Unforeseen Fate
Chapitre 32 : La faiblesse de Voldemort
Disclaimer : Harry Potter, son histoire, ses personnages ne m'appartiennent pas (heureusement pour eux !) : ils sont la propriété de J. K. Rowling et de la Warner Bros (en ce qui concerne le film). Je ne fais que les emprunter à des fins non commerciales.
Résumé : Après un cours de potions qui tourne mal, Draco Malfoy et Harry Potter se retrouvent à partager les émotions de l'autre. Le lien qui les unit leur permet de connaître les sentiments de chacun, ce qui amène un bouleversement dans leur relation. Mais, en cette période noire où Voldemort gagne en puissance, Draco est fait Mangemort et Harry poussé à la mort par le Seigneur des Ténèbres. Cependant, il est sauvé in extremis par le Serpentard, scellant à jamais le changement dans plusieurs années d'existence.
Dans le chapitre 31, Harry finit par se réconcilier avec Draco, décidant une fois pour toute de faire front à ce qui les attend ensemble. Alors qu'ils savourent de douces retrouvailles, Ron les surprend.
Il prit le visage de Draco dans sa main et s'avança pour l'embrasser délicatement. Ce baiser n'était en rien possessif et violent comme le premier. Il prit le temps de redécouvrir la bouche de Draco, ces lèvres dont il pensait avoir oublié la saveur, oublié la douceur. Il se perdit dans ce baiser, ennivrant, addictif. Plus rien d'autre n'existait à ce moment là, il se sentait renaître.
"Harry, t'en as mis du temps à discuter avec Dumble..."
La magie cessa. Le coeur de Harry manqua un battement quand celui-ci se retourna.
"Ron...!"
Draco se retourna pour se retrouver face à Ronald Weasley, affreusement pâle. Le roux les dévisageait, la bouche grande ouverte, une expression d'intense dégoût mélangé à de la stupéfaction et de la...trahison ? Aïe, pensa le Serpentard. Ca sent le roussi. Et en effet...
"Harry tu peux m'expliquer ce que tu fabriques ?" demanda Ron, d'une voix étrangement calme pour son état pourtant visiblement proche de l'hystérie.
"Eh bien nous étions bien jusqu'à ce que tu viennes nous interrompre, Weasley", laissa échapper Draco. Merde. Merde Malfoy, tu n'as vraiment pas pu t'en empêcher hein ? Voilà qui va arranger la situation.
Apparemment, c'est ce que pensait Harry également, puisqu'il jeta un regard noir à Draco avant de se retourner de nouveau vers Ron, la mine déconfite. Il n'était visiblement pas préparé à ça et n'avait même pas commencé à envisager la chose.
"Hum...Ron, il faut que je t'explique..." commença Harry.
"Expliquer quoi ?! Y'a rien à expliquer, c'est pas mon problème si tu tripatouilles les amygdales de Malfoy, c'est ta vie, ta langue, tu en fais ce que tu veux !" s'exclama Ron d'un air buté.
Draco ne put s'empêcher de rouler ostensiblement des yeux. Le Weasmoche n'apprendra vraiment jamais à réfléchir. Et Draco ne comprendra jamais vraiment ce que Harry pouvait lui trouver.
"Ecoute, Ron calme-toi", tenta désespérément Harry.
"Mais je suis parfaitement calme !" hurla Ron. Draco dut se retenir de ricaner.
Et puis Ron fit une chose complètement inattendue. Au lieu de se mettre à crier sur Harry et à débiter une tirade faiblement moralisatrice comme Draco s'y attendait, il jeta à son meilleur ami le regard le plus douloureux que ce dernier eu jamais vu, avant de tourner les talons et de partir précipitamment. Même le Serpentard ressentit un peu de pitié pour Ron à ce moment-là, et encore plus de peine pour Harry. Celui-ci avait toujours le regard fixé sur l'endroit où Ron avait disparu, comme déchiré par les décisions qu'il aurait du et devra désormais prendre. Draco s'approcha de lui et, voyant son compagnon si désemparé, fit la première chose qui lui traversa l'esprit : il le prit doucement dans ses bras, l'enveloppant contre son torse comme s'il s'agissait d'un personnage de verre. L'attitude de Ron l'avait profondément blessé et il ne savait que faire face à une telle situation. C'est vrai, il avait vécu sa relation avec Draco dans le secret et cela lui avait semblé totalement naturel. Mentir à ses meilleurs amis quant à ses têtes à têtes romantiques avec le blond ne lui avait pas semblé immoral, il avait pris cela comme un jeu sans conséquences. A vrai dire, et il le reconnaissait à présent que la réalité se révélait à lui avec la violence d'un boulet de canon, il avait été égoïste. Il se tournait toujours vers ses amis quand ça n'allait pas, et les ignorait pendant ses moments de joie. Or, ce n'était pas cela le partage, l'amitié. Trop longtemps, il avait considéré le soutien de ses amis comme acquis, légitime. Il avait oublié qu'une telle relation ne s'entretenait pas à sens unique. Il avait tout simplement oublié combien il leur devait de choses.
