Honesty

Genre: romance, drame, updates longues à venir

Couple : D.Malfoy + H.Potter (euh si on peut dire... rame, rame, rameur, ramez, on avance à rien dans c'canoé lalalala (ah les chansons de mon enfance snif))

Spoilers :jusqu'au tome 5, le 6 n'est pas pris en compte

Disclaimer : Je ne sais même pas comment on a pu confier mon petit Draco à la méchante Rowling ……Nan mais c'est vrai quoi ! Comment elle a pu faire ce qu'elle a fait dans le tome 6 ? Ouiiiiiiiin

Note : Voilà finalement le chapitre 10 ! Il en aura fallu du temps ! Je suis plus que désolée pour le retard, mais je n'ai pas pu faire autrement…Quant au chapitre, il est un peu plus court que prévu, mais j'ai trouvé que c'était un bon moment pour couper (héhéhé).

Merci beaucoup à tous ceux qui ont reviewé ! Les RARS anonymes se trouvent sur mon LJ à l'adresse suivante (sans les espaces bien sûr :p) : http/ mel-amarain. livejournal. com/


Chapitre 10

Échappée et rencontre

« Hé ! Qu'est-ce que tu fais ! » s'exclama Blaise lorsque la panthère qu'il ne considérait plus que comme un chat - aux proportions certes respectables - lui agrippa soudainement le poignet.

« Mais arrête ! Tu vas m'arracher le bras ! »

La panthère le relâcha alors mais se saisit aussitôt de sa cape, réitérant son action.

« Tu veux que je te suive ? » demanda Blaise, interloqué.

Il comprit à la position de l'animal - les pattes avant plaquées au sol et l'arrière-train relevé - que c'était effectivement ce qu'il attendait de lui. Le serpentard se releva donc, d'un geste peu assuré.

Harry tira encore plus fort sur la cape en s'avançant vers la sortie

« Hé minute ! Du calme ! Je te suis, mais tu lâches ma cape », protesta le brun en récupérant le tissu déchiré de la gueule de la panthère. Il prit un air dépité qui amusa fortement Harry.

« On croirait que tu le fais exprès.. »grommela Blaise. Harry se composa une mine toute innocente, et fit quelques pas de plus vers le couloir.

« Attends moi au moins! »

Quelques minutes plus tard, Blaise s'efforçait de suivre la panthère qui courait joyeusement dans les dédales d'Hogwarts.

« Hu…Ralentis!..J'en…peux plus moi ! » fit-il péniblement,appuyé contre un mur. Harry fit demi-tour et vint le toiser d'un air moqueur.

« Sale bête ! …J'ai…pas…quatre pattes…moi ! » finit-il par articuler péniblement entre deux lourdes inspirations.

« En plus tu devrais faire attention. Je te signale que même s'il fait nuit, il peut y avoir du monde dans les couloirs ! » réprimanda-t-il en pointant du doigt la panthère. Il s'interrompit soudain, stupéfait.

« Merde, je parle à une panthère.. »

Harry ronronna de contentement.

« Je suis fou » rigola Blaise en se passant une main dans les cheveux. « Bah, ça fait bien deux heures que le couvre feu est passé …» constata-t-il en regardant sa montre. « On va dire que je ne suis plus moi, à cette heure-ci. » sourit-il.

Harry se dit que c'était également son cas, mais à ce moment-là il n'en avait strictement rien à faire. C'était bon de se laisser aller, sans rien avoir en tête. Il avait envie de ne plus réfléchir, et de s'amuser comme une simple panthère aurait pu le faire.

Une semaine était passée depuis qu'Harry avait suivi Blaise pour la première fois dans la salle végétale, comme il avait pris l'habitude de l'appeler. Il s'était finalement avéré que le serpentard se rendait fréquemment dans cette pièce, et le griffondor l'y avait rejoint presque tous les soirs de la semaine. Harry ne restait jamais très longtemps avec Blaise, mais ce dernier le caressait toujours derrière les oreilles durant un quart d'heure dans le silence le plus complet.

Le griffondor avait fini par s'attacher un peu au serpentard. Il attendait tous les soirs dans l'espoir que ce dernier lui confie quelque chose, comme il l'avait fait par deux fois auparavant. Seulement les seules choses qui daignaient s'échapper de la bouche de Blaise étaient des soupirs.

Ce soir-là n'avait pas échappé à la règle, mais Harry avait décidé de rester plus longtemps étant donné qu'il s'agissait d'un vendredi. Le mouvement relaxant des doigts sur sa fourrure et la fatigue qu'il accumulait depuis quelques semaines avaient eu raison de lui et il s'était endormi aux côtés du serpentard.

Lorsqu'il s'était réveillé une demi-heure plus tôt, il avait trouvé Blaise également assoupi, adossé au mur, la main posée mollement sur son dos. Il s'était levé en faisant attention à ne pas troubler le sommeil du serpentard, puis il s'était transformé. Il avait beau adorer sa forme de panthère, il n'en restait pas moins que ses facultés humaines lui offraient bien plus de facilités.

S'assurant préalablement de l'état de Blaise à l'aide d'un sort de léthargie avancée, il s'était mordu la lèvre avec un peu de culpabilité mais avait lancé sans sourciller un charme d'hypnose sur le serpentard.

Il s'agissait d'un sortilège complexe, mais qu'Harry avait trouvé bien utile, et surtout légal. Il se rapprochait énormément des méthodes d'hypnose moldues, à savoir plonger l'individu en transe avant de l'interroger. La réussite n'était pas garantie, mais elle reposait principalement sur le lanceur du sort. Il fallait avant tout mettre en confiance la personne interrogée, et cela n'était possible qu'à travers les intentions de l'hypnotiseur. En effet, ces dernières étaient automatiquement révélées à l'ensorcelé, qui pouvait faire blocage dès qu'il le souhaitait. L'énorme avantage de ce charme était que Blaise ne se rappellerait de rien.

Harry avait donc procédé à l'interrogatoire en règle du serpentard, qui ne l'avait à aucun moment interrompu. Voulant simplement comprendre et savoir s'il était en sécurité par rapport à Blaise, rien que le fait que le brun ait répondu à toutes ses questions sans rechigner l'avait rassuré.

Harry aurait pu passer des mois avec le serpentard sans réellement savoir ce qu'il se tramait dans la tête de ce dernier, et vu l'époque qu'ils traversaient il ne pouvait pas se permettre de s'attacher à quelqu'un si facilement. Il aimait beaucoup rejoindre le serpentard sous sa forme de panthère, mais celui-ci ne le considérait justement que comme un animal. Concernant Harry Potter, Blaise pouvait penser tout autre chose.

