10 – Légendes et réalités
Emmett patientait au guichet bondé. Même à une heure aussi matinale l'aéroport de New York grouillait. Il était gigantesque, rien avoir avec le minuscule aéroport de Forks qui ne possédait qu'une piste et 3 avions ridicules. Tant d'humains se pressaient en tout sens, c'était une expérience nouvelle pour moi. J'essayai de ne pas trop faire attention à tout ce sang qui s'écoulait en fontaine dans leurs corps autour de moi. Cela faisait une heure que nous patientions, et nous avions bien sûr interdiction de quitter l'aéroport, car le jour se levait et dans cet état les nuages ne pouvaient pas nous sauver des rayons lumineux. Heureusement que nous n'avions jamais à sortir avec ce système de couloirs.
Je me tournai vers Ryan, assis à coté de moi, et me demandai s'il se sentait mieux après ce très mauvais vol jusqu'ici. Le pauvre venait de prendre son premier avion, et il s'était accroché aux accoudoirs tout le long en serrant les mâchoires. Apparemment toucher la terre ferme lui faisait du bien. Je remarquai alors que son beau visage semblait beaucoup plus vieux que son âge, surement à cause de tout ce qu'il avait vécu. Je ne savais pas grand-chose de lui si ce n'est que la rue était sa seule maison. Qu'avait il bien pu vivre avant tout ça…. Se rendant compte que je le contemplais fixement il m'interrogea du regard. Je secouai doucement la tête avec un sourire comme pour lui dire que ce n'était rien et il acquiesça avant de reprendre sa contemplation fixe du guichet.
- C'est amusant de voir des choses dont je suis le seul humain à pouvoir comprendre. Dit-il tout à coup, l'expression toujours fixe. Ce fut à mon tour de l'interroger de mes yeux.
- Regarde toutes ces femmes autour de lui, c'est effrayant. Reprit-il en montrant mon oncle dans la file d'un signe de menton.
Je le cherchai dans la foule en remuant ma nuque et examinai la scène à mon tour. Il s'était appuyé négligemment contre un pan de prospectus, un bras posé sur sa hanche et les jambes légèrement croisées. Son corps à la musculature parfaite et aux traits divins semblait attirer pas mal de regards insistants. La femme derrière lui s'éventait avec son ticket et le dévorait des yeux. D'autres faisaient mine de s'intéresser aux prospectus mais je pouvais sentir d'ici le désir qui refluait d'elles quand leurs yeux se perdaient sur mon oncle. Je tournai discrètement la tête et fus choquée de voir que la plupart des femmes qui étaient assises derrière le reluquaient ouvertement.
- Tout à l'heure une fille à même voulu lui refiler son numéro. Mais il a refusé le bout de papier qu'elle a voulu lui glisser. Continua-t-il toujours aussi sérieusement.
- Je suppose qu'avec le temps on n'y fait plus attention. Souris-je.
- Nessie ne me dit pas que tu ne fais pas attention à l'autre moitié de l'aéroport qui ne fixe pas Emmett. Murmura-t-il en relevant des sourcils inquisiteurs.
Une nouvelle fois je fis un tour de salle des yeux, et après quelques minutes je les reposai dans ceux de Ryan. Bon c'est vrai, si toutes les femmes louchaient sur mon oncle, l'autre moitié masculine me fixait également. Un type s'était même esquivé en rougissant quand je le pris en flagrant délit. A ce moment là Emmett, qui forcement même à une distance pareille nous avait écouté aussi clairement que s'il s'était trouvé sur le siège d'a coté, inclina le haut de son corps et se mit à fusiller des yeux les hommes qui me regardaient. Ryan lâcha un petit rire et s'enfonça un peu plus dans son siège.
- C'est pas vrai, ne me dit pas que vous pouvez entendre d'aussi loin et avec un brouhaha pareil…
- Si seulement tu te doutais de tout ce dont nous sommes capables. Ris-je en lui donnant un petit coup d'épaule mutin. Il sourit brièvement puis reporta son attention sur le vampire. Je me doutais que maintenant il trierait bien ses phrases avant de parler.
Le haut parleur lança le dernier appel pour le vol de 6h57 en partance pour Bucarest. Aïe, nous allions le rater, et le suivant ne partait que dans 19 heures. Je craignais que ma famille n'en profite pour nous récupérer. Mon oncle décida alors de jouer des charmes et avec des sourires à se faire damner il se pencha vers sa voisine pour lui parler. Sans surprise, beaucoup de femmes le laissèrent passer aussi rouges que des tomates et il avança grandement dans la file. Il nous fit un signe de tête et Ryan et moi nous levâmes et nous dirigeâmes vers le secteur correspondant. Mes talons aiguilles claquaient au sol et je regrettais d'avoir enfilé ce pantalon noir si moulant et qui ne supportait pas trop mes grandes enjambées. Mais je n'avais rien trouvé de plus confortable dans mes mesures dans la boutique de l'aéroport. Je n'avais pas les mensurations de l'humaine moyenne.
