Titre: Honesty

Genre: romance, drame

Couple : D.Malfoy & H.Potter

Disclaimer : Bon je l'ai déjà dit trois fois maintenant pour Honesty ! …Ok, j'abdique….ils ne sont toujours pas à moi…(et voilà, moral niveau moins 5 snif, bandes de sadiques) mais je perds toujours pas espoir non plus :p ….Et les chansons citées ne sont pas à moi non plus.

Note : Hum, hum…..(rouge de honte) Pardoooooon ! Je crois qu'il me faudra effectivement

un mois pour chaque chapitre si ça continue. J'ai honteuuuuh ! Auteur démoralisée (hum c'est dangereux pour les persos çà..) Vraiment, je suis plutôt occupée en ce moment, et je dois avouer que je bloquais sur ce chapitre.. Enfin, je l'ai fait plus long qu'à mon habitude, pour me faire pardonner…

J'espère que le prochain arrivera plus vite mais je ne peux pas l'assurer non plus...snif. Enfin, j'ai tout de même une bonne nouvelle (si si) : je sais enfin où je vais :) Vi, vi tout est prévu maintenant, l'histoire est bouclée (enfin presque lol ). Je suis très contente je dois dire. Maintenant il ne reste plus qu'à écrire les chapitres ;) . Et j'espère bien que cette histoire saura vous garder jusqu'à la fin de cette aventure.

Note 2 : Étant donné mon retard (une fois de plus TT) je vais essayer de me faire pardonner…reste à voir comment. ;)

Pub : ( Qui a dit que je n'étais pas là pour faire ça ?…Bon c'est tout à fait vrai ; et alors :p ) Bien entendu, je conseille d'aller lire toutes les fics de BlackNemesis, il n'y a pas à dire, elle a le don de nous transporter dans ses écrits. ( Je conseille particulièrement « Sortir des ténèbres », première fic oui, mais elle a su m'envoûter dès le premier chapitre.) « Drôle de ménage » d'Eliane est également une très belle histoire, très touchante, et je la recommande vivement ! Enfin, et bien je dois avouer que j'ai un petit (très gros) faible pour « Lune d'Argent » de Speedy-of-77 et « Dans les pâles méandres d'un Hiver brumeux » de Polonius Silver. Et puis mon coup de cœur du moment (qui a dit qu'on en avait rien à faire ? TT) « Le paradis où repose mon cœur » de Imeldamizi. Ah il y a tellement d'autres histoires que j'ai aimées, mais je ne vais pas non plus m'éterniser ici (on en a pas fini sinon), j'aurais trop de choses à dire et je suis sûre qu'en bons lecteurs vous vous êtes déjà précipités dessus :)

13 pages à ce chapitre (je m'impressionne moi-même sur ce coup-là), publié le 29.


RAR :

Zoomalfoy : Hum, hum.… Qu'est-ce qu'il m'attendait déjà si j'étais plus longue ?? C'est si grave que ça juste deux jours de plus que la dernière fois ? (argh ) Je suis désolée pour l'attente..Et je suis super contente pour ta review :) Allons, allons, il ne faut pas trop en vouloir à Harry…(quoique, moi j'aurais sauté sur l'occasion hein si j'avais vu Draco comme ça ;) )il va se rattraper…euh dans un petit moment.( faut pas trop lui en demander, c'est un griffondor quand même lol ). Ah qui a fait souffrir Severus ? C'est la grande question ! Et la réponse ne viendra pas avant plusieurs chapitres ! Gnéhéhé. Je te remercie infiniment pour ta review ! Ca me fait vraiment très plaisir ! Bisous !

Drago Malfoy : Euh, je sais pas trop comment prendre ta review, mais on va dire que c'était positif lol. Je te remercie pour ta review ! (ça fait toujours plaisir de recevoir une review de l'illustre Drago Malfoy ;) ).

LN: Fini le mélodramatique : bien d'accord…euh mais pas tout de suite alors hein ? Ne t'inquiètes pas, il va se reprendre Draco ! Il faut juste leur laisser un peu (beaucoup) de temps. Je te remercie pour tes compliments, ça me touche beaucoup. Et euh..pour l'attente, je suis désolée (toute rouge) Je vais vraiment faire de mon mieux pour dater plus vite. Bisous !

Mifibou: Je suis tout à fait d'accord avec toi ! Harry et Draco méritent parfaitement d'être heureux. Le problème n'est pas là: c'est plutôt , est-ce qu'ils peuvent y arriver ? Il faut bien avouer que tout les oppose. Enfin, comme je l'ai mis un peu plus haut, je sais déjà comment va se terminer l'histoire (et oui j'ai eu « l'illumination » comme on dirait ;) ..je sais pas si c'est bon pour Harry et Draco sur ce coup-là), cependant tu te doutes bien que je ne vais pas te le dire tout de suite ! J'espère quand même que tu continueras à lire Honesty dans tous les cas :) Bisous ! Et merci pour ta review

Céline 402: Une fois de plus, je suis vraiment désolée pour l'attente ! Celle du deuxième chapitre et celle du troisième aussi. La confrontation H/D, elle va venir, elle va venir ;). On va voir ça. Merci d'avoir reviewé ! Bisous

Angel-blue : Je suis toute émue par ta review. Que dire à part merci ? Tu m'as fait très plaisir. Et je suis très contente que tu aimes. Bisou.

Princesse Magique : Et bien c'était court mais explicite ! Merci beaucoup !

BlackNemesis : Bonjour ! Je suis ravie que tu aies eu l'impression que la chanson accompagnait encore le texte, parce que c'est exactement l'état d'esprit dans lequel je me trouvais lorsque j'ai écrit :) Tu es bien la seule à ne pas me reprocher mon retard, lol.C'est très gentil de ta part, tout ces compliments. (je dois être toute rouge) Je ne penses pas maîtriser l'art de la narration autant que je le voudrais moi, mais ça me fait vraiment plaisir que tu me le dises. Je penses sincèrement que tu es très douée alors c'est bien normal que je te le dises ;) Vraiment, tu les mérites ces éloges ! J'espère pouvoir bientôt lire la suite de Sortir des Ténèbres d'ailleurs moi…(d'accord je n'ai rien à dire vu le temps que je mets à publier vv ).

