Disclaimer : MFB ne m'appartient pas.

Dédicace spéciale à Yamiko. Merci pour l'idée ;)


Chapitre 13 : De surprise en surprise


- Vous ne trouvez pas étrange que la Tour soit si vide ? demanda le double de Masamune. Nous n'avons rencontré personne depuis que nous avons battu la Garde du Sable et la Brigade des Ombres dans l'entrée...

Il réajusta les lunettes qui glissaient sur son nez tout en observant minutieusement les alentours, comme s'il s'attendait à croiser un ennemi ou tomber dans un piège à chaque instant. Ginga comprenait son inquiétude. Vu la manière dont les habitants de Hansha avaient décrit les dirigeants et le danger qu'ils représentaient, il s'était attendu à plus de... dangers, justement. Hors, depuis qu'ils avaient quitté le hall, ils n'avaient pas croisé âme qui vive. À croire qu'ils étaient seuls dans l'immense tour.

- Ouais, surtout que l'autre Zeo a dit qu'on croiserait plein de gardes, répondit Yû, l'air soucieux. Vous croyez qu'ils attendent quoi pour nous attaquer ?

- Il n'y a personne en embuscade, répliqua froidement Kyoya.

- Comment tu peux en être aussi sûr ?

Kyoya ne prit pas la peine de répondre. Il fourra ses mains dans ses poches et redoubla son allure pour mettre de la distance entre eux.

- Toujours aussi sympa, commenta Yû.

L'immense couloir dans lequel ils avançaient paraissait interminable. Il présentait des embranchements à intervalles réguliers et créait un parcours labyrinthique dans les méandres de la falaise. Les bladers et la technicienne cherchaient des escaliers pour les conduire au plus haut de la Tour, là où se cachaient les dirigeants. Les derniers qu'ils avaient emprunté ne reliaient pas plus de cinq étages. À ce rythme, il leur faudrait une éternité pour trouver les dirigeants et les combattre.

- Nous aurions réellement dû garder un de leurs soldats pour avoir un guide, murmura Masasha. C'est complètement idiot de marcher sans savoir où nous devons aller.

- Ça n'aurait servi à rien, le contra Tsubasa. Il nous aurait conduit droit à un piège et nous aurions encore eu à combattre.

Ce n'était pas parce que leurs ennemis étaient faibles qu'ils devaient se battre à la légère. Chaque duel, même le plus simple, risquait d'endommager une toupie. La répétition des combats ne faisait qu'accroître ce risque, surtout qu'il s'était agi à chaque fois d'une bataille royale, et Madoka n'avait pas le matériel nécessaire pour réparer leurs toupies. Un ou plusieurs de leurs alliés venant à être hors d'état de combattre alors qu'ils étaient si près d'atteindre leur objectif, voilà qui serait stupide.

- Je n'aime pas me précipiter sans réunir d'informations au préalable, c'est tout, soupira Masasha.

Ça ne plaisait pas davantage à Tsubasa mais il ne voyait pas l'intérêt de s'en plaindre étant donné qu'ils n'avaient pas d'autres options disponibles.

Yû masqua tant bien que mal un début de rire.

- Tous ceux qui travaillent pour les dirigeants doivent avoir un moyen pour s'orienter dans la Tour. Elle est immense. Ils ne le font certainement pas de tête.

- Donc nous cherchons ce moyen ?

- Ferme-la un peu ! le coupa Ginsha.

- C'est toi qui devrais te taire. Tu cherches à nous faire repérer ?

- Tu parles dans des couloirs qui résonnent et c'est moi qui risque de nous faire repérer ? Tu te fous de moi ?!

Tsubasa soupira. Ne pouvaient-ils pas attendre un meilleur moment pour se disputer ? Un où ils ne seraient pas au plein cœur d'un territoire ennemi et, de préférence, quand il serait loin d'eux ?

- Un problème Kyoya ? demanda Benkei.

Tsubasa tourna son attention vers le maître de Leone. Il espérait qu'il ne commencerait pas à faire des siennes, lui aussi.

Kyoya se tourna vers eux et, une main sur la hanche, il indiqua une porte avec désinvolture.

- Il y a du bruit, là.

Cette seule phrase parvint à créer le silence. Tous tendirent l'oreille pour percevoir le son dont il avait parlé. Des machines vrombissaient de manière constante de l'autre côté des murs et, par-dessus, Tsubasa distinguait de temps en temps un éclat de voix.

Une autre porte claqua contre un mur, les faisant tous sursauter. Ils se tournèrent dans la direction du bruit. Par réflexe, Kyoya et Tsubasa posèrent la main sur leurs lanceurs, prêts à combattre si nécessaire.

À une demi-douzaine de mètres d'eux, le double de Tobio portait un carton contre lui. Il portait une longue blouse blanche par-dessus un pantalon noir. Fixant consciencieusement le sol, il fit plusieurs pas avant de s'apercevoir de leur présence. Il leva brusquement la tête et les dévisagea tour à tour, bouche bée. Il ne semblait pas représenter une menace mais Tsubasa se demanda s'il ne risquait pas de donner l'alerte. Puis, contre toutes attentes, son visage s'illumina.

