit la tête brune d'Ophélie tourner vivement la tête et reprit sa marche en souriant, certaine qu'ils ne tarderaient pas à accourir.

Lorsqu'elle posa une magnifique tarte tatin sur la nappe fleurie quelques instants plus tard, elle fut accueillie par un magnifique « oh » d'enthousiasme. Elle jeta un regard amusé en direction de son propriétaire.

— Tu es vraiment un estomac sur pattes, se moqua-t-elle gentiment.

Autour de la table, les convives éclatèrent de rire et, tandis qu'elle récupérait sa place, son cher époux attrapa le couteau prévu pour découper le gâteau. À l'autre extrémité de la table, Ron Weasley ne souriait qu'à moitié, les oreilles rougissantes. À sa droite, Astoria Greengrass posa délicatement une main sur son avant-bras et ils se replongèrent aussitôt dans leur conversation. Blaise, installé en face de la blonde, ricana.

— Weasley qui préfère une femme à son dessert c'est clair, il a trouvé son âme sœur.

— Pas sûr que ce soit réciproque, renchérit Draco dans un sourire narquois.

Les deux hommes s'esclaffèrent sans que les concernés ne relèvent. Hermione, tout en donnant une petite tape sur la nuque de son mari, ne put s'empêcher de penser que Blaise avait mis dans le mille. Depuis l'arrivée d'Astoria, plus tôt dans l'après-midi, le comportement de Ron, qui la revoyait pour la première fois depuis qu'ils avaient quitté Poudlard, avait été plus qu'étrange. En revanche, et ce pour le bonheur d'Hermione plus que pour celui du blond, Astoria ne semblait pas moins intéressée.

Une vingtaine de pieds frappant contre les dalles empêcha toute suite de conversation, d'autant plus que le fracas était accru par les hurlements du groupe d'enfants survolté. Ron et Astoria se turent pour regarder, comme les autres, les gamins s'arrêter en catastrophe à moins d'un mètre de la table. Ginny eut l'heureux réflexe de poser sa main contre le coin le plus proche une tête rousse vint s'y fracasser un instant plus tard.

— Lily, ne cours pas comme ça ! la réprimanda sa mère.

La petite décocha en réponse un grand sourire dévoilant ses fossettes, accompagné d'un petit « désolée m'man », avant de filer vers sa place, à côté de son père. À côté de celui-ci, Draco installait son dernier né, Aidan, le benjamin du groupe, et Hermione demandait à Natt de se tenir correctement, tandis qu'Ophélie dévorait des yeux la tarte. Sa jumelle, Altais, entretenait une conversation passionnante avec Mery, de cinq ans son aînée. Coleen, la mère de la pré-adolescente, dévisageait avec admiration la gamine qui exposait ses arguments avec un réalisme déconcertant. Elle tourna ses yeux impressionnés vers les adultes Malfoy et croisa le regard de Draco, qui se contenta de pointer du doigt sa femme. Il marmonna trois mots inintelligibles qu'elle devina signifier « les gènes d'Hermione ».

Celle-ci, comme ayant entendu son prénom, ajouta aussitôt :

— Depuis que Natt s'est mis aux métamorphoses, elle est devenue une vraie spécialiste du sujet ils lisent les livres de cours ensemble.

Sitôt ceci expliqué, elle se mordit la lèvre et posa un regard inquiet, non sur Altais mais sur Natt.

Son fils n'avait côtoyé pratiquement que des familles composées de ces miracles nés des potions de grossesse. Adultes comme enfants ne s'inquiétaient donc pas en le voyant, couché dans son berceau, faire flotter ses peluches ou, quelques années plus tard, allumer sciemment ses bougies d'anniversaire. De même, Natt n'avait jamais eu à affronter des personnes dévisageant ses yeux bicolores, signe distinctif des bébés potions.

Mais à l'extérieur, comme au cours des douze années passées depuis l'apparition de la potion, de nombreuses familles craignaient ses « expérimentations », voir les haïssaient. A l'idée qu'un des descendants desdites familles veuille faire du mal à son bébé, elle…

Un bras s'enroula autour de sa taille, et elle revint à la réalité, croisant le regard de Draco, d'un gris orageux.