Ainsi, cette entrevue d'une quinzaine de minutes l'avait rendu tout simplement heureux. Il savait qu'ils étaient en guerre et que si beaucoup d'élèves d'Hogwarts se retournaient sur son passage c'était parce qu'ils voyaient en lui le futur vainqueur de Voldemort. Cependant, Blaise ne faisait pas partie de ces élèves-là…

« Que penses-tu d'Harry Potter ? »

« Bizarre. »

Harry écarquilla les yeux.

« Bizarre ? » reprit-il en pouffant derrière sa main.

« Il est célèbre mais n'en profite pas, il… »

« Attends tu dis qu'il n'en profite pas ? »

« Non. »

Ça c'est la meilleure.. Avec tout ce qu'il m'a lancé comme remarques à ce sujet, songea Harry.

« Et ensuite ? »

« Il n'est pas un griffondor type, il est solitaire, il n'a pas voulu de Ginny Weas… »

« Stop. » Blaise débitait automatiquement et tellement vite qu'Harry avait un peu de mal à suivre. « Un griffondor type ? » demanda-t-il curieusement.

« Il s'arrête. Il prend du recul et il réfléchit. Les griffondors foncent toujours stupidement…Il l'était, mais…Il a changé. »

« Tu remarques beaucoup de choses… » murmura Harry.

« C'est Draco. »

« Hein ? » Pertinente remarque, se morigéna le griffondor. « Qu'est-ce qu'il a fait encore Malfoy ? »

« Il a pas arrêté de dire que Potter avait changé tout au long de la sixième année. Alors, je l'ai observé aussi. »

« Ok. » Harry fronça des sourcils. « Qu'est-ce que tu prévois pour Harry Potter ? »

« Je ne comprends pas. » Le regard flou de Blaise se brouilla légèrement.

« Que penses-tu qu'il va lui arriver ? »

« Je ne sais pas… » Harry soupira. « Il va mourir, non ? » La respiration du griffondor se bloqua dans sa gorge. « Je ne crois pas. Il s'en sort toujours. C'est pour ça qu'il est étrange. Mais le Lord veut qu'il meure. Je ne sais pas. »

« Et que veux-tu qu'il lui arrive ? » demanda faiblement Harry.

« Qu'il vive. Je crois…c'est le seul à pouvoir vaincre…il l'a déjà fait alors… »

« Il n'y a que lui qui peut le faire forcément » finit le griffondor d'une voix amère.

« Je ne sais pas. Peut-être. Il a l'air de pouvoir. Mais c'est injuste pour lui. »

« Injuste ? »

« Il est le seul, alors il doit le faire. »

Y en a au moins un qui l'avoue…pensa tristement Harry.

« Tu n'es pas un partisan de Voldemort. » réalisa-t-il soudain. Blaise trembla fortement.

« Non. »

Il y a de l'espoir parmi les serpentards aussi, pensa le survivant avec un regain d'énergie.

« Et quoi d'aut…? Ginny ! » Harry sourit victorieusement en comprenant finalement. « Tu es amoureux de Ginny Weasley ? » s'étonna-t-il finalement. Trouver qui était la griffondor qu'aimait Blaise était assez satisfaisant, mais le fait que ce soit Ginny ne lui était pas venu à l'esprit une seule seconde jusque là.

« Oui. » Le serpentard prit un air doux à ce moment-là, et Harry se dit qu'il n'avait pas à pousser plus loin de ce côté-là, après tout ça ne le regardait pas…La curiosité le démangea pourtant.

Il réfléchit alors un instant à une éventuelle question, sans idée précise. Il savait que Blaise ne voulait pas faire partie des mangemorts, ça lui suffisait. Mais vouloir ne voulait pas tout dire..

« Vas-tu faire partie des mangemorts ? »

« Je ne sais pas. Je ne veux pas. Je ne peux rien faire. Je.. » Le visage du serpentard se contracta douloureusement.

« Ça suffit… » l'interrompit doucement Harry.

« Que sais-tu sur…Hum, non. Disons, que penses-tu de Draco Malfoy ? » reprit le griffondor quelques minutes plus tard en se maudissant d'aborder le sujet qu'il s'était juré de ne justement pas aborder.

« Incompréhensible. »

« C'est-à-dire ? » demanda justement avec incompréhension Harry.

« Il agit contrairement à ses principes pour quelqu'un qui se fout de lui. »

Harry décida de ne pas développer plus la question. Il allait rompre son charme quand il songea à une question toute simple mais bien souvent révélatrice.

« Quel mot décrit le mieux Harry Potter selon toi ? »

Blaise mit quelques temps à répondre.

« Puissance. »

Il avait défait le sortilège, et Blaise s'était rendormi. Le griffondor avait donc reprit sa forme de panthère et avait patienté. Plutôt morose au début, il s'était finalement dit dans l'ensemble le résultat était positif. Après tout, il y avait la possibilité que le serpentard ne devienne pas mangemort, et s'il était assez intelligent pour voir qu'Harry n'égalait pas Voldemort, il pensait qu'il avait des chances.

Entendre cela de la bouche d'un serpentard avait étrangement redonné confiance à Harry.

Il s'était couché sur le flanc, étalé de tout son long, attendant avec impatience que le serpentard ouvre les yeux.

Ginny… En pensant à la rouquine, une étincelle de malice était venue s'installer dans les yeux verts de la panthère.

Il n'aimait pas Ginny, du moins pas plus que comme une sœur, et cela l'avait attristé quand il l'avait quittée après être sorti avec elle l'année précédente. Elle avait beaucoup pleuré, et il savait dorénavant que les larmes ne faisaient qu'embellir son visage. Mais il ne regrettait pas cette séparation.

Il avait enchaîné relation sur relation après Ginny, dans l'espoir qu'elle se mette en colère et arrête de pleurer. Cela avait un peu trop bien marché. Elle l'avait savamment abreuvé d'insultes avant qu'ils ne se réconcilient au terme d'une longue discussion. Aujourd'hui ils s'entendaient bien, et Harry savait parfaitement qu'il avait pris la bonne décision.

Mais penser au couple qu'elle pourrait former avec Blaize Zabini lui avait donné envie de rire. Il s'était très bien imaginé la tête que ferait Ron à l'annonce d'une telle nouvelle.

Le garçon s'était alors réveillé, un air un peu confus sur le visage. C'est à ce moment-là qu'Harry s'était saisi de son poignet.

A présent, il regardait le serpentard chercher son souffle, une main crispée sur le mur.

La panthère s'éloigna de nouveau, incitant le serpentard à la suivre. Ils se retrouvèrent très rapidement en train de courir à toute allure à travers les couloirs, et atteignirent en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire le hall du château.

