Chapitre douze : Réveillon de Noël.

Neige. Neige. Neige ! Il a neigé toute la nuit ! Les mecs de la météo se sont pas trompés ! Je dois sourire comme une gamine… En fait, je fais sûrement la même tête que mon frère. Il vient de descendre pour prendre son petit déjeuner et la première chose qu'il a vue, c'est le paysage recouvert de neige. Et maintenant, il est collé à la baie vitrée du salon en train de sautiller comme un petit fou.

- Y a pas de doutes, vous avez bien les mêmes gènes, murmure Sirius dans mon cou.

- Ah bon ? J'étais pourtant persuadée qu'il était adopté.

- Tu as réagi exactement comme lui quand tu as vu la neige, rigole Sirius.

- Vraiment ?

Pour toute réponse, il embrasse la peau sensible de ma nuque ce qui me fait frissonner. Supposant sûrement que c'est à cause du froid, Sirius me sert un peu plus contre lui et remonte la couverture sur nous deux. Je me laisse aller contre son torse en soupirant. Mmm, je suis bien comme ça

- Quoi ? questionne-je en sentant mon "oreiller" secoué de rires silencieux.

- Tu soupires de bien être parce que tu es dans mes bras et j'apprécie beaucoup de savoir que je te fais cet effet, répond-il contre mon cou le chatouillant de ses lèvres.

- C'est pas pour ça que je soupirais.

- Et pourquoi alors ?

- Parce que c'est les vacances, demain c'est Noël, il y a de la neige et_

- Et ?

- Que je suis bien dans tes bras… Et arrête, s'il te plait, ça chatouille.

- Arrêter quoi ?

- Les bisous dans le cou.

- Oh ça, dit Sirius en ponctuant son "ça" d'un baiser supplémentaire.

- Oui ça.

- Pff, d'accord.

- Kyra, il est où Papa ? demande Hiroki enfin redescendu de sa planète.

- Il est parti chercher grand père et grand-mère à la gare. Pourquoi ?

- J'ai faim et j'arrive pas à attraper les céréales. Je voulais pas vous déranger.

- J'arrive mais à une condition.

- Laquelle ?

- Papa ne doit absolument pas apprendre que Sirius et moi on est ensemble.

- D'accord je lui dirais rien, promis.

Je me lève du canapé sur lequel Sirius et moi sommes affalés depuis au moins une heure. Il grogne mécontent et je me penche sur lui pour déposer un léger baiser sur ses lèvres.

- Je reviens vite, pouffe-je face à sa mine de gamin privé de son jouet préféré.

J'accompagne mon petit frère dans la cuisine et j'en profite pour jeter un œil à la pendule, 10h30. Je vais bientôt devoir partir pour rejoindre Lily. Je prépare le petit déj d'Hiroki et l'installe dans le salon avant de m'allonger littéralement sur Sirius.

- Va falloir que j'y aille.

- T'es sûre que tu veux pas que je t'accompagne ?

- Certaine.

- Tu pars tout de suite ?

- Non mais je dois aller me préparer. Garde un œil sur Hiro, s't'plait.

- Pas de problème.

Je monte dans ma chambre pour m'habiller et me coiffer puis regarde à nouveau l'heure : 10h55. Je mets le cadeau pour Lily dans mon sac et redescends dans le salon.

- Cette fois, j'y vais, dis-je en embrassant Sirius. Tu devrais peut être monter t'habiller avant que mon père rentre, histoire de faire bonne impression auprès de mes grands parents.

- Quel intérêt, ils ne sauront pas qu'on est ensemble et puis ils me connaissent déjà.

- Et alors, il faut quand même que tu fasses bonne impression en tant qu'ami. Et puis, ils l'apprendront un jour. A tout à l'heure.

- Kyra, tiens c'est le cadeau des Maraudeurs pour Lily.

- Ok, je lui donnerais. Soyez sage tous les deux.

J'embrasse Sirius une dernière fois, ébouriffe les cheveux d'Hiro et transplanne sur le chemin de Traverse. Je repère rapidement la chevelure rousse de Lily devant Fleury et Bott.

- Coucou, ça va ?

- J'en ai déjà marre de Pétunia.

- Qu'est ce qu'elle a encore fait ? demande-je en passant mon bras sous le sien pour la guider vers le chaudron baveur.

