Titre : Honesty
:Genre : romance, drame
Couple : D.Malfoy x H.Potter
Disclaimer: Franchement, s'ils m'appartenaient, vous croyez que je les aurais exposé à des millions de personnes ? Voyons je les aurais gardés pour moi toute seule ! …En conclusion : Non, malheureusement (ou heureusement, ça dépend du point de vue) Harry et Draco ne sont pas à moi….Et si j'écrivais de si belles chansons, ça se saurait!
Note : (auteur catastrophée) Je suis DESOLEE !!! J'ai pris un énorme retard ! Vraiment je me jette à vos pieds ! J'espère que cela ne vous empêchera pas de venir lire ce chapitre… Je me fonds en excuses… Je n'ai même pas pu publier le 24 septembre, et vu l'heure ce ne sera que le 26. Je suis affreusement confuse.
Note 2 : Deuxième version du chapitre, cette fois-ci entièrement corrigé ! (mis en ligne le 3 octobre)
Note 3 : En conclusion pour ce chapitre : J'adore Severus Snape !
Ce chapitre a été publié le 26 septembre (très très tôt si je puis dire) et comporte en lui-même 8 pages et demies.
RAR:
BlackNemesis: Pour tout te dire, j'ai eu envie d'encadrer ta review quand je l'ai reçue, puis de l'exposer pour montrer à tout le monde que j'avais bien reçu une review de BlackNemesis. J'étais tellement heureuse que j'en aie eu les larmes aux yeux, snif. Cela fait maintenant pas mal de temps, mais ma gorge se serre à chaque fois que je la lis. Recevoir un commentaire d'un auteur tel que toi est un réel honneur. Je continue à suivre tes fics avec grand plaisir. La chanson Honesty, je suis très touchée d'avoir réussi à en changer ta vision. A vrai dire, lorsque je l'ai entendue le fameux soir qui a donné naissance à cette histoire, tout a coulé de source pour moi, et j'ai immédiatement imaginé Draco. Je ne peux plus l'écouter sans me replonger dans les yeux tristes de Draco…Encore une fois, je suis très émue par ta review et j'espère que tu m'en laisseras d'autres. Merci énormément. Mel'
Mifibou : Merci beaucoup pour ta review ! Pas de dark end ? En fait, j'hésite encore… Nous verrons bien ! Je suis contente que ce chapitre t'ai plu. J'espère que celui-ci aussi te conviendra ! Bisous ! Mel'
Anonymous: Sauvée du virus ! Merci ! ( Honnêtement, avec un virus en plus, l'ordi n'aurait pas tenu le coup, t par conséquent : moi non plus ! lol ) Une fin véritablement sadique…hum hum, et bien il faudra voir ça lol. Mais peut-être que toutes les histoires ne se finissent pas forcément bien… Je suis heureuse de ta vision des serpentards ! …Et tu vas voir Pansy comme tu ne l'as jamais vue lol. Neville, moi aussi je l'aime beaucoup ! Il apparaîtra un peu plus tard, mais si tu l'adores vraiment alors je peux t'indiquer qu'il jouera une place importante dans une fic que je vais sortir prochainement, sans doute le week-end prochain ! (Comment ça je ne suis pas là pour faire de la pub ? Groumph) Encore merci pour ta review ! Ça me fait plaisir ! Bisous !
Angel-blue : Merci pour ton message ! Je suis contente que Pansy ne t'ai pas déplu…elle a une part assez importante dans ce chapitre, il faut bien l'avouer. Harry et Draco ? Mais seront ils seulement ensemble un jour ? La suite le dira…Draco est triste, oui. (En fait, je me demande si j'arriverais un jour à ne pas rendre malheureux les personnages…peut-être devrais-je consulter une psy ? uu ) Merci pour tes compliments :) A bientôt !