Blaise s'arrêta soudain, sachant parfaitement qu'ouvrir les portes produirait du bruit. La panthère s'avança cependant paisiblement vers celles-ci, et le garçon ne fut qu'à moitié étonné de voir un pan de bois s'écarter silencieusement devant l'animal. Il se glissa à son tour à l'extérieur, le vent venant aussitôt effleurer sa peau.

Tout était calme au-dehors, et les deux compagnons ne firent aucun bruit en descendant les marches du château. La panthère s'assit au bas des marches, regardant quelque part vers le lac.

Ils restèrent ainsi quelques minutes, avec pour seul bruit de fond le clapotis de l'eau sur les rochers. Il faisait agréablement frais dans le parc.

Blaise regarda malicieusement la panthère, qui quant à elle ne lui prêtait aucune attention. Il s'élança alors à pleine vitesse vers le lac, sous les yeux ébahis d'Harry. Le griffondor ne mit cependant pas longtemps à se prêter au jeu, et rattrapa aisément le serpentard qui accéléra dès qu'il le vit à ses côtés.

Ils firent ainsi la course jusqu'aux bords du lac, la panthère arrivant première, Blaise riant comme un fou derrière elle.

Comme libéré d'un poids, Harry eut la soudaine envie de rire lui aussi, bien qu'il ne le puisse pas sous sa forme animale. Il tourna autour du garçon de manière joueuse, les éclats de Blaise n'en finissant pas. Puis il tira soudainement sur le bas de sa cape.

Blaise n'eut le temps de pousser qu'un « hé ! » à moitié étranglé avant de tomber dans le lac…et d'en émerger dégoulinant.

« Argh ! Merde ! C'qu'elle est froide ! » cria-t-il en prenant une grande inspiration.

Trempé et à moitié sonné, glissant sur les galets, il s'aperçut alors de l'air tout bonnement hilare de la panthère postée sur la rive. Il prit un air sadique et s'empara de sa baguette.

Harry, s'efforçant de résister à la tentation de se transformer et de rire aux éclats, se prit littéralement une douche froide. Il lui sembla que trois seaux d'eau gelée venaient de lui tomber dessus.

Son attention se reporta alors sur le serpentard mort de rire, toujours pataugeant.

« Quelle tête ! Haha haha ! » Il essaya péniblement de respirer, avant de repartir de plus belle. Puis de se stopper en avisant la posture du félin. « Euh… Non. Non non non ! » Il reculait doucement dans le lac, priant pour que, non, la panthère ne décide pas de plonger. « Ne saute pas ! Les chats n'aiment pas l'eau ! NAAN ! »

Le son de sa voix fut étouffé par le bruit de la collision entre le corps imposant de l'animal et l'eau. Blaise perça la surface en recrachant l'eau qu'il avait avalée, ses yeux le piquant, un sourire étirant malgré tout ses lèvres.

Il cherchait des yeux la panthère lorsqu'il se sentit tiré vers le fond.

« Hhuuuuu ! Toi ! » s'exclama-t-il pour la deuxième fois lorsqu 'il eut retrouvé l'air libre.

Harry s'efforça de revenir vers le bord, mais ils entamèrent rapidement une bataille d'eau, à grand renfort de coups de pattes pour Harry et de brasses pour Blaise. Le garçon riait à n'en plus finir.

Il se hissa finalement péniblement vers la rive, à court de souffle, et s'assit sur un rocher en fermant les yeux.

« Blaise ? » Il sursauta au son de la voix et ouvrit vivement les yeux. « Mais qu'est-ce que tu fais ? » demanda avec ahurissement Draco, qui se tenait à quelques mètres de lui. « T'es malade ! Heureusement que je t'ai vu d'une fenêtre là-haut et que j'ai fait attention à ce qu'aucun prof ne te voit ! »

Blaise ne fit que sourire. Le préfet le regarda suspicieusement.

« Tu te sens ..bien ? » demanda-t-il avec précaution.

« Oui ! Mieux que jamais Draco, tu peux pas savoir ! Ça fait trop de bien ! » s'exclama-t-il joyeusement.

« De te baigner dans le lac ? » demanda le blond incrédule.

« Mais non. » Le serpentard émit un rire bref. « De rire. De m'amuser. C'est génial, ça faisait longtemps. » finit-il avec un petit sourire.

« Je ne vois pas trop ce qu'il y a de drôle, mais enfin… »

« C'est la panthère ! J'ai couru avec une pan-thé-re ! J'en reviens pas ! » s'exclama-t-il gaiement.

« Panthère ? » Draco haussa un sourcil sceptique. « Blaise, t'es tout seul là. »

« Hein ? »

Effectivement, maintenant qu'il lui faisait remarquer, en regardant aux alentours il ne voyait plus aucune trace de l'animal. Il poussa un soupir déçu.

« Tu l'as faite partir.. »

« Désolé alors. » fit sarcastiquement Draco. « Tu ferais mieux de te dépêcher avant qu'on se fasse prendre dehors… »

« Ouais, ouais.. » maugréa le serpentard en se relevant péniblement.

« Qu'est-ce qu….! »

Blaise n'eut le temps de voir passer qu'un éclair noir, avant de regarder Draco tomber comme au ralenti, et se rapprocher inexorablement de la surface du lac, et….

Il éclata de rire.

« Bordel ! C'est FROID ! BLAISE ! » Voir Draco dans le même état que lui un peu plus tôt ne fit qu'augmenter son hilarité. Blaise crut qu'il allait s'étrangler.

Grelottant et mort de froid, Draco se dirigea vers la rive furieusement, avant de se figer à mi-chemin, les yeux fixés dans ceux moqueurs du félin dont son ami parlait tant.

« Toi…. » susurra-t-il doucereusement. « Ça va se payer ! » s'exclama-t-il rageusement en se dirigeant vers Harry.

Malheureusement pour lui, les pierres n'étaient pas ce qu'on pourrait appeler stables, et il se retrouva la tête dans l'eau deux secondes plus tard.

« Mais arrête de rire toi ! » s'écria-t-il en apercevant Blaise écroulé sur son rocher, lorsqu'il parvint sur la rive et s'y agenouilla pour reprendre son souffle.

« Désolé, je …! HAHAHAAA ! »

Il pouvait presque s'imaginer une veine battre furieusement sur la tempe de son meilleur ami, et à vrai dire Blaise n'était pas loin de la vérité.

« RAH ! Je vais l'étriper ta panthère ! » gronda Draco.

Harry s'éloigna craintivement du blond, parce qu'à vrai dire, il ne pouvait pas grand-chose sous sa forme animale. Il trouva refuge derrière Blaise, qui pour une fois arrêta de s'esclaffer et l'agrippa entre ses bras mouillés.

« Tu lui fais pas de mal Draco. » protesta-t-il.

