4 – Recherche et rencontre

Je n'avais jamais conduis de voiture en dehors de Forks. Une fois j'avais conduis le 4x4 d'Emmett mais jasper m'avait accompagné et arrivés aux frontières de Forks nous avions fait demi-tour. Il ne voulait pas que je sois en contact avec trop d'humains en même temps, même si je leur avais certifié que je me contrôlais complètement. Comme toujours ils veillaient trop sur moi…

Ma voiture s'arrêta dans un crissement de pneus devant une intersection. C'était bien beau de rouler avec une allure folle si je ne savais même pas ou je devais aller. Je stoppai l'auto-radio puis relevai mes lunettes sur mes cheveux. Je pris l'enveloppe d'Alice et l'ouvris en déglutissant. J'espérais que mon père ne soit pas trop loin, car l'air de rien je ne connaissais pas grand-chose du monde qui m'entourait à part la forêt de Forks et la villa blanche.

Je déchirai l'enveloppe et en tirai une étrange carte. Je l'observai avec étonnement en me reconnaissant sur la photo qui l'ornait. Un large sourire se dessina sur mon visage quand je compris ce que c'était… une carte d'identité au nom de Vanessa Cullen, âge 17, résident à Forks. Un éclat de rire cristallin s'échappa de ma gorge. Cette Alice… N'ayant pas de poche dans ma robe de soie rouge, ni de sac à main, je fourrai la petite carte dans le décolleté de celle-ci. De toute façon il n'y avait aucune raison que je m'en serve.

Je fouillai ensuite dans l'enveloppe pour dénicher le reste. Il y avait trois liasses de billets de milles dollars, comme si j'aurais besoin d'autant d'argent, et au milieu, un petit papier écrit à la va-vite. « Burnside, demain, 23h17 »

- Burnside Street… Répétais-je pour moi-même. Je restai quelques instants à relire ce simple message. C'était surement un nom de rue, mais de quelle ville ? Si elle ne me l'avait pas écrit c'est que cela devait être facile, ou tout simplement logique. Ou alors encore, elle avait vu qu'il fallait que je le trouve par moi-même. Mais si moi je lui étais invisible, alors par le bisais de qui l'avait elle vu ? Toutes ces hypothèses n'avanceraient à rien, je devais me dépêcher. J'appuyai de nouveau à fond sur l'accélérateur, et mon cabriolet hurla en repartant sur la route.

Je ne quittai pas la route 101, car de toute façon c'était la seule grande route de cet état. A part Forks il n'y avait aucune grande ville, et la route 101 descendait pendant environ deux heures avant qu'une autre ville se profile, la ville d'Hoquiam puis celle d'Aberdeen. J'allais donc descendre et une fois arrivée là bas je verrai ensuite où continuer.

Comme tout vampire qui se respectait je ne mis pas deux heures pour descendre mais moitié-moins. Hoquiam était aussi peu bondée et pluvieuse que Forks, pas grand-chose ne les différenciait. Bien sûr je fis sensation avec ma voiture, même si j'avais refermé le toit pour que la lumière ne fasse pas scintiller mon visage. Etait-ce ici que se cachait mon père ? Je n'y croyais pas un instant. Mais je me devais de vérifier, de plus il fallait que je mette de l'essence. Je m'arrêtai à une station service en prenant bien garde qu'elle soit recouverte de ces grands pans métalliques qui empêchent le soleil de passer, puis quittai ma voiture en reposant mes lunettes devant mes yeux. Le garçon qui servait l'essence siffla en secouant la main, mais il ne semblait pas siffler d'admiration devant ma voiture car il ne me lâcha pas des yeux jusqu'à ce que je pousse les portes de la boutique.

Un gros homme me dévisagea sans vergogne avec un large sourire puis tenta de se redresser vaguement dans son siège pour paraître plus classe. C'était peine perdue… je vivais au quotidien avec les plus beaux êtres de la planète, il pouvait toujours essayer de rentrer le ventre et sortir des muscles invisibles.

- Le plein. Dis-je simplement sans même le regarder. A travers la vitre il fit un signe à garçon siffleur qui le lui rendit avant de prendre la pompe à essence.

