Hello à tous ! J'espère que vous avez apprécié les deux premiers chapitres déjà ! Merci encore une fois de vos retours, ça me touche toujours autant !

Il risque d'y avoir du retard sur le prochain chapitre, dû à mes premiers examens de semestre (vive la vie à la fac ! Faites moi savoir si vous aussi, vous connaissez cet "enfer" tous les ans ;p) ! Je suis désolée d'avance mais enjoy !

Bises à tous ! Et encore une fois, j'attends vos reviews :D

GigiNaomi (anciennement FanficMangaDreams)


Chapitre III

Hermione se réveilla, les idées embrumées et les cheveux emmêlés, et s'étira dans son grand lit. Un peu plus vide d'avant, mais qui lui laissait toute l'occasion d'en profiter. Elle tâta autour d'elle, à la recherche de sa baguette magique, et la trouva sous son second oreiller. D'un coup sec de poignet avec celle-ci, les volets et les rideaux s'ouvrèrent à la volée, laissant les rayons du soleil pénétrer la pièce et réchauffer sa peau pâle.

Elle se releva dans son lit, frotta ses yeux et daigna se lever, en repoussant la couette dans un large mouvement. Elle lança un sort pour allumer le feu sous sa bouilloire et se dirigea vers la salle de bains. Elle se glissa rapidement sous la douche, l'eau chaude glissant sur son visage et son corps lui éclaircissant enfin l'esprit. « Le speed-dating... la Bièraubeurre... l'affiche burlesque... l'odeur du café moulu... Drago Malefoy. » Hermione ouvrit soudainement les yeux, prise de panique, son cœur manquant des battements. Elle avait passé la majeure partie de sa soirée avec Drago Malefoy. Cherchant une serviette à tâtons, après de longues minutes à tenter de se remémorer les détails de leurs conversations, elle s'emmitoufla dedans rapidement et d'un petit sortilège, sécha et coiffa ses cheveux, qui tombèrent en douces boucles brunes sur ses épaules.

Elle attira ses vêtements à elle et se précipita dans la cuisine, préparant son thé avec de nouveaux enchantements, avant de s'affaler dans son confortable canapé., son esprit divaguant entre le passé immédiat et le présent.

La jeune sorcière n'en revenait pas d'elle-même. De plus que la soirée semblait être passée en un éclair. Elle se souvenait surtout de son regard. Liquide, gris, puissant... métamorphosé. La lueur d'ombre et de haine dans son regard, qu'elle lui avait connu durant des années, avait radicalement disparu. Elle avait vu un homme changé mais elle n'arrivait pas à s'avouer à elle-même qu'elle avait fini par l'apprécier.

Elle secoua rapidement la tête. Ce n'était pas raisonnable. Surtout si Ginny lui demandait comment s'était passé le speed-dating – ce qui ne manquerait pas d'arriver, parole de Merlin – et qu'elle finissait par voir qu'elle lui cachait quelque chose. Ginny pouvait devenir une véritable harceleuse quand elle s'y mettait. C'était la reine des commérages entre copines et elle trovuait toujours quelque chose à dire.

Sauf que cette fois, c'était réellement différent. C'était Drago Malefoy. Et si Ginny l'apprenait, elle allait non seulement être très curieuse, mais elle allait finir par la traquer et s'imaginer tout un tas de trucs qui se seraient peut-être probablement passés entre eux. Hermione rougit. Elle et... Malefoy ? « Impossible » se dit-elle. Mais son rougissement ne redescendit pas pour autant et elle se trahit elle-même.

Se tournant vers le miroir surplombant l'encadrement en marbre de sa cheminée, Hermione s'avoua, yeux dans ses yeux :

- Il est pas si mal, c'est vrai.

Les joues toujours pourpres, elle se détourna de son reflet, la mettant étrangement mal à l'aise face aux réactions de son corps. Drago Malefoy était vrai un homme charmant, séduisant, qui avait certainement dû faire des ravages auprès de la gent féminine – et pourquoi pas masculine également – rien qu'avec un regard.

- Hermione, reprends-toi, bon sang, se dit-elle à elle-même, agacée mais intriguée.

Avec un Accio, elle saisit sa veste au vol, l'enfila en deux temps trois mouvements et fila au Ministère, sac à la main, voulant à tout prix le fil de ses pensées qui commençaient à prendre le dessus sur le reste.


