Honesty

Spoilers :jusqu'au tome 5

Disclaimer : Les personnages utilisés ici ne m'appartiennent pas, tout est l'oeuvre de J.... (sob)

Note: Bonjour ! On est reparti pour un nouveau chapitre d'Honesty (et oui, pas de chance). Je me désespère un peu, le quatre septembre approche à une vitesse folle, et je n'ai pas pu prendre d'avance sur les chapitres suivants. Mais je ne perds pas espoir (courageuh, courageuh). Bref, j'espère bien garder le rythme de publication, mais je n'en suis pas sûre à 100%, alors ne m'en voulez pas le cas échéant… Sur ce, je vous laisse à le lecture du chapitre.

Merci beaucoup à tous ceux qui ont lu, et reviewé !


Résumé du chapitre précédent, par Zoomalfoy (non, elle n'est pas payée pour): Draco et Harry mettent en place un périlleux plan pour récolter les informations auprès du mangemort allergique qui est trop chiant et qui fait que Sev ne sert à rien. Harry en informe ses deux inséparable amis qui s'inquiètent trop de la mort qui tue, parce que bon on ne peut pas dire que Harry soit du genre prudent hein ! Et en plus il leur cache que Draco vient avec lui (c'est un signe! De quoi je sais pas mais c'est un signe!) Un intermède, présent pour détendre l'atmosphère, mais aussi pour casser
du sucre sur le dos de Blaise, nous apprend que notre blond national n'a rien perdu de sa sagacité et sa viciosité serpentarde. S'ensuit un merveilleux entraînement des plus tendancieux puisque Harry finit sur Draco (mouahaha (on s'en fout que se soit sous forme de panthère!)).

Vient enfin le moment fatidique... Harry prend draco dans ses bras!! Huhuhuhuhuhuhuhu. Et là c'est le drame : le mangemort il sait rien!! Que dalle, nada, niet, niete! QUE DALLE!! C'est juste une putain de marionnette à la con ç_ç. Enfin ça on s'en fout, Draco il a fait des sous entendus à la con à Harry, il l'a même tenu dans ses bras (à moitié mort mais dans ses bras quand même). Et puis la fin elle est même pas sadique, et ça c'est bad.

J'ai la légère impression que Zoo est frustrée par les évènements. Ahem. Il ne faut pas s'énerver comme ça voyons…


I wait for you.
I don't know why.
All I know is I can't hide.
At this temperature you could take over my mind.
Like gossamer, you softly touch.
He draws me in, I'm powerless.
He possesses an enchantment.

I can't escape, or so it seems.
I'd run away, he's in my dreams.
He possesses an enchantment.

Tell me I'm forgiven.
He calls, don't know how I fell under his spell.
Lately I've been driven. he smiles, an enchantment.

I wait for you.
I'm mesmerized this love is like a potion in disguise.
I'd tightrope walk with a blindfold on my eyes.

Tell me I'm forgiven.
He calls, don't know how I fell under his spell.
Lately I've been driven.
He smiles, an enchantment.

It's the kind of sleepwalk that never ends.
A type of loan with no dividends.
It's a parlour game where you're given chase.
Guess it could be called an acquired taste.
I know, he knows, he calls, I go, I know.
This could be an enchantment.

Why don't you tell me I'm forgiven?
He calls, don't know how I fell under his spell.
I'm forgiven... lately I've been driven.
He smiles and I give in,
An enchantment.

Enchantment, Corinne Bailey

(très belle chanson si vous voulez mon avis :) … et oui je l'ai citée en entière, mais je n'arrivais pas à en sélectionner un morceau alors bon, tant pis dirons-nous )


Chapitre 21

[ Préparatifs et révisions ]

Blaise appela trois fois Draco du seuil de sa chambre avant de décider qu'il pouvait entrer sans permission. Il trouva son ami emmitouflé dans ses draps, levant une paupière fatiguée à son encontre.

« … Tu veux pas me laisser tranquille pour une fois ? » marmonna le blond, refermant les yeux.

« Pas cette fois-ci en tout cas. » soupira Blaise, s'allongeant sur la portion de lit laissée libre.

Draco rouvrit les yeux à contrecœur.

« Blaise… Qu'est-ce qui se passe ? » demanda finalement le préfet, notant l'anormale morosité de son voisin.

« … J'ai reçu une lettre de Greg. » avoua le brun avec hésitation.