Honteux, le coeur serré, il se tourna vers Draco et lui pris légèrement la main. Dans sa tête, il ne se trouvait pas devant un choix à faire - entre son petit ami et son meilleur ami. Il n'y avait pas de choix, car tous les deux lui étaient indispensables et irremplaçables, chacun à son degré. Il espérait que Draco le comprendrait.
"Je suis désolée, Draco", dit-il le plus sincèrement du monde, "mais je dois le rattraper."
Son amant le dévisagea pendant quelques secondes, de ce regard intense qui avait le don de faire frissonner le Gryffondor. Puis il soupira théâtralement et relâcha son étreinte autour de Harry.
"Céder face au Weasmoche...Il me revaudra ça, c'est moi qui te le dis !"
Harry ne put s'empêcher de rire. Il posa un bref baiser sur les lèvres du Serpentard et se lança à la poursuite de Ron.
Il ne savait pas ce qu'il allait lui dire pour se justifier. Il ignorait même s'il y avait vraiment quelque chose à dire sur ce qui s'était passé. Il espérait juste que son ami le comprendrait. Même si cela lui semblait complètement naïf, il se devait d'essayer.
† † †
Quand il arriva dans la salle commune quelques instants plus tard, il fut surpris de trouver Hermione aux côtés de Ron. Il réalisa qu'il avait cherché son ami pendant un moment, déambulant dans les couloirs, l'esprit surtout tourmenté par le discours qu'il lui tiendrait une fois face à face. Leur cours devait donc être fini depuis un bout de temps, même si c'était la dernière chose dont il se préoccupait. Apparemment, Ron n'avait pas pu s'empêcher de parler à Hermione, vu l'expression sur son visage ; Harry y perçu la déloyauté. La jeune fille releva la tête à son entrée et lui décocha un regard douloureux. Harry soupira, coupable, d'autant plus que de son côté, Ron refusait obstinément de croiser ses yeux.
Normalement, Harry aurait soupiré, passé une main lasse dans ses cheveux et se serait dirigé vers son dortoir sans adresser la parole à ses amis. Il se serait dit qu'ils viendraient vers lui quand ils sentiraient le moment venu mais que pour le moment, rien de positif ne ressortirait d'une éventuelle conversation. Seulement voilà, Harry réalisa que c'était toujours Hermione et Ron qui faisait le premier pas vers lui, personnage borné de l'histoire. Et cette fois-ci, c'était lui qui était en tort. Pour quelque chose qui lui tenait tant à coeur, il se devait d'aller au-devant de ses amis et de tout leur expliquer. Il soupira certes, mais se dirigea aussitôt d'un pas décidé vers Hermione et Ron qui, surpris de son comportement, levèrent les yeux vers lui. La nuit promettait d'être longue et forte en émotion.
Sans surprise d'abord, vint l'indignation, mêlée dans les propos à cette douleur que l'on ressent lorsqu'on se sait trompé par un ami cher. Alors Harry leur expliqua tout, lentement et complètement. Comment, par une circonstance des plus étrange et hasardeuse, Draco et lui se mirent à partager leurs sentiments. Mettre de côté toute cette animosité, cette haine des différences qui les séparaient depuis toutes ces années pour arriver à se "comprendre" dans le sens le plus profond du terme ; comment ils étaient arrivés à se compléter et à évoluer dans le même sens, dans une même entité pour finalement former un couple...
En y réfléchissant par la suite, Harry se dit qu'après avoir écouté son histoire, Ron a été étonnamment le plus compréhensif des deux. Hermione s'était fixée sur le passage de la potion qui a mal tourné et pendant toute la soirée, n'a cessé de répéter qu'elle ne connaissait pas une magie capable d'avoir de tels effets sur deux personnes et que c'était sûrement une machination de Voldemort dont Draco était l'instrument. Ron s'était contenté de rester silencieux pendant tout le récit de son ami et avait imperceptiblement hôché de la tête dès qu'il eu fini. Ce que, en l'état des choses, Harry considéra comme sa bénédiction pour lui et Draco. Il en fut profondément touché, surtout qu'il voyait bien que Ron, la machoire serrée, la posture crispée, faisait de son mieux pour mettre momentanément de côté la rancoeur qu'il avait envers le Serpentard.
Hermione était encore en train de tourner furieusement les pages d'un vieux livre, cherchant une réponse possible à la situation qu'avait vécue Harry, quand Ron se leva de son fauteuil. Posant brièvement sa main sur l'épaule de Harry en passant, il se dirigea vers le dortoir.
"Fais tout de même attention à toi, Harry", fut ce que ce dernier perçu légèrement avant que le roux ne disparaisse dans les escaliers. Harry soupira, puis sourit doucement, le coeur léger.
† † †
"Monsieur le directeur" interpela Severus.
Albus l'attendait, l'espérait. Cet homme meurtri par les épreuves, aux yeux noirs où ne se reflétaient plus rien, était, paradoxalement, la personne possédant le plus d'Espoir envers le futur qu'Albus connaissait. Etait-ce finalement cet Espoir tenace qui l'avait poussé à souffrir ainsi dans la vie, Albus se posait souvent la question.
