Disclaimer : MFB ne m'appartient pas.

Réponse à EyeIna : Merci pour ta review. Elle me fait vraiment plaisir. J'espère que la suite des aventures version 2.0 de nos bladers dans le monde de Hansha continueras de te plaire. L'identité du destructeur aux yeux bleus sera dévoilé dans quelques chapitres.
Dans la version 1, le double de Tsubasa avait bien un lien avec les dirigeants :)
Bonne lecture.


Chapitre 8 : La Résidence


Finalement, après beaucoup d'hésitation, Ginga et ses amis se rendirent compte qu'ils avaient qu'une seule option : suivre leurs doubles à l'intérieur de la maison de Doji. Enfin, après des discussions houleuses, des menaces et des cris, ils parvinrent à cette conclusion qui déplaisait autant à ceux qui en avaient défendu les intérêts – comme Tsubasa qui leur donnait des arguments logiques que tous ne comprenaient pas – qu'à ceux qui avaient voulu partir – comme Yû qui essayait de leur prouver le bien fondé de son idée de camping – voire ceux qui avaient carrément voulu détruire la Résidence et tous ceux qui y vivaient – comme Kyoya, totalement, incroyablement irrécupérable. Ginga avait mis tout le monde d'accord en disant qu'ils ne pouvaient pas laisser leurs doubles seuls avec le double de Doji et, pour éviter toute contestation, il avait ajouté qu'ils étaient leurs seuls guides dans ce monde étrange et sûrement les seuls à pouvoir les mener jusqu'aux dirigeants – et oui, durant cette partie il s'était surtout adressé à son rival.

Ce fut donc Ginga qui, courageusement – mais avec une grande réticence qu'il s'efforçait de cacher derrière un sourire –, fut le premier à s'avancer dans la maison. L'entrée donnait sur une vaste pièce de vie, remplie de sièges et de fauteuils confortables, mais avec suffisamment de place pour que tous puissent circuler librement. La cuisine ouverte accentuait cette impression d'espace. Cette superficie rendait Ginga méfiant. Combien de personnes le double de Doji s'attendait-il à devoir héberger au juste ? Il trouvait étrange que leur groupe, si nombreux, puisse rentrer au complet sans le moindre problème et n'occupe même pas tout l'espace disponible.

Il fit de son mieux pour écarter ce genre de pensées de son esprit. Ce Doji n'était pas celui qu'ils connaissaient. C'était une personne complètement différente et même, selon l'étrange loi de son monde, avec une attitude opposée à la sienne. Il ne complotait pas pour contrôler le monde du Beyblade. C'était même, selon toute vraisemblance, quelqu'un de bien. La Résidence devait avoir ces dimensions pour accueillir toutes les personnes qui avaient besoin d'aide et, vu l'état de ce monde, elles devaient être nombreuses.

Mais Ginga ne parvenait pas à se convaincre.

Leurs doubles étaient déjà installés dans le salon. Ginsha était avachi sur un fauteuil, les bras croisés et l'air passablement ennuyé. Assise sur une chaise non loin de lui, Madosha nettoyait sa toupie. Masasha se tenait près du double de Doji, le dos droit. Seul le double de Kyoya semblait mal à l'aise : il était blotti dans un canapé, les jambes repliées contre lui, aussi près que possible de Ryûsha. Son attitude était complètement crispée et il jetait de fréquents coups d'œil inquiets autour de lui. Mais, comme il se montrait tout le temps angoissé, même chez lui, les étrangers se doutaient qu'ils ne devaient pas considérer sa conduite comme un indicateur sur la Résidence.

Les doubles de Jack et de Damian se trouvaient eux aussi dans le salon. Le premier, adossé à un mur, toisait chaque membre du groupe avec méfiance, recevant parfois en retour des regards noirs, tandis que le second, un grand sourire innocent sur le visage, s'installait auprès de Kyosha et de Ryûsha qui observa les nouveaux venus entrer dans la pièce les uns après les autres.