- Elle est insupportable. Toujours à me coller son alliance sous le nez, elle me fait clairement comprendre que jamais quelqu'un de censé ne voudra de moi. Et bla, et bla, et bla.

- Décidément j'adore ta sœur. En attendant elle a raison sur un point.

- Lequel ? demande Lily clairement étonnée.

- James est loin d'être censé. Quand même te courir après pendant plus de deux ans. Et avec toutes les baffes qu'il s'est pris on pourrait se demander si son cerveau n'en a pas pris un coup.

- Kyra !

- Quoi ?

- Je frappe pas si fort que ça, répond-elle en riant. On va où, au fait ?

- A histoire d'or.

- Et c'est le cadeau de qui que tu vas récupérer ?

- Celui de Sirius.

- A la bijouterie, hein ?

- Bah oui. D'ailleurs en parlant de cadeaux, joyeux Noël, dis-je en lui donnant ses cadeaux. De ma part et de celle des Maraudeurs pour celui là.

- Merci, je les ouvrirai ce soir. Joyeux Noël à toi aussi. Alors celui là, c'est pour toi. Le bleu pour Sirius et le dernier c'est pour Hiroki.

- Merci Lilou, dis-je en rangeant les cadeaux dans mon sac. On est arrivé.

On entre dans le magasin et un bon quart d'heure après, je récupère enfin ma commande.

- Voilà Miss, passez de bonnes fêtes, nous dit le vendeur avec un sourire enjôleur, il a pas du voir ma commande.

- Merci, vous aussi.

- Fait voir, s'il te plait, me demande Lily.

- T'as de la chance que j'ai refusé qu'il l'emballe, dis-je en sortant la boîte du sac avant de la lui tendre.

- Alors, alors. Voyons ça. Une gourmette avec son nom gravé dessus. Quelle originalité.

- Ne sois pas cynique, s'il te plait. Elle est jolie, non ?

- Oui elle est jolie. Elle est en argent ?

- C'est ça. Retourne là.

- Oh, c'est chou. Tout à fait toi.

Elle me rend la boîte et me raccompagne au chaudron baveur pour que je puisse transplanner avant de rentrer chez elle.

- Je suis revenue ! crie-je depuis l'entrée.

- Enfin, Hiro allait me rendre fou.

- Qu'est ce qui se passe ?

- Il veut aller jouer dehors.

- Je veux faire un bonhomme de neige, me dit Hiro en arrivant dans l'entrée en courant.

- Ça tombe bien moi aussi, rigole-je en lui ébouriffant les cheveux. Va te préparer.

- Ouais !

- Tu devrais t'habiller un peu plus chaudement Sirius, dis-je en entrant dans le salon.

- Parce que je dois venir avec vous ?

- Rappelle moi qui a fait partie des premiers à faire des bonhommes de neige à Poudlard.

- Toi ? propose Sirius avec un sourire innocent.

- …

- Moi alors ?

- Gagné.

Sirius monte se changer et j'en profite pour mettre son cadeau, ainsi que ceux que m'a donnés Lily, avec les autres dans la chambre de mon père. Ensuite, on sort tous les trois dans le jardin et après un "dur" travail, interrompu de temps en temps de batailles de boules de neige, notre bonhomme de neige se dresse fièrement en plein milieu du jardin.

- Hiro, tu grelottes, tu devrais rentrer et prendre un bain.

- Mais je veux pas rentrer.

- Tu veux prendre froid ? Non, alors rentre et plus vite que ça.

- Qu'est ce qu'on fait maintenant ? me demande Sirius.

- Je sais pas, réponds-je tout en formant une boule de neige dans mon dos. Ah si, je sais ! m'exclame-je en la lui lançant en pleine face.

- Eh ! Traîtresse ! Attends voir un peu !

Il se penche, forme une boule de neige et me la lance mais je l'évite de justesse et me mets à courir. Et c'est parti pour une demi-heure de bataille et de course poursuite avant que Sirius n'arrive à ma hauteur et m'attrape par la taille pour me faire tournoyer. Seul petit problème, il n'a pas pris le temps de prendre de bons appuis et il perd l'équilibre m'entraînant dans sa chute. On se retrouve à rouler dans la neige, puis nous allongeons sur le dos en riant. Sirius finit par se redresser et se place au dessus de moi, rapprochant son visage de plus en plus.

