Chapitre 1 : Le début de la fin.
Une jeune femme blonde aux atouts avantageux entra dans l'un des grands bâtiments du quartier des affaires de Tokyo. Elle fit claquer ses talons aiguilles sur le marbre du hall noir et avança jusqu'à l'accueil :
_Bonjour, Mme Sosuke! Lança d'une voix stressée la jeune femme de l'accueil.
_Mon mari est-il là?
_Euh… oui, Mr Sosuke est là….
La femme d'Aizen Sosuke prit alors la direction de l'ascenceur et s'y engouffra avec d'autres personnes et appuya sur le bouton 4. Au bout de quelques minutes elle se sentit à l'étroit dans la machine. Il faut dire qu'Hallibel Sosuke avait de sacrés atouts : une poitrine plus importante que n'importe laquelle d'autre, et ce jour-là, elle portait un décolleté sulfureux et une jupe noire qu'elle regrettait déjà d'avoir mise. Mais si ça lui permettait de retrouver un semblant de vie sexuelle avec son mari, elle était prête à tout! Aizen était depuis quelques temps distant avec elle, enfin, depuis plus d'un an pour être précis. Cela faisait douze ans qu'ils étaient mariés et avaient deux enfants : deux garçons : Ulquiorra et Tousen. Deux garçons adorables en tout point mais Hallibel ne se satisfaisait pas de cette situation. Elle voulait surprendre son mari!
Elle avança dans le long couloir du quatrième étage, la rédaction du « Financial Tokyo » le journal financier réputé dont son mari était le directeur. Elle passa entre les bureaux, saluant au passage plusieurs employés lui lançant un regard paniqué. Puis, elle arriva près d'un petit bureau perpendiculaire à une pièce dont les stores et la porte étaient fermés. Sur le petit bureau, un petit écriteau indiquait le nom de son propriétaire : « Ichigo Kurosaki ». Hallibell aimait bien ce petit, l'assistant de son mari. C'était un jeune plein d'ambition et apparemment, son mari comptait beaucoup sur lui. Elle se reprit et fit face à la porte du bureau intitulé : « Aizen Sosuke : Directeur de rédaction ». Elle se dit qu'elle ferait mieux d'entrer de manière à faire une grande surprise à son mari, celui-ci la croyait encore en voyage en France et elle voulait le voir complètement surpris, ce qui n'était pas quotidien chez le beau trentenaire. Elle posa sa main sur la poignet et entra précipitamment en s'écriant :
_Me voilàààààà!! Aaaaaaaaaaaah!!
Elle poussa un cri strident. Devant elle, une scène pour le moins dérangeante se déroulait. Hallibell plaqua sa main contre sa bouche et ouvrit des yeux avec horreur. Dans le fond du bureau, sur le canapé brun en cuir, Ichigo Kurosaki (elle le reconnut à sa touffe de cheveux oranges) était à quatre pattes, entièrement nu et derrière lui, à genoux, se trouvait Aizen, son visage exactement au niveau de ses fesses. Les deux hommes la regardaient d'un air tout à fait identique : entre la surprise et la honte. Après quelques secondes d'un silence pesant pendant lequel personne n'osa bouger, Aizen claqua les fesses d'Ichigo et se redressa pour faire face à sa femme :
_Hallibell… voilà pourquoi je te dis toujours de frapper avant d'entrer…
Ichigo, rouge comme une tomate, aurait voulu disparaître tout de suite. Il se serait même jeté par la fenêtre devant l'expression de dégoût de la femme d'Aizen. Il se couvrit avec le plaid qui se trouvait sur l'accoudoir du canapé et tenta de se faire tout petit.
_Salaud… salaud…, murmura Hallibell en tremblant.
_Hallibell… ce n'est… ce n'est qu'un petit coup comme ça!
