Honesty

Genre: romance, drame, updates longues à venir

Avertissement :possibles passages à caractère violent, possible description de scènes à caractère sexuel (pourquoi j'entends des « mais alors y a de l'espoir ?! » en arrière plan ?)

Spoilers :jusqu'au tome 5, le 6 n'est pas pris en compte

Disclaimer : Les personnages utilisés ici ne m'appartiennent pas, tout est l'oeuvre de J.... (sob)

Note : Je suis désolée pour les deux semaines de retard sur la publication de ce chapitre. J'avais vraiment trop de travail à faire pour le finir à temps. Pour me faire pardonner, celui-ci est particulièrement long. Et puis j'essayerai de mettre un chapitre la semaine prochaine… Mais il va vraiment falloir m'encourager avec des reviews ;-) Au fait pour ceux et celles qui seraient intéressés, la Saint-Valentin m'a inspirée cette année lol, un nouvel OS dans la série des A consommer a vu le jour. Et je pense le publier bah d'ici une semaine ou deux, ainsi que l'OS que je dois à Sinelune. Faites moi plaisir, et allez les lire :p

Autre information, je ne sais pas si certains d'entre vous lisaient I might be wrong (sinon le lien est dispo dans ma bio huhu)... Et bien, cela fait vraiment longtemps que je ne l'ai pas mise à jour, et pourtant le manuscrit est terminé depuis bien des mois. Je n'ai pas eu le courage de taper ces chapitres. Si cela vous intéresse, ça serait gentil de me le dire, que je sache quelle histoire updater...

Sur ce, je vous laisse lire le chapitre !

Note 2: Moi qui étais contente d'avoir presque fini ce chapitre en début de soirée… J'ai regardé les Césars. Et ben voilà, il est minuit quarante et il me reste encore plein de choses à écrire… Vais encore me coucher à je sais pas quelle heure ! Ce que je ferais pas pour vous, amis lecteurs lol.
… Ah mais je pouvais pas manquer Guillaume Canet ! … Et puis Jude Law bien sûr ! (« Allez au cinéma, c'est sexy. ») Huhuhu.

Rars: Merci beaucoup à Minou, et à P'tit lion (ta review m'a énormément touchée, et motivée à écrire la fin de chapitre).

Musique d'accompagnement sur ce chapitre: In Capulet's tomb - Nino Rota (la musique classique aide vraiment à se concentrer :-) ) et puis plein d'autres

Résumé du dernier chapitre : Harry et Draco sympathisent. Draco reçoit des nouvelles de Pansy, au plus mal. Dumbledore refuse l'accès à l'Ordre de Ron et Hermione.


And when I get that feeling
I can no longer slide
I can no longer run
No no
And when I get that feeling
I can no longer hide
For it's no longer fun
No no

Well, you can say what you want
But it won't change my mind
I'll feel the same
About you
And you can tell me your reasons
But it won't change my feelings
I'll feel the same
About you

Say what you want, Texas

(en passant, rah leur concert était absolument génial à Bercy en mai

I so looooooooooooove Texaaaaaaaaaaaaas)


Chapitre 16

Douleurs

Le professeur Dumbledore fut absent ce dimanche soir là, et les lundi et mardi suivants également. Harry se sentait nerveux au fur et à mesure que le temps passait. Et s'il ne pouvait rien faire pour aider ses amis ? Et si, finalement, tout ce qu'il pourrait tenter n'aboutissait qu'à l'échec ? Seraient-ils dans tous les cas en sécurité avec lui ?

Peut-être Dumbledore avait-il raison... Si Ron et Hermione restaient à ses côtés, ils pourraient devenir des cibles prisées des mangemorts. Mais ils connaissaient parfaitement bien ces risques, et ils n'en démordaient pas pour autant. S'ils voulaient se battre, ils en avaient le droit comme les autres ; et Dumbledore n'avait plus à tenter de les préserver. Cette tendance maladive à les éloigner du danger que le directeur avait prise après leur cinquième année agaçait Harry depuis un bon moment, mais il n'avait jamais pensé que Dumbledore en arriverait là.

Il fallait qu'il lui parle.

Paradoxalement, alors qu'Harry avait été soumis à des séries impressionnantes d'entraînements, à des duels et combats d'un niveau que peu de sorciers étaient capables de soutenir, tout cela en vue de futures batailles, il lui était strictement interdit de participer d'une quelconque manière à un combat en dehors de situations exceptionnelles. Selon les plans de l'Ordre, il devrait se cacher jusqu'au "combat final", comme ils se plaisaient à l'appeler. Il ne serait habilité qu'aux missions de renseignements, missions de l'ombre.

Il ne l'acceptait pas, mais il ne pouvait décemment pas aller contre les décisions de l'Ordre. Il pensait pourtant être un bon élément potentiel aux batailles...

Lorsqu'il monta avec lassitude les marches tourbillonnantes qui menaient au bureau directorial, il ne pensait pas y trouver le Professeur Dumbledore. Pourtant, l'écho de sa voix lui parvint lorsqu'il asséna trois coups distincts sur le bois de sa porte. Il ouvrit.

Harry fut quelque peu surpris par la vue du dos de Snape, posté devant une fenêtre. Le sombre maître des potions ne lui accorda qu'un léger hochement de tête à son entrée (ce qui était déjà un progrès phénoménal, comparé à leurs attitudes respectives des années précédentes). Dumbledore le salua d'un grand sourire.

« Harry. Assieds toi. »

Le griffondor hésita légèrement avant de prendre place dans l'un des confortables fauteuils qui ornaient la pièce. Être debout lui donnait toujours plus d'assurance.

« Je ne vous interromps pas j'espère ? » s'enquit-il poliment.

« Severus et moi avions fini. » Le vieil homme le regarda soudain sérieusement. « Alors, qu'est-ce qui t'amène ? »

« Je crois que vous le savez déjà... » Le brun tourna ses yeux vers Snape, qui l'observait lui-même avec, semblait-il, une once d'intérêt.

« J'ai bien peur que nous en ayons déjà discuté également, Harry. » répondit peut-être un peu fermement Dumbledore.

« Mais vous n'avez pas pris en considération ma demande, Professeur. » tiqua le griffondor.

« Severus, voulez vous bien sortir ? » demanda alors Dumbledore en tournant la tête vers l'homme.

« Si cela ne dérange pas Potter, je souhaiterais rester Albus. Nous n'avions pas exactement fini, n'est-ce pas ? » finit-il, un brin ironique.

« Peu importe. » Harry haussa les épaules, et Dumbledore eut l'air vaguement contrarié. « Monsieur, vous persistez à vouloir m'écarter des batailles, et bien que je ne le comprenne pas entièrement, je m'y plierai. Mais vous ne pouvez pas m'arracher Ron et Hermione. » annonça-t-il immédiatement.

« Harry… » Le vieil homme soupira. « Tes amis t'ont jusqu'ici bien aidé, et je reconnais leur valeur. Mais ils ne pourront pas tenir les batailles contre des mangemorts comme MacNair ou Nott. Vous en êtes conscients, vous avez eu beaucoup de chance d'en arriver là. Nous ne pouvons pas nous permettre de les envoyer au combat, alors qu'ils pourraient nous aider plus tard. »

« Mais pourquoi ne pas les laisser venir au QG ? Hermione ne pourra rien faire chez ses parents ! Si elle exerce de la magie, elle sera bien trop facilement repérée. »

« Miss Granger pourra parfaitement aider au Ministère. L'administration est également cruciale en temps de guerre, il n'y a pas que les combats Harry. Il en va de même pour Ronald Weasley. Vous nous serez bien plus utiles de cette manière qu'en vous faisant tuer à la première occasion. »

« Mais enfin nous ne sommes pas inconscients ! Et ils pourraient tout aussi bien aider aux informations de l'Ordre, aux stratégies et autres, sans avoir à participer aux combats puisque vous ne le voulez pas. Et on ne peut de toute façon pas dire que le Ministère s'embarrasse de tels scrupules. » s'énerva le brun.

« Il n'a pas tort Albus. » ricana Snape.

« Le Ministère n'envoie plus les jeunes au combat, Severus, vous le savez autant que moi. » répliqua Dumbledore d'un air préoccupé.

« Pourquoi ? » lança alors Harry.

« … »

« Pourquoi ? Pourquoi vous ne nous informez pas de ce qu'il se passe au dehors ? Pourquoi ne rien nous dire ?! Pourquoi on n'envoie plus les « jeunes » ?! » persista-t-il.

« Vous pourriez lui dire Albus… Avant que je ne le fasse. » intervint le maître des potions, sous le regard surpris d'Harry.

Dumbledore sembla peser le pour et le contre, puis se résigner à lui expliquer la situation.

