Honesty

Genre: romance, drame

Avertissement :possibles passages à caractère violent, possible description de scènes à caractère sexuel (pourquoi j'entends des « mais alors y a de l'espoir ?! » en arrière plan ?)

Spoilers :jusqu'au tome 5, le 6 n'est pas pris en compte

Disclaimer : Les personnages utilisés ici ne m'appartiennent pas, tout est l'oeuvre de J.... (sob)

Note : Je suis vraiment désolée de ne poster que maintenant !! La raison de mon retard est très simple : j'ai carrément oublié que ça faisait deux semaines depuis le dernier chapitre ! (sans commentaire) Ahem, donc le voilà finalement, et j'espère que vous l'aimerez ! Merci à tous pour vos gentils messages ! XD

Rars : Merci beaucoup à K, et à P'tit Lion (Vive Blaise le koala ? Mdr! Je ne sais pas s'il apprécierait ;) Ravie que les caractères des personnages te plaisent :p Et d'autres scènes Harry-Draco, et bien ça arrive, ça arrive lol. C'est gentil d'avoir laissé une review à 3H du matin. Tu as du courage :-) Bisous)

Résumé du dernier chapitre : Harry, Blaise et Draco échappent aux mangemorts de la Forêt Interdite. Harry étant sérieusement blessé, Draco est obligé de lui donner de son sang. On apprend que le serpentard a adopté le groupe sanguin du gryffondor, mais que Pomfresh n'en connaît pas la cause. Harry, ayant ressenti les émotions de Draco lors de la bataille, en fait part au serpentard. Ils n'en déterminent pas non plus les raisons. Les trois garçons sont retenus à l'infirmerie par Mme Pomfresh.


Are you ready maybe
Are you willing to run
Are you ready to let yourself drown
Are you holding your breath
Are you ready or not

Are you ready maybe
Do you long to confess
Do you feel that you're already numb
Are you sure of yourself
Would you lie if you're not

You tire me out
Don't wanna let that happen
A secret scream so loud
Why did you let that happen

So put your arms around me
You let me believe that you are someone else
Cause only time can take you
So let me believe
That I am someone else

Put your arms around me, Texas

(j'ai eu trop de mal à sélectionner une partie de la chanson.. Alors oui elle est assez longue cette citation hum…Loooooove Texaaas (comment ça je l'ai déjà dit ?))


Chapitre 18

Blessures

Draco laissa l'eau de la douche dévaler son corps avec reconnaissance. Il retraça avec incertitude le souvenir de la plaie qui avait traversé son corps quelques heures plus tôt. Sa main se crispa sur sa poitrine.

C'était inimaginable. Comment pouvait-il raisonnablement absorber les blessures d'Harry ?

C'était totalement illogique.

Il pouvait encaisser toute cause probable de douleur pour Harry… Mais était-il capable de contrôler cette capacité ? Il n'avait pas immédiatement absorbé l'entaille après tout.

Et cette histoire de modification de sang le laissait perplexe. Il avait l'impression d'être devenu un véritable réservoir d'énergie.

Il était angoissé. Il avait cru que savoir d'où venaient les ecchymoses apparaissant sur lui chaque jour lui redonnerait un certain pouvoir sur la chose. Mais il n'en était rien. Il ne s'agissait visiblement pas d'un maléfice, ou d'une malédiction. Du moins il n'en connaissait pas de tels, et il espérait fort qu'il n'en existait pas.

Harry ne semblait pas vraiment en savoir plus.

Le serpentard laissa la place au dernier un quart d'heure plus tard.

Il remarqua qu'un repas les attendait sur la table. Pomfresh était déjà assise, réfléchissant, silencieuse et soucieuse. Blaise était également installé, semblant s'ennuyer au plus haut point. Son visage s'éclaira lorsqu'il aperçut Draco.

Le blond s'assit en face de son ami, qui en profita pour lui souffler à voix basse :

« Je ne sais pas ce que tu as a dit à Harry, mais il était aussi causant qu'une tombe. Et Pomfresh, j'en parle même pas. » Il se tut un bref moment. « Et puis j'ai faim. » ajouta-t-il en salivant devant les victuailles posées entre eux.

Draco ne répondit pas.

« … Madame Pomfresh ? » L'infirmière émergea lentement de ses pensées.

« Oui ? »

« Vous avez trouvé quelque chose ? » demanda-t-il, inquiet.

« Non. Malheureusement. Mais nous en parlerons dès qu'Harry sera parmi nous. » répondit-elle. « Peut-être que vous m'apprendrez quelque chose de nouveau, qui pourra m'éclairer. »

Draco acquiesça.

« Mais qu'est-ce qui se passe ? » tiqua Blaise.

« Il peut savoir ? » s'enquit le blond auprès de l'infirmière, après un regard d'excuse envers son ami.

« C'est à vous de décider. » La femme le scruta des yeux un moment. « Il s'agit de votre santé après tout. »

A ces mots, Blaise se tourna vers lui d'un air inquiet.

« Il semblerait que toutes les blessures que prend Harry soient reportées sur moi. »

« … Tu peux répéter ? » Blaise cligna des yeux, sans comprendre.

« Je vois pas comment te le dire autrement. » répliqua le blond.

« Vous en êtes arrivé à la même conclusion que moi, Mr Malfoy. Mais c'est insensé. » Le visage de l'infirmière se ferma.

