Bonjour/Bonsoir !

Comme promis, nous sommes le 1er décembre, donc voilà le chapitre 3 du Lien du bonheur ! Pour des raisons de manque d'organisation flagrante, le chapitre n'a pas pu sortir le mois précédent, je m'atèle donc à prendre un maximum d'avance pour que cela n'arrive plus.

Je posterais très certainement le chapitre 4 un peu avant ou un peu après le 1er janvier car je ne suis pas chez moi pour le réveillon de la nouvelle année.

Dans tout les cas pour vous faire patienter jusqu'au prochain chapitre, vous avez toujours mon -magnifique- calendrier de l'avent, un OS de Noël dans le cadre d'un défis sur le forum français de MHA et quelques OS qui sont en cours d'écriture mais qui ne devraient pas tarder.

Sans plus attendre : le chapitre 3 !

! Les personnages et l'univers de MHA ne m'appartiennent pas !

! Les parents de Shinso et la maman de Neito sont des OC personnels !

! Un grand merci à Lola pour son travail de bêta !


Neito avait un mal de crâne horrible. Heureusement qu'il avait pu utiliser l'individualité de son coéquipier pour se protéger un minimum. Sans sa montre fonctionnelle, il ne pouvait pas savoir combien de temps exactement il lui restait avant la fin de sa copie. Alors, quand Neito cru percevoir des voix, il poussa de toutes ses forces sur les décombre au-dessus de lui en utilisant l'individualité de Kirishima.

« Monoma putain qu'est-ce que tu fous là ! »

Bakugo, tout comme Midoriya et Shinso, se trouvait à quelques mètres de lui. Son visage était déformé par une grimace de colère mal contenue. Mais les deux autres semblaient plus inquiets qu'autre chose.

« Qu'est-ce que j'ai encore fais, monsieur le génie de la classe A ! » Pesta Neito en sortant des décombres. « Si l'autre crétin de votre classe n'avait pas activé son alter sans réfléchir tout ça ne serait pas arrivé. Comment votre classe peut-elle être considérée comme meilleure quand on voit les erreurs de débutants que vous faites !

- Ne me parle pas comme ça ! »

Bakugo s'approcha à grand pas de Neito. Midoriya s'avança lui aussi, prêt à stopper son camarade de classe mais Shinso l'en empêcha.

« Laisse-les régler ça à deux.

- Mais ça nous concerne aussi et-

- Oui, mais ils sont tous les deux sur les nerfs. Tant qu'ils ne seront pas calmés ça ne servira à rien d'intervenir. Surveillons simplement qu'ils ne s'entretuent pas. »

Izuku hocha la tête avec dépit. Bakugo venait d'atteindre Neito. Les deux garçons faisaient la même taille mais le blond de la classe B était surélevé par rapport à l'autre, le toisant d'un regard mauvais.

« Je te parle comme je veux Bakugo. Tu n'es au-dessus de personne ici. »

L'expression de Neito se fit plus moqueuse alors qu'il sentait la colère de Bakugo monter en lui à une vitesse fulgurante. Il l'avait mis sacrément en rogne et Izuku craignait que le pire n'arrive s'ils n'agissaient pas.

L'adolescent aux cheveux vert glissa un regard à Shinso. Celui-ci avait la mâchoire serrée et le regard sombre. Les émotions de Bakugo agissaient aussi sur lui et Midoriya ne savait pas comment réagir si Shinso venait à perdre le contrôle. Il ne l'avait jamais vraiment vu en colère après tout. Un peu sur la fin de leur match mais il avait su rester maître de lui.

Bakugo utilisa son alter pour tirer dans les débris. Neito perdit l'équilibre et tomba en avant, se retrouvant presque nez-à-nez avec l'autre blond.

Dans un réflexe, il posa une main sur l'épaule dénudée du garçon. Un léger picotement remonta le long de son bras, signe qu'il copiait l'alter de Bakugo.

« Ne me touche pas putain ! » Hurla Bakugo avant de se dégager.

A peine eu-t-il le temps de faire un pas de côté que la main de Neito remontait déjà vers lui, créant une explosion sonore. Avec la colère de Bakugo, mélangée à la peur qu'il avait ressentie et son agacement de le voir se mêler de ce qui ne le regardait pas, Neito n'avait que faire de savoir si ses agissements étaient potentiellement dangereux.