« Tu ne devras le dire à aucun de tes amis Harry. »

Le brun acquiesça silencieusement.

« L'information n'a pas été rendue publique, mais la situation est alarmante, en réalité. Si les plus jeunes ne sont plus envoyés au combat, c'est parce qu'ils y perdent la raison. »

« Quoi ? Comment ça ? Vous voulez dire, au sens figuré n'est-ce pas ? » le coupa Harry sans comprendre.

« Justement non. Nous n'avons pas encore résolu la clé de ce comportement, mais beaucoup de nouvelles recrues ont disparu sans laisser de traces lors des batailles. On les pensait mortes. Mais elles ont été revues du côté des mangemorts peu de temps après. »

« Elles n'auraient pas tout simplement changé de camp ? » demanda Harry, d'un air peu convaincu.

« Je te parle d'une centaine de nouveaux aurors Harry. Le seul point commun qu'on ait trouvé, c'est qu'ils on tous entre 18 et 20 ans. »

« Ils les contrôlent par imperium ? » interrogea le griffondor.

« C'est impossible sur autant de personnes Potter. » intervint Snape. « Ce que ne dit pas Albus, c'est que ces nouveaux mangemorts ne participent que très peu de temps aux combats, puisqu'ils meurent d'eux-mêmes en même pas une heure. Vidés de toute énergie vitale. »

« Quoi ? .. Mais.. Comment ? » Harry se tourna vers Dumbledore.

« Severus venait justement de m'apprendre de quoi meurent ces hommes. » soupira ce dernier. « Ce sont des cobayes humains, en réalité. »

« Rien de bien nouveau, il en a toujours été ainsi ; mais ça n'avait jamais pris une telle envergure. » continua Snape. « Il semble que Voldemort cherche à concentrer le maximum de vie afin d'expérimenter un nouveau rituel. Il serait plutôt bien d'empêcher cela, si vous voulez mon avis. » déclara-t-il cyniquement.

« Il peut conserver la vie de ses mangemorts ?! » demanda le griffondor, éberlué.

« C'est très difficile, et très long à faire. Souvent, ses expériences ratent. Ces "ratés", s'ils ne sont pas morts, sont alors renvoyés sur le champ de bataille, où ils tiennent environ une heure. Leur énergie ayant été totalement pompée, la magie leur permet de tenir peu de temps, et elle s'évanouit en même temps que leurs sorts. Les expériences les rendent fous, et sur le champ de bataille ils agissent comme des pantins et envoient sorts sur sorts avant de mourir de fatigue. » expliqua succinctement Snape.

Harry avala péniblement sa salive.

« Combien survivent ? »

« Aux expériences ? Aucun. Seules deux personnes n'ont pas été retrouvées, et nous pensons qu'elles sont les seules pour lesquelles l'expérience a réussi. Elles sont donc mortes aussi, dans tous les cas. »

« Severus. » interrompit Dumbledore. « Je pense qu'Harry en sait maintenant suffisamment. »

« Pourquoi ne prend-il que des jeunes ? »

« Nous l'ignorons. Il semblerait que l'expérience ne puisse se faire qu'avec des gens de cet âge. »

« Mais .. Dans tous les cas, il peut enlever n'importe qui ! Les batailles lui laissaient plus d'opportunités, mais s'il n'y trouve plus de proies, il pourra très bien en enlever ailleurs. »

« C'est là le seul point intéressant Harry. Il ne le fait pas. » répondit Dumbledore. « Severus a fini par découvrir qu'il fallait que les victimes soient dans un état particulier. Qu'elles aient tout d'abord l'envie de combattre, et se déclarent donc ennemies, et qu'elles luttent pour leur vie. »

« Mais n'importe qui ressentirait ça, une fois emprisonné. Il n'y a pas besoin de combattre. »

« Nous le savons Harry. Mais… »

« Ce n'est pas tout à fait exact, beaucoup se résignent et perdent espoir, lorsqu'ils sont capturés. » rectifia Snape.

« Mais, il semble que d'autres éléments interviennent également. » continua Dumbledore. « Nous ne savons pas pourquoi, mais les victimes sont toujours enlevées par huit. Et ce sont généralement des équipiers, des personnes liées par le combat. »

« Pourquoi huit personnes ? » demanda le brun.

« Le nombre doit importer dans le rituel, mais nous n'en savons à vrai dire rien. »

« Pourquoi n'en savez-vous pas plus ? » demanda alors Harry à Snape. « Je pensais que vous auriez une place importante dans l'expérimentation… »

« Vous m'accordez trop d'importance Potter. Je suis un maître des potions, pas un alchimiste. »

« Alchimiste ? »

« Il en existe peu, et c'est là que réside aussi notre espoir. » expliqua Dumbledore. « Mais nous savons que deux d'entre eux travaillent avec Voldemort. »

Harry se tut un long moment.

« N'existe-t-il pas un moyen d'échapper aux enlèvements ? Comment peuvent-ils se faire arracher aux champs de bataille ? » demanda-t-il enfin.

« Au départ, c'était plus facile car personne ne s'y attendait. Mais ils trouvent le moyen de faire transplaner massivement les personnes visées. Nous n'avons pas encore trouvé comment, mais Severus pense avoir une idée d'empêcher cela. Même s'il y aura toujours le risque d'imperium, ou d'usage de portoloins, nous pourrons normalement le prévenir en s'y préparant. Il nous faut trouver le moyen d'empêcher ces transplanages avant tout. Une fois cela fait, nous pourrons nous permettre d'envoyer les jeunes au combat. » expliqua Dumbledore.

« Quelle est votre idée ? » questionna Harry, en regardant Snape.

« Ce n'en est pas vraiment une, Potter. » répliqua celui-ci. « Il se trouve simplement que j'ai entendu parler d'un vieil enchantement, transmis de génération en génération dans la famille Malfoy. Et Lucius ne semble pas s'être gêné pour en divulguer le secret, contrairement à la tradition, et à ce qu'il jurait il y a des années. » ajouta-t-il ensuite.

« Vous pensez que Draco en connaît le secret ? » s'étonna Harry.

« C'est probable. Mais rien ne nous dit qu'il existe un contre sort. En inventer un prendra des mois. » maugréa le professeur.

« … Je crois mesurer l'ampleur du problème, Professeur. » reprit lentement le griffondor, s'adressant à Dumbledore. « Mais je ne vois pas en quoi cela empêcherait Ron et Hermione d'intégrer l'Ordre. »

« Parce que la probabilité de rencontre avec des mangemorts, quelque soit notre fonction, reste de 90 pour 100 Potter. Et que tous les membres de l'Ordre âgés de 20 ans sont morts. Nous pensons qu'ils n'ont, eux, aucun besoin d'être enlevés par groupes de huit. »

« Nous sommes liés par un serment lorsque nous entrons dans l'Ordre Harry, et celui-ci nous rapproche tous d'une manière qui remplace le besoin de camaraderie. »

« Alors les membres de l'Ordre peuvent se faire enlever, eux ? Mais pourquoi ne pourrait-on pas se passer du serment ? »

« Il est indispensable. C'est le secret qui nous lie, et c'est lui qui nous permet de nous rencontrer, au QG comme ailleurs. Il sert de guide au transplanage. Beaucoup de membres de l'Ordre ne savent même pas où ils se trouvent lorsqu'ils viennent Place Grimmauld, Harry. » expliqua le directeur. « Et effectivement, un membre de l'Ordre s'est fait enlever, ce qui a confirmé nos soupçons. Le fils du Ministre de la Justice, Mr Borden. »

« Et vous avez couvert sa disparition. » dit Harry, qui se souvenait des journaux ayant mentionné la marque des ténèbres au dessus de la résidence des Borden.

« Le ministre était d'accord. » confirma Dumbledore.

« Peut-être que les mangemorts n'ont fait ça que pour nous laisser penser que le serment remplace certains des critères requis. Vous avez dit vous-mêmes que vous n'étiez pas sûrs de ce fait. » contrecarra Harry. « De cette manière, il vous empêche de remplir les rangs de l'Ordre. Et du ministère. »

« C'est fort probable. Mais nous ne pouvons pas courir ce risque. » répliqua Dumbledore.

« Je vais me renseigner, pour savoir si Borden fils a fait parti des sujets d'expérimentation. » intervint Snape.

Harry lui lança un regard reconnaissant, que Snape dénigra.

« Nous verrons alors, Harry, si tes amis peuvent entrer dans l'Ordre. » concéda Dumbledore.

« Mais… »

« Je te prie de bien vouloir nous laisser à présent. » le coupa fermement le mage.

