Disclaimer : MFB ne m'appartient pas

Dans certains fuseaux horaires, nous sommes toujours vendredi :)

Réponse à Satoshi : Merci beaucoup ! J'essayerai de publier la suite plus régulièrement.
C'estvraiment difficile de leur dire au revoir.


Chapitre 9 : Après le couvre-feu


Kenta se retourna dans son lit. Il avait du mal à trouver le sommeil. Il avait bien somnolé une ou deux fois depuis qu'il s'était couché mais ce n'était pas suffisant. Il se retourna une énième fois, essayant de trouver une position plus confortable. Rien n'y faisait. Ses yeux refusaient de se fermer et son esprit de se laisser emporter par les rêves.

Il s'assit en frottant ses yeux engourdis par la fatigue. Peut-être était-ce dû au stress accumulé dans la journée. Ou alors la présence des doubles de Doji et des StarBreakers le mettait mal à l'aise. Ce ne serait pas étonnant : personne n'arrivait à se sentir bien auprès d'eux. Ils leur rappelaient trop de mauvais souvenirs.

Il se pencha vers le sol, récupéra Sagittario dans le tas de ses affaires au pied de son lit et fixa son regard sur lui, s'habituant peu à peu au manque de luminosité. Ils devraient combattre bientôt. Ils avaient fait énormément de progrès. Ce serait l'occasion de les montrer à ses amis. Il était bien plus fort que lorsqu'il avait participé aux qualifications pour rejoindre la Gan Gan Galaxy.

Il leva la tête et fit dériver son regard dans la pièce. Ses amis dormaient paisiblement, eux. Il s'inquiétait pour rien, comme d'habitude.

Ses sourcils se froncèrent et il balaya de nouveau la chambre du regard. Malgré la pénombre, il voyait clairement qu'un lit était inoccupé. Celui de Ginga. Où était-il passé ?

Son premier réflexe fut d'avertir Madoka. Il le chassa immédiatement de son esprit. Il n'était sûr de rien. Ginga pouvait tout aussi bien se trouver dans une autre partie de la maison. Il ne pouvait pas la déranger comme ça, sans preuve. Elle avait besoin de repos.

Surtout qu'elle serait furieuse s'il la réveillait pour rien.

Il fut parcouru d'un frisson d'horreur à cette pensée.

Il sortit silencieusement de son lit, posa les pieds sur le parquet puis quitta la pièce à pas de loup. Il ferma la porte avec précaution avant de descendre les escaliers. Il regarda dans toutes les pièces du rez de chaussée mais il ne trouva son ami blader nulle-part. Il dut se rendre à l'évidence : Ginga était parti.

Kenta remonta les escaliers, des tas de questions tourbillonnant dans son esprit. Où était-il allé ? Et pourquoi ? Était-il en danger ? Il ne voyait pas pour quelle autre raison Ginga serait sorti après le couvre-feu qui inquiétait tant les habitants de Hansha, sans les prévenir de surcroît. Ils devaient s'entraider. C'était ce qu'il disait toujours. C'était d'autant plus vrai qu'ils se trouvaient dans un monde inconnu et plein de danger.

Kenta se dirigea vers la chambre des Wild Fang. Il savait qu'il devrait prévenir tout le monde tôt ou tard mais rien ne l'empêchait de commencer par demander de l'aide à Benkei. Au moins ne serait-il pas seul pour subir la colère de Madoka. Oh, elle ne serait certainement pas dirigée vers lui, mais il la redoutait tout autant, surtout s'ils ne retrouvaient pas Ginga très vite...

Il entra à l'intérieur et ne prit pas la peine de fermer la porte. Quand il la balaya du regard afin de trouver Benkei, il remarqua qu'un autre lit était vide. Celui de Kyoya. C'était pire qu'il ne le pensait. En même temps, ce n'était pas le genre de Ginga de s'éclipser comme ça, sans raison. Enfin, ce n'était plus son genre.

Il se dirigea vers le lit de Benkei. Il se hissa sur les couvertures et commença à le secouer.

- Benkei. Benkei ! Benkei !

