Chers lecteurs, merci pour toutes vos gentilles reviews et votre soutien malgré mes updates erratiques! Cela signifie beaucoup pour moi ! Voici le troisième chapitre... Bonne lecture à tous ! LVEB
Disclaimer:Severus et Hermione ?! Elle n'aurait jamais osé écrire ça ! Tout ce que vous reconnaissez est à elle , JKR la divine... Tout ce qui vous semble un peu tordu et mal écrit est à moi, LVEB !
CHAPITRE III: GENTIL COQUELICOT
Le placard de la cuisine est bien trop haut pour elle. Montée sur une chaise, hissée sur la pointe des pieds, elle tend la main dans l'espoir d'attraper la cire liquide. Elle étire les doigt… Au maximum… et elle effleure ce qu'elle cherche. Un petit coup pour pousser la bouteille vers la sortie. Encore un . Et un troisième. Ça y est. Elle récupère son précieux trésor. Elle le stockera dans le grand cabas où elle a déjà mis le nettoyant pour vitres. En revanche, elle n'a pas pris de produit pour laver les sols parce que les pièces qu'elle compte nettoyer aujourd'hui ont un parquet. Et qu'elle ne sait pas bien comment faire pour laver les parquets. Il faudrait qu'elle demande à maman.
Une fois prête, elle s'empresse de sortir discrètement. Ses parents la croient encore au square et ne saisissent pas très bien cette soudaine fringale de balançoire. Mais ce n'est pas comme si ses parents comprenaient grand chose après tout. Ils sont dentistes. Ils sont extrêmement raisonnables. Et tout ce qui dépasse le domaine du rationnel, les dépasse également. Par conséquent, les affaires du cœur les dépassent souvent. Confusément, sans trop savoir comment formuler sa question, Hermione se demande parfois comment ils ont bien pu se marier. L'amour ne constitue pas un sentiment convenablement réglé, n'est ce pas ? Mais les grandes personnes sont des êtres bizarres. Et Hermione ne les comprends pas toujours très bien. Elle aimerait pourtant. Lorsqu'elle était chez les sœurs, on lui avait lu l'histoire de Salomon. Et elle avait été en admiration devant ce roi qui au pouvoir, aux richesses du monde entier avait préféré demander la sagesse à son Dieu. Si elle pouvait elle aussi, recevoir un don du Bon Dieu, ce serait cela qu'elle souhaiterait : la faculté de saisir le sens du monde et de décrypter l'âme de ceux qui y habitent.
Il va sans dire que, de temps en temps, du haut de ses sept ans, Hermione se sent parfois un peu seule. Elle n'a pas grand monde à qui parler. Pas de meilleurs amie, plus d'amies du tout d'ailleurs… et elle ne communique plus vraiment avec ses parents. Tout cela depuis que les « choses » sont arrivées. Les « choses » qui ont tout changé. Enfin peut-être pas tout… Elle n'a jamais eu beaucoup d'amies, à vrai dire. Et soeur Mc Donald avait déjà marqué comme appréciation sur son carnet de liaison : « trop intelligente pour son propre bien » A l'époque, elle avait cru qu'il s'agissait d'un compliment. Maintenant elle sait qu'il n'en n'était rien.
Elle soupire. La brise matinale lui rafraîchit le visage. Elle lève les yeux vers le ciel : il va peut-être faire beau aujourd'hui. Voilà qui serait nouveau.
Spinner's End. Elle est arrivée. Elle continuera de nettoyer. Lorsqu'elle rentrera elle verra son bouquet ravagé. Elle pourrait se vexer. Partir en courant. Mais quelque choses la retiendra. Elle saura qu'il doit y avoir une raison. Une raison qu'elle ne comprend mais qui existe cependant, hors d'atteinte, dans toute sa complexité. Elle ramassera la bouteille et la rangera précautionneusement dans la cuisine. Il faudra qu'elle trouve autre chose que des bouquets n'est ce pas ? Elle sait qu'elle trouvera. Oui « trop intelligente pour son propre bien »… pour une fois sœur Mc Donald n'a pas menti. Et tranquillement elle vaquera à sa tâche, frottant, balayant comme une petite fille sage.
