Hein? What? Le pensionnat de quoi? Mais c'est quoi, cette fic?... ah ouiiiiii! Le truc, là, de Sombraline, qu'a pas avancé depuis des mois...
Voilà probablement comment vous avez réagit en recevant cette alerte ^^ je n'ai aucune, aucune excuse pour mon retard... si ce n'est, hey, mieux vaut tard que jamais, non? *moue angélique*
Bon, au cas ou vous auriez oublié: Sirius & Severus sont envoyés dans un pensionnat moldu tout pourri pour l'été, par hasard, et ont le temps de se croiser l'un l'autre sans échanger un mot. Ce à quoi nous rémédions dans ce chapitre. Voilà. Vous savez tout, maintenant.
Disclaimer: si vous avez lu les sept tomes de Harry Potter, vous savez que cette histoire et les personnages qui s'ensuive appartiennent à J.K. Rowling et que je ne fais que les emprunter pour jouer avec. Si vous n'avez pas lu les sept tomes de Harry Potter, il est fort peu probable que vous compreniez quoique ce soit à cette histoire. Voilà.
Après les aimables avertissements des dirigeants du camp et la lecture en groupe d'une suite de règlements on ne peut plus ennuyeux et inutiles, les détenus (Sirius se refusait à les qualifier de 'pensionnaires'. Cet endroit était une prison, point barre.) furent escortés jusqu'à l'extérieur, dans une grande cour grillagée, où on les abandonna sans plus d'explications. Quelques minutes plus tard, les filles les rejoignait, de l'autre coté de la grille, dans une 'cage' semblable.
Les autres captifs ne semblaient pas excessivement bouleversés par leur situation actuelle. Ils s'étaient tranquillement divisés en groupe de quelques personnes et discutait entre eux, assis sur des bancs, ou se lancaient des ballons surgit de Merlin savait ou. Chez les filles, il y avait même un grand poteau en haut duquel se trouvait un panier, dans lequel plusieurs d'entre elles s'évertuaient à jeter un ballon.
Sirius, lui, était allé s'asseoir seul dans un coin, ruminant toujours. Les autres jeunes hommes lui avaient accordés quelques coups d'oeil en coin, voire deux ou trois murmures, sans plus. Le Gryffondor s'en contrefichait. Ces abrutis pouvaient bien penser ce qu'il voulait. Certains l'accuseraient peut-être de mauvaise foi, mais il était hors de question qu'il sympathise avec quiconque dans cet Enfer.
Du coin de l'œil, il nota avec agacement que Snape était occupé à discuter tranquillement avec son 'nouvel ami', le type aux cheveux noirs qui l'avait accosté plus tôt. Assis sur une table de pique nique, il parlait avec enthousiaste alors que le Serpentard marmonnait de temps à autre une réponse. Un type aux cheveux blancs -oui, un adolescent aux cheveux blancs. Ces moldus étaient définitivement très étrange- était également assis à la même table, fixant résolument ses mains croisée sur le bois.
Sirius donna un coup de talon rageur dans le banc qu'il occupait, énervé. Il détestait déjà cet endroit. L'été promettait d'être long... il se promit de trouver sous peu de quoi compter les jours qui lui restait avant la rentrée à Poudlard.
-T'as un problème, Goth Boy? Demanda soudainement une voix sur sa gauche, trop sifflante pour que le ton doucereux employé soit approprié.
Il releva la tête, perplexe. 'Gottboï' ? Qu'est-ce que ça voulait dire?
Le type qui lui avait parlé devait faire dans le mètre quatre-vingt-dix, pour le moins. Ses cheveux blonds clairs étaient dressés dans une coupe rappelant légèrement celle de James et son regard était percant, menacant malgré le sourire de travers qu'il arborait. Il était vêtu d'une veste de cuir noir et d'un T-shirt sans manche à l'effigie des Sex Pistols -une équipe de Quidditch? Ses jeans usés et ses bottes à lacets lui conféraient cette allure rebelle que Sirius avait tentée d'adopter au moment ou il avait acheté sa moto. Il était flanqué de deux autres jeunes hommes, plus petit que lui mais plus baraqué et fixait Sirius avec l'air d'un requin qui a reniflé du sang frais. En soi, il était tout sauf rassurant.
