9 – Désobéissance
Le soir même Alice brossait mes cheveux en chantonnant tandis qu'Esmée discutait avec mon ami. Cette soirée fut l'une des plus horribles de toute ma vie. Emmett avait eu soi-disant des envies de promenades et nous ne l'avions plus revu depuis des heures. Ryan essayait par tous les moyens d'être seul avec moi, mais je l'esquivais à chaque fois. Je n'avais pas envie de discuter de ce qu'il s'était passé… Voyant qu'il ne lâchait pas l'affaire, je m'étais précipitée sur Alice avec une brosse à la main. Au moins pendant une heure je serais tranquille.
- Avez-vous faim les enfants ? Demanda Esmée poliment, voyant que l'ambiance était assez électrique.
Mon estomac criait famine, vu que je n'avais pas chassé depuis fort longtemps ni rien ingurgité non plus. Mais la perspective de me retrouver en train de manger en face de Ryan me serra le cœur. Les souvenirs brûlants qui hantaient mon esprit n'étaient pas d'une grande aide. Dès qu'il y en avait un qui refaisait surface mon cœur s'emballait et mes joues s'enflammaient. Je ne parvenais même pas à soutenir le regard inquisiteur de l'intéressé. Tôt ou tard je me retrouverai de nouveau seule avec lui, mais j'espérais bien repousser ce moment le plus possible.
- Ce n'est pas de refus ! Souffla l'humain en quittant le canapé.
Il suivit Esmée dans la cuisine et des échos de dispute gentillette nous parvinrent aux oreilles, sur qui allait cuisiner pour ne pas déranger l'autre. Mais un bruit de fenêtre coulissante se fit entendre à l'étage, suivit d'une porte que l'on claque. Emmett devait être rentré. Alice retint un petit rire.
- Je ne sais ce que vous avez tous ce soir, mais c'est franchement drôle !
- Ce n'est drôle que pour toi…
- Débrouillez-vous ! Quand je n'ai pas de visions ça ne m'intéresse pas !
Elle rit de nouveau puis se releva pour sautiller vers sa chambre. Je devais vite déguerpir avant que Ryan ne me tombe dessus, mais à y réfléchir, est-ce que rejoindre Emmet n'était pas plus dangereux ? Curieuse et réticente à la fois, je grimpai doucement les marches. J'ouvris la porte précautionneusement et regardai à l'intérieur. Emmet était penché à la fenêtre, son pull de base-ball fétiche posé autour des épaules. Si ça ce n'était pas le signe qu'il m'en voulait alors je ne m'y connaissais plus.
Mais s'il croyait que j'allais m'aplatir comme une crêpe alors il se gourait ! Je n'avais rien fait de mal, et si flirter avec un humain était considéré comme mal dans son jargon, et bien je m'en fichais pas mal ! Avec des gestes énervés j'ouvrais la penderie et attrapai mon habituel tee-shirt extra large. Je le passai par-dessus ma robe et me débattis pour l'enlever par en dessous. J'attrapai un élastique puis attachai nerveusement la cascade d'Anglaises qu'Alice m'avait confectionnée, puis éteignis la lumière avant de me jeter sur le lit. Un silence gênant s'installa, ponctué des bruits secs que faisait la balle de base-ball lorsqu'Emmett la rattrapait au creux de sa main. Chacun de ses jets de balle nourrissaient mon agacement, puis tout à coup je me redressai furieusement.
- Tu peux m'en vouloir autant que tu veux et refuser de dormir avec moi ! Mais soit tu m'expliques pourquoi soit tu me fiches la paix !
Il se retourna, décontenancé, puis laissa tomber la balle qui roula au sol avant de cogner un coin de la pièce. Il me contempla avec cette même expression qu'il avait arboré sous la rambarde. Il sembla hésiter, puis s'assit sur le rebord du lit en soupirant. Il ne s'allongea pas pour autant, à mon grand désespoir. Je me redressais alors en m'appuyant sur mon coude et posai une main timide sur son dos.
- Il y a son odeur partout dans ce lit.
Sa voix avait résonné tout à coup, brisant le silence, mais ce n'était pas la même voix délicieusement grave et malicieuse que d'ordinaire. Son ton semblait dénué de toute émotion. Son odeur ? Alors il était là le problème ? Mon oncle n'encaissait pas le fait que sa petite protégée grandisse ? Que craignait-il ? Qu'un autre prenne sa place auprès de moi et devienne mon nouveau confident ? Je ne saisissais pas trop ce qui le torturait. Il y avait peut être un rapport avec Rosalie… Nous nous étions mutuellement réconforté toutes ces nuits, et lui n'était peut être pas encore prêt. Je l'avais surement négligé depuis que mon père était revenu.
- Ce n'est pas ce que tu crois Emmett… Murmurai-je en lui caressant le dos. Son pull glissa des épaules et tomba sur mes jambes.