Zoomalfoy : Je suis contente que tu ne m'en veuilles pas pour écrire la fic seule. De plus je vois que tu as de l'inspiration en ce moment :) Je suis heureuse pour toi ! Je lis bien entendu tes fanfics, même si je ne laisse pas de reviews (je n'en laisse pas beaucoup en général si l'on regarde bien …il faudrait que j'en prenne le temps... pourquoi suis-je toujours si pressée? Snif). Alors j'en profite pour te complimenter ici ! J'attends la suite de tes fanfics avec impatience ! Tu me dis que tu aimerais qu'Harry comprenne ses sentiments…mais Harry n'éprouve rien de positif pour Draco (cela va changer bien sûr). J'espère que ce chapitre-ci va te plaire ! Bisous !
Celine402: Et bien je suis contente que tu trouves que la chanson s'accorde bien avec le texte :) Merci pour ta review !
Princesse Magique : Mais bien sûr que je continues ! Même si ce n'est pas très régulier … Merci pour ta review !
Guilderinette : Je suis contente que le début te plaise ! Une grande engueulade entre Harry et Draco ? Bah…on va voir ça (gnéhéhé) La voix de Draco. Oui je suis d'accord avec toi, je l'imagine également plus grave. Seulement ce n'est pas ma faute, il n'y a que pour cette chanson que j'arrive à l'imaginer avec une autre voix… Je ne peux plus les dissocier. Je suis même contente que tu aies ri ! Bah oui, un peu de gaieté ça ne fait pas de mal ! ;) Merci pour tes encouragements ! Bientôt !
This part in me you'll never know
The only thing I'll never show
Hopelessly I'll love you endlessly
Hopelessly I'll give you everything
( Endlessly, Muse )
Chapitre 2
Amère consolation
Harry se leva soudainement, coupant dans son élan Ron qui allait mettre un terme à l'argumentation qu'il avait entreprise un quart d'heure plus tôt avec Seamus, à savoir quelle équipe de quidditch remporterait la coupe nationale cette année. Le roux, surpris, tout comme les quelques griffondors assis autour d'eux, en oublia le reste de sa tirade enflammée. Hermione demanda alors au brun la raison de son brusque mouvement.
- « Je vais marcher un peu Hermione, j'ai besoin de me dégourdir les jambes avant de retourner en cours. »
- « Tu veux qu'on vienne avec toi ? »
- « Non ! »Il avait répliqué avec un peu trop de véhémence pour que cela passe inaperçu. « Je veux dire,... » Il soupira. « Non, merci, ce n'est pas la peine, je vous rejoindrai dans le parc avant le cours de soins aux créatures magiques, d'accord ? »
- « Oui, bien sûr.. À tout à l'heure alors ! »
Il fit un bref signe de tête en guise de réponse, puis se retourna et sortit de son habituelle démarche souple et négligente, quoiqu'un peu tendue comme aurait pu le remarquer un œil avisé. Il sentait une fois de plus des regards fixés sur lui; il aurait dû y être habitué, mais il y avait quelque chose en plus dans ces œillades-ci qui ne lui était pas coutumier. Et il n'aimait vraiment pas ça.
Une fois dans le hall désert à cette heure-ci, il s'appuya lourdement contre l'un des murs de pierres, se demandant où il pourrait bien se rendre maintenant qu'il était seul. Sur le coup il n'avait pas réfléchi. Son estomac refusait toutes sortes de nourriture solide et à côté de lui, son meilleur ami discutait gaiement des actualités sportives en avalant son "petit déjeuner" pantagruélique, sous le regard doux que lui lançait Hermione. Lui ne disait rien et d'ailleurs personne ne lui avait adressé la parole une fois installé à table. Mais enfin, ils ne voyaient donc rien d'étrange dans le fait que leur ennemi juré au sein de l'école depuis plus de six ans vienne lui déclarer sa flamme au cours d'un banquet ?!! C'était incroyable !
Ils agissaient tous comme si de rien n'était ! Mais seulement il y avait quelque chose d'anormal ce matin-là ! Pourquoi réagissaient-ils ainsi ? ...pour ne pas le gêner ? Mais à ce niveau-là, il ne voyait pas comment il aurait pu se sentir plus mal !
