Paradis inanimé…so dark
«Emmarbrée dans ce lit-stèle
Je ne lirai rien ce soir
Ne parlerai plus, rien de tel
Que s'endormir dans les draps
Du noir
C'est le sombre, l'outre-tombe
C'est le monde qui s'éteint
L'épitaphe aura l'audace
De répondre à mon chagrin.
Paradis inanimé
Long sommeil, lovée
Paradis abandonné
Sous la lune, m'allonger
Paradis artificiel
Délétère, moi délaissée
Et mourir d'être mortelle
Mourir d'être aimée» (1)
~*~
Il fait agréable, ici. Je flotte, je me sens bien. Mais il fait un peu sombre, tout est décliné ici entre le gris clair et le noir le plus mat. J'entends quelque chose, je pense que quelqu'un crie mon nom, je crois que c'est Harry.
« Luna ! Luna ! » Oui, je pense que c'est lui. Je me sens bien, je n'ai plus mal, plus froid, plus peur. Je vais explorer pour retrouver papa. Il fait toujours sombre, c'est comme le monde réel ! Je suis dans une grande plaine, avec des arbres. Ils ne sont pas morts, ils sont gris foncés et leurs feuilles plus foncées encore. Je me sens fatiguée, maintenant. Dormir…
~*~
L'infirmière sortit comme une tornade de son antre et hurla sur la pauvre Hannah, qui avait rejoint Harry :
-Aller me chercher Horace, tout de suite ! Dites-lui de m'apporter sa plus puissante potion de régénération sanguine ! Dites-lui aussi, car il va faire un tas de commentaires, que c'est une URGENCE et qu'une élèves va mourir. Dites-lui également qui est cette élève et ce qu'elle à fait. Maintenant, filez !
La Préfète-en-chef courut faire la commission sans avoir pu dire un seul mot. Comme l'avait prévu Pomfresh, cette andouille de Sluggy commença par dire que c'était trop dangereux une potion pareille. A bout de nerf, Habbot n'eut d'autre choix que de hurler les instructions de l'infirmière. Mais, oh ! Faut bien la laisser parler aussi! Slughorn fut alors des plus compréhensif («Ah ! Miss Lovegood ! J'aimais beaucoup son papa ! Fallait le dire tout de suite !») Et donna la potion sans rechigner. A bout de souffle, la Serdaigle rapporta la précieuse fiole.
-Ah ! Ce n'est pas trop tôt !
Puis l'irascible infirmière lui claqua la porte au nez. Harry et elle partirent dépités vers la Grande Salle pour essayer d'avaler quelque chose malgré leurs estomacs de plomb.
~*~
J'entends du bruit, Pomfresh je crois. Elle crie, comme à son habitude ! Je plains celui qui se fait crier dessus. Mais pourquoi est-elle si agitée ? Oh ! Maintenant, j'entends ce qu'elle dit : « Ah ! Ce n'est pas trop tôt ! » Pourquoi cela ! Je ne comprends pas. Je vais plutôt continuer mes recherches : je n'ai pas encore trouver papa ! Mais est-ce le paradis ? Il est vide et inanimé, on dirait qu'il n'y a que moi. Je flotte pour marcher ! C'est si bon de flotter, comme si une douce brise me portait ! Papa ne semble pas être là…
~*~
Dans l'infirmerie, c'est une ambiance sinistre qui y règne.
-Comment ça « Il ne vous reste qu'à prier ? » rugit McGonagall.
Ron, Hermione, Jade, Ernie, Hannah, Anthony, les sœurs Pathil, Harry, et Flitwick, le directeur de Serdaigle, assistaient à la scène, complètement médusés !
Ils virent l'infirmière répondre de manière digne.
-C'est à Miss Lovegood de choisir entre la vie et la mort, elle est dans un stade appelé « Blackout », entre vie et mort. Son inconscient vit dans un monde seulement connu d'elle seule et crée par son inconscient profond. Il ne reste plus qu'à prier !
-On ne peut pas la réveiller? continua la prof de Métamorphoses sur le même ton agressif.
-Sauf si vous voulez la tuer pour de bon. Elle doit se réveiller d'elle-même.
-Très bien, marmonna la directrice. Elle doit revenir dans ce monde–ci. POTTER ! HABBOT !
Elle venait d'aboyer les deux noms.
-Potter, vous êtes son partenaire et vous, Habbot, vous êtes sa camarade de dortoir et en prime la Préfète qui est à Serdaigle. Racontez-lui vos journées, décrivez- lui la beauté du monde vivant. Faites miroiter s'il le faut, mais RAMENEZ-LA !
