Titre: Honesty

Genre: romance, drame

Couple : D.Malfoy H.Potter

Disclaimer : ... C'est écrit au début des chapitres précédents.

Note : Euh... Je crois que je suis même pas excusable pour le retard là. (quelqu'un se rapelle encore de cette fic ! )Je dirais simplement que : hé , ce chapitre fait 20 pages ! (gros sourire angélique) Quoi ça ne justifie rien ? ...Je suis martyrisée.Snif. lol Hum, en tout cas ce chapitre était fini depuis le 10 février, j'ai simplement pas pu le publier. Et oui, un virus m'a fait reformater l'ordi entièrement. Heureusement que je n'ai rien perdu de mes fics. Que dire d'autre ? Ah oui, j'ai bon espoir d'avoir terminé Honesty pour la fin de l'année (oui je sais qu'on en est au début). L'intrigue est bouclée. (Heureusement pour moi ) Enfin, je ne continue pas sinon je suis sûre que je vais dévoiler quelques petites choses sur la suite.

La chanson citée au début est de Michel Berger (j'aime bien la version de Véronique Sanson c'est tout ). Je sais qu'elle a déjà été employée par Lemoncurd dans Hold me, thrill me, kiss me, kill me (que je conseille vivement au passage ! ) mais je comptais déjà l'utiliser pour introduire le chap pas mal de temps avant; j'aurais pu trouver une autre chanson mais bon c'était celle-ci alors...Tant pis lol.

Et puis tiens, les fics que j'ai vraiment adorées : Mal de coeur de Geneviève Black (simplement merveilleux ...cela fait pas mal de temps maintenant qu'elle a été publiée ), Friend like me d'Eliane (très bien traduite) et Hold me, thrill me, kiss me, kill me de Lemoncurd (je viens d'en parler mais bon).

Dédicace : Un merci tout spécial à Aresse, qui m'a fait énormément plaisir en reviewant mon premier one shot HPDM. Tu m'as bien motivée je dois dire !

20 pages, le 20 février 2005


RAR :

Mifibou : On verra bien comment l'histoire finira ;) . Cependant je suis contente de savoir que tu liras la suite ! Merci beaucoup pour ta review !

Princesse Magique : C'est sûr que si je pouvais publier plus vite ce serait bien mieux ... euh j'en suis capable au moins ? Oo Plus vite que pour cette fois ça c'est sûr (ce serait inquiétant sinon lol ) Merci ! Bisous.

Angel-blue : La patience est une vertu (à ce niveau là, les lectrices sont des saintes ! ... euh, quoique ...je ne sais pas si certains slash sont bien raisonnables lol ). Je m'excuse pour le retard, surtout que je suis aussi très impatiente quand je veux avoir la suite d'une fic (hé, moi je sais comment ça va se finir alors je prends mon temps lol . Non, sincèrement je vais essayer d'aller un peu plus vite quand même.) Merci pour ta review !Bisous !

Hermymoon: Et bien, simplement merci beaucoup d'avoir reviewé ! J'espère que ce chapitre te plaira !

BlackNemesis: Merci beaucoup ! Tout d'abord pour tes compliments (même si mes chevilles commencent sérieusement à enfler lol) et puis pour tes reviews, qui me donne la joie d'écrire (qui ne serait pas contente après une telle review ?). Je ne vais pas revenir sur tous les personnages, parce que tu comprends exactement ce que je veux faire passer; et puis je suis sûre d'échapper quelques détails pour la suite. (J'ajoute quand même que j'aime beaucoup ta vision de Pansy..) Tu me donnes envie d'écrire des chapitres qui ne sont pas prévus avant pas mal de temps (c'est pas très gentil ça lol déjà que suis en manque de temps) Enfin, pour Draco, il n'attend pas (à raison) de retour ou même de réponse à ses sentiments...On verra après (bien sûr ce seraitmagnifique si Harry l'aimait aussi mais où serait l'histoire ? lol ). Pour Severus, cela pourrait être Sirius...Mais qui me dit que mon cerveau farfelu ne va pas changer d'avis à la dernière minute (pitié pas Trelawney ) lol ?

Ca pour prendre mon temps je l'ai pris...Hum, hum. Sans commentaire. J'espère que tu appréciera ce chapitre ! Bisou ! P.S: Dis...juste comme ça...la suite de "Sortir des ténèbres"...c'est pas que c'est vital là mais... ben presque lol. Bon courage et bonne continuation pour la suite !

Lexy-Kun: T'appelles ça une petite review ! oO Bah, je dois dire que c'est pas mal quand même ! Tu as très bien trouvé les mots, j'étais toute émue en lisant ta review (j'en demande d'autres ! lol). J'aime bien aussi mon tableau; il n'était pas prévu pourtant au départ (comme quoi ! ) et maintenant j'ai bien envie de le faire réapparaître à quelques occasions ! Snape va agir (zut j'étais pas censée le dire ). Hum enfin tu verras plus tard lol . Je suis contente que tu aimes Pansy; j'avais justement essayé d'en faire une version différente; je vois que ça fonctionne alors je suis ravie lol (c'est vrai que dans certaines fics ( mais je ne les lis pas moins pour autant) elle est simplement réduite au rôle du bouledogue stupide, et complètement humiliée, c'est vrai que c'est drôle (c'est pas très gentil de dire ça mais bon lol) mais la bétise humaine a ses limites aussi lol ). Ah le "Félicitations Harry !" (j'ai bien ri en le mettant mais je suis tordue lol) , il n'est pas expliqué dans ce chapitre, il faudra attendre encore un peu ! (pas de chance lol) . Merci beaucoup pour ton message ! J'espère que tu aimeras le chapitre ! Bisous !

Oxaline: Contente que tu aies aimé ! Le passage d'Harry sous l'arbre était très important (je n'en dis pas plus lol). Notre griffondor n'a pas le choix en effet, et je pensais qu'il était important de l'exploiter . Tu aimes bien le duc alors ? lol Moi aussi en fait. On en entendra encore parler. Merci d'avoir reviewé ! Bisou !

Clôtho: Merci d'avoir prit le temps de me laisser un message :) Ca me fait plaisir !Ce chapitre-ci est encore plus long que le dernier ! (et l'attente a aussi été beaucoup plus longue ...enfin bref). L'inspiration ne manque pas (parfois je me demande sic'est un bien ou un mal). Bisous !

Aria: Euh c'est pas un mois cette fois-ci ! ... Quatre mois, c'est pas pareil lol. Je suis désolée d'avoir mis autant de temps ! (mais le chapitre est plus long) Fais un gros bisous à Didi de ma part, je viens juste de récupérer mon ordi suite à un virus et je n'ai pas encore repris Msn messenger. En tout cas merci pour ta review ! lol Bisou !

