CHAPITRE 2 : SEATTLE
***
Nous roulâmes en silence vers Seattle. La neige était de moins en moins présente à mesure que nous nous éloignions de Forks. J'étais préoccupée par l'inquiétude de Renésmée, et visiblement Edward l'était aussi. Je regrettai un instant l'absence de Jasper. Il aurait été en mesure de nous rassurer tous avec son aura apaisante. Je lançai des coups d'œil fréquents dans le rétroviseur et finis par constater que ma fille avait cessé de pleurer et était à présent endormie.
- C'est normal qu'elle s'inquiète, tenta de me rassurer Edward après plus de vingt minutes de silence.
J'eus l'impression qu'il venait de prononcer cette phrase plus pour se rassurer que pour me rassurer, aussi je ne répondis rien. Je me contentai de poser une main sur son bras.
- Moi-même, j'ai eu du mal au début à comprendre ce que j'étais devenu, pourquoi je n'étais plus… humain.
Le dernier mot lui avait visiblement coûté et je baissai la tête.
- Comment une petite fille de son âge, aussi précoce soit-elle, pourrait-elle comprendre quoi que ce soit à notre situation ? continua-t-il.
- Elle comprend beaucoup plus de choses que nous ne pouvons l'imaginer, soufflai-je.
- Je sais, soupira-t-il. C'est juste que… ça me fait mal de la voir souffrir. Elle n'a pas choisi d'être comme ça…
Je le coupai :
- Toi non plus, Edward. En réalité, je suis la seule à avoir fait ce choix. Aucun d'entre vous n'a voulu…
- Mais nous avons eu une vie avant de devenir vampires. Nous avions…
- Nos vies sont bien meilleures depuis que nous sommes immortels ! m'écriai-je, au risque de réveiller la petite. Je n'ai jamais regretté un seul instant le choix que j'avais fait, et toi non plus !
Son beau visage s'assombrit.
- Tu sais, Bella, je ne pensais jamais avoir d'enfant, et ça me convenait très bien parce que j'imaginais que je pourrais être heureux pendant l'éternité entière avec toi, même quand je ne te connaissais pas encore, car je savais que je te rencontrerais un jour. Mais depuis que Renésmée est parmi nous, je… j'ai revu mes priorités. Tu n'es plus l'unique priorité à présent, j'espère que tu le comprends.
Je lui souris faiblement et le rassurai :
- Bien entendu. C'est pareil pour moi. Avant, il n'y avait que toi. Maintenant, il y a toi et Renésmée.
- Le fait qu'elle soit à moitié vampire et qu'elle grandisse si vite va la priver de ce qui fait une enfance normale. Elle ne pourra pas aller à l'école, pas avoir d'amis. Elle n'aura pas…
- De cours de biologie ? suggérai-je.
Il sourit à cette allusion à notre cours préféré, celui pendant lequel nous avions été ensemble au lycée, mais rapidement son visage reprit un masque dur.
- Oui, par exemple.
Je soupirai en silence. Edward avait raison, je le savais. Notre fille ne serait jamais comme les autres. Pendant les premiers mois de sa vie, j'avais évité d'y penser parce que les Volturi nous menaçaient et que l'organisation de notre défense nous prenait tout notre temps, mais à présent qu'ils étaient partis mon cerveau avait tout le loisir de se préoccuper de ce problème.
- Prenons chaque jour comme il vient, dis-je. Si l'enfance de notre fille doit être courte, alors autant en profiter au maximum.
Edward hocha la tête alors que nous entrions dans Seattle.
***
Il y avait beaucoup de monde au centre commercial et nous tournâmes un bon moment avant de trouver une place de parking. Le verglas était tenace mais Edward savait si bien conduire que la voiture resta dans sa trajectoire. Renésmée se réveilla doucement et je tendis un bras vers l'arrière pour caresser sa main. Elle m'interrogea par la pensée : « Nous sommes arrivés ? »
- Oui, nous sommes arrivés, Nessie, répondis-je.
Je fouillai dans mon sac tandis qu'Edward se garait et sortis une paire de lunettes de soleil que j'enfilai malgré le ciel nuageux. Edward avait déjà fait le tour de la voiture et me tenait la portière. Je sortis en lui souriant, et la chaleur que je lus sur son beau visage me réchauffa. Je pris Renésmée dans mes bras et nous nous dirigeâmes vers le plus grand des magasins.