- Enfin ! Je ne croyais plus à votre venue.

Yû cligna plusieurs fois des yeux, perplexe.

- Tu nous attendais ?

- Bien sûr ! On n'arrivait plus à finir toutes ces commandes ! Les dirigeants nous donnent beaucoup de travail mais ils ont attendu avant de nous envoyer de l'aide.

- Euh... En fait... commença Ginga.

Madoka lui donna un violent coup de coude dans les côtes. Il poussa un cri étranglé et posa ses mains sur ses côtes douloureuses. Elle lui adressa un regard noir, terriblement menaçant, avant de regarder le double de Tobio avec un sourire parfaitement innocent. Ce changement était tout bonnement terrifiant.

- Bien sûr. Par quoi pouvons-nous commencer ?

Le double de Tobio souleva le carton qu'il portait.

- Il y en a deux autres qui attendent dans la pièce là-bas. Vous pouvez nous les apporter puis nous vous trouverons autre chose à faire. Ce n'est pas le travail qui manque.

Il reprit sa route. Le groupe se colla contre les murs du couloir pour qu'il ait suffisamment d'espace pour avancer. Il les remercia tout en les passant en revue, toujours émerveillé par leur présence.

- J'arrive pas à croire qu'ils aient envoyé autant de monde...

- L'importance de votre travail est reconnu à sa juste valeur, déclara Madoka avec un grand sourire. Ce serait dommage que vous ne puissiez pas continuer !

- Vous avez totalement raison.

Alors qu'il s'approchait de la porte qui avait attiré leur attention plus tôt, Madoka le devança et l'ouvrit pour lui. Le double de Tobio lui sourit.

- Merci beaucoup. Je sens que notre collaboration va bien se passer.

- Je n'en doute pas une seconde.

Il entra dans la salle et Madoka lâcha la porte, la laissant se refermer. Un silence lourd planait dans le couloir tandis que tout le monde la dévisageait.

- Tu es terrifiante, chef, constata Yû.

- Tu as déjà songé à travailler pour l'AMBB ? lui demanda Tsubasa, que ses compétences commençaient sérieusement à inquiéter.

Madoka plaça ses poings sur ses hanches et se pencha vers eux, les sourcils froncés. Ginga et Masamune eurent un mouvement de recul instinctif, trop habitués à voir sa colère tournée vers eux.

- Vous n'arrêtez pas de dire que vous voulez en apprendre plus sur la Tour. Je viens de trouver la solution alors ne vous plaignez pas.

Elle les regarda les uns après les autres. Ses sourcils se froncèrent un peu plus.

- Qu'est-ce que vous attendez ? Allez chercher ces cartons !

Kyoya croisa les bras et s'appuya nonchalamment contre le mur. Son attitude était on ne peut plus claire : personne n'avait le droit de lui donner d'ordres. La joue de Madoka tressauta mais elle ne fit pas le moindre commentaire.

- Je parie que je porte mieux le carton que toi ! lança Masamune à Ginga.

Le rouquin allait répondre à la provocation quand il se souvint de la présence de Kyoya. Il n'allait quand même pas se ridiculiser devant son rival avec une attitude immature. Il ravala ses paroles et haussa les épaules, comme si l'idée l'indifférait. Masamune le dévisagea, choqué et clairement déstabilisé, avant de se diriger vers la salle que le double de Tobio leur avait indiquée sans énergie ni enthousiasme.

- Je vais l'aider, déclara Tsubasa.

Peut-être qu'il trouverait des indices à propos de la Tour ou du travail du double de Tobio dans cette salle.

Il emboîta le pas à Masamune. La pièce dans laquelle ils entrèrent était assez exiguë. Des étagères de métal s'alignaient devant le mur qui leur faisait face. Deux cartons étaient posés sur elles. Le reste était entièrement vide. Si le double de Tobio avait été forcé de déplacer tous les autres seuls, Tsubasa comprenait mieux son empressement à l'idée d'avoir de l'aide. Par contre, le manque de prudence dont il avait fait preuve en leur confiant ce travail sans chercher à connaître leur identité était loin d'être professionnel. Tsubasa commençait à se demander si les dirigeants représentaient une menace aussi grande que les habitants de Hansha le disaient.

Les deux adolescents soulevèrent les cartons et sortirent de la petite réserve. Il n'y avait rien de plus à voir dedans.

Ils traversèrent le couloir et suivirent le même chemin que le double de Tobio. Madoka leur ouvrit la porte, comme elle l'avait fait pour lui. Sans cesser d'avancer, Tsubasa observa avec attention la pièce dans laquelle il pénétrait. Il s'agissait d'un vaste laboratoire qui comportait des machines et des appareils très sophistiqués. Des étagères de métal s'alignaient contre un mur, soutenant d'épais classeurs. Le double de Tobio avait déposé son carton sur une table et parlait avec le double de Ryûtaro qui était penché vers une liasse de papier et qui semblait corriger des notes. Il n'y avait personne d'autre.