Zoomalfoy : Kikou ! C'est pas grave que tu n'aies pas reviewé aussitôt ! Au moins, j'ai été agréablement surprise de la recevoir après tout ce temps ! J'espère que tu ne t'ais pas infiltré ton manuel de maths ! Quel horreur ! (je hais les maths)

Et pour moi, c'est un réel plaisir de lire tes reviews ! Et vi, Draco est vraiment très très amoureux (je suis trop romantique lol). Super bazooka à tête chercheuse avec tronsçonneuse intégrée ? Oo Houlà mon pauv' petit Harry. C'est pas sa faute, tout lui tombe dessus sans prévenir lol ! (j'aimerais bien moi si c'était une déclaration d'amour pareille ).Tu ne l'as jamais utilisé ? Bon il a des chances de survie alors. (ouf)

Lupin ou Lucius ! C'est un des deux. Si, si. En fait, nan lol. Mais peut-être que...Non je ne dirais rien (mwahahaha). Merci d'avoir donné ton avis en tout cas ! lol

Mes migraines sont bien passées (depuis le temps lol) même si parfois ça revient, ce n'est que passager. Merci de t'en inquiéter :) Tous mes voeux de bonheur également ! (je te l'ai déjà dit, mais on le dit jamais assez ! ) Gros bisous ! Mel'

Aresse: Merci pour toutes tes reviews ! Ca m'a fait très très plaisir ! J'espère que tu aimeras ce chapitre aussi ! Effectivement (pour ta review à Amour et solitude) la musique, les poèmes, ou tout simplement certains paysages m'inspirent. Je pense que ce que je fais les jours où j'écris influence grandement mes écrits. Par exemple, j'ai commencé ce chapitre à la plage (on était en Décembre et l'eau était très très froide oui je confirme, mais la plage est tellement plus belle en hiver). Enfin je n'avais écrit que la première phrase, parce qu'après j'ai attendu 2 mois pour continuer lol. Mais ce petit passage là est bien tombé puisque qu'il rejoint quelque chose que j'avais prévu bien avant dans la fic. On découvrira ça plus tard. En tout cas merci pour tout !


Pour me comprendre, il faudrait connaître mes nuits,

Mes rêves d'amour, et puis ces longues insomnies,

Quand vient le jour, la peur d'affronter la vie.

Pour me comprendre, il faudrait avoir rencontré

L'amour, le vrai, vous comprenez le grand amour

Et savoir qu'après à quoi sert de vivre encore un jour.

Pour me comprendre, Véronique Sanson


Chapitre 4

Entretiens particuliers

Les deux heures de soins aux créatures magiques s'écoulèrent à la même allure que les grains de sable poussés sur les dunes; tantôt soulevés en vagues par une bourrasque trop brusque, tantôt à peine caressés par l'air au goût de sel.

Harry ne savait pas pourquoi il s'imaginait soudainement au bord d'une mer qu'il n'avait jamais connue. Il s'agissait simplement d'une image qui s'était imposée à lui après le bref contact visuel qu'il avait échangé avec Draco Malfoy. Il poussa un très faible soupir, inaudible, et se concentra sur Hagrid. Le professeur de soins aux créatures magiques leur exposait, souriant, les principales caractéristiques d'une demiguise. Harry se demanda vaguement comment Hagrid comptait s'y prendre pour leur montrer une créature invisible.

- « Pour l'instant, elle est ici. » Hagrid leur indiqua une sorte de cage tout en bois et très spacieuse. « N'oubliez pas que les demiguises sont très craintives. Il n'est pas impossible que vous repartiez sans même l'avoir aperçue. » Il accorda la parole à Hermione qui levait la main.

- « Je pensais qu'elles n'étaient invisibles que lorsqu'elles se sentaient menacées ? »

- « C'est une bonne remarque, Hermione. Les demiguises font très rarement confiance aux hommes. C'est pour cela qu'il n'existe que très peu de capes d'invisibilité. Les chercheurs mettent plusieurs années pour pouvoir toucher une demiguise. »

- « Pour quelles raisons étudie-t-on ces créatures ? » Draco, voyant qu'Hagrid paraissait indigné, ajouta pour plus de clarté, « Les chercheurs ? »

- « Ah oui ! On ignore toujours comment les demiguises peuvent se rendre invisibles. » Hagrid ne remarquait pas que tous les regards étaient fixés sur Draco Malfoy, guettant une réaction qui ne venait pas. « Vous savez que les potions d'invisibilité sont très complexes à réaliser, les ingrédients nécessaires à sa composition étant très rares. À ce jour, on ne connaît que la potion et les capes pour se rendre invisible. Imaginez les progrès que l'on ferait si l'on perçait le secret des demiguises. »

Draco pensa qu'en temps de guerre, cette découverte avantagerait surtout le camp qui en serait l'auteur.

« Il n'existe pas d'autres moyens de se rendre invisible ? Je croyais que les sorciers y arrivaient à l'aide d'un sort ? »

« Non Harry. Le griffondor fronça les sourcils. Pourtant, Dumbledore le faisait. « Certains sorciers en sont capables, mais ils sont très peu nombreux. Il ne s'agit pas d'un sort, et il faut être puissant pour réussir… »Harry rougit, se disant qu'il avait manqué une occasion de se taire.

À présent, les têtes étaient tournées vers Harry. Draco se demanda un instant

pourquoi le brun rougissait. Il n'y avait pas de quoi …

« Mais revenons en au sujet principal ! Si les demiguises sont si craintives à notre égard, il faut savoir que c'est suite à la traque dont elles ont été l'objet pendant presque 200 ans. Lorsqu'elles ont été découvertes, vous devinez que certains se sont vites aperçus du profit qu'ils pouvaient tirer de leur fourrure. Cela fait 40 ans qu'elles sont classées espèce protégée. »

Harry en conclut que des demiguises avaient certainement été tuées pour sa cape. Après reflexion, même si c'était le cas, sa cape était bien pratique et ne pas s'en servir aurait été idiot.

« La femelle se trouvant ici… » Hagrid tapota presque religieusement la caisse de bois, « …est actuellement invisible. Vous allez procéder très lentement et doucement. Ne l'effrayez surtout pas. Elle n'est pas dangereuse, il n'y a aucune raison pour que vous la craigniez. » Il jeta un coup d'œil à Neville qui se tordait nerveusement les mains. « J'espère que vous réalisez la chance que vous avez, cette petite est réellement rare. » Hagrid parlait amoureusement. Il prenait son rôle très au sérieux depuis l'année passée et ses cours étaient intéressants à suivre. Ils étaient surtout beaucoup moins dangereux.

Le professeur fit léviter la caisse à l'intérieur d'une cage immense et pourvue de végétation puis pénétra lui-même dedans et fit signe aux élèves d'en faire autant. Il referma la porte et se tourna vers eux.

« N'ouvrez surtout pas la porte avant que je vous le dise. Elle pourrait s'échapper. »

Hagrid leva ensuite lentement l'un des panneaux de bois de la petite caisse. Harry ne vit rien mais remarqua qu'une branche au dessus d'eux s'était abaissée. Il observa curieusement l'endroit, espérant pouvoir l'apercevoir.