- Merde, j'aurai du attendre un peu plus avant d'avaler ce foutu somnifère ! Grommela mon ami en se précipitant dans les escaliers.
J'effaçai un petit sourire pour ne pas le vexer. Je savais que l'idée de prendre un nouvel avion le paniquait totalement, sans compter que celui là allait être vraiment très long. Une fois sur le tapis roulant il leva le visage et respira à fond. En contre sens, un steward reluqua mes immenses jambes et me lança un sourire éclatant de blancheur. Ryan me regarda comme s'il avait envie de se suicider.
- Est-ce qu'au moins ils voyent que je suis là ?! C'est affreux cette impression d'être invisible ! Râla-t-il en quittant le tapis et en manquant d'y laisser une jambe.
C'était une mauvaise idée de prendre deux somnifères, mais il priait pour perdre connaissance avant même le décollage. Dans la salle d'attente de notre avion, il n'y avait plus que l'hôtesse qui rangeait le bureau pour s'apprêter à embarquer.
- Désolé du retard ! Clama Ryan essoufflé en stoppant sa course juste devant le couloir. Je fis mine d'être essoufflée aussi.
La jeune femme nous dévisagea avec remontrance mais tendit tout de même la main pour prendre nos tickets. Je m'apprêtais à lui réclamer quelques minutes supplémentaires le temps qu'Emmett nous rejoigne, mais un bras enserra alors ma taille et mon oncle posa les billets dans les mains de celle-ci avec un sourire de publicité pour dentifrice. L'hôtesse s'empourpra légèrement puis tendit le bras vers le couloir. Ryan passa le premier, les jambes tremblantes, puis Emmett m'entraina à son tour. J'étais si reconnaissante de tout ce qu'il faisait pour moi. J'enserrai aussi sa taille et posai mon visage contre son torse.
- Bienvenue à bord ! Sourit une ravissante hôtesse quand mon oncle lui tendit les billets.
Elle posa à peine les yeux dessus puis nous indiqua trois sièges en première classe. Ryan se jeta sur celui du hublot, derrière un homme d'affaire qui se demandait bien ce que trois gamins faisaient là. Je m'assis près de lui et Emmet s'assit à l'autre duo de sièges au milieu, séparés par le mince couloir de circulation. En première classe il n'y avait pas plus de deux sièges côte à côte. L'hôtesse décrocha le téléphone et nous précisa que l'appareil allait décoller et qu'il fallait attacher nos ceintures. Le visage de mon ami se décomposa et je dû l'aider à attacher les deux bouts de métal ensemble tant ses mains tremblaient. Le courageux et déterminé Ryan faisait peine à voir.
L'avion décolla enfin et je soupirai de soulagement. Jusqu'au dernier moment j'avais crains que mon père ne change d'avis et vienne me chercher. Je me sentais en sécurité à présent, même si ma conscience me hurlait dessus à propos de mes plans dérangeants. Une hôtesse nous demanda si nous désirions du champagne et s'en alla après que nous ayons décliné sa proposition. Ryan mit plus de temps que prévu pour s'endormir, mais quand il cligna une première fois des yeux, ils ne se rouvrirent pas avant la fin du voyage.
Mon oncle semblait distant, ne regardant jamais dans notre direction. Maintenant que Ryan dormait je ne savais plus trop comment passer le temps. Au bout d'une heure d'ennui je me levai pour rejoindre Emmett de l'autre coté de la petite allée. Je passai par-dessus ses jambes pour m'asseoir dans le siège vide contre lui. Il me questionna de ses superbes yeux dorés et je baissai l'accoudoir entre nous pour m'y pencher et m'y accouder.
- Pourquoi es-tu en colère contre mon père ? Demandai-je alors en allant droit au but. Il rit doucement, surpris de mon peu de délicatesse puis croisa les bras sur son torse, comme à son habitude quand quelque chose l'ennuyait.
- Se sont des affaires d'adultes. Siffla-t-il amusé. Il essayait de détourner la conversation en me titillant sur autre point délicat, mais je n'avais pas l'intention de lâcher l'affaire.
- C'est parce qu'il est parti ?
- Non
- Parce qu'il chassait des… Euh des ce-qu'on-sait ?