Harry hocha la tête, se leva et sortit sans autre forme de politesse. Lorsqu'il franchit la porte, il s'empêcha d'imaginer de quelle manière Voldemort recueillait la vie de ses victimes.

oOoOoOoOoOoOoOo

« Mal-Draco ! »

Le susnommé suspendit sa marche et se désintéressa de sa discussion avec Blaise, se retournant à l'appel d'un Harry Potter un peu essoufflé qui tentait de les rejoindre. Ayant finalement franchi la barrière d'élèves qui les séparait, le griffondor salua d'un signe de tête Blaise avant de s'adresser au blond, qui avait noté avec plaisir l'emploi de son prénom dans la bouche d'Harry.

« Snape t'a parlé ? »

Draco le regarda, un peu perplexe.

« Non… Je n'ai pas eu l'occasion de le voir. »

« Oh.. » Le brun eut l'air désappointé.

« Bonjour Harry, oh oui, merci ça va très bien, et toi ? La vie est belle ? » glissa ironiquement Blaise, peu content de se faire ignorer.

Les deux autres lui jetèrent un regard ennuyé.

« Ça pourrait aller mieux, si tu veux savoir. » lui répondit le griffondor. « Malfoy .. » Il s'interrompit, se mordant la lèvre avec irritation, puis se reprit. « Draco, il faudrait que je te parle. »

« Mais ne vous gênez pas pour moi. » intervint Blaise avec un sourire.

« Je veux dire, seul à seul. » expliqua le brun.

« Oh, je vois. » L'expression de Blaise se fit lubrique, et Harry sentit ses joues chauffer.

« Mais non, je veux dire..! » tenta-t-il.

« Arrête tes conneries, Blaise. » interrompit Draco, amusé bien malgré lui, secouant la tête avec dérision. « Tu viens, Harry ? » demanda-t-il, s'étant avancé dans le couloir.

Le griffondor le suivit.

C'était l'heure de sortie des cours, et beaucoup d'élèves les regardaient passer, alors qu'ils discutaient à voix basse en se dirigeant vers une partie plus isolée du château.

Draco jeta un sort afin que ce qu'ils disent ne soient perceptibles que par eux.

« Je suppose que ça a un rapport avec l'Ordre ? » demanda-t-il.

« Exactement. En fait, je pensais que Snape t'en aurait déjà parlé, mais il n'a pas du en avoir le temps. Ça ne fait que deux jours après tout. »

« Et alors, que se passe-t-il ? » interrogea Draco avec impatience.

« C'est assez compliqué… Je vais essayer d'être clair, et bref. »

« Essaye toujours. » se moqua Draco.

Harry l'assassina du regard.

« Sois plus gentil, tu veux ? » grogna-t-il.

« Je vois pas pourquoi je le serais. » contredit le blond. « Bon, alors ? »

« Le fait est gardé secret, donc… »

« Je n'en parle à personne. Compris. » le coupa Draco.

« En gros, le ministère et l'Ordre ne veulent plus réquisitionner de jeunes, parce qu'ils sont la cible d'expérimentations de Voldemort. Apparemment, tous les sorciers de moins de 20 ans se font enlever sur les champs de bataille. »

« Expérimentations ? »

« Ils tentent d'absorber leur vie, et de la conserver. Je n'ai aucune idée de comment ils peuvent faire ça… On sait qu'ils ne peuvent enlever que des jeunes, en pleine bataille, soudés par le combat. Et qu'ils sont enlevés par groupes de huit. »

« Les jeunes, sans doute parce qu'ils sont plus résistants et tiennent plus longtemps face au sort… Il ne doit pas y en avoir beaucoup qui réussissent ? Je veux dire, des expériences ? »

« Deux sur plus d'une centaine je crois. » approuva Harry.

« Il y en a qui survivent ? Aux expériences ? »

« D'après ce que j'ai compris, ils tiennent quelques heures lorsque ça rate. On les envoie sur le champ de bataille pour les finir. » termina le brun d'un air dégoûté.

« Et le huit, sans doute pour l'infini. » conclut le blond. « La seule chose que je ne comprends pas, c'est… »

« L'infini ? » demanda Harry.

« Quoi ? » Draco le regarda, semblant sortir d'une profonde réflexion.

« Le huit pour l'infini ? »

« Et bien, oui, c'est basique, le huit est le symbole de l'infini. Et sachant que Voldemort recherche l'immortalité, ce n'est pas étonnant. Mais je ne vois pas ce qu'il veut faire de ces vies… Il ne pourrait pas les…absorber ? » Draco secoua la tête, soudain effrayé. « Non, c'est impossible… »

Harry le regarda d'un air tout aussi inquiet. Puis il se reprit.

« Peu importe. Même s'il rallonge sa vie, ça ne m'empêchera pas de le tuer. »

« S'il absorbe de la vie, cela augmentera aussi sa puissance magique… » Draco passa une main fatiguée sur sa nuque. « Peu importe… Comment enlèvent-ils tant de monde à la fois ? Des portoloins, ça semble risible, et il est impossible de transplaner à plus de deux avec l'accord des gens, alors les contraindre c'est tout bonnement impensa… Attends. Pourquoi tu me demandes ça à moi au juste ? » interrogea soudain Draco, pris d'un doute.

« Je crois que tu as deviné non ? » Harry sourit. « Tu as même deviné rapidement je dirais. Snape est au courant de l'existence de cet enchantement, ton père lui en a parlé. Et il espérait que tu le connaissais, afin de nous aider. Il pense pouvoir mettre au point un contre sort, même si ça risque de prendre pas mal de temps…. » expliqua le brun. « Je croyais qu'il t'en aurait parlé aussitôt, c'est plutôt urgent. » Harry fronça des sourcils. « Draco, j'ai vraiment besoin de connaître ce sort… » Il leva les yeux vers le blond. « Tu peux nous le donner ? »

Draco sourit.

« Je peux faire mieux. J'ai le contre sort. »

Harry cligna des yeux.

« Tu plaisantes ? »

« J'ai l'air de plaisanter ? » Draco leva un sourcil ironique.

« Mais Snape a dit qu'il n'existait pas de remède à cet enchantement… »

« J'en ai créé un. J'ai travaillé deux ans dessus, et ça n'a pas été facile, mais il fonctionne normalement. » indiqua Draco.

« Bordel. » souffla Harry, abasourdi.

« Tu devrais être content, non ? » Le blond l'observa curieusement.

« Je le suis. Très, même ! C'est génial. » Harry souriait avec bonheur. « Il faut tout de suite l'annoncer à Dumbledore ! » s'exclama-t-il en se dirigeant déjà vers le bureau du directeur.

« Hé attend ! Puisque tu es là, j'aimerais te parler aussi. »

« Mais il faut... »

« Ça peut bien attendre quelques minutes. »

« Je suppose, ouais. Alors ? » s'impatienta le griffondor.

« Tu ferais mieux d'écouter ce que je dis, parce que ça te concerne, et je pense que c'est relativement important. »

« Qu'y a-t-il ..? » s'étonna Harry, un peu perdu.

« Ton animagus. Tu le contrôles vraiment ? »

« Quoi ? Bien sûr ! » répondit-il avec véhémence. Il repensa vaguement à Ron qui lui disait de faire attention à ses oreilles. « Où veux tu en venir ? » reprit-il.

« Tu ne t'en rappelles vraiment pas ? J'aurais pensé que tu réaliserais… Tu es venu me voir l'autre jour, en pensant que je ne connaissais pas ton animagus. »

« Oui, et alors ? Tu n'étais pas censé le savoir. » Harry haussa les épaules.

« Tu t'étais transformé devant moi enfin ! » dit Draco, exaspéré.

« Mais non, je.. »

« Si. Pendant ton duel, contre Dumbledore. Tu t'es transformé, et tu as évité de justesse un de ses sorts. »

Harry chercha dans sa mémoire, mais il ne voyait pas vraiment à quel moment il avait fait ça. Il avait esquivé tellement de sorts…. Il secoua la tête.
« Non, je ne me souviens pas de ça. Tu es sûr que je me suis transformé ? » demanda-t-il anxieusement.

« Non, je l'ai inventé. » rétorqua le serpentard, cynique.

« Ce n'est pas drôle du tout. Si je ne contrôle plus mes transformations… » Il se mordit la lèvre avec angoisse.

« Tu pourrais te transformer sans t'en rendre compte, en temps normal ? Tu le penses vraiment ? »

« Hermione dit que je fais souvent ça. » Harry cligna des yeux, ses paupières révélant deux pupilles fendues.

Draco avala péniblement sa salive.

« Enlève les. »

« Pourquoi, ça te gêne ? » rigola le griffondor.