« Vous allez vous rendre tour à tour près de cette branche. Elles sont toutes à votre hauteur, vous pourrez l'attraper. Restez simplement à côté, si la demiguise vous juge sans danger, elle viendra d'elle-même vers vous. Qui veut commencer ? Dean ? »

Dean s'avança au niveau de la branche, silencieux. C'était étrange de le voir attendre, et bien, rien. Dean sursauta.

« Elle m'a touché ! »

« Bien, bien ! Nous avons de la chance ! » Il fit une pause. « Hum, M. Zabini peut-être ? »

Blaise leva les yeux au ciel mais s'exécuta. Draco sourit légèrement en voyant quelques mèches de cheveux de son ami se soulever toutes seules. Blaise recula immédiatement, fusillant du regard les griffondors aux sourires moqueurs.

Hermione s'avança à son tour mais ne ressentit qu'un léger frôlement sur sa joue. Harry se demandait s'ils verraient au moins une fois la créature lorsque Hagrid l'appela.

Il se rendit devant la branche et se trouva complètement ridicule. Il allait reculer lorsqu'il sentit un poids supplémentaire sur son épaule. Il ouvrit grand les yeux.

« Harry ? » Hagrid n'obtint pas de réponse, étant donné que le brun explosa de rire, s'attirant des regards incrédules. La demiguise s'amusait à lui effleurer le cou avec sa queue, aux endroits les plus chatouilleux.

Harry tâtonna dans le vide et sa main se referma sur un pelage extrêmement doux. Le chatouillis cessa. Il saisit avec hésitation la créature, les yeux fermés.

C'était étrange à voir, il tenait quelque chose, mais il ne portait rien.

Harry caressa très doucement la fourrure, se sentant étonnamment réconforté. Il entendit quelques exclamations et rouvrit les yeux, se retrouvant face à deux grands yeux noirs et tristes.

« Magnifique ! C'est extraordinaire ! Moi-même je ne l'avais pas vu ! Ne bougez surtout pas ! »

Harry observa l'animal. Elle ressemblait à un singe mais avait une tête très fine et des yeux plus grands que la moyenne. Sa fourrure était argentée ; c'était un très bel animal.

Draco se dit que Potter venait encore une fois de démontrer sa supériorité. C'était désespérant, vraiment, pensait-il, intérieurement admiratif.

« M. Malfoy ! Approchez, peut-être qu'elle ne disparaîtra pas. Allez, allez ! »

Draco sentit un frisson désagréable le long de sa colonne vertébrale. Imbécile de demi-géant.

Il fit quelques pas vers Harry, qui caressait toujours tendrement la créature. Stupide bestiole qui ne réalisait même pas sa chance. Le griffondor ne l'avait même pas remarqué.

La demiguise avait posé l'une de ses pattes ridiculement petites sur la joue d'Harry et le fixait étrangement.

Draco souffla.

« Potter ! »

Harry sursauta et se retourna vivement, surpris. Comme s'en doutait Draco, il n'avait pas entendu les directives d'Hagrid.

« Il faut que tu me donnes la demiguise. »

Laquelle remonta subitement sur la tête d'Harry et regarda curieusement le blond qui se sentait proche de la crise de nerfs.

« Bien sûr. »

Harry rougit, essayant d'attraper le singe qui se dérobait à ses mains.

Le spectacle était comique, presque ridicule, mais ce qu'Harry pouvait être adorable.

Finalement, le brun se saisit de la bête et la regarda l'air franchement désapprobateur. Il était étonnant de voir la vitesse à laquelle la bestiole l'avait adopté.

Harry regarda Draco qui l'observait tranquillement de ses grands yeux argentés et tristes. Il reporta son attention sur la demiguise, mal à l'aise.

« Harry ! Passe-là à Draco. »

Harry hocha la tête à l'attention d'Hagrid et s'approcha presque craintivement de Draco.

Le blond en fut blessé, inexplicablement. Harry ne l'aimait pas, d'accord. Mais il pouvait éviter de se montrer si dégoûté à son égard.

« Tu attends quoi Potter ! »

Harry rougit encore plus fortement et tendit les bras vers Draco, pour lui donner la demiguise. C'est le moment que choisit celle-ci pour disparaître, sous leurs yeux étonnés.

Blaise se retint d'exploser de rire. Harry et Draco étaient positionnés d'une manière telle qu'on pensait qu'ils allaient s'étreindre. Il jeta un œil à Granger qui rougissait légèrement et à Weasley qui fixait incrédule la scène.

Il plaignait sincèrement Draco. La situation du blond n'était pas des plus enviables.

« Euh…Allons, réapparais ! » Harry secoua légèrement la demiguise.

Draco trouva la bestiole insupportable. Il voulait s'éloigner le plus vite possible.

Harry replia ses bras, attrapa la créature d'une main, saisit le bras de Draco et lui remit la demiguise, puis recula vivement. Tout s'était passé tellement vite que Draco n'eut même pas le temps de réagir.

La demiguise réapparut et se retourna dans ses bras, regardant Harry d'un air accusateur avec un petit cri indigné. Draco resserra son étreinte et la bête reporta son attention sur lui.

Elle pencha la tête, comme pensive, puis passa ses longs bras fins autour du cou de Draco surpris et fixa Harry des yeux, sa petite tête enfouie dans le cou du blond.

Draco se sentit heureux, ne sachant pourquoi.

oOoOoOoOoOoOoOo

Une heure plus tard, Draco s'échappa avec soulagement du parc pour se diriger vers les cachots avec Blaise.

Alors qu'il passait les portes de hall, le blond se retourna, apercevant au loin Harry, la demiguise dans les bras, qui parlait avec Hagrid. Il continua son chemin vers le cours de potions avancées.

« C'est étonnant Harry ! Je ne comprends pas pourquoi elle t'aime autant. » Hagrid paraissait presque jaloux.

Harry s'était très rapidement attaché à la boule de poils argentée et regrettait de devoir la quitter si vite.

« Je ne sais pas non plus. » La créature s'amusait à tirer sur les cheveux du brun. « Elle a des yeux étonnants. »

« Oui, c'est une de leurs particularités. Leur regard est sans cesse mélancolique. Personne ne sait pourquoi. »

Harry saisit la femelle et la remit avec regret à Hagrid. Elle disparut à la déception du demi-géant mais resta sur celui-ci.

« On dirait qu'elle sait quelque chose dont nous n'avons pas conscience. »

Hagrid le regarda attentivement.

« C'est possible Harry. Bon, voilà mes élèves. Tu n'as pas cours ? »

« Non, pas maintenant. »

« Passez me voir quand vous voulez avec Ron et Hermione. »

« Oui, merci. À plus tard Hagrid ! »

Harry rejoignit ses deux amis, qui l'attendaient un peu plus loin.

« Alors, tu es tombé amoureux ? »

Harry regarda Ron avec de gros yeux.