« Et ? »

« Il ne dit pas grand-chose. Sauf qu'il s'inquiète pour Pansy. Elle ne va vraiment pas bien d'après lui. Tu le savais ? » répondit le serpentard tristement.

« Je m'en doutais. »

« Elle me manque. »

Le blond n'ajouta rien. Ils se turent, somnolant tous les deux quelques minutes.

« Je suis passé te voir hier soir, mais il n'y avait personne. » reprit Blaise.

« Qui te dit que je n'ai pas fait semblant d'être absent ? »

Le brun lui lança un regard noir.

« Un tableau m'a dit que tu étais sorti. Tu étais où ? » persista-il.

« Avec Harry. » Il fit un large sourire qui surprit Blaise.

« Avec Harry ? A minuit passé ?… Et vous avez fait quoi ? » l'interrogea-t-il d'un air lubrique.

Draco lui écrasa un oreiller sur la tête.

« Quoi, je peux me poser des questions. » ronchonna le brun, une fois débarrassé du coussin.

« Si ce que tu supposes, quoi que ce soit, s'était passé, je ne te le dirais pas. Et de toute façon, ça n'est pas près d'arriver. A moins d'un miracle. » renifla le blond.

« Ouais… Moi qui t'encourage et te donne de judicieux conseils. On repassera pour la gratitude. » maugréa Blaise.

« Des conseils ? Quels conseils ? » s'exclama Draco, éberlué.

« … Quoiqu'il en soit… Tu peux m'expliquer ton sourire idiot ? » reprit le brun, un rictus au coin des lèvres.

« On s'entend bien. » Le préfet sourit encore plus.

« … Draco. C'est bien de s'entendre bien, mais il n'y a pas que ça dans la vie, si tu vois ce que je veux dire. Loin de moi l'idée de te décourager, surtout pas, mais… » Blaise toussota légèrement.

« Je sais, merci. » le coupa sèchement son ami. « Tu veux que fasse quoi ? Que je le colle contre un mur et que je… » Draco s'interrompit, se rappelant d'un évènement similaire.

« Que tu..? » le reprit le brun, intrigué.

« Rien. » Il secoua la tête légèrement, avec dérision. « Tu as raison, je me réjouis pour pas grand-chose en réalité. »

« De manière générale, c'est clair qu'il y a du progrès je dois le reconnaître quand même. » contredit Blaise. « Vous plaisantez non ? Et puis, vous vous voyez souvent. Et… » Il chercha d'autres éléments à ajouter.

« Il ne fait plus de bonds de trois mètres de haut quand je le touche, il rit, souvent ; il accepte la proximité physique, il me touche même parfois, bien qu'il soit gêné par la suite, et il me fait confiance maintenant… » compléta Draco, à nouveau souriant.

« … Proximité physique ? » Le brun haussa les sourcils d'un air suggestif, après s'être remis de sa surprise. « Vous avez fait quoi hier ? » relança-t-il.

« On a parlé. On s'est juste promenés dans le château. »

« Tu ne trouves pas ça étrange qu'il vienne te voir à minuit pour parler ? » demanda Blaise, dubitatif.

« Hm… » Le blond grimaça, sachant qu'il ne pourrait de toute façon rien dire de plus.

« Et si tu essayais vraiment de lui sauter dessus juste pour voir ? » ricana son ami, avant de se reprendre un oreiller en pleine figure. « … Je suis sûr que ce n'est pas l'envie qui te manque pourtant » argumenta-t-il ensuite.

« … Ça, c'est clair. » soupira Draco. Il se leva soudainement, bousculant Blaise au passage. « On se bouge ? »

« Mais je suis bien là moi… » marmonna le brun avachi sur le lit.

« J'avais remarqué. Allez, j'ai besoin de ton aide. »

« Hein ? Toi ? Mon aide ? Pourquoi ? » Le brun écarquilla les yeux.

« Oui, toi. Il faut croire que je suis désespéré. Tu verras après ; là j'ai surtout envie d'une douche et d'un énorme petit déjeuner. » Il regarda Blaise un moment, puis voyant que celui-ci ne remuait pas d'un iota, il soupira fortement. « En clair, ça veut dire que tu es prié de sortir. »

Le serpentard sur le lit se redressa, désappointé, avant de se diriger vers la porte en baillant.