Il poussa une fois de plus un profond soupir puis se décida à quitter cette paroi fraîche décidément bien accueillante avant que d'autres élèves ne sortent de la salle. Il se mit en marche, ralentissant son rythme une fois arrivé au premier étage. Les couloirs étaient complètement vides, les étudiants profitant du soleil radieux trônant sur le parc, des mets appétissants disposés dans la Grande Salle ou simplement de leur lit douillet. Déambulant au gré des couloirs, il se laissait porter par ses jambes, n'ayant pas de lieu précis en tête. Il regarda sa montre, mais il n'était encore que midi et demi. Il choisit tout de même de regagner son dortoir pour récupérer ses affaires, espérant le moins de présences possibles dans la salle commune du fait qu'il était l'heure du déjeuner.
Il fut soulagé de constater qu'il ne s'était pas trompé, seules quelques voix s'élevaient derrière les portes des dortoirs des filles.
Il se saisit rapidement de son sac, y ajouta quelques livres manquant puis alla s'accouder à la fenêtre se laissant envelopper des chaleureux rayons solaires de cette journée-là. Il posa son front cotre la vitre et plongea son regard dans le parc. La vision paisible qui s'offrit à lui le calma quelque peu. Le parc verdoyant regorgeait de nombreux paresseux venus s'étendre sur sa pelouse accueillante. Le quotidien habituel.
Il aurait également apprécié s'allonger en compagnie de ses amis puis se laisser aller aux confidences et à la somnolence.
Pourquoi son quotidien à lui n'était-il composé que de faits…anormaux ?
Il sortit doucement de la léthargie dans laquelle il était peu à peu tombé et écarquilla ses yeux à moitié fermés, luttant contre la fatigue qui s'emparait de son esprit.
Il quitta la chambre silencieusement, après avoir hissé son sac de cuir sur l'une de ses épaules.
De nouveau présent dans les frais et sombres couloirs de l'école, Harry constata qu'il n'était, une fois de plus, qu'à peine 13h00. Il souffla de dépit, n'ayant toujours aucune occupation précise en tête mais énormément d'interrogations auxquelles il se refusait de penser.
Il descendit le plus lentement possible les escaliers, détaillant minutieusement les tableaux devant lesquels il passait mais s'en lassa rapidement. Il renonça définitivement lorsqu'il se rendit compte du mal-être ou de la suspicion de certains portraits. Il sentit une légère rougeur envahir ses joues, gêné des regards curieux que lui lançait les personnages. Vraiment, parfois il se demandait si donner vie aux peintures était une réelle bonne idée. Nul doute que cela était utile à l'espionnage, mais l'intimité de chacun en était sérieusement menacée.
Il pensa avec plaisir qu'il ne prêtait plus autant d'importance aux évènements de la soirée avant d'admettre que c'était précisément ce qu'il venait de faire. Découragé, il interrompit sa marche à l'angle d'un couloir et soupira. Il n'aurait jamais pensé être amené à expirer bruyamment autant de fois en une seule journée…mais il trouvait toujours cela plus discret que d'aller crier son feu intérieur du haut de l'une des nombreuses tours d'Hogwarts. Pourquoi le sort voulait-il toujours obliger les gens à se pencher sur des sujets qu'ils préféraient justement éviter ? Il lui était impossible de se concentrer sur autre chose que …lui.
Harry releva la tête et fut surpris de se retrouver nez à nez avec un homme. Il fit un brusque pas en arrière puis permit à son cœur de reprendre un rythme normal. L'homme en question devait atteindre la trentaine d'années, ses cheveux ondulés étaient blonds et il avait de grands yeux noisettes. Il le regardait fixement et Harry se sentit mal à l'aise. Ce portrait grandeur réelle était d'un réalisme saisissant.
Accroché à l'angle du mur, la toile ressemblait plutôt à un passage vers un autre monde. Il se serait presque attendu à voir le blond en sortir; seuls les habits du style 19e qu'il portait le distinguait des êtres vivants qui arpentaient les couloirs.
Il ne savait absolument pas pourquoi le tableau le dévisageait de cette manière étrange mais il espérait vivement qu'il cesserait de suite cette inspection dérangeante.
Finalement, au bout de quelques secondes interminables, l'homme inclina légèrement la tête puis le salua d'un respectueux « Bonsoir, Monsieur Potter. »
Harry, étonné, lui fit également un signe de tête élégant. Habitué depuis longtemps aux personnalités très diverses ornant les murs du château, le brun adopta très vite le comportement qu'il jugea le plus adéquat à l'époque de conception de l'œuvre.