Il s'agissait d'un immense supermarché dans lequel se trouvait une galerie marchande conséquente. Sur le parking, des centaines de personnes poussaient leurs caddies ou portaient leurs sacs de courses en papier sans se douter qu'ils marchaient à quelques pas d'un couple de vampires. Des vampires se nourrissant de viande animale, mais des vampires tout de même.
Un homme frôla mon coude tandis que je me frayais un passage, un bras tenant Renésmée et l'autre sous celui de mon mari. Je sentis son odeur, j'entendis son cœur palpiter, et soudain ma gorge s'assécha et j'eus soif. Le choc me pétrifia. Je retins ma respiration et me concentrai sur le magasin au loin, et la soif se dissipa un peu. La main de ma fille effleura mon cou, confirmant ce que je craignais.
« Soif ».
Edward et moi perdîmes notre sourire au même moment et nos regards se fixèrent sur Renésmée. Mon mari se pencha vers elle :
- Je sais que c'est dur, chérie, mais il faut que tu résistes.
Ma fille insista :
« Faim. »
- Elle a mangé ce matin, dis-je à Edward d'une voix blanche, de plus en plus inquiète.
Elle n'avait jamais été entourée d'autant d'humains en même temps. Peut-être cette virée était-elle une erreur, il aurait fallu commencer par des magasins plus petits.
Edward serra un peu plus mon bras.
- Maintenant que nous sommes là, nous n'allons pas faire demi-tour. J'ai confiance en elle, elle peut y arriver, me chuchota-t-il.
Je hochai la tête et nous reprîmes notre route. Il m'était difficile de réfléchir car la foule se faisait de plus en plus compacte autour de nous et ma propre soif revenait régulièrement à l'assaut.
Edward se pencha à nouveau vers Renésmée :
- Attends encore un peu, attends quelques minutes, ça va aller.
Renésmée acquiesça et enfouit son visage dans ma poitrine. Elle ne voulait plus sentir cette odeur et contrairement à moi, elle ne pouvait pas arrêter de respirer.
Je pense que si mon cœur avait encore battu à ce moment-là, il se serait magistralement emballé.
Nous pénétrâmes dans la galerie marchande et Edward m'indiqua des toilettes de la tête.
- Va aux toilettes avec Renésmée et mets tes lentilles. Ne sortez pas avant que je ne sois venu frapper à la porte.
Je l'interrogeai du regard mais il avait lâché mon bras et commençait déjà à s'éloigner de nous. Je le vis filer dans la foule et disparaître. Une boule se forma au fond de ma gorge irritée et je serrai Nessie contre moi avant de m'engouffrai dans les toilettes.
A l'intérieur, deux personnes faisaient déjà la queue. Personne ne s'étonna que je garde mes lunettes de soleil à l'intérieur. Ils devaient me prendre pour une aveugle.
Dans cet espace restreint, ma soif se calma un peu et je sentis que ma fille se détendait elle aussi. Nous patientâmes prudemment et quand les toilettes pour handicapés se libérèrent, les personnes devant nous nous firent signe de passer en priorité. Je les remerciai et entrai avec ma fille. Dès que le verrou fut repoussé derrière nous, je la déposai par terre. Elle sautilla quelques instants, heureuse de se dégourdir enfin les jambes. J'enlevai mes lunettes noires et sortis les lentilles de mon sac.
- Comment te sens-tu ? demandai-je à voix basse à Renésmée (la porte comportait une ouverture en haut et je ne voulais pas que quelqu'un puisse nous entendre).
- Bien, répondit-elle sur le même ton.
Je logeai une des deux lentilles sur mon œil gauche et grimaçai. Ma vision s'altérait terriblement quand je devais les porter.
- Nous n'en aurons pas pour longtemps, promis-je. Juste le temps de faire quelques achats et nous serons de retour à la maison.
- J'ai faim. Et soif.
Je me concentrai sur ma deuxième lentille puis, quand elle fut en place, je pris une grande inspiration et m'accroupis pour me mettre à hauteur de Renésmée.