Tsubasa fit signe à Madoka de les rejoindre. Son aide ne serait pas de trop.

Le double de Tobio leva la tête vers eux. Il les indiqua avec un grand sourire.

- C'est l'aide dont je t'ai parlé. Il y en a d'autres qui attendent dans le couloir.

- Hm.

Le double de Ryûtaro finit de raturer et d'ajouter des notes à sa feuille avant de daigner lever ses yeux sur eux. Il les passa en revue.

- Vous vous y connaissez en sciences et en technologie ?

Madoka parvint de justesse à continuer d'afficher son sourire. C'était si étrange d'entendre Ryûtaro – même si elle savait qu'il n'était pas celui qu'ils connaissaient – parler de sciences et de technologies. Presque plus étrange que de le voir habillé avec un costume moderne en-dessous d'une blouse médicale blanche au lieu de son habituel kimono. Et il ne portait pas de maquillage !

- Suffisamment, répondit Madoka en faisant de son mieux pour ignorer tous ces détails. Qu'est-ce que vous fabriquez ici ? On nous a seulement dit que vous aviez besoin d'aide.

Ryûtaro haussa un sourcil sceptique et elle crut avoir commis une erreur. Sans donner l'impression de faire attention à leur discussion, Tsubasa posa le carton sur la table, auprès de celui de Tobio, et en profita pour jeter un coup d'œil au document de Ryûtaro. Il s'agissait des plans d'un robot, comme ceux qui les avaient attaqués à Hansha. Au moins, maintenant, ils savaient de source sûre qu'elles obéissaient aux dirigeants.

- Ils ne vous ont rien dit ? demanda le double de Ryûtaro, sans manifester de véritable surprise. Ils ne sont vraiment pas sérieux...

Avant qu'ils ne puissent le questionner sur ce qu'il entendait par là – la moindre information sur les dirigeants leur serait utile – il enchaîna :

- Nous construisons les machines qui gardent les villes et qui empêchent les citadins de sortir pendant le couvre-feu ou de s'aventurer trop loin.

Madoka et Tsubasa échangèrent un regard. Ainsi, plusieurs villes se trouvaient dans la même situation que Hansha.

- Et les équipements des gardes, renchérit Tobio. D'ailleurs, nous avons terminé des commandes pour la Garde du Ciel et la Brigade des Ombres.

- Nous pouvons les leurs apporter, proposa Tsubasa.

S'ils leur confiaient des commandes, ils seraient forcés de leur donner des indications sur la manière de s'orienter dans la Tour et, ainsi, ils pourraient trouver les dirigeants.

- Excellente idée, soupira le double de Ryûtaro. Au moins, cette fois, ça arrivera sans dommages.

Le dos du double de Tobio s'arrondit.

- Tu sais bien qu'il ne faut pas me confier ce genre de travail : j'ai beaucoup de mal à évaluer les distances.

- Et tu es maladroit.

Il haussa les épaules avec un air défaitiste.

- Bien.

Le double de Ryûtaro leur indiqua une boîte posée près de l'entrée.

- Apportez ça à la Garde du Ciel. Ce sont leurs nouveaux lanceurs. Tobio, donne-leur une carte de la Tour. Ce serait dommage qu'ils se perdent pendant leur premier jour de travail.

Le double de Tobio prit un des classeurs alignés sur les étagères et en sortit une feuille. Il la leur apporta.

- Ne faites pas trop attention au comportement de la Garde du Ciel, les conseilla-t-il. Comme ils sont chargés de la protection rapprochée des dirigeants, ils s'y croient.

Tsubasa eut besoin d'un moment pour réagir. Il opina et se dirigea vers la boîte qu'il souleva facilement pendant que Madoka prenait la carte et remerciait les doubles d'une petite voix. Ils quittèrent le laboratoire, Masamune sur les talons. Tsubasa s'arrêta dès que la porte se referma derrière eux.

- Tout ça est un peu trop facile, non ?

Madoka opina avec gêne. Elle n'arrivait pas à croire qu'ils aient obtenu si facilement le moyen d'atteindre les dirigeants. Un piège les attendait sûrement quelque part, non ?

- Alors ? demanda Ginga. Vous savez comment trouver les dirigeants ?

- ...Oui.

Tsubasa n'osait pas y croire lui-même. Il posa la boîte sur le sol et observa tour à tour les membres de son groupe. Ses sourcils se froncèrent. Une absence se faisait particulièrement remarquer...

- Vous avez encore perdu Ryûga, constata-t-il d'une voix dépourvue de la moindre émotion.

- On ne l'a pas perdu, contra Kyoya. Il s'est barré. On n'a pas à jouer les baby-sitters pour lui !