- « Bonsoir, Monsieur. A qui ai-je l'honneur ? »
- « Duc de Norfolk, Henry Charles Howard; fils du Comte d'Arundel et de Surrey. »
- « Et que puis-je pour vous ? »
- « Mais rien, jeune homme. » répondit malicieusement le Duc. Harry en fut cette fois franchement intrigué. Son regard du l'exprimer car l'aristocrate reprit avec un petit sourire. « Je me demandais simplement ce qui, chez vous, avait pu attirer l'attention de la charmante créature de la chambre voisine. »
- « La charman... » Harry ne put répliquer, soudainement interrompu par des éclats de voix un peu plus loin. Il passa discrètement sa tête sur le côté du mur.
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Draco, étendu sur son lit, n'était plus qu'une masse inerte. Il lui semblait être vidé de toute force vitale, ses membres pesaient lourd et son sang battait furieusement à ses oreilles.
Il ne pensait sérieusement pas réussir à se relever un jour.
Les coups sur sa porte ne faisaient qu'augmenter son mal de tête et il souhaitait de tout cœur que cela cesse. Il n'avait aucunement envie de faire face à ses amis, aux Serpentards, aux professeurs et à n'importe qui d'autre pouvant se trouver derrière le pan de pierres sombre…
Harry …
Harry ne se déplacerait certainement pas jusqu'ici. Il le fuirait, le maudirait, le mépriserait, ne le comprendrait pas. Peut-être même ne le croirait-il pas ?
Non, Harry savait discerner les mensonges et tromperies lorsqu'il y en avait. Était-ce du à une trop forte fréquentation et accoutumance à ceux-ci ?
Harry ne le comprendrait pas. Harry le haïrait. Comme il en avait toujours été ! Plus qu'avant ? …Le dégoût s'ajouterait à la haine.
Il était ridicule, de toute façon, Harry ne savait certainement pas où se trouvait sa chambre. Personne n'en avait connaissance exceptés les directeurs de maisons d'Hogwarts et Albus Dumbledore.
…
Harry ne l'aimerait pas. Jamais.
Sa gorge se serra et il referma douloureusement ses yeux. Il étouffa un sanglot, ignorant du mieux qu'il le put les coups répétitifs assénés de plus en plus fort sur la cloison. Il ne voulait plus les entendre. Et ils finiraient bien par partir l'accès à l'intérieur de la pièce était complètement bloqué. Il doutait que les professeurs trouvent un contre-sort efficace rapidement.
Était-il lâche ? Que ferait-il ? Il savait pertinemment qu'il ne pourrait pas rester indéfiniment dans cette pièce si accueillante. Mais il en avait tellement envie.
En montant sur scène, il avait très bien qu'il signait son arrêt... de mort ? Pourtant, il en avait eu le courage. Il avait déversé dans ses paroles les émotions qui lui comprimaient la poitrine. A ce moment-là, tout lui avait semblé couler de source, ses actes étaient devenus simplement naturels.
Avant de s'avancer pour saisir le micro, perdu dans un océan de réflexions angoissantes, il s'était tout de même dit avec dérision qu'il serait plus Griffondor que jamais. Cette pensée ne lui avait apporté aucun de ses rictus habituels.
Harry s'était-il lui aussi rendu compte de l'ironie de la situation ? Non. Le brun n'avait sans doute jamais envisagé employer les mots Malfoy et Griffondor dans la même phrase.
Harry …
Il entendit une voix familière et pensa seulement imaginer les sanglots qu'elle contenait. Le bruit augmenta et il ne put ignorer plus longtemps les pleurs de la personne de l'autre côté du mur.
Pansy. Il l'aimait bien. Juste bien; il avait été très explicite sur ce point. Il y repensait avec nostalgie. Cela lui paraissait tellement.. lointain. Il y avait quelques années, la jeune fille le suivait partout où il allait; cela n'avait fait que l'excéder plus lourdement. Il avait mis les choses au clair mais il ne savait pas si elle avait renoncé. Il l'espérait. Elle avait dû être déçue. La pauvre.