Je suis vraiment heureuse que tu aies aimé le chapitre précédent , j'espère bien que celui-ci te plaira autant. Ca me fait vraiment trop plaisir de lire tes reviews (c'est définitif, je suis toute rouge ).Encore merci ! Bisou.

Oxaline :Je suis contente que ma vision des serpentards t'aies plu ! Et merci beaucoup pour ces compliments, j'espère que tu vas aimer ce chapitre là. Bisous !

Aria : Tiens Aria ! Tu es venue faire un petit tour côté Harry Potter aussi ? Lol Merci en tout cas ! Ta review m'a motivée pour écrire la suite ( qui il faut bien l'avouer tardait à venir). J'ai tout à fait le droit de te faire patienter (gnéhéhé) Bah quoi ? Si les auteurs ne peuvent plus assouvir leurs pulsions sadiques alors :p Merci beaucoup de m'avoir reviewé :) Ca me fait plaisir ! ( et pour He makes life difficult aussi !). J'espère qu'on aura l'occasion de se parler sur msn, pour l'instant je n'ai pas beaucoup de temps à moi mais ça viendra. ( Oh fait, il paraît que tu es au courant de quelque chose sur Ren mais pas Didi ?…je peux savoir moi /gros sourire angélique/) Mais qui aimait Severus ? Mouahahaha, il faut lire pour savoir !…tu me la donnes ton idée ? (mais je ne te cache pas que ça ne sera pas dit avant pas mal de temps ). Bisous !


Don't make me over

Now that you know how I adore you

Don't pick on the things I say, the things I do

Just love me with all my faults, the way that I love you

I'm begging you

(Don't make me over, Dionne Warwick)


Chapitre 3

Aspects extérieurs

Harry décida de se rendre directement près de la cabane d'Hagrid, et d'attendre là-bas le début du cours et l'arrivée de ses amis. Il était affreusement confus.

Comment réagir ? Il ne savait vraiment pas. Il n'avait jamais été préparé à ça. Dans un peu moins d'une demi-heure, la séance de Soins aux créatures magiques commencerait et il serait alors confronté à un certain nombre de serpentards dont il ignorait totalement les réactions. Un peu plus de dix heures auparavant, le chef même de ces serpentards l'avait surpris d'une manière disons…plus qu'originale.

Il ne fallait surtout pas y repenser, pas maintenant.

Draco Malfoy avait également conservé l'option enseignée par le demi-géant. Bientôt, il devrait lui faire face. Peut-être alors se réveillerait-il enfin et réaliserait-il que ce n'était qu'un mauvais rêve ? Que Draco Malfoy ne l'aimait pas ?

Il lui semblait bien étrange de penser ainsi. Peut-être que Draco Malfoy ne l'aimait pas. Le jour précédent, cela aurait été pour lui une évidence : bien sûr qu'il ne l'aimait pas. Il le détestait depuis sept années. Le sentiment était réciproque et tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Ou peut-être pas…

Lord Voldemort continuait sa montée en puissance et réduisait progressivement la résistance du monde sorcier. De nombreuses familles se faisaient décimer en à peine deux jours. Et l'on n'y pouvait rien. Bien entendu, les aurors étaient réquisitionnés, et l'ordre du Phœnix restait très actif. Mais tout cela en vain. Des victimes potentielles étaient sauvées, oui, mais bien trop peu pour Harry. Il ne se passait pas une seule journée sans qu'il n'entende résonner en lui les cris de pur désespoir des proies de Voldemort. Pas une seule journée sans qu'il ne voie des larmes douloureuses couler sur les joues d'une personne d'Hogwarts. Et pas une seule journée sans qu'il ne se sente coupable encore un peu plus.

Il savait qu'il était le seul à pouvoir mettre un terme à l'existence du Seigneur des Ténèbres. Il avait fini par l'accepter, difficilement. Il aurait été tellement plus simple de se dire que quelqu'un serait toujours là pour le sauver à temps, pour retarder le moment fatal qui annoncerait la mort d'un être. Tellement plus simple.

En même temps, ce n'était pas comme s'il avait réellement le choix. Il voulait vivre. Il voulait encore voir Hermione admirer Ron, des étoiles dans les yeux, et contempler le visage radieux de ce dernier le jour de son mariage avec elle. Il voulait assister au retour du pétillement continuel des yeux malicieux d'Albus Dumbledore, aux futures unions de ses amis, à la naissance de leurs enfants, au rétablissement des parents de Neville. Il voulait encore être pris dans les chaudes étreintes de Molly Weasley jusqu'à avoir l'impression d'étouffer, encore parler des soirées entières avec Rémus à se remémorer les actions passées des Maraudeurs, encore entendre la voix de Sirius à son oreille lorsqu'il regarderait sa constellation, encore s'allonger sur l'herbe du parc et se laisser réchauffer par les rayons du soleil…Il voulait encore tellement de choses…Il ne voulait pas mourir.

Non, il n'avait pas le choix. Alors il se battait. Il s'entraînait, chaque jour, chaque heure de libre qui s'offrait à lui, toujours plus concentré, toujours plus déterminé. Il vaincrait. Et il ne devait pas douter. Un jour, il serait libéré du Lord sombre. Il voulait croire que son destin n'était pas déterminé, qu'il pouvait encore décider de la tournure des évènements. Il savait que chaque individu avait une route à suivre et que celle-ci traversait quelques points clés qui pouvaient en changer toutes les données. Il espérait qu'il ne se tromperait simplement pas d'embranchement.

La divination n'avait jamais été son fort, non. Et Trelawney en était peut-être à l'origine en y réfléchissant bien. Mais il avait, un temps, été obsédé par les prédestinées et tout ce qui s'en rapprochait. Il s'était alors lancé à corps perdu dans des recherches obscures et passionnantes. Il était certainement l'une des personnes les mieux renseignées sur les rouages du destin et toutes les théories avancées sur le sujet. Le mystère faisait parti intégrante de cette fatalité. Rares étaient les personnes qui pouvaient en prédire les aléas.