Aizen tentait de s'expliquer, il était clair qu'il ne voulait pas perdre sa femme! Ichigo se sentit trahit au plus profond de lui-même. Cet homme qu'il aimait, il était fou amoureux de lui, il n'avait jamais eu de relation aussi longue avec un homme! Il n'avait jamais été amoureux avant lui!
_Quoi? Demanda-t-elle. Tu… tu te fous de moi?
_Pas du tout, je…
_C'est… mais c'est dégoûtant! Reprit-elle en lançant un regard noir en direction d'Ichigo.
Celui-ci se renfrogna. Il voulait encore plus disparaître, se cacher quelque part, n'importe où!! Pitié que ça se termine vite!
_Je te préviens, reprit Hallibell en prenant un peu plus de contenant, je vais demander le divorce! Comment oses-tu me tromper?!!! Je vais prendre ton argent, tes enfants, ta réputation et…
_Hé! Calme-toi!! S'écria Aizen.
Tous les employés du journal étaient désormais dans la dispute. Hallibell ayant laissé la porte du bureau ouverte, tout le monde en profitait!
_Tu ne vas rien faire du tout! Reprit Aizen en la menaçant de l'index.
_Ah oui? Demanda-t-elle avec un rire sadique. C'est-ce que nous verrons!
Elle tourna les talons et s'en alla dans le long couloir. Aizen passa la tête par la porte :
_C'est-ce qu'on verra!!! Lui cria-t-elle. Et ne viens pas pleurer après, sale emmerdeuse!!
Il claqua la porte très fort et resta un instant le visage entre les mains, faisant le point sur ce qu'il venait de se passer. Il se rappela alors qu'Ichigo était toujours là et se tourna vers lui. Il était emmitouflé dans le plaid, tremblant de la tête aux pieds. Aizen le regarda avec dureté, différemment de d'habitude.
_Prends tes affaires, rhabille-toi, lui conseilla-t-il en s'asseyant derrière son bureau. Je veux rester seul.
Ichigo ne se fit pas prier. Il se rhabilla en quatrième vitesse et sortit du bureau au moment où Aizen composait le numéro de son avocat. Ichigo lui lança un regard triste, mais le directeur ne le regarda même pas. Le roux referma la porte derrière lui et fut confronté aux regards furtifs de ses collègues. « Et merde! » pensa-t-il. Il n'était pas une bête de foire!! Trop choqué encore, il prit la direction des toilettes et d'enferma dedans. Il avait besoin de reprendre son souffle, de prendre un peu le temps de chasser de ses pensées la honte qu'il venait de vivre! Se faire surprendre dans une position plus que compromettante par la femme de son amant n'était pas le genre de choses auxquelles il était habituées! Surtout la position précise dans laquelle ils se trouvaient… Est-ce que ça aurait été mieux si elle était entrée au moment ou Ichigo faisait une gâterie à Aizen par-dessous son bureau? Peut-être pas! Mais au moins Ichigo ne se serait pas sentit épié et rabaissé… Il soupira et entendit la porte des toilettes des hommes s'ouvrir. Il retint sa respiration, il ne voulait pas qu'on sache qu'il était là.
_Ichigo?
Il ferma les yeux. C'était la voix de Renji, un journaliste stagiaire, un très bon ami à lui depuis qu'il était arrivé au journal, il y a maintenant deux ans.
_Qu'est-ce que tu veux? Demanda-t-il l'air méchant.
_Tu vas bien? Demanda l'homme aux cheveux rouges en s'approchant du cabinet où son ami était enfermé.
_Oui.
_On dirait pas!
_Qu'est-ce que tu veux, Renji?
La porte des toilettes s'ouvrit à nouveau. Ichigo fulminait de rage. « Bon sang!! Un peu d'intimité!!! ». Il entendit quelques pas puis un murmure, s'adressant sûrement à Renji.
_Ichigo, il faut que tu sortes, reprit Renji. Tu ne vas pas rester enfermé toute la journée ici?
_Je veux être seul! Je veux rentrer chez moi…
Ichigo fut surpris par ses propres paroles. Il ne voulait pas se comporter comme un enfant, ne pas montrer ses faiblesses, mais il n'en pouvait plus.