L'adolescent continuait de ronfler paisiblement. Alors Kenta dit ce qui l'inciterait au plus vite à se réveiller :

- Kyoya a disparu !

Les yeux de Benkei s'ouvrirent subitement et il se redressa, faisant perdre l'équilibre à Kenta qui tenta de se raccrocher à son drap. Il tomba en tas sur le sol, empêtré dans la couverture. Il se débattit et parvint à sortir la tête de l'enchevêtrement. Il prit une grand inspiration.

- Comment ça ?

La voix tonitruante de Benkei se répercuta dans toute la pièce et résonna. Kenta grimaça. Bravo pour la discrétion.

Nile se redressa avec tant de tranquillité que Kenta se demanda s'il était réellement endormi. Il adressa un regard plein de reproche à Benkei avant de jeter un coup d'œil indifférent au lit de Kyoya.

- Ça lui arrive souvent de partir vadrouiller.

Il semblait trouver que ce n'était pas une raison pour perturber son sommeil. Pourtant, c'était extrêmement problématique !

- Mais il y a le couvre-feu !

Un éclat brilla dans les yeux émeraude. Était-ce... de l'amusement ?

- C'est étonnant qu'il ait tenu si longtemps alors.

Sa voix avait recelé – légèrement – plus de chaleur. On aurait vraiment dit que la situation l'amusait. Kenta ne le connaissait pas suffisamment pour en être sûr et Nile lui semblait être une personne particulièrement sérieuse. Une situation pareille, qui les mettait tous en danger, ne devrait pas le distraire.

Quoique, en fait, c'était l'équipier de Kyoya. Il devait aimer le danger.

- KYOYAAAAAAAAAA !

Nile eut l'air agacé et lança un regard noir vers Benkei. Kenta se ratatina sur lui-même. Question discrétion, c'était fichu. Totalement, irrémédiablement, fichu.

Des pas précipités se firent entendre dans le couloir. Yû, tout froissé, apparut dans l'encadrement de la porte, l'air interrogateur et à peine fatigué.

- Qu'est-ce qui se passe ? demanda-t-il, encore ensommeillé.

Masamune arriva à son tour et le bouscula. Yû se cogna contre le battant et lui adressa un regard noir.

- Hé ! Ça va pas ! s'indigna-t-il.

- C'est quoi votre problème ? s'énerva Masamune. Qu'est-ce qui vous prend de faire tout ce boucan ?!

L'expression de Nile indiqua qu'il n'appréciait pas le ton qu'il employait mais il était bien trop irrité pour prêter attention à ce genre de détail. Kenta était soulagé de ne pas se trouver entre eux deux. Il ne savait pas si Nile était ou non le genre de blader à utiliser sa toupie à la moindre provocation mais sait-on jamais.

Tsubasa arriva à son tour, suivi de Hyoma. Il tint doucement Yû et le redressa. L'enfant le remercia puis reporta un regard qui aurait fait frémir n'importe qui sur Masamune qui ne remarqua rien, les joues gonflées. Ça, il le regretterait. Il avait déjà plusieurs idées pour lui faire payer son affront.

Il ricana mais personne ne sembla s'en rendre compte, toute l'attention étant tournée sur Benkei qui semblait désespéré.

- Ginga et Kyoya ont disparu ! lança Kenta.

Ça ne servirait à rien de tourner autour du pot. Surtout maintenant que tout le monde s'était levé.

Sa réponse acheva de réveiller ses amis qui se mirent à chercher les disparus du regard. Yû oublia tout de ses projets de vengeance – pour l'instant.

- C'est pas vrai, soupira Tsubasa. On n'avait pas besoin de ça maintenant.

- Hé ! Où ils sont allés ? Et pourquoi ils m'ont pas prévenu ? se vexa Masamune.

- On se demande bien pourquoi, se moqua Yû.

- Tu veux dire quoi là ?!

- S'ils t'avaient invité, tu nous aurais tous réveillés et on serait pas en train de nous demander où ils sont.

- Ça veut dire quoi ?!

- T'as besoin que je t'explique ? Remarque, ça ne m'étonne pas de toi.

Évidemment, ils commencèrent à se chamailler. Tsubasa poussa un profond soupir.