- Papa, il a dit que vous deviez rentrer tout de suite… Qu'est ce que vous faisiez ? interroge Hiroki qui vient de nous interrompre.

Sirius s'est redressé tellement vite que j'ai peur qu'il se soit fait un claquage.

- On faisait rien de spécial. Allez on rentre, je suis gelée, trempée et j'ai faim.

On rentre tous les trois dans la maison et sommes accueillis par mes grands parents paternels.

- Bonjour Mamie. Bonjour Papi, les salue-je en leur faisant la bise. Vous vous rappelez de Sirius ?

- Bien sûr comment oublier un si charmant jeune homme ? répond ma grand-mère.

- (J'avais oublié qu'elle était tombée sous le charme de Sirius. C'est frustrant quand même que toutes les personnes de sexe féminin qui l'approchent, soient attirées irrésistiblement, quelque soit leur âge.) Votre voyage s'est bien passé ?

- Très bien, un peu fatigant mais qu'est ce qu'on ferait pas pour voir nos petits enfants préférés.

- On est vos seuls petits enfants, grand père.

- Ah oui, c'est vrai.

- Bon si on mangeait, vous devez avoir faim, intervient mon père.

- Je suis affamée ! m'exclame-je.

- A table alors, mais interdiction de se goinfrer sinon vous mangerez rien ce soir.

- Promis.

Nous nous installons tous autour de la table de la salle à manger et dégustons rapidement un déjeuner léger. Ensuite mon père et mon grand père installent le sapin qu'ils ont acheté en ville, sous la direction de ma grand-mère, pendant que Sirius et moi allons récupérer les décorations dans le grenier. Alors que nous redescendons dans le salon, j'entends mon père et mon grand père râler, ma grand-mère se moquer gentiment d'eux en leur donnant encore des instructions pour placer le sapin, et les rires d'Hiroki. Et en effet lorsque j'entre dans la pièce, je ne peux retenir un rire en voyant ma grand-mère les poings sur les hanches et mon père et mon grand père disparaissant à moitié dans le sapin, trottinant de gauche à droite.

- Kyra, arrête de te moquer et met le disque.

- Oui P'pa.

J'allume rapidement la chaîne hi-fi, mets le disque que mon père à demander sur la platine et les chants de Noël envahissent la maison.

- Stop ! Posez le. C'est parfait ! s'exclame ma grand-mère.

- Enfin ! Bon les enfants vous décorez le sapin ? Il faut que je m'occupe du repas.

- D'accord.

- Nous, on doit faire quelques courses de dernières minutes. Tu es toujours d'accord pour qu'on emprunte ta voiture Andrew ?

- Oui maman, c'est moi qui vous l'ai proposé.

- Merci mon poussin.

- Maman !

- Tu viens Charles, continue-t-elle en ignorant l'exclamation outrée de mon père.

- Oui Beth, j'arrive.

Je les regarde tous les deux, attendrie. Ils sont toujours aussi amoureux après toute ces années. Je me retourne ensuite vers le sapin et nous nous attelons à le décorer Sirius, Hiroki et moi en chantant gaiement les chants de Noël qui raisonnent toujours dans la maison.

- Sirius, non.

- Pourquoi ? C'est pas celle là qu'il faut mettre ? demande Sirius perplexe en faisant passer son regard de moi à la flèche qu'il tient dans ses mains.

- Si c'est celle là mais c'est au plus jeune de la maison de la mettre.

- Mais Hiroki atteindra jamais la cime.

- C'est pour ça que tu es volontaire pour le porter, dis-je avec un grand sourire en prenant mon appareil photo sur la table basse.

- Hiro, prêt à accomplir ton devoir ?

- Ouais !

Sirius met Hiroki sur ses épaules puis lui donne la flèche et s'approche du sapin pour qu'Hiro puisse mettre la dernière décoration. Le tout sous les flashs de mon appareil photo. Je me dirige ensuite vers la cuisine pour photographier mon père en train de cuisiner.