Tsubasa le regarda et poussa un soupir. Il n'arrivait pas à croire qu'ils aient réussi à perdre leur Ryûga deux fois. Ce n'était pas comme si c'était une personne qui passait inaperçu. Ils feraient mieux de le retrouver avant leur retour chez eux. Il se voyait mal libérer les citoyens de Hansha des dirigeants si c'était pour leur imposer Ryûga par la suite. Ce ne serait pas un marché équitable. Ils risquaient même de perdre au change.

Le problème était que, s'il ne voulait pas être trouvé, ils ne pourraient jamais le trouver.

Ginga s'avança dans la pièce en faisant en sorte de rester le plus loin possible du double de Doji. Il ne pouvait s'en empêcher. Son expression avenante lui rappelait trop celle que Doji arborait à la face du monde pendant l'Ultime Bataille. Ça lui donnait l'impression qu'il était en train de comploter quelque chose et, même s'il savait que ce n'était pas le cas, il se sentait extrêmement méfiant et restait sur ses gardes.

Le double de Doji s'avança jusqu'à une porte ouverte sur des escaliers. Il leva la tête vers le sommet des marches.

- Les enfants ! Descendez : nous avons de la visite.

Ginega se pétrifia. Une vague d'horreur et de dégoût le parcourut à l'idée que Doji puisse avoir une famille. Pire. Des enfants.

Beurk.

Des pas descendant les escaliers attirèrent son attention. Il ne pouvait pas détacher son regard de ce qui allait apparaître, fasciné malgré lui.

Un enfant apparut dans la pièce, sa tête baissée était recouverte d'épais cheveux blonds. Quand il la releva, Ginga vit qu'il avait de grands yeux verts. Le double Yû, sans aucun doute possible. Sa première réaction fut le soulagement : Doji n'avait pas une famille de sang. La deuxième fut... le choc. Les yeux verts semblaient ternes, presque sans vie, au lieu de pétiller de malice. L'enfant avançait en traînant des pieds, les épaules courbées et la tête baissée, comme si tout le poids du monde pesait sur ses épaules. Il n'y avait aucun enthousiasme, aucune étincelle de vie en lui. C'était... à en briser le cœur.

Ginga jeta un coup d'œil à Yû – au vrai – qui était égal à lui-même : une grande curiosité irradiait de lui tandis qu'il suivait son double des yeux. Ça lui mit du baume au cœur. C'était comme ça que Yû devait être.

Le double de Yû poussa un soupir et s'arrêta. Le double de Doji lui ébouriffa affectueusement les cheveux et lui offrit un sourire encourageant.

- Je suis sûr tu vas te faire des amis.

Un long moment s'écoula. Le double de Yû prit une profonde inspiration puis soupira.

- À quoi bon ? demanda-t-il d'une voix atone et traînante.

Le double de Doji le poussa légèrement vers eux. Le double de Yû finit son chemin en se traînant. Il les regarda sans montrer d'enthousiasme ou ne serait-ce qu'une once de surprise. Il ne semblait pas très expressif. Il prit une profonde inspiration.

- Salut, souffla-t-il.

Puis, il alla s'asseoir. Yû continuait de le suivre des yeux.

- C'est super bizarre ! déclara-t-il, avec un accent d'intérêt.

C'était donc ce que ça faisait de rencontrer son double ? C'était étrange mais intriguant ! Il ne voyait pas pourquoi Yoyo s'en plaignait autant – en fait, si : Yoyo se plaignait tout le temps à propos de tout. Il devrait apprendre à s'amuser un jour, ça ne lui ferait clairement pas de mal et ça leur ferait des vacances à tous. Le seul qui avait le droit de se plaindre de son double était Ginga – Ginsha était vraiment méchant –, pourtant, il faisait avec.

Yû se demanda s'ils avaient tous des doubles dans le monde d'Hansha. Il regarda Tsubasa, Kenta et Benkei. Il espérait qu'il rencontrerait les leurs avant qu'ils ne retournent tous chez eux. Ce serait tellement dommage de passer à côté de telles rencontres !

Le double de Doji se tourna de nouveau vers les escaliers. Il tendit l'oreille mais il n'y eut aucun autre bruit de pas.