Penchée sur son bureau, Hermione étudiait avec attention le dossier de la venue du Premier Ministre Magique suédois. L'arrivée était prévue deux semaines plus tard et tout devait être organisé pour que les conformités entre les lois coordonnent. Elle gérait la plus grosse partie du dossier, s'assurant que tout était en ordre et qu'aucun malentendu diplomatique ne devait se produire au cours de la visite du corps ministériel suédois.

De tous les problèmes légaux, c'étaient de celui des elfes de maisons accompagnant les Suédois qui lui posait souci. La législature dans le pays scandinave était beaucoup plus souple qu'en Angleterre et de ce fait, elle devait assurer qu'aucun elfe anglais ne croise un elfe suédois. Il fallait trouver un endroit où loger la délégation sans qu'il n'y ait déjà des elfes, ce qui était compliqué dans les structures politiques magiques.

Elle soupira et s'adossa mollement contre le dossier de son fauteuil. Elle fit écrire une note de service à Harry et reprit sa réflexion sur le sujet. Mais ce fut le souvenir d'une tasse de café entourée d'une main blanche comme neige qui lui revint. Elle se gifla intérieurement, enfouissant son souvenir dans un genre de boîte de Pandore, et se mit à réfléchir à toute vitesse. Heureusement que le Bureau des Aurors avait pris de l'avance et avait déjà assuré la sécurité des lieux que le Premier Ministre visiterait. Harry tenait son Bureau d'une main de fer et cela se sentait toujours, notamment lors de visites étrangères ou d'interventions d'urgence.

Le transport du Premier Ministre suédois était aussi un dilemme : celui-ci arriverait en diligence et il n'y avait aucune piste pour que les Sombrals puissent se poser à Londres même. Elle n'était pas chargée de cet aspect, sans qu'il fallait également faire vérifier les balais de la sécurité rapprochée du Premier Ministre, et que le Service de Régulation des Balais mettait toujours beaucoup trop de temps à faire parvenir les documents définitifs.

Une nouvelle note de service plus tard, Hermione se permet une pause, en profitant pour boire un thé qui lui brûla les lè frappa alors à sa porte et sans ouvrir les yeux (ce qui aurait mis son cerveau en mode pause à ce moment précieux), lança un haut et distinct « Entrez ! ». Le doux son de la porte frôlant la moquette de la pièce lui parvint et elle entrouvrit un œil.

- Salut Mione, tu m'as demandé de venir ?

- Oui, Harry.

La présence de son meilleur ami lui mit d'un seul coup du baume au cœur. Peut-être était-ce parce que leurs mois de cavale durant la Guerre les avaient durablement rapproché et qu'il savait tenir sa langue dans sa poche avec tous ses secrets. Même Ron ignorait des aspects d'Hermione, celle-ci se confiant constamment à Harry, avec qui elle ne se sentait pas jugée ou dévoré du regard. Décidément, ils n'avaient pas été faits pour être ensemble.

- Tu as un problème avec la délégation suédoise ? lui demanda-t-il, en voyant le dossier sur le Bureau.

- Oh, euh, encore quelques petites choses à régler mais il n'y a rien à signaler au niveau du Bureau des Aurors, ne t'en fais pas, lui dit Hermione en posant sa tasse dans sa soucoupe.

- Alors, pourquoi m'as-tu appelé ?

Sans s'y attendre, elle éclata en sanglots, le visage dans les mains. Harry se précipita à côté d'elle et la prit dans ses bras, mille questions lui venant à l'esprit. Hermione hoqueta sans retenue, trop d'émotions se mélangeant entre elles. Les derniers événements faisaient trop pour elles, et tout ce qu'elle devait ressentir se confondait, laissant place à un profond chaos qu'elle n'avait que rarement connu. La dernière fois remontait à sa rupture avec Ron et elle ne tenait absolument pas à se remémorer ces moments actuellement. Elle prit une grande inspiration, saisit sa tasse par la anse et une délicate gorgée de thé au citron.

- Mione, tu veux manger quelque chose ? Ça te ferait du...

- Harry... Je n'ai pas envie de manger, expliqua-t-elle, avant de renifler. La soirée... hier... C'est pas du tout... Ça ne s'est pas passé comme ça aurait dû...

- Ce n'est pas grave, il faut peut-être en faire plusieurs et...

- Harry !

Il sursauta devant le ton agacé et secoué de son amie.

- Harry... J'ai passé la soirée avec Drago Malefoy. Et c'était... bien, très bien même ! s'avoua-t-elle enfin. Ça me perturbe... Il était vraiment...