Bakugo sauta en arrière pour éviter le coup porté. Avec les nombreux entraînements en communs qu'ils avaient eu, il comprenait la manière de réfléchir de Neito et pouvait en partie deviner ce qu'il aller faire.

Mais comme il semblait peu maître de lui-même, Bakugo restait sur ses gardes, s'attendant à toutes les possibilités venant de l'esprit tordu de son rival.

Neito s'avança à nouveau, prêt à attaquer.

« On devrait peut-être agir maintenant ! » demanda Izuku d'une voix sèche à cause de la colère.

Décidément, c'était une émotion qui ne lui allait vraiment pas. Mais Shinso n'en tint pas compte, il héla Neito qui se retourna brusquement sur lui. Vraiment, c'était quoi cette façon de ne pas réfléchir avant d'agir lorsque l'on est en colère ?

Shinso bloqua donc le blond de sa classe puis soupira longuement.

« Tu devrais te calmer aussi Bakugo. »

Mais Bakugo n'avait pas vraiment l'air de vouloir se calmer. Son visage était crispé dans une grimace contrariée mais on pouvait y voir quelques traces de leur inquiétude commune, maintenant diminuée.

Shinso relâcha son emprise sur Neito qui semblait ne rien comprendre à ce qu'il venait de se passer.

« Tu as pris le contrôle de mon esprit ?

- J'ai l'impression de ne faire que ça ces derniers temps. Quand est-ce que vous allez comprendre que vos agissements ont des conséquences sur les autres ? »

Izuku était resté en retrait. La colère qui ressentait avait fortement diminuée et était passée au second plan.

« Je comprends que l'on soit tous un peu sur les nerfs. Ce lien n'est pas facile à gérer ni à comprendre. Mais il faut que l'on fasse des efforts là-dessus parce que sinon les autres seront aussi affecté par nos sautes d'humeurs. » Izuku posa une main sous son menton alors qu'il entrait dans ses réflexions. « Cette fois-ci le lien nous a obligé à bouger à cause de la peur de Monoma. C'était vraiment étrange et-

- Je l'ai ressenti aussi. » Coupa Shinso en le voyant se perdre dans ses pensées.

Shinso posa un regard froid sur Bakugo qui se renfrognait.

« Vu ta réaction je suppose que c'est la même chose pour toi. »

Le garçon ne répondit pas, grognant simplement quelque chose qui devait vouloir dire « oui » en langage Katsuki.

« Vous êtes en train de me dire que vous vous êtes bougé jusqu'ici parce que vous aviez peur pour moi ? Oh mon dieu comme cela est pitoyable ! » Neito avait repris son habituel ton moqueur qui agaçait la plupart des gens- pour ne pas dire tout le monde- autour de lui.

« Ah ah ah ! Vraiment ! Quand je pense que vous auriez juste pu continuer l'exercice ! Ça vous ressemble bien ! Les braves héros ! Les meilleurs de votre classe, la petite élite ! » Neito continuait de déblatérer des paroles dénuées de sens, juste bonnes pour se moquer.

« Oh ne soit pas en colère Bakugo ! Tu sais que j'ai raison ! »

En effet, Bakugo avait froncé les sourcils mais pour une fois, ou peut-être parce qu'il n'avait pas envie que la situation ne dégénère à nouveau pour rien, il essayait de se contrôler un tant soit peu.

« Tu veux pas le faire taire nan ? » dit-il à Shinso sans prendre la peine de le regarder. « Il m'énerve tellement que je suis prêt à lui mettre une raclée pour être sûr qu'il ne l'ouvre pour le reste de sa vie. »

Shinso soupira, il avait une tête à régler tous les conflits ? Qu'ils se débrouillent un peu seuls et sans se taper dessus.

« Monoma ? » Demanda Izuku en s'approchant un peu.

Mais le blond ne l'écoutait pas, plongé dans une tirade mélodramatique comme lui seul en avait le secret.

« Monoma ce n'est pas le moment ! » S'agaça Izuku.

Le blond s'arrêta net, avant de couler un regard mauvais sur le garçon.

« Excuse-moi ? »

Bizarrement, lorsque Neito était sérieux ou en colère, il était loin de l'habituel élève agaçant qu'il était.