- Kyra arrête ça, s'il te plait. Rend toi plutôt utile en allant chercher Sirius et Hiroki pour qu'ils m'aident à cuisiner. Tu mettras aussi la main à la pâte d'ailleurs quand tu auras accompagné Bryan. Je lui ai demandé d'aller prendre les gâteaux et le pain à la boulangerie.

- Quoi ? Tu fais pas les gâteaux ? le taquine-je.

- Est-ce que j'ai l'air d'en avoir le temps ? me demande-t-il en montrant le plan de travail de la cuisine qui ressemble plus à un champ de bataille qu'à autre chose.

- Non pas vraiment.

- Toc toc.

- J'y vais ! hurle Hiro depuis le salon. … Bryan !

- Hé ! Salut crapule !

- Qu'est ce que tu fais là ?

- Je viens aider un peu. Ta sœur est dans le coin ?

- Elle embête papa dans la cuisine.

- C'est même pas vrai ! m'offusque-je.

- Salut ma belle ! dit Bryan en entrant dans la cuisine, Hiroki dans les bras et suivi de Sirius qui lui lance des regards noirs. Comment tu vas ?

- Question idiote, c'est la veille de Noël, comment veux-tu que j'aille ?

- Tu es excitée comme une puce et tu trimballes ton appareil photo partout au grand désespoir de tout le monde.

- Même pas vrai, dis-je en cachant le dit appareil derrière mon dos.

- Je l'ai vu.

- Oups.

- Les enfants, vous pourriez y aller avant que la boulangerie ne ferme ?

- On y va, papou. A tout à l'heure ! Faites pas de bêtises !

- C'est plutôt moi qui devrait dire ça ! s'écrie mon père juste avant que je ferme la porte.

- Ton père croit vraiment qu'on pourrait faire des bêtises ensemble ?

- Oui, ce qui n'a rien d'étonnant, tu le sais aussi bien que moi.

- Oh ? A cause de la bataille de paille ? Du concours de saut d'obstacle sans cheval ? De la redécoration de la sellerie ?

- Oui, tout ça réuni plus toutes les autres bêtises du même genre. Bien que j'ai fini par le convaincre que pour la sellerie, c'était un bonus pour le ranch.

- Rappelle moi quel âge on a.

- Moi, dix-sept mais toi c'est plus grave, t'en a quand même vingt et un !

- Mademoiselle, dit Bryan en m'ouvrant la portière de sa voiture.

- Merci.

Après avoir refermé la portière passager, Bryan se dépêche de rejoindre la place du conducteur.

- On est parti !

- Ouais !

- … Vous êtes ensemble ?

- De quoi tu parles ?

- Fais pas l'innocente, t'es toute rouge !

- Mais je vois pas de quoi tu parles, je t'assure.

- De toi et de Sirius.

- …

- Vous étiez pas discrets tout à l'heure. Je vous aie vu avant qu'Hiroki arrive…, je descendais de la paille. Et puis vu les regards assassins qu'il m'a lancés quand je t'ai dit bonjour, rien que ça, ça m'aurait mis la puce à l'oreille.

- Hum, et bien, oui, on est ensemble.

- Depuis quand ?

- Même pas deux jours. Mais ça fait longtemps que j'en rêvais.

- Vu ses regards, cet été, je dirais que lui aussi a attendu longtemps. Et d'ailleurs, tu vas me faire le plaisir de le faire attendre encore un moment pour certaines choses.

- Bryan ! D'un, c'est ma vie, j'en fais ce que je veux. Et de deux, tu n'es pas mon frère !

- Arrête de faire semblant de t'offusquer. Tu es contente que je joue les grands frères. Et je dis ça pour te taquiner, je sais déjà qu'il va devoir patienter.

- Pourquoi tu es si sûr de toi ?

- Je pense te connaître assez pour savoir ça.

- T'as raison. Et toi, ça avance avec Elisabeth ?

- Tu veux plutôt dire que ça recule.

- T'as dit quoi encore comme conneries ?

- Il se pourrait que j'ai involontairement insulté son copain.

- Mais tu m'as pas dit qu'ils avaient rompus ?

- Si, et c'est bien le cas. Mais ils se sont quittés bons amis et donc elle a pas apprécié.

- Ce qui n'a donc rien d'étonnant.

- Mais c'est un con fini. Il l'a trompée.

- Quoi ? Et elle est toujours amie avec ce mec ?