Il n'aimait pas du tout l'idée d'une vie déjà tracée, mais s'était finalement résigné, il voulait simplement être heureux un jour. Peu lui importait le reste.

Non il n'avait jamais eu le choix. Et c'est pour cette raison qu'il avait apprécié ses relations amoureuses. Il s'agissait de l'une des seules choses dont il pouvait décider. Elles savaient toutes très bien que ce n'était pas sérieux. Il aurait bien entendu souhaité tomber amoureux de l'une d'elles un jour , mais cela n'était jamais arrivé. Il avait toujours mal en quittant l'une de ses conquêtes et hésitait toujours à le faire, mais finalement il était maître de la situation. C'était le seul domaine qu'il maîtrisait.

Ce sont les choix qui déterminent ce que nous sommes Harry. Oh oui, il se rappelait parfaitement de la phrase que Dumbledore avait prononcée. Et cela ne faisait que peu de temps qu'il en avait saisi toute la portée.

Draco Malfoy embrouillait tout autour de lui. Harry n'avait que rarement eu de choix à faire, oui. Mais il y avait toujours eu des possibilités clairement exprimées autour de lui ; même si celle qu'il devait choisir l'était déjà.

Cet après-midi là, alors qu'Harry s'asseyait sous un érable non loin de la cabane d'Hagrid, il avait l'impression nébuleuse d'affleurer une onde brumeuse et grisâtre. Il renversa la tête en arrière, observant pensivement les jeux de lumière que produisait le soleil sur la chevelure épaisse de l'arbre. Il s'adossa plus fortement contre le tronc rugueux, repliant sa jambe droite sous la gauche, et appuya son bras sur le genou de cette dernière.

Mais pourquoi lorsqu'il pensait à Draco Malfoy aucun choix à faire ne lui venait-il à l'esprit ? Et pourquoi ces vagues de brouillard le submergeaient-elles ?

La tête soutenue par l'écorce brune et la gorge offerte aux caresses d'une douce brise de printemps, Harry, les yeux clos, se permit un trop court moment de ne songer à rien. Il appréciait simplement les sensations que lui procuraient l'herbe fraîche à ses pieds, l'odeur indescriptible du printemps et les légers rayons solaires qui parvenaient à franchir la voûte sinople au-dessus de lui. Le bras droit reposant mollement le long de son flanc, il sentit une paix éphémère l'envahir, ses oreilles ne percevant plus que le faible bourdonnement du vent et le léger bruissement des feuilles. Il n'y avait soudain plus que du vert à perte de vue.

oOoOoOoOoOoOoOo

Draco releva lentement la tête du cou pâle de Pansy Parkinson, résolu à ne plus pleurer. La jeune fille dut ressentir le subit changement du blond car elle se redressa également faiblement, un air un peu perdu sur le visage et la cornée encore embuée.

Le blond se hissa rapidement sur ses jambes engourdies, puis tendit galamment à Pansy une main blanche et fine, d'un de ces gestes plein de grâce qui l'avaient conquise. Elle s'en saisit et se mit debout, passant sa propre dextre, qui lui parut à ce moment-là grossière et sale, sur ses joues mouillées.

Draco remarqua la brune tenter d'effacer superficiellement les traces de ses larmes, puis se tourna vers les trois autres serpentards qui étaient restés auprès d'eux. Il vit dans leurs regards bien plus de sincérité qu'il n'en avait jamais lu dans les yeux de personne d'autre. Et il en fut touché.

Ils se regardèrent longuement tous les quatre, échangeant silencieusement bien plus qu'ils ne pourraient jamais exprimer.

Draco ne prononça qu'un seul mot, dans la plupart des cas insignifiant, mais qui ici voulait tout dire.

- « Merci. »

Un simple signe de tête en réponse et Grégory et Vincent s'éloignaient déjà, rejoignant la salle où se déroulerait leur prochain cours.

Pansy sortit d'une de ses poches un petit miroir cerclé d'argent et fixa son reflet un court instant avant de murmurer quelques sorts éliminant définitivement un quelconque vestige de ses récents pleurs et remaquillant légèrement le contour de ses yeux. Elle fit quelques pas dans le couloir puis se retourna et adressa un infime sourire aux deux derniers, les prunelles brillantes, avant de partir retrouver les quelques rares personnes apprenant l'elfique avancé à Hogwarts.

Blaise fit alors face à Draco, qui l'invita tacitement à pénétrer ses appartements. Finalement, ils s'assirent sur le lit à peine défait et restèrent silencieux jusqu'à ce que Draco se lève et se dirige vers la pièce attenante à la chambre.

- « Depuis combien de temps ? »

Le blond se figea mais ne répondit rien et continua la traversée de sa petite suite.

Apparemment, il ne s'agissait pas d'un sujet à aborder. Blaise alla à son tour se poster à l'entrée de la salle de bains, et s'accota à l'encadrement de la porte, les bras croisés. Il observa Draco se passer de l'eau sur le visage puis contempler dubitativement son image dans la glace.

Zabini fit un demi-tour sur lui-même lorsque son ami repassa devant lui pour aller ouvrir l'immense armoire d'ébène qui occupait presque un pan entier des murs de la chambre.

Draco en sortit rapidement des vêtements, puis disparut quelques secondes dans une autre pièce et en ressortit habillé d'un nouveau pantalon noir. Il défit uns à uns les boutons de la chemise qu'il portait toujours depuis la soirée. Un instant plus tard, Blaise vit le morceau de tissu blanc atterrir sur les draps du lit et Draco enfila rapidement l'autre chemise qu'il s'était choisie. Il se planta ensuite devant le psyché qui trônait dans un des coins de la salle, ajusta rapidement une cravate aux effigies de serpentard autour de son cou, et revêtit une robe noire légère.

- « Les autres n'ont rien osé dire pour l'instant. » Il marqua une brève pause. « Par contre, les Pouffsouffles et les Serdaigles s'en donnent à cœur joie…Bizarrement, les Griffondors se tiennent tranquilles….ou plutôt les septièmes années. Je dirais que certains – comme Granger et Weasley – ont certainement demandé aux plus jeunes de ne pas, hum, offusquer leur héros »

Draco lui lança un sombre regard. Blaise ne fit qu'hausser un sourcil.