« Attend, tu veux dire que si je cogne Harry quand il sort de là » Le brun pointa la porte de la salle de bain. « C'est toi qui va sentir le coup ? »

Pomfresh releva la tête.

« Ça serait une expérience intéressante. » intervint-elle, piquée.

« Mais je n'absorbe pas la douleur, seulement ses blessures. S'il lui fait un bleu, je pourrai l'avoir à sa place, c'est tout. » s'interposa Draco.

« Ça, c'est juste parce que l'action n'est pas instantanée. C'est l'occasion de voir si vous pouvez maîtriser ce qui vous arrive. » contredit l'infirmière.

« Euh, mais je ne parlais pas sérieusement. » dit alors Blaise. « Vous voulez vraiment que je le frappe quand il va sortir ? » demanda-t-il, éberlué.

« Et bien… »

« Non. » opposa le blond.

« Je crois que c'est une bonne idée. » persista l'infirmière. « Vous allez vous concentrez, afin d'encaisser le coup à sa place. » indiqua-t-elle.

« Mais je.. »

« Je sais que tout cela est nouveau pour vous. Vous n'avez sans doute encore jamais tenté d'avoir une emprise sur le sort. Il faudra essayer. »

« … Très bien. » Draco s'avoua vaincu.

« Bien, Mr Zabini, postez vous derrière la porte; Harry ne devrait pas tarder à sortir. »

Blaise se leva, ne saisissant pas tout, mais prêt à faire ce qui lui était demandé.

« Je persiste à dire que c'est une mauvaise idée » maugréa Draco.

« Parle pour toi, ce n'est pas souvent que j'ai l'occasion de taper Harry. » rigola Blaise.

La porte s'entrouvrit les interrompant.

« Désolé si j'ai été long. » s'excusa Harry, ses yeux scannant la pièce. « Hé, où est B.. »

Il se retourna brusquement, surprenant Blaise et son poing levé, maîtrisant son attaque d'un geste. Ils tombèrent à terre, Harry au dessus du serpentard, bloquant ses bras d'une main, l'autre sur sa gorge.

Draco soupira, blasé.

« B-Blaise ? » s'étonna le gryffondor.

Le serpentard le regarda, bouche bée. Puis il reprit ses esprits. Il lança violemment son genou dans le flanc d'Harry.

« Aie ! » Draco se leva d'un bond, les doigts crispés sur le côté droit de son ventre. « Merde Blaise, t'aurais pu y aller plus doucement ! » Il massa en grimaçant le point douloureux, sous les yeux surpris des autres.

« Je le savais. » déclara tranquillement l'infirmière, avec un sourire.

« Qu'est-ce qui se passe ? » demanda Harry, se relevant, les observant avec incertitude.

« Nous faisions une petite expérience Harry. » expliqua l'infirmière. « Merci, Blaise. » adressa-t-elle au serpentard.

« Y a pas de quoi. » Il fit la moue, dépité.

« Tu n'as pas mal Harry ? » interrogea alors Pomfresh.

Il porta la main là où Blaise l'avait frappé, troublé.

« Non… Non. » Il leva des yeux inquiets vers Draco.

« Et bien t'as de la chance. » ronchonna celui-ci.

Le gryffondor se dirigea automatiquement vers lui, le guérissant d'un frôlement de doigt ; sous les yeux surpris de Blaise et Draco.

« Ha, Harry, c'est le rêve de tout médicomage de savoir faire ça. » soupira avec envie l'infirmière.

Le gryffondor rougit.

« C'est juste que c'est facile, avec lui. »

« Vraiment ?… C'est intéressant. » souffla Pomfresh, les regardant avec curiosité. « Asseyez vous, je suis sûre que vous mourrez de faim. » les empressa-t-elle.

« Une bonne parole, enfin ! » s'extasia Blaise, reprenant sa place au côté de Pomfresh.

« Je ne comprends toujours pas. » intervint Harry, s'asseyant, ainsi que Draco. « Tu as pris ma douleur ? » questionna-t-il en se tournant vers le blond, qui hocha la tête. « Je croyais que ce n'était que les blessures… » soupira le gryffondor, préoccupé.

« Tu le savais ?! » s'exclama Draco.

Le brun releva la tête, attisant l'intérêt des trois personnes présentes.

« … Je m'en doutais. Tu sais, tu m'as montré tes égratignures la dernière fois. Je me suis bien rendu compte que c'étaient les miennes. »

« Quand cela ? » demanda l'infirmière.

« Et bien, c'était il y a une semaine. A peu près… C'étaient les blessures de mon entraînement. Je pensais que je les avais soignées. Je veux dire, je prends toujours une potion après, c'est prévu. Sinon, je viens vous voir. » expliqua Harry. « J'ai cru les avoir soignées avec la potion. »

Pomfresh acquiesça.

« Mais il y a une chose que je ne comprends pas. » commença-t-elle. « Pourquoi Draco t'a-t-il montré cela ? Vous vous doutiez de quelque chose ? » interrogea-t-elle.

« Et bien, non, mais… »

« Un peu. » interrompit Draco, lança un regard assassin au gryffondor, qui sembla se rendre compte du sujet vers lequel il s'orientait, et ne répliqua rien.

« … C'est très inquiétant. » annonça soudain sérieusement l'infirmière, regagnant leur attention. « Je n'ai jamais entendu parler de ce genre de cas. »

Les deux concernés échangèrent un regard inquiet.

« Harry, tu ne le sais pas encore, mais Draco possède désormais le même groupe sanguin que toi. » ajouta-t-elle.

