Auteur : Allezhopunptitverredesake

Disclaimer : Rien n'est à moi, à part Adam, (que j'ai prêté à Shaggy-Underdog)

Rating : M pas justifié pour le chapitre

Couple: Tom x Harry !

Avertissement : Je n'ai plus de nouvelles de ma bêta depuis un bon moment, donc ce chapitre n'est pas corrigé !

Ensuite, bonne nouvelle, cette fic touche à sa fin ! Comme elle n'intéresse plus grand monde je l'ai raccourcie un maximum ! Le chapitre prochain sera le dernier. Cela entraîne des conséquences fâcheuses au niveau de la crédibilité mais bon… !

Merci aux revieweurs du chapitre précédents !

oOo

« - Qu'est ce que tu veux ? »

S'il y avait bien une chose qu'Harry détestait, c'était bien celle là. Il avait l'impression que tout lui échappait. Et franchement, ça n'était pas seulement une « impression » mais bel et bien la réalité. Il ne comprenait absolument pas pourquoi Grindelwald était aussi en colère, il ne comprenait pas non plus pourquoi un albinos essayait de le contrôler, et par-dessus tout, il ne comprenait pas ce que Tom lui voulait, dans sa chambre.

Et ça avait tendance à l'agacer.

« - Harry, il faut que tu comprennes que… »

En plus, il n'avait toujours pas digéré l'épisode de la salle de bain. Et même si le brun semblait préoccupé, voir carrément paniqué, il n'allait pas se montrer coopératif. Ça non.

« - Riddle, j'aimerais juste qu'on en finisse. Alors oui, je t'écoute ? »

Tom hésita un instant sur la manière dont il devait présenter les choses. Lui dire que Grindelwald avait abusé de lui n'était pas une bonne idée. D'autant plus qu'il ne savait pas exactement ce qu'il s'était passé entre eux, et il se doutait bien que le plus jeune prendrait assez mal ses insinuations, surtout si elles n'avaient pas lieu d'être.

« - Je sais que ça peut paraître gonflé venant de moi, mais Harry s'il te plait » Il fit un pas en avant, avant de se raviser « reste éloigné de Grindelwald. Je ne sais pas qu'elle est la nature de votre rela… »

« - T'es jaloux, c'est ça ? » Rétorqua Harry avec haine. Vraiment, son état d'agacement se transformait peu à peu en colère froide. De quel droit lui disait-il ce genre de chose ? Il n'était ni son père, ni sa mère… Encore moins un ami !

Le brun soupira, mécontent du tour que prenait la conversation. Pourtant, il fallait bien qu'Harry comprenne, qu'il enregistre que Gellert n'était pas le tendre agneau qu'il prétendait être.

« - Je suis sérieux » soupira il désespéré. « Tu ferais vraiment mieux de te méfier de… »

« - Et pourquoi ? De quel droit un maniaque me dit ça ? C'est l'hôpital qui se fout de la charité ! »

Tom serra les lèvres sous l'appellation. Le blond l'avait déjà bien endoctriné, et ça ne le rassurait pas. Harry semblait être prêt à tout pour le défendre.

Pourtant, les pronostiques de Riddle étaient faux. Harry se doutait bien qu'il y avait « quelque chose de louche » dans l'attitude du blond. Mais de là à l'avouer à Riddle, il ne fallait pas pousser. Surtout qu'il avait la terrible impression que le brun avait raison et qu'il aurait dû s'en méfier. Mais là encore, il n'allait pas l'admettre. Ça, jamais.

« - Si je suis un « maniaque » comme tu le dis, c'est en partie de sa faute alors… »

Harry éclata de rire.

« - Ah oui, c'est facile de dire ça, hein ! Bon j'en ai assez entendu, je me barre… »

Harry se tourna, pour sortir de la pièce. Mais Tom le rattrapa par le bras.

« - Stop ! Lâche-moi ! T'as déjà ruiné ma vie ça te suffit pas ? » Reprit-il agressivement.