- Je sais, ma puce. Il faut juste que tu tiennes un tout petit peu…
Un coup frappé à la porte m'interrompit et je sentis l'odeur d'Edward. J'entrebâillai la porte et le fis entrer rapidement. Heureusement, plus personne ne faisait la queue dehors et je n'eus pas à affronter de regards suspicieux.
Edward tenait à la main un sac plastique dont l'odeur ne laissait aucun doute sur son contenu.
- C'est de la viande, affirmai-je.
- Oui, répondit-il. De la viande crue, je viens de l'acheter au rayon boucherie. Elle n'est pas aussi chaude que celle prélevée sur un animal vivant, mais elle devrait suffir.
Notre fille tira sur le sac et Edward le lâcha pour qu'elle puisse se servir. Je soupirai.
- J'espère que ça suffira… murmurai-je.
- Tu devrais en manger un peu aussi, me dit-il en évitant de me regarder.
- C'est bon, je résiste bien.
- Bella, il y a encore plus de monde à l'intérieur qu'à l'extérieur. Je t'en prie, mange un peu, insista-t-il.
Je rendis les armes et me servis à mon tour. La viande était glacée et dure. Je ne mangeai pas de bon cœur, mais je me forçai pour faire plaisir à Edward. De son côté, Nessie s'était assise à même le sol et mordait à pleines dents dans une tranche de steak. Si je n'avais pas été aussi nerveuse, la situation m'aurait fait rire. Nous étions tous les trois dans des toilettes pour handicapés (plus vastes que les autres et équipées de leur propre miroir et lavabo, mais des toilettes tout de même), ma fille et moi en train de dévorer de la viande crue pour ne pas être tentées de sauter sur l'un des clients.
- Nous avons fait une erreur en venant ici, réussis-je à prononcer entre deux bouchées.
- Bella, m'implora-t-il à voix basse, ne t'inquiète pas, tout ira bien. Personne ne va mourir aujourd'hui.
- C'est Alice qui te l'a dit ? demandai-je en haussant un sourcil.
- Tu crois que j'aurais accepté cette ballade si j'avais eu un seul doute ?
Il sourit et me pris dans ses bras. Je me laissai faire, un peu rassurée. Par terre, Renésmée finit son repas improvisé et nous regarda. Je lui tendis la main et l'attirai vers nous. Je serrai ma famille dans mes bras un long moment avant de repartir.
***
Il ne nous fallut que quelques minutes pour entasser dans un panier quelques pellicules, des albums photos et une poupée ancienne achetée au rayon jouets. Renésmée insista pour prendre également un puma en peluche taille réelle. Je protestai pour la forme mais Edward, qui ne pouvait rien refuser à sa fille, céda rapidement et me fit remarquer avec amusement à quel point la peluche ressemblait à un vrai. Toute inquiétude avait disparue et il jubilait à présent. Son enthousiasme commença à déteindre sur moi. Je n'avais pas été aussi insouciante depuis très longtemps. Sous les lumières artificielles du supermarché, ma vie me sembla soudain plus légère, et mes inquiétudes du matin s'estompèrent peu à peu. Après tout, Alice n'avait rien vu, ce qui était très rassurant
La viande crue avait éloigné la soif, et Renésmée ne s'était pas plainte une seule fois depuis que nous étions sortis des toilettes. Nous avions voulu nous assurer qu'il n'y aurait personne dans la queue pour pouvoir sortir sans être vus, ce qui nous avait pris une bonne dizaine de minutes.
Après avoir payé nos achats, nous nous dirigeâmes vers l'une des boutiques de la galerie marchande, spécialisée dans les vêtements pour enfants. Edward portait notre fille dans ses bras et j'étais encombrée par l'énorme puma. J'imaginai déjà les réflexions d'Emmett à ce sujet quand nous serions rentrés à la maison.
Nous pénétrâmes dans la petite boutique. Elle était presque vide, et une vendeuse vint immédiatement à notre rencontre. Elle était assez âgée et son visage couvert de ride respirait la bonté. Elle nous proposa de poser nos achats sur le comptoir et je me débarrassai avec bonheur du puma géant.
- Que cherchez-vous exactement ? nous demanda-t-elle.