Le brun fronça des sourcils.

« Et bien, oui, si vous avez du faire une transfusion, je l'espère. » répondit-il, sans trop voir où elle voulait en venir.

« Ce qu'elle veut dire, c'est que je suis O depuis je ne sais pas combien de temps, alors qu'avant j'étais AB. » répliqua Draco, agacé.

« … Il a pris mon groupe sanguin ! » s'exclama le gryffondor, dévisageant l'infirmière sans y croire.

« Il semblerait que Draco soit devenu un concentré de vie, destiné à préserver la tienne. » expliqua-t-elle.

« Mais.. Mais ce n'est pas obligatoire, n'est-ce pas? Je veux dire, il peut contrôler ça… N'est-ce pas ? »

« Je ne sais pas. Je me suis vraiment concentré tout à l'heure, pour recevoir en même temps que le choc. »

« Mais ce matin, j'ai été blessé et tu n'avais rien. » se souvint Harry, semblant soulagé.

« Je t'ai partiellement soigné. Mais ce qui restait est apparu sur moi tout de suite après. » le détrompa le blond.

Harry le regarda, mortifié.

« Vous ne savez vraiment pas à quoi c'est du ? » intervint Blaise, se tournant vers l'infirmière.

« Non. » répondit-elle sèchement, l'air vexée.

« C'est une malédiction, c'est ça ? » soupira le gryffondor.

« Je ne pense pas Harry. C'est totalement contradictoire; en totale opposition avec les malédictions. Elles sont destinées à faire souffrir. Or, ce sort te préserve. Même s'il fait souffrir Draco, c'est indirect. Il faudrait en plus que celui qui lance le sort connaisse une personne susceptible d'être souvent blessée. Non cette thèse ne tient pas debout. C'est trop compliqué à mettre en place. » lui expliqua Pomfresh.

« Et je ne vois pas qui aurait pu me lancer cette malédiction… » intervint également Draco. « Je veux dire, cela doit être un sort complexe, et il faudrait entrer en contact avec moi pour y arriver. Mais je ne suis pas rentré chez moi depuis des mois, et je ne vois personne qui pourrait avoir à la fois une partie de moi, et une partie d'Harry. » Il reprit, sous les regards interrogateurs des autres. « Il est nécessaire pour toute malédiction d'obtenir un morceau des possédés. »

« C'est donc fortement improbable, comme je l'avais dit. » continua l'infirmière. « … En fait, Harry, je dirais plutôt qu'il s'agit d'une bénédiction. »

« Quoi ?! Je ne vois vraiment pas en quoi ! »s'indigna celui-ci.

« Et bien, tu es doté d'un protecteur. Un bouclier vivant, si je puis dire. » répondit-elle.

Draco baissa les yeux, nerveux.

« Ça me rappelle un vieux truc… » déclara pensivement Blaise, mâchant distraitement ses spaghettis.

« Quoi ?! » s'enquit Pomfresh, étonnée.

« Et bien, justement, je ne m'en souviens plus. » finit par répondre le serpentard, avalant sa bouchée.

« Super. Merci Blaise, pour ton précieux renseignement. » cingla Draco.

« J'y peux rien. » ronchonna son ami.

L'infirmière soupira.

Harry se contenta de manger silencieusement, tourmenté.

« Depuis combien de temps cela dure-t-il au fait ? » interrogea alors Pomfresh.

« Je crois que ça fait à peu près deux mois. » répondit le blond.

« Tant que ça ?! » s'exclama Harry, ébahi.

« Il ne s'est rien passé d'autre de particulier à ce moment là ? » questionna l'infirmière.

Draco nia de la tête.

« Bah, si, ça fait deux mois non que tu - aïe ! » commença Blaise. Il lança un regard furieux à Draco qui venait de lui mettre un coup de pied dans le tibia.

« Il ne s'est rien passé d'important. » coupa le blond.

Blaise maugréa quelque chose d'inaudible.

« Vous êtes sûr ? » L'infirmière fronça les sourcils.

« Oui. » assura Draco.

Harry sembla comprendre à quoi Blaise voulait faire référence, et s'abstint de tout commentaire.

« Je vais en informer le professeur Dumbledore, avec votre permission. Et le professeur Snape également, il saura si cela a un rapport avec une malédiction. » annonça alors l'infirmière. « On ne sait jamais. » Elle réfléchit un moment. « Et puis, Harry, il va falloir surveiller tes entraînements. Tu ne peux te permettre de blesser Draco ainsi. »

Le brun se mordit la lèvre.

« …Je suis obligé de m'entraîner. » finit-il par admettre.

« Et bien, arrange toi pour ne pas te blesser. »

« Ça ne me dérange pas » intervint Draco. « Souvent, je ne ressens pas la douleur. Il suffit que je soigne les plaies. »

« Vous vous soigniez tout seul, n'est-ce pas ? » s'enquit Pomfresh, ennuyée. « Faîtes moi plaisir, venez à l'infirmerie dorénavant. »

Draco acquiesça.

Ils finirent de manger en silence.

L'infirmière fit disparaître les plats d'un coup de baguette magique.

« Je vais aller trouver Albus. Vous restez ici. »

« Madame Pomfresh, quand est-ce que je pourrai voir Ron et Hermione ? » s'enquit Harry.

« Je vous l'ai dit, pas avant demain. Je vous tiendrai au courant de ce qu'il s'est passé cet après-midi. »

Sur ce, elle sortit de la pièce.

