Hallo Leute !Ici KLR !

Si j'étais Bill, je dirais même « Bonjour tout le monde » avec un accent délicieux, mais voyons les choses en face, je ne suis ni allemande, ni gâtée par la nature qui ne m'a pas offert un jumeau non moins délicieux que son accent.

Concernant les reviews, mille fois merci, je les ai beaucoup appréciées !;-)

Donc, si je comprends bien l'humeur général, vous êtes énervées, voir frustrées (et c'était le but ! (si je savais faire les smileys, je vous en ferais un vous tirant la langue, mais devant mon manque de connaissances, vous échappez au smiley mais pas à mon annonce catastrophique !;-) ).

Alors laissez-moi vous dire que vous n'êtes pas au bout de votre frustration (nous n'en sommes qu'au cinquième chapitre, je ne vais quand même pas les laisser s'en tirer comme cela, vous me prenez pour qui ?;-) )! Mais vous allez vous en rendre compte vous même…

Enjoy ! (Vous avez remarqué ? Je fais des efforts et tente de ne pas parler dans mon langage rotien allemanisant pas toujours compréhensible (mais je vous concède qu'il y a des fois où mon français n'est pas non plus des plus simples (ou des plus français !) pour faire preuve d'égalité et parler (le grand mot !) anglais ! Bon, je vous laisse lire ;-))


Partie 5 : Egoïstement amoureux

Ce n'est pas un vrai baiser. Juste un frôlement entêtant.

Je n'ai pas besoin de plus pour avoir le cœur près à exploser. Je veux juste cela. Pourtant, je sais que si la pression devenait plus ferme, que si sa bouche se faisait plus demandeuse, sa langue plus vorace, j'aurais l'exacte même sensation. Celle d'être exactement à ma place et de ne vouloir rien de plus. Quoi qu'il fasse, je ne voudrais pas en avoir plus, pas en avoir moins.

Mais nous restons là, nous touchant légèrement avec cette explosion commune à l'intérieur de notre corps, de notre tête.

Ses mains me pressent encore plus contre lui. Autant nos bouches ne font que s'apprivoiser en un contact aussi léger que fragile, autant mon corps se fait impatient contre le sien, se collant, s'enroulant autour du sien.

Il n'y a aucune hâte. Juste un mouvement sensuel de nos corps qui se meuvent comme si le corps si similaire n'était pas assez présent contre lui.

Ses mains remontent vers ma nuque. Elles sont lourdes, elles me marquent au passage, me donnent l'envie absolue de m'écraser contre sa bouche, mais je ne fais rien. Je ressens juste le goût de Tom, j'aspire son souffle qui devient désespérément erratique.

Enfin ses doigts arrivent à ma nuque, mais au moment de me presser contre lui, permettant ainsi transformer le tâtonnement en véritable baiser, il se fige. Sans quitter ma bouche, il feule

« Putain Bill… »

Il s'écarte de moi, avec difficulté mais urgence. Ses bras me quittent, sa peau me délaisse, sa bouche m'est enlevée. Il me tourne le dos, se lève du lit avec raideur alors que je suis incapable du moindre mouvement et il se précipite sur son tee-shirt. Alors qu'il le remet je vois qu'il tremble. Ses gestes sont maladroits, gauches et malheureux.

Sans oser me regarder, il sort de la chambre, manquant de s'écrouler à chaque pas.

Je reste couché, sous le choc.

Sous le choc d'avoir autant aimé.

J'ai bien conscience que le fait qu'il s'agissait tout de même d'une parodie de baiser avec mon frère jumeau devrait m'affoler, me tétaniser, me faire venir le rouge aux joues, mais je n'y arrive. En soit, il faut dire que je ne fais pas beaucoup d'efforts pour arriver à un tel état d'esprit…

Pour moi, c'est dans la logique de mes pensées pour lui.

L'unique question qui me perturbe un peu est de savoir si tous les autres jumeaux éprouvent un tel besoin, un tel élan de possessivité presque passionnel pour son double. Mais au fond, plus je réfléchis, plus je me rends compte que cela m'est complètement égal. Ce qui m'importe c'est mon état actuel. Et lui.