- Elle est pas au courant. Elle a rompu avant que je lui dise et j'ai pas voulu la blesser. Tu comprends ?

- Oui. Rien ne m'empêche de le lui dire.

- Ça va la rendre triste. Tu peux pas faire ça.

- Il est hors de question qu'une de mes amies continue à s'entendre avec son ex alors qu'il l'a trompée. La boulangerie est pas dans cette rue ?

- Merde. J'ai oublié de tourner.

- Bravo.

Il fait demi-tour, on récupère rapidement les gâteaux et rentrons à la maison en blaguant sur tout le chemin et imaginant ce qu'on pourrait bien inventer pour "s'amuser un peu", lisez "embêter beaucoup mon père".

- Je sais, dis-je en ouvrant tant bien que mal la porte d'entrée. On pourrait repeindre les barrières !

- En quoi ça serait drôle ?

- Déjà nous connaissant, y aura sûrement des pinceaux qui vont nous échapper et malencontreusement atterrir sur l'autre.

- Un point pour toi.

- Et qui te dit que_

- Kyra ! T'es rentrée ! s'écrie Hiro depuis la cuisine.

- J'ai des gâteaux dans les bras, l'avertis-je en l'entendant courir vers l'entrée.

- On trouve pas la recette pour les cookies du père Noël ! s'exclame-t-il un brin horrifié en s'arrêtant juste devant moi.

- C'est normal, on l'a jamais eu sur papier. Elle est dans ma tête. On pose ça où ? demande-je à mon père.

- Si tu trouves une place dans le frigo ce serait bien. Sinon dans le cellier.

- Oki.

Je pose les gâteaux sur la table et ouvre le frigo plein à craquer, bon bah va pour le cellier. Bryan et moi y amenons donc les gâteaux.

- Je disais donc, on pourrait repeindre les barrières d'une couleur un peu inhabituelle, plus gaie, dit-je avec un sourire légèrement démoniaque.

- C'est une bonne idée ça, approuve-t-il avec un sourire conspirateur. Digne de toi, quoi que tu es plus audacieuse depuis quelques années.

- Que veux tu, c'est la mauvaise influence de Sirius et de ses amis, dis-je en souriant à Sirius qui m'a entendue.

- Quelle mauvaise influence ? s'offusque-t-il faussement.

- Pourquoi je sens le mauvais coup en préparation ? demande mon père en nous regardant un sourcil relevé.

- Je sais pas, répond-je en relevant mes cheveux pour en faire un chignon.

- Je le sens mal, j'ai entendu parler de peinture et de barrières. Je veux bien que vous les peigner mais j'achète la peinture.

- D'accord, concède-je avec un grand sourire.

Je me retourne pour sortir ce dont j'ai besoin pour cuisiner et en profite pour adresser un discret clin d'œil à Bryan. Je m'installe sur le bar et Hiroki s'installe immédiatement sur le tabouret à côté de moi, les manches relevées et un grand sourire sur les lèvres. Nous passons le reste de l'après midi dans la cuisine à préparer le repas du soir en chantant pour ma part les chants de Noël.

Vers dix-huit heures, mon père va avertir les employés qu'ils peuvent rentrer chez eux pour se changer avant le réveillon et j'intercepte Elisabeth avant qu'elle ne parte et l'entraîne dans ma chambre.

- Bonjour à toi aussi.

- Ah oui, bonjour, désolée.

- Qu'est ce que tu me veux ? Je dois rentrer pour me préparer.

- Pas la peine. Qu'est ce que t'en dis ? demande-je en lui présentant une petite robe noire toute simple.

- Elle est très jolie, elle t'ira bien.

- C'est pas pour moi, dis-je en lui mettant la robe dans les bras avant de la pousser dans ma salle de bain. Fait-toi toute propre et toute belle. Oublie pas de fermer à clé. J'utilise l'autre salle de bain. Et je ne tolérerai aucunes protestations ! A tout à l'heure.

Je sors de ma chambre, mes affaires de toilette sous le bras, ignorant royalement les cris d'Elisabeth. Vingt minutes plus tard, je ressors de la salle de bain toute propre, enroulée dans une serviette. Je retourne dans ma chambre, m'habille et me coiffe. C'est à ce moment qu'Elisabeth sort de ma salle de bain fin prête.