« Ouais. » répliqua sérieusement le blond. « C'est étrange de voir cela chez un humain. »

« Quoiqu'il en soit, il va falloir que je fasse gaffe… C'est juste que c'est… C'est naturel, tu comprends ? Je n'ai même pas l'impression de changer de forme. J'utilise les capacités qui sont les plus appropriées au moment où j'en ai besoin, et j'imagine que pendant le duel, je n'aurais pas pu éviter ce sort sous ma forme humaine… » expliqua Harry.

« Tu es humain avant tout.. Il est dangereux de ne plus réussir à délimiter les contours de sa forme. Certains animagus n'ont jamais réussi à se re-métamorphoser en homme. » l'avertit le serpentard.

« Merci de m'avoir prévenu. J'y penserai. »

« Et si vous me laissiez vous entendre parler ? » La voix étrangère les fit sursauter. Dumbledore se tenait à un mètre d'eux.

Draco agita sa baguette, et défit le sort d'intimité.

« Professeur ! Nous avons une très bonne nouvelle ! » annonça joyeusement Harry.

« Peut-être ferions nous mieux de rejoindre mon bureau dans ce cas. » indiqua Dumbledore en désignant la gargouille à quelques mètres d'eux.

« Je suppose que tu as mis Mr Malfoy au courant de notre affaire, Harry. » déclara le vieil homme, une fois installé dans son fauteuil.

« Oui. »

« Et Lucius t'a donc transmis le savoir de cet enchantement ? » demanda-t-il, se tournant vers Draco.

« Oui. Il y a trois ans. »

« Tu ne verras pas d'inconvénients à le communiquer à Severus ? »

« Professeur, Draco pense connaître un contre enchantement. » intercala Harry.

« Vraiment ? » Dumbledore dirigea un regard scrutateur vers le serpentard.

« Je le pense, oui. » approuva celui-ci. « Je l'ai conçu moi-même, et je n'ai eu l'occasion de le tester qu'une seule fois… Mais je crois qu'il est fiable. Quelques améliorations supplémentaires ne seraient pas de trop cependant… » ajouta-t-il.

« Parfait, Mr Malfoy… Effectivement, Harry, c'est une très bonne nouvelle. » Les yeux du directeur étincelèrent un court instant, lorsqu'il regarda le griffondor.

« Professeur, nous allons pouvoir intégrer de nouveaux membres à l'Ordre, n'est-ce pas ? » s'enquit le brun.

« Peut-être. Severus a découvert que Borden n'avait pas fait partie des sujets d'expérience. » acquiesça le mage. « Il semble que tu aies eu raison. »

« Génial ! » sourit Harry. « Je veux dire, c'est très positif. » se reprit-il. « Je ne vois pas ce qui nous empêche d'intégrer Ron et Hermione à l'Ordre. Pourquoi "peut-être" ? » questionna-t-il, mitigé.

« Parce que ces missions restent excessivement dangereuses. » asséna Dumbledore.

« Mais Monsieur, vous ne pouvez pas les empêcher de vouloir prendre des risques ! » s'écria le griffondor.

Draco observait l'échange, pas vraiment surpris qu'Harry amène ses amis au centre du sujet. Et il était d'accord avec lui, si les deux autres voulaient se battre, ils en avaient le droit. Il ne voyait pas de raison valable de leur refuser l'entrée dans l'Ordre. On ne pourrait trouver plus fiables adhérents.

Dumbledore sembla se rendre à l'évidence, et se résigna.

« Très bien Harry. Ils intégreront l'Ordre et rejoindront le Quartier Général en septembre. »

« Je le leur dirai. » sourit le brun.

« A une condition. » ajouta le directeur. Là, ça devenait intéressant, se dit Draco.

« Quoi ? Laquelle ? » interrogea Harry.

« Je t'ai déjà dit que tu aurais à travailler avec Mr Malfoy… »

« Oui, mais.. »

« Pardon ? Vous ne m'en avez pas informé ! » se renfrogna le serpentard.

« Ce n'était pas urgent. » répondit Dumbledore. « Vous aurez une mission commune, en septembre. »

« Qui consistera en .. ? » demanda Draco.

« Vous en serez informés en temps voulu. » arrêta le vieux sorcier. « Quand à ma condition, Harry, elle est très simple. Je veux que vous vous entraîniez ensemble, durant quelques temps. Vous serez plus aptes à remplir vos fonctions en septembre, et cela fera du bien à Mr Malfoy, qui manque de pratique. »

« Très bien, cela sera fait. » accorda Harry.

Draco n'allait pas refuser.

« Vous pouvez sortir. » conclut le directeur.

« Pourquoi faut-il toujours qu'il ait le dernier mot ? » maugréa Harry alors qu'ils descendaient les escaliers.

« Ça te dérange d'avoir à t'entraîner avec moi ? » demanda le serpentard, moqueur.

« Non ! D'ailleurs ça me changera des vampires centenaires et autres tuteurs. » Le brun leva les yeux au ciel. « Mais je veux dire, il était obligé d'imposer une condition, alors qu'elle n'avait pas lieu d'être. Il le savait. »

Ils franchirent la gargouille, et se retrouvèrent faces à Blaise, qui visiblement les attendait.

« Alors ? Bonnes nouvelles ? … Et avant que tu ne demandes, Draco, c'est Milli qui vous a vus monter avec Dumbledore. » annonça Blaise.

« Bonnes nouvelles, si on peut dire, oui. » confirma Harry. « Sauf que mon emploi du temps est hyper chargé maintenant. » renifla-t-il.

« On doit s'entraîner ensemble. » expliqua Draco.

Blaise lui envoya un regard complice, et le blond détourna le regard. Harry qui venait de regarder sa montre, soupira lourdement.

« Ron et Hermione m'attendent sûrement. Vous descendez vers le Hall ? » leur demanda-t-il.

« Ouais. » confirma le serpentard brun.

« Tu ne t'ennuies pas trop, Blaise ? » s'enquit sarcastiquement Harry, alors qu'ils descendaient les escaliers. « Plus personne à courser dans les couloirs ? Ou à balancer dans le lac ? »

« Je m'en passe, ça va, merci. Et si tu veux tellement que je continue à t'emmerder, tu peux le dire. Pas besoin que tu sois une panthère. »

« J'ai jamais dit ça ! » s'indigna Harry.

« Ah oui ? » Blaise fit un rictus qui ne présageait rien de bon.

« Hermione ! » appela alors le griffondor, attirant l'attention de son amie, en train de traverser le Hall avec Ron.

Il les rejoignait, le dos tourné aux serpentards. De ce fait, il ne vit pas le rayon qui fusa vers lui.

Mais Blaise fut surpris de le voir se baisser vivement et esquiver, élever un bouclier devant Ron et Hermione, et lui balancer un sort en pleine figure avant de se relever comme si de rien n'était.

« T'es trop prévisible » ricana le brun.

Draco secoua la tête d'un air désespéré, en avisant son meilleur ami attaché solidement au mur par des cordes.

Harry sembla réfléchir deux minutes, puis agita sa baguette un peu avant d'être satisfait.

« Oh, Harry, ça c'est une bonne idée. Merci ! » sourit Hermione, en lui embrassant la joue.

Une banderole au dessus du serpentard affichait en caractères rouge et or : Aidez les elfes et faîtes un don. Soutenez la S.A.L.E !

« La quoi ? La "sale" ? » demanda Blaise, interloqué, après que Draco lui ait lu l'inscription.

Hermione rougit.

« La Société d'Aide à la Libération des Elfes. » ronchonna-t-elle, Ron lui entourant la taille d'un bras en lui faisant un baiser sur la tempe gentiment.

« Quoi ?! Mais c'est débile ! Les elfes aiment servir les gens ! » protesta-t-il.

« Harry, fais moi plaisir et laisse-le attaché. » exigea la griffondor.

« Tout ce que tu voudras Hermione. » fit le brun avec un grand sourire.

« Draco, Draco, pitié, détache moi.. » implora Blaise, oubliant toute dignité en se tournant vers son meilleur ami.
Le trio des griffondors était déjà parti.

Le blond le regarda d'un air rageur quelques instants, avant de lui offrir un rictus vengeur.

« Désolé, mais je n'en ai pas du tout envie. » répliqua-t-il finalement avec morgue.

« Qu-quoi ? » Il regarda, abasourdi, son meilleur ami rejoindre les cachots. « Draco ! Hé ! Arrête, j'ai rien fait !! » Mais le blond ne se retourna pas. Blaise observa avec désespoir la hall déserté. « Et merde… » Il soupira avec accablement.

oOoOoOoOoOoOoOo

« Le problème est réglé. » annonça Harry à ses deux amis, lorsqu'ils se furent assis dans le dortoir des garçons, ce soir-là.

« Vraiment ? » Hermione n'en croyait pas ses oreilles. « Mais, enfin, Dumbledore nous a dit que.. »

« Il vous a donné de fausses raisons. Ils ont un énorme problème en ce moment, mais il sera bientôt résolu. C'est ça qui vous empêchait de rejoindre l'Ordre. » dit le brun.