Riddle soupira, avant de le laisser partir. Au moins, il avait essayé. Même si ça ne lui plaisait pas de tout laisser tel quel, et de jouer au lâche une fois de plus.

Soudain, ils entendirent Adam qui jura, depuis la chambre d'Harry. Son intervention fut suivie par des bruis de pas précipités dans le couloir jusqu'à ce que la chambre de Riddle s'ouvre avec fracas sur un Grindelwald furieux.

D'une poussée, il fit tomber Harry à terre et il se précipita sur Tom qui le retint par les bras.

« - Tu faisais quoi avec ta traînée hein ? » Siffla-il. Les yeux d'Harry s'agrandirent sous le choc de son « surnom ». Adam entra à son tour dans la chambre, la joue droite couverte de sang.

« - Calme-toi. » Répliqua froidement Tom qui tenait toujours les bras du blond pour ne pas que celui-ci le frappe. Il fit comprendre à Adam d'un geste de la tête de ne pas intervenir.

Rageusement, Grindelwald se dégagea et recula d'un pas, avant d'évaluer la pièce, d'un sourire mauvais.

Riddle haussa un sourcil, essayant de paraître le plus calme possible. Il connaissait le blond et savait que montrer ne serait-ce qu'une émotion c'était se livrer pieds et poings liés, surtout que Gellert écumait littéralement de rage. De mémoire, Tom était absolument certain de ne l'avoir jamais vu dans un état pareil. Il fallait donc être prudent et éviter de l'énerver d'avantage.

Toujours par terre, Harry vit avec horreur le regard de Grindelwald se diriger vers le bureau de Riddle. Il s'en approcha innocemment, avant de saisir les ciseaux avec lesquels Tom découpait ses modèles d'anatomie et de se jeter sur lui.

Aussitôt, Adam se précipita sur le blond et lui décocha un direct du droit qui le fit tomber par Terre, inconscient.

Tom, lui, était à genoux les mais crispée sur le ventre, la chemise déjà maculée de sang. Harry déglutit difficilement. Il vit avec horreur Adam enlever avec calme les mains du brun de sa blessure. Elle était trouée à deux endroits. Juste sous l'abdomen.

Bon sang, en moins de deux secondes, il avait réussi à le « poignarder » deux fois, avec un vieux ciseau émoussé… !

« - T'écoutes ce que je te dis ? » La voix de l'albinos, qui lui semblait excessivement calme pour la situation, le sortit de son état de panique « Va appeler les flics et l'hôpital ! »

Harry se leva le plus rapidement possible et sortit de la pièce.

Quelques minutes plus tard, la maison des Potter était prise d'assaut par une ambulance et deux voitures de police. Ils emmenèrent brutalement Grindelwald qui avait entre temps, plus ou moins repris connaissance et transportèrent le plus rapidement possible Tom dans un brancard.

L'air alarmé des médecins sur place, ne fit rien pour rassurer Harry qui regarda avec angoisse l'ambulance l'emmener à l'hôpital.

Un policier se dirigea vers lui, et lui demanda de lui raconter « sa version des faits. »

Tant bien que mal, Harry essaya de ne pas laisser passer trop d'informations… Personnelles. Et même si sa déclaration ne convainquit pas l'homme, il le laissa rapidement tranquille. Le brun vit soudain l'albinos se diriger vers lui, d'un pas rapide. En le voyant arriver Harry lui posa la question à laquelle il essayait désespérément de répondre par lui-même :

« - Il va s'en sortir ? »

L'albinos haussa les épaules avant de répondre :

« - Ce petit con a visé le foie. Je pense qu'il avait une raison. » (1)

Harry hocha vaguement la tête, encore sous le choc.

« - On y va ? »

Il se tourna vers le plus âgé. Vu son air interrogatif, Adam reprit :

« - A l'hôpital. »

OoO

Il avait souvent vu ça, à la TV. Une salle d'opération hermétiquement close, dont aucun bruit ne sort, des proches qui attendent désespérément des nouvelles et… Des médecins qui entrent et sortent, de temps en temps, le tablier couvert de sang.