« Sans cœur. »

« C'est ça. »

oOoOoOoOoOoOo

« Comment ça s'est passé ? » s'exclama précipitamment Hermione en alpaguant Harry, sitôt qu'il fut descendu du dortoir des gryffondors.

« … Bonjour Hermione » répondit le brun, à peine surpris.

« Bonjour. Alors comment ça s'est passé ? »

« Très bien. Je n'ai eu aucun problème. » sourit-il.

« Et ? » le pressa-t-elle, rassurée.

« Et ? » Il la regarda avec interrogation.

« Qu'est-ce qu'il savait ? » précisa-t-elle, exaspérée.

« Oh. Rien. Il ne savait rien. C'était juste un garde en gros. » Il baissa les yeux, contrarié.

« Tout ça pour rien » intervint Ron, qui s'était tu jusqu'alors, debout derrière Harry.

« On peut dire… » souffla le brun.

« T'en fais pas va, on est en sécurité à l'intérieur d'Hogwarts » dit le roux d'un air rassurant, serrant l'épaule de son ami d'une main.

« T'as raison » Il sourit. Mais il n'en était pas si sûr.

« Parlons de choses plus joyeuses. On a plusieurs idées pour ton anniversaire » continua Ron, enjoué.

« Mon anniversaire ? » Le gryffondor ouvrit grand les yeux.

« Oui, on est le 22 juillet Harry » lui rappela Hermione. « C'est dans pas longtemps. »

« J'avais oublié. » Il marqua une pause. « Et vous comptez le fêter ? »

« Évidemment, quelle question. » Ses amis roulèrent des yeux simultanément.

« Mais… Vous pensez vraiment que c'est le moment ? » Le brun se mordit la lèvre, un brin gêné.

« Il n'y a pas de mauvais moments pour faire la fête. Donc, comme je disais, on a plusieurs idées. » reprit le roux.

« Je suis sûr qu'elles ont toutes un point commun. Alcool? » sourit Harry.

« Ah, on est vraiment sur la même longueur d'onde. » Son meilleur ami lui offrit un immense sourire.

Ils rejoignirent la grande salle pour le petit-déjeuner, Ron exposant une à une les différentes propositions qu'il avait.

« Le problème bien sûr, c'est que si MacGo se rend compte qu'on a de l'alcool elle va nous trucider. »

« Problématique. » Harry cacha un sourire railleur.

« Ouais. Hermione va s'occuper de ça. »

« Quoi ? Mais je n'ai jamais été d'accord ! » se récria la jeune fille.

« Mais c'est toi la plus intelligente, tu as le plus de chance de réussir ce coup de maître » la flatta son petit ami.

« … D'accord, d'accord, je le ferai » accepta-t-elle, sans grande motivation.

A la table des serpentards, Blaise fixait Draco avec suspicion.

« Tu as besoin de mon aide pour trouver un cadeau d'anniversaire ? » répéta-t-il, sceptique.

« Pas la peine de faire cette tête. »

« C'est pour qui ? »

« Pour Harry. »

« Hein? C'est son anniversaire ?! »

« Crie plus fort Blaise… » grinça le blond.

« Ah oui. Pardon. C'est quand ? » reprit-il, un ton plus bas.

« Le 31.C'est un lundi. »

« Oh. Tu crois qu'ils vont faire la fête ? J'ai toujours voulu savoir comment ça se passait chez les gryffondors » songea Blaise, intéressé.

« … Comme pour nous non ? »Draco le regarda sans comprendre.

« Rah, non, je suis sûr qu'il y a des subtilités gryffondoriennes en plus » persista le brun.

« Euh, si tu le dis » Le blond n'insista pas plus, décontenancé.

« Il faut qu'on se fasse inviter Dray » lança le serpentard, avec dans les yeux, une lueur qui ne disait rien qui vaille au préfet. Ce dernier manqua s'étouffer avec son muffin.

« Tu plaisantes ?! »

« Non, je suis très sérieux. En plus, comme on n'a pas vraiment pu fêter le tien à cause de l'ambiance de la maison… C'est l'occasion de s'amuser. »

« Tu nages en plein délire. Il n'y aucun moyen qu'on me voit à une fête gryffondorienne. Et de toute façon, même si je voulais, on ne pourrait pas y aller. » répliqua le blond.