Lui plus que tout.

Je me remémore les mots que je lui ai prononcés avant que nos lèvres entrent en contact.

« Parce que toi je t'aime. »

Sur le moment, je n'ai pas vraiment réfléchi à l'implication profonde de ma déclaration, elle exprimait juste une vérité naturelle que je ne me voyais pas cacher. Peut-être qu'il est parti par leur faute, à ces six petits mots…

Peut-être qu'il les a pris pour ceux qu'on souffle à son âme sœur au lieu de ceux qu'on avoue à son jumeau… Mais pour moi, ces deux concepts sont tellement proches que je ne parviendrais même pas à les différencier.

Qu'est-ce que cela signifie ? Que je suis amoureux de mon propre frère ?

Je plisse les lèvres et me redresse sur mon lit, un peu perdu au milieu de toutes ces pensées, moi qui n'ai jamais eu à réfléchir sur ma façon d'aimer Tom.

Je me mets machinalement à la recherche de mon portable pour savoir qui m'a envoyé le message.

De toute façon, qu'est-ce que cela signifie être amoureux ? Vouloir rester pour toujours auprès de la personne pour qui bat notre cœur ?

Mon cœur s'accélère toujours à sa vue, et cela depuis notre enfance. Quant à vouloir rester avec lui, ce n'est même plus une question, c'est ce que je désire depuis qu'on nous a séparés à la naissance pour nous mettre dans deux berceaux séparés.

Bon sang, où ai-je bien pu mettre ce téléphone !

Être amoureux, c'est vouloir toujours être en contact, toucher, embrasser non?

Là encore, je ne me souviens même pas d'un temps où j'ai tenté de rejeter les bras de mon frère, où je n'ai pas été hypnotisé par ses mouvements, où j'ai été dégoûté par sa peau chaude et vivante sous mes doigts.

Je l'ai embrassé tout à l'heure…

Pas d'un baiser d'amant, mais ce frôlement était bien loin de toute notion de fraternité.

Et au moment où je mets la main sur mon portable, je comprends enfin.

Je suis amoureux. Depuis toujours.

Et cela ne me fait rien. Je ne suis ne choqué, ni dégoûté.

Amoureux. Et alors…? Ma façon de l'aimer a toujours été la même, mes peines ne changeront pas, mes attentes non plus. J'ai toujours vécu avec la possessivité, la rage de le voir s'éloigner, la tristesse de devoir le partager. Être amoureux est un sentiment bien proche d'aimer, je pense…

Mais aimer est plus profond. Être amoureux est un état, un état qu'on ne choisit pas, on le subit, à tort ou à raison. Être amoureux est changeant, hésitant, incertain. Cette marque qui se rajoute détourne le sentiment de sa valeur première, ce « eux » est de trop, il dilue les sentiments, leur ôte leur éclat, les ternit.

Aimer naît de notre propre volonté.

Chaque personne en tant que sujet prend la décision qu'il sait dangereuse et blessante. Aimer est un verbe qui sort de nos entrailles, on ne peut pas l'étouffer, c'est net, immédiat, irrémédiable.

Définitif

Alors la différence est vite vue. Je mérite sûrement l'appellation d'amoureux, mais la vérité est que je l'aime, sans conditions.

Pourquoi devrais-je avoir peur d'un mot qui n'exprime pas un tiers de ce que je ressens ? Je n'ai jamais été effrayé par les mots, je ne fais que jouer avec eux. Jouer pour amuser, jouer pour faire pâmer de plaisir, jouer pour aimer…

Et je devrais me sentir honteux d'ajouter amoureux à cette liste si longue d'émotions associées à mon jumeau ? Quel drôle de monde où l'on doit camoufler sous une bonne dose d'hypocrisie et de cynique ce qui fait tant de bien !

Je suis hypocrite. Fourbe. Faux. Dissimulateur.