- Arrêtez. Nous n'avons pas besoin que vous vous disputiez. Nous avons suffisamment de problèmes comme ça.

Yû fit la moue mais il obéit. Contrairement à Masamune qui ne semblait pas considérer que la remarque le concernait aussi. Tout le bruit qu'il faisait cassait les oreilles de Tsubasa.

- Ça suffit, ordonna Tsubasa d'une voix tranchante.

- Mais c'est lui qui a commencé !

Par moments, Tsubasa se demandait vraiment comment il faisait pour les supporter. Il décida de l'ignorer. Ils avaient un sujet de préoccupation bien plus important.

- Tu as une idée d'où ils sont ? demanda-t-il à Kenta.

L'enfant secoua la tête.

- Je sais juste qu'ils ne sont plus dans la maison.

- Quoi ?! Ils sont partis sans moi ? se vexa Masamune.

- Dark Bububull ! J'arrive Kyoya !

Et les deux adolescents quittèrent la pièce en se bousculant. Ils les entendirent dévaler les escaliers dans un vacarme infernal. Ils auraient de la chance si toute la Résidence ne se réveillait pas avec ça. Tsubasa se passa une main sur le visage. Ils l'exaspéraient. Qu'est-ce qu'ils avaient à ajouter des problèmes comme ça ? Comme si la situation actuelle n'était pas suffisamment compliquée. À croire que c'était le but de leur vie.

- Nous devrions partir à leur recherche aussi, commenta Hyoma.

- Allons prévenir les autres d'abord.

Il n'avait aucune envie d'avouer à Madoka qu'ils avaient laissé fuir ces deux bladers – inconscients, imprévisibles et très forts – dans un monde inconnu et dangereux, au moment le plus dangereux de la journée et où ils s'attireraient des tas de problèmes – en même temps, qui pourrait vouloir faire un tel rapport ? –, mais il ne pouvait pas y échapper. C'était son devoir. Ils quittèrent la pièce et se séparèrent en deux groupes : Hyoma et lui iraient voir Madoka pendant que les autres préviendraient le reste de leurs amis du problème. En espérant que personne d'autre ne s'était réveillé avec une excellente idée de ce genre-là.

Tsubasa frappa à contrecœur à la chambre de Madoka. Celle-ci vint ouvrir, les paupières à demi-closes, l'air passablement agacé.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Ginga et Kyoya sont partis, déclara-t-il de but en blanc.

Il n'y avait pas d'autres façons de faire, malheureusement. Elle le dévisagea un instant, cligna des yeux.

- Tu peux répéter ?

- Kenta s'est réveillé et a remarqué qu'ils n'étaient plus là. Il a fouillé toute la maison sans les trouver.

L'expression de Madoka s'assombrit mais elle resta si silencieuse que cela les inquiéta. Ce n'était pas bon quand elle n'explosait pas tout de suite.

Elle leur claqua la porte au nez.

- Ça ne s'est pas si mal passé, temporisa Hyoma.

Tsubasa opina. Ils retournèrent à leur étage, sans insister auprès de Madoka : ils tenaient à la vie.

- Mais ils sont complètement débiles ! rugit la voix de Ginga.

Aux paroles, il déduisit immédiatement qu'il s'agissait seulement de son double. Ce serait bien trop facile s'ils étaient revenus de leur plein gré, n'est-ce pas ?

- J'espère qu'ils vont morfler ! Ça leur apprendra à pas nous écouter !

- Tu ne peux pas dire ça, tenta de le calmer Ryûsha.

- Toi, ferme-la ! C'était ton idée de les accepter ! Je savais dès le début qu'ils nous causeraient des problèmes mais personne ne m'a écouté !

- Tu vas arrêter de piquer ta crise ? s'agaça le double de Kakeru.

- Mêle-toi de tes affaires !

Tsubasa vit le reste des étrangers se faufiler discrètement hors de la chambre, tandis que les habitants de Hansha se disputaient. Nile l'avisa.

- J'imagine que nous devons partir à leur recherche.

Il ne semblait ni réticent ni enthousiaste à cette idée. En même temps, il était – ou avait été, il ne savait pas trop – le coéquipier de Kyoya, il devait avoir l'habitude de ce genre de situation.

