Bienvenue sur ce deuxième chapitre, qui vous plaira autant que le premier, j'espère !

Merci pour vos lectures qui ont été nombreuses, ça me fait très chaud au coeur ! En attendant impatiemment vos reviews !

Bonne lecture à toutes et à tous ! :D

GigiNaomi (anciennement FanficMangaDreams)


Chapitre II

Subitement, elle leva les yeux, ayant reconnu la voix de l'homme qui était droit devant elle. Elle se remit debout rapidement, défroissa sa robe et vérifia que rien n'était tombé de son sac. Elle n'osa pas croiser le regard de son interlocuteur, toujours immobile devant elle, qui l'observait, étonné de trouver son ancienne camarade à une heure si tard de la journée dans les ruelles du Londres sorcier.

-Qu'est-ce que tu fais ici aussi tard ?

- Je ne te demande pas, Malefoy, lui répondit-elle au tac-o-tac.

- Pas la peine d'être désagréable, râla-t-il légèrement. Tu pourrais reconnaître que je ne suis plus aussi acerbe qu'avant, au moins.

- En revanche, ta modestie n'a pas changé, lança-t-elle, en osant, cette fois, le scruter.

Drago Malefoy avait radicalement changé depuis leurs années Poudlard. Épaules larges, carrure musclés, teint un peu plus mat mais qui lui ôtait son côté blafard malade, mâchoire dessinée et décontractée, etc... Il semblait plus serein. Son style vestimentaire ne semblait plus aussi sombre : il portait une chemise crème avec une veste de costume bleu foncé et un pantalon en toile de la même couleur. Mais ce furent ses yeux gris liquide qui attirèrent Hermione : ils brillaient, ils avaient un éclat que jamais elle ne leur avait jamais connu et surtout, elle n'y voyait aucune aversion, aucun dégoût, aucune haine. Et cela la perturbait franchement.

- Granger ? Arrête de me fixer comme ça, je vais finir par être gêné, pouffa-t-il en plaisantant, mains dans les poches.

- Je... Idiot, je ne te fixais pas !

- Tu crèves de faim ou quoi ?

- De faim ? Euh... et Hermione se mit à rougir comme une pivoine.

L'ancien Serpentard se mit à rire avec ferveur, ce qui étonna la jeune femme, qui ne savait pas trop où se mettre. Elle resserra sa veste autour d'elle, le froid commençant à la gagner. Un frisson assez intense la parcourut le long de son échine, ce qui n'échappa pas à Drago.

- Tu as froid, Granger ?

- Un peu... assura-t-elle en frottant son bras.

- Tu veux aller boire un café ? proposa-t-il gentiment – un peu trop gentiment selon Hermione.

- Waouh... Tu sais qu'on n'a jamais été amis, au moins ? Tu as reçu un coup à la tête ?

- Je suis de bonne foi, il n'y a pas de mal à ça, Granger.

Hermione acquiesça. Si les choses ne se passaient pas bien, elle avait sa baguette sur elle, qui ne la quittait jamais, même dans son sommeil. Et puis, après tout, cela faisait longtemps qu'elle ne l'avait pas croisé, bien qu'elle savait qu'il travaillait également au Ministère, au Département des Transports Magiques, et qu'il y était haut placé. Elle l'avait vu certaines fois en réunion mais n'y avait jamais prêté attention, encore une fois trop prise par son travail et ses charges.

Ils se dirigèrent vers un petit bistrot, peu fréquenté à cette heure, et s'assirent autour d'une petite table en bois foncé. Ils passèrent leur commande et commencèrent à se regarder, sans trop vraiment savoir de quoi parler. Hermione piqua un fard, replaçant une mèche de cheveux derrière son oreille, et fixa la surface lisse devant elle, ses doigts la grattant superficiellement en quelques gestes hasardeux.

- J'ai entendu dire que tu étais Directrice, maintenant, commença-t-il.

- Oui, c'est vrai, admit la sorcière. Ça prend du temps mais ça bouge sans cesse et c'est intéressant.