« On sera avec toi, comme toujours. » sourit Ron, d'un air soulagé.

« Ouais… » Ils s'observèrent tous les trois silencieusement, prêts à affronter ce qui viendrait, du moment qu'ils restaient ensemble. « Enfin, apparemment, ma mission avec Draco ne nous concernera que tous les deux. Je ne sais pas combien de temps cela durera… »

« Dumbledore ne vous a toujours rien dit ? »

Harry nia d'un signe de tête.

« Vous vous entendez pas mal finalement, Zabini, Malfoy et toi. » remarqua alors Hermione.

« Ça va. » Harry acquiesça. « Ils ne sont pas si horribles qu'ils en avaient l'air. » sourit-il, un brin narquois.

« C'est bien. » déclara calmement Hermione. « Nous devrions nous ouvrir plus aux autres… »

« Qu'est-ce que tu veux dire ? » demanda Ron.

« Je veux dire que nous ne serons peut-être pas toujours là, tous les trois. » annonça-t-elle sombrement. « Il serait bon de se reposer sur d'autres personnes. »

« Que.. Mais enfin, tu dis n'importe quoi Hermione ! » s'exclama Harry, soudain effrayé.

« Je suis d'accord avec Harry. On a toujours tout surmonté ensemble, et on le fera encore. » approuva Ron, un peu pâle.

Hermione secoua la tête tristement.

« Soyez réalistes… Nous ne survivrons peut-être pas tous. Même si je l'espère, et y crois très fort. » sourit-elle, en serrant leurs mains. « Mais.. Harry, tu dois me promettre de ne pas t'en vouloir s'il nous arrivait quelque chose à Ron, ou à moi. Et de ne pas te renfermer, comme tu le fais toujours. Confie toi à quelqu'un, d'accord ? » Le brun acquiesça silencieusement, trop sonné pour dire quelque chose. « Et Ron, continue d'avancer. Mais ne cherche pas à te venger, tu es toujours trop impulsif. » Elle sourit encore, se mordant la lèvre. « Je suis désolée, de vous dire ça comme ça. Je ne veux pas avoir à regretter si jamais… Vous voyez ? … Je voulais vous dire que je vous aime énormément tous les deux, même si on le sait déjà tous. »

« Moi aussi. » murmura tristement Ron.

« Idem… »

oOoOoOoOoOoOoOo

« Putain Draco t'es vache !! » s'exclama Blaise en débarquant dans la chambre du préfet, rouge de colère.

Draco lui jeta un vague regard ennuyé.

« J'ai été obligé de demander à un première année - un première année bordel ! - de me détacher. Et il devait penser qu'un truc allait lui tomber dessus à la minute où je serais libre, vu le temps qu'il a mis ! Même Rusard n'a pas voulu me détacher, le sadique ! Je le voyais bien qu'il jubilait ce con ! » Il s'interrompit, et fixa le blond avec rage.

« Pourquoi t'es parti ?! »

« Pour rien. » grogna celui-ci.

« Tu plaisantes ?! C'était vraiment dégueulasse ! » Il réprima l'envie très forte qu'il avait de secouer violemment son ami, histoire de lui remettre les idées en place. « Dire que je croyais que tu étais de bonne humeur, après avoir vu Harry. » ronchonna-t-il.

« Harry, Harry, Harry ! Tu m'emmerdes ! Pourquoi tu me parles de lui ?!» s'exclama le blond. « Vas donc le rejoindre, si ça te fait plaisir ! C'est quand même lui qui t'a fixé au mur ! »

« …. J'en reviens pas. » fut tout ce que réussit à sortir Blaise. Il observa un moment son meilleur ami avant d'oser divulguer sa pensée. « Tu es jaloux ou quoi ? »

« Non ! » Draco soupira lourdement. « Je suis surtout énervé. De toute façon, je sais très bien que tu ne le vois pas de cette façon… » Il agrippa ses mains au rebord de la fenêtre, scrutant d'un air excédé le ciel étoilé.

Blaise s'assit sur le lit, épuisé.

« Pourquoi tu t'énerves ? Franchement, vous vous entendez très bien je trouve. »

« Très bien ?! Tu rigoles ? » Draco se tourna vers lui. « Il me parle une fois par hasard, quand il a besoin d'un renseignement, ou de me dire quelque chose pour…enfin, en rapport avec les batailles. C'est toujours quand il a besoin de quelque chose de toute façon… Que ce soit une info, un conseil, ou n'importe quoi d'autre… »

« S'il te demande un conseil, c'est plutôt un bon point. On n'en demande pas à n'importe qui. » remarqua Blaise.

« Génial. Ça me remplit de joie. » répliqua cyniquement le blond.

« Écoute, je veux pas te démoraliser, mais je ne vois pas ce que tu peux attendre de plus. Vu tout ce que vous vous êtes fait… C'est impossible. Tu ne peux pas dire que vous vous entendiez particulièrement bien quand même… »

« Je le sais très bien. » cingla Draco. « Mais j'étais gosse ! Merde, n'importe qui pourrait voir que j'ai un minimum changé ! Je sais que j'ai été horrible avec lui, il n'y a pas si longtemps que ça… Mais je le regrette. Et je pense qu'il l'a compris… On ne peut pas dire qu'il ait été mieux de son côté de toute façon.»

« Je suis d'accord. Quoiqu'il en soit, je trouve qu'il se comporte particulièrement bien avec toi.. »

« Ouais. Sauf que tu n'as pas tout vu.. » souffla sombrement Draco, sans que Blaise entende.

« Honnêtement, si on regarde bien, il ne fait pas beaucoup de différences entre toi et moi, alors que vous étiez censés vous haïr, et que moi, il ne me connaissait que vaguement. » continua le brun.

« Arrête Blaise. C'est toi qui ne vois pas vraiment ce qu'il se passe. » l'interrompit Draco. « Il plaisante avec toi, pour un oui ou un non. Et c'est limite s'il ne m'ignore pas, lorsqu'il me voit… » Il détourna le regard. « Il m'ignore… Pourquoi je me sens si… si .. »

« Con ? » proposa son ami.

« Ouais. Je suppose. » grimaça le blond.

« Ah, l'amour… » se moqua Blaise.

« Connard. » grinça Draco. « Dégage de mon lit. »

Blaise lui lança un coussin à la tête avant d'obtempérer, sonnant le glas d'une bataille d'oreillers en bonne et due forme.

oOoOoOoOoOoOoOo

« Je ne pourrai plus m'entraîner avec vous, les gars. » annonça Harry, une moue de dépit collée au visage, en regardant Ron et Neville jouer aux échecs.

Ron interrompit son mouvement.

« Comment ça ? Pourquoi tu ne peux plus ? Je trouve qu'on a bien progressé pour les sorts à trois. »

« On arrive même à créer ce filet de feu. » approuva Neville.

« Je sais. Vous pourrez toujours continuer sans moi. En fait, c'est à cause de mes nouveaux entraînements. Désolé, mais j'aurai jamais assez de temps pour tout cumuler. » expliqua le brun.

« Oh. C'est pas grave, je suppose… On doit pouvoir y arriver à deux, on aura tout simplement moins de possibilités. » dit tranquillement Neville.

« Tout ça à cause de Malfoy.. » maugréa Ron.

« Malfoy ? » s'étonna Neville.

« Ron, arrête, c'est pas de sa faute. » Harry fronça les sourcils.

« Depuis quand tu prends sa défense toi ? » répliqua le roux. Son ami soupira, ennuyé.

« Je dois m'entraîner avec Malfoy, sur ordre de Dumbledore. » expliqua-t-il à Neville.

« Pourquoi avec lui ? »

Harry échangea un bref regard avec Ron, avant de décider qu'il n'y avait aucun risque à répondre au griffondor.

« On sera coéquipiers, pour l'Ordre. »

« Avec Malfoy ?! Tu plaisantes ? Ils ont pas fait un mauvais calcul ? » s'exclama le jeune homme, surpris.

« C'est exactement ce que j'ai dit. » ricana Ron.

« Justement, on doit apprendre à travailler ensemble. Les entraînements seront parfaits pour ça. Vous croyez que je n'arriverai pas à me comporter convenablement ou quoi ? » ronchonna le brun.

« Avoue que… »

« On peut avoir des doutes. » affirma Neville.

« Je suis sûr que ça va très bien se passer. » se renfrogna le brun.

Ron et Neville lui jetèrent un regard sceptique.

« Quoi ? Puisque je vous le dis ! »

« C'est ça… » railla le roux.

« Il est très sympa avec moi, depuis que… » Harry s'interrompit en passant une main gênée sur sa nuque.