« Euh, de la demiguise ? »

Les joues d'Harry se colorèrent, une fois de plus.

« Elle est très attachante. »

« Sans doute. Je ne peux pas vraiment le savoir, vu qu'elle n'a même pas voulu m'approcher. »

Harry sourit. Il trouvait agréable ces simples discussions, en compagnie de ses meilleurs amis. Le souvenir de deux iris tempêtes lui traversa l'esprit et il se mordit la lèvre. Il ne savait toujours pas quoi faire avec Draco Malfoy.

« Au fait, pourquoi tu as rougi quand Hagrid t'as dit qu'il n'existait que les potions et les capes d'invisibilité ? »

« C'est rien. »

Hermione le regarda sceptiquement.

« Tu connais quelqu'un qui peut le faire ? »

« Il y a Dumbledore. »

« Ce n'est pas étonnant. » Mais ça n'explique pas pourquoi il était mal à l'aise pensa-t-elle. « Pourquoi ne veux-tu pas me le dire, Harry ? »

« Mais ce n'est pas important. »

« Donc il y a quelque chose. »

Hermione sourit victorieusement.

Piégé. Peut-être qu'il devrait mieux surveiller ses paroles ?

« C'est juste que je pensais pouvoir le faire, ça m'aurait été pratique. »

« C'est tout ? Tu pouvais le dire avant. »

« Je t'ai dit que ce n'était pas grave. »

Ron les interrompit.

« Bon, et si on montait faire une partie d'échecs ? »

« Allez-y, je vous rejoindrai avant d'aller manger. »

« Ah c'est vrai. Tant pis…À plus tard ! »

Harry se dirigea lentement vers la bibliothèque. Il ne pouvait décemment pas dire à Hermione qu'il s'était rendu invisible un jour par inadvertance. En soi, ce n'était pas grave. Mais ça lui était arrivé dans une des classes abandonnées et ce pour une raison bien particulière. Il ne pouvait pas avouer à Ron que Ginny s'était rendue dans cette pièce avec Dean pour faire des choses pas très catholiques. Non, vraiment pas.

Les personnes qu'il croisait le toisaient d'une façon désagréable. Il entendit même quelques ricanements moqueurs. Harry leur lança un regard dégoûté et accéléra sa marche.

Les couloirs qu'il traversait maintenant étaient déserts. Il se demanda ce qu'il devait faire. Est-ce qu'il devait parler à Malfoy ou quelque chose comme ça ? Et il lui dirait quoi d'abord ?

Malfoy n'avait pas agi différemment en y repensant. En fait, Harry avait fait tellement d'efforts pour ne pas regarder le serpentard qu'il ne pouvait pas vraiment décrire ses faits et gestes. Mais il avait très bien entendu le « Potter » méprisant et, somme toute, habituel, qu'il lui avait adressé.

Harry ne comprenait rien.

Il fut très surpris de remarquer que ses pas l'avaient mené droit devant le mur qui abritait l'entrée de la chambre du serpentard. Il s'arrêta quelques minutes, l'esprit vide. Il consulta sa montre et constata qu'il n'avait plus qu'à courir s'il ne voulait pas arriver en retard. Il franchit le seuil de la bibliothèque à 16h30 précises, essoufflé et faisant, une fois de plus, l'objet d'attention des occupants de la salle.

Il rejoignit la réserve sous le regard naturellement suspicieux de Mme Pince et s'installa sur la seule table présente dans la pièce, avisant avec curiosité un ouvrage épais posé sur celle-ci.

Une petite porte dissimulée dans un mur s'ouvrit et Harry se retourna pour accueillir Rémus Lupin.

oOoOoOoOoOoOoOo

Severus Snape observa avec attention le préfet des serpentards pénétrer dans sa salle.

Aucune trace extérieure. Bien, au moins, il ne commettait pas l'erreur de tout miser sur son aveu.

Le maître des potions regarda son élève favori s'installer, de ces gestes gracieux qui le caractérisaient. Il fit un seul mouvement de main, sec et précis, puis commença son cours.

Draco s'assit et s'assura furtivement que le serdaigle à ses côtes ne remarquait rien. Des lettres se formaient sur sa feuille de parchemin vierge.

Veuillez rester à la fin de ce cours. J'ai à vous entretenir.

S.S

Évidemment, Draco aurait du s'y attendre. La journée lui parut soudain interminable, sans parler des regards excités qu'on lui portait à chaque coin de couloir.

Le blond ne voyait pas à quoi s'attendaient les autres. Les élèves le fixaient, ce qui pouvait paraître compréhensible, mais d'une façon particulière, comme s'ils ne comprenaient pas ce qu'il faisait.

Qu'est-ce qu'ils croyaient ? Qu'il allait chanter des sérénades tout au long de la journée et harceler Harry de ses soupirs ?

Si cela avait été aussi simple…

Il y avait les serpentards qui le scrutaient, sceptiques, paraissant se demander si Draco était réellement amoureux ou s'il préparait quelque chose.

Comme d'autres serpentards de sa connaissance, Draco avait dès son plus jeune âge suivi des cours de théâtre. Une mise en scène telle celle de la veille aurait été réalisable.

Draco eut soudain un doute. Harry pensait-il qu'il avait menti ? Cela serait le comble. Un autre que Draco aurait mordu sa lèvre anxieusement.

Il y avait les adeptes de Voldemort, trop jeunes, qui le regardaient froidement, dans l'ombre. Draco ne savait pas s'il devait les craindre ou non. À l'intérieur d'Hogwarts, il savait qu'il ne risquait rien. Mais dans moins de deux mois, il serait diplômé et en plein cœur de la guerre.

Il était surprenant de voir à quel point la soirée dernière allait bouleverser sa vie. Il ne s'agissait pas d'une déclaration bénigne entre deux adolescents normaux qui serait, au pire, la cause de simples crises de larmes, aussi douloureuses soit-elles.

Il s'agissait d'un aveu, d'une confession finalement sans réel but, qui serait peut-être la cause de sa mort. N'était-ce pas pathétique ? Pour un stupide amour sans espoir…

Les choses prenaient toujours une envergure différente lorsqu'on parlait d'Harry Potter. Draco se demandait si le griffondor était parfois conscient du pouvoir, de l'emprise qu'il avait sur les autres.

Il y avait également les regards curieux, en quête de nouveautés, qui n'intéressaient aucunement Draco.

Et les regards dégoûtés arrivaient, de deux catégories différentes. Ceux qui se sentaient trahis par Draco - les serpentards - et ceux qui le trouvaient abject - les griffondors - puis, ceux qui n'acceptaient pas un amour homosexuel. Malheureusement, il y avait des imbéciles partout.

Pour l'instant, les élèves semblaient plus préoccupés par l'identité des deux protagonistes que par leur sexe. Mais Draco savait qu'il ne s'agissait que d'une question de temps.