Draco ne se sentait pas réellement d'humeur compatissante.
Harry…
oOoOoOoOoOoOoOo
Lorsque le professeur Snape s'arrêta soudainement au détour d'un couloir complètement désert, Pansy Parkinson eu du mal à conserver son calme. Son directeur de maison fixait silencieusement un point dans le vide alors qu'elle se désespérait de rejoindre Draco au plus vite. Ses compagnons derrière elle paraissaient également s'impatienter. Blaise lançait un regard curieux à l'homme tout de noir vêtu.
- « Professeur ? Excusez-moi mais nous souhaiterions retrouver Draco au plus vi... »
- « Silence, Miss Parkinson. »Le maître des potions avait le don de mettre mal à l'aise les personnes auxquelles il s'adressait. Il ajouta après un léger espace qui l'angoissa au plus haut point. « Nous sommes arrivés. »
- « Comment ? Mais… » Elle jeta un bref coup d'œil aux alentours. « Vous parlez donc de ce mur dénudé ? Si tel est le cas, qu'attendons-nous pour rentrer ? »
- « Je ne crois pas vous avoir autorisée à employer ce ton avec moi, Miss Parkinson. » Il semblait profondément mécontent. Néanmoins Pansy pensa qu'il était habitué au comportement parfois (souvent) insolent des membres de la maison verte. Ils étaient des Serpentards. Des sang-purs. Et ils en étaient fiers. Alors pourquoi…? « Et je ne vous ai pas non plus promis le mot de passe de notre préfet en chef. »
Pansy se mordit la lèvre inférieure. C'était vrai. Mais comment pourrait-elle atteindre le serpentard reclus derrière cet épais mur de pierre ? En y réfléchissant bien, le système était le même que pour rejoindre leur salle commune. Elle savait que ce n'était pas l'un des plus courants, les passages étaient généralement gardés par des statues ou des tableaux. Draco entendrait-il sa voix ? Il le fallait.
- « Je vous laisse ici, Messieurs. Miss Parkinson, veuillez venir m'informer du comportement de Monsieur Malfoy une fois l'après-midi terminé. Vous pouvez lui parler, la cloison laisse entrer les sons des propos lui étant adressés. Et je ne vous autorise pas à manquer vos cours de la journée. »
Sur ce, il se retourna dans une grande envolée de cape noire et reprit en sens inverse le chemin qu'ils venaient d'emprunter.
Pansy regarda rapidement ses trois amis puis prit une grande inspiration avant de se rapprocher de l'entrée et d'y frapper trois coups secs.
Ils attendirent anxieusement une réponse pendant deux ou trois minutes puis elle releva faiblement sa main vers les pierres sombres.
Dix minutes plus tard, Pansy, les larmes aux yeux, voyait sa main trembler et pourtant s'acharnait inlassablement sur les roches honnies qui lui obstruaient le passage. Elle voulait ignorer les regards tristes que s'échangeaient Grégory, Blaise et Vincent.
Elle sentit sa voix se briser lorsqu'elle tenta pour la première fois d'appeler son nom. Ses doigts lui faisaient mal, même si au toucher la texture de la cloison était identique à celle d'une porte en bois ordinaire. Elle ne voulait pas pleurer, ce n'était pas digne d'elle. Seulement il était si dur de ne pas craquer. Elle ressentait cruellement l'impact de ses illusions brisées, du rejet complet de son amour perdu. Cela faisait mal.
Étaient-ils si peu importants aux yeux de Draco ? N'avait-il donc d'intérêt que pour ce …Potter ? Les avait-il trompés tout ce temps ? Serpentard… Elle ne pouvait s'empêcher de l'aimer. La première fois qu'elle l'avait vu, elle était immédiatement tombée sous le charme du jeune homme aux manières élégantes et à la présence irréelle. Il lui avait semblé sortit d'un autre monde. Son admiration grandissante pour lui s'était peu à peu transformée en amour.
Elle ne put retenir plus longtemps une larme amère de couler sur sa joue.
