Un chapitre assez triste selon moi, mais dans le prochain chapitre c'est le retour de Grimmjow ^^

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Chapitre 25 : Silence radio.

Byakuya était resté pétrifié. Le temps s'était comme arrêté dans la pièce alors que les yeux ambrés et les yeux marines se posèrent sur la silhouette étrangère. Comment était-il entré? Comment avait-il pu les observer pendant tout ce temps?

_Gin!! s'indigna le brun en se redressant vivement.

Ichimaru était tranquillement assit dans un coin de la chambre, ses jambes croisées. Son visage qui affichait toujours ce sourire faux semblait être encore plus hypocrite que d'habitude. Cependant, ses yeux ne s'ouvrirent même pas d'un seul millimètre en entendant son nom prononcé par le brun. Il se contenta de rester immobile, entremêlant ses longs doigts blancs les uns dans les autres.

_Qu'est-ce… qu'est-ce que tu fous ici?!!! reprit Kuchiki en tremblant légèrement de dégoût, et en perdant son sang-froid légendaire.

Gin dénoua ses doigts, balançant entre ses doigts un porte clefs qui produisit un petit bruit métallique.

_J'ai toujours le double de tes clefs, Byakuya mon lapin, répondit-il. J'ai voulu te faire une surprise, et que vois-je? Tu t'envoies notre chère Cendrillon?

_T'as aimé j'espère? Demanda la voix hautaine d'Ichigo.

Byakuya tourna ses yeux vers le plus jeune, nu à côté de lui. Il se sentit petit entre les deux hommes, ces deux hommes qui étaient à l'instant présent, ses deux amants. Son cœur battait très fort. Mais il tenta de se calmer et de rationnaliser : il n'y avait qu'Ichigo pour faire ravaler à Gin ses répliques acerbes!

_Beaucoup, répondit Gin en se levant. Mais il faisait trop noir, je n'ai pas tout vu! Mais j'ai entendu, ça m'a suffit…

Il remonta sa braguette dans un grand bruit et Byakuya sursauta. Ce pervers… il était horrible! Ichigo éclata de rire, ce qui étonna Kuchiki au plus haut point. Le roux était tellement surprenant… Garder tout son sang-froid et son tact dans une situation pareille? Même lui, Byakuya Kuchiki, n'avait pas réussi.

_C'est pathétique, lança l'orangé avec un large sourire, te tripoter en nous écoutant…

_Pas aussi pathétique que cette sauterie franchement ridicule, dit-il de sa voix aigue à glacer le sang. T'es tombé bien bas, mon lapin...

_Laisse-le tranquille, et sors d'ici! cracha le roux avec un regard mauvais.

_Oh mais j'm'en vais. J'voulais juste faire comprendre à mon lapin que j'suis toujours dans les parages. Tu m'évinceras pas comme ça!

Et sans un mot de plus, il sortit de la chambre, referma la porte derrière lui et sortit du loft en faisant claquer la porte d'entrée.

Byakuya se laissa basculer en arrière, dans un soupir sonore de soulagement. Son dos heurta la tête de lit, et il cacha son visage entre ses mains. Gin était ici, Gin avait vu qu'il l'avait trompé, Gin était capable de tout...

_Fais changer ta serrure demain, si tu veux un bon conseil, lança le ton désinvolte d'Ichigo.

Byakuya ne répondit rien, restant dans sa position. Il sentit le jeune homme s'allonger à côté de lui :

_Viens dormir, lui lança-t-il alors.

Le noble ne se fit pas prier et se glissa dans le lit à côté de son amant, posant sa tête sur son épaule. Ils soupirèrent tous les deux en même temps.

_Quelle ordure, soupira Byakuya.

_Je sais. Dors.

_On dirait que ça ne te fais rien!

_Ca ne me fais rien parce que ce gars n'est rien!

_C'est Gin Ichimaru! Répliqua Byakuya, connaissant bien l'homme avec qui il avait passé presque 10 ans de sa vie.

_Si tu le dis…

Ichigo bougea sa tête sur l'oreiller et quelques minutes plus tard, il s'était endormit. Byakuya n'avait même pas eu le temps de revenir sur le problème qui le tracassait : avec qui Ichigo avait-il pensé faire l'amour ce soir? Byakuya ou Grimmjow?

Soupirant longuement, il ferma ses yeux marines et tenta de s'endormir, bercé par la respiration d'Ichigo. Son sommeil ne fut pas profond, ni tranquille. La voix du rouquin revenait sans cesse dans sa tête. Et elle répétait inlassablement ce nom : "Grimmjow... Grimmjow!". Il n'y avait manifestement rien qu'il puisse faire pour chasser le bleuté des pensées, et du coeur, d'Ichigo.