Tsubasa poussa un profond soupir. Ils n'avaient pas besoin d'ennemis plus forts ou plus intelligents que la moyenne pour leur compliquer la tâche. Le comportement de leurs alliés suffisait amplement.

Rassemblant tout le calme et la patience dont il disposait, Tsubasa rapporta aux bladers toutes les informations qu'ils avaient réunies.


XXX


Depuis leur arrivée dans la Tour, ils avaient fait énormément de chemin et, à présent, ils savaient exactement où ils devaient aller. Ils avaient une condition à remplir pour atteindre leur objectif : trouver la Garde du Ciel. Grâce aux doubles de Tobio et de Ryûtaro, cette tâche s'était simplifiée. Ils savaient exactement où la Garde du Ciel logeait et, après l'avoir vaincue, ils n'auraient plus que quelques pas à franchir pour atteindre les dirigeants. Ginga brûlait d'impatience à cette perspective. De véritables combats les attendaient. Bien sûr, le plus important restait de vaincre les dirigeants pour leurs nouveaux amis et pour protéger le monde de Bey-Ruins. Il ne l'oubliait pas. Et, une fois que tout ceci serait terminé, ils pourraient se concentrer sur leur autre problème : trouver une façon de rentrer chez eux. Aucun d'eux ne souhaitait demeurer à Bey-Ruins jusqu'à la fin de ses jours.

Il s'arrêta devant une porte sur laquelle étaient gravées deux ailes entrecroisées. Le lieu et le symbole correspondaient parfaitement à la description que leur avait donné le double de Tobio.

- C'est ici.

Il tendit la main vers la poignée et l'actionna. Il poussa le battant et fit quelques pas dans une vaste salle – tout lui semblait disproportionné dans cette tour – pour laisser ses amis entrer. Il porta la main à son lanceur et aperçut les autres faire de même du coin de l'œil. La pièce dans laquelle ils avançaient était peu meublée, mais elle était bondée de soldats vêtus d'uniformes bleu pâle dont la coupe était similaire aux tenues de la Brigade des Ombres et de la Garde du Sable. Ils ne pouvaient avoir aucun doute sur leur identité. Il s'agissait de la Garde du Ciel. Leur prochain combat arrivait plus tôt que prévu.

Les soldats n'avaient pas remarqué leur arrivée. Ils leur tournaient tous le dos, leur attention concentrée sur quelque chose – ou quelqu'un – que leur foule leur masquait.

- Les Gardes ont toutes l'obligation de se tenir prêtes.

Ginga reconnu la voix de Chao-Chin.

- Mais oui, mais oui. Tu l'as déjà dit, pas besoin de le répéter cent fois.

Une main s'agrippa à son poignet. Ginga baissa brièvement la tête. Yû se percha sur la pointe des pieds pour lui souffler d'un ton excité :

- C'est la voix de Tsubasa.

Ginga hocha la tête. Il l'avait reconnue lui aussi, même si son intonation traînarde était particulièrement étrange à entendre.

Yû le lâcha et sautilla d'un pied sur l'autre. Il allait enfin savoir à quoi ressemblait le double de Tsubasa et, surtout, quelle était son attitude. Il avait cru si longtemps qu'il n'aurait pas l'occasion de le voir avant qu'ils ne retournent dans leur monde.

- Où sont les dirigeants ? demanda Masamune.

Les soldats sursautèrent et se tournèrent d'un seul mouvement vers eux. Tsubasa le maudit intérieurement. En les surveillant silencieusement, ils auraient pu apprendre quelque chose d'utile à propos des dirigeants et du fonctionnement de la Tour. Sans compter qu'ils ne pouvaient plus espérer compter sur la discrétion maintenant. Il secoua la tête. C'était une des raisons qui le poussait à travailler en solitaire.

- Il se passe quoi ? demanda le double de Tsubasa en étouffant un bâillement.

Les soldats s'entre-regardèrent avant de s'écarter lentement. Ils formèrent une allée jusqu'à un canapé bordeaux aux finitions dorées sur lequel le double de Tsubasa était à demi-allongé, une joue fortement appuyée contre la paume de sa main, l'air passablement ennuyée, voire sur le point de s'endormir. Il portait une veste d'un bleu si vif qu'il paraissait fluo et qu'il devait très certainement briller dans le noir. Ses longs cheveux argentés étaient coiffés d'une manière si travaillée qu'elle devait occuper plusieurs heures de chaque jour. Tsubasa ne put s'empêcher de grimacer. C'était... Il se sentait...

Le double de Chao-Chin se tenait près du canapé, les mains croisées derrière le dos. Il portait un uniforme bien plus sobre que son chef, conçu seulement pour être pratique.

Les lèvres de Yû tremblèrent. Le double de Tsubasa... À côté de celui de Chao-Chin et du vrai Tsubasa... Le contraste était si grand...

Il cacha sa bouche derrière ses mains et tenta de dissimuler son rire. Le regard doré de Tsubasa se posa froidement sur lui. Voyant qu'il n'avait pas réussi à être discret, il cessa de faire semblant et explosa de rire.