- Non…
Il fixait un point invisible de l'autre coté de mon visage et semblait agacé. Je ne pouvais voir que ses cheveux sombres et sa nuque pâle. C'était trop facile de s'esquiver. Mais il était aussi têtu que moi donc ce discours risquait de devenir un discours de sourd. Je décidai plutôt de le prendre par les sentiments, là ou il était vulnérable. Je devais me débrouiller pour être convaincante. Je soupirai donc énervée et m'asseyais contre l'extrémité du siège pour lui tourner le dos.
- Depuis que je ne grandis plus tu me repousse. Tu ne veux plus me parler, ni rire, ni dormir avec moi… Ne t'en fais pas j'ai compris, je ne te dérangerais plus. Marmonnai-je avec un ton neutre si bien joué que je m'en étonnai moi-même. Histoire de pousser le jeu encore plus loin je me levai pour quitter le siège, mais une main serra mon bras et m'obligea à me rasseoir.
- Nessie ne le prends pas comme ça… Excuse-moi. Murmura-t-il avec un ton suppliant. Son expression était empreinte d'inquiétude. Je le jaugeai des yeux puis soupirai en reposant mon dos contre le siège de cuir.
- Ce n'est pas contre toi je t'assure, au contraire. Continua-t-il avec ce même regard désolé.
- Ce qu'il se passe entre mon père et toi est en rapport avec moi ?
- En partie oui, mais tu n'y es pour rien, c'est moi le problème.
- Y a-t-il quelque chose que je pourrais faire ?
- Personne ne peut rien y faire, c'est comme ça. Acheva-t-il le regard fuyant.
J'allais de nouveau poser une question quand il posa sa main sur la mienne et secoua doucement le visage. Avec une pointe de déception, j'abandonnai la partie, car il semblait vraiment gêné et je ne désirais pas l'ennuyer. Je serrai à mon tour sa main avec un tendre sourire et durant le reste du voyage je ne revins plus jamais sur le sujet.
Nous avions passé une journée et une nuit entière dans les différents avions, j'aurai aimé tenir jusqu'au bout mais la fatigue me rattrapa. Alors qu'un nouveau film commençait sur l'écran encastré dans le dossier du siège, je décidai de reposer mes yeux juste un instant, mais je finis par m'endormir sur l'épaule de mon oncle. Quand il me secoua doucement j'eus la sensation que je ne m'étais assoupie qu'une seconde… Pourtant les gens étaient levés et sortaient leurs valises des rangements supérieurs. Les premières classes sortaient en premier, mais quelques secondes classes nous passèrent devant le temps que nous parvînmes à réveiller Ryan.
- Nous devons nous dépêcher avant que le jour ne se lève, sinon nous serons coincés dans l'aéroport. Murmura Emmett en soutenant mon ami flagellant.
Il avait rejeté le bras de mon ami autour de
ses épaules et le soutenait par la taille. Je soulevai ses mèches
dorées de ma main pour contempler son visage. Il avait vraiment
abusé des cachets. Il fit mine de sourire et que tout allait bien,
mais c'était à peine s'il arrivait à mettre un pied devant
l'autre. Je partis en avant et traversai rapidement le transit avec
une aisance anormale pour des talons de 10 centimètres. Les portes
automatiques s'ouvrirent et un froid glacial me mordit la peau.
Nous n'étions qu'en Octobre et j'avais l'impression de me
retrouver un 15 janvier à Forks. J'agitai les bras et un des taxis
garé sur le coté alluma ses phares et vint s'arrêter devant
moi.
Les rayons du
soleil nous avaient frôlé de peu, mais nous étions déjà à
l'abri du taxi et roulions déjà hors de Bucarest. Le chauffeur ne
parlait pas un traître mot anglais, mais les billets que mon oncle
lui agita sous le nez le fit vite réagir et il n'opposa même
aucune objection au fait de rouler 4 heures jusqu'en Transylvanie à
travers les chemins sinueux des montagnes des Carpates. Ryan n'avait
pas parlé durant les deux premières heures, mais je sentis qu'il
commençait vraiment à angoisser, et une question semblait lui
brûler les lèvres.
- Tu peux parler de vampires tu sais, il ne comprend pas notre langue. Lui dis-je au bout d'un moment. Il me toisa avec réticence, puis acquiesça. Il fronça les sourcils, surement pour réfléchir à la meilleure façon de tourner ses mots, puis il soupira.
- C'est le Comte Dracula que nous allons voir n'est-ce pas ? Marmonna-t-il en baissant le visage. Mon oncle étira de nouveau son sourire mauvais et je lui donnai un coup d'épaule. Devant, le chauffeur frissonna.