L'homosexualité était généralement mieux acceptée chez les sorciers, mais les sangs mêlés conservaient leurs préjugés moldus et les transmettaient aux sorciers. C'était des notions de ce type qui faisait que Draco méprisait les moldus et les sorciers issus de moldus. Il reconnaissait cependant que certains moldus étaient plus ouverts que d'autres sorciers. Il avait appris à faire la part des choses avec le temps.

Son père partageait les idéaux de Voldemort et Draco respectait cela. Il restait son père et il l'en aimait tout autant. Draco n'arrivait pas à imaginer qu'il puisse un jour devoir affronter son père. Il ne voulait pas.

S'il n'y avait pas eu Harry, sa vie aurait été beaucoup plus simple. Il serait devenu mangemort et aurait cru en ses idéaux. Après tout, que savait-on des réelles motivations de Lord Voldemort ? Il se serait peut-être interrogé sur la raison des ses actions, il aurait douté. Mais il serait resté du côté des ténèbres. Parce qu'il ne voyait pas pourquoi il aurait changé de camp. Bien sûr, il aurait faibli, qui ne le ferait pas ? Voldemort était à l'origine de nombreuses monstruosités. Mais avec la guerre, les meurtres et les tortures étaient d'actualité des deux côtés, il ne fallait pas se leurrer. Alors pourquoi aurait-il quitté des gens qu'il aimait et avait appris à connaître pour défendre une cause, certes juste, mais sans motivation ? Avant, il ne voyait personnes à protéger du « bon » côté.

Il était touché par Blaise, Pansy, Vincent et Grégory qui le soutenaient. Cependant, il ne savait toujours pas si ceux-là rejoindraient le camp « Dumbledore ».

Il serait seul. Il n'aurait pas Harry, il serait seul. Draco sentait une boule douloureuse dans sa gorge.

Il ne savait pas comment procéder. Devait-il aller trouver Dumbledore ? Sans doute. Il ne voyait personne d'autre. Il lui fallait l'un des conseils de son père. Draco se demanda comment Lucius allait réagir. Pas très calmement, à son avis. Il n'avait pas besoin d'une beuglante pour couronner le tout. Draco sentit un mal de tête fatiguant envahir ses tempes.

La fin du cours approchait dangereusement et Draco appréhendait l'entrevue qui allait suivre. Severus Snape était l'un des mangemorts les plus brillants de Voldemort. Il forçait le respect et inspirait la crainte parmi les troupes mangemoriennes. Il entretenait des relations plutôt amicales avec Lucius Malfoy et Draco avait été habitué très jeune à côtoyer le maître des potions.

Le serpentard aimait bien Severus Snape, mais il ne le redoutait pas moins. Il ne savait pas pourquoi Snape voulait le voir exactement. Essayer délicatement de le ramener à la raison ? Draco ne changerait de toute façon pas d'avis, c'était inutile.

Le maître des potions était bien trop subtil pour des menaces. Mais alors comment allait-il l'aborder ?

Draco attendait avec un mélange de curiosité et d'angoisse la discussion qui, il ne le savait pas encore, resterait marquée dans son esprit.

La sonnerie retentit, signalant la fin de la journée de cours de Draco et celui-ci s'avança apparemment paisiblement vers le bureau professoral.

Severus Snape le regarda un court instant.

« Bien, Monsieur Malfoy. Vous n'avez pas d'urgence aujourd'hui n'est-ce pas ? »

« Non, Monsieur. »

« Parfait ! Nous pourrons alors parler. »

Le professeur observa le dernier élève restant sortir de la salle et referma la porte d'un geste de la main, avant de lancer un sort de silence sur la pièce.

Draco se sentit pris au piège. Il redressa fièrement la tête et fixa son professeur qui, à sa grande surprise, adopta un léger rictus amusé - chose très inhabituelle sur son visage sévère.

« Ne vous inquiétez pas, Draco. »

Le blond resta silencieux.

« Peut-être pourriez-vous vous asseoir ? »

Draco opta pour l'une des tables du premier rang au lieu de faire apparaître une chaise. Cela pouvait sembler ridicule mais la hauteur lui donnait l'impression illusoire de mieux contrôler la situation.

« Alors comme cela, tu es tombé amoureux d'Harry Potter ? »

Severus Snape dominait totalement la situation. Draco était complètement décontenancé. La phrase paraissait tellement incongrue de la part de Severus Snape. Draco eut l'impression singulière d'être pris pour un idiot ; sous cet angle, il lui semblait qu'il venait confier ses problèmes de cœur à son directeur de maison.

« C'est cela. »articula-t-il difficilement.

« J'ai besoin de savoir, Draco. Es-tu réellement sérieux ou est-ce qu'il s'agit d'un plan visant à nuire à Harry Potter ? Tu ne veux pas sincèrement rejoindre le camp de Dumbledore ! »

Draco trouvait étonnante la facilité avec laquelle Snape le tutoyait et le traitait, presque, familièrement. Il allait avouer, confirmer. Advienne que pourra.

« Je souhaite… » Draco avala sa salive « …gagner le camp de Dumbledore, Monsieur. » Il y eut un bref silence. « Je n'adhère pas aux idéaux de… » Il hésita. « …Voldemort. »

Rien, aucun frisson. Snape le considéra d'un œil nouveau.

« Sais-tu que tu risques beaucoup en me disant ça ? »

Autant jouer le tout pour le tout.

« Je le sais. Dans tous les cas, vous ne pouvez rien me faire ici. » ajouta Draco avec impertinence.

Il avait de l'assurance, et du cran, constata Severus. Enfin, il avait surtout de la chance que Severus ne soit pas mangemort. Néanmoins, Snape apprécia le trait de caractère typique des Malfoy, cette fierté qui ne les quittait pas. Draco était le digne fils de son père.

« Tu sais que c'était particulièrement stupide, d'agir comme tu l'as fait ? »

Draco détourna la tête, vexé, mais il ne l'aurait avoué pour rien au monde..

« Évidemment que tu le sais. Et qu'en pense Lucius ? »

« Je ne sais pas encore.. »

« Hum…Tu es déterminé ? »

« Oui. »

« Tu comptes aller trouver Dumbledore à quel moment ? »

Severus leva un sourcil interrogateur. Draco le regarda, incrédule.

« Pardon ? »

« Il me semble que la meilleure des sécurités est celle que peut t'offrir le directeur. »

Draco n'y comprenait plus rien.

« Mais…je…Vous… »

Brillant. Oh ! Il était vraiment pitoyable. Snape le menait par le bout du nez.

Draco réalisa soudainement. Mais c'était impossible !

« Tu n'es pas au courant des rôles de chacun dans cette guerre Draco. C'est un jeu dangereux. »

« Vous ! Vous êtes…un espion ? »

Severus hocha la tête, le laissant abasourdi. Le si fidèle, si réputé mangemort, un espion ?