- Tu n'as pas à te justifier Nessie, tu fais ce que tu veux de ta vie. Rétorqua-t-il trop nerveusement pour me faire avaler la véracité de cette phrase. Un nouveau silence glacial envahit la chambre. Je soupirai alors, laissant glisser ma main de son dos.
- Tu ne dormiras plus avec moi n'est-ce pas. Lançai-je alors en baissant les yeux, déçue.
- Tu n'as plus besoin de moi maintenant. Acheva-t-il en tournant son beau visage vers moi, éclairé par les quelques rayons de lune filtrant par la fenêtre.
Je contemplai la perfection de ses traits avec un pincement au cœur, comme si je venais de trahir un pacte secret qui s'était doucement en place pendant ces cinq dernières années. Je voulu le retenir, lui dire à quel point j'avais encore besoin de lui… Mais c'est moi qui avais cherché tout ça en flirtant avec le désir de grandir. Il posa une main sur la mienne et la serra brièvement avant de se relever et quitter la chambre en ramassant au passage sa balle de base-ball. J'avais l'impression de voir mon enfance quitter la pièce en même temps que lui. Moi qui n'avais eu aucune sensation d'évolution, je senti pour la première fois qu'un cap venait d'être franchi. Je m'endormis alors en serrant contre moi le pull couvert de son odeur apaisante, mais qui ne remplaceraient jamais le réconfort de ses bras.
Cette nuit je refis le même cauchemar. Comme si chaque absence de mon oncle déclenchait le processus. Je courais encore dans cette forêt, haletante et terrifiée, la mort aux trousses. Quelques détails me firent tout de même réaliser que le rêve était différent… Je n'avais plus le corps de fillette, mais celui qui je possédais actuellement. Cette fois encore je trébuchai et m'étalai sur le sol fourragé, mais Emmett n'était plus là pour me relever.
Avec un hurlement de rage je me redressai et me précipitai vers les branches, mains en avant, détruisant tout obstacle entravant ma course. Ils allaient apparaître, je le savais, et cette fois je devais les sauver. Je manquai de tomber quand le mur d'arbres cessa tout à coup et que je me retrouvai dans la clairière. La respiration saccadée je cherchai désespérément Jacob. Il aurait dû être là ! Pourquoi n'était-il plus là !!!! La clairière était déserte… J'étais seule…
- JACOB !!! ROSALIE !!! Hurlai-je en me tournant dans tout les sens. Les larmes commencèrent à rouler sur mes joues, tandis que je cherchais toujours, impuissante.
- MAMAN !!! Criai-je alors en me laissant tomber à genoux.
Mon corps était secoué de soubresauts et la panique m'envahissait. Tout à coup un bruit de feuillage me fit tourner vivement la tête sur la gauche. Ma mère était là, immobile à l'orée de la forêt. Je me précipitai en pleurant dans ses bras. Je ne pouvais même plus respirer et ma mère me caressa les cheveux calmement. Quand je voulu lui hurler de se mettre à l'abri, aucun mot ne pu sortir de ma bouche. C'est elle qui parla dans ma tête.
« Pourquoi ne me ramènes-tu pas Renesmée ? »
- Je ne sais pas comment faire maman ! Je n'en suis pas capable !
« Tu l'as trouvé Renesmée ! Alors ramène-moi ! »
- Ce n'est pas la réalité ! Je ne peux pas te ramener maman… Tu n'es plus là et je ne peux pas te ramener ! Pleurai-je en touchant son visage avec douleur.
Son image commença alors à disparaitre, comme si le fait que je renonce à la ramener en efface toute trace. La forêt mourut à son tour, disparaissant dans un souffle, et le rêve me quitta également. Je me redressai en sursaut, haletante et transpirante. Un marmonnement sur ma droite me fit sursauter de nouveau. Ryan s'étirait en se frottant le visage. J'avais du le réveiller. Je me penchai en avant pour mieux respirer, rejetant les draps qui m'étouffaient. Ce ne pouvait pas être de simples rêves…
- Mmmh qu'est-ce qui se passe ….
Ryan essayait de se redresser mais j'appuyai vivement sur son torse pour qu'il se rallonge. Il s'étala sur le dos en grommelant. Il fallait que je conserve un maximum l'image de ce rêve en mémoire, car c'était la clef ! Maintenant j'en étais sûre, ce ne pouvait pas être de simples rêves ! Ils ne se matérialisaient que lorsqu'aucun vampire ne se trouvait près de moi !
- Mon don ! C'est mon don qui fait ça… Lançai-je en me tapant le front avec la paume de ma main.
- Ton quoi ?!
- Ryan tais-toi je t'en prie ! Je réfléchis !