_Je vais te ramener, dit alors une autre voix.
Ichigo reconnut la voix de Shuuhei Hisagi, un jeune journaliste embauché récemment, mais plein de talents. En seulement trois mois, il s'était fait très apprécié du métier. Et Ichigo et Renji s'étaient très vite lié d'amitié avec le jeune homme aussi sérieux que déjanté.
_Sors de là, et je te ramène chez toi, reprit Shuuhei.
Ils entendirent le verrou de la porte claquer et Ichigo sortit, l'air pitoyable. Ses yeux étaient rouges, son visage très pâle et ses amis furent un moment surpris. Puis, Renji enroula un bras autour de son cou et lui sourit :
_Je vais m'occuper de ton boulot, t'inquiète pas!
_Merci…
Le rouge lui donna un coup de coude amical :
_Hé! Les amis c'est fait pour ça!
Ils sortirent des toilettes, Renji toujours accroché à lui. Shuuhei passa devant eux et demanda à Ichigo s'il devait prendre des affaires avant de partir.
_Oui… je… mes affaire sont dans ma veste, sur la chaise.
Shuuhei s'éloigna et revint quelques secondes plus tard avec la veste qu'il lui tendit.
_Viens, dit-il en le poussant légèrement dans le dos.
Renji avançait vers le bureau d'Ichigo et prit sa place. Ce n'était pas la première fois qu'il le remplaçait au pied levé! Il savait bien comment fonctionnait Ichigo dans son travail, et puis son poste de stagiaire au sein du journal lui laissait assez de temps libre pour s'occuper de son travail et de celui d'Ichigo.
Shuuhei et Ichigo avancèrent vers l'ascenseur et attendirent que celui-ci ne vinrent les prendre. Rukia fit alors irruption derrière eux. La jeune fille de vingt-deux ans, secrétaire du responsable des pages « Finances internationales » Jyuushiro Ukitake, posa sa main avec compassion sur le bras d'Ichigo :
_Tu as besoin de quelque chose? Demanda-t-elle, l'air réconfortant.
_Non. Merci…
_Je le ramène, notifia Shuuhei.
_Oui, il vaut mieux, dit la jeune fille brune aux grands yeux marines. Je t'appellerai dans la soirée. Je ne veux pas que tu te sentes trop seul, d'accord?
_Merci, Rukia…
La jeune femme fut frappée par le manque de lumière dans ses yeux, lui, Ichigo, qui ne se sentait jamais démonté par la moindre parole, par la moindre action! Elle se dit que ce qu'il s'était passé devait l'avoir atteint dans son amour propre. Pourquoi diable Aizen s'acharnait sur lui? Ne pouvait-il pas le laisser tranquille? Et pourquoi Ichigo était-il tombé amoureux de son patron et qui plus est marié? Rukia soupira en voyant les deux hommes disparaître dans l'ascenseur. Elle avait déjà vu Ichigo mal comme ça, il y a quelques mois lorsque lui et Aizen s'étaient violemment disputés au sujet de sa femme. Rukia avait été là pour son ami et avait ramassé les morceaux. Elle s'en voulait de ne pas pouvoir en faire plus pour lui, son ami d'enfance…
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Ichigo ne dîna pas ce soir-là. Il avait fait une sieste dans l'après-midi, après que Shuuhei l'ait raccompagné et vers dix-neuf heures, son portable sonna. C'était Rukia. Il lui signifia qu'il allait bien, qu'il n'avait besoin de rien et qu'il la remerciait de s'inquiéter pour lui. La jeune femme insista pour passer mais Ichigo lui dit qu'il allait se coucher, plutôt que de ruminer encore et encore cette histoire. Rukia lui souhaita une bonne nuit.