- Yû.

Il s'appuya contre Ginga et continua de rire. Tsubasa trouvait son attitude particulièrement vexante. Mais il avait des préoccupations bien plus importantes pour l'instant. Un, battre la Garde du Ciel. Deux, trouver et vaincre les dirigeants. Trois, retourner dans leur monde. Il existait toute une liste de problèmes bien plus sérieux que l'hilarité de Yû.

- C'est qui eux ? demanda le double de Tsubasa en levant la tête vers le double de Chao-Chin.

- Les dissidents dont je viens de vous parler. Est-ce que vous m'écoutez au moins ?!

- Pas vraiment. Tout ce que tu dis est teeeeeeeeeeeellement ennuyeux.

La paupière du double de Chao-Chin tressauta. Ses poings se serrèrent. Il tourna le dos au double de Tsubasa et ferma les yeux. Il prit plusieurs grandes inspirations sûrement pour retrouver son calme.

Le double de Tsubasa tourna son attention vers les Rebelles et les étrangers.

- Vous cherchez les dirigeants ?

Ginga fit un pas en avant. Ils n'avaient plus à cacher la raison de leur venue.

- C'est exact.

Le double de Tsubasa leur indiqua un large corridor, à la droite de la pièce.

- Il y a un ascenseur au fond du couloir. C'est au neuvième. Vous ne pouvez pas manquer : il n'y a qu'une porte.

Il s'étira et leur tourna le dos. Les bladers et la technicienne se figèrent. Ils n'étaient pas certains d'avoir compris la situation. La Garde du Ciel, celle qui veillait personnellement à la sécurité des dirigeants, les laissait passer ? Aussi simplement que ça ?

Le double de Chao-Chin se retourna brusquement, sa tentative pour recouvrer son calme réduite à néant.

- Ce sont des ennemis !

- Et alors ? marmonna le double de Tsubasa en lui jetant un coup d'œil par-dessus son épaule.

- Je viens de vous transmettre le rapport des dirigeants...

- Ce truc ennuyeux ? J'en ai pas écouté la moitié.

Le double de Tsubasa s'allongea plus confortablement sur le canapé.

- J'ai pas accepté ce poste pour avoir à me battre.

Sa répartie déstabilisa le double de Chao-Chin qui le dévisagea, bouche bée. Il bégaya plusieurs débuts de réponse. Ginga avait presque pitié de lui.

- Mais nous sommes une Garde ! finit-il par s'exclamer.

- Et ? soupira le double de Tsubasa.

- C'est... la définition de notre travail ?

Le double de Tsubasa se redressa si brusquement que toutes les personnes présentes dans la pièce sursautèrent. Elles étaient incapables de détacher leurs yeux de lui, fascinées malgré elles par son comportement.

- Ne dis pas ce mot ! Il est absolument atroce.

- Mais...

Le double de Tsubasa se leva, les sourcils froncés, et se posta en face du double de Chao-Chin. Il martela son torse du doigt.

- Il me semble que je l'ai déjà dit. On ne prononce pas ce mot ici. C'est interdit. Tu te souviens ?

- Mais...

- Il n'y a pas de mais qui tienne. Ce n'est pas si difficile à comprendre.

Le double de Tsubasa se redressa en croisant les bras sur sa poitrine. Il pencha la tête sur le côté, une moue boudeuse se dessinant de nouveau sur ses lèvres.

- D'autant que ce n'est pas une raison.

Le double de Tsubasa se laissa de nouveau tomber sur le canapé. Il prit un miroir qui était posé sur le sol et observa son reflet. Il entreprit de recoiffer les quelques mèches qui sortaient de sa coiffure.

Yû éclata de nouveau de rire. Ce double ne le décevait pas du tout ! Il aurait de quoi taquiner Tsubasa pour les cinquante années à venir.

Le double de Tsubasa abaissa son miroir pour les regarder.

- Qu'est-ce que vous faites encore là, vous ?

- Euh... Eh bien...

- Ah oui !

Il posa son miroir et fouilla dans une porte de sa veste. Il en sortit une carte magnétique marine. Il la tendit au double de Chao-Chin.

- Va leur apporter. Le code de la porte est l 1. Vous saluerez les dirigeants de ma part.

Le double de Chao-Chin le dévisagea, les bras ballants. Le double de Tsubasa secoua son passe.

- Prends-le. Qu'est-ce que tu attends ? Que j'attrape une crampe ?

Le double de Chao-Chin ne réagit toujours pas. Le double de Tsubasa poussa un profond soupir, totalement exagéré. Il tendit le passe à l'un de ses soldats qui s'empressa de le prendre et de se diriger vers Madoka pour la lui remettre. Elle la prit, sans vraiment savoir comment réagir. La situation était bien trop étrange à son goût.

Le double de Tsubasa récupéra son miroir et entreprit de s'occuper de nouveau de son apparence.