— Tout ira bien, Mia.

Mais l'anthracite inquiet n'avait pas quitté ses iris, et elle ne fut qu'à moitié convaincue.

— Il n'y aura aucun problème, Hermione, ajouta Harry qui suivait la discussion de loin.

La brune hocha doucement la tête et son meilleur ami se leva en lui adressant un dernier sourire rassurant. Il attrapa son verre, observa chaque convive réunit autour de la table, et ses yeux pétillèrent en se posant sur les cinq enfants, face à lui. Et leurs dix prunelles multicolores. Il les avait vus grandir, tous – à l'exception, lors de leurs premières années, de Romain et Scorpius.

— Le dessert approche, et je crois qu'il est temps que je vous dise à quel point je suis fier de vous. Vous nous manquerez, lorsque vous embarquerez pour Poudlard le premier septembre. Tous. James, Natt, Mery, Romain, Scorpius. Mais comme, grâce à ça, les dîners seront un peu plus silencieux et les parterres de fleurs un peu moins abîmés pour un temps, il est quand même de bon goût de vous féliciter.

Il agita sa baguette, et cinq enveloppes rouges apparurent dans les assiettes propres des enfants, qui applaudirent à grands bruits. Draco fusilla son ami du regard. Puis la colère se changea en dégoût lorsqu'il vit, sur l'épais parchemin – écarlate également – de petits lions d'or courir entre les lignes ambrées. À côté de lui, Hermione pouffa. Harry lui fit un clin d'œil tandis que les enfants délaissaient aussitôt la carte pour compter avec acharnement la somme reçue.

Natt remercia son parrain d'un sourire qui faisait pétiller ses prunelles. Mery fit de même en rangeant précieusement ses Gallions dans une poche de sa jaquette. Romain observait les pièces qu'il tenait avec un air concentré sur le visage, comme pensant déjà à ce qu'il pourrait acheter. Quant à Scorpius, il quitta sa place, un sourire en coin aux lèvres. Hermione se crispa, un instant seulement parfait mélange de ses deux géniteurs sur le plan physique et très proche de sa mère au niveau du caractère, elle parvenait désormais le plus souvent à oublier de quel homme le garçonnet tenait ses gènes. Au début, pourtant, cela avait paru un défi insurmontable à la jeune femme, malgré son attachement tout particulier envers Astoria. Draco n'était jamais parvenu à comprendre comment deux anciennes rivales avaient pu se rapprocher ainsi. Lui-même limitait au maximum ses interactions avec la blonde.

— Tu me les gardes, Maman, s'il-te-plaît ?

La blonde tendit la main en réponse et elle profita que la paume de son fils frôle la sienne pour lui attraper le poignet. Elle l'attira doucement à elle pour l'embrasser, sans prendre garde aux plaintes de l'enfant. Ses cheveux blonds étaient dressés sur sa tête et son œil bleu avait viré à l'argent lorsqu'elle le relâcha. Il regagna sa place en vitesse, sous les gloussements de ses camarades.

— Remercie Harry, mon chou.

Le petit grimaça en entendant l'affreusement familier surnom. Les rires des autres enfants redoublèrent, et Blaise laissa échapper un ricanement qui lui valut un coup sur l'épaule de Luna. Après avoir observé un instant ses parents de ses grands yeux gris clair qui tranchaient magnifiquement avec sa peau chocolat, le jeune Ilario décida d'imiter sa mère. Un sourire naïf aux lèvres, il leva sa petite main et l'abattit de toutes ses forces sur la cuisse de son papa. Le geignement de celui-ci déclencha son hilarité et Luna, prévenante, le maintint à sa chaise tandis qu'il se pliait en deux.

Pendant ce temps, Draco ayant finalement terminé son découpage de tarte, les assiettes circulèrent afin d'être remplie et, pendant quelques minutes, le boucan causé par les enfants s'atténua, permettant aux adultes d'échanger à nouveau.