- Tout le monde doit venir.

Yû s'approcha en trottinant de Ginga qui fixait les escaliers, dissimulant mal son inquiétude. Il avait peut-être peur de tomber sur un autre double qui ressemblait au sien.

Yû posa sa main sur son poignet pour attirer son attention. Le rouquin baissa la tête vers lui et lui sourit. Yû sourit à son tour. Ils avaient vraiment la meilleure version de Gingy !

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Dis, tu crois qu'il se passe quelque chose de spécial si on se bat contre son double ?

Le rouquin arbora une expression perplexe. Au moins, toute son malaise s'était envolé face à cette question que Yû jugeait d'une importance capitale. Elle lui trottait dans la tête depuis qu'il avait vu Ginsha envoyer son Pegasus noir au combat.

- Comment ça ?

- Ben, si tu te bats contre Maléfique, Pegasus se battra contre l'autre Pegasus, et si Yoyo se bat contre Shasha, Leone se battra contre l'autre Leone.

- Ne m'appelle pas Yoyo.

Yû jeta un bref coup d'œil à Kyoya qui arborait un air agacé – comme toujours – et qui croisait les bras. Certaines choses ne changeaient pas, même lorsqu'ils voyageaient dans une nouvelle dimension.

Et lui ne s'arrêterait jamais de l'appeler Yoyo.

- Il y a aucun risque que j'affronte ce minable, grogna Kyoya. Il est bien trop faible.

Yû roula des yeux face à sa légendaire bonne humeur. Ça ne lui ferait vraiment pas de mal de sourire et de se détendre de temps en temps.

Peut-être qu'il pourrait essayer de l'y aider à leur retour... ?

Il rangea ce projet dans un coin de son esprit.

- Tu te rends compte que tu parles d'un autre toi là ?

- Ce n'est pas moi. Leone et moi sommes uniques.

- Mais bien sûr...

Tsubasa regarda Yû, songeur. Ses pensées maussades sur la suite difficile de leur aventure s'écartèrent pour un temps de son esprit tandis qu'il pensait au point intéressant que Yû soulevait. Du coin de l'œil, il vit que Madoka s'était mise à pianoter sur son ordinateur. Il n'était pas le seul à être intrigué, apparemment.

- Ça ferait des données totalement exceptionnelles, murmura-t-elle avec des yeux étincelants. Jamais deux toupies exactes ne se sont combattues. Ni même deux toupies opposées parfaitement, même si on compte Pegasus et L-Drago. Ce serait... entièrement différent.

Elle leva la tête de son écran et regarda les doubles d'un œil nouveau. Certains semblèrent perplexes devant la nouvelle attention qu'elle leur portait.

Yû eut un grand sourire qui sembla illuminer la pièce.

- Ça a l'air cool !

Il s'éloigna de Ginga pour s'approcher de son double qui s'était assis sur un des canapés, entourant de ses bras ses jambes pliées. Il se plaça face à lui, toujours souriant – personne ne pouvait résister à ce sourire – et lui montra Libra.

- Ça te dirait de nous affronter ?

Il ressentait un grand enthousiasme. Non seulement Libra et lui n'avaient pas eu l'occasion de combattre depuis longtemps, mais en plus il était sur le point de découvrir un nouveau mystère du Beyblade ! Qui pourrait rester de marbre face à cela ?

Son double releva péniblement la tête et le regarda de ses yeux mornes. Il irait sûrement mieux quand ils combattraient. Il n'y avait rien de tel que le Beyblade – et les glaces.

- Je ne pratique pas le Beyblade.

Yû se figea. Malgré son génie, il lui fallut du temps pour comprendre ses paroles – certaines choses étaient bien trop horribles et improbables pour être assimilées en une seule fois.

- Quoi ?

- Ça ne m'amuse pas...

Yû le dévisagea avec des yeux ronds et se mit à reculer à pas lents jusqu'à se retrouver collé contre Tsubasa. Il se cacha derrière ses jambes sans quitter l'autre des yeux. Cette créature l'effrayait. Elle était l'antithèse même de ce qui était important dans sa vie. En plus, d'après ce qu'avait dit le double de Doji, il n'avait pas d'amis.

