Et oui... rien pendant des mois et tout d'un coup paf ! deux chapitre en une seule journée ! Bonne lecture à tous ! LVEB

Disclaimer: le jour où HP et son univers m'appartiendra, il neigera en août ! (je m'en vais regarder les prévisions météo plus souvent moi !)

CHAPITRE V LA LETTRE

Les grandes chaleurs se passent, parfois troublées par ces inexplicables pluies que seul le climat britannique peut produire. Et ce matin quand Severus se réveille, l'air est encore humide d'une averse nocturne. C'est l'aube à peine. Il est beaucoup trop tôt pour se lever. Le sorcier se demande un instant ce qui lui a fait ouvrir les yeux. Un claquement insistant à sa fenêtre vient lui fournir une explication. C'est un hibou au plumage fauve qui frappe à la vitre. Un hibou de Poudlard. Severus se demande ce que le Vieux Fou lui veut encore. Car il n'y a personne d'autre qui puisse lui écrire de l'école. Il n'y a personne d'autre qui puisse lui écrire de toutes façons. Qui écrit à un ancien Mangemort ? Qui ? Si il était un honnête sorcier, Severus ne s'écrirait même pas à lui-même… Mais Dumbledore est un original.

Encore dans les brumes du sommeil, le sorcier, ouvre la fenêtre, s'empare de l'enveloppe et tâche de chasser le grand duc. Mais le volatile ne s'en laisse pas conter. Il volette à travers la pièce pour aller se percher sur le haut d'une armoire, ses grands yeux ambrés plein d'un imperturbable dédain. Severus songe à aller chercher un balais pour déloger l'encombrante bestiole. Il se ravise. Le Vieux Fou à dû donner des instructions pour que l'oiseau de malheur s'acharne ainsi. Il soupire, se résigne, décachète l'enveloppe, et la jette dans un coin de la pièce. Dumbledore l'agace profondément. A vrai dire il l'a toujours agacé.

Toujours…

Il l'agaçait quand autrefois il favorisait ces petites enflures de Black et de Potter sans parler du toutou mal léché de Lupin… Quand il a pris le beau rôle des chevaliers de la lumière avec ce foutu Ordre du Phénix. Severus ricane et se ravise…Après tout c'était son rôle, non ? Le vaillant directeur de Poudlard, ancien membre de Gryffondor… Le titulaire de l'ordre de merlin première classe, le Mage en chef du Wizengamot, le vainqueur de Grindelwald ! L'icône lumineuse et bonnasse d'un vieillard à barbe blanche, une étincelle dans ses yeux bleus. La version édulcorée et omnisciente du père Noël dans une image d'épinal parsemée de sucreries et de pétales de rose. Oui, Dumbledore l'agaçait profondément parce que lui et le saint de Poudlard avaient toujours été opposés comme les deux extrêmes de la palette d'un nuancier. Il y avait quelque chose comme de la jalousie qui mordillait le cœur de Severus… C'était facile d'être un parangon de vertu quand tout était de votre côté… Et cela valait aussi pour Potter et sa clique… Il ne leur pardonnerait jamais.

Mais la goutte qui fit déborder le chaudron fut quand M. le Directeur décida de le prendre pitié. La colère, le dédain, Severus faisait très bien avec. Il avait l'habitude. Et c'était une réaction attendue de la part d'un homme dont la photo figurait sur une carte de chocogrenouilles. Il savait que Dumbledore le méprisait. Quand il était venu à deux genoux implorer que l'on protège Lily, il l'avait bien vu… mais il s'en moquait. L'essentiel était qu'elle soit sauve et le regard glacial du directeur était dans l'ordre du monde. Quand elle était morte, quand il avait échoué et que Dumbledore lui avait arraché la promesse de protéger le rejeton de Potter, il avait su qu'il n'était qu'un pion sur l'échiquier diplomatique du vieux sorcier. Et cela lui allait très bien. Les choses étaient comme il le fallait et après tout il ne faisait que passer d'un maître à un autre…

Et puis des aurors l'avaient capturé. Il était devenu prisonnier. On lui avait fait un procès et pendant quelques jour bienheureux, il avait espéré être libre de la culpabilité qui lui rongeait le cœur. On le trouverait coupable certainement. On le condamnerait au baiser du détraqueur. Et son âme aspirée se dissoudrait dans l'univers. Il n'aurait plus conscience de rien. Il oublierait qu'il était responsable de sa mort à elle. Lily… Dans le néant et l'inexistence il trouverait enfin le repos. Les premiers jours de son procès avaient été les plus sereins de toute sa vie.