- Hermione, en une soirée, tu n'as quand même pas chopé le béguin pour Malefoy ? comprit-il rapidement en sentant son amie se tendre après chaque mot qu'elle débitait..

Il n'eut pour seule réponse qu'un rougissement prononcé de son amie, ponctué par une pincement des lèvres. Elle passa sa main sur ses joues pour essuyer les résidus de larmes, tâtant au passage sa bouillante bouillante.

- Je ne dirai pas « béguin », se lança la jeune femme en réfléchissant à toute allure. Je ne dirai pas "non" pour en faire... mon... quatre heures.

- Hermione Jean Granger !

- C'est pas... c'est pas... Il est charmant, respectueux... incroyablement sexy aussi...

Harry n'en pouvait plus : il éclata de rire, dépassé par les propos de sa meilleure amie, d'un rire nerveux et angoissé,, qui affola Hermione qui se demanda si elle n'aurait pas dû tenir sa langue pour cette fois. Elle se recroquevilla dans son fauteuil, perturbée par le rire perçant de son ami qui reprit difficilement sa respiration, les yeux larmoyants. Elle remit rapidement une mèche de cheveux derrière son oreille, son rougissement ne voulant toujours pas s'estomper.

Le jeune homme n'arrivait pas à croire ce qu'il venait d'entendre. Hermione, qui plus est, Hermione Granger, sortait des sentiers battus de la sagesse pour, semble-t-il, le garçon, au temps d'avant, qui avait fait en sorte de lui ternir ses années d'étudiante. « Ça ne lui ferait pas de mal, mais c'est Malefoy » pensa-t-il, inquiet mais soulagé qu'elle s'intéresse de nouveau aux hommes autour d'elle. Il avait été malheureux d'apprendre la rupture de ses deux meilleurs amis, mais il s'était rapidement rendu à l'évidence : Ron et Hermione ne s'entendaient plus sur leurs professions, elle, occupée à gérer le Département, lui, joueur dans une prestigieuse équipe de Quidditch national. Les derniers mois, ils n'arrivaient même plus à sortir, ne serait-ce que pour aller au restaurant ou faire une soirée uniquement tous les deux. Harry était toutefois reconnaissant à Ron de ne pas avoir été brusque dans ses mots quand il avait discuté de leur séparation avec Hermione.

- Je suppose que Gin' n'est pas au courant, commença Harry, après réflexion.

- Non... Et je te serais reconnaissante de ne pas lui en parler : elle jouerait vraiment les harceleuses sinon, lança-t-elle, paniquée à l'idée de Ginny Weasley débitant des milliers de questions à la minute.

- Oh, je te comprends. Déjà en temps normal, elle ne lâche pas la grappe, mais depuis qu'elle est enceinte, c'est pire...

- Il fallait y réfléchir avant de faire un bébé, taquina gentiment Hermione, donnant son premier sourire détendu depuis le début de la journée.

Harry tapota délicatement le genou de son amie et sortit un papier de sa veste.

- Au fait, j'avais oublié de te donner ça hier pour le dossier « suédois ». C'est ma signature pour certifier que le Bureau des Aurors est bel et bien prêt. Il me semble que leur secrétaire d'État insistait dessus, clarifia-t-il devant l'air hébété de son amie.

- Merci, c'est vrai que j'avais la tête ailleurs...

- Il y a de quoi.

Il se dirigea vers la baie vitrée donnant sur l'Atrium du Ministère, regardant les petits personnages au niveau du forum se déplacer plus ou moins vivement sur le sol recouvert de marbre noir. Tout en fixant la population se mouvoir en bas, il demanda à Hermione de lui raconter toutes ses aventures de la veille. Avec l'oreille attentive, il imagina les situations auxquelles elle avait dû faire face : sa gêne lorsqu'elle l'avait percuté de plein fouet, son soulagement quand ils eurent été boire un café, leur petite balade au parc, ses propos déplacés au banc, et tout ce qui était lié de près ou de loin au récit de la jeune femme. L'histoire fut brève, mais assez éloquente pour que Harry trouve les mots adéquats.

- Techniquement, il n'a pas laissé supposer que tu lui plaisais. Ne te fais pas trop de films tant que tu n'as pas d'indice sur ses intentions, Mione, lui conseilla-t-il sagement. C'est peut-être un nouveau Malefoy, mais celui que j'ai connu était un véritable petit con.