- « Tu sais ce que tu risques. Le Lord te compteras désormais sur la liste de ses ennemis. » Draco ne répondit rien. « Ton père.. »

- « Mon père le sait déjà, il était au courant. »

- « Y compris pour cette … soirée ? »

Draco acquiesça.

- « Je lui ai envoyé un hibou, hier. »

- « Et tu n'as encore eu aucune réponse, j'imagine. »

Ce n'était pas une question.

Draco passa sa baguette devant son visage, celui-ci redevenant parfaitement lisse, sans aucun signe de chagrin. Ses yeux n'étaient ni enflés ni rouges et ses cheveux formaient une coiffure impeccable.

Il s'empara des quelques affaires dont il aurait besoin cet après-midi là et s'avança vers la sortie. Blaise lui empoigna le bras et il se tourna vers lui.

- « Dray, mais qu'est-ce qu'il t'a pris ? »

Draco laissa un frêle soupir franchir ses lèvres, douloureusement.

- « Une erreur, Blaise. » Son coude fut soudain libéré de sa prise. Le passage vers l'extérieur s'ouvrit. « Une simple erreur… » Il franchit l'arcade.

Lorsqu'ils dépassèrent l'angle du couloir, le prince des Serpentards marchait avec assurance, son éternel masque d'indifférence glacée sur le visage.

Tout dans son attitude contredisait l'émoi et l'appréhension qu'il ressentait à ce moment-là.

Il fallait préserver les apparences jusqu'au bout.

oOoOoOoOoOoOoOo

- « Miss Parkinson. »

Pansy s'arrêta brutalement, virevolta en un harmonieux mouvement de robe et fit front à son directeur de maison.

- « Professeur ? »

- « Mr Malfoy est-il sorti de sa chambre ? »

- « Oui, Monsieur. Il se rend actuellement en cours de soins aux créatures magiques. »

Snape la considéra du regard et elle eut du mal à ne pas ciller. Il était réellement intimidant.

- « Très bien Miss. Je crois savoir que vous avez également cours à cette heure-ci. Rejoignez donc votre classe. »

- « Oui professeur. »

Elle reprit son chemin.

oOoOoOoOoOoOoOo

Ron et Hermione se dirigeaient vers la cabane d'Hagrid, espérant qu'Harry s'y trouverait déjà. Il les inquiétait vraiment.

Ils étaient bien obligés d'avouer qu'ils ne savaient pas bien comment procéder avec Harry. Lorsque le matin même ils avaient essayé de lui parler au sujet de Malfoy, il avait tout de suite écourté la conversation, visiblement troublé. De l'avis d'Hermione, il n'acceptait pas du tout cette situation. Et évidemment cela se comprenait.

Ron n'arrivait curieusement pas à en vouloir à Malfoy pour cette fois-là et il semblait à la place vouloir s'acharner contre le monde entier.

Quand ils avaient trouvé Harry dans la salle commune après la soirée, ils avaient eu peur. Oui, tout simplement peur.

Cela faisait deux ans maintenant que Sirius était mort, brisant ainsi l'équilibre déjà précaire de leur meilleur ami. Ils avaient tout fait pour lui faire remonter la pente, mais même si extérieurement le brun semblait s'être remis de ses blessures, ils étaient parfaitement conscients que ce n'était pas le cas.

Le nombre de fois où il l'avait entendu se lever la nuit, où il le trouvait le visage crispé et de légères gouttes d'eau retombant de ses cils au réveil, Ron ne le comptait plus.

La nouvelle plus qu'inattendue que leur assenait Malfoy n'était qu'un coup de plus porté aux faibles fondations du griffondor.

Au début de leur sixième année d'études, Harry était apparu profondément éreinté. Son été chez les Dursley, une fois encore à l'écart du monde sorcier, n'avait fait que l'affaiblir un peu plus. Il était resté durant deux mois privé d'amour alors qu'il en avait plus éperdument besoin que jamais. L'indifférence de sa « famille » à son égard lui avait soudain parue beaucoup plus difficile à supporter qu'habituellement.

Ses blessures étaient restées béantes bien trop longtemps. La dépression dans laquelle il était tombé s'était traduite par une intense paranoïa à l'encontre de tout le monde.

Dumbledore était devenu depuis longtemps l'un des piliers principaux de sa vie. Il avait en quelques sortes tenu le rôle du protecteur pour Harry, donnant toujours l'impression de contrôler la situation et arrivant toujours à temps pour le sauver. Seulement avec la découverte de la prophétie, le sentiment de trahison qui s'était insinué en lui et la prise de conscience qu'il serait un jour complètement seul face au Seigneur des Ténèbres, c'était tout un pan de sa vie qui s'était écroulé.

Évidemment, il avait d'abord extériorisé sa colère, ce sentiment d'injustice qui lui retournait l'estomac, cette rage froide qui bouillait dans ses veines. Mais l'isolement des deux mois suivants l'avait définitivement vaincu, le laissant seul et coupable. Les paroles de Dumbledore et le visage triste du vieux mage fatigué, la perte de Sirius et toutes ces pensées qui jouaient dans sa tête l'avaient laissé dans un état d'accablement extrême. La responsabilité qu'il occupait pesait lourd sur ses épaules.

Il était irrémédiablement coupable.

Il avait alors décidé de devenir plus fort, afin de pouvoir compter sur lui-même, et sur personne d'autre. Malheureusement, s'il semblait avoir éclipsé ce point-là, la sensation de tromperie qui l'avait habitée un certain temps avait entraîné un manque de confiance flagrant envers son entourage proche comme éloigné.

La situation extérieure avait à ce moment-là empirée, Lord Voldemort ayant finalement déclaré son retour en force par de nombreuses attaques simultanées. La famille de Ron s'était impliquée activement dans le conflit et Hermione l'avait réconforté du mieux qu'elle l'avait pu, mais cela au dépend d'Harry. En temps de guerre, personne ne pouvait se reprocher d'être par moment égoïste.

Lorsqu'ils s'étaient aperçus du profond malaise ancré en Harry, Ron et Hermione s'étaient aussitôt alarmés, craignant qu'il ne soit trop tard. Leur meilleur ami était beaucoup plus distant qu'avant, et pris par leurs propres problèmes ils l'avaient laissé se retrancher progressivement derrière une barrière de silence.