Lorsqu'il se réveilla le lendemain matin, le brun se sentait encore plus fatigué que la veille. Son sommeil agité semblait lui avoir donné des crampes, et il se tourna avec une grimace.

Sa main gauche parcourut les draps, à la recherche de la chaleur du corps d'Ichigo. Mais il n'y avait que le froid qui l'entourait, rien d'autre.

Il ouvrit les yeux puis fronça les sourcils en découvrant qu'il n'y avait personne d'autre dans le lit. Ichigo s'était déjà levé. Il tendit l'oreille, mais aucun bruit ne se faisait entendre dans le loft. Visiblement, le roux était partit, sans même le réveiller, sans même lui laisser un mot, rien. Regrettait-il? Certainement. C'était la seule explication plausible à son départ précipité.

Il soupira et caressa un moment le creux au milieu de l'oreiller parsemé de quelques cheveux oranges. Il en prit un entre ses doigts et joua avec, un sourire amusé sur les lèvres.

Mais, son sourire s'effaça soudain. « Qu'est-ce que j'ai fait? » se demanda-t-il.

Il se releva doucement et s'assit sur le bord du lit, prenant sa tête entre ses mains, d'un air coupable. Et il se sentait coupable, même s'il ne regrettait pas cette nuit.

_Imbécile...., marmonna-t-il en laissant ses doigts se perdre dans se s longs cheveux bruns.

Il avait encore le goût d'Ichigo dans la bouche, son odeur sur sa peau. Il s'attendait à le voir entrer dans sa chambre d'un moment à l'autre, il le souhaitait vivement.

Mais cela n'arriverait sans doute jamais. C'était bien la première et dernière nuit qu'ils passeraient ensemble. Kuchiki était amoureux mais pas totalement fou, ni aveugle d'ailleurs... Il savait ce qu'il en était désormais.

« Pourquoi ai-je fait ça hier? Bordel, il est amoureux d'un autre homme! Ce n'est pas moi qu'il veut! Ichigo ne m'aime pas! ». Il avait l'impression que plus il se heurterait avec la vérité, plus celle-ci serait facile à accepter, mais ce n'était pas le cas.

Les vérités auxquelles il pensait, étaient douloureuses. Elles réveillaient une profonde rage en lui, une chaleur désagréable envahit son ventre et empourpra ses joues.

Ses mains tirèrent ses cheveux lui provoquant une grimace de douleur, comme s'il voulait se punir d'avoir fait cela. Jamais il n'avait autant désiré quelqu'un, et ce quelqu'un était amoureux d'un autre. Pourquoi? Pourquoi était-il tombé amoureux d'Ichigo? Pourquoi l'avait-il rencontré? Pourquoi avait-il fallu qu'il en arrive là?

Il serra les dents, se sentant humilié, abandonné, traité injustement. La vie était injuste et cruelle, Byakuya le savait déjà. Mais pourquoi s'acharnait-elle contre lui?

La douleur était trop intense... Avoir possédé Ichigo et l'avoir perdu au même moment. Quel sentiment affreux!

Au comble de la douleur, et sentant qu'il fallait qu'il bouge, sinon il deviendrait fou, il se releva violemment et empoigna la première chose qui lui passait sous la main : la lampe de la table de chevet. Et animé de cette rage, entendant encore Ichigo crier le nom de Grimmjow alors qu'il lui faisait l'amour, animé d'une jalousie inconsidéré contre le bleuté, il eut un geste violent et totalement incontrôlé.

Il fit voler la lampe de chevet à travers la chambre, déversant toutes ses forces dans son geste désespéré, voulant la voir s'écraser contre le mur face à lui. Mais son geste fut si violent, qu'il en perdit le contrôle, et l'objet se fracassa contre le large miroir légèrement sur sa droite, dans un grand bruit.

Sous le choc, le miroir explosa en centaines de petits fragments qui se disséminèrent un peu partout dans la pièce, atteignant Byakuya qui ferma les yeux pour se protéger au dernier moment. Mais il était déjà trop tard.

Il hurla de douleur et tomba à genoux sur des morceaux de verre. Ses cris de douleurs ne s'arrêtèrent pas, déchirant le silence pourtant de mise dans son grand loft si paisible. Souffrant le martyr, il s'effondra au sol, ses mains plaquées devant ses yeux. Il se tortillait dans tous les sens en hurlant toujours de plus en plus fort, en sentant le sang couler sur ses doigts.