- Vous avez des plans des villes environnantes ? Repris-je toujours avec ma voix toujours aussi neutre. Le gros homme se gratta le menton puis secoua tristement la tête. Il semblait vraiment déçu de ne pas pouvoir accéder à ma requête.
- Je n'ai qu'un plan d'Hoquiam.

- Ce n'est rien. Burnside vous dit quelque chose ?

Nouveau secouement de la tête. La caisse sonna alors, ce qui fit sursauter l'homme. Avant même qu'il ne me dise le prix je posai un billet de 100 dollars sur la caisse.

- Gardez la monnaie. Dis-je avant de sortir rapidement de ma démarche gracieuse. Je n'avais pas besoin de le regarder pour sentir son étonnement. Je n'avais pas conscience de la valeur de l'argent, ma famille était richissime, mais apparemment j'avais laissé un bon pourboire.

- Voilà M'dame !

Le pompiste me lorgna sans gène tandis que je montai dans mon coupé, laissant découvrir mes jambes interminables sous ma robe de soie mi-cuisse. Il sembla vouloir me dire quelque chose mais je claquai la porte sèchement et quittai la station dans un rugissement de moteur.

J'étais un peu énervée de ne toujours pas savoir ou aller, et j'hésitai à appeler Alice pour lui demander ou se trouvait la ville… Mais cela aurait voulu dire que je ne m'en sortais pas toute seule. Hors de question ! Des nuages avaient recouvert doucement le ciel et je pu ouvrir le toit de ma voiture et respirer l'air frais et savourer la vitesse. J'allais rejoindre Aberdeen et réfléchir un peu. Cette ville était très proche d'Hoquiam, je la rejoignis très vite, mais j'étais toujours autant dans le brouillard quand à la suite des évènements.

- Allez, passe au vert saleté de feu ! Grognais-je en tapotant nerveusement le volant. J'avais eu le malheur de me retrouver en plein centre ville, bloquée contre une immense place ou s'amassaient des tonnes d'humains.

- Une petite pièce jolie dame ?

Je sursautai en poussant une exclamation quand cette voix résonna contre mon oreille. Je tournai vivement mon visage et me retrouvai nez à nez avec un jeune homme tout sourire. Je plissai le nez sous cette odeur humaine trop proche et me raidit.

- Fichez le camp ! Sifflai-je sèchement en agrippant fermement le volant, scrutant le feu en priant pour qu'il passe vite au vert. Des gens en admiration devant ma voiture s'arrêtèrent sur le trottoir pour la regarder. Je n'aimais pas être le centre d'intérêt.

- Vous n'êtes pas d'ici hein ? Vous cherchez un hôtel ou un truc du genre ? Reprit le garçon en s'accoudant à ma portière. Apparemment il se moquait pas mal de la réplique cinglante que je lui avais balancée.

- Ce n'est pas un hôtel que je cherche alors allez-vous en ! Maugréai-je en serrant si fort le volant que mes jointures blanchirent. Je fis une grosse erreur en disant cela car les yeux du garçon pétillèrent.

- Donc vous cherchez bien quelque chose ! Je peux vous aider je n'ai rien d'autre à faire de toute façon ! Clama-t-il victorieux en me fourrant une pancarte sous le nez. « Une pièce ou un ticket restaurant s'il vous plait ». A cet instant je pesais le pour et le contre sur le fait de le tuer en public.

- Burnside Street ça vous dit quelque chose ? Soupirai-je finalement, en daignant tourner à peine le visage dans sa direction. Heureusement ou malheureusement pour lui le feu passa soudainement au vert et j'appuyai vite sur l'accélérateur.

Mais l'entêté ne lâcha pas l'affaire et lança ses jambes par-dessus la portière pour atterrir sur la banquette arrière, comme ces acteurs dans les vieux films. Ahurie je me retournai sans pour autant freiner. Je ne savais pas si je devais être épatée par son audace ou la lui reprocher.

- Mais vous êtes fou ??? Descendez tout de suite ! Ordonnai-je. Il rit et dans un même jeu de jambes passa sur le siège avant, inconscient de mon envie de lui arracher un bras. Une fois installé il souffla d'aise puis me regarda avec un sourire malicieux.

- On va la trouver votre Burnside Street ! Sourit-il de ce regard toujours aussi pétillant.