Il avait fallu beaucoup de patience à Ron et Hermione pour réussir à passer au delà. Mais finalement, Harry avait un jour recommencé à rire librement en leur compagnie ; même s'il lui restait encore de nombreuses plaies non cicatrisées. S'ils étaient incapables de les guérir, ses amis s'efforçaient jour après jours de les apaiser.

Pour se reconstruire, Harry avait, semblait-il, attribué un rôle précis à chaque personne le côtoyant, se refondant instinctivement de nouvelles bases. Hermione et Ron y occupaient chacun à leur insu une figure importante. Si le roux avait voulu exprimer les pensées de son meilleur ami, selon lui, cela se serait résumé par « Chaque chose à sa place » ; bien que paraissant injuste, il n'aurait pas été bien loin de la vérité.

En se déclarant ainsi, Malfoy avait certainement embrouillé les données d'Harry, et Ron et Hermione redoutaient les répercussions que cela aurait sur son mental. Remettrait-il en question les positions de chacun ?

Il ne fallait surtout pas le laisser sombrer de nouveau. Et cette fois-ci, ils seraient à ses côtés depuis le début.

« Je ne sais pas trop quoi penser Hermione. »

« Moi non plus, Ron. »

Il lui adressa un petit sourire.

« C'est bien la première fois en tout cas. »

Elle resserra l'emprise de leurs deux mains.

Finalement, Ron reprit la parole.

« Je me demande bien ce qu'il a prit à la fouine.. »

« Ron ! »

« Quoi ? »

« Ne l'appelles plus comme ça. »

« … » Il soupira. « D'accord tu as raison, ce n'est plus trop correct…Mais tu dois admettre que lui ne l'a jamais été avec nous. »

« C'est vrai. Mais je ne sais pas si Harry…Enfin, qu'est-ce qu'il pense exactement de tout ça… »

« Mais enfin 'Mione, Harry l'a toujours détesté, je ne vois pas comment cela pourrait changer et.. »

« Je ne sais pas Ron, je ne sais pas. J'ai surtout l'impression qu'Harry est très confus. Et avoue qu'on ne se serait jamais douté des sentiments de Malfoy. »

« Hum, ça c'est sûr. »

Il leva les yeux au ciel.

« Je ne vois vraiment pas pourquoi Malfoy a fait ça…Je veux dire, son père est un partisan de Tu-sais-qui et il se met délibérément en danger. »

« J'y ai réfléchi aussi mais je ne comprends pas. »

Elle se mordit la lèvre pensivement. Il rouvrit la bouche après un court instant.

« Un espoir fou peut-être ? » Il rit simplement de sa réplique, Hermione souriant.

Un espoir fou et désespéré.

Ils étaient désormais à une cinquantaine de mètres de la cabane d'Hagrid et à une vingtaine de pas d'eux, se tenait Harry. Ils restèrent figés à sa vue.

Il se reposait contre un arbre. Jusque là il n'y avait rien d'extraordinaire, mais la sensation qui se dégageait du tableau était saisissante. Harry paraissait tellement serein qu'ils en étaient touchés.

Ils se rendirent alors compte que leur ami était beau. Bien entendu, ils étaient déjà conscients qu'il était mignon et tous les autres adjectifs que pouvaient trouver la gente féminine – et parfois masculine – pour le qualifier. Il se dégageait de lui un charme particulier, oui.

Mais à ce moment-là, Harry était tout simplement beau.

Avec les rayons du soleil qui jouaient sur sa peau dorée.

Glissant peu à peu dans une transe apaisante, ils n'en sortirent qu'avec peine et fixèrent leurs regards l'un à l'autre.

Il était rassurant de se plonger dans ces prunelles aimantes, il lui semblait pouvoir y puiser plus de courage que nulle part ailleurs ; songea Hermione.

Ils se résignèrent à réveiller leur ami.

Les vagues de puissance qu'Harry dégageait étaient radicalement assommantes.

oOoOoOoOoOoOoOo

Harry fut brusquement tiré de sa torpeur par le contact d'une main chaude sur son épaule gauche. Il ouvrit brutalement les yeux, et découvrit Ron à une vingtaine de centimètres de lui. Il relâcha aussitôt sa garde.

« Ca va Harry ? Tu semblais endormi. »

« Oui, oui ça va. Je me reposais un peu c'est tout. Merci, Ron. »

Il se releva, se mettant à la hauteur de ses amis.

« Vous allez bien ? Vous paraissez…exténués ? »

Ron et Hermione se lancèrent un regard éloquent.

« Harry, tu as laissé euh, comment dire ? »

Harry ne lui adressa qu'un coup d'œil interrogateur. Hermione vint en aide au roux.

« C'était bizarre Harry. C'était comme si, hum, comme si... tu extériorisais ta magie. »

« C'est ça ! Et c'était vraiment impressionnant ! » approuva Ron.

Harry sentit ses joues prendre une couleur plus prononcée. Il ne s'en était pas du tout rendu compte.

Remarquant la gêne de leur ami, Hermione le rassura immédiatement.

« Ce n'est pas grave Harry, c'était juste, hum, et bien je l'ai déjà dit, étrange. Et puis personne n'a rien vu, nous sommes les seuls dans le parc pour l'instant. Les autres sont partis à leurs prochains cours. »

« D'accord. »

Ses deux amis se regardèrent, visiblement embarrassés. Qu'y avait-il d'autre encore ?

« Quoi ? »

« Euh, en fait, on se deman.. »

Prévoyant la catastrophe, Hermione interrompit sur le champ Ron.

« On aimerait savoir ce que tu penses de toute cette histoire.. »

« Oh. » Au moins, elle était franche. Pouvait-il lui répondre qu'il n'en pensait rien ? « Sincèrement 'Mione, je ne sais pas. »

Ron afficha un air vainqueur sans trop qu'Harry ne comprenne pourquoi. Il hésita à leur parler de la scène à laquelle il avait assisté un peu plus tôt . Ils pourraient peut-être mieux le conseiller ainsi…Oui mais, il n'était pas censé être là à ce moment-là, il avait donc, d'une certaine manière, volé un moment privilégié de la vie de Draco. Il n'avait pas le droit de leur raconter. Pourquoi était-il toujours si Griffondor ?