- Vos ordres... C'est de les aider à atteindre les dirigeants... ? l'interrogea le double de Chao-Chin, d'une voix atone.

Le double de Tsubasa soupira de nouveau.

- C'est ce que je viens de dire. Tu es stupide ou quoi ?

- Mais les dirigeants...

- Sont grands et sont des bladers. Ils peuvent bien se débrouiller seuls. Continue comme ça et je serai obligé de choisir un autre lieutenant.

Les membres de la Garde du Ciel échangeaient des regards, visiblement mal à l'aise.

- Je ne peux pas obéir à vos ordres cette fois.

- Pardon ? fit le double de Tsubasa en haussant un sourcil. Tu te rends compte que c'est moi le chef de la Garde du Ciel ? Toi, tu n'es qu'un sous-fifre parmi d'autres.

- Garde du Ciel ! À l'attaque !

Les soldats s'entre-regardèrent et hochèrent la tête, convaincus par cet ordre. Ils s'emparèrent de leurs lanceurs et se mirent en position de tir.

- Trois !

Les bladers les imitèrent. Voilà un langage qu'ils comprenaient. Kyoya laissa un demi-sourire féroce incurver ses lèvres. Avec de la chance, ces ennemis lui fourniraient au moins un échauffement décent.

Le double de Tsubasa les toisa avec colère. Il frappa le sol du pied.

- Je viens de vous dire de les laisser passer ! Vous avez oublié qui est votre chef ?!

- Deux !

- C'est moi le leader de la Garde du Ciel. Vous n'avez pas le droit de me désobéir !

- Un !

- VOUS M'ÉCOUTEZ ?!

- Hyper Vitesse !

Les bey furent tous propulsés dans un même élan. À peine touchèrent-ils le sol qu'ils se lancèrent les uns contre les autres. Les toupies de la Garde du Ciel étaient plus résistantes que celles qu'ils avaient rencontrées jusqu'à présent. Cependant, dès les premières secondes du combat, les étrangers comprirent que leurs ennemis n'avaient pas un niveau aussi élevé que les bladers qu'ils avaient l'habitude d'affronter dans leur monde. Kyoya soupira avec mépris. À croire qu'ils ne trouveraient aucun adversaire digne de ce nom à Bey-Ruins.

- Personne n'utilise d'attaques spéciales cette fois. Compris ?

- Pff. Comme si j'en avais besoin pour vaincre ces minables.

En réalité, il avait rarement besoin d'utiliser les coups spéciaux de Leone. Il les lançait surtout pour gagner du temps en mettant hors jeu le plus de bladers faibles possible lors d'un bref laps de temps.

Pour prouver ses dires, Leone percuta avec force une toupie ennemie qui ralentit jusqu'à cesser de tourner. D'autres toupies la remplacèrent. Kyoya fit la moue. Ce serait quand même plus simple de lancer le Rugissement Tempétueux du Lion et de tous les balayer en une fois.

Un bruit attira son attention. Celui de plusieurs beys qui étaient projetées. Quatre toupies firent irruption dans le combat. Les bladers se tinrent sur leurs gardes, prêts à les combattre, mais elles attaquèrent uniquement la Garde du Ciel. Cette aide inattendue attisa leur méfiance. Les sourcils de Kyoya se froncèrent. Il se tourna pour regarder qui interférait. Dans un premier temps, il remarqua Nile et Damure qui venaient tranquillement dans sa direction. Derrière eux, se tenait le reste du groupe qu'ils avaient accompagné ainsi que cinq autres doubles : les quatre Garcia et Tetsuya. Kyoya grimaça. Ça n'en finirait donc jamais ?

Le double de Madoka s'approcha de Ginsha, les yeux brillant de joie, sans se préoccuper du combat qui se déroulait juste à côté d'elle. Elle indiqua les nouveaux venus de la main.

- Regarde qui nous avons retrouvé.

Le rouquin de Hansha lui adressa un regard sceptique, avant de se tourner dans la direction qu'elle lui avait indiquée. Son expression se décomposa quand son regard se posa sur le double de Tetsuya.

- Chef ?

Toutes les personnes qui connaissaient Tetsuya ressentirent un choc si grand qu'ils en oublièrent momentanément leurs combats. Lui ? Le véritable chef de la Rébellion ? Ils dévisagèrent les habitants de Hansha qui étaient réunis autour du double de Tetsuya et qui le regardaient avec une admiration évidente. Même Ginsha. Ce tableau était affreux. Tout simplement atroce. Des frissons d'horreur leur parcoururent l'échine. C'était pire que tout ce qu'ils avaient vu jusqu'à présent, y compris le double, gentil et accueillant, de Doji. Pire que tout ce qu'ils avaient affronté. Voir les copies physiques parfaites de Ginga, de Kyoya et de Ryûga contempler le double de Tetsuya comme s'il était la personne la plus incroyable et la plus extraordinaire ayant posé les pieds sur terre était... contre-nature.