Le blond cligna simplement des yeux, regardant son meilleur ami trempé essayer de protéger une panthère toute aussi dégoulinante, un air surprotecteur sur le visage. Ridicule.

Il étouffa un rire derrière sa main, sous le regard incrédule de Blaise.

« Hé ! Bah je t'en prie, fous-toi de ma gueule ! » souffla-t-il dépité.

Draco ne put retenir plus longtemps son hilarité.

« Je rêve ! Dray je te préviens, je vais te balancer dans le lac !» menaça-t-il.

« C'est cela oui. » se calma tout de même le préfet. L'eau froide, très peu pour lui.

« C'est la fameuse panthère ? » s'amusa-t-il.

« Ouais ! » répondit fièrement Blaise, comme s'il avait été pour quelque chose dans la présence de l'animal.

Harry se dégagea de son étreinte et se secoua dans l'espoir de faire partir l'eau de sa fourrure. Il regarda distraitement les deux serpentards discuter, indécis quant à ce qu'il devait faire. Il se sentait bien, et relaxé. Mais il prenait peu à peu conscience du fait qu'il s'agissait là de Draco Malfoy et de Blaise Zabini, deux serpentards qu'il était censé exécrer.

Il fut tiré de ses pensées par la voix enjouée du brun.

« Allez Dray, je sais très bien que tu les trouves belles les panthères noires ! »

« Ce n'est pas parce qu'elle t'aime bien que ce sera pareil pour moi, Blaise.. » contredit Draco.

« Je te dis que tu peux l'approcher. Elle va pas te manger non plus. » déclara-t-il comme s'il s'agissait de l'absurdité la plus totale.

Draco le regarda d'un air critique.

« Tu as légèrement tendance à oublier qu'une panthère est un animal à potentiel fort dangereux. » ironisa-t-il.

« N'importe quoi. Elle est totalement inoffensive, tu le vois bien. Allez, je te dis qu'il n'y a pas de danger. » affirma-t-il en le poussant doucement dans le dos.

« Ouais, elle m'a quand même sauté dessus pour me mettre dans le lac. » maugréa le blond.

« C'est un jeu. » sourit Blaise.

Harry vit Draco s'approcher très prudemment de lui, comme dans l'expectative. Il se figea. Il n'allait pas laisser Draco Malfoy lui gratter les oreilles ? Il en aurait rougi de gêne.

En attendant le blond s'avançait plus franchement. Harry s'écarta à la dernière minute, alors que la main du préfet ne se trouvait plus qu'à une vingtaine de centimètres de son museau.

Draco désamorça son geste d'un air déçu.

« Je crois que je n'ai pas de chance avec les animaux.. »murmura-t-il.

« N'exagère pas, tu as réussi à apprivoiser une demiguise l'autre jour.. » intervint Blaise.

« Hm, pas vraiment, je l'ai juste récupérée. Il avait déjà fait tout le boulot. »

« Ah oui, Potter et son extraordinaire don avec les animaux. » plaisanta Blaise.

« En tout cas, il a plus de chance que moi. » sourit Draco.

« Ça c'est pas dur. » le nargua l'autre serpentard.

Le préfet grimaça.

Harry les observa confusément, ne se sentant plus à sa place. Il recula rapidement, sous le regard désolé de Draco, avant de s'enfuir vers les portes du château.

« Bah elle ne te connaît pas encore assez. » rigola Blaise. « On verra bien la prochaine fois. »

« Oui. Peut-être.. » répondit pensivement le blond. « Elle a les yeux verts n'est-ce pas ? »

« Oui, pourquoi ? » demanda curieusement le brun. « Ah, toi et ton obsession des yeux verts. » se moqua-t-il ensuite gentiment.

« Je t'emmerde Blaise. »

« Je plaisantais » sourit narquoisement celui-ci.

« Hm.. » grogna Draco.

Un courant d'air plus froid que les autres les fit frissonner

« Je crois qu'il vaudrait mieux rentrer. » constata Draco en enroulant ses bras autour de lui.

« Tout à fait d'accord. » approuva vivement Blaise.

Ils se précipitèrent vers le hall.

oOoOoOoOoOoOoOo

Lorsque Harry pénétra dans le Grande Salle ce samedi matin-là, la première chose qu'il remarqua fut l'ambiance morose qui régnait à la table des Serpentards.

Il ne lui fallut que quelques secondes pour s'apercevoir que cet état de fait reposait sur les deux septièmes années avec qui il s'était amusé la veille. Il grimaça à cette pensée. Il ne put cependant retenir un sourire à la vue de Blaise et Draco, enchaînant apparement sarcasme sur sarcasme, entre deux éternuements. En clair, ils s'étaient tous les deux attrapés un bon rhume.

Le griffondor avait paré à cela en anticipant avec une potion avant de se coucher.

Il se mit à table avec Ron et Hermione, se servant distraitement une assiette d'œufs brouillés.

« Vous avez prévu quoi aujourd'hui ? » demanda soudain sa meilleure amie.

« Rien..Et toi Ron ? » répondit Harry en mâchouillant un toast.

« Bah rien non plus. »

Il y eut un moment de silence prolongé.

« Charmante après-midi en perspective. » ironisa Hermione.

Les deux garçons soupirèrent de concert.

« Tu n'as pas de recherches à faire 'Mione ? » interrogea le brun.

« J'ai tout fait. »

« Et les Aspics ? » demanda Ron avec incrédulité.

« J'ai décidé de me reposer un petit peu, je n'ai pas le droit ? » répondit-elle sèchement.

Le roux lança un regard peu convaincu à Harry, mais acquiesça tout de même.

« Je crois que je vais essayer, tu sais, la magie du feu. » intervint alors le brun aux yeux verts.

« C'est vrai ? » s'exclama Hermione. « C'est fantastique Harry ! Tu as lu le livre ? »

« Oui… Mais j'aurais besoin d'aide.. Enfin, si vous voulez bien.»

« Bien sûr ! » répliqua la brune d'un air réjoui. « Pas vrai Ron ? »

« Hein ? Bah oui, bien sûr. Mais euh..faut faire quoi exactement ? »

« A vrai dire, c'est une magie difficilement maîtrisable .. J'aurais besoin d'aide en cas de, euh, dérapage. » dit Harry avec gène. « Et puis, certains sorts se réalisent à plusieurs. » ajouta-t-il.

« Je peux venir avec vous ? » s'incrusta alors Neville.

Le trio le regarda d'un air surpris, semblant avoir oublié qu'il n'était pas seul.

« Bien sûr ! » se reprit Harry avec un sourire.

« Pas de programme non plus pour cet après-midi ? » rigola Ron.

« C'est la déchéance totale pour les griffondors de septième année. » répondit Neville, faussement apitoyé.