-Comment tu m'as appelé? Rétorqua Sirius d'un ton neutre, ne sachant pas trop s'il avait été insulté ou pas.
Les deux types qui suivaient le premier ricanèrent légèrement et Sirius se tendit. Apparemment, c'était une insulte.
-Quoi, ça te dérange, Goth Boy? Demanda le premier sur un ton amusé.
Il faisait machinalement penser à un gros chat qui s'apprête à manger une souris. Sirius avait la désagréable impression que c'était lui, le rongeur.
-Fous moi la paix, tête de troll, siffla-t-il machinalement.
Cette fois, ce n'était pas des ricanements, mais un vrai fou rire que partagèrent les trois jeunes hommes.
-De troll? répéta le type de gauche. Nan mais faut sortir de tes romans d'fantaisie, bordel!
Sirius pinca les lèvres et s'abstint de répondre. Il avait oublié avoir affaire à des moldus... oh Merlin qu'il haissait sa mère de l'avoir placé dans cet institut merdique! Il se redressa pour passer devant les types et aller ailleurs -n'importe ou, mais ailleurs, histoire de garder l'honneur- mais le premier des jeunes hommes fit un pas de coté pour lui barrer le passage.
-T.t.t.t., tu nous quitte déjà? demanda-t-il sur un ton doucereux.
-Laisse moi passer. Claqua-t-il sèchement, s'efforcant de ne pas avoir l'air effrayé, voire de paraitre menacant (mais il est difficile d'être intimidant quand on s'adresse à la poitrine de quelqu'un, constata-t-il.).
-Non. Répondit aussitôt le type, amusé et insolent.
Alors, Sirius agit stupidement, impulsivement et directement, comme tout Gryffondor qui se respecte. Il repoussa le type aussi fort qu'il le put.
C'était probablement la pire chose à faire, constata-t-il une seconde plus tard. Apparemment, c'était ce qu'avaient attendus les trois jeunes hommes, car une seconde plus tard, c'est lui qui fut violemment repoussé contre le banc.
Il ne comprit pas immédiatement ce qui se passait. Des coups se mirent soudainement à pleuvoir, l'atteignant avec précision et avec force. Dans un premier temps, il s'efforca de se dégager, de se défendre un minimum, mais ses protestations semblaient dérisoires face aux trois brutes qu'il avait devant lui.
C'était atroce. Les mots 'douleur' ou 'impuissance' semblaient soudainement prendre tous leurs sens aux oreilles de Sirius, alors que ses efforts étaient réduit à néant par les coups violents et sans merci des trois jeunes hommes. Oubliant toute notion d'honneur ou d'orgueil, il se contenta finalement de protéger autant que faire se peut sa tête de ses bras, priant pour que quelqu'un, quelque chose intervienne, que tout s'arrête, que la douleur suraigue cesse de se renouveler dans chacun de ses membres, que...
-Arrête ça, Dray.
Un moment de silence. La douleur qui lancinait chaque partie de son corps. Pas de nouveaux coups. L'envie de fondre en larmes. La douleur. Le doute. La peur. La honte...
-Fais pas chier, Daven! Siffla la voix du premier type -Dray?-, et Sirius dut réprimer un frisson.
-Qu'est-ce qu'il vous a fait? Demanda quelqu'un d'autre sur un ton calme et nonchalant qui semblait parfaitement inapproprié à la situation.
-Ce p'tit con d'gothique nous a insulté! Indiqua l'un des types.
-Ouais, il nous a traité de 'tête de troll', ricana le premier.
-Voyons, tête de troll, vous dites? Pas une insulte terrible, remarqua celui dénommé Daven. Je l'estime a environ deux points, ce qui ne vaut pas grand chose. Donc, une seule insulte de trois mots et deux points destinée à trois personne. Deux divisés par trois. Ça donne zéro point six périodique. Or, vous venez de lui taper dessus environ deux minutes et demi, soit cent cinquante seconde. Divisé par trois, cinquante secondes par personne... ce qui vaut largement zéro point six point d'insultes, non?
Il y eut un nouveau blanc. Sirius tenta de comprendre ce qu'avait expliqué l'autre, sans succès. Néanmoins, au vu du silence confus qui s'étendait au dessus de lui, son cerveau embrouillé n'était pas la seule cause de cette incompréhension.