Les deux autres semblèrent se concentrer immédiatement sur leur partie d'échecs.

« Il m'a même fait remarquer que j'avais un problème avec ma transformation animagus. » persista Harry, songeant distraitement à l'épisode.

« Ta QUOI ?! » s'écria Neville.

« Merde. » Le brun plaqua une main sur sa bouche.

Ron le regarda d'un air désespéré.

« T'en loupes pas une. Heureusement pour toi qu'Hermione n'est pas là. » nargua-t-il.

« Tu te métamorphoses Harry ? En quoi ? » demanda curieusement Neville.

« Moins fort ! » Le brun regarda suspicieusement les griffondors qui les environnaient. « En panthère noire. » divulgua-t-il à voix basse.

« Vrai ? Cool comme animagus. C'est plus classe que le vieux chat de MacGonagall. » remarqua Neville.

Ron rigola.

« Hum, oui, mais c'est pas discret. » avoua Harry, peu satisfait.

« Et tu as un problème, tu as dit ? » le questionna Ron.

« En fait, tu me l'avais fait remarquer déjà. Je me transforme sans m'en rendre compte. » dit péniblement le brun.

« ….. Ah. »

« Ouais, c'est un problème. » opina le roux.

« Tu sais que certains sont restés des animaux à vie ? » lui demanda Neville.

« Draco me l'a dit. » approuva Harry.

« Argh, pas ce prénom honni dans ta bouche, pitié ! » Ron accentua ses mots en plaçant ses mains sur ses oreilles.

« C'est ridicule. » siffla le brun.

« Tu devrais t'entraîner à retenir tes transformations. » lui indiqua Neville, sans prêter attention à l'épisode.

« Comment tu veux que je fasse ça ? »

« Et bien, mets toi en situation où il faudrait impérativement que tu changes de forme, et oblige-toi à rester humain. »

« Dans la théorie, ça semble simple, mais dans la pratique… » Le brun grimaça.

« Tu n'as qu'à demander à Draaaaco, puisqu'il a des idées si fabuleuses. » se moqua Ron.

Harry n'ajouta rien, mais se dit que n'était pas forcément une mauvaise solution.

« Je vais demander à Hermione. » Il accompagna ses gestes à sa parole.

oOoOoOoOoOoOoOo

Draco était tranquillement attablé avec Blaise ce dimanche midi-là ; ils parlaient de tout et de rien, du moment que leurs amis absents n'étaient pas évoqués. Le brun reposa sa fourchette avec surprise en voyant Harry, qui déjeunait jusqu'alors avec d'autres griffondors, se diriger vers lui.

« Bonjour. » les salua-t-il calmement. « Blaise, tu pourrais nous rejoindre dans le parc, quand tu auras fini, s'il te plaît ? » proposa-t-il, en indiquant Ron et Hermione qui l'attendait devant la porte du hall.

« Moi, avec des griffondors ? Survivrai-je ? » répliqua le serpentard, d'un ton dramatique. « C'est d'accord. » reprit-il avec un sourire, avisant Ginny qui s'était placée à côté de son frère.

« A tout à l'heure » acquiesça le griffondor, s'éloignant aussitôt d'eux.

Draco regarda très calmement Blaise, d'un air qui disait très clairement "je te l'avais dit". Le brun ne dit rien, finissant son repas dans le silence.

Ils se séparèrent dans le Hall, l'un prenant le chemin du parc, l'autre celui des cachots.

Draco ressassait de sombres pensées lorsqu'il pénétra dans le bureau du Professeur Snape, pour son cours de potion privé habituel. Peut-être qu'Harry faisait des efforts pour lui parler civilement, mais il était clair qu'il imposait une barrière entre eux deux. Et Blaise, lui, sympathisait de plus en plus avec ces griffondors de malheur. Draco avait remarqué que son ami passait encore moins de temps qu'avant dans la salle commune des serpentards le soir. Il n'avait jamais honoré les autres serpentards de sa présence très longtemps, mais dorénavant c'était pire que ça. Le blond quant à lui se retirait de plus en plus souvent dans ses quartiers.

Vincent, Greg et Pansy lui manquaient, et il s'inquiétait affreusement pour la jeune fille, qui ne lui avait pas donné signe de vie depuis sa brève et alarmante missive. Il pensait maintenant se douter de ce à quoi elle assistait. Elle avait toujours été fascinée par la symbolique, et il ne doutait pas que ses connaissances fussent utiles aux expérimentations des alchimistes.

Les cours se révélaient souvent ennuyeux, sans plus personne à ses côtés. Blaise n'avait presque aucune matière en commun avec lui.

Et il avait toujours une multitude de problèmes à régler…

Il s'avança en silence vers le bureau auquel était assis Snape, et lui tendit un parchemin. Le maître des potions le lut attentivement, puis leva des yeux satisfaits vers lui.

« Il va falloir le modifier, très certainement, mais tu as fait un excellent travail. » le gratifia-t-il. « Cela va nous épargner des mois de recherches. »

« J'espère que le sort sera opérationnel le plus rapidement possible. » approuva Draco.

« Tu refuses toujours de nous apprendre la pratique de l'enchantement originel ? » demanda Snape.

« Vous n'en avez pas besoin. » Le blond haussa les épaules. « Et c'est un secret ancestral. Je ne souhaite pas qu'il soit rendu public. De plus, il est dangereux, comme on a pu le voir. »

« Comme tu voudras… »

Le professeur passa l'heure suivante à lui soutirer des précisions sur le sort et son pendant.

oOoOoOoOoOoOoOo

Le soir, Blaise s'étonna de ne pas voir Draco au repas, mais supposa qu'il avait dîné dans sa chambre, en demandant à un elfe. Il en prévint Harry, qui lui avait dit vouloir parler à son ami, puis rejoignit en baillant le dortoir des serpentards.

« Pourquoi tu dois voir Malfoy ? » demanda Hermione, un peu surprise. « Je croyais qu'on devait essayer de trouver une solution à ton problème ? »

« On le fera après. Il faut que je lui demande, quand est-ce qu'on se voit pour les entraînements. » expliqua le brun.

« Ok. Je t'attendrai dans la salle commune alors. » opina la griffondor. « Tu viens Ron ? »

Le roux se leva, prêt à la suivre. Puis il se retourna, sentant le regard d'Harry peser sur sa nuque.

« Oh ça va, j'ai compris. Tu avais raison, Zabini est sympa. Là, content ? »

« Content. » approuva le brun, sous le rire de Ginny, assise à ses côtés.

Harry se leva à son tour, décidé à régler au plus vite cette histoire d'entraînement.

oOoOoOoOoOoOoOo

Draco se sentait minable. Il avait regagné sa chambre complètement épuisé après l'interrogatoire de Snape ; juste à temps pour découvrir le petit hibou de Pansy l'attendant sur son lit.

Le mot ressemblait bien trop à un message d'adieu.

Ne m'en veux pas, Draco. Sois heureux, et dit à Blaise que je l'adore.

Cette fois, aucune larme ne tachait le papier.

Draco ne savait pas du tout si elle les abandonnait pour Voldemort, ou si elle tentait une action suicide. Mais il sentait ses nerfs craquer totalement.

Il voulait la rejoindre, mais il n'avait aucune idée d'où elle pouvait bien se trouver.

Il voulait trouver son père, et lui faire enfin avouer les foutues raisons pour lesquelles Voldemort le voulait.
Il voulait coincer Harry quelque part, et lui déverser toute sa hargne et sa rancœur.

Il voulait que ses amis le réconfortent, que quelqu'un soit là pour lui. Blaise était absent; pourtant sa franchise lui aurait fait du bien.

Et il avait l'envie qu'Harry débarque et fasse n'importe quoi, mais le sorte de cet état d'apathie perpétuelle. L'envie déraisonnée de l'embrasser et de ne plus le laisser partir la prochaine fois qu'il le croiserait.

Il se laissa lentement glisser contre le mur, s'alluma une cigarette, et entreprit tranquillement la descente d'une bouteille d'alcool.

Il lui sembla qu'une éternité s'écoulait dans la chambre silencieuse. Le goût amer de la boisson l'écoeura rapidement. Il repoussa la bouteille avec rage, l'irrépressible envie de pleurer comme un enfant le submergeant. Il avait envie de tout casser autour de lui.

Son corps le faisait souffrir. Il essaya de vider son esprit, en vain.

Lorsque trois coups retentirent dans sa tête, il crut les avoir imaginés. Ils durent se répéter plusieurs fois pour qu'il réalise qu'ils venaient de l'entrée de la chambre. Il tira une longue bouffée de fumée, s'efforçant de faire cesser les tremblements nerveux qui agitaient ses bras, posés sur ses genoux à moitié repliés.