Pourquoi fait-elle cela ? Elle ne le sait pas elle-même. Une force indéfinissable la lie à l'homme en noir, au Diseur de vérité. Elle lui est redevable de plus qu'elle ne peut exprimer. Elle se sent liée. Pas emprisonnée non. Mais liée par son immense gratitude et par la joie qu'elle éprouve à vivre, maintenant qu'il l'a libéré des malédictions de soeur Mc Donald et de la peur qu'elle a lu quelques mois auparavant dans les yeux de ses parents. Le désir de lui faire partager cette joie, la meut alors qu'elle essuie les vitres et fait la vaisselle. Il lui donne la force de balayer les deux chambres et de cirer la table du rez de chaussé. Et il lui suggère l'idée de déposer la part du gâteau que maman lui a donné sur la table de la cuisine. Parce qu'elle ne connaît personne qui puisse résister aux gâteaux au chocolat de maman. Et que le chocolat donne le sourire. L'homme en noir a besoin de sourire, elle l'a bien vu lorsqu'il regagnait sa maison.
Lorsqu'elle quitte Spinner's End elle est heureuse.
Lorsque Severus rentre, il ne s'attend pas à ce qu'il voit. Hier était peut-être un accident une illusion d'optique. Il l'espérait en tous les cas. Mais aujourd'hui est plus que réel. La maison étincelle presque. Et sur la table la part de gâteau a l'air délicieuse. Pourtant il se méfie. Elle est peut-être empoisonnée, cette pâtisserie. La guerre coule toujours dans ses veines avec son lots de réflexes et de peurs engrammés dans sa peau même.
Il étale ses ingrédients sur la table. Il testera le gâteau. Il prendra un couteau d'argent et le tranchera en fine lamelle.
Trois gouttes d'ellébore sur la première tranche pour vérifier les poisons les plus communs.
Une dose de vif-argent sur la deuxième pour l'arsenic.
Une pincée de poudre de bicorne pour le venin de manticore.
Un bézoard placé sur le quatrième pour la goutte du mort-vivant.
Négatif.
Négatif.
Négatif.
Négatif.
Il ne reste qu'un seul morceau. Il devrait le tester à l'aconit, afin de détecter les poisons les plus rares. Il devrait. Mais après tout qu'a t il à perdre? Il ferme les yeux et avale la dernière lamelle. Il attend les effets négatifs. Nausée. Frisson. Vomissement. Arythmie cardiaque. Détresse respiratoire. Mais rien. C'est juste le meilleur morceau de gâteau au chocolat qu'il ait jamais mangé. Soudain il regrette d'avoir testé les autres.
Allongée, à plat ventre sur la moquette de sa chambre, Hermione feuillette un énorme dictionnaire. Les enfants de sept ans ne sont pas censé feuilleter les dictionnaires. A vrai dire, ils ne sont pas censé savoir ce que sont les dictionnaires. Mais Hermione est une petite fille bizarre. « Diabolique » a crié sœur Mc Donald. Et non seulement elle sait ce qu'est un dictionnaire mais elle sait également comment s'en servir. Aujourd'hui, elle a revu les étranges papiers jaunis sur la table de la grande chambre… et cela lui a rappelé qu'elle ne sait pas ce qu'est la branchiflore. Et si il y a quelque chose qu'Hermione déteste c'est de rester dans l'ignorance. Aussi une fois rentrée, elle s'est ruée sur son dictionnaire, une édition pour les juniors que son père lui a offert dès qu'elle a su lire. Mais elle n'a rien trouvé. Evidemment… il fallait que cela soit un mot de grande personne. Alors elle est allée emprunter le gros Oxford du salon. Et c'est lui qu'elle regarde maintenant. Branchiflore devrait y être. Juste là… entre branchie et branchiopode. Mais il n'y a rien. Elle soupire, exaspérée. Il faudra qu'elle demande à papa au dîner. Et elle ne se sent pas vraiment patiente.
Enfoncé confortablement dans le canapé, les doigts entrelacés, les yeux mi-clos, Severus médite. Il s'interroge sur la mystérieuse raison pour laquelle son intérieur est de plus en plus propre à chaque fois qu'il revient chez lui. Et sur l'identité du visiteur secret qui lui offre des bouquets et du gâteau au chocolat parfaitement inoffensif. Cela ne fait pas sens. Demain il demandera un jour de congé à l'herboristerie où il travaille. Et il se cachera dans l'espoir de surprendre son mystérieux visiteur.