-...tu es en train d'demander qu'on lui foute la paix, là? Demanda finalement le troisième type.
-Exactement. Répondit Daven avec enthousiasme. Je pense qu'il a eut sa dose. De plus, Rebbeca te fera la gueule si tu dois encore aller en isolement, non?
-C'est bon, on l'laisse, marmonna le chef de la bande. Pour le moment...
-Bien sympathique de votre part! Informa Daven sur un ton joyeux.
Il y eut un long moment de silence et il semblait bien que plus personne ne fasse attention a Sirius. Son corps encore endolori lui donnant envie d'éclater en sanglot, le Gryffondor s'efforça de cligner des yeux, se demandant mentalement ce qui s'était passé pour que la situation lui échappe a un tel point.
Il eut aussitôt un mouvement de recul quand il constata qu'un jeune homme à peine plus âgé que lui, un mohawk blond et noir dressé sur la tête, une veste en jean sans manches sur les épaules, était penché sur lui d'un air un peu inquiet.
Avoir un mouvement de recul quand on est à peine redressé d'un sol en asphalte n'est pas une idée exceptionnellement brillante, cela dit. L'arrière de son crâne percuta brusquement le sol.
-Aïe!
-Dis donc, mon gars, je vais pas te manger, pas besoin de te suicider, indiqua le type en lui tendant la main, souriant. Tu peux te lever?
Sirius prit une seconde pour évaluer la question. Ses membres le faisaient souffrir a un point abominable, mais il se sentait néanmoins capable de se redresser. Après un moment d'hésitation, il prit la main de Daven (D'après sa voix, c'était lui, sans le moindre doute) qui l'aida a se redresser. Sa tête tourna brusquement et ses jambes faillirent flancher.
-Si tu sens que tu vas gerber ou t'évanouir, sois gentil et va voir plus loin si t'y es pas. Avertit Daven.
-C... c'est bon, merci... répondit Sirius a mi-voix, mal assuré.
-Remercie moi pas, j'ai rien fait et j'compte rien faire s'ils recommencent. Avertit-il. C'est ton problème, j'ai fait que les calmer un brin. J'suis toujours associé à leur conneries quand quelqu'un est sérieusement blessé, alors...
Il fit un geste vague de la main.
-En tout cas, évite de t'attirer de problèmes. Puis révise tes insultes, aussi, c'était vraiment pathétique.
-Ah, euh... oui, je vais... essayer. M-merc -je veux dire...
-Laisse tomber, j'te dis. Comment tu t'appelles?
-Je... Sirius. Sirius Black.
-Tu parles d'un nom, ricana Daven. Bon, j'saurai quoi faire écrire sur ta tombe. Fais gaffe quand même, hein. Allez, a plus.
-Euh... à.. à plus. Bafouilla Sirius, incapable de trouver quelque chose d'autre a dire.
Le jeune homme haussa les épaules et s'éloigna, les mains dans les poches, rejoignant Dray et les deux autres, dont l'un des deux craqua les jointures en le regardant, l'air menacant. Sirius mordit ses lèvres et se détourna, les épaules tendues. C'est seulement a ce moment là qu'il nota que les regards étaient tournés vers lui depuis plusieurs directions. Néanmoins, les jeunes qui l'observaient se détournèrent en croisant son regard, ricanant dans leurs barbes pour la plupart.
Il pinça les lèvres d'agaçement avant de grimacer quand sa lèvre fendue protesta en le picotant violemment. Serrant les poings, il se laissa tomber sur la table de pique nique la plus proche, s'installant avec des gestes lents et prudent. La douleur se diffusait dans ses membres comme un venin, le courbaturant et lui donnant envie de pleurer. Il serra ses dents pour retenir les larmes de douleur et de honte lui montant aux yeux. Maudits moldus! Il voulait quitter cet endroit!
Il rouvrit les yeux quelques minutes plus tard, un peu plus calme. Son regard tomba automatiquement sur Snape, à une vingtaine de mètre de lui, qui le regardait apparemment depuis un bout de temps, le visage appuyé sur une main et les sourcils légèrement froncés. En une seconde, le Serpentard rosit légèrement et se retourna, en même temps que le type aux cheveux noirs (lequel fixait également Sirius) et sembla soudainement très concentré à commenter quelque chose.