Il ne voulait voir personne.

Harry s'étonna de ne trouver aucune réponse lorsqu'il frappa. Il hésita à repartir, mais un coup d'œil sur la carte des maraudeurs lui apprit que celui qu'il voulait voir était présent, de l'autre côté du mur.

Le Duc de Norfolk s'empressa de lui fournir le mot de passe, lui révélant au passage qu'aucun son n'avait retentit depuis des heures dans la chambre du préfet - ce qui rappela au griffondor d'apposer un sort de silence dès qu'il eut franchit le seuil de la pièce.

Il cligna des yeux, surpris par l'obscurité ambiante. Il faisait presque nuit dehors, mais il n'était pas très tard. Tout était éteint cependant.

« Malfoy ? »

Il fit apparaître une petite boule de feu, qui de sa main alla se suspendre dans les airs. La fumée de cigarette envahissait la pièce. Ses yeux repérèrent rapidement la forme prostrée du serpentard.

« Malfoy ? » Sa voix sonna surprise, et anxieuse.

« Tire-toi Potter. » Draco prit sa tête dans ses mains, et ne daigna pas lever les yeux vers Harry.

Le brun s'avança quand même, avec hésitation.

« Malfoy.. »

« T'es sourd ? » grogna le blond.

« Calme-toi, je ne t'ai rien fait. » protesta calmement le griffondor.

Draco ricana. D'un rire sans joie, d'un rire faible.

« Malfoy ? » Pour le coup, Harry commençait vraiment à s'inquiéter.

« Tu ne m'as rien fait. Non, bien sûr… » Il rit encore - sa voix se cassa.

« Et bien je… Non, je veux dire… J'ai fait quelque chose ? » Le brun se demandait réellement ce qu'il avait bien pu commettre qui ait mis Malfoy dans cet état-là.

Draco éclata bruyamment de rire. C'était douloureux, et Harry se sentait mal. Le serpentard se releva lentement en s'adossant au mur, le corps agité de soubresauts nerveux.

Il redressa la tête brusquement et fixa Harry avec une soudaine colère.

« Tu crois sérieusement que tu n'as rien fait ?! Tu - tu ne te rends même pas compte à quel point je … ! Bordel Potter t'as réduit mon cœur en miettes ! Tu sais même pas à quel point ça fait mal ! Tu crois que c'est passé, que je ne t'aime plus peut-être ? » Il sourit méchamment. « Si c'est le cas je peux te dire que tu te trompes sérieusement. Ça m'étonnerait pas de toute façon ; tu fais que ça, te planter sur toute la ligne. On dirait même que ça t'amuse ! »

Harry s'était figé, les yeux agrandis par la stupeur et il écoutait, il écoutait alors qu'il ne voulait pas entendre.

« Tu vas encore rester planté là à rien faire ? Réagis Potter, merde, dis moi quelque chose. » Draco continuait de rire ironiquement. « Ah pardon, c'est vrai que tu adores faire semblant de rien voir ! Tes amis peuvent s'inquiéter à mort pour toi, tu le réaliseras même pas ! Tout tourne autour de toi après tout ! Y a que toi qui peut souffrir pas vrai ?! » Il reprit son souffle comme pour mieux enfoncer chacune de ses phrases en Harry. « Mais oui, tout va bien pour moi ! On a juste tenté de me tuer - d'ailleurs on essaye encore hein ! Et puis des plaies apparaissent d'un jour à l'autre sur moi pour je ne sais quelle raison, mais ça, ce n'est pas important, tant que ce n'est pas mortel après tout, pas vrai ? Ma meilleure amie risque de mourir, mon père me trahit, je n'ai plus de famille, plus rien ! Et je crois que le pire - le pire ! - c'est que ce qui me fait le plus mal c'est toi. Toi… un putain de griffondor à la con qui s'amuse à me bousiller complètement pour ensuite aller tranquillement faire la fête avec mon soi-disant meilleur ami.. » Il s'interrompit péniblement. « A part ça, tout va bien. Mais oui, tout va très bien. Très bien… » Il ferma les yeux avec rancœur, et son poing tapa avec force le mur derrière lui. Sa respiration presque saccadée se calma rapidement, et il releva la tête avec gêne. Harry n'avait pas bougé, toujours debout à un mètre de lui; choqué. C'en fut trop pour Draco.

Il franchit la maigre distance qui les séparait et le prit violemment dans ses bras, n'osant même pas croiser son regard.

« Pardon.. Pardon, je pensais pas ce que je disais…Pardon. »

« Malfoy.. » Harry se raidit si possible plus qu'il ne l'était déjà. « Malfoy, lâche moi. »

« Je suis désolé. » Mais Draco ne le lâchait pas.

Le brun se débattit plus fortement ; le blond ne semblait même pas s'en rendre compte.

« LÂCHE MOI ! » Le cri sortit le serpentard de son isolement. Harry le repoussait brusquement. Ses bras perdirent leur emprise.

Draco regarda brièvement le brun avant de se détourner et de passer une main lasse sur son crâne.

« Désolé. » Il soupira.

« Non, je… » La voix d'Harry semblait difficile. « C'est pas grave. Tu as raison en plus… » Il marqua une pause. «Je ne fais plus attention aux autres. »

« Tu as plein d'autres choses dont tu dois t'occuper ! Pour une fois tes amis peuvent bien être ceux qui passent leur temps à s'inquiéter. Même si ça ne semble pas juste… J'étais dégueulasse de dire ça. » Draco soupira tristement.

« Non. Ça m'a fait du bien. Tu devrais me gueuler dessus plus souvent. » Il sourit avec dérision.

Draco le regarda avec lassitude.

« Qu'est-ce que tu veux dire, pour les blessures ? » reprit le brun, cherchant quelque chose à dire.

« Rien… Rien d'important. »

« Si, dis le moi. Qu'est-ce qui se passe ? Tu n'as vraiment pas de chance et quelqu'un a décidé de te défigurer ? » Il sourit faiblement, résistant à l'envie qu'il avait de fuir de cette chambre.

Draco secoua la tête, mi-amusé mi-agacé. Il saisit pourtant l'opportunité d'éloigner la conversation de ses aveux gênants.

« Je ne pense pas, vu que je n'ai rien au visage. » répliqua-t-il. « Je ne sais pas ce qu'il se passe… C'est juste que parfois, un soir ou un matin, je me rends compte que je suis blessé. C'est souvent des plaies superficielles… Mais je ne me coupe pas tout seul quand même. Et j'ai plein d'ecchymoses. » expliqua alors le blond, s'asseyant sur son lit et allumant une cigarette.

« Et Pomfresh t'as dit quoi ? » demanda le griffondor.

« Rien. Je ne lui ai rien demandé. »

« Quoi ?! Mais attends tu ne te soignes pas ? »s'exclama le brun, éberlué.

« Je le fais moi-même. »

« Malfoy, il y a des tas de sorts différents en fonction des coupures.. Ce n'est pas vraiment prudent ce que tu fais. » Harry fronça des sourcils avec inquiétude.

« J'étais censé entamer des études en médicomagie l'année prochaine. Je connais ces sorts. » lui précisa le serpentard.

Le brun ne dit rien, semblant réfléchir à ce que Draco venait de lui apprendre. Il se tourna soudain vers lui.

« Je peux voir ? »

« Quoi ?! » Draco le dévisagea sans comprendre.

« Une blessure. Tu en as une non ? »

« Comment tu le sais ? » s'étonna le blond.

« Je le sens. En me concentrant, je peux sentir que tu as mal… C'est normal, c'est dans ton aura. » expliqua Harry. « Je peux voir ? »

« Euh oui. Oui. »

Draco commença à déboutonner distraitement sa chemise.

« Tu peux voir mon aura ? » demanda-t-il avec intérêt

« Oui, mais ce n'est pas facile. C'est fatiguant… » Harry s'impatienta et d'un geste de la main fit se détacher un à un les boutons récalcitrants de la chemise du blond, s'attirant le regard surpris et troublé de celui-ci.

« Pourquoi tu ne l'as pas soignée celle-ci au fait ? » demanda le brun en s'approchant du blond afin de mieux observer la blessure.

« Hum, je n'ai pas encore vu comment soigner ce cas précis. » expliqua Draco, un peu embarrassé. « Elle est juste apparue ce matin, je me suis dit que je ferais des recherches. » Il fit glisser sa chemise le long de son bras, dévoilant toute la moitié droite de son torse qu'entravait une longue et fine déchirure. Il amena de son bras gauche encore recouvert sa cigarette à ses lèvres.

Le griffondor le fixait d'un air étrange.

« Harry, ça va ? » s'inquiéta un peu le serpentard.