- « Draco… Draco ! Draco réponds-moi ! Draco ! DRACO ! » Sa voix se cassa et elle tapa de toutes ses forces sur l'obstacle qui lui était imposé.
Elle ne sentit presque pas la douleur qui s'empara de ses mains et continua furieusement sa diffusion de coups. Elle ne cessa ses gestes que lorsque Blaise et Vincent s'emparèrent de ses bras et l'écartèrent de l'objet de ses assauts. Elle se débattit violemment et se colla à la paroi sitôt dégagée.
- « Draco ! Parles-nous ! Tu ne peux pas rester ici ?! Mais qu'est-ce que tu fais ? Draco ! Draco écoutes-moi ! »
- « Dray ? Que fais-tu ? Laisses-nous entrer maintenant. Dray ? » Blaise s'était avancé à ses côtés et l'avait doucement écartée.
Aucune parole ne leur fut adressée.
- « Draco … »
Sa voix n'était plus qu'une supplique plaintive. Elle s'appuya contre les pierres fraîches qui lui offraient ironiquement leur support.
- « Draco…pourquoi tu nous fais ça ? Tu ne veux plus nous parler ? On ne t'a rien fait, Draco. Je…je ne t'en veux pas tu sais. Personne ne t'en veut. Même si tu aimes vraiment Po…Harry. » Sa gorge se serra encore plus et ses sanglots jusqu'ici réprimés retentirent sombrement. Elle se laissa glisser jusqu'à terre. « Tu n'as pas le droit de nous ignorer Draco. On ne te juge pas. Et personne ne le fera. Draco…On respecte ton ….choix et…je.. »
- « On est là aussi Dray. »
Elle remercia silencieusement Blaise.
- « Oui, nous te sommes toujours fidèles Draco. Ça ne change rien. Et…tu ne peux pas t'enfermer juste pour ce griffondor ! Il n'y a pas que lui ! » Elle reprit son souffle. Il ne fallait pas qu'elle se laisse aveugler par sa rage. « Je… » Elle hésita longuement. Il n'était pas dans les habitudes des Serpentards de se dévoiler ainsi. « Nous t'aimons tous beaucoup Draco. »
Elle interrogea tacitement les serpentards derrière elle et fut rassurée par leur regard approbateur.
- « Moi aussi je…je t'aime, Draco. Et tu ne peux pas rester comme ça à nous ignorer… Je sais que je ne devrais m'autoriser ces sentiments. Je suis désolée…Mais nous sommes là nous ! Et tu dois te ressaisir ! Pour nous aussi ! »
Elle lui avait dit. Elle n'aurait pas du. Ne jamais faire preuve d'une telle faiblesse. Pourtant, elle se sentait comme libérée d'un poids maintenant ses sentiments clairement exprimés. Elle reposa doucement sa tête contre la pierre.
- « Vis pour nous Draco. »
Elle fut choquée par ses propres paroles. Elle n'avait jamais pensé ça. Draco ne pouvait pas avoir perdu toutes raisons de vivre…n'est-ce pas ? Elle repensa douloureusement à l'expression de pur désespoir qu'avait affiché son prince lors de la …chanson. Son esprit avait-il inconsciemment compris … ?
Elle fut soudain assaillie d'un doute. Et si Draco n'était pas présent dans la chambre ? …S'était-elle ridiculisée pour rien ?
Son cœur fit un bond dans sa poitrine lorsqu'elle remarqua la légère oscillation des murs de pierres froides.
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Draco, de l'autre côté du mur, fut étrangement ému par les paroles de la jeune fille. Comment aurait-il pu les ignorer ?
Il avait tenté du mieux qu'il le pouvait d'étouffer les sons émis par Pansy, persuadé qu'il ne s'agirait là que de reproches, d'indignation et de mépris. Les pleurs de Pansy pouvaient tout aussi bien être dus à sa rage. Une partie de ceux-ci avait cependant réussi à se faufiler jusqu'à son oreille. Et il avait été touché.
Ils ne le rejetaient pas. Étaient-ils sincères ? N'était-ce qu'une ruse ? Il ne savait pas. Il ne savait plus. Lui, toujours si perspicace, avait l'impression de flotter dans un brouillard épais et insondable. Ses impressions lui arrivaient complètement déformées.