Sirius pinça les lèvres. Il avait oublié l'autre crétin... et dire que ce sale petit cafard dégénéré avait tout vu! Sans intervenir pour arrêter ces moldus débiles! Maudits Serpentards... Agaçé, il se redressa et s'avança jusqu'à la table où était assis Snape. Celui-ci sembla très légèrement grimaçer quand le Gryffondor siffla:
-Alors, tu t'amuses bien, Snivy?
Le Serpentard sembla prendre son temps pour relever la tête et fixer un regard neutre (qui semblait calculé) sur l'autre. Son compagnon fit aller son regard de Sirius à Severus, les sourcils haussés. Le type aux cheveux blancs les regardait tous les trois d'un air ennuyé.
-Davantage que toi, visiblement. Rétorqua finalement Snape, le ton glacial. Qu'est-ce que tu me veux, Black?
-C'est ça, joue l'hypocrite, espèce de sale petit Serpentard visqueux! Grinça-t-il avec fureur, attrapant brutalement l'autre par le col.
Il sentit un sourire lui monter aux lèvres quand il apercut une lueur de panique dans le regard de Snape. Cet élément était bien plus familier. Contrôler. Avoir le contrôle. Faire ce qu'il voulait sans se soucier des autres. Savoir que l'autre n'était pas en mesure de répliquer. Un grand sentiment de puissance se propageait dans ses veines tel un venin. Il allait reprendre ses repères. Il était un Maraudeur, il n'allait pas se laisser faire par quelques moldus stupides et en plus laisser Snivellus Snape se foutre de lui!
-Lâche moi, siffla celui-ci, manifestement pas aussi assuré qu'il tentait de le paraitre.
-...Snape, est-ce que t'as besoin que...? Commença le type aux cheveux noirs, ses sourcils -dont l'un était orné d'un anneau argenté- légèrement froncés.
-La ferme! Claquèrent Gryffondor et Serpentard en même temps, avant d'échanger un regard noir.
-Je t'ai rien fait, Black, lâche moi immédiatement!
-Rien fait, hein? Répéta Sirius d'un ton menaçant, secouant un peu l'autre en ignorant la douleur qui s'ensuivit dans son bras. J'suis sur que t'étais en train de rire y'a cinq minute, espèce de lâche!
-Et même si c'était le cas? Siffla Snape sur un ton étranglé. Tu l'as parfaitement mérité! Lâche moi, sale con!
Sans pouvoir se retenir, Sirius donna brutalement un coup de pied dans le tibias de Snape, qui siffla un juron entre ses dents.
-Ne t'avises pas de me parler comme ça, Snivellus! S'écria-t-il, furieux.
-Black! Lança sur un ton choqué l'"ami" de Snape, qui s'était levé entre temps.
Sirius ouvrit la bouche pour envoyer paitre l'imbécile, mais avant qu'il n'aie pu dire quoique ce soit, une main se posa fermement sur son épaule, le faisant grimaçer de douleur.
-C'qui s'passe, ici? Lança sèchement une voix derrière lui.
Il se retourna suffisamment pour jeter un coup d'oeil au propriétaire de ladite voix et grimaça. Westerberg, le gardien, avec son crâne tatoué et son air menaçant. Il mordit sa lèvre et ouvrit la bouche pour donner une excuse au surveillant -la cour était-elle si silencieuse quelques secondes plus tôt?- mais celui-ci ne lui en laissa pas le temps.
-Vos noms! Aboya-t-il, faisant passer son regard de Sirius à Snape, le regard mauvais et la respiration sifflante,
-Je... Sirius Black, informa celui-ci, réalisant qu'il tenait toujours Snape par le col et le relâchant machinalement.
-Severus Snape, marmonna le Serpentard en se massant la gorge.
-Snape comme dans Tobias Snape? Demanda l'homme, plissant d'un coup les yeux.
-C'est mon père,... informa Snape d'un air hésitant, un peu à contrecoeur.