- Ça bouge dans tous les services, Granger, et tu le sais pertinemment. Les rumeurs vont bon train sur toi, sache-le, lui avoua Drago, qui remercia ensuite le serveur qui leur avait déposé leurs tasses de café.

- Comment ça ?

- Que tu aurais pu être mutée au Département de la Justice Magique, mais que tu as refusé le poste.

- C'est vrai, concéda-t-elle. J'ai refusé pour diverses raisons, mais la Coopération Internationale permet le contact avec d'autres pays et de réguler la Commission Magique à tout moment. C'est passionnant !

Malefoy sentit la frénésie émaner des dires de sa voisine. Il savait depuis toujours que l'amour de Hermione pour le travail et l'occupation intellectuelle lui était nécessaire et vital. Il en a toujours été admiratif mais également jaloux alors qu'ils étaient élèves. Il avait beau avoir été le meilleur élève à Serpentard, il aurait voulu être celui de toute l'école. Surtout que cela a fortement déplu à ses parents de se faire surplomber par une Née-Moldue.

- Ça aurait été trop simple d'accepter une offre d'Harry Potter, ajouta Hermione, tout sourire, avant de boire une gorgée de son café.

Le jeune homme émit un petit rire en hochant la tête. Il se saisit également de sa tasse brûlante précieusement et tous deux continuèrent la discussion avec entrain.


La fin de soirée passa rapidement sans même qu'ils ne s'en rendent compte. Travail, souvenirs, anecdotes, tout était bon pour enrichir la conversation. Tous deux n'y croyaient pas de s'entendre bien alors qu'ils avaient passé le plus clair de leurs vies à se détester mutuellement, pour telle ou telle raison.

Ce n'est que lorsque le serveur vint les voir pour annoncer qu'ils fermaient qu'ils prirent conscience du temps passé. Hermione se releva précipitamment, s'excusant, prit son sac et sortit dehors, respirer l'air frais de ce soir d'avril.

- Granger, ça va pas de partir comme ça ! s'exclama Drago en la regardant, un peu choqué.

- Ça m'a perturbée, excuse-moi. Je ne suis pas habituée à faire les fermetures de bars, confessa-t-elle.

- On s'y habitue plus vite qu'on ne le pense.

Hermione lança une œillade curieuse. Décidément, Malefoy avait fait une grande introspection sur lui-même. Il semblait s'être remis en question d et respirait la vie à plein nez. Même son parfum sentait la vie. Une pensée succincte lui traversa l'esprit. « On aurait pu se parler bien avant, alors ». Son cœur se mit à battre plus vite d'un seul coup et le rouge lui monta aux joues.

- Pourquoi tu rougis, Granger ?

- Euh... C'est juste que... bafouilla Hermione.

- Je sais que je suis beau gosse, mais quand même ! plaisanta-t-il en faisant un pas en arrière.

- Quoi ? Oh ! Non, non, non ! Je me disais juste qu'on aurait peut-être pu... bien s'entendre, avant... Tu vois ? Même si c'est particulier de passer une soirée avec le gars qui a essayé tant bien que mal de me pourrir la vie à Poudlard – elle rit doucement, et il la suivit, un peu confus – mais c'était vraiment agréable. Plus jamais je ne ferai de speed-dating !

Ils se mirent tous les deux à marcher dans la petite ruelle pavé, les talons de la jeune sorcière tapant contre la pierre au sol.

- Tu veux te balader ? proposa-t-il.

- Dis moi, Malefoy, tu n'as pas d'amis pour finir par traîner toute une soirée avec une Miss-Je-Sais-Tout ? taquina Hermione, tout en remontant la lanière de son sac à main sur son épaule.

- Honnêtement, non.

Hermione stoppa net. Malefoy se retourna, voyant que sa partenaire du soir s'était arrêtée en plein élan.

- Quoi ?

- Je ne m'attendais pas à cette réponse, franchement.

- A quoi, alors ? s'enquit-il, désireux de connaître le fond de sa pensée.