« Allons… Je suis sûr que tu sauras trouver une bonne technique de persuasion auprès de ton gryffondor préféré » susurra le brun avec sournoiserie.

« Laisse tomber » conclut Draco, mordant dans un croissant.

oOoOoOoOoOoOo

Harry s'arrêta devant la gargouille qui menait au bureau du directeur, l'observant d'un œil pensif. Il donna le mot de passe, et commença l'ascension des escaliers.

Il avait beau tenter de se persuader, comme le faisaient Ron et Hermione, que le château était des plus sûrs, et qu'ils n'y risquaient rien, le gryffondor doutait toujours. Les professeurs agissaient comme à leur habitude, sans sembler plus alarmés qu'auparavant.

Du point de vue d'Harry, cela n'était qu'une façade. Il repensait avec angoisse aux derniers évènements, d'abord à Pré au lard, et enfin dans la forêt interdite. Il savait très bien que les frontières d'Hogwarts s'arrêtaient au début de la forêt, et que celle-ci recelait bien trop d'anciennes magies pour qu'on puisse agir sur ses limites.

Mais voir les soldats de Voldemort aux portes presque du château lui était insoutenable. Si Dumbledore ne lui avait pour l'instant rien dit clairement, cela ne l'empêchait pas d'envisager la fermeture de l'école. L'acharnement du directeur à vouloir permettre aux élèves de terminer cette année scolaire, allant même jusqu'à en déplacer le calendrier, n'était définitivement pas normal.

Les murs d'Hogwarts s'effondraient peu à peu face aux dangers extérieurs. Si Dumbledore ne se sentait plus en mesure d'assurer la protection de ses élèves… Harry n'osait songer aux mois à venir. Pour lui, la période Hogwarts prendrait fin début septembre. Il imaginait devoir ensuite se réfugier Place Grimmauld.

Le problème était de savoir si l'école résisterait jusqu'en septembre… Il lui semblait que le Ministère consacrait plus d'attention à la défense du château depuis que le nouveau ministre était entré en fonction ; mais ce n'était toujours qu'une question de temps avant qu'Hogwarts ne tombe. Une fois l'école fermée, l'influence de Voldemort d'un côté, et du Ministère de l'autre, ne ferait que s'accroître.

Récemment, on ne répertoriait plus que des altercations entre aurors et mangemorts. Tout semblait se jouer dans l'ombre. D'une certaine manière, c'était bien plus inquiétant qu'auparavant. Le seigneur des Ténèbres corrompait, et rassemblait toujours plus de forces.

On craignait la marque des Ténèbres, on priait pour ne jamais l'apercevoir. Harry aurait souhaité que cette période de terreur de revoit jamais le jour.

Il souhaitait pouvoir y mettre un terme.

Une fois dans le bureau, l'image du directeur fatigué lui frappa la rétine.

Il avait fréquemment envie d'en vouloir au vieil homme, pour tout ce qu'il ne lui avait pas dit, et pour tout ce qu'il ne lui disait pas. La compréhension le tempérait ensuite.

« Bonjour, Professeur. » Il prit place en face du sorcier.

« Harry. » Le salua ce dernier, plongeant son regard dans le sien. « Tu as quelque chose à me demander ? » l'interrogea-t-il sans préambule.

« Oui. » Il s'agita sur son siège, mal-à-l'aise. « Je voulais savoir si vous aviez des nouvelles, au sujet du lien entre Draco Malfoy et moi. »

« Malheureusement non Harry. Je vous tiendrai informés tous les deux, tu le sais. » répondit calmement Dumbledore.

Le gryffondor détourna le regard. Il reprit finalement la parole.

« Professeur, je ne comprends pas pourquoi Draco devrait se tenir à mes côtés lors des batailles. Ce système de bouclier est tout simplement… » Ignoble, pensait-il. « …inapproprié. Nous savons que le lien fonctionne à distance. Je ne vois pas d'utilité à ce qu'il reste près de moi. Il pourrait…je ne sais pas, peut-être rester à l'abri, là où on pourrait le soigner lorsqu'il absorberait mes blessures. Ou bien… »

Le directeur l'interrompit.