« Tu es conscient de ce que tu as fait ? Il n'y a plus de retour possible. »

« Je sais. »

Draco était réellement chamboulé, la discussion était surréaliste, et le masque d'indifférence qu'il s'imposait s'était fait la malle.

« La guerre fait rage dehors. Vous n'en êtes pas assez conscients à Hogwarts. Dumbledore assure une sécurité parfaite mais les étudiants sont complètement tenus à l'écart. »

Draco voulut protester mais Snape ne lui en laissa pas le temps.

« C'est un fait. J'imagine que tu veux poursuivre tes études. Médicomage, n'est-ce pas ? »

Draco acquiesça.

« À l'heure actuelle, nous ne savons même pas si les universités seront encore ouvertes l'année prochaine. Les attaques se répètent. Contrairement à ce qu'affirme le ministère, Voldemort à l'avantage, c'est certain. »

« Et pourquoi y a-t-il un arrêt des attaques en ce moment ? »

« Personne ne sait. Le Lord programme quelque chose, c'est tout ce qu'on peut avancer. »

Snape marqua une pause.

« À ta sortie d'Hogwarts, tu seras inévitablement mêlé aux combats si tu choisis de nous rejoindre. »

« Nous ? »

Draco était un peu perdu.

« C'est maintenant que tu dois choisir. Soit tu restes caché jusqu'à la fin, qui n'arrivera peut-être pas, soit tu combats aux côtés de l'Ordre du Phœnix. »

« L'ordre secret. » souffla Draco.

« C'est cela. Celui que Voldemort cherche à démasquer. »

Cela faisait beaucoup de choses à assimiler d'un coup. Draco releva fièrement la tête.

« Je me battrai. »

Snape le jaugea du regard, peu surpris.

« Soit. »

« Je…Qu'est-ce que je dois faire ? »

« Oh, pour l'instant, rien du tout. Rejoins moi dans mon bureau ce soir, à 21 h. Nous irons voir Dumbledore. »

« D'accord. »

Draco hésita quelque peu avant de poser sa question.

« Est-ce qu'Harry Potter fait parti de l'Ordre ? »

« Évidemment. » Snape sourit presque. « Après tout, il est l'espoir du monde sorcier, n'est-ce pas ? »

« Sans doute. »

Snape le regarda pensivement, puis se leva. Draco l'imita.

« Vous l'aimez réellement Mr Malfoy ? »

« Oui. Vous ne désapprouvez pas ? »

« Ce sont vos choix. »

Draco se sentit soulagé.

« C'est très romantique de votre part… » ajouta Snape sarcastiquement, sa voix sonnant plus sérieuse sur la fin cependant « votre destin pour sa vie. »

Draco rougit, il ne put s'en empêcher.

« S'il vous plaît, Monsieur ! »

Snape ricana.

« Je vous attends pour 21h. »

Draco se dirigea vers la porte.

« Un conseil Mr Malfoy, ne sous estimez pas Harry Potter. »

Draco le regarda, interrogatif. Snape n'ajouta rien. Lorsque la porte fut fermée, le maître des potions se rassit. Draco Malfoy lui plaisait.

Il tourna la tête vers une fenêtre enchantée, suivant des yeux un nuage sans vraiment le voir, puis murmura doucement.

« Bonne chance. »

Le maître des potions entreprit de corriger les nombreuses copies qui s'entassaient sur son bureau.

oOoOoOoOoOoOoOo

« Harry ! »

« Bonjour Rémus. »

Rémus Lupin étreignit Harry Potter avec affection.

« Tu vas bien ? »

« Mieux. Mais et toi ? La pleine lune est proche… »

« Je vais profiter de cette journée pour redemander de la potion Tue-loup à Severus. »

Il y eut un léger silence paisible.

« Ca me fait plaisir de te voir Harry. Cela fait trois mois. »

Harry hocha la tête, les yeux brillants. Il aimait beaucoup Rémus.

« De quoi s'agit-il cette fois-ci ? » demanda Harry en pointant du menton l'épais volume sur la table.

« Métamorphose. »

« Animagus ? »

« Exactement. D'après Dumbledore, tu as déjà bien progressé. » »

« Euh, oui… »

Harry baissa les yeux, se maudissant d'être si transparent.

« Quel est le problème ? »

Rémus semblait légèrement inquiet. Harry décida de le lui montrer. L'ancien maraudeur cligna des paupières. Devant lui se tenait une magnifique panthère noire au poil luisant et aux yeux félins d'un vert éclatant.

Le châtain s'accroupit, passant une main perplexe sur la tête velue.

« C'est incroyable. En à peine un an… »

La panthère pencha la tête sur le côté et un instant plus tard, un jeune homme brun prit sa place.

« C'est si surprenant ? » dit Harry en se relevant.

« On peut le dire, oui. Je ne vois personne qui y soit arrivé si rapidement. »

« Je me suis bien entraîné. » fit remarquer le brun.

Rémus le regarda, sceptique. Décidément, c'était la journée, se dit Harry.

« Tu y as passé combien de temps ? »

« Euh, pas plus de trois heures par jour tu sais. »

Rémus prit un air préoccupé.

« Tu n'as pas réglé tes problèmes de cauchemars ? »

« Les potions ne font plus effet. »

« Il faut que tu parviennes à maîtriser l'occlumencie. Tu n'as plus le choix, Harry. »

« Mais je n'y arrive pas ! »

« Harry, tu ne dors plus. »

« J'y suis habitué ! Je ne suis même plus fatigué. »

« Ce n'est pas sain. Et on ne sait pas ce qu'il pourrait arriver. Rappelles-toi Sirius, Harry. »

« Je sais ! »

Harry se sentait au bord des larmes. Il détestait sa vie. Pourquoi Rémus n'était-il pas simplement content de ses progrès ? Il fut attiré dans l'étreinte réconfortante de l'homme.

« Je suis quand même très fier de toi, Harry. C'est une très belle panthère. »

« Oui…Merci. » Harry sourit. « Mais ce n'est pas très discret pour me déplacer dans Hogwarts. »

« Je te l'accorde. »

Harry se dégagea des bras de Rémus et s'assit devant la table. Rémus s'installa en face de lui, regardant avec regret le grimoire entre eux.

« Je n'ai plus qu'à t'enseigner autre chose. »

Les coins de la bouche du brun se relevèrent devant l'air désolé qu'affichait Rémus.

« Qu'est-ce qu'il se passe dehors ? »

Rémus prit de suite un air sérieux.

« Tu sais que je suis censé ne rien te dire. »

Harry leva les yeux au ciel.

« Je sais, oui. »

« Bien. » Rémus sourit, amusé. « La dernière bataille date déjà de deux mois et quatre jours. La situation est inquiétante. Mais cette période de répit nous est profitable. Le moral remonte lentement malgré tout. »

« Et au niveau des victimes ? »

Le visage de Rémus s'assombrit.