« J'en reviens toujours pas. » déclara finalement Blaise.

« Moi non plus. » déclarèrent en chœur Harry et Draco, se regardant ensuite avec surprise.

« Mais vous m'en avez même pas parlé ! » s'indigna le serpentard.

« On ne savait pas grand chose. » répliqua le blond.

« Même. » ronchonna Blaise. « Et puis, on a l'air fin, à rester ici pour rien. Habillés comme ça en plus. »

« Au moins, on ne loupe pas de cours. » intervint Harry.

« Ah oui, génial, ça nous bouffe le week-end. » répliqua le serpentard.

« J'ai déjà dit que j'étais désolé d'être entré dans la forêt. » souffla le brun, dépité.

« Ha ? Je n'ai pas entendu ça. » intercala Draco.

« Il m'a extorqué des excuses. » sourit le gryffondor en réponse.

« Extorqué, c'est un grand mot. » contredit Blaise.

Harry esquiva d'un vague geste de la main. Il alla s'asseoir sur son lit, las. Les deux autres l'imitèrent. Du moins, Draco le fit, et Blaise s'installa d'office avec lui.

« Tu as le tien à côté. » tiqua le blond.

« Oui, mais c'est trop loin. » riposta le brun. « Pff, et qu'est-ce qu'on va pouvoir faire ? Personnellement, je n'ai pas trop sommeil après avoir dormi toute la journée. »

« … On pourrait s'entraîner avec Draco. » proposa Harry. « On devait le faire cet après-midi. »

« Ça t'a pas suffit ce matin ?! » s'écria Blaise, ébahi.

Le gryffondor haussa les épaules.

« Je n'ai pas vraiment envie de me battre de toute façon… » acheva Draco.

Madame Pomfresh surgit alors dans l'infirmerie, les surprenant. Elle avait fait très vite.

« Le professeur Dumbledore a été mis au courant, et il n'en sait malheureusement pas plus que nous. Le professeur Snape affirme qu'il ne s'agit pas d'une malédiction. En fait, tous les deux ne pensent pas qu'il puisse s'agir d'un sort mis en place par une volonté extérieure. »

« Vous voulez dire que … ? » commença Harry.

« C'est l'un d'entre vous qui est à l'origine de tout ça. Mais Dumbledore n'est pas catégorique, il est possible qu'on vous ait lancé un sort. Possible, mais peu probable. » Elle continua sans leur laisser le temps d'intervenir. « Nous avons de bonnes nouvelles. »

« Qu'y a-t-il ? » interrogea le gryffondor, un peu surpris.

« Les professeurs ont retrouvé, hum, trois mangemorts, décédés, et un stupefixé à côté d'eux. Le sort a tenu longtemps, je ne sais pas qui l'a lancé, mais il était de haut niveau. » les informa-t-elle. « Nous interrogeons actuellement ce mangemort. Mais il ne veut rien dire. »

« Pourquoi vous ne le mettez pas sous veritaserum ? » demanda Draco.

« Il fait partie des personnes qui y réagissent mal. » grimaça l'infirmière. « Il s'évanouit avec une seule goutte de potion. Severus s'occupe de créer un dérivé. Mais cela va prendre du temps. »

« Nous n'avons pas de temps ! » s'écria Harry. « Ils ont dit qu'ils faisaient du repérage ! Ils vont attaquer Hogwarts ! »

« Nous le savons Harry. » répliqua-t-elle sèchement. « Dans tous les cas, il est fort possible que ce mangemort ne sache rien. Il est jeune, et sûrement peu gradé. »

« Torturez-le, on va vite s'en rendre compte. » cingla Draco.

Blaise approuva silencieusement.

« C'est hors de question, Mr Malfoy » siffla l'infirmière. « Nous n'appliquerons pas les méthodes des mangemorts. » asséna-t-elle.

« Mangemorts, tu parles… » souffla Blaise.

Elle lui lança un regard furieux. Et lui lança un sort.

« Hé ! Qu'est-ce qui se passe ? »

« Harry, Mr Malfoy, l'Ordre se réunit exceptionnellement demain soir. Soyez présents. »

« J'entends rien ! » se plaignit Blaise.

L'infirmière ôta le sort.

« Merci. » ronchonna le serpentard.

« Je serai dans mon bureau si jamais vous avez besoin de moi. Et pas de disputes ou autre, compris ? Autre chose, pas la peine d'essayer de vous isoler par des sorts d'intimités, il y a un détecteur dans la pièce. » Elle se dirigea vers ses quartiers, et se retourna à la dernière minute, avant de fermer sa porte. « Bonne nuit les garçons. »

« Bonne nuit. » lui répondirent-ils.

Blaise soupira de plus belle.

« Je m'ennuie. »

« C'est pas vrai… » Draco secoua la tête, exaspéré. « On vient juste de s'asseoir. »

« Je sais. Mais je m'ennuie. Et j'ai pas sommeil. »

« Vous parliez sérieusement ? » les surprit alors Harry, développant à la vue de leur visage. « Le torturer pour qu'il parle. »

« Oh.. » Blaise haussa les épaules. « Et bien, si il faut en arriver là. Pourquoi pas ? »

« Parce que c'est dégueulasse ? » grimaça le gryffondor.