- Son véritable nom est Vlad Basarab. Il fut prince de Valachie durant le 13eme siècle ainsi qu'un grand commandant des armées Moldaves. Son père faisait partie de l'Ordre du Dragon, et Dragon se prononce Dracul en Roumain. Vu qu'il était son fils, on le surnomma Draculea, Dragonneau donc. Commençai-je en essayant de parler lentement pour qu'il comprenne bien. Mon oncle prit la suite, le regard pétillant.
- Il était particulièrement cruel en tant qu'humain, et quand il fut mordu cela ne s'arrangea pas du tout. Comme tout nouveau-né vampire, dans ses premières années il causa de sacrés dégâts dans les villages voisins. Voilà pourquoi des légendes ont commencé à circuler. Commenta Emmett en y ajoutant des intonations lugubres. Voyant que mon ami redevenait livide je repris les explications.
- Toutes les histoires sur le comte Dracula ne sont que fictives. Un écrivain à eu vent des légendes de Transylvanie et il s'en est juste inspiré pour son livre d'horreur. Vlad n'est pas un monstre, juste un vampire qui a eu du mal à se contrôler à ses débuts comme tous les autres. Il est considéré comme l'un de plus anciens et illustres Vampires encore en vie. Les grandes guerres ont décimé pas mal de nos semblables.
- Ce type n'est pas dangereux alors ?
- Ça dépend avec qui… Sourit mon oncle en détournant ses yeux amusés.
- Il n'est pas végétarien, mais il vit en compagnie d'humains et sait parfaitement se contrôler. Tu ne craindras rien. Poursuivis-je sans faire attention à la remarque d'Emmett.
Ryan sembla un peu plus rassuré même si ce n'était pas encore ça, et nous restâmes silencieux pendant que le taxi s'engageait dans l'une des montagnes de la chaîne des Carpates. Il ne monta cependant pas jusqu'au sommet et refusa de continuer plus loin. Emmett tentait de négocier mais le chauffeur secouait ses mains en baragouinant des « moi pas continuer » et « dangereux ». Mon oncle finit par laisser tomber et lui donner ce qui semblait être trois mois de salaire en Roumanie. Le chauffeur grimpa dans son taxi et quitta le petit village rapidement. Heureusement que ces montagnes lugubres ne laissaient pas beaucoup passer le soleil.
- Trouvons un endroit discret et continuons en courant. Lança Emmett en quittant la route et partant en sens inverse de l'entrée du village miteux.
Nous descendîmes quelques pentes rocheuses abruptes puis Ryan grimpa sur le dos de mon oncle et nous nous mîmes à courir à notre véritable vitesse le long du flanc de la montagne. Derrière nous le petit village devint minuscule. Nous regagnâmes la route une dizaine de minutes plus tard et Ryan reposa pieds au sol tandis que je remettais mes escarpins. Une immense grille aussi vieille que le monde se tenait fièrement entre le château et nous. Château imposant et quelque peu inquiétant qui semblait faire corps avec la montagne.
Emmett poussa la grille et nous suivîmes le chemin de terre qui sinuait jusqu'aux premiers escaliers de pierres menant à l'entrée surélevée de la bâtisse. J'entendais le cœur de Ryan accélérer a chaque marche qu'il montait, et moi je me sentais de plus en plus coupable de lui faire endurer de telles choses. C'était à se demander pourquoi il acceptait de nous suivre, même en ignorant tout de ce qui allait se passer. Je fronçai le nez devant une sorte de lion rugissant en pierre, quand la gigantesque porte s'ouvrit en grinçant. Un humain habillé en vieux costume s'inclina en nous indiquant l'intérieur du château.
- Bine aţi venit !
J'inclinai respectueusement le visage devant ce qui me semblait être un « bienvenue » et suivis mes deux compagnons à l'intérieur. Dieu que c'était froid et lugubre. Mes talons résonnaient si fort dans ce hall de pierre… D'autres pas se firent alors entendre et une nouvelle porte en face grinça. Deux serviteurs entrèrent, suivis par un homme imposant et gracieux. Ses cheveux étaient aussi sombres que sa demeure, ses traits étaient carrés et plutôt durs, quant à sa carrure, il était grand et se tenait si droit que cela en était étrange. Les deux hommes s'écartèrent et le vampire nous toisa avec respect, ses prunelles rouges empreintes de curiosité.
- Veuillez excuser notre visite impromptue, j'espère que nous ne vous dérangeons pas.