Un charme de désillusion le rend presque invisible. Dissimulé derrière le canapé, la baguette à la main il attend l'intrus. L'intrus qui n'a fait que nettoyer sa maison. Cela sonne faux. Il se demande où est le piège. Car il n'a pas l'intention de se laisser duper. Sa prise se resserre autour du mince bâton d'ébène. Ses sens sont aux aguets. Il peut entendre le parquet craquer à l'étage supérieur. Il attend le bruit d'un transplanage. Mais rien d'autre ne vient troubler le silence qu'une voix d'enfant qui chante à l'extérieur de la maison:
"J'ai descendu dans mon jardin,
J'ai descendu mon jardin
Pour y cueillir du romarin
Gentil coquelicot mesdames
Gentil coquelicot nouveau"
Severus soupire et espère que le mioche, quel qu'il soit, va se dépêcher de fiche le camp. Il doute que son visiteur se manifeste en présence de témoins. Hélas la voix se rapproche…
"J'n'en n'avais pas cueilli trois brins
J'n'en n'avais pas cueilli trois brins
Qu'un rossignol vint sur ma main
Gentil coquelicot mesdames
Gentil coquelicot nouveau"
La baguette du sorcier tourne nerveusement dans sa main. Le gosse chante surprenamment bien. Il ne sait pas s'il s'agit d'une voix de fille ou de garçon… On ne sait jamais à ces âges là. Mais il n'est pas venu pour être au concert. Il songe un instant à sortir de sa cache et à dire au petit promeneur d'aller se faire voir ailleurs. Toutefois, si l'intrus est déjà là, caché quelque part, ce ne serait pas une bonne idée de révéler sa présence. Ravalant son impatience, Severus se tasse derrière le canapé.
"Il me dit trois mots en latin
Il me dit trois mots en latin
Que les hommes ne valent rien
Gentil coquelicot mesdames
Gentil coquelicot nouveau"
La voix est juste devant sa porte. Par le caleçon de Merlin ! Severus songe sauvagement qu'il va manger des côtelettes d'enfant rôties à son dîner. Il est en train de perdre son temps. La colère boue en lui comme une potion prête à exploser. Soudain il se fige. Le bruit d'une porte qui s'ouvre a retentit à ses oreilles. L'intrus est venu quand même ? Avec un peu de chance, il a tué le gosse au passage. On peut toujours espérer, n'est ce pas ? Un sourire narquois s'étend sur les lèvres du sorcier. Sourire qui se fane à la vitesse d'un sortilège lorsque résonne à l'intérieur de la maison :
"Et les garçons encore moins bien
Et les garçons encore moins bien
Des dames il ne me dit rien"
Quoi ! que fait ce mioche chez lui !? il s'attendait à un auror vengeur ou un ex mangemort pas à une petite voix aigrelette qui…
"Gentil coquelicot mesdames
Gentil coquelicot nouveau"
La voix est désormais dans le salon.
"Des dames il ne me dit rien
Des dames il ne me dit rien"
Severus lève la tête pour observer l'intrus. L'intrus qui est armé d'un plumeau et se met en devoir de faire la poussière de la bibliothèque !
"Mais des d'moisell's beaucoup de bien
Gentil coquelicot mesdames
Gentil coquelicot nouveau"
Le gamin qui se prend pour un elfe de maison est en réalité une gamine. Severus fronce les sourcils. Cette masse de boucles brunes en désordre lui est familière. Mais il lui est difficile de resituer le contexte de la rencontre. L'enfant chantonne désormais le même air sans les paroles tout en continuant son petit ménage. Le sorcier est abasourdi. Voilà qui est tellement différent de ce à quoi il s'attendait. Il avait pensé complot, trahison, violence. Il se masse les tempes avec lassitude. Peut-être est il paranoïaque. Ou peut-être pas. Comment la gosse a-t-elle pu pénétrer chez lui en passant par la porte fermée ?. Est ce que quelqu'un d'autre l'emploie ? Les enfants sont aisés à corrompre… peut-être qu'on lui a demandé de déposer des choses, des choses en apparence inoffensives mais qui au bout d'un moment relâcheront leur pouvoirs mortels. Il faut qu'il interroge la petite. Et dans sa tête un plan se dessine. Il n'est pas Slytherin pour rien. Rapidement, il ôte le charme de désillusionnement et se dresse de toute sa hauteur en faisant le plus de bruit possible.