« J'ai… » Izuku pris une grande inspiration « J'ai dit que ce n'était pas le moment. Nous sommes là à nous disputer à cause de ce lien alors que d'autre sont sûrement encore sous les décombres ! Nous n'avons aucune idée de depuis combien de temps nous sommes ici mais les professeurs vont surement arriver d'une minute à l'autre et stopper l'entraînement. Nous devrions parler de tout ça au calme, ce soir. »

Et effectivement, quelques secondes plus tard la voix de Midnight annonçait la fin de l'exercice à cause de l'effondrement du bâtiment et que tous les élèves blessés devaient prendre la direction de l'infirmerie.

« Tu n'es pas blessé Monoma ?

- Bien sûr que non ! Tu me prends pour qui ?

- C'est… C'est juste parce que l'on a trouvé un bout de tissus appartenant à ton costume, et avec les éboulements tu aurais très bien pu être blessé.

- Et bien je ne le suis pas. Maintenant je vais partir loin de vous parce que l'idée de devoir vous supporter pour une conversation qui sera très certainement interminable me donne la nausée. »


Le soir même, Midoriya, Bakugo, Shinso et Neito se retrouvaient dans la pièce principale du dortoir de la classe B.

Midoriya, en personne contentieuse avait apporté de la nourriture. En voulant éviter au maximum les oreilles indiscrètes et n'ayant pas accès au bâtiment scolaire après dix-huit heure, ils avaient été obligé de se rabattre sur les dortoirs, pendant l'heure du dîner.

« Bon, il faut que l'on mette tout ça au clair avant que d'autres accidents ne se reproduisent. »

Izuku était assis dans le grand canapé, à côté de Shinso qui piochait du riz dans un petit bol qu'il tenait en main.

Bakugo et Neito étaient assis dans des fauteuils simples et ne s'étaient pas jeter un regard depuis qu'ils étaient tous les deux dans la même pièce.

« Il faut que l'on se mette d'accord sur le fait de tous faire des efforts pour contrôler nos émotions. »

Un lourd silence accueillit les paroles d'Izuku.

« Je suis d'accord avec toi. Tout le monde doit faire des efforts. » Shinso jeta un regard aux deux blonds. « Mais il ne faut oublier l'événement de ce matin.

- Oui ! D'ailleurs en parlant de ça, j'ai réussi à obtenir le numéro de l'homme qui est à l'origine de notre lien. »

Midoriya se redressa, tandis qu'il captait l'attention de tout le monde.

« Ça n'a pas été facile de trouver son numéro mais bref. Il m'a expliqué pour l'accident de ce matin. En fait le lien nous pousse à passer du temps avec les autres liés et à devoir rester proche d'eux. Une trop grande distance physique entre nous pourrait avoir de très graves conséquences.

- Et donc ? » Le pressa Neito qui pianotait sur l'accoudoir du fauteuil. « C'est quoi ces « conséquences » ?

- J'allais y venir. » Repris Izuku sans prendre attention au ton désobligeant de Neito. « En fonction de l'intensité du lien et des personnes liées, elles sont très différentes. Cela peut aller du simple manque à un besoin presque vital de retrouver les autres. Quand je lui aie expliqué ce qu'il s'était passé aujourd'hui, il m'a dit que l'on risquait de ne pas bien supporté la distance.

- Et pour l'événement de ce matin ? » Demanda Shinso. « Il t'as dit quelque chose ? »

Izuku hocha vivement la tête.

« Oui ! Il m'a expliqué que cela venait de la peur qu'avait dû ressentir Monoma. Le lien réagit à certaines émotions fortes comme la peur, la joie ou la colère. Nous les ressentons de manière exacerbée. Pour la peur c'est un peu différent, le lien traite cette émotion comme quelque chose d'urgent, car cela pourrait dire que l'un des liés est potentiellement en danger. Plus le lien et fort et plus il nous poussera à agir vite.

- Il se baserait donc en partie sur l'instinct de survie ?

- Non, plutôt sur un besoin de protection. Il nous fait ressentir les émotions de tout le monde. Il nous considère comme une seule et même personne en quelque sorte.

- C'est stupide ! » Grogna Bakugo dans le fond de son siège. « Donc pendant un an va falloir qu'on évite de trop se séparer ? Et on va faire comment pour les stages du mois de septembre hein !