Ils se sourirent avec complicité.

« Et Dean et Seamus au fait ? »

« Ils voulaient faire un truc tous les deux…Je suis pas au courant. » déclara Neville de

manière élusive. « Tu veux commencer après le p'tit déj' Harry ? »

« Oui, pourquoi pas. »

La conversation dériva rapidement sur le sujet qui occupait alors la une d'à peu près tous les journeaux du moment: le massacre des 150 habitants d'un petit village sorcier deux jours auparavant.

« Je hais les panthères.. » maugréa Draco, essayant vainement de trouver la motivation dans son café.

« Oh ça va hein… » Blaise se moucha bruyamment. « De toute façon, tu seras le premier à vouloir l'approcher la prochaine fois…Snif. »

« Franchement ? » Le blond toussa faiblement, avant d'assassiner son ami du regard.

« J'ai pas très bien compris.. » intervint Grégory. « Vous avez fait quoi pour choper cette crève ? »

Blaise et Draco échangèrent un regard éloquent avant de replonger le nez dans leurs bols.

oOoOoOoOoOoOoOo

« Alors… » commença Hermione en entrant dans la salle sur demande une pile de livres dans les mains, «…celui-ci c'est l'élémentaire de l'eau, celui-là de l'air, et lui, de la terre. » Elle les posa un à un sur une table. « Je ne pense pas qu'on en aura besoin en fait, parce que, tout comme celui sur le feu que tu as déjà Harry, il s'agit de sorts très poussés. » Elle regarda les trois garçons à ses côtés rapidement, puis reprit sa présentation. « Celui-ci ..» continua-t-elle en déposant le dernier livre en sa possession sur la table, « nous aidera à trouver quelles sont les éléments qui prédominent chez chacun de nous. En fait, il s'agissait apparemment d'un test très répandu, mais vu que les sorciers ont abandonné ce type de magie, il n'est plus pratiqué. Sauf dans certaines branches, comme la divination..Mais ce n'est pour se servir de sa magie, juste pour étudier les personnes…Il parait que c'est révélateur..Enfin bref. » Elle leva les eux au ciel.

« Attends, tu veux dire qu'on ne pourra pas tous pratiquer la magie du feu ? » demanda Ron.

« Exactement. Un seul arcane est autorisé. Parfois deux, mais rarement. Il parait que Dumbledore en aurait trois… mais ça n'a jamais été vérifié. » Elle fit la moue. « En fait, ce n'est qu'une rumeur qui a couru après sa victoire sur Grindelwald, donc c'est pas forcément fiable. » sourit-elle.

« Pourtant, Harry a dit qu'il y avait des sorts qui s'effectuaient à plusieurs tout à l'heure. » intervint Neville.

« Oui, mais ce sont des sorts conjugués. On peut associer deux éléments comme ça, ou alors si les deux sorciers appartiennent au feu, leur puissance sera conjuguée, ce qui leur offrira plus de possibilités de sorts... Enfin, je crois. Ce n'est pas très clair. » acheva-t-elle pensivement.

« Pourquoi a-t-on abandonné cette magie ? C'est plutôt étrange… Elle est puissante. » déclara soudain Harry.

« Je sais, c'est un peu bizarre pour moi aussi. » approuva Hermione. « Mais les éléments sont difficilement contrôlables, comme tu le disais ce matin. Et les sorciers préfèrent s'appuyer sur leur magie propre, celle qui leur appartient. C'est plus…rassurant, en quelques sortes. Comment dire ? … En fait, lorsque tu utilises la magie élémentaire, tu sers de récepteur.. Hum, tu vois ce que je veux dire ? »

Harry acquiesça.

« Tu maîtrises la magie, mais ce n'est pas la tienne. » résuma Ron.

« Oui, on peut dire ça. » confirma la brune. « On dit que la première fois qu'on utilise sa magie élémentaire, on ressent quelque chose d'inexplicable. » ajouta-t-elle avec excitation.

« Inexplicable ? » s'étonna le roux. « C'est-à-dire ? »

« Bah, justement, je ne sais pas. Aucun mage élémentaire n'a réussi à le définir… » développa la jeune fille d'un air déçu.

Ils se turent un moment, chacun réfléchissant.

« Ça n'a pas l'air un peu... dangereux ? » demanda prudemment Neville.

« Bah si. C'est aussi pour ça que ça a été abandonné. Comment dire ? En fait, c'est donnant-donnant. On te permet d'utiliser une magie, mais il faut que tu respectes ceux qui te donnent cette magie, et cette magie en elle-même…Enfin, d'après ce que j'ai compris. Il s'établit une sorte de lien entre le mage et l'élément. C'est tout simplement magique.. » dit-elle rêveusement.

« Magique ? On s'en doutait Hermione. » rétorqua son petit ami.

« Je parle dans le sens moldu du terme, Ron » soupira-t-elle.

« Bon, on s'y met ? » demanda Harry.

« Oui ! » Hermione ouvrit le dernier livre fébrilement, à la recherche d'une incantation.

« Voilà, c'est celle-là.. » murmura-t-elle. « Ça demande du calme et de la concentration. » Elle jeta un regard narquois à Ron.

« Je ne me sens absolument pas visé. » renifla celui-ci.

« Hum, enfin bref. Je propose qu'on se mette chacun à un coin de la salle. Le test ne demande pas beaucoup d'effort magique, c'est simplement une recherche en fait. Il faut "trouver la réponse en nous", dixit ce livre. »

Ils se passèrent chacun le bouquin, mémorisant la formule, puis Harry le reposa sur la table. Ils se regardèrent ensuite tous les quatre, ne se décidant pas.

« Et bien, bonne chance. » sourit Harry en se dirigeant vers l'un des coins de la salle, puis en s'asseyant sur le fauteuil qui venait d'y apparaître.

Les trois l'imitèrent aussitôt.

Se concentrer sur soi-même semblait infiniment aisé à Harry, depuis qu'il avait appris la pratique de l'occlumencie. Il ferma à moitié les yeux, fixant un point quelque part en lui. Il n'entendait plus rien, et ne voyait plus rien non plus. Il sentait simplement une matière diffuse en lui, qu'il reconnaissait comme sa magie propre.

Il murmura alors le sortilège qu'Hermione leur avait montré, et fut assailli soudain de quatre sensations bien distinctes. C'était indescriptible, et il comprit ce que les mages élémentaires avaient voulu dire par "inexplicable". Il lui semblait apercevoir autour de lui des milliers de particules différentes, aux couleurs tantôt douces, tantôt agressives, parfois tristes sans qu'il ne puisse se l'expliquer. C'était un méli-mélo de sensations compactes, et il fut enivré par ses afflux de magie.