« Des meurtres bien précis, visant généralement de hauts fonctionnaires du Ministère. Il y a trois jours, Sclafani a été retrouvé. »

« Quel état ? »

« Pensionnaire à St-Mangouste. Apparemment, il a subi un très fort traumatisme. Il ne parle plus, se recroqueville dès qu'on le touche. »

Harry frissonna.

« J'imagine que cela n'est pas bon pour le ministère. »

« C'est le moins qu'on puisse dire. Le commandant en chef de la brigade des aurors détruit psychologiquement, ça a fait du bruit. Il était très protégé. On pense à un traître au sein du ministère. »

« Et Fudge ? »

« On pense qu'il va être destitué. Il est jugé trop indécis. »

« C'est pas trop tôt. » répliqua Harry.

Le brun reprit après quelques secondes.

« Et l'Ordre ? »

« Aucune victime depuis la dernière fois. »

Harry se sentit soulagé.

« Tu as des nouvelles des Weasley ? »

« Arthur est débordé et Molly s'inquiète. Bill et Charlie sont en mission pour l'Ordre. »

« Et Georges ? »

« Il commence à s'en remettre, petit à petit. »

« C'est bien. » murmura Harry.

Il baissa les yeux. Fred était mort en octobre, devant son jumeau qu'il avait sauvé.

« Percy ? »

« Avec Molly. »

« Ok… »

Rémus reprit la parole avec précaution.

« Tonks s'est fait attribuer l'ordre de Merlin 2nde classe. »

« C'est ridicule. » Harry secoua la tête. Comme si elle en avait besoin maintenant. « J'aimerais les voir. Ils me manquent. »

« À moi aussi, Harry. »

« On ira mettre des fleurs ? »

« Dès ta sortie d'Hogwarts. »

Harry fixa ses mains. Rémus brisa le silence qui s'était installé.

« Tu as l'air perturbé Harry. Il s'est passé quelque chose ? »

Rémus fut intrigué par la rougeur des joues d'Harry.

« Alors ? »

« Comment tu réagirais si une personne que tu hais et qui te hais aussi - enfin normalement - te disait qu'elle t'aime, et tout ça publiquement ? C'est une blague, non ? Je veux dire, c'est pas possible ? Parce que… »

« Calme-toi, je ne comprends rien ! »

« Désolé… »

Un silence inconfortable s'installa.

« De qui parles-tu exactement ? »

« Je…c'est… » Harry ne parvint pas à prononcer son nom.

« Quelqu'un t'as fait une déclaration ? » Harry hocha la tête. « Ça ne te dérangeais pas avant Harry. Il y a bien eu Ginny et puis Melle Patil. » Harry acquiesça de nouveau. « Ah et Melle Chang. Et puis une serdaigle, quel était son nom déjà ? Et aussi… »

« C'est bon Rémus ! »

Rémus sourit, narquois.

« Alors, il existe quelqu'un qui ne veut pas te lâcher, Casanova ? »

Le loup-garou s'amusait franchement de la situation.

Harry ouvrit de grands yeux à l'image qui s'imposa à lui : Draco Malfoy accroché à sa jambe et refusant de lâcher prise. N'importe quoi. Harry rougit et se prit la tête dans les mains pendant que Rémus éclatait de rire.

« Qui est-ce alors ? »

Harry secouait la tête, ayant d'un seul coup envie de pleurer. Il ne voulait pas. Il n'arrivait pas à rire de la situation, parce que Malfoy avait été …indéfinissable. Rémus ne vit rien de tout cela.

« Lavande Brown ? Luna Lovegood ? Ce n'est quand même pas une serpentard ? Ou alors… »

« C'est Draco Malfoy. » annonça Harry, des sanglots brisés dans la voix.

Le rire joyeux, si précieux en ces temps, qui résonnait dans la réserve s'estompa aussitôt. Rémus était effaré.

« Le fils de Lucius Malfoy ? Celui qui te faisait toujours plein de coups bas ? »

Harry leva la tête, révélant ses yeux verts débordants au loup-garou.

« Je sais pas quoi faire. C'est pas normal. Il peut pas…Il peut pas… »

Rémus se leva, contourna la table et vint entourer Harry de ses bras.

Harry était tellement fragile par moment que le cœur du loup se serrait inexplicablement dans sa poitrine.

oOoOoOoOoOoOoOo

Les portes de la Grande Salle s'ouvrirent sur un Draco à l'allure princière, comme chaque soir.

Il se dirigea vers sa place, encadré de Blaise et Pansy, ayant une conscience bien aiguë du bruit que produisaient leurs pas dans le silence inhabituel qui occupait la salle.

Il s'assit, puis haussa un sourcil à l'attention des serpentards l'entourant, lesquels reprirent leurs conversations précédemment interrompues, comme si de rien n'était.

Les autres tables les fixaient, incrédules. Les serpentards n'étaient décidément pas des gens très nets, c'était l'avis unanime. Le brouhaha coutumier à l'endroit se fit entendre peu de temps après, rendant à la salle son allure normale.

Rémus, assis aux côtés de Severus Snape assista à la scène et se demanda soudain si Harry n'avait pas omis quelques détails de l'histoire. D'accord, le griffondor avait dit « publiquement » Mais Rémus avait l'impression que quelque chose d'énorme lui échappait. C'est pourquoi il décida de s'adresser à son voisin de droite, gardant un œil curieux mais discret sur la tête blonde de la table des serpentards.

« Severus ? »

« Oui, Lupin ? »

« Pardon mais, peut-être pourriez vous m'expliquer la raison du soudain mutisme des élèves ? »

Severus Snape l'observa de ses profonds yeux noirs.

« Je veux parler de Draco Malfoy. » ajouta patiemment l'ancien professeur de défense.

« Vous connaissez les élèves, excités pour un rien. »

Severus ne savait pas vraiment quoi répondre, une première. Rémus s'impatienta légèrement.

« Mais il s'est bien passé quelque chose non ? »

« Vous m'excuserez mais je dois parler à Dumbledore. »

Snape se leva et rejoignit le directeur qui le suivit ensuite vers une petite pièce à l'écart des autres - plantant là Rémus, complètement ahuri. Severus Snape ne pouvait tout simplement pas fuir une conversation. Si ?

Lorsqu'ils passèrent derrière Rémus, Dumbledore passa une main sur son épaule.

« Heureux de vous revoir Rémus. »

« Moi de même Albus. »

Le vieux directeur se détourna mais Rémus l'apostropha à son tour.

« Albus, quel est le problème avec Draco Malfoy ? »

« Je dirais simplement que vous avez manqué un grand spectacle hier soir, Rémus. »

Dumbledore s'éclipsa aussitôt avec le maître des potions. Rémus était perplexe. Mais que s'était-il passé ? On aurait presque dit qu'il s'agissait d'un sujet tabou.

Rémus prit connaissance des faits auprès d'une Minerva MacGonagall toute gênée. Il fut forcé d'admettre qu'il était étrange d'entendre que « Mr Malfoy avait, suite à un karaoké, fait une déclaration d'amour à Mr Potter. » L'information paraissait si peu importante, si semblable aux potins habituels des étudiants, qu'elle en était risible.