- O-On réfléchira à cela le moment venu Kacchan. Le… Monsieur Rinkumasu m'a expliqué que dans certains cas le lien s'affaiblissait avec le temps. »

Katsuki marmonna un « j'espère bien », alors que quelque chose retenait l'attention des deux autres.

« Et dans les autres cas ? » Demanda Neito « Il y'a des possibilités que ça s'aggrave ? »

Midoriya hésita quelques instants avant d'hocher la tête.

« Ce sont des cas très rares, ce n'est arrivé qu'une ou deux fois que le lien se renforce. C'est parce que les liés développaient une autre relation que celle de base. Au plus nous agirons en accord avec le lien et au plus nous avons de chances que celui-ci s'amoindrisse. »

Shinso piocha à nouveau un peu de riz avant de soupirer.

« Donc il suffit juste de se contrôler et d'éviter de trop s'éloigner ? » Demanda Neito avant de prendre un morceau de poisson. « Ça n'a pas l'air si compliqué que ça. »

Shinso arqua un sourcil l'air de dire « tu te fous de qui là ? » mais le blond l'ignora royalement. S'il devait simplement éviter de paniquer et de rester à proximité des trois autres, c'était faisable. Enfin, tant qu'il ne voyait pas la tête de Bakugo et Midoriya.

« Bon » Termina Neito « Je pense qu'on a finis maintenant ? Du coup je vais y aller. Je suppose que vous débarrasserez tout en partant.

- Parce que c'est trop compliqué pour toi de nettoyer tes crasses ? »

L'adolescent aux cheveux violet marmonna un « Et c'est reparti » tandis que Midoriya se levait déjà pour s'interposer entre les deux garçons.

« Tu ne devrais pas t'énerver ainsi Bakugo. C'est pas bon pour le cœur. »

Katsuki fronça les sourcils mais Midoriya le devança.

« Monoma. Range tes affaires d'abord. S-S'il te plait. »

Le blond ricana mais ramassa quand même ses affaires.

" Et voilà maman."

Izuku serra les poings, les joues rouges. Ce n'étais pas le moment de s'énerver alors il se devait de rester calme. Pourtant il sentait pointer l'agacement en lui. Les autres garçons n'avaient pas l'air de vouloir gérer ce qu'ils ressentaient malgré leur conversation.

Neito sortit donc du bâtiment en claquant la porte. Il voulait s'enfermer dans sa chambre et rester loin des trois imbéciles avec qui il se retrouvait lié, pas devoir faire un détour par le réfectoire, croisé des personnes toute plus agaçantes les unes que les autres pour y déposer son putain de plateau vide.

Il savait que son comportement aurait des répercussions sur Bakugo, Midoriya et Shinso, mais avec tout ce qui lui tombait sur la tête ces derniers jours, ils étaient le cadet de ses soucis.

Il croisa Pony en chemin, la jeune fille était accompagnée de quelques personne de la classe dont Tetsutetsu et Kendo. Cette dernière lui offrit un grand sourire même si son regard restait inquiet. L'événement du matin avaient un peu- pour ne pas dire beaucoup- mis la pagaille. Certains étudiants se posaient des questions sur le comportement étrange qu'avaient eu Bakugo, Midoriya et Shinso, il fallait dire que c'était assez inhabituel. Et Kendo avait été aux premières loges pour assister au changement d'humeur soudain de deux d'entre eux.

Alors Monoma hocha simplement la tête, levant deux doigts en V avec son habituel faux sourire sur le visage. Il se devait de rassurer aux maximum ses amis, et de les tenir le plus loin possible de toute cette histoire de lien. Déjà parce que Tetsutetsu était incapable de tenir sa langue et qu'en deux jours tout Yuei serait au courant, mais aussi pour éviter la compassion de Kendo et Pony qui avaient la mauvaise manie de s'occuper de lui comme des sœurs s'occupaient d'un frère un peu trop turbulent. Et surtout, surtout, parce qu'il voulait les tenir loin des emmerdes que cela allait leur apporter.

Il fonça vers le réfectoire. Les gens le regardaient du coin de l'œil et il avait envie de les envoyer en enfer. Il sentait la colère de Bakugo dans le fond de son estomac, il devait se contrôler s'il ne voulait pas balancer son plateau à la figure du prochain qui le regardait bizarrement. C'était quoi leur foutu problème ? Il avait du riz sur la joue ou quoi ? A moins que l'incident du terrain d'entraînement aie déjà fait le tour des élèves, ce qui était assez probable mais étrangement déroutant. En étant de la classe B, il avait pris l'habitude d'être dans l'ombre des étudiants comme Bakugo, Todoroki et Midoriya. Même s'il voulait se faire remarquer à tout prix, il savait que les gens oubliaient son prénom dès qu'il tournait dans le prochain couloir. C'était l'une de ces horribles vérités dont on ne pouvait pas se défaire.