Pourtant, Harry n'aurait jamais imaginé, ne serait-ce qu'un jour auparavant, assister à ce genre de défilé. Et il avait peur. Terriblement peur du verdict final qui allait sortir. Adam- il avait fini par apprendre son nom- lui avait dit que ce serait rapide. Alors pourquoi, pourquoi est-ce que ça prenait autant de temps ? Pourquoi est-ce qu'il ne fallait pas juste recoudre et passer à autre chose ?

Les heures défilaient, tantôt rapidement, tantôt lentement. Harry savait pertinemment que ses parents allaient finir par débouler, horrifiés de trouver la police chez eux, et quelques traces de sang dans la chambre d'amis.
Harry ne savait pas encore ce qu'il allait leur dire…Et préférait ne pas trop penser au face à face qu'il allait, tôt ou tard, devoir affronter. Etait-il capable de les regarder en face et de tout leur dire ? Depuis le début, depuis Poudlard ? Il en doutait. Il était bien trop lâche. De ce fait, il n'avait absolument pas envie de les voir arriver, en fait, il voulait juste connaître l'issue de l'opération. Si cet imbécile de Riddle avait survécu.

Tom…

Il essayait de comprendre de toutes ses forces il avait fait son erreur. A quel moment il avait fauté.

Et il ne trouvait pas. Il aurait pu ne jamais rencontrer Riddle, il avait l'impression que tout ce serait passé exactement de la même manière. L'échiquier était placé depuis beaucoup plus longtemps que le début de l'année.

Mais… S'il n'avait jamais été là, Grindelwald n'aurait jamais été aussi jaloux, il ne l'aurait jamais attaqué. C'était de sa faute.

Il soupira. Au même moment, la porte de la salle d'opération s'ouvrit laissant passer un médecin. Il s'approcha d'eux, et leur expliqua rapidement la situation.

Le foie avait été légèrement perforé. Après tout, avec des ciseaux, ont ne pouvait pas faire grand mal. Le problème était l'état du foie du brun. Avec toutes les substances nocives qu'il avait avalées, son organe n'arrivait plus à assurer ses fonctions. Et le fait d'avoir été poignardé avait été le « coup final ». Il était sur la liste des transplantations, derrière une vingtaine de personnes.

OoO

Ses parents avaient fini par arriver complètement paniqués, comme il l'avait prévu. Ils avaient, tout comme le policier quelques heures auparavant, essayé de lui soutirer des informations sur ce qui était arrivé, mais Harry était resté muet.

Ce qu'avait le brun n'était pas si grave, quand on y pensait. Des greffes de foies, il y en avait tous les jours. Oui, mais il restait l'éternel problème : les donneurs. Pour un foie il y avait dans le meilleur des cas dix personnes en attente. Et le cas de Riddle ne faisait pas exception.

Adam était partit avec un des médecins, quelques minutes auparavant. Le jeune homme resté seul, se demandait avec plus ou moins de jalousie si l'albinos était allé voir le blessé, aux soins intensifs. Une part de lui souhaitait aussi aller se rendre compte de la situation. Vérifier si le brun avait encore l'apparence d'un vivant ou s'il était semblable à un cadavre, ce qu'il risquait de devenir incessamment. Aussi morbide et pervers que cela pouvait paraître, Harry était mortellement inquiet en ce qui concernait l'état physique de l'infirmier. Après tout c'était l'apparence qui avait fait croire aux nains que Blanche neige était morte, à cause de l'apparence que des gens étaient enterrés vivants… Il se leva brusquement, faisant sursauter Lily qui était occupée à caresser les cheveux de son fils, dans un ridicule espoir d'apaisement. Elle qui avait pensé aider son jeune patient en lui offrant un toit, elle se sentait mortellement coupable. S'il était resté à l'hôpital, rien de tout cela ne serait arrivé et Harry…

Harry… il était dans un tel état de choc…

Le jeune homme adressa un bref regard à sa mère avant de s'éloigner d'un pas rapide. Il devait le voir, il voulait le voir…