Il se sentait bien, si bien, et protégé, presque bercé. Étreint. Il ne voulait plus en sortir. Pourtant l'instant ne s'éternisa pas, et il fut ramené brutalement à la réalité après avoir identifié la magie qu'il avait perçue.

Il cligna des yeux confusément, un peu perdu.

Hermione le fixait de ses jolis yeux noisettes, semblant resplendissante.

« Alors, alors ! » Elle lui sauta presque dessus dans son emportement.

« Euh ? »

« Ton élément ! C'est le feu n'est-ce pas ? » le pressa-t-elle.

« Je…Je ne sais pas…Je crois que, hm, j'en ai plusieurs. » répondit-il peu sûr de lui.

« C'est vrai ? C'est génial ! Lesquels ? Moi, c'est l'air ! » déclara-t-elle fièrement.

« Et bien, le feu.. »

« Je le savais ! » sourit-elle.

« Et puis, l'eau. »

« L'eau ! » demanda-t-elle curieusement. C'est bizarre, ce sont des opposés pourtant. »

Harry sourit étrangement.

« Bah ça doit être possible, après tout, je n'y connais pas grand-chose là-dedans. »

Harry écarquilla les yeux.

« Houlà Hermione, tu dois vraiment être contente pour oser avouer ça. » déclara une voix moqueuse derrière eux.

« Ron ! » sourit la jeune fille, pas le moins du monde vexée. « Quel élément ? »

« Feu. » Le roux fit un énorme sourire.

Hermione se précipita vers Neville, qui n'était toujours pas sorti de sa transe. Ron en profita alors pour se tourner vers Harry.

« Elle a bu ou quoi ? » souffla-t-il.

Harry rit légèrement.

« Je crois que c'est en fonction de l'élément. »

« Qu'est-ce que tu veux dire ? »

« L'air est joueur, il attise. » expliqua le brun. « Le feu est plus dévorant, et moins contrôlable. L'eau est forte, mais calme. La terre est douce…Elle apaise. » conclut-il avec quelque chose comme de la tendresse dans la voix.

« Et tu sors ça d'où ? » s'exclama Ron, les yeux ronds.

« Hein ? » Harry cligna des yeux. « Euh, je l'ai lu ? » fit-il d'un ton peu convaincant.

« Neville ! » Hermione lui agrippa les bras dès que le griffondor ouvrit les yeux. « Quel élément ! » demanda-t-elle en riant.

« D-du calme, Hermione. » protesta doucement le garçon, jetant un regard curieux à Harry et Ron qui rigolaient derrière.

« Mais alors c'est quoi ? » se plaignit-elle.

« Hermione, je crois que tu as laissé ton lien ouvert au maximum après l'avoir enclenché. » intervint gentiment Harry.

La jeune fille rougit.

« Mais c'est tellement agréable, je me sens toute légère. » bougonna-t-elle. Elle ferma cependant brièvement les yeux, et apparut beaucoup plus calme après les avoir rouverts. « Désolée. » s'excusa-t-elle en rougissant.

Ron roula des yeux.

« Alors Neville ? » interrogea Harry de nouveau.

« J'en ai deux. » annonça le griffondor. « Terre et feu. »

« Deux ! » s'exclama Hermione.

« Bande de chanceux.. » ronchonna Ron, en regardant Harry et Neville du coin de l'œil.

« C'est super, vous êtes trois à avoir le feu ! On va pouvoir faire des sorts géniaux. » s'enthousiasma Hermione.

« En attendant, je ne crois pas qu'on puisse commencer tout de suite… » contredit Harry. « On ne connaît pas encore nos éléments. Je veux dire, c'est un peu une question de réciprocité comme tu l'as dit 'Mione. Il faut qu'on s'habitue à eux non ? »

« Je pense que tu as raison.. » approuva-t-elle pensivement. « Ça pourrait être dangereux d'essayer maintenant.. »

« Je propose qu'on essaie plutôt le week-end prochain.. » conseilla Neville.

« Bonne idée » affirma Ron. « En attendant, on peut côtoyer un peu plus notre éléments. » déclara-t-il en souriant d'un air assuré.

Il s'avança alors vers la sortie d'une démarche qu'Harry aurait qualifiée de conquérante, et quitta la salle sans un regard en arrière.

Neville ricana derrière sa main.

« Je pense que je comprends aussi où repose le danger. La personnalité de l'élément monte rapidement à la tête. » déclara-t-il.

Harry sourit d'un air désabusé en secouant la tête, puis se tourna vers ses deux amis.

« Je vais aller près du lac, j'ai bien envie d'essayer avec l'eau. »

« Ok ! Je pense que je vais commencer à lire l'ouvrage sur l'air. » déclara Hermione en feuilletant déjà le grimoire.

« Et moi, je vais aller finir mon devoir de potions » conclut piteusement Neville.

« Tu veux de l'aide ? » proposa gentiment Hermione.

« Ça serait pas de refus » répondit le garçon avec espoir.

Harry regarda pensivement les deux griffondors sortir de la salle, échangeant leurs impressions sur leurs éléments.

Son regard glissa ensuite vers la fenêtre à laquelle il alla s'accouder d'un air morose.

Il n'était pas normal. C'était la seule chose qui lui venait à l'esprit à ce moment-là. Ça tournait en boucle dans sa tête, les mots semblant presque se matérialiser devant ses yeux.

Quatre éléments.

Il était tout à la fois heureux et angoissé.

Il avait parfois l'impression de n'être plus qu'un gigantesque réservoir à pouvoirs, un pauvre soldat dont on tirait les ficelles.

Il était le réceptacle des quatre éléments. C'était soi-disant du jamais vu. Cela l'étouffait.

Il n'était définitivement pas normal.

L'air apaisant qui l'entourait sécha ses larmes désabusées avant qu'elles ne coulent, et il n'eut pas besoin de sortir dans le parc pour profiter des éléments. Ils étaient tout autour de lui, ils l'enveloppaient. Il oubliait.

oOoOoOoOoOoOoOo

Draco s'esquiva habilement de la salle commune des serpentards cet après-midi-là. Pansy voulait apparemment les entraîner avec Millicent à Pré-au-lard le week-end suivant, et elle commençait déjà à établir le plan du prochain samedi. Blaise dormait à moitié sur le canapé, Grégory écoutait gentiment Pansy - à ce point-là cela tenait du dévouement total se dit Draco - et Millicent rajoutait avec enthousiasme des sorties possibles à la liste déjà démesurément longue du programme.

Il s'était discrètement lancé un sort de repousse-regards, et s'était échappé avec soulagement.

Il déambulait dans les couloirs, ne sachant pas vraiment où se rendre, lorsqu'il capta des bruits de conversation d'un couloir voisin.