Finalement, il y avait pire que sa place au sein des Gan Gan Galaxy.

Tsubasa se contenta d'opiner. Alors que leurs amis commençaient à descendre les escaliers, Ginsha surgit dans le couloir, l'air furieux.

- Où vous allez ?!

- On part à leur recherche.

- Mais vous êtes tous débiles ! Ça concerne tous ceux de votre monde ou quoi ?

Ryûsha l'écarta doucement pour les rejoindre, suivi de près, comme toujours, par Kyosha. Le double de Kakeru s'adossa à la chambranle de la porte et se contenta de les toiser, les bras croisés.

- Vous êtes sûrs ? C'est dangereux dehors.

- Ce sont nos amis. Nous ne pouvons pas les laisser. Qu'est-ce que vous feriez à notre place ?

- On les abandonnerait, répondit froidement le double de Kakeru.

Quand tout le monde se tourna vers lui, il haussa les épaules.

- Bah quoi ? On l'a déjà fait. En même temps, quelqu'un qui est assez stupide pour sortir pendant le couvre-feu ne mérite pas d'être sauvé.

Tsubasa décida de l'ignorer et ancra son regard à celui de Ryûga. C'était le plus raisonnable des habitants de Hansha et, l'espérait-il, celui qui comprendrait le mieux qu'ils n'avaient pas le choix. Ils ne pouvaient pas laisser tomber Ginga. Ni même Kyoya.

- Désolé mais nous ne les abandonnerons pas.

Le double de Ryûga plongea dans ses pensées. Tsubasa lui tourna le dos et s'éloigna, faisant signe à ses amis de faire de même. Ils ne se firent pas prier pour le suivre.

- Attendez.

Les étrangers s'immobilisèrent.

- Nous venons avec vous.

- Quoi ? s'estomaquèrent les trois autres citoyens d'Hansha.

Le double de Kyoya attrapa son bras.

- C'est trop dangereux !

- Nous avons déjà attiré l'attention. Ça ne sert plus à rien de nous cacher.

- Nous n'allons pas risquer nos vies pour eux ! s'énerva Ginsha.

Le double de Kakeru se mit à ricaner.

- Quoi ?

- T'as dit que tu les méprises mais t'as la trouille à l'idée de faire comme eux. C'est pathétique. Au fait, non. Tu es pathétique.

Et il ricana de nouveau. Le double de Ginga vit rouge.

- C'est ce qu'on va voir !

Et il se précipita dehors. Le double de Kakeru suivit sa silhouette disparaître, les yeux ronds, puis il arbora un sourire moqueur et mesquin.

- Eh beh ! Si j'avais su que ça suffirait, ça fait longtemps que j'l'aurais poussé à sortir. Avec de la chance, il r'viendra pas.

Kyosha hésitait clairement, tiraillé entre le désir de rester en sécurité et celui d'aider ses amis. Finalement, le regard de son compatriote blanc le poussa à se décider pour la seconde option. Il prit une profonde inspiration.

- Allons-y.

- Waaah... T'as trouvé du courage ? Ou alors tu l'as p'têt volé à quelqu'un ? se moqua son frère.

Il tressaillit mais ne se laissa pas démonter. Il se dirigea vers les marches et commença à les descendre. Toutefois, il jeta de nombreux coup d'œil à Ryûsha. Au fond, il espérait bien qu'il changerait d'avis.

Ce qu'il ne fit pas, évidemment.

Tsubasa était agréablement surpris qu'ils aient choisi de les aider. Lui et les autres les suivirent à l'extérieur. Devant la Résidence, se tenait Ginsha qui observait les alentours avec méfiance, la main posée sur son lanceur, s'attendant à ce que le danger surgisse de n'importe où. Il fut surpris de voir Ryûsha et surtout Kyosha s'approcher de lui.

- T'as osé sortir toi ?

Il n'y avait aucune agressivité, aucun mépris dans son ton, seulement un sincère étonnement.

Il lui donna une grande claque dans le dos, manquant de le faire tomber, un grand sourire aux lèvres.