« Excusez-moi… »

Dr. Stephen, un médecin d'une quarantaine d'année, s'arrêta en voyant le gamin devant lui. S'il avait bonne mémoire –et il avait bonne mémoire-, il s'agissait d'une des personnes arrivées avec son huitième patient de la journée. Un jeune au foie déjà complètement foutu… Ce genre de choses devenaient de plus en plus courante, malheureusement… Des jeunes d'à peine vingt ans brisaient leur vie à cause de l'alcool et des drogues…

« - Je peux faire quelque chose pour toi ? » Demanda-il en toisant Harry d'un air bienveillant. Le petit allait vraisemblablement lui demander s'il avait des nouvelles d'un foie prêt à être transplanté, et malheureusement c'était loin d'être le cas. De toute façon, si foie il y avait, ce n'était sûrement pas à lui qu'il allait être donné, mais à Carry Wilson, une gamine de dix ans affectée par une maladie dégénérative… Les pronostiques pour l'autre étaient donc plutôt mauvais… à moins d'un miracle.

« - Est-ce que je pourrais… Aller voir Tom Riddle ? »

Le sourit d'un air compatissant avant d'hocher la tête. Si le petit était rapide et discret, il n'avait aucune raison de refuser sa requête.

Il le mena dans divers couloirs avant d'ouvrir une porte en lui disant :

« - tu as cinq minutes bonhomme »

Harry ne fut même pas outré par l'appellation qui, en temps normal, lui aurait arraché coups et cris. Il entra lentement dans la chambre, et même avant de voir Riddle, regretta d'être venu.

La salle de commande d'Apollo13 devait contenir moins d'appareils que celle-ci…Partout, jusqu'au plafond, des fils, des moniteurs, des tuyaux, des câbles, et au milieu de tout ça, le lit du brun qui semblait perdu dans l'étreinte de ces impitoyables machines… Et dans le lit blanc, sous un masque à oxygène, le visage de Tom, encore plus blanc qu'à l'accoutumé.

Harry resta à distance, impressionné. Alors, c'était à ça qu'on ressemblait qu'on était mourrant… Des tuyaux sortaient de sous les couvertures, et il ne pouvait qu'imaginer à quoi ils servaient, s'occuper du travail de filtrage pendant qu'il y avait un trou béant dans sa cavité stomacale… il sortit à reculons honteux de ne même pas être capable de dire quelque chose, des paroles d'encouragement comme « tout va bien se passer » (certains mensonges font parfois du bien…) Ou même, de s'excuser, pour tout.

Quand Harry retrouva ses parents, ils lui annoncèrent d'une voix tremblante qu'il était mieux pour lui qu'il prenne des vacances. Et que Lily avait déjà appelé sa sœur, à Privet Drive, qui était enchantée de recevoir son neveu pendant une ou deux semaines.

Harry grimaça : bien que l'idée de revoir son cousin fût plutôt positive, il détestait celle d'être mis à l'écart de cette façon.

OoO

La vie chez sa tante était réglée comme du papier à musique. Ce n'était pas plus mal. Comme ça, il pouvait à loisir penser à ce qu'il avait laissé à Camleford. Qui il avait laissé là-bas. Bien sûr, il était persuadé qu'Adam veillait sur Riddle avec autant de soin qu'une mère-poule. Mais même, il aurait tout donné pour pouvoir y être.

Une fois de plus, il éprouvait de la jalousie pour l'albinos. Bizarre. Il se découvrait une affection pour Riddle qu'il n'avait même pas soupçonnée. Enfin bref, il était là, à quelques kilomètres de Londres, à passer ses journées devant la TV avec son cousin.

N'aimant pas trop le reste de sa bande – un ramassis d'imbéciles -, quand Dudley décidait de sortir avec eux, Harry regagnait sa chambre, pour lire, faire ses devoirs (il avait obtenu un congé spécial de la part de son école…) ou téléphoner à ses parents dans l'espoir d'avoir des nouvelles de l'infirmier.