— Maman, on peut sortir ? demanda bientôt James en passant une main dans ses cheveux noirs ébouriffés.

La rousse acquiesça après un instant de réflexion, puis grimaça lorsque d'effroyables bruits de chaises tirées et de petits pieds fuyant la terrasse lui agressèrent soudain les oreilles. Elle attrapa au passage son cadet, Albus Severus, qui suivait son grand frère avec peine, une tache brune sur sa joue droite. Apposant son index sur ladite tache, elle découvrit que l'aspect terreux contrastait fortement avec le contact, collant. Elle réalisa presque aussitôt que la poussière du sol devait s'être mêlée au sucre du gâteau, et se demanda comment son mari, à côté de qui se trouvait Albus au court du repas, avait pu manquer une telle saleté. Il était temps qu'il change de lunettes.

Elle sourit en remarquant qu'un peu plus loin, Hermione affrontait le même problème avec son benjamin, Aidan. Le blondinet parvint cependant à s'échapper avant qu'elle n'ait fini ce lavage express et, soupirant, elle se laissa retomber sur sa chaise. Elle n'avait aucune envie de lui courir après pour le moment. Peut-être plus tard. Ou peut-être jamais. Un peu de sucre n'avait jamais tué personne, contrairement à ce que prétendaient ses parents.

D'un regard, elle parcourut la tablée. Ginny avait relâché Albus et, à l'exception d'Ophélie, occupée à manger sa troisième part de tarte, et d'Altais, qui adorait déjà les conversations barbantes des repas de famille, ne se trouvaient encore à table que des adultes. Ce qui signifiait, et elle se sentit plus légère à cette idée, un volume sonore réduit.

Une fois de plus, elle pensa à la décision qu'ils avaient pris moins d'une semaine plus tôt. Pas de doute, un tel changement apporterait son lot de hurlements, de pleurs et d'agitation quotidiens.

Une voix de petit garçon la tira de ses pensées.

— Je pourrais avoir un pansement, s'il-te-plaît ?

Elle baissa les yeux pour découvrir Romain Weasley, ses iris bleus humides. Ainsi éclairées par une lumière naturelle, Hermione discernait bien mieux la différence de ton entre ses deux prunelles, et les éclats roux dans sa chevelure châtain.

— Qu'est-ce que tu t'es encore fait, Rom' ?

L'enfant se tourna vers son père, et Hermione remarqua soudain la plaie qui marquait sa tempe.

— J'ai juste trébuché, marmonna le jeune garçon, les oreilles écarlates.

Ron secoua lentement la tête, dépité.

— Ta mère va nous tuer, Rom'. Et ensuite, elle va demander la garde exclusive pour maltraitance.

Son fils le dévisagea, dubitatif, et Hermione pouffa en se dirigeant vers la maison au trot. Tout en fouillant dans sa trousse à pharmacie, elle repensa aux ennuis de la journée, de la semaine précédente et remonta même aux catastrophes ayant bercé l'enfance de Natt. Ses souvenirs lui arrachèrent un sourire.

Cela en valait largement le coup.

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CcC

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Voilà ! J'espère que ça vous a plu, que vous avez apprécié Hermione, Draco, Blaise, Luna, Ron, Astoria, Coleen, Harry, Ginny, et leurs nombreux garnements, les Bébés-Potions comme les plus jeunes. J'espère que vous avez eu du plaisir à lire cette petite fic, pas très réaliste par certains côtés.

Si vous pouviez me mettre une dernière review, pour me dire ce que vous avez pensé de ce dernier chapitre, ou de la fic dans son ensemble, ça me ferait très plaisir.

Je vous remercie d'avoir lu, d'avoir suivi cette histoire, de m'avoir mis des reviews ou d'avoir classer ma fic dans vos favorites. Tous ces petits gestes me touchent énormément.

Je vous souhaite une bonne journée, de bonnes vacances (pour ceux qui ont la chance d'en avoir) et d'excellentes futures lectures.

Bises,

C.