Sa voix était beaucoup plus grave et chaude que ce à quoi nous nous serions attendus. Je vis Edward hésiter et je débitai sans remords un mensonge inventé de toute pièce :
- Des vêtements pour enfants. Nous avons plusieurs enfants entre 8 mois et 5 ans, et il nous faudrait une nouvelle garde-robe pour chacun d'eux.
- Des filles ? Des garçons ? nous interrogea-t-elle.
- Uniquement des filles.
- Les petites ne récupèrent pas les affaires des grandes ? s'étonna-t-elle.
- Notre maison à brûlé, la coupa Edward.
La vendeuse parut sincèrement désolée puis se tourna vers Renésmée :
- C'est la petite dernière ?
Nous hochâmes la tête et Renésmée émit un babillage inarticulé digne d'un enfant de 8 mois. Je me retins d'éclater de rire et me demandai où elle avait bien pu apprendre à faire ça.
Ma fille était également très fière d'elle et arborait un grand sourire. La vendeuse ne parut pas remarquer qu'elle était peut-être un peu trop éveillée pour son âge et nous fit signe d'avancer vers un rayon.
- Alors, voyons ce que nous avons pour cette petite… Tu rentreras facilement dans du 1 an, n'est-ce pas trésor ?
Renésmée hocha la tête sans se départir de son sourire. Je la fusillai du regard le plus noir possible. Elle n'était pas censée comprendre ce que cette femme lui disait, et encore moins lui répondre !
Edward ne sembla pas remarquer notre manège et indiqua à la vendeuse quelques robes, chemisiers et pantalons. Le choix fut vite fait car lorsque nous hésitions entre deux modèles, Edward finissait invariablement par trancher en disant que nous prenions les deux.
- Vous êtes de très jeunes parents, fit remarquer innocemment notre vendeuse.
Je m'éclaircis la gorge.
- Nous adorons les enfants, lâcha Edward.
Son ton laissait comprendre qu'il n'avait pas envie d'aborder ce sujet et la femme se tut. J'avais l'impression que nous nous enfoncions dans les mensonges et cela me mettait mal à l'aise.
Tandis que nous entassions dans un panier suffisamment de vêtements pour que Renésmée puisse en changer chaque jour, le magasin se remplit et peu à peu, et les clients devinrent si nombreux qu'il fallait se bousculer pour accéder aux rayons. C'était l'heure de pointe, et bientôt chaque client qui passa la porte devint un appel insistant de ma soif qui se réveillait. Renésmée aussi la ressentait, et trop tôt, elle me le fit savoir. Je lançai un regard paniqué à Edward et celui-ci convainquit la vendeuse que nous avions besoin de faire essayer une robe à notre fille dans la cabine d'essayage. Nous croisâmes une jeune femme qui tenait en laisse un petit chiot. Renésmée, attirée par l'odeur du sang, approcha sa main du cou de la femme mais Edward l'écarta fermement.
Dès que le rideau fut tiré derrière nous, Renésmée se saisit du sac plastique contenant le reste de la viande. Je fis face à Edward et il m'attira contre lui.
- C'est bientôt fini. Nous allons payer et partir, dans moins de cinq minutes nous serons dans la voiture, en route vers la maison.
Je me serrai dans ses bras. J'avais beau être le nouveau-né vampire le plus prometteur qu'il ait jamais connu, je commençai à sentir ma volonté s'effriter. J'avais besoin de sentir l'air frais, de ne plus avoir dans les narines cette odeur de sang frais. Renésmée avait été exceptionnellement forte, mais j'avais peur que ce soit trop pour une petite fille de son âge. Je fis glisser mon bouclier pour permettre à Edward de comprendre mes peurs, et il me berça doucement contre son torse. Je fermai les yeux, la tête appuyée contre son épaule, et repris le contrôle de moi-même. Je quémandai un baiser qu'il me donna sans hésiter. Ses lèvres emprisonnèrent les miennes avec passion, et je plaçai mes deux mains sur ses joues pour l'attirer encore plus vers moi.
Notre étreinte aurait pu durer quelques secondes encore si une voix de femme ne s'était pas élevée derrière le rideau de la cabine d'essayage.
- Kiki ? Kiki, où es-tu, mon bébé ?