- On va peut-être finir par faire de toi un vrai blader !

Le double de Madoka les rejoignit.

- Vous croyiez quand même pas que j'allais vous laisser aller à l'aventure sans moi ?

Son sourire crispé démentait l'apparente nonchalance de ses paroles. Comme tous les autres habitants de Hansha, elle avait appris à craindre le couvre-feu toute sa vie.

- Attendez-moi !

Tsubasa releva la tête avec surprise. C'était au tour de Madoka – la vraie, la leur – de les rejoindre. Elle avait récupéré son ordinateur. Le groupe au complet avait quitté la Résidence à présent.

- Où pensez-vous qu'on devrait commencer les recherches ? demanda le double de Ryûga.

- On le saura vite, prédit Nile, les bras croisés.

Avant que Ryûsha ne puisse lui demander ce qu'il entendait par là, alors que la nuit était calme et qu'il n'y avait pas un seul souffle de vent, une tornade se forma au loin.

- Qu'est-ce que je disais, soupira-t-il.


XXX

quelques instants plus tôt

XXX


- Ça devient... intéressant.

Ginga jeta un coup d'œil à son rival qui armait son lanceur, un sourire carnassier aux lèvres. Ça devenait dangereux, voilà tout ce que sa réaction signifiait. Lui-même enclencha Pegasus dans son lanceur. Il ne voulait pas se faire prendre par surprise.

Il fronça les sourcils et tenta de percer la pénombre en apercevant des éclats métalliques qui disparurent presque aussitôt. Des crissements lui percèrent les tympans. Ils s'approchaient petit à petit. Ginga eut l'impression qu'ils leur tournaient autour.

- Qu'est-ce que c'est ?

- Aucune idée.

Il ronronnait presque – même si Ginga se garderait bien de le lui faire remarquer.

- Leone !

Ginga entendit une toupie se faire propulser. Il se tourna, sans baisser sa garde. Le bey émeraude se précipitait vers les ombres. D'un coup, en surgit une énorme créature de métal. En l'observant un peu mieux, Ginga eut l'impression que c'était un loup. La pénombre rendait difficile de voir ce genre de détails.

Sans se laisser impressionner, Leone se précipitait sur son adversaire.

Un bruit fit se retourner Ginga. Un scorpion de métal s'approchait lentement de lui.

- Hyper Vitesse !

Pegasus fut propulsé directement sur la créature. Le premier choc, pourtant violent, ne lui fit rien. La créature jeta son dard et le ficha dans le sol, à l'endroit exact où se trouvait Pegasus l'instant précédent. À quelques secondes près, il l'aurait détruit. Il avait essayé de le réduire en miettes. Les poings de Ginga se serrèrent. Ce n'était pas comme ça qu'un combat devait se passer.

- Continue comme ça Leone !

Ginga entendait la jubilation dans la voix de Kyoya. Ça lui avait manqué de se battre. Il comprenait. Lui-même se sentait peu à peu gagné par la joie et l'enthousiasme des combats. Ça lui avait manqué. Il avait l'impression que cela faisait une éternité que Pegasus et lui n'en avaient pas eu l'occasion. Il oubliait peu à peu le danger dans lequel ils s'étaient empêtrés pour se concentrer uniquement sur les sensations du combat.

Pegasus évitait habilement les attaques du scorpion et, à chaque fois que son adversaire se retrouvait immobilisé, en profitait pour l'attaquer. Il l'aurait à l'usure. Il le savait. Il le voyait déjà s'affaiblir.

Les bruits métalliques se multiplièrent. Il leva la tête du combat, sachant d'ores et déjà qu'il ne risquait plus rien de son combat. Ce qu'il aperçut le surprit. D'autres créatures de métal venaient dans leur direction.

- Kyoya ?

- J'ai vu.

Il y en avait de toutes sortes. Tous les modèles étaient différents. Un attira particulièrement l'attention de Ginga. Il déglutit. Un lion. Il s'approchait de lui de plus en plus vite. Ça lui rappelait un certain cauchemar... Les éclats métalliques de son corps semblaient disparaître pour de la fourrure quand il se jeta sur lui. Ginga cria. Il fit un bond sur le côté juste avant que le lion ne referme ses griffes sur lui. Il le dévisagea, prêt à bondir de nouveau pour l'attaquer.