- Je ne sais pas... Tu avais toute ta... clique, à Poudlard, expliqua la sorcière, en secouant les mains. Je sais que pas mal ont eu un aller simple pour Azkaban, mais Zabini et Parkinson sont libres, à ce qu'il me semble.

- Il n'y a plus qu'à Blaise que je parle. Tous les autres sont du passé. Leurs convictions m'ont dégoûtée, je n'étais pas de leur monde, comme ils l'avaient toujours pensé.

- Mais... tes collègues, au Ministère ? Tu ne t'entends pas bien avec eux ? ajouta Hermione en reprenant leur route.

- Pas au point d'aller boire un café.

La jeune femme sourit en douce, la tête penchée en avant. Ils sortirent du Londres sorcier et se rendirent dans un petit parc, clairsemé de lumières artificielles à même le sol. Ils le traversèrent jusqu'à trouver un banc en bois, non loin de la circulation encore bien active à cette heure. La lune jouait à cache-cache avec les feuilles des hauts arbres et éclairait tantôt les fleurs, tantôt les petits sentiers, et le bruit des klaxons leur parvint de loin.

Ils s'assirent et fixèrent tous deux la lune, grande et pleine, d'un blanc quasiment immaculé.

- Et toi, Granger ? Ton Trio d'Or n'est plus ce qu'il était avant, n'est-ce pas ?

Elle baissa la tête, ses cheveux cachant en partie son visage. La nostalgie de ses années à l'école, de ses aventures rocambolesques à travers toute la Grande-Bretagne, bien que ponctuées d'événements lourds à se remémorer, lui monta soudainement au crâne. Elle entendit un soupir à côté d'elle.

- Tout le monde change, Granger, lui dit-il en pesant ses mots. Que ce soit toi, moi, Potter et même les Moldus, tout le monde, sans exception.

- Si personne ne changeait, ce serait vraiment déplorable, ajouta-t-elle à sa pensée.

- La Guerre a eu ses effets. Escomptés, en plus.

- Effectivement.

- Granger ?

Elle haussa un sourcil à son nom, étonné d'autant de précautions en émanant.

- Toi, tu as l'air d'avoir été brisée par la Guerre...

Elle sursauta à ces mots. Elle dégagea les cheveux devant ses yeux, les replaçant derrière son oreille subitement et ses mains se resserrèrent autour de son sac. La jeune femme ne savait pas d'où lui venait une telle réflexion. Après tout, cela ne faisait que quelques minuscules heures qu'ils se parlaient à nouveau. Enfin, qu'ils se parlaient vraiment, comme deux individus civilisés et respectueux. « Mais quand même, quel culot ! ».

- Je n'essaie pas d'être intrusif, Granger. C'est surtout que ça saute aux yeux, développa Drago. Je ne suis pas con : je sais qu'il y a des rumeurs au Ministère qui sont vraies, fondées...

- Ah bon ? On parle sur moi ? s'offusqua-t-elle, sarcastique et irritée. Sans déconner ! Je te rappelle que mon nom a fait la une des journaux plus d'une fois !

- Granger.

Totalement agacée, Hermione se leva, ferma sa veste et commença à marcher rapidement à l'opposé de sa direction. « C'est pas possible d'être à ce point obstiné ! » songea-t-elle, dans le vif de ses pensées. Sans se retourner, elle continua sa route, mais une main saisit son bras et dans la fougue de l'action, elle fut rapidement retournée, faisant face à son ancien ennemi.

- Weasley n'était pas pour toi. Ça puait à des kilomètres que vous n'étiez pas faits pour durer ! Et bordel, tu ne le montres pas mais rien qu'à t'entendre aujourd'hui, on sait que ça t'a fait du mal, de quelque manière vous vous soyez séparés ! dit Drago. Les séquelles, Granger, les séquelles... On ne peut pas les dissimiler aux yeux du monde entier ! Et je n'ai pas besoin d'être un Legilimens pour le sentir !