« Ouais. Ouais… » soupira distraitement en réponse le brun, s'approchant étonnamment pâle du blond. Il longea des yeux la balafre effilée qui partait du milieu du ventre et dépassait un peu sur son dos. « C'est… » Harry ne finit pas sa phrase ; il effleura du bout des doigts la plaie - Draco se tendit.

« Désolé. » Harry se redressa précipitamment. Il semblait préoccupé.

« Qu'est-ce qui se passe ? Tu penses savoir pourquoi j'ai ça ? » demanda Draco, ne comprenant vraiment pas la réaction du griffondor.

« Non, non ! C'est juste que je… Je dois vérifier d'accord ? La prochaine fois que tu as un truc du genre, tu me le dis, ok ? Et puis on verra. On verra. » Le brun expira fortement.

« … D'accord. » accepta avec reluctance le serpentard. Il se leva du lit, mais grimaça lorsque son geste tendit la peau de son abdomen.

« Attend, je vais arranger ça. » intervint Harry. Il avança la main vers Draco, mais la recula soudain avec hésitation. Draco le regarda avec interrogation et il rougit légèrement. Il appliqua finalement sa paume sur le ventre du blond, qui se mordit la lèvre sous la douleur soudaine.

« T'aurais vraiment pu aller chez Pomfresh. » soupira Harry en secouant la tête.

Il ferma les yeux, et se concentra afin d'envoyer son énergie dans le corps du serpentard.

Et là, Draco écarquilla les yeux à l'assaut de magie qui s'infiltra dans la plaie. Il n'y avait pas d'étincelles, pas de lumière, rien qui aurait pu faire deviner la présence de magie. Mais lui, il la sentait très clairement ; et les doigts brûlants d'Harry contre son ventre, il ne voulait absolument pas qu'ils s'en aillent.

Il était totalement étourdi par la déferlante. Ça lui faisait tellement de bien. Il se sentait en paix à présent, réconforté par cette magie qui n'était pas la sienne. Et puis l'invasion cessa, pour ne plus laisser sur lui que la sensation de la main chaude du brun. Et il voulait encore qu'elle reste.

Elle s'écarta quand même, et il croisa le regard d'un Harry mal à l'aise.

« C'est bon, tu n'as plus rien. »

« Merci. » Il renfila rapidement sa chemise.

« Malfoy je… »

« Draco. S'il te plaît, appelle moi au moins Draco. » l'interrompit le blond avec lassitude. « Tu y arrivais bien, il y a quelques jours. »

« Draco… » Harry soupira. « Je ne sais plus quoi te dire. »

« A quel sujet ? » interrogea avec indifférence le blond.

« Tu sais. Enfin, je veux dire… » Il se mordit la lèvre nerveusement. « … Ça fait si mal que ça ? » murmura-t-il finalement, sans oser le regarder.

Il y eut un long silence, et Harry crut qu'il ne répondrait pas.

« Oui. » Le brun rencontra le regard étonnamment sérieux du serpentard lorsqu'il releva les yeux. « Oui… Ça fait mal, tu n'as pas idée… » répondit Draco, d'une voix peu élevée, mais assurée. « Non, tu n'as pas idée… » Il s'avançait vers Harry, qui recula jusqu'à ce que son dos heurte le mur. « J'ai l'impression d'avoir été déchiré. Mais la plaie elle ne se referme pas. Non, celle-ci il n'y a aucune main tiède pour venir la guérir. Elle s'ouvre un peu plus chaque jour à chaque fois que je te croise. Et puis je me dis que je suis vraiment stupide de ressentir ça, y a aucune raison pour ça. » Le rythme de sa voix augmentait en vitesse. « Mais c'est toujours là. Ça me serre la gorge - et je ne veux pas que ça le fasse ! Mais le pire, le pire, c'est que je peux pas m'empêcher d'espérer que peut-être un jour, je ne serai plus le seul à éprouver ça ! »

Il encra ses yeux désespérés dans ceux d'Harry, bloqué entre le mur et lui. Le griffondor le fixait sans pouvoir se détourner.

Ses bras encadraient le visage du brun, et le serpentard était près, beaucoup trop près. Leurs souffles saccadés se mêlaient.

Le brun remarqua comme déconnecté que les yeux du serpentard étaient vraiment trop orageux pour en soutenir le regard.

« Et ça me tue. Ça me tue à petit feu. » murmura alors Draco. Et ses yeux à peine ouverts troublaient Harry. Et ses lèvres se rapprochaient dangereusement des siennes. Et il aimait.

« Arrête. Tu as bu, n'est-ce pas ? »

Ce n'était qu'un murmure, mais il fut suffisant. Draco s'interrompit et recula légèrement la tête.

« Pas assez… » souffla-t-il.

Il sembla jauger un instant Harry du regard, puis ses bras retombèrent et il s'éloigna du griffondor, lui tournant le dos.

« Tu m'as dit…que tu me faisais confiance, tu te rappelles ? » dit Harry au bout de quelques minutes. « Je te fais confiance aussi. » Draco lui refit face, affichant une expression étonnée. « Alors, ne trahis pas cette confiance, s'il te plaît. » reprit Harry d'un air fatigué.

Le visage du serpentard se refroidit.

« Tu ferais mieux de partir. »

Harry acquiesça.

« Pour tes blessures… Je vais essayer de trouver une solution. » Il posa sa main sur la pierre afin d'ouvrir le passage, et sortit, se demandant pourquoi son cœur battait si vite.

La lumière tamisée de la pièce s'évanouit en même temps qu'Harry, laissant Draco dans le noir.

oOoOoOoOoOoOoOo

La semaine de cours s'écoula lentement. Harry fut surpris lorsqu'il réalisa en se levant, le samedi matin, qu'ils étaient le 15 juillet. Il avait envoyé la veille un message à Draco, lui disant qu'il pouvait s'entraîner avec lui cet après-midi là, s'il le souhaitait.

Le serpentard avait accepté.

En attendant, il n'avait aucune envie de voir Malfoy… Il se balada un moment dans le parc, pestant silencieusement. Si au moins il pouvait décharger ce surplus de magie qui lui fatiguait le corps et l'esprit…

Il se figea et observa d'un œil critique la forêt interdite, qui semblait lui tendre les bras, quelques mètres plus loin. Il savait d'après Hagrid que l'une des clairières de la forêt était consacrée aux quatre éléments, en tant qu'ancien lieu de culte. Cela serait le lieu parfait pour expulser sa magie…

Il s'avança d'un air décidé vers la bordure.

« Harry ? Où tu vas ? »

« Fous moi la paix Blaise. » Il avait complètement oublié le serpentard qui l'accompagnait.

« Quoi ? … Hé, je sais pas si t'as remarqué, mais tu te diriges tout droit vers la forêt interdite là. Tu sais que comme son nom l'indique, et comme nous le rabâche Dumbledore, elle est interdite ?! »

« Je t'ai pas dit de me suivre ! » souffla Harry avec exaspération.

Ils avaient déjà franchi l'orée des bois.

Le griffondor avançait avec assurance, semblant connaître le chemin comme sa poche.

Ils se figèrent en entendant un bruit de course derrière eux.

Draco débarqua, pantelant.

« Qu'est-ce que vous faîtes bordel ?! » s'exclama-t-il violemment.

« J'essaye d'empêcher cet imbécile de sortir d'Hogwarts » répliqua vertement Blaise, accélérant pour rattraper Harry.

« Et t'as pas remarqué que vous étiez déjà sortis ?! »

« Vous êtes collants comme serpentards ! » s'écria le brun avec mauvaise humeur. « Qu'est-ce que tu fous là Malfoy ? » Il lui lança un regard mauvais, ne s'arrêtant pas pour autant.

« Je vous ai vus entrer dans la forêt. » répondit sèchement le blond. « Arrête-toi, merde ! »

« Non. » Harry se retourna vivement. « Dégagez. C'est dangereux au dehors. » Ses yeux venimeux lançaient des éclairs.

« C'est la même pour toi Potter, alors tu te tais ok ? » répondit Draco avec exaspération.

« Tiens donc. Je ne savais pas que le repérage payait autant. » La voix railleuse retentit froidement.

Les ricanements les figèrent.

Ils observèrent avec terreur une dizaine de mangemorts les encercler.

A suivre…


Bordel, ce que je ferai pas pour vous. Il est 4H30 du mat'… (regarde le cendrier plein à craquer, les milliers de tasses qui s'entassent à côté). Je suis trop gentille ToT.

Ah, je sais, vilaine fin, mais au début je voulais couper en plein milieu de la conversation Harry/Draco, alors on peut dire que vous avez de la chance lol.

Faîtes moi plaisir, explosez la boîte à reviews lol, que je me sois pas ruiné les yeux pour rien.

Merci d'avoir lu :-)

Mel