-Il semblerait bien que la bêtise soit héréditaire, dans ce cas... toujours aussi bagarreur... siffla Westerberg, attrapant brutalement Snape par le poignet et le tirant derrière lui en se mettant à marcher vers le centre, lancant au dessus de son épaule un : Black, suivez moi!
Sirius cligna des yeux, un peu perplexe, jeta un coup d'oeil alentour pour rencontrer des regards un peu confus ou hostiles, puis suivit le gardien et le Serpentard, les sourcils légèrement froncés. Snape, lui, se débattait violemment, sifflant des jurons.
-Mais lâchez moi, bordel! Qu'est-ce que je vous ai fait? Non mais répondez, tabernacle! Heee! Lâchez moi! J'ai rien fait! Mais lâchez moi, calice!
Sirius mordit légèrement sa lèvre, confus. Là... là, il était perplexe.
-QUOI? S'écria Sirius, les yeux écarquillés.
-C'est une blague! Siffla Severus, l'expression figée.
-Arrêtez de chouiner et entrez! S'énerva Westerberg. Black, Snape, Park et Drawn, numéro 98: c'est écrit noir sur blanc alors vous bougez vot' cul et vous allez dormir!
Les autres pensionnaires sourirent dans leur barbes et jetèrent des regards moqueurs à Sirius et Severus, lesquels fixaient le gardien d'un air horrifié. Pendant ce temps, les dénommés Park et Drawn jetèrent des regards furtifs à leurs nouveaux colocataires avant d'entrer sans plus de protestation dans la chambre désignée. Ce fut finalement poussés de forces que les Gryffondors et Serpentards entrèrent à leur tour dans la pièce avant que la porte ne se referme et qu'un déclic de verrou ne retentisse.
-C'est pas vraiiiiii, gémit Sirius en tapant du poing sur la porte. Je veux pas de ce taré dans ma chaaaambre!
-Fais toi à l'idée, indiqua gentiment Park, le jeune homme aux cheveux noirs qui avait passé l'après midi avec Severus. Il n'y a jamais personne qui ne change de chambre...
-Ils vont devoir faire une exception ou je jure qu'avant la fin de l'été, j'aurai arraché chacun des appendices qui ornent la misérable carcasse de ce dégénéré pour en faire de la soupe au poireau! Lança Severus sur un ton hystérique.
-Ta gueule, Snape, ou je te jure que je ne serai pas le premier à être transformé en liquide!
-Tu penses me faire peur, espèce de crétin?
-T'es blême de trouille, pauv' cloche!
-Ferme là, espèce de Veracrasse dégénéré!
-C'est quoi, un verre à crasse? S'étonna Park.
Severus pinça les lèvres, jetant un regard en coin à Lénaël, qui l'observait d'un air curieux, puis au type au cheveux blancs -Drawn, donc. Il ne pouvait pas se permettre de parler de magie devant eux...
Après que Westerberg ne les aie séparé, Black et lui avaient été forcés de s'installer à genoux sur une planche de bois, mains sur la tête, face contre le mur, plusieurs éternités durant, sans échanger un mot, surveillés par un Westerberg souriant -pas qu'ils auraient dialogués sans sa présence de toute façon, à moins que s'insulter magistralement en se jetant tout ce qui passait à portée de main à la figure ne soit une forme de dialogue. Il n'aurait su en être certain, mais il était presque persuadé que sa planche à lui était pleine d'échardes et pas celle de Black. Ses genoux se plaignaient encore, mais il s'était promis de ne pas regarder -l'idée d'esquilles de bois logées dans sa peau lui donnaient la nausée.
Quand ils avaient été autorisés à se redresser -comprendre: à tituber-, on les avait ramené auprès des autres "prisonniers" après un discours moralisateur sur la violence inutile entre jeunes gens innocents comme eux qu'ils allaient devoir apprendre à enrayer et gnagnagna. Severus avait vu rouge: il n'avait rien fait, lui! Ils avaient eut droit à des regards curieux et moqueurs dans ce qui ressemblait à un gymnase dans lequel on avait entassés des tables et des bancs et où on leur avait servi une sorte de... pizza? difficilement identifiable mais qui était restée sur le coeur du Serpentard.
Après coup, on avait guidé les garçons dans des escaliers et des couloirs jusqu'au troisième étage et, par à-coups de quatres, on les avait enfermés dans des dortoirs sans logique apparente.