Il se mordit distraitement la lèvre inférieure – et Ron et Hermione surent immédiatement qu'il leur cachait quelque chose. Il respecta finalement l'intimité de Draco, même s'il ne comprenait pas pourquoi il le faisait.

A vrai dire, ce jour-là tout s'offrait coulant entre ses doigts, il ne saisissait plus rien.

Il remarqua alors Hagrid s'avancer vers eux, avec ce qu'il prit pour un sourire béat sur le visage.

« Bonjour, Hagrid ! »

« Harry ! Tu vas bien ? »

Ron et Hermione s'étaient retournés saluant le demi-géant et Harry allait répondre que oui, il allait bien – quelqu'un allait-il cesser de lui poser la question ? - mais Hagrid enchaîna sans leur laisser le temps de dire quoique ce soit.

« Vous ne devinerez jamais ! »

Alors là, ils étaient surpris. Aucune remarque sur Harry et Malfoy ? Hagrid qui se préoccupait toujours énormément d'Harry ?

Ron pensa que le professeur avait peut-être légèrement abusé de la boisson la veille ; et d'après ses souvenirs, oui, définitivement, Hagrid n'avait jamais chanté aussi fort que ça lorsqu'il était sobre.

« J'ai réussi à me procurer une demiguise ! »

Cela disait vaguement quelque chose à Harry, et Ron lui ne voyait apparemment pas ce dont il s'agissait, par contre Hermione était clairement excitée par la nouvelle.

« Allons ne me dîtes pas que vous ne savez pas ce que c'est ? »

Ron rougit mais Hermione s'empressa de répondre.

« Bien sur que si ! On en fabrique des capes d'invisibilité ! Mais elles sont extrêmement rares Hagrid ! »

« Oui c'est vrai. » Le sourire du demi-géant parut tripler de taille. « Je l'ai reçue juste aujourd'hui, mais elle ne restera pas longtemps vous savez, alors j'en profite pour faire un cours dessus maintenant ! Par contre vos examens approchent, alors nous observerons aussi les glumbumbles, comme c'était prévu. » Il était vraiment enthousiaste. « Mais je ne vous dis rien de plus, les autres élèves ne devraient pas tarder, ce n'est pas l'heure ? »

« Si, Hagrid. Mais certains ont du mal à se lever aujourd'hui. » répondit Ron, un demi sourire aux lèvres.

« Il est tout de même 14h01 » grommela le professeur, en sortant une montre de son manteau aux poches multiples. « Regardez moi, je suis resté jusqu'à la fin de la fête et je suis levé depuis 9h00 ce matin . Les jeunes aujourd'hui… »

Ils retinrent tous les trois un sourire, c'était bien la première fois qu'Hagrid était à cheval sur l'horaire.

Harry se dit qu'Hagrid était vraiment passionné par son métier. Les demiguises…mais qu'est-ce que c'était déjà ? Il s'en rappela soudain, Hermione avait parlé des capes d'invisibilité. Bien sûr. Il avait lu quelque chose sur elles, des sortes de singe aux poils argentés. C'était d'ailleurs avec leur fourrure qu'on fabriquait les capes. Cependant, il ne se rappelait absolument pas des «glumbumbles ». Il sortit de ses pensées et voulut se réintégrer à la conversation mais il put seulement entendre Hagrid s'exclamer, en se tapant une main gigantesque sur le front :

« La fête bien sûr ! J'allais oublier ! » Il se tourna vers lui, toutes les dents découvertes par ce sourire qui ne le quittait plus. « Félicitations Harry ! »

Mais Harry remarqua à peine l'expression incrédule d'Hermione, ni la brusque toux de Ron qui était presque aussi rouge que ses cheveux.

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Severus Snape se dirigeait calmement vers la chambre du préfet en chef de sa maison. Il maudissait par moment la dévotion qui liait les Serpentards à Draco Malfoy. Il était persuadé que Draco sortirait, il ne pouvait tout simplement pas rester enfermé et il le savait très bien ; Pansy Parkinson ne lui avait rien appris.

Il aurait désiré connaître l'état d'esprit de Draco, c'était tout. Il soupira d'agacement. Il en était réduit à aller voir cet imbécile de Duc.

Il blâmait encore le jour où Dumbledore lui avait rendu visite, un rictus malicieux sur sa figure ridée. Lorsqu'il était ressortit de ses appartements une bonne heure plus tard, le maître des potions comptait un tableau de plus à ses murs. Un tableau extrêmement curieux, et beaucoup trop loquace à son goût. Autant dire que la toile n'était pas restée une semaine entière dans son salon.

Il lui avait au moins trouvé une activité utile.

Lorsqu'il avait commencé à s'inquiéter pour l'avenir de Draco, il avait orné le mur du couloir du premier étage d'une belle œuvre d'art. Et ce n'était que pure coïncidence si ce mur là donnait également sur l'intérieur de la chambre de Draco.

Il s'était rapidement assuré que le portrait ne puisse pas regarder vers l'intérieur du deux pièces, mais entendre.

Non seulement le Duc parlait énormément – en cela, Severus se félicitait de lui avoir assigné ce rôle d'espion ; « Henry » le prenait très au sérieux et savait alors se faire plus silencieux qu'une tombe – mais en plus, le maître des potions avait constaté chez lui un certain attrait pour la gente masculine. Il sentit un frisson désagréable lui traverser l'échine tandis qu'il se rappelait la soirée où il l'avait découvert – soirée qui l'avait convaincu de se débarrasser du portrait.

Et en plus de cela, ce tableau à la compagnie détestable – de l'avis de Severus – était excessivement susceptible. Et il se voyait contraint de rester tout aussi excessivement poli avec cet « œuvre » - on avait du payer cher l'artiste pour qu'il accepte de peindre le personnage – s'il ne voulait pas qu'elle lui cache certains renseignements.

Il prit une grande inspiration, résolu à garder son calme, et passa l'angle du couloir. Il voyait déjà les yeux du blond s'éclairer ; s'en était désespérant.