« Si c'est la seule manière de le faire parler… » contesta Draco. « Les mangemorts et le ministère se gênent pas. Et à mon avis, les autres non plus. C'est juste que nous sommes à Hogwarts. Le veritaserum est bien trop dur à se procurer. »

« Oui, mais… »

« Mais quoi ? » tiqua Draco. « Se réduire à employer les mêmes méthodes que les autres ? C'est ça qui gêne ? » Il ricana. « Tu parles.. Snape a beau être un excellent maître des potions, trouver un dérivé du veritaserum, ça va prendre des mois. Qu'est-ce que je dis ? Des années ! C'est ridicule. Hogwarts va être attaqué, on pourrait savoir quand, s'y préparer, et bien non. On ne le fera pas. »

« Il n'a même pas la vingtaine.. » commença Harry.

« Et il était prêt à nous tuer il y a quelques heures ! » termina le blond.

Le gryffondor ne dit rien. Il se laissa tomber sur le dos, soupirant.

« Je crois qu'il est pas vraiment d'accord » chuchota Blaise à Draco. Celui-ci roula des yeux.

« Non, sans blague ? » grinça-t-il. « De toute façon, je ne vois pas pourquoi on parle de ça, on ne saura jamais ce que ce mangemort a à nous dire. »

« C'est malin, … » renifla son ami, se prenant soudain un oreiller dans la tête.

Harry les regarda en souriant, allongé sur le côté.

« Pour des serpentards, vous êtes pas très discrets. » se moqua-t-il.

Les deux pris en faute grognèrent.

« Alors… Vous vous y prendriez comment ? » leur demanda-t-il.

« Quoi ?! » s'exclama Blaise, médusé.

« Pour le torturer. » explicita le gryffondor, avec un rictus.

« Oh ! » Le serpentard fit un sourire sadique.

Il rejoint Harry sur le lit de celui-ci, le poussant à son arrivée, suivi par Draco, après une hésitation.

« On pourrait lui arracher les yeux ? » proposa le serpentard brun.

Draco leva les siens au ciel.

« C'est ça. Et après il voudra plus rien dire du tout. » renifla-t-il. « La psychologie, c'est une bien meilleure méthode. »

Harry cligna des yeux, déconcerté.

« Vous paraissez presque enthousiastes. »

« Oh, à imaginer, c'est assez divertissant. Rassure-toi, je ne pourrais jamais ne serait-ce que couper un doigt à quelqu'un. » Blaise secoua la tête avec amusement.

« Tu n'as jamais rêvé d'enterrer vivant Snape ? » ajouta Draco, un sourcil levé.

« …. C'est plutôt tentant. » acquiesça Harry, riant légèrement.

« Blaise est atteint d'hémophobie, il pique une crise à la vue du sang. » reprit le blond. « Totalement incapable de torture. »

« Oui, je sais. » indiqua Harry. « Il me l'a dit. »

« Ah ? » Blaise fronça les sourcils.

Pour toute réponse, Harry le regarda avec ses yeux fendus de chat.

« Ah. Oui. » Le serpentard fit la moue.

« Dis moi, tu as raconté toute ta vie à une panthère ? » demanda Draco, effaré.

« Et bien… » Le serpentard se gratta pensivement la joue.

« Il en a dit pas mal. C'était très drôle ! » acquiesça Harry en riant. « …Enfin, pas toujours » grimaça-t-il ensuite. « Mais, ce matin, il y a eu du sang, et tu n'as pas paniqué. Enfin, pas plus que la normale… » remarqua-t-il.

« Je me suis évanoui quand j'ai été touché. » répondit Blaise à voix basse. « Et puis quand je me suis réveillé, j'étais en train d'étouffer. Je sentais tout ce sang, dans ma gorge… » Il pâlit, puis tenta de se reprendre. « Mais il fallait sortir de là. Par contre, quand je t'ai vu, là c'était horrible. Et je parle pas des trois autres. »

« Oh, c'est pour ça que tu t'es relevé aussi vite pour venir me voir et partir » comprit Draco. « Je pensais même pas que tu pouvais encore marcher. »

« La peur donne des ailes » grimaça Blaise.

Harry ne dit rien pendant un moment. Il claqua soudain des doigts, sous les yeux stupéfaits des autres.

« Sort de silence. Ses détecteurs ne marchent pas avec la magie sans baguette. » sourit-il.

« Oh. La pauvre. » sourit sarcastiquement Blaise. « Elle serait déçue. »

« Tu veux dire quoi par torture psychologique ? » demanda alors Harry, regardant Draco avec curiosité.

« … Il y a beaucoup de possibilités. On peut l'empêcher de dormir, faire baisser la température de la pièce progressivement, lui bander les yeux et lui faire croire à de possibles attaques physiques pour le rendre complètement parano.. J'imagine que le plus efficace, ça serait de lui envoyer des messages mentaux en se faisant passer pour Voldemort. Il serait mort de peur. » réfléchit le blond.

« Il va pas délirer à la fin plutôt ? » opposa Blaise.

« Il suffit de s'arrêter à temps. On s'en apercevrait vite, s'il ne savait rien. »

Harry sourit alors.

« Tu ne crois pas que le plus simple serait que je rentre dans son esprit pour trouver les informations ? » demanda-t-il alors innocemment à Draco.

Il les laissa bouche bée.

Finalement, le blond acquiesça, déclarant lentement, avec mauvaise foi :

« C'est une solution… »

Harry éclata de rire.

« De plus, ça m'étonnerait qu'il soit occlumens. Ou alors pas d'un niveau très élevé. Dumbledore ou Snape pourraient facilement lire ses pensées. » ajouta-t-il.