Les voix étaient masculines, et il en reconnut une. Vincent n'était pas resté dans la salle des serpentards lui non plus.

Le préfet se glissa silencieusement vers l'origine de la discussion, prenant garde à ne pas être entendu. Il ne tarda pas à identifier la personne avec qui parlait Vincent. Nott se pavanait comme si tout lui appartenait depuis que Draco avait improvisé sa déclaration.

« ..Tu en es sûr ? » chuchotait Vincent.

« Oui. Ils se sont arrangés pour que les élèves puissent partir d'ici. En juillet, on ne sera déjà plus là. » répondit avec suffisance l'autre voix.

« Nous rentrons tous ? »

« Sauf les traîtres » fit dédaigneusement Nott.

Il y eut un bref silence durant lequel Draco retint presque sa respiration. Il y eut finalement des bruits de pas, lui indiquant que les serpentards s'éloignaient dans une autre direction.

Draco serra rageusement le poing, ayant l'envie furieuse de taper dans quelque chose. Il se retourna vivement, ne voulant demeurer davantage en cet endroit, et interrompit son mouvement tout aussi brusquement, déconcerté.

Harry le fixait calmement, deux mètres plus loin. Il ne fallait pas être devin pour comprendre qu'il avait également assister au sympathique échange des deux verts et argents.

Draco le regarda durement, presque avec défi, ne se sentant pas d'humeur à subir d'autres déceptions. Mais le griffondor ne dit pas un mot et reprit sa route, un air indéfinissable sur le visage.

Ses yeux verts n'avaient rien exprimé d'autre que de la compréhension. Cela agaça encore plus le serpentard, quand il pensa que c'était au sujet de l'avenir tout tracé d'un de ses amis, ni plus ni moins.

Vincent deviendrait mangemort. Non pas parce qu'il y était obligé, mais parce qu'il le voulait.

oOoOoOoOoOoOoOo

« Chers élèves.. » commença ce soir-là Dumbledore, une fois tout le monde installé pour le dîner, « j'ai à vous faire part d'une nouvelle, hm, importante. »

Le silence s'établit dans la salle. On redouta une nouvelle attaque, la mort d'un être proche; certains allèrent jusqu'à la fermeture d'Hogwarts.

« Bien que je n'en voie pas l'utilité » continua le directeur, « le Ministère a décidé qu'il serait ..approprié, de vous laisser une semaine de vacances début juillet; la fin de l'année scolaire étant toujours prévue pour septembre comme nous vous l'avions annoncé. » précisa-t-il. « Vous aurez donc l'occasion de rentrer chez vous, du 25 juin au 2 juillet. J'espère que vous saurez profiter de cette semaine comme il se doit ! » finit-il d'un air inhabituellement sérieux.

Hermione regarda Ron et Harry d'un air horrifié. Des éclats de voix retentissaient de toute part dans la salle, certains scandalisés, d'autres excités.

Harry comprit tout à coup ce qu'avait voulu dire Théodore Nott à Vincent Crabbe. Les nouvelles n'étaient assurément pas bonnes.

Il laissa son regard errer vers la table des verts et argents, captant celui passablement déprimé de Blaise Zabini. Il rompit rapidement le contact, remarquant au passage que Pansy Parkinson semblait au plus mal et que Draco Malfoy…entamait son entrée, visiblement guère surpris.

« C'est catastrophique » déclara Seamus, résumant par ce mot la pensée de bien du monde.

oOoOoOoOoOoOoOo

« Severus ? »

Le professeur de potions ne répondit pas, plongé dans ses pensées, un verre à la main.

La personne ne s'en offusqua cependant pas, et s'installa tranquillement dans l'un des fauteuils qui ornaient le bureau du professeur de potions.

« Lupin, vous débarquez toujours au mauvais moment. » finit par répondre l'homme aux yeux noirs d'une voix basse.

Rémus ne répondit pas.

« Qu'est-ce qui vous amène ? »

« J'ai à parler à Dumbledore… Je pensais en profiter pour entraîner Harry. »

« Et le rapport avec votre présence dans mon bureau ne m'apparaît toujours pas. » répliqua sèchement Severus.

« Je venais prendre de tes nouvelles. » déclara le loup-garou après un léger instant d'hésitation. « Les temps sont durs. »

« Je vais très bien. » Severus prit une gorgée de whisky. L'alcool lui brûla agréablement la gorge.

« Si tu le dis.. » soupira Rémus en se relevant. « A une prochaine fois alors…La pleine lune approche. »

« La potion sera prête. »

Rémus hocha la tête et quitta la pièce.

Severus fixa longuement les reflets ambrés de la boisson dans son verre.

oOoOoOoOoOoOoOo

Draco descendit de la calèche qui l'avait mené à Pré-au-lard en compagnie de Pansy, Blaise, Millicent et Grégory d'un air agacé.

Il n'avait pas voulu venir.

Une semaine s'était écoulée depuis l'annonce fracassante de Dumbledore, et Pansy enchaînait conversation stupide sur conversation stupide. Il était évident qu'elle cherchait à ne pas trop penser au 25 juin, alors les quatre serpentards ne disaient rien.

Blaise avait écrit à ses parents, et il était décidé qu'il resterait à Hogwarts. Gregory ne leur avait rien dit, tout comme Vincent. Pansy quant à elle n'avait pas trouvé le courage d'envoyer une lettre. Elle ne tarderait néanmoins certainement pas à en recevoir une.

Les élèves affluaient dans le petit village sorcier ultra protégé en ce samedi 3 juin. Le préfet en chef de serpentard se laissa entraîner par son groupe d'amis au travers de la ville, écoutant d'une oreille distraite Blaise qui lui parlait une fois de plus de la panthère qu'il avait revue deux fois encore et dont il voulait absolument découvrir le propriétaire.

Ils firent plusieurs allées et venues dans la rue principale, chacun souhaitant se rendre dans des endroits différents.

« Mais je nous avais fait un programme ! » protesta Pansy.

« Si tu crois que j'ai l'intention de porter vos paquets de vêtements tu rêves Pansy. » rétorqua Blaise.

« Tss. » Elle tourna la tête d'un air offusqué.

« On fait quoi alors ? » intervint Draco. « On se sépare ? »

« Ça au moins c'est une bonne idée ! » renchérit Blaise joyeusement.

« On va faire les boutiques ! » s'exclamèrent en chœur les deux filles.

« Si ça vous fait plaisir.. » dénigra Vincent. « Je dois prendre quelques fournitures.. » dit-il sans plus s'avancer.

« Je t'accompagne. » décida Grégory.

« Ok, moi je vais à la bibliothèque.. » conclut Blaise. « Dray ? »

« Ingrédients pour les potions.. » expliqua-t-il vaguement.

