Me revoici... Avec un tout petit chapitre de transition... Mais du nouveau arrivera dans le chapitre V (que j'aimerai mettre en ligne aujourd'hui)... En tous les cas, je vous remercie de suivre cette histoire malgré mes MAJ chaotiques. La préparation du capes et mon travail m'a pris pas mal de temps. Mais aujourd'hui je déprime, je songe à abandonner ce maudit concours pour lequel je n'ai vraiment pas assez travaillé, et au lieu d'aller en cours de grammaire et d'ancien français (je sais c'est pas bien) j'écris dans l'espoir de faire remonter mon moral... Le malheur des uns fait le bonheur des autres ! Je plaisante bien sûr ! Je vous souhaite à tous une excellente lecture et vous dit peut être à très bienntôt pour le chapitre suivant. LVEB

CHAPITRE IV : ACCOUTUMANCE

Elle est revenue la petite… elle est revenue tous les jours des vacances. Elle a nettoyé, briqué, frotté, lavé et la maison brille comme un sou neuf. Et sans s'en rendre compte Severus a commencé à avoir envie de rentrer. Il y avait toujours quelque chose à attendre. Des fleurs sauvages, un dessin, des biscuits, de la limonade fraîche. Bien sûr il ne se l'est pas avoué. Et il a dit à l'ennuyeuse gamine, que ses fleurs fanaient trop vite, que ses dessins ne ressemblaient à rien, que ses biscuits étaient trop durs, que sa limonade avait le goût d'acide sulfurique. Elle écoutait tout cela presque religieusement. Mais elle recommençait le lendemain même. Avec d'autres fleurs. Avec des dessins aux lignes moins tremblées. Des gâteaux moelleux et du jus de pomme en place de limonade…

Il avait renoncé à la chasser de sa vie. Elle était plus tenace qu'une petite ânesse. Une de ces bourriques aux oreilles grises et douces dont ne se méfie pas assez mais qu'on ne peut détourner du chemin qu'elles ont choisi de prendre. Et avec une patiente obstination la gamine s'insinuait dans tous les pores de son existence.

Lorsqu'il revenait plus tôt, elle était là. Elle ne lui parlait pas et le laissait travailler. Pour cela il était reconnaissant. Il n'avait pas vocation à devenir le baby sitter des enfants du quartiers. Elle partait toujours quand elle avait terminée. Elle terminait de plus en plus tard. Et puis un jour elle n'est pas partie. Pas tout de suite. Elle a sortit un livre d'un grand sac, s'est assise sur le sol du salon et s'est mise à lire. Il l'aurait mise à la porte. Mais elle ne faisait pas de bruit. Et surtout il ne voulait pas s'admettre que sa silencieuse présence le réconfortait. Sa respiration tranquille, la façon dont elle tournait doucement les pages, le glissement du papier sous ses doigts... Elle était comme un animal domestique à la présence rassurante. Un petit chat frêle et paisible qui ronronnait sur le tapis devant la cheminée.

Et là, à cet instant précis, il se demande… il se demande si la vie aurait pu tourner différemment pour lui. Il jette un coup d'œil distrait au jus de pomme qu'il tient dans sa main. La gamine s'est finalement fixée sur cette essence particulière et le liquide ambré illumine le verre translucide. Son regard se pose involontairement sur la fillette accroupie sur le sol, un livre trop gros pour son âge sur les genoux. S'il n'avait pas trahi Lily, si les choses avaient pu suivre leur court… Où serait il désormais ? Il ferme les yeux. Peut-être dans cette maison. Peut-être même assis dans ce fauteuil. Et à l'étage au dessus il y aurait Lily. Lily qui chante et lui parle à travers les escaliers.