Il donna son plateau à l'une des cuisinières, son sourire hypocrite toujours plaqué sur le visage, avant de quitter au plus vite le bâtiment central. Il devait faire appel à toute sa volonté pour ne pas copier un alter de vitesse et foncer dans sa chambre.

En entrant dans son dortoir, il croisa Izuku et Katsuki qui en sortaient. L'adolescent aux cheveux vert détourna le regard tandis que l'autre le regardait droit dans les yeux, sourcils froncés.

"Un problème Bakugo ?

- Monoma… S'il te plait."

Midoriya essayait d'avoir une voix ferme mais ce n'était pas un grand succès. Derrière lui, Bakugo gardait un visage neutre, là où Neito aurait pensé le voir sourire de manière narquoise. C'était … étrange. Comme si le voile qu'il avait devant les yeux concernant Bakugo devenait un peu plus fin. Le blond de la classe A finit par tourner les talons, son plateau en mains, pour rejoindre le bâtiment que Neito avait précédemment quitté.

Monoma le suivis un peu du regard, sans se douter que Midoriya le fixait. Puis il secoua la tête et entra dans son dortoir sans un regard de plus pour le garçon avait qui il se retrouvait lié.


Bakugo grogna en frappant un peu trop fort le sac devant lui. Plusieurs jours étaient passés depuis la formation de leur lien et même si tout le monde faisait plus ou moins d'efforts pour éviter qu'ils s'entretuent, Katsuki continuait de se mettre en colère pour la moindre petite chose. Il était à fleur de peau, il jonglait entre le stress constant de ce nerd de Deku et l'agacement perpétuel de ce connard de Neito.

Alors il profitait de son samedi pour s'enfermer dans l'une des salles de sport de l'école. Midoriya, ainsi qu'une bonne partie des élèves de sa classe, était rentré chez lui et il pouvait ainsi être tranquille. Il ne savait pas ce qu'il en était de la classe B, mais il n'avait pas vraiment envie d'y penser.

Ils avaient eu une longue discussion avec les professeurs au sujet des récent évènements. Ils avaient été questionnés et les professeurs avaient dû prendre certaines mesures. Il se rappelait que Neito n'avait plus le droit de rentrer chez lui les weekends car il vivait trop loin de l'école et que cela pourrait avoir de mauvaises conséquences sur eux.

La réunion avait viré au psychodrame en quelques secondes. Monoma s'était redressé et avait presque hurler. Il s'était plaint comme un enfant capricieux à qui on ne voulait pas donner une glace. Bakugo avait eu envie de lui en coller une pour le faire taire. Mais bien sûr, sa colère combinée au mélange d'émotions négatives que ressentait déjà Monoma n'avait fait qu'empirer la situation.

Katsuki frappa plus fort dans le sac, grimaçant sous la douleur mais ne s'arrêtant pas pour autant.

Les professeurs leur avaient demandé d'en parler avec leurs parents. Qu'une réunion avec le directeur serait bientôt prévue pour leur expliquer la situation. Ils étaient donc invités à aborder le sujet avec eux s'ils le souhaitaient.

"Quelle connerie" Marmonna le blond en cognant toujours plus fort, ses poings chauffant de plus en plus.

Il se voyait déjà dire à ses parents qu'ils se retrouvait lié à un nerd, un connard et un type vide d'émotion. Quelle situation horrible ! Il entendait déjà sa mère lui dire que ça le rendrait "plus mature et apte à travailler en équipe." Ça le faisait juste chier au plus haut po-

"Eh bah, si ça c'est une surprise !"

Le muscles de Bakugo se raidirent à l'entende de la voix de Monoma.

"Moi qui espérais m'entraîner seul ! Je me retrouve avec l'élite de la filière héroïque. Quelle joie !"