« Tant pis pour mon superbe plan d'après-midi alors.. » soupira Pansy avec regrets. « On se retrouve aux Trois Balais à 16H30 ? »

Ils acquiescèrent tous, puis chacun partit de son côté.

Draco prit son temps pour rejoindre la boutique de l'apothicaire, qui se situait assez en dehors du centre. Il se réapprovisionna en asphodèle et autres composants, puis décida de se promener dans les rues tranquillement,n'ayant rien d'autre à faire.

Il croisa par hasard une armurerie qu'il n'avait jamais remarquée auparavant, coincée entre deux grands et hauts immeubles. Il avait toujours été intrigué par les artefacts anciens et ayant traits à la magie noire. Cela ne lui avait d'ailleurs pas toujours servi.

Avisant les objets exposés en vitrine, il se dit qu'y entrer ne pourrait pas lui faire de mal.

L'intérieur du magasin était sombre, poussiéreux, et il y régnait une odeur un peu particulière mais pas désagréable. Un vieil homme aux yeux étonnamment violets et aux cheveux gris trônait dans un large fauteuil derrière un bureau qui semblait servir de comptoir.

Il le fixa durant tout sa visite - ce qui agaça prodigieusement Draco - en fumant une pipe, celle-là même qui embaumait la pièce, d'un air songeur.

Des épées et poignards étaient accrochés un peu partout, ainsi que quelques carquois de flèches qui firent sourire Draco. Certes, elles avaient des propriétés intéressantes et mêmes impressionnantes pour certaines, mais il se voyait mal combattre avec un arc ou une épée. L'époque était passée.

Il avait cependant été formé à l'escrime, et occupait un bon niveau en ce domaine.

Il fut en revanche plutôt intéressé par les couteaux. Il y en avait de différentes sortes, dont un pouvant changer de forme à volonté - ce qui se révélait avantageux pour le dissimuler.

Son regard fut cependant capté par un poignard de taille moyenne, finement ouvragé, mais situé dans l'un des coins les moins mis en valeur de la boutique. Il était orné d'une large pierre verte teintée de rouge par endroits.

« Celui-ci atteint sa victime en plein cœur. »

La voix du vieillard l'arracha à sa contemplation.

« Il faut bien sûr savoir viser jeune homme, ne vous leurrez pas. » reprit-il. « Lorsqu'il est sur le point de toucher le futur cadavre, qu'importe que vous l'ayez lancé sur le bras, la lame se fichera en plein cœur. La mort est rapide et sans bavure. » l'informa-t-il comme s'il s'agissait des prévisions des températures du lendemain. « Il vaut mieux éviter de dévier sur la personne à côté si vous voyez ce que je veux dire.. » ricana-t-il alors.

Draco haussa un sourcil narquois. Il savait très bien viser, étant donné qu'on lui avait appris dès son plus jeune âge afin de le préparer au maniement de la baguette. Son soucis pour ce dernier avait toujours été la gestuelle dont il accompagnait chacun de ses sorts. C'était élégant, cela allait sans dire, mais il perdait quelques précieuses secondes qui lui seraient fatales lors d'un duel.

Il avait remédié à ce problème un an plus tôt, en perdant l'habitude qu'il avait adoptée - même s'il continuait à mettre une certaine technique dans ses sorts, il avait énormément gagné en vitesse et en efficacité.

« Il a d'autres propriétés ? » questionna-t-il.

« Il se déloge du corps sitôt après avoir porté le coup et se rematérialise dans son étui. L'inconvénient est qu'il faut toujours le ressortir de l'étui justement..» précisa le vendeur.

« Si c'est l'efficacité que vous cherchez, celui-là est très bien. »

« Pourquoi personne ne l'a pris alors ? » contesta Draco.

« Le dernier propriétaire n'a pas eu le temps de le ressortir du fourreau… On dit que ça ne porte pas chance…Balivernes. » grommela-t-il.

Draco sourit, jeta un dernier coup d'œil à l'arme, et ressortit cinq minutes plus tard en la faisant glisser entre ses doigts.

Elle était légère, et tenait parfaitement bien dans sa main.

Il continua sa route en l'examinant patiemment, déambulant dans les rues désertes des abords du village. Il ne devrait pas tarder à se diriger vers le centre pour rejoindre ses amis aux Trois Balais.

Il avait sorti le poignard du fourreau pour tester sa maniabilité lorsqu'il entendit les voix.

On se battait à quelques mètres d'ici. Ses yeux s'écarquillèrent d'effroi et il se précipita à travers la rue. Il ne s'agissait certainement pas d'une bagarre sans importance d'après le cri qu'il venait d'entendre.

Lorsqu'il déboucha dans la petite impasse où se déroulait l'attaque, son regard se posa d'abord sur les trois hommes se tenant d'un côté, leurs baguettes à la main, avant de tomber sur la silhouette qui leur faisait face.

Harry.

Un sort le frôla de quelques centimètres et il allait à son tour sortir sa baguette, prêt à se défendre, lorsqu'il entendit le sort. L'un des plus affreux.

Il s'aperçut d'un œil affolé que le griffondor s'était figé brutalement, les yeux grands ouverts.

« Endoloris »

Harry était en plein dans la trajectoire.

Il lança presque automatiquement le poignard qui était resté dans sa main.

L'homme était mort avant que le sort n'atteigne son but.

Le temps parut se bloquer brusquement. Tous les regards se tournèrent vers lui. Ceux stupéfaits des deux autres, celui choqué du griffondor.

Ni une ni deux il s'empara du poignet d'Harry et se mit à courir comme il ne l'avait jamais fait. Ils déboulèrent dans une artère principale de la ville comme des dératés, leurs souffles comprimant douloureusement leurs poumons, écorchant leur trachée.

Il avait tué un homme !

Le bruit caractéristique de deux transplanages se fit entendre derrière eux. Ils ne s'arrêtèrent qu'après avoir traversé deux rues de plus. Ils entendaient au loin le bruit de la foule qui avait sans doute été alertée par leur course. La foule qui ne tarderait pas à découvrir le cadavre encore chaud d'un mangemort dans une des ruelles de Pré-au-lard..

Draco s'appuya contre un mur, tentant péniblement de retrouver une respiration cohérente.

« MERDE ! T'ES VRAIMENT CON POTTER ! TU SAIS PAS QU'ON SE BOUGE QUAND ON EST EN FACE D'UN DOLORIS ?» cria-t-il soudain.

A suivre…


Revieeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeww !

Et je poste le chap suivant la semaine prochaine ! Ça dépendra de vous ! ;)

Mel' se carapate avant de se recevoir elle aussi un couteau en plein cœur.