Dois-je le rester avec lui ?

Si les autres considèrent que je suis monstrueux, repoussant, malsain, dérangé, alors je jouerai. Ne vivons-nous pas dans un monde qui n'accepte que le beau, le superficiel, le correct ? Je ris quand je pense à quel point ils me supplient de leur ouvrir mon cœur en pensant que je n'ai que de la perfection à leur offrir, quand ils mourraient pour un élément de mon existence, quand qu'ils seraient si choqués d'en connaître la nature exacte…

Qu'ils ne s'attendent pas à ma sincérité s'ils ne veulent voir que du parfait, s'ils ne peuvent supporter ce qui fait moi…

J'ouvre le message, il est de Georg.

« Je ne comprendrais jamais comment tu fais pour que Tom se fasse avoir à chaque fois, je suppose qu'il est venu te voir ( ?)

En tout cas, nous partons en boîte dans une demi-heure, on utilisera un taxi, si vous voulez nous rejoindre, rendez-vous dans le hall. »

Le message date de trois quart d'heure et j'ai la certitude que Tom est redescendu, ruminant et qu'il a dû les accompagner.

Je considère mon portable, pensif.

Puis, j'ouvre un nouveau message et l'envoie à Georg.

« Tom et moi nous sommes encore disputés…Enfin, pas comme les autres fois, cette fois c'était bizarre. Il est avec vous ? »

Je pose mon téléphone sur la table de chevet et me couche en attendant la réponse. Le chemin est long jusqu'à la discothèque où ils veulent aller et Georg est bien trop curieux pour résister.

Et ainsi, comme je l'avais prévu, le voyant de mon portable clignote. J'attends qu'il s'éteigne, puis me décide à le prendre en main

« Une nouvelle dispute ! Bon sang, mais qu'est-ce qui t'arrive aujourd'hui ?! En plus il tire une de ces têtes, ça devait être rudement virulent ! Comment ça se fait que vous vous soyez pas réconcilié ? »

J'ai à peine lu le message qu'un autre arrive.

« Non, en fait, la vraie question est comment Tom a pu supporter l'idée de passer au moins six longues heures loin de toi sans savoir que tu ne lui en veux plus ? »

Je pianote sur le rebord du lit, indécis sur le message à envoyer. Est-ce que Georg a le doit de savoir ?

« Je te l'ai dit, c'était bizarre. Il t'en a pas parlé ? »

Les messages s'ensuivent, avec une telle vitesse qu'elle me permet de ne pas réfléchir quant à la conduite à adopter.

« Tu crois que je vais me laisser avoir par tes pirouettes ? Je m'appelle pas Tom, Macky ! Et moi contrairement à certains qui me fusillent du regard, je n'hésiterais pas à te rentrer dans le chou si tu fais ta mauvaise tête ! »

Après tout, Georg a toujours su ma fascination pour Tom, je ne m'en cache pas.Et puis, ce n'est pas comme si quelque chose avait changé, je suis le même…

« J'en déduis qu'il ne t'a rien dit. Tom n'hésite pas à me rentrer dedans, la preuve, il fait la gueule ! »

Mais il y a maintenant entre nous une esquisse de baiser dont Tom a peur, il y a cette passion que je lui ai toujours porté qui lui éclate à la figure sans qu'il ne puisse fermer les yeux.

« Fiche toi de moi ! S'il fait la gueule maintenant, c'est juste parce qu'il aurait voulu le faire, mais que comme d'habitude, il n'a pas osé aller jusqu'au bout par peur (totalement stupide !) de te perdre ! Alors arrête de te faire désirer ! On dirait qu'il vient de se faire repousser par la fille de ses rêves ! »

Avant, il pouvait se cacher derrière ses filles, ses one night stands, maintenant, nous sommes seuls.

