Ça fait mal : le drame
« Qu'elle était belle à t'écouter,
Sur ta voix son corps dansait
Dans ces dentelles virevoltait
L'effet d'un corps de ballet.
Papa tu as pris la route sans dire adieu
Papa tu as laissé ton corps, je t'en veux. » (1)
~*~
Harry ne réalisait toujours pas. Il avait du mal à se dire que Xenophilius était mort, que lui, Potter, était debout, tout de noir vêtu, à coté de Luna qui pleurait.
Ron, Hermione et quelques autres élèves étaient là, mais il n'y avait pas plus de quinze personnes présentes. Le père Lovegood avait droit à un cercueil et une tombe comme chez les Moldus. La cérémonie était maintenant terminée.
La populace était partie.
Il ne restait que Luna et lui.
Deux orphelins.
Ils retournèrent à Poudlard.
~*~
Ils avaient à peine passé les portes que…
-Alors, Loony, ton père est mort et enterré ? Ben voila, t'as fini comme Potter, a trop le fréquenter tu perds ta famille, j'en sais quelque chose ! Mais au fait, qui regrettera ton père ? Personne, Loony, personne. Je suis juste désolée que tu n'aies pas crevé avec !
Mais qui pouvait doc parler ainsi à Luna, avec un tel discours digne de Draco Malfoy dans ses mauvais jours ?
C'était qu'apparemment, la fille Weasley a fait main basse sur les Chiantos du barbu des montagnes (2).
Le résultat ?
Elle se prit une formidable mandale de la part de Harry : l'était peut-être patient et tout, mais faut pas pousser quand même!
-ÇA SUFFIT ! Mais, enfin, Ginny, qu'est-ce qui te prend ? Tu t'entends parler ? Que tu ne supportes ni la mort de Fred, ni moi, passe encore, mais là !
Le Survivant était rouge de colère, sa respiration était sifflante. La rouquine le regardait, tout aussi furieuse, avec une superbe marque de main qui apparaissait rapidement sur sa joue.
Elle s'enfouit en courant avec un regard signifiant « Tu me le paieras, Potter ! »
Harry ne se souciait déjà plus de la furie et était près de Luna qui semblait en état de choc.
Elle était à genoux, par terre, tremblante, les yeux vide de toute expression.
Alors que d'autres élèves, dont Anthony, venaient lui porter secours, elle se leva brusquement et dit d'une voix saccadée :
-Elle a raison, je ne suis rien, je dois mourir ! Je vais aller ma noyer dans le lac!
Vu son état psychologique, elle était tout à fait capable de mettre à exécution cette dernière phrase. Il fallut toute la force de Harry, d'Anthony, de Neville et de Ron (revenu après l'éclat de sa sœur) pour la maîtriser et l'emmener à l'infirmerie.
Et là, il y trouvèrent une certaine personne.
-Ben, Gin, qu'as-tu à la joue ? demanda Ron.
Elle prit un air d'enfant battu et sortit sa plus belle voix de petite fille pleurnicheuse :
-Harry m'a frappée.
Le tout dit d'une voix minaudante et aiguë.
Harry répondit :
-Si tu n'avait pas dit à Luna d'aller crever comme tu l'a fait, je ne me serais peut-être pas emporté?
La rouquine se gonfla d'une (fausse) indignation.
-Tu mens !
Harry prenait une superbe teinte cramoisie.
-COMMENT ? Rugit Ron. Je pense que tu lui dois des excuses, Harry.
Malgré son teint écarlate, le balafré répondit d'un ton très (trop) calme :
-Jamais.
Ron s'obligea alors à réfléchir : Harry ne frapperait pas une fille à moins que cette dernière n'ai été très, très, offensante. Il se décida à questionner Luna.
-Explique-moi, demanda-t-il d'une voix douce.
Ginny se permit le loisir de répondre à la place de Luna, en regardant celle-ci dans les yeux :
-VA CREVER !
C'était dit avec une extrême violence.
Elle s'élança sur Luna et commença à la secouer :
-Tu me l'as volé ! Tu m'as pris Harry ! Je te DÉTESTE ! Je te HAIS !
Neville eut la bonne idée de stupéfixier la fille déchaînée.
Harry déclara froidement :
-Je vais te rafraîchir la mémoire : TU m'as jeté, et au vu de ton comportement, je ne le regrette plus. Et tu as dit trop de choses pour que notre couple soit à jamais détruit. Et tu as eu des actes qui ne me referont jamais revenir vers toi.
Il sortit.
~*~
Luna était dans son lit, dans son dortoir et écoutait les conversations des filles. Cela lui donna un petit sourire triste : même Padma, qui ne se souciait jamais d'elle, s'était mêlée aux autres pour vilipender Ginny et lui faire tester moult tortures de toutes sortes.
Luna pensa à son père : c'était sa dernière famille et il n'était plus là. Il lui manquait tellement que c'en était douloureux. Elle avait vraiment mal, mais il ne sera plus jamais là.
Elle s'endormit après avoir épuiser toute sa réserve de larmes, mais de manière silencieuse.
~*~
Nous étions samedi, le lendemain du comportement odieux de Weasley fille. Luna trouvait Harry très prévenant et, sous prétexte des binômes, l'accompagnait partout. Ils avaient abordé une tactique différente qui visait à trouver toutes les formules pour les sorts (et contre-sorts) avant de les tester. Ils en étaient donc à la théorie. Mais Luna avait très difficile : elle se trouvait à mille lieues de tout ça. Son partenaire ne semblait pas s'en offusquer puisqu'il travaillait à sa place.
Cette douleur que Luna ressentait l'encourageait à aller retrouver son père.
Une idée macabre, soufflée par le chagrin et les paroles de la rousse, lui traversa l'esprit.
Il ne suffisait plus qu'à être seule.
~*~
Douleurs ô combien salvatrices qui la rapprochait, seconde après seconde, de son père.
Ces souffrances qui s'accordaient si bien à son âme meurtrie.
Un éclat d'argent…
Une éclaboussure…
Une rivière écarlate.
Puis un trou noir.
Et au lointain, des cris qui s'estompait progressivement :
-LUNA ! Luna ! Luna ! Lu…na ! Lu……….na !.......Na !........a !
Puis plus rien.
~*~
-LUNNNNAAAAAAAAAAA ! Hurlait Harry !
Jamais de sa vie il ne bénirait autant la cartes des Maraudeurs !
A force de chercher après la fille, il utilisa la carte. Le résultat fut une Luna dans une mare de sang, qui c'était scarifiée.
-Hannah ! Va chercher Pomfresh ! Vite!
L'infirmière arriva et on emmena la blonde inconsciente, sur un brancard, en pestant « Mais quelle idée de se couper les veines ! »
Quand il la vit disparaître, son visage si serein, si doux, alors qu'elle entrait dans l'infirmerie et qu'on pria instamment les élèves de rester dehors, que la porte fit « clac ! », le jeune homme réalisa :
Il l'aimait Luna Lovegood.
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(1) Christophe Maé: Ça fait mal
(2)référence aux sucreries préférées du Nain dans le Donjon de Naheulbeuk