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Ichigo rentra dans sa suite tôt ce matin-là, étant partit de chez Byakuya aux environs de 7h. Il avait préféré ne pas le réveiller, il ne savait pas vraiment pourquoi.

Peut-être qu'il ne voulait tout simplement pas affronter son regard après la nuit qu'ils avaient passé, après qu'ils aient découvert que Gin les avaient espionnés. C'était sans doute pour cela qu'il s'était sauvé comme un voleur. Il se trouvait pathétique. Avait-il peur de Byakuya? Ou avait-il peur de lui-même et de se retrouver face à ce qu'il avait fait?

Ichigo resta un moment immobile dans l'entrée de sa suite, son regard coulant sur le salon richement décoré. Ce salon qu'il avait tant arpenté avec Grimmjow. Ce salon qui renfermait tant de souvenirs de sa vie passée. Il eut alors l'impression de ne pas avoir sa place dans cet endroit. Il ne méritait pas de poser un seul pied dans ce qui avait abrité le début de sa relation avec le bleuté. Il avait trahit cet endroit. Il s'était trahit lui-même.

Il se dirigea vers la salle de bain et entra rapidement sous la douche. Il avait une désagréable impression, comme si l'odeur de Byakuya était restée collée à lui, comme si elle résistait et s'accrochait inexorablement à sa peau. Il resta à se frotter, chaque centimètre carré de sa peau, jusqu'à s'en faire rougir.

Non, il n'avait pas fait ça! Il n'avait pas voulu coucher avec Byakuya! Enfin, peut-être un peu…

Il avait surtout voulu de quelqu'un pour lui tenir compagnie, et puis le charme de Byakuya, la chaleur de son corps avaient joué comme des aphrodisiaques sur lui et il s'était laissé emporter. Et pour quel résultat? Celui de crier le nom d'un autre alors qu'il avait fait l'amour avec Kuchiki. Ichigo se sentait honteux et sal. Honteux pour avoir crié le nom de Grimmjow pendant l'acte, et sal pour avoir fait l'amour avec un autre homme.

« J'appartiens à Grimmjow et à lui seul! Pourquoi ai-je fait ça avec Byakuya? C'est Grimmjow qui... qui... » se dit-il en sentant ses entrailles se tordre douloureusement. Il ouvrit soudain des yeux exorbités et son cœur s'arrêta dans sa poitrine.

Il ouvrit la cabine de douche d'un geste violent, sans arrêter l'eau, et se rua sur son portable qu'il avait laissé là, par terre. Il regarda l'écran, les mains tremblantes. Il avait oublié… il avait oublié le mail de Grimmjow! Leur rituel!! Il ne l'avait pas fait!!!

Il se sentit défaillir en voyant le nombre de mails qu'il avait reçus hier soir : 54. Et il articula un "merde" en découvrant qu'il avait manqué 32 appels du bleuté.

Grimmjow s'était acharné à vouloir le contacter, malgré son silence. Pourtant Ichigo savait. Il savait ce qu'ils s'étaient promis : si l'un d'eux ne répondait pas ne serait-ce qu'une seule fois, cela signifiait que tout était terminé entre eux. Et pour de bon.

Sentant ses mains devenir moites, et son coeur tambouriner dans sa poitrine, il commença à lire.

« Où es-tu? Ca m'inquiète. Je t'aime. Grim' » était le premier message de Grimmjow.

Quelques minutes plus tard, il en avait envoyé un autre : « Pourquoi tu ne réponds pas? Ichigo? Réponds! Si tu ne veux plus de moi, dis-le moi, même par mail! Mais dis quelque chose, bordel! ».

Ichigo plissa les yeux en ouvrant le suivant : « Réponds! Qu'est-ce qui se passe? Réponds-moi! ». Ceux qui suivaient étaient sensiblement pareils, et pendant une demi-heure, Grimmjow s'était acharné à lui envoyer tout un tas de mails lui ordonnant de lui répondre, de lui dire qu'il l'aimait, ou bien de lui avouer que tout était finit.

A partir d'un certain moment, le ton du bleuté commença à changer : « Peut-être qu'on a fait une grosse bêtise tous les deux. La distance a fait disparaitre ton amour pour moi? Tu ne m'aimes plus? Réponds-moi putain! ». Le suivant fit couler une larme sur la joue d'Ichigo : « Ne me quitte pas comme ça! Je ne peux pas vivre sans toi, enfoiré de bordel de merde! Je t'aime! » Puis il avait continué comme ça longtemps.