Mais il avait fallut que le Vieux Fou s'en mêle et le ramène à sa douleur. Il avait fallu qu'il témoigne. Qu'il dise que Severus était passé dans leur camp aux prix de « grands risques personnels ». Le jeune homme avait ricané. Il avait vu qu'il ne serait plus jamais libre et que le grand directeur avait besoin d'un atout en prévision d'un avenir sombre. Il l'avait haï mais à nouveau il avait accepté.

Dumbledore l'avait sorti d'Azkaban et l'avait ramené ici, à Spinner's End. Ils n'avaient pas échangé un seul mot. Puis, au moment de partir, le vieil homme l'avait regardé. L'étincelle dans ses yeux était éteinte.

- « Faites attention à vous; mon garçon. Vous en avez besoin »

Et il avait refermé la porte. Glacé, Severus avait cependant eut le temps de voir la lueur de compassion qui était passé dans le regard du Directeur. Et il avait été furieux, enragé. De quel droit le vieux fou le prenait il en pitié ? De quel droit ! Il avait fait ses choix, libre et conscient. Et ce n'était pas ce gryffondor qui se prenait en toute condescendance pour le sauveur de l'humanité qui pouvait lui donner des leçons ! Quelle arrogance ! Qu'il le haïsse c'était suffisant. Il n'avait pas le droit de l'humilier par de la pitié mal placée. Et puis Lily était morte. Morte. Morte. Morte! Le vieux fou savait qu'il était responsable. Personne n'avait le droit de le prendre en pitié. Qu'on le laisse mourir et se haïr en paix à la fin ! Seul comme il l'avait toujours été et comme il avait le devoir de rester !

Les mains de Severus se crispent et le parchemin se froisse. Les souvenirs sont trop pénibles. Trop coûteux. Il baisse les yeux sur la lettre dans l'espoir de se calmer. Une large écriture ronde à l'encre verte s'étale paisiblement sur le velin.

Mon cher severus,

Le sorcier grince des dents. Cette lettre commence mal. Pleine de miel et de mots doucereux. Ecœurant…

Mon cher Severus,

Comme je vous l'avais annoncé au début des vacances, le professeur Slughorn a décidé de prendre une retraite anticipée. Je ne sais ce qu'il cache, mais il m'évite et sa décision reste inébranlable quoique Minerva Mc Gonagall et moi-même ayons pu tenter pour le raisonner. Je me trouve ainsi dépourvu de professeur de potions. Or, vous le savez, les candidats compétents pour ce poste sont rares. Les Maîtres en ce domaine préfèrent travailler dans les firmes apothicariales ou se ranger à la quiétude d'une vie de chercheur au département Magique de Cambridge. Bien que je ne sois pas sûr de tout à fait comprendre pourquoi, la plupart sont réticents à l'idée d'enseigner les subtilités de leur art à quelques cinq cents innocents adolescents… Etrange, ne trouvez vous pas ? Pour ma part j'ai toujours été convaincu que quelques chaudrons qui explosent ajoutent un peu de piment à l'existence ! Mais après tout je ne suis qu'un humble professeur de métamorphose qui n'a pas mis les pieds dans une salle de classe depuis bien longtemps. Quoique les erreurs de transferts puissent à mon avis égaler le charme d'une potion manquée. Je me rappelle que je me suis un jour retrouvé avec les oreilles du lapin qu'un de mes élèves devait changer en coussin et… Mais passons… Si plaisants que soit les souvenirs, ma carrière n'est pas l'objet de cette lettre! Revenons à nos dragons…

