N/A : Un grand merci pour vos commentaires très sympas. Ca m'encourage pour la suite.

Voilà un nouveau chapitre avec un Tony et un Gibbs très émotionnels.

Chapitre 3

Au bout de trois jours Tony était de plus en plus insupportable. Alors qu'il venait examiner son patient, celui-ci lui demanda

« Eh Brad, quand est-ce que je sors d'ici ? Je n'en peux plus de rester dans ce lit à ne rien faire. »

Une fois que le Dr Pitt eut fini de l'examiner il répondit.

« Je ne vois aucune raison de ne pas te laisser sortir aujourd'hui Tony mais à condition qu'il y ait quelqu'un avec toi au moins pendant quelques jours. »

« Je n'ai pas besoin d'un baby-sitter » protesta Tony

C'est alors que Gibbs entra dans la chambre et annonça

« Ne vous en faites pas Doc il va rester avec moi ».

Tony commença à protester mais le regard de son Boss le fit taire instantanément. Alors il baissa la tête, résigné. Il savait qu'il serait plus difficile de maintenir ses barrières en place s'il vivait 24h/24 avec Gibbs. Mais c'était ça ou l'hôpital et il n'y avait rien qu'il ne détestait plus que l'hôpital. Et puis, il était un excellent agent sous couverture alors il pouvait berner son boss quelques jours. Il fallait juste qu'il reste à bonne distance et qu'il ne fasse pas trop de cauchemars, ce qui n'était pas la partie la plus facile.

Une fois tous les papiers signés, ils montèrent en voiture et se dirigèrent vers la maison de Gibbs. Tony était un peu nerveux et Gibbs le sentait, il espérait bien profiter que le jeune homme reste avec lui pour lui parler, mais avant ça il fallait que Tony laisse tomber un peu ses défenses.

Le trajet avait suffit à épuiser le jeune agent, Gibbs le guida dans la chambre d'ami et lui ordonna de se reposer. Alors qu'il sortait de la chambre Tony lui demanda

« Tu ne dois pas aller au bureau ? »

Gibbs se tourna et dit « Non, j'ai pris quelques jours de congés »

« Pourquoi ? » demanda Tony surpris.

Alors Gibbs soupira et répondit d'un ton exaspérer

« Pour garder un œil sur toi et m'assurer que tu restes tranquille » puis il sortit.

Tony regarda la porte pendant un instant en ce demandant pourquoi Gibbs était tellement bizarre en ce moment puis rattrapé par la fatigue il s'endormit.

En sortant de la chambre de Tony, Gibbs se dirigea vers son sous-sol pour travailler sur son bateau et réfléchir au meilleur moyen d'atteindre son agent afin qu'il s'ouvre un peu à lui. Alors il lui vint une idée.

Tony fut réveillé par des voix qui venaient du salon. Il se sentait mieux. Il se leva, alla prendre un douche et s'habilla. Il y avait un sac avec des affaires à lui dans la chambre qu'avait dû lui amener Abby.

Ensuite il se dirigea en bas pensant qu'un membre de l'équipe était passé pour prendre de ses nouvelles. En entrant dans le salon il s'arrêta net dans l'encadrement de la porte. Dans la pièce se trouvait Gibbs avec une jeune femme qu'il reconnut comme étant Maddie. Il ne savait pas quoi faire. Il n'avait qu'une envie, c'était de s'enfuir à toutes jambes mais Maddie venait juste de se retourner et maintenant elle se dirigeait vers lui.

« Bonjour Agent DiNozzo » dit-elle « Je voulais venir vous voir à l'hôpital mais j'étais partie chez mes grands-parents pour me reposer. Je tenais à vous remercier de m'avoir sauvé la vie. »

« Je n'ai fait que mon travail, Mademoiselle. Il n'y a aucune raison de me remercier » lui répondit Tony un peu mal à l'aise.

« Vous avez plongé dans une eau glaciale pour sauver une inconnue et vous avez fini à l'hôpital, pour moi c'est bien au-delà du simple devoir de votre métier. En tout cas je vous remercie encore. »

Alors Maddie s'approcha de Tony et l'étreignit avec force. Celui-ci fut pris par surprise et ne sut pas quoi faire. Avant qu'il ne puisse réagir Maddie s'écarta, lui donna un baiser sur la joue, sourit à Gibbs et sortit de la maison.

Tony regarda la porte d'entrée puis Gibbs avec un air perplexe et dit

« Qu'est ce qui vient de se passer ? Tout le monde agit vraiment bizarrement en ce moment. » Il n'attendait pas vraiment de réponse et ne s'était pas rendu compte qu'il avait parlé tout fort quand il entendit la voix de Gibbs lui répondre.

« En quoi trouves-tu que les gens agissent bizarrement?»