L'ironie remplissait le ton de Neito, ses yeux gris reflétant son orgueil habituel. C'était fou comment les yeux du blond pouvaient devenir glacials lorsqu'ils se posaient sur un élève de la classe A. Bakugo ne savait même pas pourquoi il avait remarqué ce changement. Il savait juste que ces derniers jours, il devenait plus conscient de la présence des trois garçons avec qui il se retrouvait lié. Et ça aussi ça le faisait chier.

"Je vais pas me barrer pour toi, fais ce que t'as à faire et laisse moi."

Katsuki essuya un peu la sueur sur son visage avec le bas de son t-shirt. Inconsciemment, le regard de Neito suivis son geste et quand il s'en rendit compte, l'élève de la classe B fit volte-face pour aller chercher des haltères.

Bakugo ne comprit pas ce qu'il venait de se passer, mais il retourna sur son sac de frappe. Ce n'était pas Monoma qui allait l'empêcher de se défouler.

Ils s'entraînèrent ainsi de longues minutes, en silence, chacun d'un côté de la salle, jusqu'à ce que Neito brise le silence.

"Ça fait longtemps que tu t'entraînes comme ça ?"

Bakugo lui jeta un regard en coin, continuant ses coups. Monoma ne le regardait pas, Debout, occuper à soulever des poids. Il grogna un peu.

"Ouais. J'avais commencé un peu avant le lycée. Pour ?"

Neito mit plusieurs secondes avant de répondre. Il déposa ses haltères et bu un peu d'eau.

"Comme ça. Histoire de faire la conversation."

Katsuki grimaça un peu. Kirishima avait la même habitude de vouloir parler lors de leurs séances.

"Et donc tu poses des questions à la con pour faire la conversation toi.

- Calme toi Katsu-chan."

Le dit "Katsu-chan" s'étrangla avec sa salive.

"Tu m'as appelé comment connard !"

Mais Neito éclata simplement de rire. Voir le visage de Bakugo déformé par la colère que provoquait un simple surnom. C'était hilarant.

"Donc Midoriya peut te donner des surnoms débiles mais pas les autres ?

- Qu'est ce que ce nerd vient faire dans la discussion putain ?

- Pas grand-chose. Je pensais que ce serait plus "intéressant" vu que les questions sur ton entraînement de te plaisent pas."

Bakugo avait envie de le cogner. Ce type était insupportable et vu son sourire satisfait, il avait obtenu ce qu'il voulait.

"Tu fais chier."

Et Katsuki se détourna pour l'ignorer.

"T'es pas drôle !"

La voix de Monoma se rapprochait de lui.

"J'étais sérieux en plus pour ton entraînement. Ton alter te permet de te battre à distance donc c'est étrange de te voir travailler sur du corps à corps.

- Je frappe dans un sac, c'est pas du corps à corps.

- Ouais mais-

- Et puis si tu te retrouves face à quelqu'un comme Kirishima ou le gars de ta classe qui a le même type d'alter, tu es obligé d'y aller en corps à corps. Mais vu comment t'es taillé tu dois pas vraiment t'entrainer à ce genre de truc."

Bakugo sentit que Neito était vexé, une sorte de pincement désagréable et comme une petite voix qui soufflait des remarques négatives dans sa tête.

"En même temps la seule personne qui aurait pu m'entraîner c'est Tetsu, et c'était une catastrophe.

- T'es une catastrophe." Marmonna Bakugo en massant ses mains douloureuses.

Neito pris une moue vexée très exagérée, rappelant à Katsuki les manières de Denki.

"Essaie de m'entrainer et on verra si je suis tant une catastrophe que ça !"

Le blond de la classe A arqua un sourcil, un sourire féroce aux lèvres.

"Si c'est dit si gentiment."

Bakugo décrocha son sac de frappe pour aller le ranger, tout en faisant signe à Monoma de le suivre.

"Qu'est ce qu'on va faire ?

- Je vais t'entrainer."

Katsuki attrapa deux gants de frappe. En entrant dans l'un des cercles dessinés sur le sol dans la zone d'entraînement pour le combat de la salle. Ignorant le sentiment de surprise qui l'envahissait. Il n'y avait pas vraiment fait attention, mais depuis que Neito était arrivé dans la salle d'entrainement, il ne ressentait plus les vagues émotions de Deku et de Shinso, comme si le blond avait totalement éclipsé les deux autres.

"Je ne vais pas frapper sur un sac ?

- Nan je vais t'apprendre à esquiver les coups et viser pour frapper.