- Pegasus !

Sa toupie se mit à tourner autour du fauve.

- Tempête Engloutissante !

Le métal de la carcasse se mit à se tordre et le fauve tomba sur le côté, incapable de bouger. Sa carcasse crissa et se replia sur elle-même jusqu'à ne devenir qu'une boule de métal, parfaitement inoffensive.

- On utilise les coups spéciaux ? D'accord.

Ginga se figea. Ses yeux s'écarquillèrent tandis qu'il se rendait compte de ce qu'il venait de déclencher.

- Rugissement Tempétueux du Lion ! Ha ha ha ha ha !

La tempête naquit immédiatement. Elle aspira les créatures de métal les plus proches et les projeta contre le sol. Ginga évita de justesse ce qui avait dû être un cheval – il reconnut une longue patte terminée par un sabot. Il se tourna vers son rival.

- Ça va pas ! Tu veux me blesser ou quoi ?!

- Si ça, ça suffisait, tu ne serais plus mon rival depuis longtemps.

Ginga fit la moue. Du coin de l'œil, il perçut du mouvement. Le cheval de métal – ça avait été un pégase : une de ses ailes traînait par terre, l'autre avait dû être arrachée – se redressa. Le sable avait certainement amorti sa chute.

Il jeta un coup d'œil aux autres victimes du Rugissement Tempétueux du Lion. Elles se relevaient aussi, avec difficulté néanmoins. Kyoya les avait suffisamment affaiblies pour que les vaincre devienne une partie de plaisir.

Soudainement, une lueur rouge au loin lui fit relever la tête. Ce n'était sans doute pas prudent de prêter si peu attention au combat mais...

- Kyoya.

Quoique son rival ait entendu dans sa voix, ça l'incita à regarder dans la même direction que lui et à ignorer ses adversaires. Il montra les dents.

- Ryûga, gronda-t-il.

Au loin, L-Drago s'étira avant de fondre vers le sol et de disparaître derrière des bâtiments.

- Il faut qu'on aille à sa recherche.

Kyoya renifla avec mépris avant de se concentrer à nouveau sur ses combats. Ginga fit de même. Avant de faire quoi que ce soit, ils devaient d'abord se débarrasser de leurs adversaires.

Il envoya Pegasus vers le monstre de métal le plus proche de lui. Leone les avait tellement amochés qu'il n'aurait même plus besoin d'utiliser un coup spécial pour les achever. Il le harcela de coups jusqu'à ce que celui-ci s'effondre définitivement. Il eut un sourire victorieux. Deux de moins.

- Hyper vitesse ! crièrent deux voix.

Le bruit caractéristique de toupies projetées résonna à ses oreilles. Deux éclairs – un vert pâle et un rouge – passèrent devant lui et se jetèrent sur les créatures les plus proches de lui. Il se tourna à demi. Masamune et Benkei couraient dans leur direction, l'air sérieux. Son ancien coéquipier s'approcha de lui au point qu'il fut obligé de se pencher en arrière.

- Comment t'as osé partir t'amuser sans me prévenir ?

- Quoi ?

Le soulagement laissa place à l'agacement. Il se redressa, les poings serrés.

- Parce que j'ai l'air de m'amuser d'après toi ?

Ils se cognèrent le front et commencèrent à se pousser.

- T'es en train de combattre !

- C'était pas prévu !

- C'est ça ton excuse pour laisser tes amis de côté ?

- On va à la recherche de Ryûga. L-Drago est apparu plus loin. Ça n'a rien de drôle.

- Parle pour toi, intervint Kyoya. Je suis venu pour les combats.

Ginga se redressa pour le regarder, perplexe. Masamune tomba à côté de lui tout en le maudissant.

- On ne savait pas qu'il y aurait des combats.

Kyoya fit un sourire qui lui disait que, lui, le savait.

- Leone !

Une tornade s'éleva avant de se mettre à se danser et à propulser des morceaux de métal qu'ils durent esquiver. Ginga commençait à se demander contre qui son rival se battait exactement.