« Voyons Gibbs, tu prends des jours de congé alors que tu ne le fais jamais, tu restes avec moi à l'hôpital alors que tu détestes rester dans un endroit à ne rien faire. En plus, je te sauve la vie et tu es furax, sans parler que tu me poses des questions du genre pourquoi je t'ai sauvé la vie. Et maintenant Maddie me traite comme une espèce de héro alors que je n'ai fait que mon travail et je ne te parle pas des autres membres de l'équipe. Ziva et McGee ont l'air de marcher sur des œufs avec moi, Ducky me surveille comme si j'avais 10 ans et Abby m'appelle tout le temps et agit comme si j'allais disparaître d'un instant à l'autre. »

Gibbs regarda le visage de son agent avec intensité et pouvait clairement y lire de l'incompréhension. Il était sidéré de voir que Tony n'avait aucune idée de la force de l'attachement que son équipe avait pour lui. Alors il rétorqua

« Tu ne t'es pas dit qu'Abby agit comme ça parce qu'elle a vraiment peur que tu disparaisses du jour au lendemain et elle n'est pas la seule d'ailleurs. Je crois que tu as toujours fait en sorte de garder les gens à bonne distance pour qu'ils ne s'attachent pas à toi ou que toi tu ne t'attaches pas à eux. Alors dès que tu sentais que certaines des personnes commençaient à voir derrière le masque, tu partais sans regarder en arrière. L'autre jour à l'hôpital on a tous vu un peu de ce qu'il y avait derrière la façade, alors ils ont peur que tu t'en ailles comme tu l'as déjà fait par le passé. Mais la différence c'est que sans que tu t'en aperçoives tu t'es mis à aimer ces personnes plus que tu ne le voulais et ils se sont mis à t'aimer malgré toi et malgré les barrières que tu as construit depuis tant d'années.»

Gibbs n'était pas homme à faire de longs discours mais dans ce cas précis il savait qu'il devait tout faire pour toucher Tony et lui faire comprendre qu'il était en sécurité avec eux. Devant lui son agent avait le visage crispé et la position de son corps lui disait qu'il était prêt à s'enfuir aussi vite que possible. Gibbs se demandait s'il avait été trop loin. Alors les yeux de Tony se remplirent de larmes et le jeune homme fit demi-tour puis alla s'enfermer dans la salle de bain. Au moins il n'est pas parti de la maison se dit Gibbs, ce qui était plutôt bon signe.

Gibbs se dirigea alors vers la porte fermée, il savait qu'il devait finir ce qu'il avait commencé avant que Tony ne reprenne ses esprits et le repousse. Il était presque reconnaissant de ne pas avoir à regarder son protégé dans les yeux pour lui dire ce qu'il avait besoin de lui dire. Alors il s'assit contre le mur en sachant très bien que Tony l'entendrait et reprit

« Et tu te demandes pourquoi moi, j'agis bizarrement. Est-ce que tu sais à quel point il est difficile pour moi de penser que tu aurais pu mourir à cause de moi ? A quel point il m'est difficile de t'entendre dire que ma vie vaut plus que la tienne alors que je préférerais mourir que de te perdre car se serait comme si ma famille mourait à nouveau. Et quoi que tu fasses ou que tu dises cela ne changera rien parce que je ferais toujours tout ce qu'il est en mon pouvoir pour te protéger même si je dois aussi te protéger contre toi-même. Alors s'il te plait ouvre cette porte. »

Il attendit quelques minutes puis il entendit le loquet de la porte. Il prit ça pour une invitation et entra. Tony était assis le dos contre la baignoire et le visage tourné à l'opposé de Gibbs. Alors celui-ci s'assit à côté du jeune homme et dit

« Regarde-moi, Tony » mais rien ne se passa alors il répéta « S'il te plait, regarde-moi ».

« S'il te plait » n'était pas un mot que Gibbs employait souvent alors cela fit réagir Tony qui tourna la tête vers son boss. Ses joues étaient pleines de larmes. Alors Gibbs lui posa une main sur la nuque et regarda son agent droit dans les yeux en lui disant

« Tout ce que je viens de te dire est vrai et même si je ne m'attends pas à ce que tu en sois persuadé immédiatement je te demande juste d'y réfléchir sérieusement. Est-ce que tu peux faire ça ? »

Il sentit Tony hocher la tête

« Bien ! » lui dit-il puis il attira le jeune homme vers lui pour l'étreindre. En faisant ça il vit les derniers remparts de Tony s'effondrer et le jeune homme se mit à sangloter. Alors Gibbs le serra encore plus fort en lui disant

« Laisse aller Tony, tout va bien, je suis là. » et quand il sentit que Tony resserrait également son étreinte il ajouta

« Je reste avec toi, je ne vais nulle part, ne t'en fais pas. »

Après un moment, il sentit Tony se détendre et les sanglots cessèrent, il constata que le jeune homme s'était endormi.

Il sourit et décida de le laisser dormir un peu. Après quelques minutes il le réveilla suffisamment pour le guider sur le canapé. Curieusement il n'avait aucune envie d'aller au sous-sol et de travailler sur son bateau, alors il resta dans le salon à observer son protégé pendant qu'il dormait puis finit par s'assoupir à son tour.