- Tu m'expliques pourquoi je me prépare ici ? Et pourquoi tu me prêtes une robe ?

- Parce que c'est plus drôle de se préparer à deux et puis il faut bien que Bryan rampe à tes pieds.

- Combien de fois faudra que je te dise que je suis pas amoureuse de Bryan ?

- Jusqu'à ce que j'arrête de te surprendre en train de baver devant lui.

- Je bave pas devant lui.

- Oh s'il te plaît. C'est tout juste si tu t'évanouis pas quand il retire son t-shirt l'été quand il fait trop chaud… Ha ha, tu rougis ! Avoue à tante Kyra.

- Je suis plus vieille que toi alors arrêtes de te prendre pour ma tante qui est déjà assez chiante sur ce sujet comme ça… Ok peut être que j'ai un léger faible pour lui. Mais léger le faible, très léger.

- Hin hin. Si on descendait ? Les autres doivent nous attendre.

- On y va, alors.

Nous faisons une entrée remarquée dans la salle à manger. Tous les regards se tournent vers nous, je sens en particulier celui de Sirius posé sur moi. Je lui adresse un sourire puis me tourne vers le palefrenier le plus proche pour commencer ma tournée d'accueil. Je profite d'un moment où mon père n'est pas là pour aller discrètement embrasser Sirius au coin des lèvres.

- T'inquiète pas, c'est toi que j'aime et uniquement toi. Et arrête de fusiller Bryan du regard il est raide dingue d'Elisabeth, la fille avec qui je suis descendue.

- Pourquoi tu me dis ça ?

- La jalousie se lit sur ton visage.

- Je suis pas jaloux.

- Sirius, n'oublie pas que j'ai été ta meilleure amie. Je te connais. Et puis, je n'ai rien contre le fait que tu sois jaloux, au contraire ça prouve que tu tiens à moi, tant que tu ne vas pas casser la gueule à un pauvre mec qui n'a rien fait.

- J'essaierais de me retenir alors mais si y en a un qui a un geste déplacé envers toi_

- Tu me laisseras bien gentiment le remettre moi-même à sa place. Je suis une grande fille, je peux le faire. Allez viens c'est l'heure de manger.

Le repas se passe dans la bonne ambiance générale, les employés du ranch louant les talents de cuisinier de mon père, les plus vieux racontant les histoires des réveillons passés, qui pour certains remontent à ma petite enfance, c'est pour dire. Vers vingt trois heures trente, les premiers invités commencent à partir en nous souhaitant un joyeux Noël. J'en profite pour aller coucher Hiroki que je dois, comme tous les ans, menacer que le père Noël ne viendra pas s'il ne dort pas. Puis je redescends et aide mon père et Sirius à tout ranger une fois que les derniers invités sont partis et mes grands parents couchés.

- Ton ami Bryan et Elisabeth sont repartis ensemble, m'informe Sirius alors que je me couche enfin.

- Vraiment ?

- Oui et ils se sont s'embrassés.

- Enfin !

- …

- …

- J'ai droit à câlin avant de dormir ?

- Viens là.

Sirius se glisse sous la couette à côté de moi et me prend dans ses bras, je réponds à son étreinte et l'embrasse tendrement. Après quelques baisers, je ne peux retenir un bâillement et je me love contre Sirius, la tête reposant sur son torse. Je m'endors presque immédiatement alors qu'il caresse mon dos avec douceur.


Le lendemain matin, nous sommes réveillés par Hiroki qui nous saute dessus tout excité.

- Le père Noël est passé ! Debout ! On va ouvrir les cadeaux !

- Dégage, marmonne-je à moitié réveillé en le poussant tant bien que mal. Tu me fais mal.

- Désolé. Dépêchez vous sinon je vous attends pas pour ouvrir les cadeaux !

Je garde un instant les yeux fermés profitant pour un moment encore de la chaleur de Sirius puis me tourne pour regarder mon réveil. Six heures ! Comment Hiroki qui est une vraie marmotte d'habitude, comme moi, peut avoir autant d'énergie le matin de Noël ? Et aussi tôt surtout ?

- Debout Siri, c'est l'heure d'ouvrir ses cadeaux.

- Si tôt ?