Après une semaine et demi, sa mère lui apprit qu'Adam avait donné une partie de son foie à Tom avant de repartir à Londres d'où il comptait déménager pour, citait-elle : « ne plus jamais avoir affaire à cet imbécile. » Ce soir là, Harry supplia longuement sa mère pour rentrer, mais elle refusa catégoriquement.

A partir de là, les jours passèrent lentement. Savoir qu'il était seul dans sa chambre et que plus personne ne faisait attention à lui le remplissait d'effroi. Il voulait y retourner, il devait y retourner, c'était plus qu'une question de vie ou de mort. C'était une nécessité.

Finalement, dix jours plus tard, sa mère vint le chercher. Harry vit avec soulagement la maison du 4 Privet Drive rapetisser dans le rétroviseur.

Le jour suivant, il était à l'hôpital. Les médecins étaient désespérés : Riddle n'avait plus aucune réaction. Rien, il n'avait plus de réflexes. Ils avaient bien entendu évité le mot « légume », mais Harry avait bien compris. Il était en train de mourir.

L'ambiance dans la chambre n'avait pas changé depuis la dernière fois. Le même silence interrompu à intervalles réguliers par des « bips » agaçants, des appareils à n'en plus finir et le même Riddle, blanc comme un linge.

Il était resté quelques instants, avant de murmurer d'une voix coupable :

« Alors, t'es vraiment entrain de mourir. »

L'espace d'un instant, il se demanda à quoi sa vie aurait ressemblé avec Riddle.

Soupirant, il secoua la tête en fermant la porte. Il était mourrant. Ça ne servait à rien de penser à de telles choses.

Il revint quelques jours plus tard, et à sa grande surprise, appris que Riddle allait mieux. Il commença donc à lui rendre visite régulièrement, à lui parler de son cousin, de l'école, des entraînements de basket qui avaient repris.

Le temps passait, et Riddle restait immobile.

OoO

Il avait supplié, il avait imploré, il avait pleuré, crié, hurlé. Le problème, c'était que personne ne pouvait l'entendre. Il se tordait de douleur, à l'intérieur. Son corps restait désespérément immobile.

Au début, chaque fois qu'il se réveillait plus ou moins, il ne ressentait aucune autre sensation que ces deux là : D'abord la douleur atroce qui lui léchait le corps, qui l'embrasait. Il avait prié que ça cesse, qu'on le laisse s'en aller. Il n'arrivait même plus à savoir qui, ni où il était, pas plus qu'il n'arrivait à se souvenir comment il était arrivé dans cet endroit. Il était entièrement paralysé. Mais ce n'était pas le pire. Non, le pire c'était ces moments, où il avait l'impression qu'on lui enfonçait de très longues aiguilles dans le crâne, où il ressentait un manque terrible dans tout le corps et ces doses de médicaments n'arrangeaient rien, au contraire, elles ne faisaient que rendre les choses plus difficiles, les crises plus douloureuses, et cela ne semblait jamais s'arrêter.

Et il restait lourd comme une statue…

Il avait entendu des gens parler de « sevrage », mais il n'arrivait pas à donner un sens à ce mot. Il s'imaginait bien que ça devait être un mot pour la punition qu'il était en train d'endurer, même s'il ne se souvenait pas d'un quelconque crime. Même s'il devait être grave, pour un tel châtiment.