« On s'est fait doubler par un gryffondor. » maugréa Blaise.

« Tu oublies qu'ils auraient déjà lu dans son esprit s'ils avaient pu. » opposa Draco. « Voldemort pose une barrière sur chacun de ses mangemorts, afin qu'il soit le seul à pouvoir lire leurs pensées. »

« Et bien, s'il le faut, j'entrerai dans son esprit. »

« C'est illégal. »

« Depuis quand on se soucie de ça ? » répliqua le brun.

Draco fit une moue, froissé.

« D'accord, t'as gagné. »

« Qu'est-ce que j'entends ? Il va falloir que je fasse une croix dans le calendrier. » nargua Harry.

« Attention, tu es en présence de deux serpentards, tu ne sais pas ce que tu risques. » riposta Blaise.

« Deux serpentards désarmés ? Je crois que je peux endurer ça. » se moqua le brun.

« On a récupéré nos baguettes. » contesta Draco.

« Et moi, je n'en ai pas besoin. » Les yeux d'Harry scintillèrent.

« Oh, ça va, Monsieur le super héro. » grogna Blaise.

« J'assume, j'assume. » Le gryffondor rit joyeusement.

Les chandelles s'éteignirent soudainement.

« Oh, Pomfresh veut qu'on dorme. » grimaça Harry, tentant d'habituer ses yeux à l'obscurité.

« Je trouve pas ma baguette.. » maugréa Blaise.

« Sur ta table de chevet peut-être ? » proposa Draco.

« Ah merde, c'est vrai. Aïe ! » Le serpentard se frotta le front, contrarié. « C'était qui ? »

« Moi. » grinça Draco, renversé par le coup.

« Mais pourquoi tu lances pas un lumos ? » demanda Blaise, tentant de sortir du lit, sans infliger plus de dégâts.

« Parce qu'elle est aussi sur ma table de chevet ? » répliqua le blond, essayant de se relever.

« Malfoy, tu m'écrases. » souffla Harry.

« Oh, désolé. » s'excusa Draco, mais n'arrivant pas vraiment à se redresser « Si tu lançais une de ces fameuses boules de feu, peut-être qu'on y verrait plus clair ? » raisonna-t-il.

« Mais tu es affalé sur moi ! Je veux pas te la lancer dans la tête ! » ronchonna le gryffondor.

« J'aimerais bien voir ça. » ricana Blaise, désormais debout à côté du lit.

Harry soupira, excédé, et finit par se mettre en position assise, se cognant à Draco et leur arrachant à tous les deux un cri de douleur.

Les flammes éclairèrent soudainement la pièce, révélant le serpentard assis sur les jambes du brun.

« Je crois que je vais rejoindre mon lit. » ronchonna Draco, se levant à son tour.

Finalement, ils se mirent tous les trois sous leurs draps respectifs.

« Vous allez faire comment ? » demanda Blaise. « Pour ces transmissions de blessures ? »

« Je vois pas vraiment ce qu'on peut faire. » soupira Draco.

« J'espère que tu arriveras à les stopper, si tu t'exerces… » intervint Harry.

« J'espère aussi. » s'accorda le blond.

« Vous savez, ça me rappelle vraiment quelque chose. Et pas de commentaire désobligeant, Draco. » poursuivit Blaise.

« Si tu savais vraiment ce à quoi ça te fait penser, ça serait quand même bien. » intervint Harry, sarcastique.

« Je suis sûr que ça va me revenir. C'est un truc du Moyen age je crois. Enfin, peut-être d'avant. Je sais plus. »

« Tu veux dire, en rapport avec les chevaliers mages ? » l'éclaira Draco.

« Oui ! C'est ça ! » s'écria son ami, jubilant. « C'est un vieux serment. Mais si, vous savez. Les chevaliers, qui prêtaient serment de fidélité et protection à leur seigneur. »

« Mais c'est moldu. » dit Harry avec incompréhension.

« ? Mais non. » dit Blaise, fronçant les sourcils. « Les moldus pouvaient pas faire ça. Comment c'est possible ? »

« Les moldus juraient abnégation aussi. Mais sans magie, bien sûr. » lui expliqua Draco. « Les sorciers étaient également des chevaliers, c'est de ceux-là que parle Blaise. Tu ne le savais pas, Harry ? »

« Je connais pas grand-chose aux légendes et à l'histoire sorcière. » avoua le gryffondor. « On ne m'en a pas parlé. »

« Ah bon ? » Draco se tourna vers lui. « C'est important pourtant. »

« Pas pour ma famille. Bref, c'est quoi cette histoire ? »

« C'est le serment de la sauvegarde. Ou du bouclier.. Euh, je sais plus comment ça s'appelle... Je crois bien que ça ressemblait à ce que vous avez, non ? »

Draco acquiesça.

« C'est vrai, maintenant que tu le dis…Mais ça ne nous aide pas vraiment, on n'a jamais su comment ils faisaient. » soupira-t-il.

« C'était quoi exactement ? » demanda le gryffondor, concerné.

« Des chevaliers juraient de protéger des seigneurs, des rois. C'était très rare. Ces protecteurs étaient très recherchés, et adorés. Il devait y avoir autre chose qu'un sort en action, parce que les cas répertoriés sont peu nombreux. Trois ou quatre je crois. Et sur plusieurs siècles. En tout cas, il est dit qu'ils pouvaient donner leur vie en échange de celle de leur protégé, et prendre leur mal. On ne sait pas vraiment ce qu'ils voulaient dire par « prendre leur mal », mais j'imagine que c'est ce qu'il vous arrive. Absorption des blessures. » expliqua Blaise.