« Nous y avons pensé Harry. Mais il semble, d'après Madame Pomfresh, que Draco puisse aussi ressentir la douleur à ta place, et peut-être même se voir infliger la blessure avant qu'elle ne t'atteigne toi. C'est un élément déterminant dans une bataille. Tu ne seras pas déstabilisé par la douleur, et ton adversaire sera indéniablement surpris. Mais pour cela, il faut que Draco soit capable de voir le coup venir vers toi. Ce lien semble demander beaucoup d'énergie, il ne pourrait pas se concentrer indéfiniment sur toi pour recueillir tes maux… De plus, je ne suis pas certain qu'il accepte comme tu le proposes de rester bloqué dans une infirmerie. »

Le gryffondor ne dit rien durant de longues minutes, ébranlé.

« Mais il pourrait mourir à ma place ? » souffla-t-il.

« Draco connaît beaucoup de sorts de soins, et on lui en apprendra d'autres d'ici là. Le professeur Snape lui apprend la confection de nombreuses potions curatives depuis environ deux mois, et il en conservera toujours sur lui. De plus… »

« Mais comment voulez vous qu'il se soigne lui-même s'il est blessé gravement ?! » le coupa Harry, incrédule.

« De plus, d'autres membres de l'Ordre, et certains aurors, seront assignés à votre protection à tous les deux en cas de bataille ; ils sauront comment guérir Draco, si c'est possible » continua-t-il.

« Mais il y aura toujours des risques» conclut le brun.

« Effectivement. Cependant, Draco Malfoy a fait son choix » lui rappela le directeur.

« Je sais » soupira le gryffondor, morose. « Il peut revenir sur sa décision n'est-ce pas ? »

« Il le peut » confirma Dumbledore. « Y a-t-il autre chose que tu souhaitais me dire ? » l'interrogea-t-il ensuite, ayant regardé l'horloge de la pièce.

« Au sujet du prisonnier, est-ce qu- »

« Les aurors les transfèreront demain. Il ne nous apprendra rien, Voldemort ne se soucie pas de sa capture selon le professeur Snape. »

« Mais, et l'école ? Je veux dire, nous ne savons pas ce qu'ils projetaient de faire et… Et je trouve la situation d'Hogwarts périlleuse » acheva-t-il brusquement, franchement, ne se souciant plus des convenances à respecter envers son directeur.

Ce dernier le considéra quelques secondes sérieusement, avant de prendre la parole.

« Voldemort veut pour l'instant faire tomber l'école. S'il réussit à entrer dans le château, nous ne pourrons assurer la sécurité de tous les élèves. Nous essayons de tenir le plus longtemps possible Harry, afin d'offrir un refuge aux étudiants. Mais malgré tous nos efforts, Voldemort a trouvé une faille. Nous ne savons pas encore laquelle, mais c'est certain. »

« Mais vous renforciez les barrières ?! » s'exclama Harry, choqué.

« Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir. Mais si la situation ne change pas, il se pourrait que l'école referme ses portes, et définitivement cette fois-ci » asséna Dumbledore. Il contempla le jeune homme devant lui avec tristesse. « Tu dois comprendre que tu en es informé en tant que membre de l'Ordre. Les élèves ne doivent en aucun cas être mis au courant. »

« Je le sais Professeur » Il se leva, abattu. « Tous les membres de l'Ordre en sont informés ? »

« Tous » répéta le directeur.

Harry hocha la tête, et sortit après s'être excusé.

La fin de journée passa horriblement lentement à ses yeux.

oOoOoOoOoOoOo

Les gryffondors de septième année passèrent leur dimanche soir à réviser ensemble, grandement motivés par une certaine préfète en chef. La salle commune des rouges et ors était perturbée de temps à autre par des éclats de rire, ou de faux cris de désespoir.

Ron, Hermione, Harry et Neville occupaient un canapé, d'épais grimoires posés sur leurs genoux. Actuellement, la brune se concentrait sur un manuel de potions, s'attirant les remarques moqueuses de ses amis, peu d'entre eux ayant jugé utile de continuer cette matière.

La gryffondor se tourna finalement vers Harry, lui demandant quelles étaient les différentes utilisations possibles du gui dans les potions. Le brun la regarda les yeux ronds, se demandant encore une fois pourquoi Dumbledore avait tenu à ce qu'il poursuive les potions ; et pourquoi il avait cédé.

« Tu vois bien que tu le tortures Hermione ! » rigola Dean, assis à même le sol, des feuilles éparpillées autour de lui. Appuyant ces dires, Harry lança un regard adorablement plaintif à sa meilleure amie.