J'étais donc fort ennuyé, par le départ d'Horace, lorsque je me suis mis à penser à vous… N'avez-vous pas été l'apprentis de Slughorn, mon garçon ? N'avez-vous pas publié quelques articles tout à fait remarquables dans Ars Alchemica ? Si ! Et je sais que tout au fond de vous se cache un certain sens pédagogique inné (si, si, tout au fond… Cherchez bien !) et le désir de faire progresser nos jeunes élèves, le futur de notre société. Je vous propose donc le poste de ce cher Horace sans hésiter une seule seconde ! Votre salaire sera pour commencer de 715 Gallions 18 mornilles 5 noises par mois. Il va sans dire que vous pourrez reprendre vos activité de chercheur. Tout article publié en votre nom sera un honneur pour l'école. Et bien sûr vous connaissez les ressources des jardins du professeurs Sprout, sans parler des serres et de la forêt interdite (J'ai même entendu dire qu'on pouvait y trouver du venin de manticore… Mais bien évidemment ce n'est qu'un on dit…). Par ailleurs, l'équipe pédagogique et moi-même seront ravis de retrouver l'un de nos brillants éléments. Votre contrat est joint, et Mercure, le hibou prendra votre réponse. Il attendra le temps qu'il faudra bien évidemment.

Je vous remercie infiniment de votre attention.

Bien à vous

Albus Dumbledore, Directeur de Hogwarts, école de Sorcellerie, titulaire de l'ordre de Merlin 1ère classe, Mage en Chef du Wizengamot.

PS1 « Non » ne constitue pas une réponse appropriée

PS2: ne vous inquiétez pas… le conseil d'administration a d'ors et déjà approuvé votre candidature… le ministère, n'a quant à lui aucun droit de se mêler de la manière dont je recrute mes enseignants

PS 3 Faites attention Mercure a son petit tempérament…

Durant trente seconde, Severus demeura pétrifié… Le Vieux Fou avait passé la borne qui séparait la folie douce du grave délire… Il était bon pour Sainte Mangouste ! Qui avait l'idée de proposer un poste de responsabilité à un ex-mangemort ! Si les parents d'élèves ne le noyaient pas sous un torrents de beuglantes et de hibous déchaînés, il aurait de la chance… Et franchement qu'avait il à faire avec deux cents moutards aux hormones en ébullition, à l'intelligence limitée, et à l'acnée digne d'un plan d'Empestine au printemps ? Un sens pédagogique inné ? Dumbledore se fichait de lui, bien à l'abri derrière son bureau directorial… Bien Gryffondor de sa part… S'il avait pu, Severus se serait fait un plaisir de tordre le cou à ce vieux déglingué du cervelet. Qu'est-ce qui lui restait d'autre comme option… « « Non » ne constitue pas une réponse approprié !». Il lui en ficherait, lui, des réponses appropriées !

Il frappe du poing sur la table dans un accès d'énervement… Le sac à plume au dessus de l'armoire émet un hululement désapprobateur… Severus jette un regard noir à l'oiseau tout en se frottant le poing. Si les regards tuaient la bête serait déjà empaillée. Il doit garder son calme. Il doit réfléchir. Il doit ruser. Il relit la lettre. Deux options se présentent à lui. Accepter ou fuir… S'il fuit, il sait que Dumbledore ne le lâchera jamais. Le Vieux Fou à la persistance de la mélasse quand il s'agit de vous coller aux doigts… Il ne sera pas tranquille. Si ça se trouve il a peut-être même déjà ordonné à l'oiseau de le suivre s'il faisait mine de partir sans avoir répondu. On ne sait jamais ce qui passer par la tête du Directeur de Poudlard. Il décide de mettre sa théorie à l'épreuve. Il se lève et se dirige vers la porte. Le parquet grince un peu… Et la bestiole volante déploie ses ailes et se pose sur son épaule. Severus grince des dents. C'est un signe… Le satané vieillard n'a pas l'intention de lui fiche la paix.