« Il n'a pas peur de me perdre, tu dis n'importe quoi ! Il sait bien que je ne pourrais jamais me passer de lui et que c'est la seule et unique raison pour laquelle je me comporte avec lui de cette manière ! »

Seuls avec un sentiment qu'il a refoulé toute sa vie, contrairement à moi, et qu'il n'est plus capable de comprendre. Si j'ai appris à surnager, à garder la tête haute à force d'acceptation, lui coule, se noie, empêtré dans ce qu'il est conscient trop tard d'éprouver.

« Moi je le sais Bill, pas lui. Lui il vit dans la hantise qu'un jour, tes coups de colère t'éloignent irrémédiablement de lui et qu'il ne puisse plus jamais t'approcher. »

Quelque chose a changé après tout, sauf que ce n'est pas moi…

« C'est n'importe quoi ! La raison de mes colères était pourtant claire ! »

Ce n'est pas non plus notre relation, elle a toujours été ainsi, fusionnelle, presque passionnée.

« Pour moi oui, on dirait une midinette qui gémit parce que son petit ami ne lui prête pas assez d'attention. Des fois, j'ai l'impression que tu en joues. Que tu joues juste pour qu'il ne parte pas, pour lui montrer à quoi il s'expose si jamais il osait t'oublier… »

Non, ce qui a changé est la vision que Tom avait de cette relation qu'il ne juge plus aussi innocente. Je le sais comme s'il me l'avait hurlé, je le sens, je le vois se ronger les sangs dans ce taxi, à broyer Georg par ses coups d'œil meurtriers à la simple suspicion que ces messages qu'il envoie pourraient m'être destinés.

« Je déteste ta comparaison. »

Et moi, qu'est-ce que j'en pense ?

Mon message reste longtemps sans réponse, puis soudain, la lumière éclaire la pièce désertée par le soleil.

« Tu sais Bill, j'ai compris depuis longtemps. »

Je reste un long moment sans bouger. Comprendre… Comment quiconque pourrait comprendre ce que mon double peine à entrevoir ? Comment quiconque pourrait savoir ce qui coule dans mon cœur ? Ce sang qui coule en moi… Celui du frère ou un autre que tant ont peur de découvrir ?

Je n'ai pas de réponse, alors je donne la seule que j'ai.

« Alors préviens-moi quand il rentrera. »

Et je laisse entrevoir une partie de mon âme à un des rares qui n'a pas besoin d'une image sans failles, qui m'en voudrait de lui céder une représentation fissurée quand il peut avoir l'originale.

« Et avec qui. »

Hey Leute ! Ici GLR !

Nous revoilou pour ce cinquième chapitre... Qui n'a absolument pas répondu à toutes vos attentes, nous le savons, nous le savons, nous le savons! (comme les Moires dans Hercule... Et oui, nous sommes des déesses, et nous avons entre nos mains la vie et la mort de tous nos personnages... Un simple coup de ciseau et clac! plus de Bill, plus de Tom, et plus de lemon...)

Vous ne voulez pas qu'une telle chose arrive, n'est ce pas ? Dans ce cas, il ne faut pas être "pas contente", il faut sourire et se dire "chouette, Tom va en boite ! Il va sûrement faire une rencontre, coucher avec une fille, et acquérir tout plein d'expérience, dont il pourra faire profiter son frérot préféré..!". Tout ca pour vous dire qu'il ne faut pas être défaitiste, et surtout surtout, ne pas nous en vouloir...

(GLR qui se protège la tête de ses bras pour ne pas que les lectrices ne la lapident/ne lui lancent des tomates...s'il vous plaît...)

En plus, je suis sûre que ca vous plait, même si vous n'osez pas nous le dire, même si pour l'instant, la frustration et l'énervement prennent le pas sur l'admiration sans bornes que vous vouez (bzw que vous vouez à KLR...)

A bientôt, en compagnie d'un Tom dragueur, d'un Bill de plus en plus égoïste et capricieux, d'un Georg clairvoyant (ahaha... C'est intéressant...) et d'un Gustav qui n'a, aux dernières nouvelles, toujours rien compris...Chouette, vivement le chapitre 6!

"Es ist zum Wahnsinnigwerden. Offiziell sind wir es ja schon."