Ichigo retira sa chemise blanche et enfila un bas de pyjama noir et se coucha torse nu. Il poussa un soupir de soulagement et éteignit la lumière. Aucune nouvelle d'Aizen, pas un coup de fils, pas un mail, rien! Pourquoi? Est-ce que c'était fini entre eux? Il stoppa un geste vers son portable, ayant envie d'appeler son amant. Mais il se dit que ce n'était pas à lui de le faire. Après tout, Aizen devait régler ses problèmes avant…
Il s'endormit difficilement et fut réveillé non longtemps après par la sonnerie de son interphone. Il se leva machinalement et regarda l'heure : 21h30. Il pesta en silence et répondit à l'interphone :
_Oui?
_C'est moi…
Aizen! Le cœur d'Ichigo fit un saut périlleux.
_Je t'ouvre!
Il se retourna et s'adossa à la porte, le souffle court. Il revenait à lui! Aizen était là, il était là! Il eut un immense sourire malgré le stress qui prenait son ventre. Il lui ouvrit et regarda l'homme brun aux yeux de braises devant lui.
_Entre.
Aizen Sosuke entra, avec toute la dignité dont il était capable. Ichigo avait le cœur battant en observant le dos de l'homme qu'il aimait. Il avait été ravie de le voir puis en voyant son visage s'attendit au pire.
_Hallibell menace de me quitter, lança de but en blanc Aizen. Elle va me pomper mon fric….
« A défaut de te pomper autre chose! » pensa avec ironie Ichigo.
_…m'enlever mes fils, faire un scandale à la presse… bref, je suis coincé!
Ichigo resta muet. Pourquoi venait-il se plaindre à lui? Après tout, n'était-ce pas le rouquin qui avait le plus souffert de la découverte de leur relation par Hallibell? Ichigo se demanda si Aizen savait ce qu'il ressentait.
_J'ai été humilié, dit-il en haussant les épaules. Ta femme m'a vu… comme ça…
_Oh, elle en a vu d'autres! Lança Aizen en levant les yeux au ciel. Tu ne crois pas que… enfin, ce que je veux te dire c'est que… je tiens trop à ma vie pour la perdre pour une histoire de fesses!
Ichigo trembla de tous ses membres. Alors c'était donc cela! C'était ça qu'il était venue lui dire ce soir? Son cœur d'abord gonflé d'amour et d'espoir se vida tout à coup, rongé par la tristesse et la douleur. Ichigo sentit les larmes lui monter aux yeux.
_Une histoire de… de cul? Répéta-t-il en fronçant les sourcils. Tu appelles ça comme ça?!
_Appelle-le comme tu voudras! S'écria Aizen de plus en plus énervé. Mais au final ça reste pareil… Toi et moi c'était du sexe, rien d'autre! J'avoue que tu as un joli p'tit cul, et une bouche qui fonctionne pas trop mal, tu n'es pas mal du tout! Mais tu n'es qu'un jouet sexuel pour moi, Ichigo!
Le roux explosa en sanglots d'un seul coup, de grosses larmes ruisselant le long de ses joues. Lui qui s'était promis de ne plus pleurer devant cet enfoiré! Mais la méchanceté d'Aizen dépassait tout ce qu'il avait pu espérer! Ses mots étaient des poignards qui s'enfonçaient dans son cœur! « Du sexe et rien d'autre… », « joli p'tit cul… », « jouet sexuel… »? Non, c'était trop pour Ichigo. Il sauta sur Aizen et lui empoigna le bras très fort, à lui en arracher des cris :
_Lache-moi!!! Aïe!!! S'écria Aizen.
_Dégage de lààààà!!!!
Ichigo ouvrit la porte à la volée et envoya voler son ex-amant maintenant dans le couloir de l'immeuble, avec une force surprenante. Puis, il referma la porte derrière lui, enclenchant les deux verrous alors que le directeur du journal tombait à terre lourdement, complètement ébahit par la réaction d'Ichigo. Le rouquin s'enfuit dans sa chambre en claquant la porte et s'effondra sur son lit en pleurant comme un enfant.