Quand il n'y eut plus aucun adversaire valide, elle s'évapora. Les bladers regardèrent tout autour d'eux. Il n'y avait plus aucun danger. Ils récupérèrent leurs toupies. Des morceaux de métal étaient jonchés tout autour d'eux et brillaient sous la lumière des étoiles. Ils avaient fait des dégâts.

De nombreux bruits de pas les firent se retourner. Un groupe compact s'approchait d'eux en courant. Leurs amis. Ginga se redressa et laissa son bras retomber le long de son corps.

- Tiens, qu'est-ce que vous faites là ?

- On est venus vous chercher quelle question ! s'énerva Madoka.

Ginga recula, apeuré. Il déglutit.

Le double de Ginga s'approcha, laissant son regard dériver sur les carcasses métalliques. Masasha fit de même. Il s'agenouilla près de ce qui restait du lion. Il en ramassa un morceau et l'examina avec attention, le faisant tourner entre ses doigts.

- C'est quoi ? fit le rouquin d'Hansha.

- Des robots, répondit Ginga. Ils nous ont attaqué quand on est arrivés ici...

- Et qu'est-ce que vous faisiez là ?! s'agaça Madoka.

- J'ai vu L-Drago...

Ce n'était pas une véritable réponse à sa question mais Ginga se voyait mal lui dire quelque chose qui l'énerverait encore plus. Et c'était la vérité.

- Ryûga est dans le coin ? s'étonna Tsubasa.

- On l'a vu par là, répondit Ginga en montrant une direction, vers les frontières de la ville.

- Qu'est-ce qu'on fait ?

- On devrait y aller, fit Tsubasa. Nous sommes déjà loin de la Résidence, nous pouvons faire quelques mètres de plus.

- Pourquoi on devrait aller le chercher ? s'agaça Kyoya.

- Parce qu'on n'abandonne personne.

Avec plus ou moins d'enthousiasme, ils marchèrent dans la direction où le spectre de L-Drago était apparu. Le croissant de lune au-dessus de leurs têtes éclairait leurs pas et leur montrait le chemin à suivre. Ils répétèrent une fois le chemin qui les séparait de la Résidence avant d'y parvenir. C'était un quartier comme tant d'autres à Hansha. Il n'y avait aucune trace de la toupie ni de l'Empereur Dragon. Par contre, il y avait des traces de son passage : de la poussière de métal parsemait le sol et des bâtiments étaient en ruines. Ginga apercevait des ombres tremblantes au milieu des décombres. Quand il leur adressa un sourire réconfortant, elles se recroquevillèrent un peu plus. Il ne tenta pas d'aller les rejoindre. Il ne voulait pas les effrayer.

Leur réaction fut pire lorsque Ryûsha voulut les approcher : elles glapirent et disparurent dans les décombres. Il se figea, perplexe.

- Au moins, on sait que Ryûga est passé par là, commenta Yû.

Les étrangers soupirèrent. Masasha prit une poignée de poussière argentée et la laissa glisser entre ses doigts.

- Il devait y avoir beaucoup de robots.

Il se redressa et essuya sa main contre son pantalon. Il arrangea ses lunettes.

- Sa toupie est vraiment puissante pour les avoir mis dans cet état. Vous étiez plusieurs et il restait des morceaux.

Kyoya grogna. Ginga songea que c'était pas une bonne idée de le provoquer, surtout qu'il n'avait aucune envie d'être là, à la recherche de Ryûga. Lui-même se sentait quelque peu vexé.

- Ça doit être un excellent adversaire, commenta Ginsha dans un murmure.

Ils se turent. Le silence qui régnait à Hansha était encore plus absolu la nuit. Seules leurs respirations l'amoindrissaient.

- Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? demanda Kenta.

Tsubasa soupira.

- Nous n'avons aucune chance de le retrouver maintenant. Nous devrions rentrer.

Alors qu'ils revenaient sur leurs pas, Kyoya se figea. Il s'empara de son lanceur et propulsa Leone avant que n'importe qui n'ait réagi. La toupie verte disparut dans les ténèbres.

- Qu'est-ce que tu fais ? s'agaça Madoka.