Et peu à peu, dans un laps de temps qu'il aurait été incapable de définir, la douleur s'apaisa. Bien sûr, il espérait toujours ne plus être conscient du tout, et mourir, tout simplement, mais… il y avait une nette amélioration. Il pleurait moins suppliait moins qu'on l'achève, et recommençait à avoir conscience du cycle des jours. Il savait quand il s'endormait, se réveillait, et même s'il n'était question que de son esprit, il arrivait à avoir une « vue » mentale de l'extérieur. Il comprit qu'il était dans un hôpital à peu près à ce moment là. Cette odeur et cette impression au niveau du bras cette entrée de liquide, il les connaissait, même s'il n'arrivait pas encore à ce souvenir d'où il avait expérimenté ça avant. Le mot « sevrage » reprit le sens qu'il avait appris plus jeune, et finalement, se souvint de tout. De Grindelwald, ce bâtard qui lui avait enfoncé ces ciseaux dans le ventre, à Harry et Adam dans le fond de la pièce. Il retrouva le sentiment qu'il avait éprouvé, impuissant, en sentant la lame froide déchirer son torse et s'enfoncer. Ce n'était même pas la douleur la plus horrible qu'il avait enduré dans sa courte existence, mais c'était nettement la pire impression. Ensuite, il avait perdu la notion du temps et de la réalité. Les couleurs étaient soudainement devenues aveuglantes, comme sous un flash, et plus rien. Juste les bras d'Adam.

Il n'arrivait pas encore à parler. Bouger lui demandait un effort surhumain qu'il n'arrivait pas à fournir. Mais il avait conscience, et cela lui paraissait déjà une bonne chose. Il savait qui entrait et qui sortait de la chambre.

Il s'était reconnecté avec l'extérieur, même si cet extérieur l'ignorait.

Il n'avait reçu aucune visite, Adam était probablement rentré à Londres, et Harry devait avoir d'autres chats à fouetter qu'un toxico alité dans un hôpital.

Dans ces moments là, quand la porte s'ouvrait et qu'il espérait de tout son corps que la personne entrante serait quelqu'un d'autre qu'une infirmière ou un médecin il se demandait vaguement pourquoi ils s'étaient tant acharnés à le sauver lui qui n'avait ni amis, ni connaissances.

Finalement c'était toujours un membre du personnel qui venait. Il le savait parce que les infirmières lui touchaient vers le bras, là où les tuyaux sortaient, et parce que les médecins étudiaient ses réflexes. C'était bête, parce qu'il n'arrivait pas à bouger. Alors qu'il savait qu'il devait arriver à le faire, pour que le personnel comprenne qu'il était là.

Quand on lui écartait les paupières il ne voyait rien, aveugle… Quand on appuyait très fort sur la base de son ongle, il n'arrivait pas à réagir, même si c'était affreusement douloureux.

Le mot légume était déjà entré dans le vocabulaire d'une des infirmières. Vu son accent elle devait être française ou belge.

Elle soupirait en lui changeant ses pochettes, elle maugréait en le changeant. Et elle faisait part de son désaccord à tous les docteurs qui avaient le malheur de croiser sa route. Pour elle, il était mort. Ils avaient trop attendu, et même s'il n'y avait pas de rejet, son cerveau était bousillé, ils feraient mieux de le débrancher.

Riddle était mi-terrorisé, mi-soulagé quand il entendait ça. Sa peine allait peut-être prendre fin, une bonne fin pour toute ! Mais d'un autre côté… Une mort pareille le terrorisait : et si, même débranché, il continuait à être conscient, et s'ils l'incinéraient comme ça ? L'enterraient à moitié vivant ?

Il ressentait une panique qu'il n'avait encore jamais imaginée et essayait d'envoyer des signaux de vie, bouger ses doigts, ses paupières, ses orteils, n'importe quoi ! Mais c'était trop difficile, et la volonté des médecins faiblissait, il ne faisait plus autant attention à lui quand ils vérifiaient son état qu'au début, ils le poussaient sans ménagement, n'avaient plus aucune délicatesse envers lui. Pour eux, il était mort.

Et soudain, alors que Tom abandonnait complètement, se complaisant de son futur décès en entendant les médecins commenter son état qui se dégradait de jours en jours, la porte s'ouvrit doucement.

Et le brun sût que ce c'était quelqu'un pour lui, puisque les autres entraient dans sa chambre sans précaution, comme s'il n'y avait personne.

Cette personne, dont il arrivait à entendre le souffle, restait muette. A l'autre bout de la pièce, sans commentaires.

C'était certainement Adam.