Pas de Beyblade, pas de glace, pas d'amis... Qui pouvait vivre comme ça ?

Tsubasa lui tapota la tête. Yû leva les yeux vers lui et se rendit compte d'une autre chose horrible dans la vie de son double : il n'y avait même pas de Tsubasa dans le coin !

À part si la personne que le double de Doji avait appelé et qui ne s'était toujours pas montrée était le double de Tsubasa. C'était tout à fait possible !

Il se mit à regarder les escaliers, son cœur débordant d'espoir.

- Il est encore plus pénible que le nôtre, commenta Kyoya.

Cette remarque suffit à remettre Yû de bonne humeur. Il se tourna vers son grand méchant blader préféré tout sourire. Ses yeux émeraude étincelaient.

- Je le savais ! Tu m'aimes bien en vrai, hein ?

- Arrête de dire n'importe quoi !

- Je répète juste ce que t'as dit Yoyo.

- Ne m'appelle pas Yoyo ! Et je viens de dire que t'es pénible !

- C'est pas vrai !

- Grr !

- C'est quoi l'problème ? lança une voix à l'autre bout de la pièce.

Kyoya se désintéressa immédiatement de Yû qui en fut surpris – peu de choses parvenaient à détourner l'attention de Kyoya, surtout quand il se sentait vexé.

Kyoya leva la tête et vit un adolescent qu'il connaissait très bien près du double de Doji. Son expression, empreinte de mépris, le mit mal à l'aise, plus encore que lorsque son propre double se conduisait comme un lâche et se montrait faible au Beyblade.

- Kakeru ? murmura Kyosha.

Le double de Kyoya commença à se lever mais l'interpellé posa sur lui un regard si dur qu'il le figea.

- Qu'est-ce qu'il fait là, lui ?

Le dernier mot fut prononcé avec tout le mépris du monde.

Kyosha recula et retomba sur le canapé, à côté de Ryûsha qui posa une main compatissante sur son épaule.

- Qu'est-ce que tu fous là, toi ? s'énerva le double de Ginga en se levant d'un bond.

Ses yeux dévoilaient une rage infinie.

- J'vis ici. Enfin, vivais. Je compte pas rester avec vous.

Le double de Kakeru se tourna vers celui de Doji.

- J'vais chercher mes affaires. J'me casse.

Et partit par les escaliers. Le double de Kyoya vacilla. Ginga s'approcha de son rival qui fixait les escaliers où le double de Kakeru avait disparu, sous le choc.

- Ça va ?

Son ton plein d'inquiétude agit comme un électrochoc sur Kyoya qui se tourna agressivement vers lui. Personne n'avait le droit de s'inquiéter pour lui. Il n'était pas faible et il n'avait pas besoin qu'on le protège.

- On aurait dû suivre mon idée !

Ginga opina doucement. Il ne voyait pas quoi dire pour arranger la situation, même si la solution de Kyoya impliquait beaucoup de destruction.

Kyosha posa sa main sur l'épaule de Ryûsha.

- Nous devrions partir. Nous... dérangeons.

- Ce n'est pas à nous de partir ! s'énerva Ginsha.

- Mais... il ne veut pas de nous et... il... me déteste.

- Deux claques lui remettront les idées en place !

- Tu ne peux pas le frapper !

Le double de Ginga croisa les bras et le toisa de toute sa hauteur.

- Et pourquoi pas ?

- Tu vas lui faire mal !

Il le fixa, déstabilisé. Il savait que Kyosha était faible, mais il se montrait rarement stupide. Et là, énoncer une évidence pareille...

- C'est le but.

- Mais... mais...

- Si t'avais fait ça dès le début, il ne se permettrait pas d'agir comme ça.

Des larmes apparurent au bord des yeux de Kyosha. Il se tourna vers son ami aux cheveux blancs.

- Ryû...

Celui-ci soupira.

- Je vais m'en occuper.

Il lui ébouriffa affectueusement les cheveux avant de se mettre debout. Il partit vers les escaliers, non sans adresser un signe de tête au double de Doji en passant devant lui.