« …Mais on peut faire des recherches là-dessus. On en apprendra peut-être plus. » dit Harry, très inquiet.

« On peut toujours. Mais en fait, c'est plutôt une légende. On n'a jamais su si c'était vrai, parce que les dernières traces de ces protecteurs remontent à environ trois siècles. Peut-être se sont-ils cachés… On n'en sait rien. C'est peu probable. Mais beaucoup de recherches ont été faites là-dessus, sans succès. Je ne pense pas qu'on va y arriver en quelques semaines. » le renseigna Draco, désolé.

« Vous devez quand même en parler aux profs. On sait jamais. » conseilla Blaise.

« On peut rien y perdre. » approuva le blond. « Mais on n'est même pas sûrs qu'il s'agisse de ça. »

Ils réfléchirent un moment en silence. Harry éteignit la lumière en soupirant.

La respiration de Blaise s'apaisa lentement. Bientôt le gryffondor sentit qu'il s'était endormi.

Lui, il n'arrivait pas à dormir. Mais il n'était pas le seul.

« Hey, Harry… » Le chuchotement de Draco le tira de ses pensées moroses.

« Quoi ? »

« Tu penses que s'ils prévoient d'attaquer maintenant, c'est parce qu'Hogwarts est un vrai concentré de jeunes ? »

« … Tu as pensé la même chose que moi. » confirma Harry, toujours à voix basse. « Je ne vois pas pourquoi ils décideraient de passer à l'attaque tout de suite sinon… La situation est à peu près stable dehors mais… » Il se mordit la lèvre nerveusement.

« S'ils n'en trouvent plus ailleurs, ils vont venir les chercher à la source. » souffla Draco, redoutant le pire.

« Le ministère n'avait sans doute pas pensé à cette éventualité. » soupira le gryffondor.

« Il va redoubler de vigilance maintenant. Et puis, on n'a jamais réussi à casser les barrières d'Hogwarts de l'extérieur. Il leur faudra du temps s'ils comptent le faire. Et je pense que Dumbledore va faire ce qui est nécessaire. » répondit le blond.

« J'imagine que tu as raison… » espéra le brun.

Un ronflement sonore les fit sursauter.

« Pff, et dire qu'il était le premier à dire qu'il n'avait absolument pas sommeil, et qu'il s'ennuyait. » rit Harry, soulagé.

Draco sourit.

« Tais-toi, tu vas le réveiller. » le raisonna-t-il doucement.

« Oh. » Le brun apposa une bulle de silence autour du lit de Blaise. « C'est bon, il n'entendra plus rien jusqu'à demain matin. » indiqua-t-il.

« Pourquoi, tu comptes parler jusqu'à l'aube? » le nargua le serpentard.

« Non. » Harry sourit, allongé, dans le noir. « Mais au moins, il risque pas de nous réveiller avec ses ronflements… Bonne nuit. »

« Bonne nuit… »

Il sembla qu'ils avaient du mal à trouver le sommeil, tous les deux. Le gryffondor se demanda combien de temps s'était écoulé depuis qu'ils s'étaient tus. Il sentit soudain le serpentard s'endormir.

Il se retourna dans son lit, pas le moins du monde fatigué. Ou du moins, trop préoccupé pour pouvoir l'être.

Il eut l'impression que plusieurs heures défilaient. Il ne pouvait s'empêcher de réfléchir à tout un tas de choses; des choses qui l'angoissaient, d'autres qui lui faisaient plaisir. Quoiqu'il en soit, ses pensées ne le laissaient pas dormir en paix.

Énervé, il se redressa vivement, et murmura un faible tempus. Minuit. L'heure du crime, pensa-t-il sarcastiquement. Il soupira, lassé. Cela faisait bien une heure qu'il se torturait l'esprit.

Il fallait absolument qu'il lui parle, il n'y pouvait rien.

Il repoussa ses draps avec hésitation, et sortit de son lit encore moins assuré. Quelques flammes crépitèrent entre ses doigts. Il se dirigea vers le lit voisin. Le blond dormait, le visage à moitié enfoui dans l'oreiller.

« Draco… Draco. »

Le chuchotement ne le réveilla pas. Il remua légèrement son épaule.

« Hmm… quoi ? » Ses paupières se soulevèrent vaguement. « Pas maintenant… Laisse moi dormir. » grogna le serpentard, replongeant la tête dans l'obscurité.

Le brun fit la moue, dépité.

Les yeux gris se rouvrirent soudain, le transperçant.

« Harry ? » Sa voix était rauque de sommeil. « Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda-t-il en s'asseyant.

« Je… Rien. Rien, je suis désolé. » se résigna alors le gryffondor, retournant s'allonger dans son lit.

Draco cligna des yeux un moment, ébahi. Il se leva à son tour, et s'installa d'autorité sur le lit du brun.

« Tu me réveilles comme ça, et tu comptes t'en sortir sans dommages ? » demanda-t-il, d'un air incrédule.

« Euh… Je suis désolé ? » tenta le gryffondor.

« C'est ça.. » maugréa le blond. « Si tu as quelque chose à me dire, fais-le. Je vais pas attendre indéfiniment. »

Harry s'assit à son tour, la gorge nouée.

Une bulle de lumière flottait toujours entre eux.

Le brun ne disait rien, la tête baissée.