Elle l'aimait toujours. Il en était désolé. Mais pas tellement étonné. Il fut triste pour elle. Cruellement conscient du fait qu'il devait en coûter à Pansy de se dévoiler ainsi. Surtout en présence de tiers personnes.
Il constata qu'elle avait l'air d'en vouloir à Harry. Mais il ne fallait pas. Non, Harry n'y était pour rien. Elle n'avait pas à l'impliquer. Pas lui. Et s'il venait à l'idée de la demoiselle de lui faire du mal ? Serpentard… Elle en était tout à fait capable. Mais Harry était fort, il ne se laisserait pas …avoir ? Il devrait le surveiller. Mais pour cela il fallait qu'il se décide à sortir.
Harry…
Il ne voulait pas affronter ses regards indifférents…méprisants. Il avait toujours l'impression qu'alors une lame effilée se plantait dans son cœur et le déchirait de part en part. Qu'en serait-il maintenant qu'il lui avait avoué ?
Les serpentards disaient ne pas le renier…ce qui n'était vraiment pas sûr, ils avaient l'esprit assez retors pour le tromper à leur avantage. Il le savait très bien. Il était comme ça. Pourtant, il voulait croire aux paroles prononcées par son amie.
Constamment sur ses gardes, il lui était difficile de faire confiance à quelqu'un. Pourtant…
Vis pour nous Draco.
Ces mots résonnèrent longuement dans sa tête. Vivre…pour eux ? Il n'avait réellement jamais pensé ainsi. Pour eux.
Il vivait pour lui. Uniquement pour lui. Oui il était égoïste. Et il l'assumait très bien.
Seulement sa vie à lui, c'était Harry. Rien qu'Harry. Et il n'y pouvait rien. Alors il vivait pour Harry et lui.
Vis pour nous Draco.
Il ne pouvait les chasser de sa tête. Comme une rengaine ! Pour…eux ? Il…il dut admettre qu'ils avaient, d'une certaine manière, raison. Il ne devait pas subsister uniquement pour Harry.
Mais quelle serait son existence sans lui ?
Il devait se ressaisir. Si Harry était nécessaire à sa vie, alors l'inverse pourrait également être. Vu comme cela, il s'apparut complètement stupide. Voilà maintenant qu'il se mettait à réfléchir comme un Pouffsouffle de basse extraction.
Harry n'avait pas besoin de lui. Et certainement pas en tant qu'amant.
Son regard triste laissait continuellement s'échapper ses larmes amères. Harry lui manquait. Et ses grands yeux verts…
Harry manquerait toujours à sa vie. Oui, il l'acceptait. Douloureusement. Pitoyablement. Mais il pourrait quand même essayer sans lui.
Il se répétait sans cesse la phrase de Pansy, courte en soi mais tellement explicite. Il se sentait tout à coup moins seul. Et aimé. Il pourrait être heureux sans Harry. C'était possible. Sa pensée ne trouva aucun écho dans son cœur et son âme. Non…
Mais il se battrait. Pour Harry. Pour survivre.
Il se leva lentement. Et se dirigea d'une allure gracieuse vers l'entrée. Tel un cygne blessé
Draco Malfoy était beau dans la douleur.
Il posa sa main contre la pierre. Et le passage s'ouvrit.
Il aperçut immédiatement Pansy à ses pieds; peut-être s'était-elle assise contre le mur. Il capta le regard surpris des trois serpentards masculins face à lui puis celui larmoyant de la jeune fille qui venait de lever la tête vers lui.
Ses propres larmes avaient à peine séchées. Il soupira puis murmura : « Pansy… ». Il n'eut que le temps de se rattraper contre le mur avant de s'agenouiller, prit dans le chaud enlacement de Pansy Parkinson. Désorienté, il ôta péniblement sa main droite de la pierre qui la supportait puis la ramena dans le dos de la jeune fille, juste à côté de sa jumelle gauche, refermant ainsi leur étreinte. Il écouta silencieusement les sanglots étouffés de Pansy, ses yeux tristes à demi-clos, comme pour éteindre sa douleur.