- Je ne savais même pas qu'il était ici, murmura Kyosha avec tristesse.

Il garda la tête baissée. Il n'avait sans doute pas fait exprès de parler à voix haute.

- Il y a un problème ? demanda le double de Doji avec inquiétude.

Un frisson d'horreur parcourut l'échine de Ginga. Ils auraient vraiment dû rester dehors. Il songea même, avant d'écarter cette idée avec une certaine culpabilité, que détruire la Résidence n'aurait pas été si mal.

- Ils ne s'entendent pas très bien, répondit Madosha.

Le silence plana dans la salle. La plupart des étrangers, ne connaissant pas Kakeru, ne comprenaient rien à la situation. Ils se demandaient ce qui se passait et pourquoi cet adolescent semblait si important. Ginsha leva les yeux au ciel.

- Je suis sûr qu'il est en train de lui parler.

- Quel mal à ça ? fit le double de Masamune.

- Ce n'est pas ce qu'il faut. Je sais même pas pourquoi on le garde parmi les Rebelles.

- Il était avec nous avant Kyoya et toi.

- C'est pas une raison !

Ils se turent de nouveau. Yû n'y tenait plus : sa curiosité le brûlait. Il s'éclaircit la gorge pour attirer l'attention. Une fois que tous les regards se posèrent sur lui, il posa la question qui lui trottait dans la tête depuis la venue de l'adolescent.

- Au fait, c'est qui ce Kakeru ?

Les habitants d'Hansha le dévisagèrent avec des yeux ronds puis, d'un seul mouvement, reportèrent tous leur attention sur Kyoya, toujours choqués. Peu à peu, toutes les personnes présentes dans le salon firent de même. Pas le moins du monde impressionné, Kyoya croisa les bras et regarda méchamment son public.

- Quoi ?

Avant que quelqu'un ne puisse répondre, des éclats de voix retentirent dans les escaliers.

- J'ai le droit de pas l'supporter !

- Calme-toi...

Des pas résonnèrent dans les escaliers. Kyosha s'était encore un peu recroquevillé quand les adolescents revinrent dans la pièce. Le double de Kakeru portait un sac sur son épaule. Il pointa du doigt Kyosha qui tressaillit.

- J'accepte de rester si tu m'adresses pas la parole.

Le double de Kyosha pinça ses lèvres, blessé, mais opina.

- Bien !

Le double de Kakeru se dirigea vers un coin éloigné du salon et se laissa tomber sur un canapé. Ryûsha s'approcha de son ami. Il posa une main sur son épaule.

- J'ai fait tout ce que j'ai pu.

- Je sais,répondit-il avec tristesse.

Ginsha les rejoignit.

- Tu n'as pas fait ce qu'il fallait !

- Et j'aurais dû faire quoi d'après toi ?

Le double de Ginga se passa un doigt sur la gorge. Kyosha perdit toutes ses couleurs tandis qu'il haussait les épaules, ne ressentant pas la moindre honte.

- Ça réglerait définitivement le problème.

- Vous n'êtes pas sérieux ? Je ne lui ferai jamais de mal !

- Je peux m'en occuper pour toi.

- C'est mon frère !

La réaction des étrangers fut presque unanime et pouvait se résumer à un hein ? Ils se tournèrent vers Kyoya. Yû se posta près de Ginga pour dévisager le blader.

- Quoi ? s'agaça Kyoya.

- Tu as un frère ? s'étonna Yû. Toi ?

- Et alors ?

- Pourquoi j'ai jamais entendu parler de lui ?

Comment cela se faisait-il qu'il n'ait jamais été informé de ça ? Il avait rarement entendu quelque chose d'aussi intéressant ! Un frère. Ça devait être génial d'avoir un vrai frère. Il voulait parler à quelqu'un qui avait un frère. C'était encore plus intéressant que ce soit le frère de Yoyo.

Il pourrait sûrement lui raconter des anecdotes à son sujet

- Ce sont pas tes affaires.