L'enfant sursaute et se recule avec un cri de terreur. Severus arbore un sourire satisfait. S'il est aussi bon à terrifier les mioches, peut-être devrait il accepter la position de professeur que le directeur de Poudlard lui a proposé. La gamine a baissé la tête, confuse le rouge au joues.
-« Qu'est ce que tu fais ici ? », le ton du sorcier est glacial
-« Je… »
Intérieurement Severus se réjouit. La gosse semble avoir dépassé les bornes de l'embarassement. Elle tortille un bout de son chemiser avec force et garde les yeux fixés sur ses pieds, se balançant tout doucement d'avant en arrière. Elle ne semble pas être une grande menteuse. Tant mieux. Mais mieux vaut ne pas faire les choses à moitié. Lentement il sort de sa poche une flasque contenant un liquide transparent. Il se retourne un instant pour faire apparaître un verre en toute discrétion. Quelques gouttes translucides feront l'affaire. Il sait que c'est illégal. Mais après tout ce n'est qu'une moldue et une enfant. Ce n'est pas comme si elle allait se plaindre. Et même si cela était le cas, personne ne la croirait , n'est ce pas. Il fait face à la petite et lui tend le verre.
-« Après tous tes efforts de la matinée, tu dois avoir soif ? » ; l'ironie de son ton échappe totalement à la gamine qui se saisit du verre avec gratitude
-« Oh oui monsieur. Merci monsieur !»
Il hausse les sourcils. Cette gosse est une idiote. Ne lui a t on pas appris à ne jamais accepter quelque chose d'un inconnu ?
-« Assieds-toi » , dit il d'un ton sec
La petite fille obtempère, tout en avalant le contenu de son verre. Les traits de son visage sont maintenant complètement détendus. La potion fait effet. Il est temps de commencer l'interrogatoire.
-« Qui t'as dit de venir ici ?»
De Malefoy au ministère, il s'attend à tout. La fillette murmurerait Dumbledore que cela ne l'étonnerait même pas.
-« Personne »
La voix est claire et précise. Severus se raidit, surpris. Légèrement estomaqué, il demande :
-« Qui es tu »
La réponse ne se fait pas attendre.
-« Hermione Jane Granger, la fille des nouveaux dentistes »
Il hausse les sourcils, dubitatif. Des dentistes ? Plutôt inoffensif comme profession.
-« Tu es venue de ta propre initiative ? »
-« Oui »
-« Personne ne te l'a demandé, ou suggéré ? »
Il faut éliminer la possibilité d'un impérium évidemment.
-« Non »
-« Personne n'a pointé de baguette sur toi ? »
Le ton de la morveuse se fait interrogateur, comme empreint d'une sincère curiosité.
-« De baguette, monsieur ? »
-« Un morceau de bois qui ressemble à cela », précise Severus en désignant sa baguette magique
-« Jamais monsieur »
Voilà qui est des plus étrange…
-« Comment as tu fait pour passer la porte »
-« J'ai fait des « choses » monsieur «
Des « choses » ? et soudain la lumière se fait dans l'esprit du sorcier. La gosse du square. Et l'étonnement le saisit à nouveau. Mais que diable fait elle ici ? Et surtout qu'est ce que sont « choses » dont elle parle ? Il avait tout d'abord pensé à des actes offensants pour la pudibonderie des bonnes sœurs, mais ce genre de « choses » là n'ouvre définitivement pas les portes.
-« Des « choses » ? explique !… ».
Il fronce les sourcils, se fait impérieux, presque menaçant. Mais la petite est maintenant complètement à l'aise et n'a pas l'air le moins du monde impressionnée.
-« J'ai pensé que la porte était ouverte et elle s'est ouverte. »
Par Merlin, Morgane et Mordret ! Une sorcière née de moldus dans le voisinage ! Il ne manquait plus que ça. Au moins il est sûr de voir des hiboux voleter dans le voisinage d'ici quelques années. Toutefois, cela ne lui dit toujours pas pourquoi ce petit gnome se trouve là, assis dans le vieux fauteuil de son père.