- Plaint-toi auprès d'Hiro.

On descend tous les deux en traînant légèrement des pieds mais mon humeur s'améliore dès que je vois le sapin illuminé, tous les cadeaux à son pied, Hiro tout sourire et les yeux brillants et mon père et mes grands parents assis dans le canapé et le fauteuil.

- On attendait plus que vous.

- Et bah on est là maintenant.

Hiroki se charge joyeusement de la distribution des cadeaux et arrache tout aussi joyeusement l'emballage qui couvre les siens sous le regard attendri de tout le monde. Lily qui a décidé de m'offrir un cadeau en plus de la robe, a choisi le dernier tome du seigneur des anneaux, elle s'est visiblement rappelée que je l'avais pas encore. Emma et Kate se sont contentées de cartes. Remus m'a offert un recueil de contes sorciers car je cite sa carte "il n'était pas d'accord avec le cadeau des Maraudeurs", lisez James et Peter. Tout d'un coup, j'hésite à ouvrir le dit cadeau devant tout le monde. J'ai raison d'ailleurs puisque qu'il s'agit de lingerie… sexy, y a pas d'autres mots pour les décrire.

- Je vais tuer James et Peter quand je les verrais, souffle-je à Sirius.

- Pourquoi ?

- Regarde ce que tes copains m'ont offert.

- Oh les… ! s'exclame Sirius en rougissant. Mais je dois admettre qu'ils ont bon goût, ajoute-t-il contre mon oreille.

C'est à mon tour de rougir, je frappe légèrement Sirius en lui faisant les gros yeux tout en cachant le cadeau des maraudeurs. J'ouvre ensuite le cadeau de mon père et Hiroki qui se révèle être la collection complète des chroniques de Narnia. Cool, je vais avoir de la lecture pour Poudlard. Mes grands parents m'ont donné une jolie somme d'argent ne sachant plus quoi m'offrir au fil des années. Kyle m'a offert les bottes que j'avais repérées sur le chemin de traverse dans un magasin pour les dresseurs (vous savez mon futur métier) et je lui avait dit que si j'avais mes ASPICs j'irais me les offrir. Il m'a devancé. Et enfin le cadeau de Sirius, c'est une breloque pour mon bracelet, elle représente un lion et une petite pierre rouge en forme de cœur est sertie dessus. Je ne peux m'empêcher de le serrer dans mes bras et me rappelle juste avant de l'embrasser que mon père n'est toujours pas au courant et mes lèvres finissent délicatement sur sa joue. Quand Sirius ouvre mon cadeau, un sourire tendre naît sur ses lèvres en lisant l'inscription qui dit "je t'aime" au dos de la gourmette.

- Moi aussi, chuchote-t-il dans mon oreille. Comment t'as fait pour l'avoir aussi vite ?

- C'était ma déclaration en fait, mais tu m'as devancée.

- …

- Bien il ne reste plus qu'un cadeau, annonce mon père.

- Non papa, y a plus rien sous le sapin.

- Je sais, c'était trop grand pour tenir dessous. Venez.

- Nous suivons tous mon père qui nous guide dans le garage.

- Sirius, ça me ferait vraiment très plaisir que tu l'acceptes.

- Accepter quoi ?

- Ça, dit mon père en découvrant une vieille moto. Je sais qu'elle ne paie pas de mine mais comme tu t'intéresses à la mécanique, je me disais que ça te plairait de la retaper.

- Oh je… Je sais pas quoi dire, c'est… C'est beaucoup trop.

- Contente toi d'un simple merci, alors. C'est le moins que je puisse faire avec tout ce que tu fais pour Kyra.

- …

- …

- Merci.


Le reste des vacances se passent bien entre détente, lecture, câlin, Sirius réparant sa moto, moi l'y aidant. On n'a même plus eu besoin de se cacher de mon père puisque pendant la fête organisée par ma grand-mère maternelle pour le réveillon du nouvel an, celle-ci nous a découvert en train de nous embrasser dans la cuisine et elle s'est empressée d'aller demander à mon père pourquoi il ne l'avait pas prévenue. La tête de mon père à ce moment méritait d'ailleurs une photo que je n'ai pas prise par peur de représailles, je savais déjà pas comment il allait prendre notre relation alors j'allais pas tenter le diable. Puis viens le matin du retour à Poudlard. Nos valises sont prêtes, Deloi et Vindr sont dans leurs cages respectives, le tout dans la voiture, nous avec et en chemin pour la gare. Une fois sur le quai, je parcours la foule des yeux et finissant par repérer James, je me dirige d'un pas décidé vers lui.