Nile, les bras croisés et regardant son ancien leader, haussa un sourcil.

- On a fait équipe pendant plusieurs mois et je n'en ai jamais entendu parler non plus.

- Tu vas pas t'y mettre, s'agaça Kyoya. On était là pour gagner les Championnats du Monde, pas discuter inutilement !

- Wahou, fit Yû.

Kyoya, qui avait un petit frère. C'était incroyable.

Ce voyage était de plus en plus intéressant. Qu'est-ce qu'il allait apprendre d'autre ? Il avait hâte de le découvrir !

Même s'il pensait qu'aucune découverte future ne serait aussi incroyable que celle-là.

L'enfant donna un coup de coude joueur à Ginga.

- T'arrives à imaginer Yoyo avec un petit frère ?

- Ne m'appelle pas Yoyo !

Ne recevant pas de réponse, Yû leva la tête vers son ami qui ne semblait pas surpris. Même pas un tout petit peu. Il plissa ses grands yeux verts et lui adressa un regard soupçonneux.

- Tu le savais, c'est ça ?

- De quoi ? s'étonna Ginga.

- Que Yoyo a un frère.

- Arrête avec ce surnom !

Les yeux de Ginga s'écarquillèrent, trahissant sa sincère surprise.

- Kakeru ? Bah oui, je l'ai déjà rencontré.

- Quoi ? fit Yû, choqué. Tu avais l'information du siècle et tu ne l'as pas partagé avec nous ?

Kyoya leva les yeux au ciel.

- Faut pas exagérer non plus.

- Il est comment ?

- On est censés préparer un combat ! Nous n'allons pas perdre notre temps à discuter !

Le double de Kakeru se leva et vint vers eux. Ses yeux passèrent des citoyens de Hansha aux étrangers. Il n'y avait pas de surprise en eux, seulement de la méfiance.

- C'est quoi ce délire ?

- Ce sont nos doubles dimensionnels, annonça Masasha, d'un ton qui donnait l'impression que c'était l'évidence même.

- Tu me prends pour un idiot ?

Yû trottina vers Kenta qui se tenait près de Benkei. Les deux bladers, s'ils regardaient le double de Kakeru avec horreur, ne semblaient pas partager le choc et la surprise des autres.

Yû gonfla ses joues, boudeur. Est-ce que tout le monde était au courant de cette information incroyable sauf lui ?

Un bref regard jeté aux autres lui indiqua que non et le réconforta quelque peu. Même Tsubasa observait le double de Kakeru avec une certaine surprise. Mais quand même. Il aurait bien voulu que ses amis lui en parlent !

- On va l'interroger ? proposa-t-il.

- Je ne suis pas sûr que...

Yû prit les mains de Kenta.

- Allez ! Viens. Ce sera amusant !

Même si Kenta n'y croyait pas, il se laissa convaincre. Les deux enfants s'avancèrent courageusement vers le double de Kakeru. Yû se posta face à lui et lui prit la main qu'il commença à secouer. Kenta le regarda faire avec inquiétude.

- Salut petit frère de Yoyo ! Je m'appelle Yû Tendo.

- C'est pas mon frère, répliqua Kyoya sans même relever le surnom cette fois.

- C'est vrai ! T'es le frère de Shasha !

Le double de Kakeru retira sa main de celle de Yû et l'essuya sur son pantalon avec une moue dégoûtée.

- C'est pas très sympa ça, lui fit remarquer Yû.

- C'est quoi ce nom ?

- Shasha ? C'est le diminutif de Kyosha, l'autre Kyoya quoi. Il est sympa et il aime bien mes surnoms.

Yû trouvait ça super d'avoir enfin quelqu'un qui comprenait la valeur de ses surnoms.

- Ça ne m'étonne pas de lui.

Ça sonnait comme une insulte quand le double de Kakeru le disait.

- T'es vraiment pas sympa...

Une expression irradiant de joie balaya la moue boudeuse de Yû.

- Attend ! Ça veut dire que celui de notre monde est sympa ? C'est trop cool ! J'ai hâte de le rencontrer. Tu me le présenteras, hein Yoyo ?