Elle avait terminé sa tirade avec des yeux flamboyants qui flanquèrent la pétoche aux deux élèves. Elle sortit ensuite de l'infirmerie d'un pas raide et martial.
-Ben dites donc, souffla Hermione. Je ne lui avait jamais vu ce coté tyrannique !
-Elle a peur, Mlle Granger, répondit Filius. Elle a eu peur pour cette élève et a encore peur de la perdre. Même nous, le corps enseignant, aimons bien Luna. C'est une gentille fille.
En attendant, les deux désignés n'avait pas bougé d'un pouce et semblaient de marbre.
Et Flitwick conclut :
-Parfois, Minerva est effrayante !
Et ce n'est ni Harry, ni Hannah qui diront le contraire !
~*~
Je suis assise sur un tronc renversé, et j'entends une voix. Je sais que c'est Harry. D'ailleurs je vois sa silhouette, toute noire, assise à coté de moi. Sa grande main recouvre la mienne, petite et fine. C'est singulier : ce monde est sombre, très sombre, je suis seule et je suis la seule qui soit colorée. Quand je regarde mes mains, elles ont leur couleur blanche classique, quand je regarde une mèche de mes cheveux, ils sont toujours blonds et sales… Mon chemisier est toujours blanc et mon top bleu. Même mes sous-vêtements ont toujours leur couleur violette et j'ai toujours mes chaussures oranges. Il n'y a que moi qui suis colorée ! Je crois que Harry me parle : « J'ai été si terrifié quand je t'ai vu dans ton sang, Luna ! J'ai cru que tu étais morte et ça m'a fait un drôle de vide dans la poitrine. Je ne sais pas beaucoup avancer en binôme alors je travaille pour McGo, c'est difficile aussi. Luna, je sais maintenant ce que je ressens pour toi. Je t'aime. Je ne sais pas si tu m'entends ou non, mais je te le dis : je t'aime. » Oh ! C'est gentil, Harry. Tu sais, dans ce monde, même si je suis très bien, tu me manques quand même. Tu es la personne qui est…enfin j'arrive pas à dire. Mais tu es le seul qui me respecte et m'accepte comme je suis. Tu es le seul qui écoute les histoires que je raconte et qui n'intéresse personne. Tu es la personne la plus compréhensive et la plus gentille que je connaisse.
~*~
Harry était assis à la table des bleus et bronzes, à coté d'Hannah, qui semble dans un état semi catatonique. Le Griffy est perdu dans ses pensées, le regard vague. Les jours passaient et Luna ne sortait pas du coma, amoindrissant ses chances de réveil. Super-Stratège et Intello-Girl, ses deux amis, se levèrent et il les suivit, comme un automate.
Ils se dirigèrent vers les cachots, où Slughorn, Harry le devine déjà, allait commencer son cours pas se lamenter sur la disparition de sa Serdaigle favorite. Qui aurait cru que les profs attachaient une importance quelconque à la fille de Xenophilius ? Personne ! Et pourtant, il n'y en avait pas un qui ne se lamentait pas au début de son cours. Seule Minerva ne disait rien et imputait absence d'éveil imminent aux deux élèves chargés de son importante mission. C'est que ce n'est pas facile d'éveiller Miss Lovegood et ce n'est pourtant pas le cas de na pas essayer.
Les voilà dans le couloir des Potions quand les futurs époux Weasley-Granger, s'arrêtèrent brusquement.
Et il y avait de quoi.
Ginny se trouvait devant eux, dans un triste état.
Elle était blême, ses yeux bleus avaient perdu leur éclat de jadis, ses cheveux étaient gras, peu soignés, ternes et pleins de nœuds. Elle leva un visage chiffonné où les larmes y avaient laissé des traces.
Ses lèves tremblaient quand elle fixa son ex-petit ami et lui dit d'une toute petite voix, si minuscule qu'elle était presque éteinte :
-Je te prie de m'excuser, Harry.
Hermione et Ron étaient muets de stupeur. Ce dernier n'en revenait pas de l'état ravagé de sa sœur. Elle avait les traits tirés de fatigue, elle aurait battu Lupin dans la course au cerne et semblait avoir maigri de plusieurs kilos.
Il entendit son meilleur ami répondre d'une voix douce :
-Tu ne me dois pas d'excuses. C'est moi qui t'en dois. Pardonne-moi de t'avoir frappée.
Ginny hocha silencieusement la tête avant de dire, de la même voix épuisée et éteinte:
-J'ai été voir Luna. Je lui ai présenté aussi mes excuses.
Elle s'en alla sans dire un mot de plus.