Maintenant, la logique était clair: pourrir davantage encore la vie des pensionnaires.
-C'est un genre de méduse, indiqua-t-il finalement vers le Moldu, se détournant de Black et allant s'installer.
La chambre était spartiate: pas de fenêtres, deux lits superposés. Fin de l'histoire. Comme le garçon aux cheveux blancs avait déjà pris le lit du haut, Severus s'installa dans celui du bas et entreprit d'oublier Sirius Black. Un mouvement sur sa gauche l'informa cela-dit que le Gryffondor se dirigeait vers l'autre lit, qu'il devrait partager avec Lénaël. Un silence mal à l'aise emplit la pièce.
Ce que Sirius Black, le Sang-Pur, le Maraudeur, le Gryffondork, le 'Normal', quoi, faisait dans un camp pour moldus délinquants était un grand mystère, mais il ne se sentait pas de le lui demander. Actuellement, il avait simplement envie d'oublier l'existence de l'autre et de faire comme si de rien n'était, faute de quoi, l'été risquait d'être très, très long...
Tandis qu'il s'agenouillait à coté de son lit pour ranger ses vêtements dans son sac à dos, Lénaël brisa le silence:
-Bon, je sens que je vais rigoler avec vous cet été, hein?
Silence.
-Pfff, z'êtes pas marrant... L'an passé, mes coloc's étaient sympa, au moins. Bon, Thierry m'avait éclaté la gueule deux ou trois fois, mais en fait-
-T'étais déjà ici l'an dernier? Coupa Black, l'air perplexe.
Occulter. C'était TRÈS certainement une hallucination auditive. Pas de Black dans la pièce, juste un moldu qui a la même voix... c'est ça, j'hallucine depuis ce matin.
-Yep, répondit Park d'un ton enthousiaste. Ma reum a pas le choix, en fait, c'était ça ou un genre de justice pour mineure qui m'aurait envoyé en taule. Cleptomanie compulsive, qu'y z'ont dit. J'm'appelle Lénaël Park, au fait. Et toi?
-Sirius Black, répondit celui ci -occulter-occulter-zénitude-pensées positives-loin d'ici-le parc du Fileur- d'un ton neutre. Juste une histoire de mauvaises fréquentations.
-Charmant, commenta Lénaël sans paraitre s'émouvoir. Et toi, l'albinos? ajouta-t-il vers le voisin de Severus.
-Pas tes affaires, grogna celui-ci d'un ton étouffé.
-Sympa, marmonna Park en roulant des yeux. Et toi, Sev?
-Snape, corrigea machinalement celui-ci. Et j't'ai déjà dit que c'était des conneries.
L'autre soupira avec lassitude et Severus entendit un grincement de matelas. Après quelques secondes, il se résigna à jeter un coup d'oeil en direction du lit opposé; les deux autres semblaient déjà tranquillement installés pour dormir. Un regard en direction de Drawn lui confirma que celui-ci était dans le même cas. Roulant des yeux, il se redressa pour aller éteindre la lumière. Tandis qu'il passait devant son lit, Black fit semblant d'être en proie à une vision abominable.
-Noooon! Seigneur, cachez ce corps rachitique et répugnant! Bordel, Snivy', va donc trainer ta carcasse ailleurs, y'a des gens qui veulent dormir sans cauchemarder ici!
Calme. Calme. Think positive. Zenitude. Pas de Sirius Black dans la pièce. Aucun Sirius Black en vue. Auuuucun.
-Tais toi et crève.
-Bonne nuit à vous trois aussi, soupira Lénaël dans son lit.
En s'installant dans le sien, Severus réalisa qu'il était beaucoup, beaucoup trop tendu que pour jamais s'endormir. Il ferma les yeux une seconde et poussa un profond soupir. Les vacances allaient être longues, longues, longues...
Rooh.
Je sais, ça n'a pas beaucoup avancé, mais bon, faut bien passer par là... ça devrait aller mieux bientôt! :)
(Mes excuses pour la fin peut-être un peu baclée, les 2000 derniers mots ont été tapés sur une bouffée soudaine à 11h du soir. si si, je suis déjà dans les brumes à cette heure là.)
Reviews? :P