- Arrête de m'appeler Yoyo, grinça Kyoya, les dents serrées.

- Au pire, je demanderai à Gingy.

- On peut pas passer à un autre sujet ? s'agaça-t-il.

Voyant qu'il commençait réellement à en avoir assez, Ginga décida d'intervenir. Il ne voulait pas que la Résidence soit détruite... Enfin, pour être tout à fait franc, il ne voulait pas causer davantage de problèmes à leurs doubles.

- Nous devons décider quand nous allons passer à l'action.

- Oh oh oh, intervint le double de Jack.

Il s'avança au centre de la pièce.

- Nous ne voulons rien savoir de vos activités, d'accord ? Vous nous mettez suffisamment en danger par votre présence !

- Oh euh d'accord... mais comment on s'organise du coup ?

- Ça m'est égal !

- Vous voulez agir ? s'étonna le double de Kakeru.

- Nous n'avons pas vraiment le choix, répondit Madosha. On a perdu la maison.

Les sourcils du double de Kakeru se froncèrent.

- Ah oui ?

- J'imagine que tu n'as rien découvert pendant ton voyage.

- Je vous l'aurais dit sinon.

- Je croyais que vous ne pouviez pas quitter la ville, intervint Tsubasa, soudainement intéressé par la discussion.

- Normalement, non, mais il aide les ravitaillements, répondit Masasha.

Un silence songeur s'ensuivit.

- Et si nous déjeunions ? proposa aimablement le double de Doji. Ça vous ferait du bien d'arrêter de penser à tous ces problèmes.

Ginga, qui commençait à avoir faim, perdit l'appétit. Obéissant au double de Doji, ils se réunirent pour manger. Même si le repas avait l'air excellent, Ginga avait l'estomac trop noué pour pouvoir avaler quoi que ce soit. Il ne toucha même pas à son assiette. Ensuite, chacun tenta de vaquer à ses occupations. Ce qui n'était pas simple dans une maison inconnue dont les habitants mettaient mal à l'aise. Yû s'assit près du double de Kakeru, bien décidé à le harceler de questions. Il aurait bien sûr préféré parler au vrai frère de Kyoya – il pourrait sans doute lui apprendre des tas de choses pour embêter le grand méchant blader – mais c'était un bon substitut en attendant de le rencontrer.

- Pourquoi tu ne vis pas avec les autres ?

Kyoya tendit l'oreille, intrigué sans vouloir le montrer.

- Ils me soûlent. Avant je créchais chez eux mais ils ont recueilli le pleurnichard. Atsuka s'est pris d'affection pour lui et l'a pris sous sa protection pour je ne sais quelle raison.

- Atsuka ? s'étonna Yû.

- Ryûga si tu préfères.

- C'est son nom de famille ?

- Ouais.

L'enfant casa cette information dans un coin de son esprit. Elle pourrait être utile... En tout cas, il apprenait des tonnes de choses sur les bladers qu'il connaissait.

- Reprend.

- Je n'ai pas voulu intégrer les Rebelles pour devoir supporter l'autre minable.

Apparemment, son aversion pour le fait de parler s'envolait tant qu'il pouvait critiquer son frère.

Kyoya cessa d'écouter. Il n'avait rien à voir avec son Kakeru, tout comme les autres.

Le temps passa et le couvre-feu sonna.


XXX


Kyoya n'arrivait pas à s'endormir. Ils perdaient beaucoup trop de temps. Au lieu d'agir, ils avaient passé l'après-midi à discuter. Ils n'avaient même pas préparé de plan.

Bon, s'ils avaient préparé un plan, pas sûr qu'il l'aurait suivi. Mais au moins il aurait eu l'impression qu'ils essayaient ! À croire que ça leur plaisait d'être coincés ici, avec tous ces...

Il n'aurait jamais dû laisser Ginga le convaincre de rester.