« Mais enfin… » protesta-t-elle.

« De toute façon, je trouve qu'on a beaucoup travaillé, et qu'on mérite une pause » lança Parvati.

« Je suis tout à fait d'accord ! » s'exclama Seamus, soulagé, en refermant un livre de métamorphose.

Neville et Ron échangèrent un regard avant d'imiter l'irlandais et de démarrer une partie d'échecs, sous le regard navré d'Hermione.

Harry se leva et s'étira, avant de regarder la brune et de rire à son expression.

« Ne sois pas triste, ça fait déjà deux heures qu'on est dans les bouquins » la taquina-t-il.

« D'accord. De toute façon, je suis un peu fatiguée moi aussi… » admit-elle. « Tu vas où ? » lui demanda-t-elle ensuite, l'avisant se diriger vers la sortie.

« Remettre ce livre à la bibliothèque, j'étais censé le faire aujourd'hui et j'ai oublié. Si Pince ne le trouve pas demain, je suis mort » lui indiqua Harry, en désignant son guide d'ingrédients à potions.

« Fais attention à ne pas te faire prendre » soupira-t-elle en roulant des yeux.

« Pas de problème » sourit-il.

Une fois dans les couloirs, il enfila sa cape d'invisibilité, dissimulée dans ses affaires auparavant. Il rejoignit la chambre de Draco assez rapidement, s'arrêtant devant le mur, redevenant visible. Il prononça avec hésitation le mot de passe que le serpentard avait utilisé deux jours plus tôt, se demandant si c'était toujours le même. Le passage s'ouvrit.

Il découvrit Blaise et Draco assis sur le lit de ce dernier, plusieurs feuilles noircies d'encre devant eux, le dévisageant apparemment abasourdis.

« Euh… Salut ? »

Les serpentards ne répondirent pas immédiatement, trop surpris.

« Il a le mot de passe ?! » s'exclama finalement Blaise, regardant Draco avec accusation.

« Mais j'y peux rien, il a du l'entendre, c'est tout » tempéra le blond. « Qu'est-ce que tu fais là Harry ? » demanda-t-il en tournant la tête vers le gryffondor, toujours debout au milieu de la chambre.

« … J'ai besoin d'aide pour les potions ? » Il indiqua le livre qu'il tenait en main, se mordant la lèvre nerveusement.

Blaise et Draco se jetèrent un coup d'oeil éberlué, qui se changea bientôt en regard significatif d'un côté, et agacé de l'autre.

« De l'aide pour les potions ? » reprit Blaise, ironique.

« Hm, en fait, c'était mon alibi pour sortir de la salle commune » avoua Harry.

« Pourquoi, tes amis ne savent pas que tu rends des visites nocturnes à Draco ? » continua le serpentard brun, adressant un sourire triomphant au blond.

« Et bien, ce n'est pas qu'ils ne vous aiment pas mais… En fait si, c'est un peu ça » grimaça le gryffondor.

« Je suis blessé. Si, vraiment, tu me vexes horriblement » soupira tragiquement Blaise, une main sur le cœur.

« C'est ça, on y croit » renifla Harry, s'approchant du lit. « Vous faîtes quoi ? »

Les serpentards échangèrent un bref regard horrifié avant de se saisir de toutes les feuilles présentes et de les ranger à la hâte, sous les yeux écarquillés du gryffondor.

« … Je vais finir par croire que vous faîtes des trucs louches » dit-il.

« Nous ?! Mais qu'est-ce que tu vas imaginer ? » sourit Blaise, embarrassé. « C'est malin, la prochaine fois tu te débrouilles tout seul pour trouver un cadeau » chuchota-t-il véhément à Draco.

« T'étais pas obligé d'écrire des trucs aussi débiles sur la liste » répliqua le blond sur le même ton. « Ahem, enfin, puisque tu ne viens pas pour les potions, je peux savoir ce que tu veux ? » continua-t-il à voix haute, se tournant vers Harry.

« Je voulais juste te parler » répondit enfin le brun, posant son grimoire sur la table basse avant de s'asseoir sur le sofa.

Il y eut un bref moment de silence.

« Vous avez vu l'heure ? Je suis fatigué. Bon, je vais me coucher hein, à demain » lança Blaise, s'éclipsant aussitôt avec un grand sourire.

« Imbécile » maugréa Draco, prenant place sur le fauteuil.