Plus loin, un autre mail lui arracha carrément un sanglot. Grimmjow avait toujours été excessif, mais là, il dépassait les bornes : « JE T'AIME!!!!!!!! Ne me laisse pas!!! Je serai capable de me tuer! Je me tue si tu me laisses, enfoiré!!!!! » Le suivant : « Je te préviens, je vais te tuer!! Je te tuerai si tu ne m'aimes plus!! Je ne peux pas vivre sans toi!! Si tu me quittes je ne suis plus rien!!! Réponds-moi!!!! Je veux mourir, salaud ». Les suivants l'insultaient. Il y eut une série d'une dizaine de mails dans lesquels Grimmjow avait simplement tapé « Je t'aime » en caractère gras et ça prenait toute la place de l'écran.

Les dix derniers étaient plus courts, avec parfois seulement un mot, ou une petite phrase : « Salaud », « Tu vas payer », « Je veux te voir », « Je vais me tuer ». Ichigo ouvrit enfin le dernier, les joues ruisselantes de larmes, les mains tremblantes et le cœur fendu en mille morceaux.

Et en le lisant, le portable lui échappa des mains. Ce dernier tomba à terre dans un bruit métallique sourd, suivit par un autre bruit : celui du corps d'Ichigo qui s'effondra lourdement sur le carrelage blanc. Il heurta le sol, les yeux grand ouverts, le cœur déchiré, tremblant des pieds à la tête, sanglotant, les larmes coulant à flots, sa bouche ouverte laissait échapper des filets de salive aux commissures des lèvres. Ses mains s'enroulèrent l'une dans l'autre, comme si elles cherchaient le réconfort de l'autre.

L'orangé fut parcourut d'un spasme et il toussa violemment, au bord du vomissement.

Devant ses orbes ambrées, les mots inscrits dans le dernier mail de Grimmjow revenaient sans cesse, comme un coup de poignard mortel : « Je ne t'aime plus ».

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_Il est 9h20 et ni Ichigo, ni Kuchiki ne sont arrivés! Fit encore remarquer Rukia à Renji et Shuuhei présents dans son bureau.

_Je sais, ça m'inquiète! Lança le rouge. J'vais essayer d'appeler Ichigo sur son portable!

_Je croyais qu'on était d'accord pour ne pas les déranger? Après tout, ils sont sûrement ensemble, c'est quasiment certain, intervint Shuuhei.

Renji empoigna son portable et composa la numéro du rouquin.

_Ca sonne, dit-il. Ca sonne, ça sonne… Répondeur!

_Merde!

_Destressez-vous les gars!! Lança Shuuhei. Ichigo a droit à une vie, non? Il n'est que 9h20 et…

_Il n'y a pas que ça, Shuuhei! Il répond toujours à son portable, toujours! La seule fois ou il ne m'a pas répondu, c'était le jour de sa rupture avec Aizen…

Ils s'observèrent soudain tous les trois avec effroi et Renji sortit du bureau en courant:

_Je file à l'hôtel!!! S'écria-t-il.

Rukia empoigna le téléphone et composa le numéro de l'hôpital du centre-ville. S'il était arrivé quelque chose à Ichigo…

Elle réprima un flot de larmes, sentant clairement que quelque chose ne tournait pas rond du tout.

_Hôpital de Tokyo, bonjour!

_Bonjour, dit Rukia d'une petite voix émue, je voudrais un renseignement. Auriez-vous admis un patient aujourd'hui au nom de Kurosaki Ichigo?

_Un instant, je vous prie.

Rukia se sentit nerveuse un instant et tripota le fil du combiné en attendant le retour de son interlocuteur.

_Je suis navrée, Madame, nous n'avons aucun patient à ce nom.

_Merci. Puis-je vous demander une faveur?

_Oui.

_Pourriez-vous m'appeler si vous admettiez un patient de ce nom?

_Eh bien… c'est possible, en effet. Je vais faire de mon mieux, Madame.

_Vous n'auriez qu'à me contacter au numéro suivant…

Elle lui dicta le numéro du journal.

_Vous tomberez à l'accueil du « Financial Tokyo » si vous appelez et…

_Le Financial Tokyo? Répéta l'homme interloqué. Le journal?

_Oui. Pourquoi?

_Quelle coïncidence! Nous venons d'admettre votre directeur Mr Kuchiki!

_Pardon?!

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Petite note : Mon ordi va être renvoyé chez le constructeur demain, donc je ne sais pas si je pourrais conserver le même rythme de parution. Et je ne sais pas combien de temps cela prendra.

Mon ordi me manque déjà... snif!