« Duc de Norfolk. » Severus hocha la tête à l'adresse du prénommé.

« Severus ! Comment allez-vous très cher ? »

Le dit Severus pinça fortement les lèvres.

« Bien, merci. Et vous même ? »

« Mais je vais parfaitement bien comme toujours . »

« Vous m'en voyez ravi. » Si seulement ce n'était pas le cas, pensait-il, déjà contrarié par le ton du lord.

« Que me vaut l'honneur de votre visite ? »

« J'aurais apprécié que vous me parliez de Mr Malfoy..et de Mr Potter. » Comme s'il ne le savait pas, Severus se retint péniblement de lever les yeux au ciel.

« Oh mais oui bien sûr ! Le jeune Draco… qui s'intéresse à Harry Potter. »

« C'est exact. D'ailleurs vous ne m'en aviez pas parlé. »

« Oh mais je ne le savais pas moi-même ! Figurez vous que je l'ai appris du comte de Bome, du deuxième étage, ce matin-même. Et puis, Mr Malfoy a également produit un délicieux soupir dans lequel j'ai cru comprendre le nom de sa Némésis – le destin n'est-il pas tragique ? - en y repensant bien, ce matin. »

Severus sentit sa peau se hérisser.

« Mais comme je le disais, je n'étais pas au courant ; ce jeune homme reste toujours silencieux, s'en est désespérant. » Et il n'y avait pas que ça, se dit Snape. « Mais il a envoyé une lettre hier soir, à son père semble-t-il. »

« Lucius Malfoy ? »

« C'est le nom qu'il a donné au hibou. »

« Et quoi d'autre ? »

« Harry Potter l'a vu pleurer… »

« Pleurer ? »

« Si vous saviez mon cher, comme c'était émouvant. » Le Duc se renfrogna quelque peu. « Malheureusement, je n'ai pas vu le visage de Draco, vous auriez du me placer autre part. Je ne vois pas derrière l'angle…Quoi qu'il en soit, j'ai entendu cette fille - je n'ai pas le souvenir de son nom - sangloter et peu après il est sorti de sa chambre. Je n'ai donc pas la certitude qu'il ait pleuré mais le jeune Potter était tellement ému – je suis certain que ce n'est pas pour cette fille absolument dénuée de charme – qu'il a également versé une larme. C'était tellement touchant…. »

Les serpentards pleuraient librement maintenant ? Mais où allait le monde ? …Ce tableau allait-il arrêter ses remarques déplaisantes ?

« Je reconnais qu'ils formeraient un joli couple.. »

« Pardon ? »

« Mais oui ! Vous n'avez pas remarqué ? Leurs physiques s'opposent et se complètent à merveille ! » Severus haussa un sourcil interloqué. « Imaginez la peau délicatement blanche du jeune Malfoy sur celle dorée de.. »

« Je n'ai pas besoin de plus de détails, merci. »

« Vous n'avez aucun sens esthétique, très cher. »

Le silence s'éternisa alors que Snape repensait à ce qu'avait dit l'imbécile. Potter avait pleuré ? Il le savait griffondor mais tout de même…Finalement, il reprit la parole.

- « Si je ne vous connaissais pas, je dirais que vous n'avez pas accepté de surveiller Mr Malfoy simplement parce que je vous l'avais demandé. »

- « Mais vous me connaissez bien mon cher Severus.. » La manière dont le Duc prononçait son prénom l'avait toujours profondément contrarié, et le tableau exploitait toujours ce sentiment, en parfaite connaissance de cause. « ..et vous êtes donc parfaitement conscient de mon attrait tout particulier pour les belles choses, n'est-ce pas ? » Le sourire en coin qu'il arborait également aussi souvent que possible avait le don de l'agacer au plus haut point. Mais quelqu'un pouvait-il lui rappeler pourquoi il s'obstinait à communiquer avec cette toile ? Le maître des potions fronça imperceptiblement les sourcils.

- « Quoi qu'il en soit, j'apprécierais que vous me teniez compte des agissements du jeune Malfoy. »

- « Mais bien entendu. Cela sera fait comme à mon habitude. » Allait-il un jour retirer ce rictus ironique de ses lèvres ?

- « Et comme à votre habitude, vous ne parlerez à personne de ce que vous apprenez au sujet de Mr Malfoy. »

- « Évidemment. »

- « Ni de Mr Potter. »

- « Ni de Mr …. » Le duc afficha une moue contrariée. Severus l'examina attentivement. « Pas un mot à leur sujet, bien sûr. »

- « Je vous en remercie. Maintenant, excusez-moi, j'ai un cours à assurer. »

- « Mais je vous en prie.. » Enfin, il allait pouvoir s'éloigner de ce personnage horripilant. « .., Severus. »

Encore cette même intonation. Severus ne put retenir le tic nerveux qui fit frémir ses épaules et prendre à ses lèvres un pli désagréable.

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Draco et Blaise se dirigeaient vers le parc. Et il ignorait superbement les œillades qu'on lui lançait.

Les élèves surpris qu'ils croisaient scrutaient importunément Draco, guettant la moindre faille sur son beau visage. Et ils s'éloignaient presque tous incrédules, était-ce bien le même homme que celui qu'ils avaient vu quelques heures plus tôt ? Ceux qui n'avaient pas assisté au spectacle final doutaient même de la véracité des dires qu'on leur avait rapportés.

Son flegme magistral à leur égard semblait les dissuader de l'aborder. En réalité, Draco n'avait jamais autant eu peur de sa vie.

Il risquait désormais beaucoup de choses. Le lord ne l'épargnerait plus. Et son père…Il espérait qu'il ne causerait pas trop de difficultés à Lucius. Mais il attendait anxieusement la réponse à son courrier de la veille.

Il lui avait annoncé ce qu'il allait faire, assez tôt pour ne pas pouvoir se décourager à la dernière minute, mais assez tard pour que le hibou ne livre la lettre que le matin-même.

Il redoutait la réaction de Harry. Et la dernière chose qu'il souhaitait faire était de se rendre au cours de soins aux créatures magiques.