Le serpentard poussa finalement un soupir, et s'apprêta à rejoindre son lit.

« Attends ! » Le gryffondor le retint d'une main sur son bras. « Je voulais te dire…Tout d'abord… que je suis vraiment désolé. » murmura-t-il. « Je ne savais pas que c'était aussi difficile pour toi… Et je ne voulais pas te faire de mal. Vraiment, je ne voulais pas. » Il leva des yeux incertains vers le blond.

Draco ne sut pas quoi répondre.

Le silence s'étira.

« … On peut peut-être être amis ? » proposa Harry, hésitant.

Le serpentard fut encore plus surpris de la demande. Il se demanda un moment si c'était une bonne chose.

« Ok… » accepta-t-il finalement. « Amis. » Il envisagea avec appréhension la main que lui tendait le brun.

Puis il la saisit.

Ils se regardèrent avec incertitude, eux et leurs mains serrées. Ils étaient ridicules. Un sourire étira leur lèvres.

La situation leur arracha un rire, sans qu'ils n'en sachent exactement la raison. Peut-être était-ce l'accumulation de leur tension, ou leur embarras sans fondement ; peut-être étaient-ce les deux mélangés. Harry tenta de réprimer ses éclats derrière une main, dévisageant Draco tout aussi amusé que lui.

« Chut, on va réveiller Blaise » essaya de calmer le gryffondor, au travers de son hilarité.

« Je croyais que tu l'avais ensorcelé ? » déclara le blond, souriant doucement, apaisé.

« Oui, c'est vrai… J'avais oublié.. » souffla délicatement le brun. Il garda les yeux sur le blond, touché par son sourire serein.

« Quoi ? » Draco le scruta en retour, interdit.

« Rien. » Harry détourna ses pupilles.

Le brun semblait encore soucieux. Draco l'observa un moment, quelque peu surpris par le changement soudain d'atmosphère.

« Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda le blond. « Je sais qu'il y a autre chose… »

L'ambiance était lourde tout à coup. Pesante.

Le gryffondor leva vers lui des iris troubles, tristes.

« … Tu ne mourras pas pour moi, n'est-ce pas ? » chuchota-t-il péniblement.

Le serpentard ne répondit pas immédiatement, hagard.

« … Je ne sais pas. » souffla-t-il finalement, lui-même effrayé par ce qu'impliquait leur étrange connexion.

« Promets-moi. » renchérit le brun.

« Non, je ne peux pas. » Il nia d'un ferme mouvement de tête.

Harry lui agrippa le bras, angoissé.

« Dis le moi. Jure que tu ne feras pas ça. Si ça doit arriver un jour. » murmura-t-il résolument.

« … Je ne sais même pas si je pourrai le contrôler… » Il sourit tristement. « C'est comme toi avec tes éléments. C'est instinctif. »

Le gryffondor secoua la tête, une douleur retenue troublant sa vue.

« Non, non. Tu ne dois pas faire ça. Je préfère mourir. » chuchota-t-il. Sa voix calme était en totale contradiction avec son attitude. Il essaya vainement de se modérer.

Draco ne sut pas comment réagir.

« Harry… » Il posa une main sur son épaule tremblante, le figeant. « On n'en est pas encore là, d'accord ? Ça sert à rien de te torturer pour ça. Il arrivera ce qu'il doit arriver. Et je n'ai pas plus envie de mourir que toi, rassure toi. Ça m'embêterait aussi de mourir si bêtement. » ajouta-t-il légèrement.

Le brun hocha lentement la tête, souriant faiblement. Ses yeux brillaient encore de larmes non déversées.

Le serpentard se leva finalement, restant debout à côté de lui. A le contempler, un peu perdu assis sur le lit.

« Allez, fais moi plaisir, et dors. Tu oublies que c'est moi qui vais être fatigué demain. » soupira-t-il, une cruelle mélancolie l'envahissant peu à peu.

« Tu absorbes aussi ma fatigue ? » s'étonna Harry.

Draco acquiesça.

« C'est pour ça que je me sentais si reposé ces derniers temps alors… »

« Tant mieux pour toi, mais moi ça ne m'arrange pas vraiment. » dit le blond avec ironie.

« Je suis désolé » répondit le gryffondor, mortifié.

« Tu as fini de t'excuser oui ? » Le serpentard poussa un faible soupir. « Essaye de dormir, si tu veux arranger ça. »

Le brun approuva, lui faisant dos pour tirer ses draps à lui. Les bras qui lui encerclèrent la taille le désorientèrent.

« Merci. » Ce ne fut qu'un souffle à son oreille.

La brève étreinte avait disparu.

Déjà, Draco se recouchait dans son lit.

Il s'allongea lui aussi, les flammes disparaissant de l'air de la chambre. Il s'endormit finalement rapidement, épuisé.

A suivre…


Et 12 pages ! 12 pages, qui dit mieux ? Le prochain chapitre prévoit d'être long, étant donné que je n'ai pas mis la fin de celui-ci. J'aime bien ce qui se passe dans les chapitres actuellement… sans doute parce qu'on arrive au cœur du sujet lol.

Même deal que d'habitude : plein de gentilles reviews ont pour conséquence un auteur très heureux, et donc pas de retard dans la publication. Huhu.

Mais non, ce n'est pas du chantage.

Mel

P.S: Le lien entre Harry et Draco n'est pas encore totalement défini, mais son fonctionnement principal si. La mise en place de ce lien, et ses causes seront expliquées un peu plus tard…