Quelques minutes plus tard la personne lâcha une phrase, à voix basse, que Tom attrapa par chance : « Alors, t'es vraiment entrain de mourir. »

En entendant cette voix, le brun ramassa toute l'énergie qu'il avait déployée pour se laisser mourir dans un tout autre but. Harry était venu, Harry avait une voix triste en parlant de sa mort. C'était le signe qu'il attendait.

C'était une lutte bizarre, quand on y pensait. Parce qu'il ne pouvait strictement rien faire, à part mettre toute sa volonté. Il voulait vivre, vivre !

Au bout d'une semaine, alors que Potter était revenu une autre fois, il entendit l'infirmière française s'étonner de son rétablissement fulgurant.

Et le jour d'après, quand Harry revint, il l'écouta parler avec attention. C'était la première fois que l'on s'adressait à lui depuis des lustres. D'abord, il apprit avec surprise que le foie qu'il avait dans le ventre n'était pas la conséquence d'une mort, quelque part en Angleterre. Adam avait fait des tests pour connaître leur compatibilité, et, se rendant compte que c'était le cas, avait donné une partie de son organe, puisque c'était le seul du corps qui possédait des vertus de régénération. Adam l'avait sauvé, avant de disparaître. Selon Harry, il avait déménagé en Europe, et ne voulait plus entendre parler de lui.

Si Tom avait pu sourire, il l'aurait fait. Ça lui ressemblait bien. Il allait lui manquer, aussi. Mais c'était terriblement égoïste de penser ça. Quand même, son « ami » s'était ouvert le ventre pour le sauver ! Est-ce qu'il aurait fait la même chose pour lui ? Sûrement, pensa-il.

Il apprit aussi qu'Harry était allé un moment chez sa tante et son oncle. Il s'était bien amusé avec son cousin, Dudley. Un garçon un peu enveloppé et pas très malin, mais très sympa.

Les semaines passèrent de cette manière. Harry venait le voir, lui racontait des banalités, et partait en promettant de revenir.

Et l'état de Riddle stagnait quelque part entre la vie et la mort.

OoO

Et finalement, il ouvrit les yeux. Ce simple petit geste – tant est que l'on puisse appeler ça un geste- lui avait demandé des semaines et des semaines d'essais, d'efforts et d'auto-persuasion.

Immédiatement une foule de gens se rassemblèrent autour de lui, exalté par son « retour à la vie ». Et pour la première fois, Riddle put mettre des visages sur les gens qu'il connaissait déjà depuis longtemps.

Quelques heures plus tard, il put recommencer à bouger les doigts. Puis les orteils. Maintenant qu'il était lancé, son corps se réveillait d'un coup.

Les médecins, très enthousiaste, avaient fait interdire les visites pour la soirée, et l'infirmière française, une très jolie rousse a l'air perpétuellement sceptique l'aidait à faire les premiers mouvements, lui promettant de longues heures de physio.

Riddle apprit ainsi avec étonnement qu'il était resté dans le « coma » pendant un peu plus d'un mois.

Le lendemain, bien qu'il ne fût pas encore capable de parler, il avait retrouvé l'usage de ses bras de ses mains de son visage et de ses pieds. Il ne manquait plus que ses jambes pour pouvoir être « complet ».

Dans l'après-midi, Harry se précipita dans sa chambre, avant de se stopper, gêné. Il n'imaginait même pas que Riddle puisse avoir attendu ses visites avec impatience.

D'un geste maladroit, parce que ses membres étaient encore énormément engourdis Riddle leva une main tremblante vers Harry.

Le jeune homme s'avança vers lui, et s'assit près de sa tête, sans saisir la main que le plus âgé lui tendait.

Il hésitait entre pleurer, éclater de rire, et lui foutre la plus grande gifle de son existence.

Finalement, il fit un mix entre les deux premières options.

OoO

(1): aucune idée! j'voulais pas prendre un truc trop dramatique, genre: "oh mon dieu le coeur! oh il survit! " Enfin bref! voila.

Je sais, je sais. Hum, donc plus qu'un chapitre !

Merci à ceux qui ont tout lu, et ceux qui prendront la peine de reviewer !