Elle viendrait à lui, flamboyante dans les lueurs du couchant. Elle s'arrêterait dans l'encadrure de la porte, souriante, pleine de vie. Il la regarderait, buvant sa beauté comme un homme assoiffé. Chaque courbe de son corps, de ses lèvres à sa poitrine, chaque nuance de ses yeux, sa taille comme un roseau souple. Ses bras rond et sa peau blanche. Ses jambes vives et ses tout petit pied. Le coquillage rose de ses oreille, et son rire, son rire qui sonne et étincelle en une poussière d'or. Elle viendrait à lui. Il l'enlacerait. Et par terre il y aurait un enfant qui joue. Un enfant qui serait leurs deux visages mêlés en un seul…

-« Je vais y aller maintenant Monsieur »

La gamine s'est levée, l'arrachant à son rêve éveillé. Et il ne sait pas s'il doit la haïr ou être heureux qu'elle soit avec lui. Il la regarde s'en aller et sans réfléchir il demande :

-« Reviens demain »


Hermione sait qu'elle est en train de gagner. Cet homme étrange la laisse s'approcher de plus en plus. Et lorsqu'il pense, son visage est moins douloureux qu'avant.

Lorsqu'il lui a demandé de revenir tout à l'heure elle a juste souri. Mais intérieurement elle a dansé de joie.

Et maintenant qu'elle est seule dans sa chambre, elle est heureuse. Elle ne sait pas vraiment pourquoi car il y a tant de raison de bonheur qui se pressent dans sa tête. Elle est juste consciente que cet homme en noir a ramené la lumière dans sa vie. Et elle se doit d'apporter la joie dans la sienne.

Bien sûr qu'elle reviendra demain. Comme elle est déjà venu tous les jours. Si elle ne venait quelque chose manquerait à son existence. Petit à petit elle s'habitue. A lui. A cette vieille maison. A tout ce qu'il ne dit pas et qu'elle pressent. Bien sûr elle ne le formule pas comme cela mais après tout elle n' a que sept ans. Elle ne peut pas encore savoir que ce qui a commencé pour elle, n'arrive qu'une seule fois dans une vie.


Il s'accoutume à la voir partir. A la voir revenir. A la voir agir comme si elle était chez elle.

C'est alors qu'il lui dit

-« Je m'appelle Severus »

Il ne sait pas vraiment pourquoi. C'est absurde comme phrase. Il n' a pas besoin de dire ça à un enfant.

-« Je peux vous appeler Sev' ? »

-« NON ! »

Sa réponse fuse brutale, violente comme la décharge d'une arme à feu. Il n'y avait qu'une personne qui l'appelait ainsi. Qu'une seule personne qui avait le droit de l'appeler ainsi.

Et ce n'est certainement pas cette mioche qui se croit tout permis.

Les yeux d'Hermione s'écarquillent et des larmes lui piquent les paupières. A-t-elle fait une erreur ? A-t-elle prononcé un mot interdit ?

-« Je suis désolée »

Il a les mâchoires serrées et ses yeux étincellent de quelque chose qu'elle ne comprend pas très bien.

-« Juste Severus »

Sa voix est un peu plus contrôlée. Elle comprend qu'il ya un mystère qui se cache dans l'homme en noir. Elle comprend qu'elle mettra longtemps avant de le percer à jour. Mais que le jour où elle le fera, quelque chose en lui sera sauvé. Elle ne s'inquiète pas. Elle a tout le temps du monde.


Et la vie continue ainsi. Petit à petit. Hermione et Severus… Ils ne parlent pas beaucoup. Ni lui ni elles ne sont des grands causeurs. Lui parce qu'il préfère se taire et parce qu'une mioche n'est pas un interlocuteur valable. Il ne s'y connait pas en matières de gosses, ces petits animaux primitifs, turbulents et généralement bruyant (quoique sa mioche à lui soit surprenaient silencieuse). Et puis le silence l'apaise. Les mots finissent toujours par réveiller les vieilles blessures. Elle parce qu'elle aime faire plaisir et qu'elle sait qu'un mot de trop risque de détruire les ponts fragiles qu'elle a péniblement jeté entre elle et Severus. Il est un homme de secret et elle l'accepte. Et elle sait que le mystère s'accompagne de silence. Et puis elle aime lire dans cette maison vieillie qui sent désormais l'encaustique et le propre. Quelque chose d'impalpable est là. D'indéfinissable et de magique comme les minuscules particules de poussière que seul un rayon de soleil peut réveiller. Elle se sent chez elle dans cette atmosphère ouatée et paisible que trop de mots viendraient troubler.