- Je suis désolé d'avoir été séparé de vous si longtemps, mais nous sommes de nouveau réunis et, à présent, nous pouvons mettre un terme aux agissements des dirigeants.

Il désigna les quatre Garcia qui combattaient avec rage et acharnement les soldats des dirigeants.

- J'ai rencontré ces jeunes gens de valeur en prison. Ils ont créé leur propre Rébellion, loin d'ici, mais les dirigeants ont entendu parler de leur action et les ont arrêté. Nous faisons équipe à présent. Vous pouvez compter sur eux et leur confier votre vie sans hésiter.

- Je veux bien le croire s'ils sont à l'opposé des Garcia qu'on connaît, marmonna Yû, attirant la surprise des habitants de Hansha et une vague d'assentiment de la part des étrangers.

Kyoya récupéra Leone avec un mouvement brusque. Il ne comptait pas jouer les seconds rôles. Si ces idiots voulaient perdre leur temps à affronter la Garde du Ciel, il les laisserait faire. Les Wild Fang se reformèrent autour de lui. Les dirigeants n'étaient plus très loin. Plus vite ils en termineraient avec cette histoire, plus vite ils pourraient retourner dans leur monde et participer à de véritables combats. Il devait repartir s'entraîner pour vaincre Ginga, lui.

Le double de Tetsuya passa les étrangers en revue, s'attardant sur Ginga, Kyoya, Benkei, Madoka, Masamune, Tsubasa et Yû. Ses yeux s'écarquillèrent au fur et à mesure de son inspection.

- Qui sont ces gens ?

- C'est plutôt compliqué, déclara Madosha. Nous vous expliquerons plus tard.

La paupière de Madoka tressauta. Ils le vouvoyaient ? Elle avait atteint les limites des bizarreries de ce monde qu'elle était capable de supporter.

Maintenant que les bladers étaient – à peu près – remis de leur surprise, les combats reprirent de plus belle. La situation était clairement en leur faveur. Même si la Garde du Ciel était en surnombre, c'étaient leurs toupies qui perdaient les unes après les autres. Celles des étrangers et des doubles dimensionnels continuaient de tourner.

Ils n'eurent besoin que d'une poignée de minutes pour les mettre toutes hors d'état de combattre. Lorsqu'ils eurent gagné le match, ils récupérèrent leurs toupies.

Le double de Tsubasa dévisagea ses soldats avec colère, les poings sur les hanches. Ils baissèrent tous la tête devant l'intensité de son regard.

- Alors, non seulement vous me désobéissez mais en plus vous perdez ? Cette garde ne vaut vraiment rien ! Je demanderai aux dirigeants de vous remplacer et vous, vous irez travailler aux cuisines. Ça ne vous fera pas de mal de redescendre dans la hiérarchie.

Le double de Tsubasa afficha un sourire plein de malice.

- Ou encore mieux, vous devrez obéir à mes gages pendant un mois ! lança-t-il d'un ton léger. Ça vous apprendra à écouter mes ordres à l'avenir.

Les étrangers et les Rebelles n'avaient aucune idée de ce en quoi ces gages consistaient mais, au vu des expressions affichées par les soldats de la Garde du Ciel, ils préféraient devoir travailler dans les cuisines.

- Vous plaisantez ? s'étrangla le double de Chao-Chin. Vous dites à des ennemis comment atteindre les dirigeants et vous croyez qu'ils accéderont à vos caprices.

Le double de Tsubasa martela le sol du pied.

- Ce n'est pas un caprice !

Les étrangers et les Rebelles leur jetèrent un dernier regard avant de s'éloigner. Madoka tenait fermement le passe que le double de Tsubasa leur avait remis. Ils se glissèrent dans le couloir. Derrière eux, la dispute entre le chef et le second de la Garde du Ciel s'envenimait. Les soldats y assistaient avec horreur et aucun d'eux ne songea à leur barrer la route.

- Je pensais que ce serait plus difficile d'atteindre les dirigeants, déclara la double de Tetsuya.

- Ça le serait s'il n'y avait pas que des clowns dans ce monde.

Ils atteignirent le bout du couloir. Comme le double de Tsubasa l'avait dit, un ascenseur les y attendait. Ils devraient se séparer pour monter à bord mais, maintenant, ils savaient exactement comment rejoindre les dirigeants. Le temps qui les séparait du combat final ne se comptait plus qu'en minutes.

Madoka glissa le passe dans l'encoche prévue à cet effet puis tapa le code. Les portes s'ouvrirent. Ginga fit un pas en avant. Il allait entrer quand un bras l'en empêcha. Il adressa un regard surpris au double de Tetsuya. Pourquoi l'empêchait-il de passer ?

- C'est nous qui devons y aller en premier. C'est notre devoir.

Les Rebelles opinèrent solennellement. Ils avaient adopté une toute autre attitude depuis le retour de leur chef. Ils ressemblaient finalement à un groupe soudé, prêt à relever n'importe quel défi du moment qu'ils le faisaient ensemble.