Quant à la seconde option…S'il accepte… S'il accepte il devra passer ses journées à tenter d'insuffler sous le crâne épais de cornichons de 16 ans les subtilité de l'art des potions. Il lui suffit de se rappeler ses propres camarades d'écoles pour avoir le frisson. S'il retombe un jour sur un Potter ou un Black… Il n'a pas envie de retourner là bas… Trop de souvenirs… De souvenirs de ces abrutis… de souvenirs d'elle… Sa gorge se serre. Il se rassoit. Il fixe le paysage maussade derrière sa fenêtre , son lit en désordre et sa table bancale recouverte de papiers. Il préférait rester ici… Même si les souvenirs n'y sont guère meilleurs. Sa mère, son pè… Non… Ne pas penser à ça… Le sorcier soupire et relit la lettre une troisième fois. A Hogwarts, il pourra reprendre ses recherches… il ne sera plus sous les ordres d'un abruti d'apothicaire qui n'y connait rien en potion… Et c'est vrai que les jardins de sprout sont une mine d'or. Il pourra même peut être se procurer quelques crins de licorne s'il marchande avec le demi-géant… Et du venin de manticore… Le Vieux Fou est un petit malin. Il sait comment présenter les choses. Son intérêt est peut être à Hogwarts. Son intérêt est sûrement à Hogwarts. Ses yeux se font calculateurs. Et le vieux fou continuera à le protéger… Il ne doit pas se laisser guider par ses émotions. Il n'a fait que cela récemment… Est il un slytherin ou un de ces foutus gryffondors au cœur en bandoulière ? Il faut qu'il se ressaisisse. Sa réponse est prête. Il ouvre son encrier.

Plus tard, quand le hibou de malheur sera parti avec sa lettre après lui avoir brutalement mordu le doigt en guise d'adieu, il se dira qu'il a pris la bonne décision… même si une bile amère lui brûle la bouche. Et si il rencontre là bas, des alter ego de Potter, il les matera… C'est lui qui aura le pouvoir cette fois, et il leur fera rentrer les insultes dans la gorge. Il les écrasera. Comme une vengeance. Oui c'est la bonne décision. Et quand il partira chez l'apothicaire avec une autre lettre dans sa poche, une lettre de démission cette fois, il arborera un rictus malveillant. Il donnera un coup de pied dans l'enveloppe qu'il a jeté tout à l'heure… Elle voltigera et ira atterrir dans le corridor… Quand il passera en coup de vent devant elle, elle s'envolera à nouveau et se posera dans la petite chambre d'enfant… Severus ne s'en apercevra pas. Il sera trop préoccupé… Car après toutes ces années ils paieront… « Ils », c'est Potter, Black, Vieux Fou et probablement l'univers entier.

A la fin de l'après midi, lorsqu'elle entrera dans la maison, Hermione ne trouvera personne. Elle attendra longtemps avant de partir. Elle reviendra souvent avant de comprendre que l'homme en noir ne reviendra pas. Alors toute triste, elle montera dans la chambre du haut, celle que l'homme en noir lui a interdit. Elle s'assiéra sur le lit et contemplera la photo qu'elle aime tant. Celle de la jolie fillette rousse. Un instant d'hésitation, et elle s'en empare… Après tout l'homme en noir ne vient jamais dans cette chambre… Et puis elle se sent un peu trahi… Sous la photo le papier peint est plus foncé, plus neuf… ce cadre déserté est comme une minuscule vengeance. Elle détourne la tête pour ne pas éclater en sanglot, quand son regard se pose sur un morceau de papier par terre. Il n'était pas là quand elle est venue la dernière fois. Curieuse, elle s'approche. C'est une enveloppe vide. Au nom de Severus Snape. Et derrière il y a cachet de cire rouge avec un blason étrange. Un lion, un serpent, un blaireau ,et un aigle y sont représentés. Et un mot bizarre se distingue nettement:

Hogwarts

Elle fourre l'enveloppe dans sa poche avec la photo. Et sur le chemin du retour sa mains sera crispé sur ces deux souvenirs de la vieille maison, comme s'il s'agissait de précieux talismans.