Le vampire contempla mon oncle qui venait de parler et son expression si dure sembla s'illuminer un court instant, mais son visage redevint bien vite glacial et inquiétant.
- C'est toujours un plaisir de recevoir des semblables venant de contrées si lointaines. Dit il alors avec une voix si grave et un tel accent que ses paroles de bienvenue ressemblaient plus à une menace.
- Sauf que « semblables » ne serait peut être pas le mot le plus approprié… Reprit il en posant son regard flamboyant sur moi, puis sur mon ami.
Celui-ci recula d'un pas et déglutissant difficilement. L'ambiance venait de perdre toute chaleur et je pouvais sentir l'électricité qui se dégageait de ce vampire. Les histoires n'étaient peut être pas si exagérées que ça finalement. Cet homme ne ressemblait à aucun des vampires que j'avais pu voir au court de ma courte existence. Lorsque ses yeux couleur sang se posaient sur vous, on avait l'impression que le poids d'un millénaire écrasait notre poitrine. Il se tenait si droit, et une telle puissance émanait de lui…
- Nous sommes les enfants de la famille Cullen, Carlisle Cullen dirige notre clan ! Ma nièce ici présente est un demi-vampire et cet humain nous accompagne ! S'empressa d'expliquer mon oncle dont l'expression s'était emplie d'une nervosité palpable. Le vampire écarquilla les yeux et un mince sourire se dessina sur ses traits de pierre.
- Les Cullen n'est-ce pas ? Alors c'est à cause de vous que le clan Volturi à été dissolu ?! HAHAHA !!! Si l'on m 'avait dit que vous passeriez un jour ma porte !!! Explosa le vampire en rejetant la tête en arrière et en montrant une rangée de dents d'un blanc effroyablement parfait.
Tout trois nous regardâmes avec une pointe d'inquiétude, nous demandant si pour lui c'était une bonne chose ou non.
- Il était temps que ces crétins payent pour leur soif de pouvoir ! A vouloir tout posséder ils ont tout perdu ! S'il y a bien une chose que les siècles m'ont appris c'est que les hommes n'aiment pas être gouvernés par des tyrans. Nous avons beau ne plus être des hommes à proprement parler, nous ne sommes pas devenus de vulgaires animaux pour autant. Cracha-t-il en montrant une nouvelle fois une rangée de dent impeccable.
- Je vous prie d'excuser mon accueil quelque peu inquisiteur, mais malheureusement ma réputation ne m'apporte pas seulement des visiteurs aux bonnes intentions. Acheva t'il en s'inclinant légèrement avant de parcourir les quelques mètres de sécurité qu'il avait laissé entre lui et nous. J'arrêtai de respirer quand il se saisit doucement de ma main pour y déposer un baiser. A coté de moi je sentis mon oncle se raidir.
- Notre race à ses propres légendes, et vous venez de me prouver la réalité d'une d'entre elles. Votre rareté n'égale en rien votre beauté !
- Je vous remercie. Souris-je en n'osant pas récupérer ma main qu'il tenait toujours près de ses lèvres.
- Quelle fut ma surprise d'entendre deux cœurs battre alors que je sentais l'odeur de deux vampires et d'un humain. J'avais bien peur que mes vieux sens ne me jouent des tours.
- J'imagine que ce doit être déconcertant.
- Vous n'avez pas idée très chère. Bien, venez, ne restons pas dans l'entrée. Je n'ose pas vous dire à quel point vous aiguisez ma curiosité par cette soudaine visite. Dit-il en se retournant de moitié pour nous inviter à passer l'autre porte.
- Toute cette histoire est si complexe… J'ai peur qu'elle ne soit que le fruit de mon imagination et que je ne vous aie dérangé pour rien. Répondis-je un peu gênée.
L'illustre vampire me toisa avec intérêt, passant son bras autour du mien, puis il lança un œil tout aussi intrigué en direction de mon ami qui se tenait près de mon oncle. Nous pénétrâmes dans une nouvelle pièce aux dimensions impressionnantes et à la décoration ancestrale, comme si le temps à l'intérieur de ce château s'était figé dans l'histoire au même moment que notre hôte. Nous fûmes placés autour d'une table rectangulaire moyenâgeuse et des serviteurs humains s'empressèrent un peu partout. Vlad Basarab s'assit en bout de table et croisa ses mains sur la surface de bois lisse et aussi froide que sa peau, attendant que l'un de nous daigne enfin lui expliquer tout ceci. J'échangeai un regard entendu avec Emmett puis je pris une profonde respiration. Mes mots résonnèrent alors contre les murs de pierre et le comte Dracula ne m'interrompit jamais.