- On se tape tout le boulot et vous voulez prendre notre place quand ça devient enfin intéressant ? intervint Kyoya d'un ton dégoûté.

Ginga comprenait sa colère. Ils avaient supporté beaucoup d'événements étranges depuis leur arrivée dans le monde de Hansha et c'était la perspective d'un grand combat qui guidait la majorité d'entre eux.

- Nous sommes la Rébellion, déclara Ginsha avec hauteur. C'est à nous d'écraser les dirigeants.

- Tu faisais pas autant le fier quand tu te cachais pendant le couvre-feu ! cracha Kyoya.

Les yeux de Ginsha s'inondèrent de colère et il fit un pas menaçant dans sa direction. Kyoya releva la tête et le toisa avec mépris. Ginga s'interposa entre eux, faisant face à son double.

- Nous vous avons aidé jusqu'à présent et nous n'arrêterons pas maintenant. Nous venons avec vous.

Une grimace de colère déforma le visage de Ginsha.

- Comment..., ?!

- Ils ont raison, déclara Ryûsha. Sans leur aide, nous n'aurions jamais trouvé la Tour ni libéré aucun des prisonniers.

Les doubles de Tetsuya et de Ryûga échangèrent un regard. Le premier esquissa un hochement de tête.

- Bien. Nous les emmenons avec nous.

Les poings de Kyoya se serrèrent. Comment osaient-ils dire ça comme s'ils leur faisaient une faveur ? Ginga lui donna un léger coup dans le bras et secoua la tête avant de reporter son attention sur les habitants de Hansha.

- Kyoya et moi nous partons avec le premier groupe.

Kyoya croisa les bras et lui tourna le dos.

- Je ne te permets pas de prendre des décisions à ma place, fit-il mine de s'agacer.

Yû fit un bond en avant. Il leva la main et sautilla.

- Moi aussi je veux venir ! Je veux être dans le premier groupe !

Bien évidemment, sa déclaration fit éclater une dispute. Tous les bladers présents voulaient faire partie du premier groupe, au cas où ils soient les seuls à combattre. La tension monta petit à petit tandis qu'ils se provoquaient et qu'ils mettaient en avant leurs qualités en tant que blader, sous-entendant que les autres ne possédaient pas les mêmes aptitudes. Les poings de Madoka se serrèrent. Étaient-ils obligés de se comporter comme des gamins immatures à longueur de temps ?

- ÇA SUFFIT !

Toutes les personnes présentes, même celles qui n'avaient pas pris part aux disputes, se figèrent et se tournèrent vers elle avec crainte.

- Je fais les groupes et vous ne discutez pas, compris ?

Il n'y eut aucune réaction. Ses ongles s'enfoncèrent dans ses paumes.

- Compris ? répéta-t-elle, les dents serrées.

Ils hochèrent la tête d'un seul mouvement. Madoka força ses épaules à se détendre.

- Bien. Ginga, Kyoya, Tsubasa, Tetsuya, Ryûsha et... Madosha. Partez.

Ils obéirent docilement et entrèrent dans l'ascenseur. Tsubasa appuya sur le numéro neuf. Les portes se refermèrent. L'ascenseur s'ébranla avant d'entamer sa montée. Il se détendit. À l'heure actuelle, les dirigeants lui semblaient bien moins menaçants que Madoka.

- Votre chef sait comment se faire obéir, commenta le double de Tetsuya.

Kyoya se tourna agressivement vers lui. Son regard acéré faisait penser à un prédateur sur le point de mettre une proie à mort.

- Je n'ai pas de chef, déclara-t-il lentement, les mettant au défi de dire le contraire.

- Évidemment ! répondit Ginga avec un grand sourire.

Kyoya le regarda brièvement avant de reporter son attention sur les portes de l'ascenseur. L'appareil s'immobilisa. Les portes s'ouvrirent. Ils étaient arrivés à destination.

Kyoya sortit sans prendre la moindre précaution. Ginga le suivit. Étant donné qu'ils ne s'étaient pas faits attaquer, Tsubasa imaginait qu'aucun guet-apens ne les attendait. Il leur emboîta le pas. Ils se trouvaient dans un hall, qui servait visiblement de salle d'attente : plusieurs sofas étaient alignés contre les murs. Il offrait suffisamment de place pour que le groupe entier puisse s'y regrouper avant de s'attaquer aux dirigeants. Enfin, si toutes les personnes présentes étaient capables de patienter quelques minutes.

Les portes de l'ascenseur se refermèrent derrière eux. Ils l'entendirent descendre.

Il ne leur restait plus qu'à attendre.


Fin du chapitre 13


Tetsuya a failli dire "Je suis de retour" au début de son discours. Du coup, j'ai eu l'hymne entier de la Team Rocket dans la tête x) (et vous aussi maintenant !)

Sinon, vous pensez quoi du fait que Tetsuya est le grand, l'incroyable chef de la Rébellion ? C'est une sacrée surprise non ?