Albus le dévisagea avec bienveillance, alors que le professeur des potions s'installait en face de son bureau. Ils n'avaient pas reparlé de Harry ni de Draco depuis une semaine mais le directeur voyait bien que le sujet taraudait Severus.
Un silence.
"Professeur, pensez-vous vraiment que ces deux garnements soient capables de..." Une hésitation. Un long soupir. "En quoi seraient-ils des acteurs cruciaux dans cette guerre...Monsieur ?" Tant d'appréhension.
"Severus, ne vous inquiétez pas, ayez confiance. Croyez en eux. Vous vous attendiez sans doute à ce que, à la lumière de la récente relation du jeune Malfoy avec Harry, je contacte Draco pour lui demander de devenir un espion pour l'Ordre ?"
Severus se renfrogna. Bien sûr il avait pensé à cette éventualité, maintenant que Draco s'était énamouraché de l"Elu", il serait facile pour Dumbledore de le rallier dans leur camp. Mais cela reviendrait à l'utiliser, à exploiter ses sentiments pour Potter et Severus doute fort que ce soit le genre de Dumbledore, ce fan de l'amour avec un grand A...quoiqu'en fait il l'ait bien fait pour le persuader lui...rah, saleté de vieux débris.
"Avez-vous remarqué que depuis que ces deux élèves se fréquentent, Harry n'a plus été victime des tentatives de Voldemort de s'introduire dans son esprit ?"
Dumbledore s'était levé et faisait maintenant face à la fenêtre donnant sur le grand lac, grande étendue calme illuminée par la lumière de la lune. C'était une nuit claire pleine de perspectives, pensa Severus.
"Oui monsieur, en effet. Mais j'ai également remarqué la marque de Monsieur Malfoy et sauf votre respect, je reste persuadé qu'il n'est bon pour personne que Potter et Malfoy continuent de se "fréquenter". Qu'adviendrait-il de Malfoy si son père et donc le Seigneur des Ténèbres venaient à être au courant de sa relation ? Quant à Potter, il attire déjà suffisamment les ennuis de par son naturel, il n'a vraiment pas besoin de fréquenter un Serpentard, un mangemort qui plus est pour se mettre davantage en danger."
Albus sourit. "Vous êtes décidément plein d'attention envers ces élèves Severus." Ce dernier grogna. "Je suis quant à moi intimement convaincu que leur relation ne produira que de bonnes choses. Tous deux se protègent mutuellement de Voldemort à leur façon : Draco fournit à Harry cette quantité d'amour qui est tant insupportable à Voldemort, le rendant incapable de prendre le contrôle de son esprit et Harry est cette lumière qui empêche Draco de sombrer sous la pression familiale et son statut de mangemort."
Severus soupira. Décidément, on n'en fera rien de ce vieux.
"Monsieur, je conçois que leur relation n'ait pas été totalement nuisible pour eux, cependant je me demandais en quoi elle serait décisive dans cette guerre ?? Finalement le fait que l'un ne puisse plus se passer de l'autre n'est pas plutôt une faiblesse pour Harry ?"
A cet instant, les yeux du directeur de Poudlard se mirent à briller. Il émanait de lui cette puissance magique, de cette aura qui faisait incontestablement de lui le sorcier le plus puissant du monde mais également de cette grande sagesse calme, de celle qui se reflétait dans le regard de ceux qui avaient beaucoup trop vu dans leur existence.
"Severus, c'est exactement le raisonnement de Lord Voldemort et c'est justement sur ce point que réside sa faille..."
...Vous vous rendez compte que l'écriture de ce chapitre a été entamée en décembre 2006 et que je ne l'achève qu'aujourd'hui ? J'arrive à peine à le réaliser. Inutile de dire donc à quel point il est morcelé, il a été commencé, effacé, recommencé, avancé phrase par phrase, mot par mot, fastidieusement.
J'ai connu un énorme passage à vide, beaucoup de difficultés dans ma vie personnelle et n'arrivais simplement plus à aligner 5 mots sans chercher le terme exact désiré pendant 30 secondes. Frustrant, décevant. Aujourd'hui, alors que je recevais une énième review dans le vide d'une personne qui avait trouvé mes histoires du fin fond de , me suppliant d'au moins poster la fin de l'histoire, j'ai pris mon courage à deux mains et j'ai terminé ce chapitre. Il est ce qu'il est, ni mauvais, ni particulièrement bon ni marquant, mais le fait est que je l'ai achevé. Je ne peux décrire la fierté et le soulagement qui m'envahissent à présent, le bonheur d'avoir réussi à écrire un peu à nouveau.
L'univers d'HP est loin derrière moi et mon histoire aussi, il peut y avoir des incohérences, mais pour l'instant je n'en ai que faire. Je vous livre ce chapitre tel qu'il est, sans promesse de suite, en vous remerciant infiniment pour vos messages, vous qui m'avez suivie depuis 2004. Je ne pourrais jamais pleinement décrire à quel point vos messages ont été une dose de bonheur dans cette période difficile et m'ont profondément aidée. Merci.