Il ne chercha pas plus à comprendre et s'appuya de son coude pour me regarder avec curiosité. Je plissai les yeux en me tapant toujours le front. Carlisle disait que les dons grandissaient et devenaient plus puissants au fur et à mesure. Cela avait du être le cas avec le mien ! Mais dans les bras d'Emmett je ne m'étais rendue compte de rien ! J'étais toujours persuadée que mon don s'arrêtait au seul fait de transmettre mes souvenirs aux autres… Mais je me trompais ! Mon subconscient se servait de mes propres souvenirs pour m'indiquer ce que je devais faire ! Mon fichu cerveau savait ce qu'il fallait que je fasse et il se désespérait de me faire comprendre.
- Ryan ! C'est ça ! Je cherchais tellement les complications ! Mais c'est simple ! C'est toi la solution ! Depuis le début tu étais sous mes yeux et mon esprit savait ce que je devais faire ! Mais je n'arrivais pas à mettre mes idées en place ! Mon don l'a fait pour moi ! Je sais maintenant pourquoi je devais te trouver ! Murmurai-je excitée face à cette éclatante vérité. Ryan me regarda avec des yeux ronds puis se gratta les cheveux.
- J'ai besoin d'une cigarette… Dit-il d'une voix pâteuse, comme si je délirais complètement. Mais je m'en contrefichais ! J'étais toujours lancée dans mon raisonnement.
- Je t'ai trouvé et ça fait des semaines que je tourne autour sans comprendre ! Tu es capable de contrôler tes cellules, voilà pourquoi tu es si important ! C'est toi qui va la ramener !
- Nessie calme-toi, tu dérailles complètement ! Me dit-il de sa voix toujours dans le brouillard.
Je lui plaquai alors un doigt sur les lèvres en écoutant ce qu'il se passait à l'étage. Ils avaient forcement entendu que nous étions réveillés, mais nous n'avions pas parlé assez longtemps pour qu'ils ne tendent vraiment l'oreille. Nous avions très peu de temps. De mon expression je l'intimai de ne plus parler. Il acquiesça les yeux écarquillés. Je retirai mon doigt pour poser ma main sur sa joue et commençai à envoyer les images que je triais sur le volet et remodelais à ma sauce.
En quelque sorte je lui disais que nous allions devoir partir très vite, que les autres le sauraient sur le champ mais que si nous faisions les choses bien ils ne pourraient plus nous rattraper. Je lui montrais un souvenir montrant Alice qui me disait qu'elle ne voyait rien sur moi, puis enchainait avec le fait que mon père ne pouvait pas lire nos pensées puisqu'il était à Denali. Ryan hochai la tête, commençant à comprendre ou je voulais en venir. Je stoppais le flot d'images puis montrait la fenêtre de ma main. Avec mes doigts je décomptai et il déglutit.
3, 2, 1… Quand j'eus refermé tout mes doigts nous nous jetâmes du lit et j'ouvris la fenêtre en trombe. Je sautai avec grâce et Ryan enjamba la fenêtre avant de sauter lui-même avec une confiance aveuglante. Je le rattrapai en amortissant le choc puis il s'agrippa comme il pût avant que je ne m'élance dans la nuit obscure. J'entendais déjà les Cullen qui se précipitaient hors du salon. Je priais pour qu'ils pensent à une rébellion adolescente et nous laisse partir. Ryan manqua de tomber à deux reprises mais il s'agrippait avec force.
Je freinais ma folle course à travers les arbres et nous nous retrouvâmes au milieu de la route. J'avais bien calculé mon coup et la voiture que j'avais prise en chasse amorçait le virage qui la conduisait à nous. Le conducteur freina et l'arrière de la voiture dérapa dans un crissement sonore. Je me précipitai déjà et éjectais le malheureux hors de l'habitacle avant de grimper à toute vitesse. Ryan était déjà sur le siège passager et bouclait sa ceinture. J'écrasais l'accélérateur et la voiture redémarrait déjà en dérapant à droite puis à gauche avant de foncer sur la nationale.
- On a réussi à les semer alors ??? Lâcha mon ami en se tenant fermement à la poignée fixée au plafond.
- Presque, nous en avons semé deux. Soupirai-je en posant mes mains au sommet du volant et en remuant des doigts nerveusement.
Ryan me regarda comme si j'étais folle, puis, comme pour affirmer ce que je venais de dire, quelque chose frappa durement le toit de la voiture avant que la portière arrière ne s'ouvre. Emmett se glissa à l'intérieur et claqua la porte en nous fixant furieusement. Sa rage semblait émaner de tout son corps et mon pauvre ami se ratatina dans son siège. Je jetai un regard à mon oncle dans le rétroviseur puis un mince sourire se dessina sur mes lèvres.
- Avoue que j'ai presque réussi… Minaudai-je avec une pointe d'amusement.