Le soleil s'était couché depuis une dizaine de minutes, nous avions roulé une heure entière, cherchant inutilement une fichue rue Burnside avant de renoncer et reprendre une grande route. L'espèce de jeune mendiant s'appelait Ryan et vivait un peu de partout selon lui, cela dépendait des touristes, car les gens c'était son gagne-pain. Il venait de fêter ses 21 ans. Je ne savais pas trop pourquoi il me racontait tout ça, mais la simplicité de son attitude et son entrain me laissaient perplexe. Je fus incapable de le jeter par-dessus bord. Ma famille n'aurait pas été contente que je désobéisse aux règles, mais de mon coté je ne disais pas non à un peu d'aide.

- Burnside ça fait un peu grande ville… Et ici on est dans un état ou y a pas foule niveau grande villes. Y aurait bien Seattle mais je connais bien là bas et Burnside ça me dit rien… Y aurait bien une autre grande ville un peu plus bas mais... Commença-il en croisant les bras sur son torse et en fronçant les sourcils.

- Mais ? L'incitai-je à continuer dans son raisonnement. Il haussa les épaules et posa son bras le long de la portière.

- J'ai pas mal trainé dans les rues de Portland, et y avait des tas de rue avec ce genre de nom finissant par Side. Mais de là à assurer que c'est là… Expliqua t'il ensuite d'un ton détaché. Ravie de cette nouvelle j'enfonçai l'accélérateur tandis que Ryan se tenait au siège.

- Mais je peux me tromper !!! Lâcha-t-il en fixant la route d'un air anxieux.

- J'ai du temps à perdre.

- Mais c'est à 3 heures d'ici !

- J'ai beaucoup de temps à perdre !

Il cessa de chercher à comprendre et s'accrocha un peu plus au siège de cuir. Ses cheveux blonds virevoltaient dans l'air et je remarquai qu'il avait la même coupe en bataille que mon père. La même longueur, les mêmes cheveux en bataille. J'eus un pincement au cœur en repensant à lui et mon besoin de le retrouver se fit plus fort encore.

Au bout d'une heure et demie de route Ryan finit par s'endormir. Ses mains restaient fermement accrochées au bas du siège, mais sa tête s'était renversée et ballotait au fil des virages. Je ne comprenais pas trop ses intentions… Qu'est-ce qui pouvait bien le motiver à sauter dans une voiture et se laisser entrainer par une inconnue à des heures de chez lui. Avait-il seulement un chez lui ? Bien entendu il ne me fallu que deux heures pour rejoindre Portland, et mon cœur se serra quand je réalisai à quel point cette ville était gigantesque et animée. Il y avait trop de gens, même à cette heure-ci, et il y avait trop lumière, trop de bruit. Une infime part de moi fut soulagée d'avoir Ryan près d'elle.

- Réveille-toi ! Sifflai-je entre mes dents en le secouant. Il ouvrit des yeux ahuris, se demandant ce qu'il fichait là, puis me regarda d'un air fatigué. La voiture était arrêté devant le porche d'un hôtel grand luxe et un voiturier patientait devant ma portière.

Ryan écarquilla les yeux comme un gosse devant une montagne russe et sursauta quand un portier lui ouvrit le passage. Il regardait tour à tour les portiers, le voiturier et le bagagiste comme s'il rêvait. Pour ma part je quittai la voiture avec une grâce et une classe qui n'était offerte qu'aux vampires et grimpai les marches illuminée de l'hôtel. Il me rejoignit en montant les marches quatre par quatre avec une allure peu orthodoxe pour ce genre d'endroit. Dans un claquement de talons aiguille je me dirigeai alors vers l'acceuil derrière lequel un homme en costume me sourit chaleureusement. Son regard se fit interrogateur quand mon compagnon de route vint s'accouder sur le bois vernis en baillant.

- Deux chambres je vous prie.

Il acquiesça poliment et fit signe à un employé d'approcher. Celui-ci ne manqua pas de courtoisie et de politesse tandis qu'il nous conduisait à nos chambres. Il s'arrêta devant la première et glissa une carte magnétique pour déverrouiller la porte. Ryan se tourna vers moi et je lui fis signe d'entrer. Il y fit un pas puis se retourna pour me regarder m'éloigner avec mon groom. Il leva un doigt, désirant dire quelque chose mais se ravisa et le posa sur sa bouche quand il vit que je ne me retournai pas.