Il ne supporterait plus de remarques acides après avoir avoué. Il ne voulait plus être l'objet de sa hargne.

Mais il souffrirait d'un dénigrement total de sa personne. Harry ne ferait pas comme s'il n'existait pas n'est-ce pas ? …

Cela faisait tellement mal lorsqu'il l'ignorait.

Il ne savait plus sincèrement ce qu'il désirait.

Il rêvait son amour, nûment.

Ils sortaient du château à présent. Encore quelques centaines de mètres.

Alors qu'ils étaient encore partiellement cachés de la cabane d'Hagrid, Draco s'arrêta. Lui avait une vue parfaite sur Harry. Et son souffle se bloqua dans sa gorge.

Il avait l'air purement offert aux éléments l'environnant. Draco voulait qu'il soit comme cela pour lui. Et uniquement pour lui.

Une envie intense lui comprima inexplicablement l'estomac.

Non, il n'avait aucune raison d'être jaloux.

Il admira le profil apaisé d'Harry. Il suivit la courbe de son visage, s'attardant sur les paupières aux longs cils qui, il le savait, renfermaient deux joyaux étincelants. Les cheveux foncés du jeune homme, retombant légèrement sur son front, ne faisaient que rehausser l'éclat de sa peau.

Les yeux de Draco se posèrent sur la bouche grenat d'Harry. Il éprouvait le désir fou d'embrasser ses lèvres charmeuses et outrageusement sensuelles.

L'air autour du brun crépitait de puissance calme, comme constitué de chrysobéryls chatoyants.

L'arbre contre lequel il se délassait, formant un dôme au-dessus de lui, conférait au superbe spectacle un caractère intime étrangement voluptueux aux yeux de Draco. Les rameaux les plus bas effleuraient à peine le jeune homme, tels des mains aériennes.

L'atmosphère ambiante se fit ouatée tandis qu'il parcourait l'onde émeraude qui baignait Harry. Le vide se fit dans son esprit.

Comment Harry faisait-il pour l'envoûter comme cela ?

« Draco ? »

Il se sentait tellement bien.

« Draco ! »

L'appelé cligna des yeux.

« Blaise ? Qu'y a-t-il ? »

Blaise lui jeta un regard étrange.

« Cela fait dix minutes que tu fixes Potter. » Il marqua une pause. « Cela dit, je dois bien avouer que tu as bon goût. Il est véritablement splendide. »

« Tu ne remarques rien ? »

« Je devrais voir quelque chose ? »

« Il est entouré d'une lueur jade. »

Blaise regarda plus attentivement.

« Je ne vois rien. »

« Mais pourtant, j'en étais sûr. Cela s'est estompé maintenant. »

« En tout cas tu es resté immobile assez longtemps…A ce moment-là, j'étais moi-même très attiré par Potter tout à coup… » Draco lui lança un regard noir. « ...mais seulement à ce moment-là. » Blaise accentua-le "seulement" .

« Dépêchons-nous. Il ne manque que deux griffondors pour le début du cours. »

Blaise acquiesça.

Alors qu'ils s'approchaient, Draco remarqua qu'Hagrid et les deux inséparables s'étaient mêlés à Harry. Il ne les avait même pas remarqués. Il détourna son regard d'eux, ne voulant pas rencontrer celui d'Harry.

Il pouvait encore rebrousser chemin. Mais il ne devait pas. Ses pas se firent difficiles alors qu'il franchissait les derniers mètres qui le séparaient du groupe.

Il nota distraitement l'arrivée de Neville Longbottom et de Dean Thomas derrière eux, avant de tourner la tête vers Harry, malgré lui.

Il fut aussitôt happé par la mer émeraude qui lui faisait face. Attiré inexorablement en ces profondeurs insondables. Submergé.

Il ne dut son salut qu'à Blaise qui lui écrasa discrètement le pied. L'échange avait à peine duré une seconde.

Il avait eu l'impression singulière et étourdissante d'être prisonnier d'un tourbillon désespérément vert.

Draco détourna vivement la tête, et adressa un bref signe de bonjour à leur professeur – ce qui surpris énormément Hagrid, depuis quand est-ce que les serpentards se montraient-ils polis avec lui ?

Son attention, il l'accorda au demi-géant les deux heures qui suivirent ; ne pensant même pas à une quelconque remarque sarcastique. Il dut faire des efforts de concentration inouïs pour étouffer l'envie irrésistible qu'avait son corps de graviter vers le griffondor aux yeux verts.

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Et ce qu'il essayait désespérément d'empêcher arriva. Il lui sembla replonger dans les étendues d'eau grise qu'étaient les iris de Draco, et son ouïe ne capta soudain plus rien d'autre qu'un silence lourd et étouffant. Devant ses pupilles rétractées défilaient les scènes qu'il tentait vainement d'occulter de sa mémoire. Les lèvres fines et satinées de Draco s'ouvraient sur des paroles douloureuses et des perles cristallines s'écoulaient de ses yeux tempêtes. Les images se superposaient dans sa tête et Harry ne distinguait plus les vraies de celles issues de son esprit troublé. La douce mélodie aux accords désespérés qui accompagnait Draco vint agresser ses oreilles, et il éprouva le besoin de l'écouter jusqu'à en être dégoûté.

Que lui avait-on fait ? Il devenait fou.

A suivre

….Je suis impardonnable vv. De plus, on ne peut pas réellement parler d'action ; il ne se passe pas grand chose... pour l'instant. Quoique, si vous regardez bien certains passages…je n'en dis pas plus. ;)

D'énormes remerciements aux lecteurs qui ont lu (oui, c'est le but même d'un lecteur) jusqu'ici !

….

Et peut-être une petite review ?

Mel'

P.S : Mouahahaha ! Non vous ne connaîtrez pas l'identité de l'amour perdu de Severus ! …Mais j'aimerais quand même bien savoir ce que vous imaginez : ce n'est pas drôle, on me dit qu'on a une idée mais je ne sais pas laquelle, snif. Maintenant, je me triture les méninges pour deviner à qui vous pensez. Donc je me fais des idées sur l'idée que les lecteurs ont sur l'identité de l'objet de la passion de Snape. Pfffou, si ce n'est pas compliqué tout cela :)