Harry, un peu gêné, rit brièvement, ne le regardant pas.

« En fait, c'est bien qu'il soit parti, il ne doit pas entendre ce dont je voulais parler. »

Le blond le fixa avec interrogation.

« Tu savais qu'Hogwarts allais sûrement fermer ses portes à la fin de l'année toi ? » enchaîna directement le gryffondor.

« Snape l'a suggéré oui. Ce n'est pas sûr mais… »

« Mais il y a beaucoup de chances » finit Harry à sa place.

« Oui. » Le serpentard marqua une pause. « De toute façon, nous ne serons plus là » fit-il remarquer.

« Peut-être, mais les autres, eux… Et puis, il ne s'agit pas de ça. Cette école est un symbole » soupira Harry.

« Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Je n'y peux rien »

« Je sais. Mais tu es le seul avec qui je puisse en parler ici… » Le brun observa un moment la chambre, silencieux. Les rayons du soleil couchant créaient un joli miroitement sur la fenêtre. La lumière dorée baignait la pièce.

Il reporta de nouveau son attention sur Draco, qui le fixait; et soutint alors son regard. Peut-être un peu trop longtemps.

« Snape ne t'a rien dit au sujet de Voldemort, j'imagine…» dit-il soudain.

« Non, rien » confirma le blond. « J'ai du mal à croire que tout ça ait un rapport avec le lien. »

« Au contraire, plus j'y pense, et plus je me dis que c'est plausible » le contredit le gryffondor. « Si tu as pu créer ce lien, d'une manière ou d'une autre - parce que c'et le cas n'est-ce pas ? - c'est que tu dois posséder une faculté particulière. Voldemort doit rechercher cette faculté. »

« Je ne sais pas si je l'ai créé. Je n'ai rien fait pour, Harry » répondit pensivement le serpentard. « Et ton hypothèse pose toujours le même problème… Il aurait fallu que quelqu'un soit au courant, pour cette soi-disant faculté. »

« Peut-être ton père. On n'en sait rien. »

« Comment aurait-il pu savoir ça ? J'y ai déjà pensé des millions de fois, si ça peut te rassurer. Je ne comprends pas comment c'est possible, et pour quelle raison il aurait pu me le cacher » cingla Draco.

« … Je suis désolé, je ne voulais pas te contrarier » s'excusa le brun, embarrassé. Il attrapa maladroitement le livre posé sur la petite table. « Puisque ça ne sert à rien de se prendre la tête avec ce lien, et que je suis vraiment nul en potions, tu pourrais peut-être réellement m'aider en fin de compte » proposa-t-il.

Le serpentard le dévisagea, étonné.

« Maintenant ? Tu veux que je te fasse réviser maintenant ? » vérifia-t-il, incrédule.

« Oui, pourquoi, tu es fatigué ? »

« Non » Il remua légèrement la tête, plus pour vérifier qu'il ne rêvait pas que par négation. Puis il se leva, récupérant un bloc de parchemins, une plume et de l'encre sur son bureau, avant de les donner à Harry et de s'asseoir à côté de lui sur le sofa. « Passe moi ton livre. »

Le gryffondor s'exécuta.

« Laisse moi juste faire une chose avant de m'harceler d'horribles questions » requit-il.

Draco se contenta d'hausser un sourcil inquisiteur.

« Dobby, du jus de citrouille et deux verres s'il te plaît » demanda le brun, satisfait en voyant sa demande se matérialiser sur la table en verre. « Merci » lança-t-il dans les airs avant de les servir tous les deux. « C'est bon, je suis prêt » adressa-t-il ensuite au serpentard, qui se reprit.

« Tu fais quoi pour avoir un elfe à tes ordres comme ça ? » l'interrogea-t-il avec morgue.

« … Je lui offre des chaussettes à Noël. »

Draco le regarda avec suspicion. Harry ne fit qu'hausser les épaules.

« Hum, bon, tu as besoin d'aide sur quel sujet ? » reprit le serpentard.

Harry le dévisagea à son tour, interloqué.

« Bah, tout ? »

Le blond pensa que la soirée allait être longue ; cela dut se refléter sur son visage, car Harry se mit à rire d'un air gêné.

« Les techniques et sorts de distillation, découpe, brassage, et autres, tu les maîtrises, ça va non ? » retenta Draco.