-Elle n'a pas potions avec nous? questionna Ron, revenu de sa surprise.
-Si, répondit Hermione. Mais elle n'est pas en état de suivre le cours.
~*~
Je pense que Ginny me parle. Je n'arrive pas à bien ma focaliser sur sa voix, je ne l'entends presque pas. C'est une petite voix, éteinte, épuisée. J'ai du mal à saisir ses mots. Que dit-elle ?
Elle veut que je l'excuse ? « J'ai vraiment été horrible avec toi ! Comment ais-je pu être comme ça avec toi, la personne la plus douce que je connaisse ? Alors que tu es une amie si précieuse. Au fond, quand je réfléchis bien, je suis contente de savoir que Harry t'aime. Tu es géniale, formidable, originale. Je n'ai aucunes excuses, vraiment. Dire que j'ai été jalouse, verte de jalousie et j'ai été vaniteuse : j'ai plein de garçons à mes pieds mais je ne voulais que Harry. Je voulais qu'il soit rien qu'a moi, comme une petite égoïste. J'ai été folle de lui et je le suis toujours. Il m'est interdit, désormais. Je me suis demander pourquoi il sortait avec toi, j'étais vraiment aveuglée par la jalousie. Je suis une honte pour une famille qui prône le respect des autres tel qu'ils sont, de voir les autres comme ils sont et d'être généreux avec tout le monde (enfin presque).
S'il te plait réveille-toi ! Et je ne dis pas ça pour que tu le fasses pour moi, je ne le mérite pas. Mais pour Harry ! Il ressemble à un zombie ! (2) Il ne mage plus, ne dors plus, il se fait un sang d'encre pour toi. »
Elle se tait. Je sens qu'elle s'éloigne.
« A demain, Luna. Peut-être. »
Pourquoi pas ? Si je peux l'aider. Mais je l'ai bien vue, que tu n'allais pas bien. Et moi j'étais folle de chagrin quand je me suis tailladée. Bien sûr, c'était un peu stupide, mais j'ai pu me refermer sur moi-même, me retrouver. Et me faire une raison. Ici, je suis seule. Et je pense que mon père serait triste de me voir mettre a exécution un acte pareil.
J'ai même pu faire le point sur ce que je ressentais pour l'Elu. Au départ, je me disais : « C'est chouette, il m'aime. » Mais je me rends compte qu'il me manque, que mon sentiment pour lui est plus profond. Je crois…Non, j'en suis sure, maintenant : je l'aime.
~*~
Harry entra dans l'infirmerie, comme tous les jours depuis un mois et demi. Il observa sa bien aimée : étendue dans son lit blanc, elle semblait dormir et souriait doucement, d'un sourire plein de tendresse et d'amour. Ce sourire n'était pas présent le jour avant, mais le Survivant s'en fichait : elle était si belle à ses yeux. Et si irremplaçable. Il se demanda s'il aurait encore un cœur quand elle se réveillera, le sien était si douloureux. Il était fou d'elle, mais c'était douloureux de ne pas la toucher, de ne pas entendre sa douce voix, de ne pas plaisanter… De plus il se sentait impuissant et s'imputait la faute de son réveil tardif. Peut-être n'avait-il pas fourni assez d'efforts ? Pas assez d'attention ? Comme dirait Ron « Personne ne peut supporter tout ça sans exploser ». Le problème, c'est que Harry n'explosait pas, il se détruisait lentement mais sûrement.
Il se décida à s'asseoir.
-Ah, Luna, si tu savais combien tu me manques. Tout en toi me manque. Tu a plus de saveur que les autres filles (3) , tu es plus originale et c'est ce qui fait que tu es si spéciale à mes yeux.
D'autant plus que tu es intelligente, pas de cette intelligence cartésienne que possède Hermione, mais tu sais rêver, et être bien dans ta peau. Ah ! Je t'aime tellement, c'est atroce, ici, sans toi !
Il se pencha et offrit un baiser plein de douceur (et de timidité) à la jeune fille endormie.
Qu'elle ne fut pas sa surprise, en se relevant, de contempler son propre reflet dans les yeux purs de la jeune femme.
Il se figeât.
-Moi aussi, je t'aime, Harry !
(1) Mylène Farmer: Paradis inanimé
(2) Elle ne s'est pas regardée dans un miroir avant de sortir ça ?
(3) je salue bien bas le fée Clochette et Confiture de fraise II, fic à paraîtreou à lire directement sur PMW
Et voila, j'ai enfin posté ce chapitre. Par contre vous allez un peu rester sur votre faim parce que je ne sais pas quoi noter dans le prochain chapitre.