Il se leva et, récupérant ses chaussures et sa veste, quitta silencieusement la chambre emplie d'un sommeil bruyant. Il les enfila dans le couloir puis se dirigea vers les escaliers qu'il descendit à pas silencieux. Il en avait assez d'attendre. Il voulait savoir ce qu'il y avait de si dangereux dans les rues après le couvre-feu pour forcer des gens à rester cloîtrés chez eux. Un sourire s'étira sur ses lèvres. Avec de la chance, ce serait réellement dangereux. Ça promettait d'être intéressant.

Alors qu'il approchait sa main de la poignée de la porte, il se figea. Une présence le poussa à se retourner. Ginga ne se tenait pas très loin de lui. Il aurait dû remarquer son approche plus tôt, surtout que son rival n'était pas réputé pour sa discrétion.

- Tu fais quoi ?

Kyoya laissa son bras retomber.

- Et toi ? Tu n'es pas censé dormir ?

Ginga eut l'air gêné.

- Je n'y arrive pas en sachant que Doji est là aussi, même si ce n'est pas celui qu'on connaît. Un Ryûga serviable ou un Yû dépressif, ça passe encore, mais là c'est trop.

Kyoya était bien content qu'il ne les ait pas choisi lui ou Kakeru comme exemples.

- Je comprends.

Il y eut un moment de silence où ils se jaugèrent du regard.

- Et donc... tu n'as pas répondu à ma question.

Kyoya esquissa un sourire féroce. Il désigna la porte d'un signe de tête.

- Je vais voir ce qui se passe dehors.

- Mais... et le couvre-feu ?

- C'est l'intérêt.

Il actionna la poignée. Ginga réfléchit, les sourcils froncés. Rien ce qu'il dirait ne le ferait changer d'avis. Il le savait. En plus, il mentirait s'il disait qu'il n'était pas curieux, lui aussi, de découvrir ce qui arrivait après le couvre-feu. Il pourrait même y avoir des combats.

Cette pensée acheva de le convaincre.

- Je viens avec toi.

- Ah oui ? fit Kyoya, clairement amusé.

Ginga opina, décidé. Kyoya ouvrit la porte et sortit sans la moindre hésitation. Ginga lui emboîta le pas. Il n'oublia pas de fermer derrière eux. Il ne voulait pas que leurs amis aient des problèmes à cause de leur escapade.

L'air nocturne était agréablement frais. Il pouvait respirer pleinement.

Il leva machinalement la tête. Les étoiles brillaient avec force au-dessus de leurs têtes. Elles semblaient si proches qu'il avait l'impression qu'il lui suffirait de tendre la main pour les toucher.

Kyoya s'éloignait déjà.

Ginga descendit la volée de marches et rejoignit son rival. Ils avancèrent côte à côte, silencieusement. La ville n'était pas bruyante en journée mais le silence était encore plus intense la nuit. Leurs pas résonnaient dans les rues vides malgré le sable qui les amortissait.

Ils marchèrent longtemps, aux aguets, attendant une attaque qui ne venait pas. Kyoya se sentait déçu. Il avait espéré qu'il se passerait quelque chose d'intéressant. Ils avaient tous si peur du couvre-feu ! Mais, en fait, ce n'étaient que des trouillards. Ça ne l'étonnait pas mais il était quand même déçu. Il aurait voulu se battre. Ça lui manquait de faire équipe avec Leone et de dépasser ses limites.

- C'est étrange.

Kyoya glissa un regard vers son rival.

- Ils ne peuvent pas avoir peur de rien.

Kyoya haussa les épaules.

- Ils ne sont pas très courageux.

Ginga secoua la tête.

- Ça ne colle pas.

Ils continuèrent leur route. Un éclat argenté étincela dans les ténèbres avant de disparaître. Kyoya s'arrêta. Il tenta de sonder les ténèbres environnantes en plissant les yeux.

- Qu'est-ce qui se passe ? lui demanda Ginga.

Kyoya sortit son lanceur et y enclencha Leone. Un sourire étira ses lèvres.

- C'est en train de devenir... intéressant.


Fin du chapitre 8


Je compte publier les autres chapitres tous les cinq jours au lieu de toutes les semaines pour rattraper mon retard. A vendredi donc !

Ce chapitre est une nouveauté complète par rapport à la version 1 :)