Il laissa glisser sa tête dans le cou de la jeune fille, la sentant resserrer leur prise. Ses perles de souffrance rejaillirent doucement de ses yeux, traçant leur fin chemin le long de ses joues pâles.
A ce moment-là, au creux des bras de Pansy, il pensa brièvement que si la brune ne lui avait pas porté ces sentiments gênants, il aurait pu considérer cette tendre caresse à son âme torturée comme celle d'une sœur. Il conserva précieusement dans son cœur la chaleur humaine vitale qu'elle lui procura, tel un baume apaisant.
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Harry se détourna de la scène. Il avait vu Draco Malfoy sortir de ses appartements, l'air hagard, des traces de larmes à moitié effacées sur son pâle visage. Et il avait eu mal pour lui.
Son expression était tellement douloureuse…Il avait l'air tellement… triste. Harry avait sentit son cœur sombrer dans sa poitrine.
Comment pourrait-il encore détester le serpentard ?
…
N'était-il bon qu'à causer malheur aux gens ? Son regard se fit plus sombre et mélancolique. Il aurait voulu ne pas être affecté par Draco Malfoy.
Il espérait qu'il se remettrait assez vite…Mais maintenant il ne pouvait plus se trouver d'excuses incroyables, ce n'était pas une mauvaise blague des serpentards. Il soupira. Ron et Hermione, le matin-même, lui avaient avoué avec gêne qu'ils avaient été touchés par Malfoy. Il les avait suppliés de leur dire qu'il n'avait fait que rêver la soirée. Et ils avaient détourné les yeux, murmurant que Malfoy avait semblé sincère et désespéré. Même Ron et Hermione. La discussion s'était achevée aussi vite qu'elle avait commencé.
Les poings serrés, Harry se retourna et quitta rapidement les lieux, ne prêtant attention ni au Duc de Norfolk qui lui adressa quelques mots ni à la larme qui s'écoula aigrement de ses yeux fermés et s'écrasa durement contre le sol de marbre noir. Il se sentait infiniment triste.
C'est à ce moment-là que vinrent s'ajouter culpabilité et nouvelles interrogations au méli-mélo qu'était déjà son esprit.
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Severus Snape, le sombre professeur des cachots d'Hogwarts, s'était énormément inquiété pour Draco Malfoy.
Il était un euphémisme de dire qu'il avait été étonné lors de la révélation des sentiments du préfet en chef. Mais il l'avait accepté. Ayant lui-même déjà éprouvé les supplices de l'amour.
Lorsqu'il avait conduit quatre des membres de sa maison à la chambre de Draco, il avait immédiatement senti sa présence. Il n'en connaissait pas la raison, mais toujours est-il qu'il parvenait habituellement à sentir la présence d'Harry Potter lorsqu'il était à proximité. Il n'avait rien dit, rien montré pouvant indiquer qu'il était averti de l'assistance de Potter. Peut-être apercevrait-il quelque chose qui l'aiderait à mieux comprendre Draco ?
Il décida de le laisser espionner ses serpentards en connaissance de cause. Lorsqu'il tourna les talons, il se demanda s'il ne faisait pas une erreur, une fois de plus. Mais il continua sa progression jusqu'à son bureau, rejoignit un fauteuil de cuir vert et s'y assit pensivement, plongé dans de pénibles souvenirs.
A suivre…
….J'ai fini….j'ai fini….Hum, imprimons-nous bien ça dans la tête : j'ai fini. J'ai réussi. Snif. C'est bête mais je suis soulagée tout d'un coup. J'ai presque la larme à l'œil. Je dois également être fatiguée. Hum oui c'est le cas de le dire.
Bon fini les déboires de l'auteur. Je suis encore une fois énormément désolée pour ce retard (et quel retard ! ). Vraiment. Vous me pardonnez ? ….Alors le petit bouton bleu en bas à gauche de la page est toujours disponible. Sinon…et bien il est disponible aussi : venez vous plaindre. J'espère que ce chapitre vous a plu. Des reviews s'il vous plaît ? (hu, oui je sais qu'il faut être culottée pour en demander après un mois d'attente …vv)
Mel'