« Oui, je n'ai plus de problèmes avec ça. Je bloque plutôt sur les composants des potions, et leurs propriétés pris séparément. J'ai un peu de mal à retenir » expliqua le brun.

« Il suffit que tu révises alors. C'est juste un problème de mémoire… » fit remarquer le serpentard. « Je te demande les propriétés d'un ingrédient, et quand tu ne sais pas, tu notes son nom. Tu sauras lesquels réviser comme ça. »

Le gryffondor pensa avec dépit que c'était exactement ce qu'avait voulu faire Hermione un peu plus tôt, et qu'il n'avait pas franchement été brillant.

« L'acide vulcanique ? » commença directement le blond.

« … On s'en sert pour les potions d'hallucination. Si on en respire trop longtemps, ça donne des nausées… et ça trouble la vue. »

« Ok. Le pugnaciflex ? »

« Aucune idée. »

« Propriétés apaisantes, on s'en sert contre les brûlures. L'achillée sternutatoire? »

« … » Harry inscrivit le nom sur la liste.

« … L'ellébore ? »

« Je ne sais plus. Je le savais pourtant » s'excusa le brun, sous l'œil sceptique du serpentard.

Après quatre autres réponses infructueuses, Draco leva les yeux au ciel.

« On va changer de techniques. Tu révises - et tu retiens - et quand tu en sauras un peu plus je t'interrogerai. Parce que là, ça ne sert à rien » Il lui colla d'office le livre dans les mains, décidant quant à lui de revoir un peu de métamorphose.

« Mais je déteste faire ça… » protesta faiblement le gryffondor.

« Tu n'as pas vraiment le choix. »

Ils passèrent ainsi près d'une heure dans le silence total, plongés dans leurs révisions. Harry soupira en avisant la carafe de boisson vide, et tourna la tête vers le serpentard qui lisait toujours.

« Pourquoi tu souris bêtement comme ça ? » demanda ce dernier en tournant une page, le surprenant.

« Je ne souris pas bêtement ! » se récria-t-il. « Je me demandais juste comment on en était arrivés à réviser ensemble à… » Il consulta sa montre « presque minuit. »

« … C'est une bonne question. En tout cas, ne compte pas sur moi pour t'interroger maintenant. Déjà parce que c'est désespérant, et ensuite, parce que je suis vraiment fatigué » bailla Draco, sans pouvoir s'en empêcher.

« C'est bizarre, moi je ne suis pas du tout fati- Attends » s'interrompit-il. « Tu es en train de prendre ma fatigue ? » demanda-t-il avec suspicion.

« Qu'est-ce que j'en sais ? » grommela le blond, levant des yeux ensommeillés vers lui.

« Concentre toi et casse le lien, c'est pas sorcier ! » répliqua Harry, concerné.

« C'est pas.. Quoi ? C'est de la magie, bien sûr que c'est sorcier. » Draco le regarda d'un air déconcerté.

« Hum, c'est une expression moldue. Bref, fais ce que je te dis. »

« Décidemment, je ne comprendrai jamais les moldus… » soupira le serpentard en se concentrant. « Je crois que j'ai réussi » annonça-t-il soudain, se redressant.

« Je crois aussi » confirma le brun, le sommeil engourdissant ses membres peu à peu. « D'ailleurs, je ferais mieux de rentrer me coucher… »

« Hm, ne t'effondre pas en chemin » fit ironiquement Draco, un rictus au coin des lèvres.

« Très drôle. » Il se dirigea vers la porte lentement. « Tu gardes mon livre ? J'ai dit à Hermione que j'allais le remettre à la bibliothèque… »

« Je l'y rendrai demain si tu veux » proposa le serpentard.

« Je veux bien, merci » sourit le gryffondor.

« De rien. Bonne nuit Harry… »

« Bonne nuit. »

A suivre…


Haha, je l'ai fini ce chapitre. J'ai vaincu. Parce que j'ai eu des doutes à un moment. Mais maintenant que je suis lancée, j'entame le prochain.

En attendant le chapitre 22, vous pouvez toujours m'envoyer des reviews, ne vous gênez surtout pas huhu. J'avoue que j'ai été quelque peu désappointée en recevant moitié moins de commentaires au dernier chapitre… Les périodes de doute, ça arrive à tout le monde j'imagine.

Bref ! Dîtes moi simplement ce que vous avez pensé de ces quelques pages :-)

Mel