Un bruit capta leur attention. Deux morceaux de métal qui s'entrechoquaient. Un lynx de métal glissa jusqu'à eux, la nuque tordue et le crâne défoncé. Kyoya arbora un sourire féroce, prêt pour un nouveau round.

D'autres crissements se firent entendre. Les bladers se mirent en position, prêts à lancer. Madoka se plaça entre ses amis pour ne pas risquer d'être blessée. Kyosha fit un pas en arrière en jetant des coups d'œil nerveux autour de lui. Ginsha lui adressa un regard noir.

- T'es un blader, non ? Prépare-toi au combat !

- Mais- mais...

Le regard de son compatriote s'endurcit et il fut incapable de finir sa phrase. Il se mit en position, tremblant.

Ils attendirent l'attaque. Elle survint d'un coup. Des créatures métalliques, bien plus nombreuses que tout à l'heure, surgirent de toutes parts et se jetèrent sur eux.

- Hyper Vitesse ! crièrent les bladers.

Les toupies furent projetées d'un même mouvement. Que ce soit seul ou en équipe, ils parvinrent assez facilement à vaincre la vague d'assaillants mais d'autres vinrent. Et d'autres encore. Ils semblaient innombrables.

- Il y en a combien ?

- On ne peut pas rester là.

- On ne vas pas fuir devant eux !

- Ce sont pas nos ennemis : seulement une diversion. Le vrai combat nous attend ailleurs.

Kyoya grogna.

- Ils sont trop lâches pour venir nous faire face eux-mêmes.

- Comment on peut partir ? Ils nous encerclent !

- Je sais ! s'écria Yû.

Sous un ordre de l'enfant, Libra se précipita vers un regroupement important de leurs adversaires. La toupie s'immobilisa quand elle fut au milieu d'eux.

- Libra ! Jugement Infernal !

Une colonne de lumière verte jaillit de la toupie ainsi qu'un son strident.

- On se faire repérer ! le réprimanda Madoka.

- C'est déjà le cas : sinon on serait pas en train de combattre, commenta Hyoma.

La lumière disparut. Il leur fallut quelques secondes pour se réhabituer à l'obscurité. Libra leur avait ouvert une voie royale vers le désert. D'autres bladers utilisèrent leurs attaques spéciales pour empêcher les créatures de leur barrer la route. Certains les lancèrent à l'arrière pour empêcher les machines de les rattraper. Ils avancèrent rapidement jusqu'au désert. Les robots s'arrêtèrent au seuil de la ville. Les adolescents s'arrêtèrent et les observèrent essoufflés.

- Ils ne nous suivent plus ?

- Ils doivent être programmés pour garder la ville.

- C'est plutôt cool de se battre contre des robots, vous trouvez pas ? demanda Yû avec un grand sourire.

- Pas vraiment, rétorqua Tsubasa.

- Comment vous avez fait pour jamais vous rendre compte qu'il y avait des robots ? dit Masamune.

- On ne sort pas pendant le couvre-feu !

- Et alors ? Tu crois que c'est une raison ? Ça se voit des robots quand même.

- Comment on va faire ? s'inquiéta Madoka, les coupant au beau milieu de leur dispute. On ne peut pas retourner à Hansha.

- Il ne nous reste plus qu'à partir.

- Mais où ?

- Vers l'ancien repaire de la Nébuleuse Noire, répondit Tsubasa. C'est là qu'on a le plus de chances de les trouver.

- Et c'est où ça ?!

Kyoya leva la tête vers le ciel puis indiqua une direction.

- Par là.

- Qu'est-ce que tu en sais ?

Mais, déjà, il reprenait sa route.

- On ne va pas traverser ça en pleine nuit !

- C'est moins pire que le Wolf Canyon.

- Arrête de répondre ça à chaque fois qu'on dit un truc ! s'énerva Madoka.

Mais ils durent se rendre à l'évidence : ils n'avaient pas le choix. Aussi se lancèrent-ils à sa poursuite.


Fin du chapitre 9


Si je suis mon planning, je posterai le chapitre suivant mercredi. Tout dépendra de ma motivation. À la prochaine.