- James Potter ! J'espère que tu es content de toi !

- Oh Kyra, de quoi tu parles ?

- Ne joue pas au plus malin avec moi !

- Dois-je en conclure que tu n'as pas apprécié mon cadeau ?

- Non ! Et je te préviens, dis-je d'un ton menaçant en l'attrapant par l'oreille pour qu'il soit à ma hauteur. Que si tu ne t'excuses pas tout de suite, je dis des tas de choses horribles sur ton compte à Lily, ce qui mettra définitivement fin à tout espoir de relation entre vous.

- Elle sait tout.

- Qui te dis que je suis pas prête à inventer tout et n'importe quoi ? J'ai eu de très bons maîtres dans le genre.

- Ok, dit-il en déglutissant difficilement. Je suis sincèrement désolé. Mon cadeau était totalement déplacé. Je m'excuse.

- J'aime mieux ça. Bonjour, salue-je ses parents avec un grand sourire face à leurs mines ébahies.

- Bonjour.

- Le train va bientôt partir, faut qu'on y aille, marmonne James, gêné que ses parents aient assisté à ça. Au revoir.

- Au revoir. Au revoir papa ! crie-je dans sa direction avec de grands gestes d'au revoir.

- Au revoir ma puce.

Puis James me tire dans le train, me laissant tout juste le temps d'attraper mes affaires au passage. Sirius nous suit en riant, se moquant gentiment de son ami. On rejoint les autres qui sont déjà installés dans le compartiment du fond. Et je m'assois tranquillement après avoir dit bonjour et remercier tout le monde pour leurs cadeaux.

- Tu n'avais pas prévu de tuer Peter ? me demande Sirius en retenant un léger gloussement.

- Si mais je suppose fortement que James est le seul et unique auteur de cette idée. Peter n'a sûrement fait que suivre puisque qu'il ne sait pas lui dire non. Encore heureux que j'ai ouvert le cadeau de Remus avant.

- Juste un truc Kyra, on a choisi la bonne taille ?

- James ! Arrête tu es en train de creuser ta tombe !

- Qu'est ce qu'il t'a offert ? questionne Kate curieuse.

- Ce qu'un dégénéré du bulbe peut offrir à la nouvelle petite amie de son meilleur ami.

- C'est-à-dire ?

- De la lingerie. Lily, si tu sors un jour avec ce type, tache de lui mettre un peu de plomb dans la cervelle ou c'est moi qui m'en chargerai… Au sens propre du terme.

Lily ne peut retenir un éclat de rire devant la menace à peine voilée mais dans la mesure où James est un sang pur, il n'a pas du comprendre comment j'allais lui mettre du vrai plomb dans la cervelle. Après cette petite conversation, je m'installe confortablement dans les bras de Sirius et entame une conversation avec les filles.

Alors qu'il ne reste plus qu'une heure de trajet, Malfoy ne trouve rien de mieux à faire que de s'égarer dans notre compartiment. Nous l'accueillons avec grande amabilité, c'est-à-dire quelques insultes. Mais il cherche visiblement à se faire refaire le portrait puisqu'il ne cesse de s'en prendre à moi. Alors je me lève sans sortir ma baguette, ce qui n'étonne personne. Par contre ce qui étonne tout le monde et Malfoy en premier c'est quand mon poing s'écrase avec force sur sa sale petite gueule de fouine.

- Alors ça fait mal, hein Malfoy. C'est ça de s'en prendre à des nés moldu, on sait jamais comment ils vont réagir. Et personnellement j'ai tendance à oublier toute magie quand on m'agace vraiment. Tu fais moins le fier face à moi en pleine forme et sans toute ta petite bande. Maintenant dégage pauv' con avant que je me fâche pour de bon.

Eh bien, le retour à Poudlard se passe plutôt bien vous trouvez pas. Moi qui rêvais de le frapper depuis qu'il m'avait attaquée, c'est chose faite.