- Si tu crois que tu peux m'échapper aussi facilement gamine ! Grogna-t-il en se mettant à l'aise sur la banquette arrière. Son agacement trahissait pourtant la vérité, mon oncle si rapide naturellement avait du galoper sévère pour nous rattraper.
- Carlisle n'est pas content ! Ton père…
- Mon père n'aura rien à dire ! Chacun son tour ! Le coupai-je dans un sifflement.
- Mais tu as perdu la raison ?! Ou comptes-tu aller comme ça avec cet humain ?
- Je te le dirai uniquement si tu me fais la promesse de ne rien dévoiler aux autres et de ne pas m'en empêcher ! Repris-je en lui lançant un regard insistant dans le rétroviseur.
Ryan ne nous écoutait même plus, il fixait le compteur de vitesse avec appréhension. Derrière, mon oncle remua nerveusement dans le siège et me grogna vaguement un « oui ». J'hochai la tête satisfaite puis reposai mes yeux sur la route, pour le plus grand bonheur du beau blond. Je pris une grande inspiration.
- Nous partons pour la Roumanie.
- La quoi ??? S'écria Ryan en me fixant comme un dément.
- Ridicule ! Tout ce voyage pour faire quoi ?! Lui demander des explications ? Il n'a pas la science infuse ! Cracha mon oncle en croisant les bras sur son torse musclé.
- Ce n'est pas sa science dont j'ai besoin ! Rétorquai-je. Emmett fronça les sourcils, comme s'il cherchait à comprendre mes plans. Je savais qu'il allait faire le rapprochement très vite et mes joues rosirent. Il releva alors ses sourcils avec une expression choquée.
- Pitié, tu n'y penses même pas j'espère ! Tu le laisserais lui faire subir ça ?! Lança-t-il ensuite. Ryan nous regardait, énervé d'être ignoré de la sorte.
- Mais pourquoi la Roumanie ?! Qui allons-nous voir ? REPONDEZ-MOI ! S'exclama mon ami inquiet.
Je me mordis la lèvre, ne sachant pas trop comment lui expliquer la chose sans qu'il ne se fasse de vilains films. Par contre, je vis dans le rétroviseur que mon oncle étirait un sourire cruel, et je me doutais qu'il allait se faire une joie d'éclairer la lanterne du malheureux.
- Parce que la Transylvanie se trouve en Roumanie. Et que la personne que veut voir Nessie habite en Transylvanie. Expliqua calmement Emmett avec un regard pétillant à mon intention.
Ryan ne comprit pas tout de suite le rapport avec la Transylvanie, nous contemplant tour à tour, puis son visage se figea et devint livide. Il se raidit puis reprit place au fond de son siège. Pourquoi mon satané oncle se comportait comme ça avec lui, ce ne pouvait pas être l'excuse de son humanité car il pouvait très bien s'entendre avec les gens de cette race, comme Charlie par exemple. Une sonnerie retentit alors à l'arrière, suivie par la sonnerie de mon propre téléphone. Je le sortis du bout des doigts et vis le mot « Papa » clignoter sur l'écran digital. A l'arrière Emmet décrochait le sien. Je le fixais à travers le rétroviseur, inquiète de son respect pour sa promesse. Je perçus des cris aigus et il roula des yeux et souffla.
- Calme-toi Alice, passe-moi Carlisle. Dit-il après avoir écouté quelques instants.
- Tout va bien je suis avec eux…
- Aucune idée, peut être se
marier à Las Vegas… Il m'envoya un regard entendu à travers le
miroir puis soupira.
Intérieurement, je le remerciais de tout
mon cœur. Je savais que Carlisle aurait été contre mon affreux
projet, lui dont la morale était irréprochable.
- Fais-moi confiance, je veillerai sur eux.
- Qu'il essaye toujours, elle ne décrochera pas…
Je savais qu'il parlait de mon père. Il fronça de nouveau les sourcils et je compris que Carlisle ne devait plus être de l'autre coté du téléphone.
- Edward. Lâcha-t-il sèchement pour saluer mon père. Il ne parla plus pendant de longues minutes.
- Qu'est-ce que tu veux que je te dise… Si tu as encore des doutes sur ta paternité te voilà rassuré ! Elle ne veut rien savoir et n'a pas l'intention de laisser tomber.
- Fais donc ça…
Il referma le clapet du téléphone et le remis dans la poche de son jean. Je connaissais trop mon oncle pour ne pas réussir à déchiffrer ses pensées. Il semblait bouillonner de l'intérieur, et ce uniquement depuis qu'il avait eu mon père au bout de la ligne. Je ne le cernais plus depuis quelques mois, il était si différent envers nous… Mais je n'avais jamais osé lui demander pourquoi. Mais là, depuis le retour de mon père son état avait empiré. Je reposais mes yeux sur la route et personne n'ouvrit la bouche jusqu'à ce que les lumières de l'aéroport repoussent la nuit noire de Forks.