- Peut-être. Harry, je me sens affreusement mal... Par rapport à Ron. C'est... Ça restera mon premier amour, je ne peux pas le sortir de ma tête en un claquement de doigt.

Harry ne répondit pas. Il se tourna vers son amie, qui décrypta ses pensées comme si peu de personnes autour de lui étaient capables de le faire. La mine subitement déconfite de Hermione lui indiqua qu'elle venait de découvrir ce qu'il avait tenté de dissimuler – ou non. Au fond, il voulait qu'elle sache ce qu'il se passait, sous ses yeux, mais derrière son dos en même temps, se sentant mal de jouer les murs de prison auprès de sa meilleure amie.

- Attends... Qu'est-ce qui se passe ?

- Hermione...

- Harry !

La brunette se leva soudainement de son fauteuil, faisant face à son meilleur ami, les jambes tremblantes sous l'effet de la surprise.

- Franchement, ne déconne pas avec ça, Harry !

- Je me suis déjà payé ta tronche, Mione ? lui demanda-t-il, à moitié étonné de la réaction de son amie, qu'il avait, au fond, redouté.

- Non, Harry... Putain, dis moi que c'est pas vrai.

- Mione, Ron a retrouvé quelqu'un. Tu n'as pas remarqué qu'il venait de moins en moins aux repas à la maison ?

Elle leva les yeux au ciel pour ne pas pleurer à nouveau, retenant les larmes qui menaçaient de couleur encore. C'était une véritable fontaine, aujourd'hui, mais apprendre que son ancien petit-ami, qui n'est autre que son premier amour, son premier tout court sur d'autres aspects de sa vie personnelle et sentimentale, était une véritable claque. Il s'était remis rapidement de leur rupture et elle était toujours « mariée » à son travail. Elle n'arrivait pas à l'imprimer dans son crâne, l'idée lui semblant surréaliste à l'instant présent. Elle prit une grande inspiration, la bloqua quelques secondes dans sa gorge avant d'expirer, pour calmer l'angoisse qui faisait battre de plus en plus vite son cœur.

- J'aurais préféré qu'il te le dise de lui-même, mais il ne voulait pas te blesser, Hermione, expliqua Harry, sans doute pour justifier ses dires. Même Ginny a tenté de le convaincre mais il n'a rien voulu entendre. Il t'apprécie encore énormément mais il ne savait pas comment tu allais réagir si tu l'apprenais...

- Je comprends... un peu. Harry, je sais que j'ai vraiment merdé quelque part, mais il n'a pas l'air d'avoir voulu perdre son temps, soupira Hermione, vexée dans son ego.

- Tu le connais aussi bien que moi, Mione.

- Je n'en suis plus si sûre... admit Hermione en se rasseyant lentement.

Harry tapota affectueusement l'épaule de sa meilleure amie et lui ébouriffa les cheveux avant de se diriger vers la porte d'entrée du bureau, ses yeux se posant sur les objets ici et là de la pièce.

- Essaie de voir si le courant passe réellement avec Malefoy. Tu devrais t'amuser, tu as assez pleuré ces dernières années, lui recommanda le jeune homme.

- J'ai même plus envie d'y penser.

Il lança une dernière oeillade à sa meilleure amie, aucunement stupéfait par l'intonation que sa voix avait pris pour lui dire ce qu'elle avait sur le cœur. Hermione pencha derechef sa tête dans son dossier, rassemblant les papiers en évitant soigneusement le regard de son ami, qui ouvrit la porte et s'enfonça dans les longs et périlleux couloirs du Ministère de la Magie en la refermant docilement derrière lui.

Hermione rageait intérieurement. « Quel enfoiré ! Tes putains de promesses foireuses... Ronald Weasley ! ». Il fallait qu'elle se concentre ou elle perdrait une journée dans l'organisation de ses tâches administratives à ruminer tous les souvenirs qu'elle avait concrétisé dans le passé avec Ron. Il lui manquait par moments, mais cela ne risquait plus d'arriver souvent avec ce qu'elle venait d'apprendre. D'une autre bouche que la sienne, d'ailleurs.

Une note de service se déposa sur son bureau dans un petit bruissement de papier et elle s'en saisit, la déplia et y lut l'écriture raffinée apposée dessus :

« Il paraît que les Sombrals suédois n'ont pas de piste. Je peux m'en occuper, contre une autre tournée de café, au Ricaneur Gallois. Rendez-vous à dix-sept heures, Granger.

Drago Malefoy, l'intrépide. »