Instinctivement, je baissai les yeux et découvrit avec horreur que Renésmée n'était plus à mes pieds. Elle s'y trouvait quelques instants plus tôt, où était-elle passée ? Je levai les yeux vers Edward et vit sur son visage le reflet de ma propre panique. Sans perdre un instant, nous tirâmes le rideau et sortîmes de la cabine au pas de course. Nos regards parcoururent la pièce sans tomber sur Nessie. Edward me poussa vers la droite et partit en courant vers la gauche. Je trébuchai entre les rayons, bousculant les clients au passage, et m'époumonai :
- Renésmée ?
De l'autre côté du magasin, j'entendis Edward faire de même. Les clients se tournèrent vers nous sans comprendre vraiment l'urgence de la situation. Des enfants perdus, il devait y en avoir tous les jours dans ce magasin, et il suffisait juste de les ramener à l'accueil pour qu'ils soient retrouvés par leurs parents. Mais Renésmée tiendrait-elle jusque là ?
Nos appels se mêlèrent à ceux de la jeune femme que nous avions croisée en allant vers les cabines d'essayage. Elle avait visiblement perdu son chiot. Décidemment, ce magasin était un véritable piège, avec ses coins et ses recoins. La vendeuse me regarda et son air rassurant me donna la nausée. Je sentais poindre l'hystérie. Où était ma fille ?
Je soulevai une par une chacune des robes suspendues à des cintres le long du rayon le plus proche des cabines. Renésmée n'était cachée sous aucune d'elle. Mes mains se mirent à trembler.
A chaque pas que je faisais, la panique grandissait un peu plus. Avait-elle décidé de se cacher pour nous embêter ? Avait-elle suivi quelqu'un ? Avait-elle… Je fermai les yeux. Pas ça, pas ça…
Ayant fait le tour de la boutique, je me retrouvai nez à nez avec Edward. Sans comprendre vraiment ce qui m'arrivait, je cavalai à sa suite entre les cabines d'essayage. Je soulevai un à un les rideaux, déclenchant au passage quelques exclamations choquées quand les cabines étaient occupées.
Lorsque nous écartâmes le rideau de la dernière cabine, nous sûmes que ce que nous craignions le plus était arrivé.
Assise par terre, Renésmée serrait les dents sur la jugulaire du chiot, nappant de sang le sol immaculé. L'animal avait déjà cessé de respirer et ma fille arracha sans arrière pensée un morceau de viande gros comme un poing.
Edward prit Nessie dans ses bras et me la donna. Ma fille grogna de mécontentement et tenta d'attraper le chiot pour l'emmener, mais je l'en empêchai.
- Prends-la et sors. Je m'occupe du reste, me souffla mon mari.
Je ne bronchai pas et, ma fille serrée contre moi pour cacher les traces de sang qui maculaient ses vêtements, je quittai au pas de course la petite boutique.
Je vis Edward payer en liquide l'intégralité de nos achats. Il n'attendit même pas que la vendeuse place les habits dans un sac, il lui prit le plastique des mains et y jeta les habits sans ménagement, sans même les plier. Le sac sous un bras et le puma en peluche sous l'autre, il marmonna un bref « au revoir » à la vendeuse interloquée et me rejoignit à toute vitesse. Ni lui ni moi n'ouvrîmes la bouche tandis que nous marchions le plus vite possible vers la sortie en essayant de ne pas paraître suspects.
Alors que nous allions quitter la galerie marchande, mon ouïe surdéveloppée me permit d'entendre un cri d'horreur indiquant qu'une jeune femme venait de retrouver son chiot.
***
Note de l'auteur : Merci, MERCI pour toutes vos reviews suite à la publication du premier chapitre. Cette fic n'existe que parce que vous êtes là pour la lire !
Merci à Nyah-Cullen, qui a mieux suivi que moi la fin des évènements de « Révélation ». J'ai fait les modifications nécessaires. Je m'excuse également auprès d'Emmett dont j'ai accidentellement mal orthographié le prénom (je tiens à accuser pour cette erreur le correcteur automatique de Word qui veut sans arrêt remplacer son nom par « émietter »… pauvre Emmett !).
A très bientôt, en espérant que vous avez apprécié ce nouveau chapitre.