Harry franchit les portes essoufflé, en retard une fois de plus. Il traversa la salle jusqu'à la table des griffondors à laquelle il entama une discussion avec Ron et Hermione.

Rémus eut presque envie de rire. La réaction des élèves avaient été strictement identique aux deux arrivées si différentes.

Le contraste entre leurs deux attitudes était saisissant. Draco était amoureux d'Harry. Non, Rémus n'arrivait vraiment pas à réaliser.

oOoOoOoOoOoOoOo

Draco observa la figure souriante d'Harry qui répondait avec animation à Weasley.

Il lui semblait que quelque chose dans son attitude n'allait pas, comme souvent. Il avisa les yeux très brillants et trop beaux d'Harry et réalisa que le griffondor avait pleuré.

Son cœur se fit soudain plus lourd.

Il le regarda rire à l'une des blagues stupides du roux et la nourriture dans sa bouche prit un goût amer.

Personne d'autre ne remarquait l'éclat trop vif des yeux d'Harry. Ce n'était pas flagrant bien sûr, mais ses amis auraient dû le voir.

Draco voyait Harry discuter avec un léger sourire presque insouciant et il avait envie de crier. Regarde moi ! Ne m'ignore pas ! Je t'aime !

Il ne le fit pas. Il n'alla pas non plus saisir le griffondor par les bras pour le secouer et l'embrasser jusqu'à perte de souffle devant les yeux hallucinés des autres, comme cela le démangeait.

Il se leva simplement et quitta la pièce pour la salle commune des serpentards.

oOoOoOoOoOoOoOo

Harry était assis devant le feu de la salle commune des griffondors, Ron et Hermione sur un divan à côté.

« Tu lis quoi Harry ? »

« Magie basée sur l'air. »

« C'est difficile à maîtriser d'après ce qu'en j'en sais, ça. »

« Je me renseigne c'est tout. » Harry haussa les épaules.

Un silence confortable s'installa entre les trois amis.

« Dîtes… »

Ron et Harry se tournèrent vers Hermione.

« Vous pensez que Malfoy est mangemort ? »

Ils se regardèrent pensivement puis Harry replongea dans son livre. Le craquement du bois, le bruissement des pages tournées et les chuchotis familiers constituèrent un paisible fond sonore pendant une dizaine de minutes, jusqu'à ce qu'Harry se lève.

« Je vais voir Rémus. »

« Tu veux qu'on vienne ? »

Ron le suivait déjà.

« Non, merci, ça ira. Je reviens vite de toute façon. »

« T'es sûr ? »

« Mais oui, ne vous inquiétez pas comme ça. »

Harry franchit le tableau de la Grosse Dame. Il était 20h15.

oOoOoOoOoOoOoOo

Draco observait tranquillement Pansy et Blaise qui se disputaient à propos d'il ne savait trop quoi.

Il sentait les regards se poser sur lui puis s'éloigner, indécis. Il se demanda si l'un de leurs propriétaires oserait venir le trouver.

Il était légèrement anxieux à l'idée que dans quarante minutes il serait face à Dumbledore et Snape.

Draco n'appréciait pas vraiment le directeur et il n'aimait pas l'idée de devoir en passer par lui pour rejoindre le « bon » camp. De toute façon, il n'avait plus trop le choix.

Il était incroyablement soulagé du fait que Severus Snape soit en réalité un espion pour le compte de l'ordre. Il était un serpentard et c'était rassurant de trouver quelqu'un qui le comprendrait et qui ne le jugerai pas. Il savait qu'il aurait beaucoup de mal à intégrer l'Ordre du Phœnix.

Draco se rendit soudain compte qu'il possédait une information qui pourrait changer le cours de la guerre. Severus Snape était un espion. Il lui suffisait de l'annoncer à Théodore Nott assis quelques mètres plus loin en s'en était fini de l'homme.

Le blond se leva, nerveux.

« Draco ? »

« Je sors. Je rejoindrai directement ma chambre, ne m'attendez pas. »

Il s'éloigna sous le regard inquiet et triste de Pansy Parkinson. Blaise soupira.

« Quoi ? »

« Rien. C'est juste que parfois ça paraît tellement évident que je me demande comment nous ne l'avons pas remarqué avant. »

Pansy acquiesça, soupirant tristement à son tour et regardant d'un œil morne le siège où se tenait quelques instants plus tôt le prince de leur maison.

Draco fixait sa montre avec fébrilité. Dans 35 minutes, il s'engagerait.

Il avança lentement le long des couloirs sombres, son ombre se découpant à la lueur des torches.

Le bureau de Snape était à l'autre bout des cachots.

Il se prépara mentalement à sa prochaine entrevue, envisageant en pensée les questions qu'on pourrait lui poser et les réponses qu'il devrait y apporter.

Il s'appuya contre un mur, se demandant tout à coup ce que faisait Harry à ce moment là. Peut-être errait-il comme lui dans un couloir de l'autre côté du château ?

Il pensa aux grands yeux verts lumineux d'Harry, à son rire communicatif, à ses gestes plein de douceur et d'hésitation et sentit une bouffée d'espoir l'envahir.

Perdu dans ses pensées, il perçut soudain un appel sourd s'infiltrer dans sa tête ; un ordre insidieux envahit son esprit.

Il s'écarta du mur presque avec prudence et reprit sa marche.

Il se sentait confus et ses iris étaient brumeux. Il laissa ses pieds le guider, complètement hypnotisé.

Il s'arrêta devant une simple porte en bois, cachant l'une des nombreuses salles de classe d'Hogwarts.

Il vit sa main se lever et s'approcher de la poignée, comme un papillon attiré par la flamme. Ses doigts se refermèrent, sans qu'il n'y puisse rien, sur le bouton de porte et son poignet se tourna.

Il pénétra dans la salle. Le claquement de la porte derrière lui le sortit de sa transe.

Il leva la tête, indécis.

Il plongea dans deux profondes émeraudes, espérant ne jamais en sortir.

Il était 20h30.

A suivre…


Euh...

Mel' recule tout doucement.

Héhéhé. (rire craintif)

Cherche désespérement un petit panneau vert avec "exit" dessus.

Gulp.

J'suis désolée. C'est pas gentil de finir comme ça, j'en conviens. Mais bon, la vie est cruelle. Si, si.

Ca ne bouge pas encore trop dans ce chapitre, mais il était nécessaire. Il contient aussi plus de dialogues... J'aimerais bien une demiguise... En fait, j'ai remarqué qu'elles étaient pas mal utilisées en ce moment dans les fics ces adorables créatures, j'espère qu'en parler aussi ici n'aura pas été de trop.

Le prochain chapitre... On y trouvera les conversations tant attendues ...Héhéhé.

Bon ben, des petites reviews m'encourageraient bien lol ! Dans tous les cas, merci de m'avoir lue !

Mel'