- De la boxe quoi.

- Pas vraiment. Maintenant frappe."

Bakugo leva les gants et Neito se plaça pour frapper. Il serra les poings et un envoya un vers son rival. Une fois, deux fois, trois fois. Avant que l'autre ne ricane.

"Frappe plus fort, je parie que ta copine blonde à plus de force que toi."

Alors Monoma y mit plus de force mais Katsuki continuait de le pousser. Il frappait mal, esquivait avec facilité mais n'avait pas les bons réflexes pour attaquer. Après plusieurs minutes à s'acharner, Bakugo stoppa tout.

"T'es même pas foutu de cogner correctement. On aurait peut-être dû commencer par les sacs de frappes en effet.

- Je te l'avais dit !

- T'avais rien dit ouais !"

Katsuki jeta ses gants au sol avant de se rediriger vers les sacs.

" Ramène-toi ! Tu crois quand même pas que je vais porter ton sac pour toi bouffon !

- M'appelle pas bouffon ! Et arrête de faire ta putain de princesse insatisfaite. C'est à se demander comment ton pote aux cheveux rouge arrive à te supporter.

- La ferme putain !

- Toi la ferme !"

La colère montait à une vitesse folle. Les mains de Bakugo émettaient un léger crépitement alors que Monoma restait sur la défensive, les sourcils froncés.

"Je crois que je vais rentrer dans mon dortoir. Si on se bat maintenant ça va juste nous retomber dessus et j'ai pas envie de choper des retenues pour un crétin dans ton genre.

- Fais comme tu veux Monoma. C'est pas mon problème."

Alors Neito passa à côté de Bakugo pour s'en aller, mais se stoppa quelques pas plus loin.

"Tu sais quoi ? J'en aie rien à foutre de ta colère à deux balle. T'as dit que t'allais m'entraîner alors je veux que tu termines au moins pour aujourd'hui. Après je m'en fou, fais ce que tu veux je demanderais à Tetsutetsu de m'aider."

Bakugo soupira. C'était quoi ça pour une tête de mule ? Mais il n'avait pas envie de perdre du temps avec des disputes stupides. Alors il allait juste le foutre devant un sac de frappe puis cogner le sien à côté et oublier toute cette conversation.

Katsuki se pris un sac, tout comme Monoma, et ils l'accrochèrent. Ensuite Bakugo donna des protections à l'autre blond et mis les siennes.

"Tu dois frapper comme ça."

Katsuki attrapa la main de Neito qui se laissa faire.

" Fais attention à comment tu te places et à comment tu frappes."

Hochement de tête.

"Si t'as un problème je cogne juste à côté."

Nouveau hochement de tête. Une veine pulsait contre la tempe de Katsuki. Il ne savait pas répondre ce con?

"M'appelle pas toute les trois secondes, je suis pas ton daron non plus."

Mais Bakugo garda quand même un œil sur Neito qui se défoulait sur son sac. Ses cheveux blonds collaient à son front et son t-shirt blanc commençait à laisser entrevoir sa peau à cause de la sueur qui imbibait le tissus.

"Pas comme ça crétin."

Bakugo attrapa au vol la main de Neito alors que leur regard s'accrochait.

"Ça fait vingt minutes que je cogne comme ça et tu dis rien.

- Tu dois placer tes doigts ainsi et ton mouvement doit être plus rapide. Comme ça"

En tenant la main de Neito, Bakugo exécuta le geste.

"Okay j'ai compris"

Au loin, une sonnerie se fit entendre.

"Ah c'est mon alarme ! Je dois y aller."

Neito décrocha rapidement son sac de frappe et le rangeant, avant d'enlever ses protections.

Bakugo resta planté, ses yeux rouge le suivant à travers la pièce. Neito plaça son sac sur le dos et coupa l'alarme de son portable. Mais avant de quitter la pièce il dit avec son habituel sourire hautain.

"Maintenant je compte sur toi pour m'entraîner tous les weekends sans exception."

Puis il claqua la porte sans attendre la réponse de Bakugo qui ne savait pas s'il s'en foutait où s'il voulait le frapper. Il se rappelait juste de la sensation de la peau de l'autre sous ses doigts, de ses cheveux blonds collé à son front et masquant en partie son regard gris.

Mais bordel qu'est ce qui lui arrivait ?