-« Pourquoi es tu ici ? »
La gosse remue sur son siège comme gênée
-« A cause de ce que vous avez dit monsieur. Au square… Quand vous avez expliqué que je n'étais pas un monstre »
Les yeux de Severus s'ouvrent grand comme des soucoupes. La petite reprend, à voix basse, urgente, comme on chuchote un secret d'une importance vitale :
-« Je croyais que je n'étais pas digne de vivre à cause des « choses »… je voulais… je voulais ne plus être… Juste rester là et attendre. Et puis vous êtes arrivés. Et vous m'avez dit tout ça. Et je ne sais pas monsieur… Tout d'un coup… C'était comme si j'avais une place quelque part… Comme si j'avais le droit de continuer à vivre. Et c'était bien. Alors j'avais voulu vous remercier… »
Un sentiment indéfinissable traverse le cœur du sorcier. Mais il ne va pas se laisser attendrir, par une demi portion, même une demi portion magique. Ses traits se durcissent et son sourire se fait carnassier.
-« En rangeant ma maison, sans mon autorisation ? »demande-t-il mielleusement.
La fillette lève tout d'un coup le regard vers les lui. Elle possède une paire d'yeux beaucoup trop grands pour son visage. Mais leur teinte est chaude et accueillante. Franche.
-« Oui, Monsieur… Parce que je vous ai suivi et que vous êtes tout seul… Et que vous êtes triste. Et que personne ne devrait être tout seul et triste. »
La colère le saisit . De quel droit le juge-t-elle ! Que sait elle de ce qu'il est, de ce à quoi il aspire ? Et il tente de faire taire le chuchotis aigrelet qui tout au fond de la muraille de son cœur lui murmure que cette insupportable gamine a raison malgré tout ce qu'il veut croire.
-« Petite idiote ! Qui te dis que je n'ai pas une vie sociale tourbillonnante en dehors de ce trou à rats ? »
Et à nouveau cette maudite petite voix tranquille qui énonce des vérités qu'il voudrait oublier.
-« Vous marchez comme quelqu'un qui a des secrets. Et vous ne souriez jamais. Et vous dites ce que vous pensez sans vous soucier des conséquences. Les gens ont peur de ça… »
-« Et toi tu n'as pas peur ! »
Il s'est levé et domine la gosse de toute sa hauteur. Ses trait arborent un air menaçant qui n'est qu'un pâle écho de la colère qui bout à l'intérieur de lui.
-« Non Monsieur. Moi je me soucie de vous »
Et d'un coup, avant que Severus ne reprenne le souffle qui s'est étranglé dans sa gorge, l'irritante mioche se lève, le laissant abasourdi.
-« Il faut que je m'en aille maintenant. Mes parents vont s'inquiéter sinon… »
Ahuri, le sorcier hoche la tête
-« Est ce que je pourrais revenir monsieur ? ce n'est pas que je veuille vous critiquer mais vous ne savez pas très bien vous occuper d'une maison…»
Elle ne dit pas « pour que vous ne soyez pas complètement tout seul », bien qu'elle le pense de toute sa force . Elle pressent que cela irriterait l'homme en face d'elle.
Les paupières de Severus s'étrécissent. Après tout qu'aurait-il à y perdre ? Si la gamine veut jouer à la femme de ménage, qu'elle le fasse. A une condition :
-« Très bien… Mais je t'interdis l'accès à la petite chambre du haut.
La fillette acquiesce, un sourire lumineux sur les lèvres. Le sorcier se sent soudain submergé par une vague de dégoût devant tant de… bonne volonté… Il grimace. Il parierait son chaudron qu'une fois à Poudlard, cette maudite mioche sera répartie chez les Gryffondors. Mais Hermione ne voit rien. Hermione ne connaît pas encore Poudlard. Et c'est en chantonnant qu'elle s'en retourne chez elle
"J'ai descendu dans mon jardin
Pour y cueillir du romarin"
La voix claire et fraîche s'éloigne peu à peu
"Gentil coquelicot mesdames"
Elle s'atténue
"Gentil coquelicot nouveau.."
et disparaît dans le vent et l'espace.
Et soudain Severus se sent plus vide que jamais