- Mais tu te prends pour qui pour pouvoir parler de ça, au juste ?! Ça ne regarde que moi ! s'énerva Hermione, honnête et piquée au vif.

- De ce que tu m'as dit, tous tes amis pensent que c'est quelque chose de clair, réglé depuis longtemps !

- Mais ça l'est !

- NON !

Elle tressauta violemment, au point d'en avoir presque perdu son équilibre. Sous le choc, les larmes sortirent toutes seules. « C'est vraiment pas ma soirée ! ». Tout ce qu'elle refoulait s'échappa, comme un appel au renouveau. Elle était à bout, démunie face à un homme qu'elle n'avait jamais su apprécié auparavant. Pourtant, c'est celui qui avait touché son point sensible, en cet instant, comme personne n'avait jamais osé auparavant.

Drago, lui, restait totalement statique. Il ne s'attendait pas à une telle réaction. Il restait démuni, lui n'ayant jamais été doté d'une telle sensibilité. Du moins, en apparence. Il regarda Hermione pleurer, sortir d'en elle ce qu'elle gardait et lorsqu'elle s'accroupit pour reprendre sa respiration, il fit de même. Cachés de la vue de la plupart par un épais buisson longeant un petit chemin de terre, rien ne pouvait venir les déranger.

- Tu devrais... parler de tout ça avec tes amis, Granger, lança-t-il, sur ses gardes à l'idée qu'elle puisse lui jeter un sort et en utilisant sa voix la plus douce. Ils te connaissent mieux que je te connais alors... Essaie...

- Hum... fut tout ce que Hermione put sortir, sans montrer son agrément ou non.

Elle fit sortir un mouchoir dans sa baguette et essuya ses larmes chaudes, qui coulaient abondamment sur ses joues. Elle-même ne comprenait pas sa réaction : elle se sentait confuse et ridicule. Si ils avaient encore été adolescents, il se serait certainement moqué d'elle, aurait fait passer le mot dans toute l'école et ne lui aurait donné aucun répit. Définitivement, il avait changé.

Hermione se releva difficilement, refusant la main tendue de Drago, et regarda autour d'elle, cherchant à voir si quelqu'un l'avait entendue ou aperçue. Elle secoua le tissu de sa robe pour la défroisser et scruta Drago avec un mélange d'amertume et de reconnaissance. C'était un sentiment nouveau mais étrange pour elle que de devoir détester quelqu'un pour l'avoir faite sortir de ses gonds, mais d'aussi vouloir le remercier pour la même raison. Elle détestait ne pas savoir quoi faire, c'était quelque chose de rare pour elle.

Drago recula de quelques pas, la laissant passer devant lui, puis la suivit, nonchalamment. Hermione ne dit rien et continua son chemin, jusqu'à arriver au niveau du trottoir, attendant que le feu piéton daigne passer au vert.

- Excuse-moi, Granger, commença Drago. J'ai été maladroit tout à l'heure et...

- Ne t'excuse pas. Ce n'est pas nécessaire, le coupa Hermione.

- J'y tenais, c'est tout.

- Écoute, Drago. Merci pour cette soirée, c'était vraiment agréable, mais je crois que je vais rentrer maintenant...

Drago acquiesça, mains dans les poches, et tous deux traversèrent enfin la route. Ils trouvèrent une cabine téléphonique dans une rue assez sombre pour y transplaner sans que quelconque Moldu ne s'en aperçoive. Hermione semblait assez agitée, encore une fois.

- Merci encore. Mais s'il te plaît, ne parle à personne de tout ça, lui demanda-t-elle, comme une dernière faveur.

Il hocha la tête et la laissa partir avant lui. Ils se regardèrent une dernière fois, Hermione osa un minuscule sourire avant de s'évaporer en un craquement sonore. Le bruit résonna durant de longues secondes, rebondissant entre les murs en pierre, finissant par atteindre le cœur de Drago en plein fouet. Il se résolut à transplaner également, le souvenir de leur soirée semblant déjà lointain.